Macron relance sa guerre contre le parlement (et la démocratie)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 7 %Attaque 78 %Défensif 14 %
Questions et réponses
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- 3:15OuverteRéponse directe
Cette semaine, on va beaucoup parler de cette rentrée parlementaire qui a débuté ce lundi 25 septembre.
- 4:01RelanceRéponse directe
Une mesure qui vous a fait bondir, Mathieu Slama ?
- 6:32OuverteRéponse directe
Il y a cette suspicion aussi qui repose sur ces allocataires de fraude.
- 9:22OuverteRéponse directe
Julien Théry ?
- 15:03OuverteRéponse directe
Alors, il y a un certain Bernard Martineau, l'expert du marché du travail à l'Institut Montaigne, qui expliquait que dans la loi précédente, il y avait des obligations d'action d'insertion. Simplement, elles étaient moins définies. Est-ce qu'il est en train de nous dire que finalement, ça ne change pas tellement ?
- 19:10OuverteRéponse directe
49.3, le retour du spectre alors que la précédente année parlementaire avait été marquée par l'utilisation souvent jugée excessive de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26PrésentateurPromesse
« Une réforme majeure pour le gouvernement qui souhaite atteindre la barre des 5% de taux de chômage d'ici à 2027. »
- 0:38PrésentateurFait
« la réforme du revenu de solidarité qui sera versée en contrepartie d'heures d'activités d'insertion réalisées chaque semaine. »
- 1:23PrésentateurFait
« Une nouvelle de prime abord réjouissante si elle n'était pas accompagnée de la suppression de 2500 postes de professeurs. »
- 1:35PrésentateurChiffre
« le harcèlement scolaire qui touche un élève sur 10. »
- 1:50PrésentateurFait
« près de la moitié des courriers de réprobation qu'il a adressés aux parents, pose question selon le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal. »
- 3:33PrésentateurPromesse
« L'objectif est de ramener le taux de chômage de 7 à 5% d'ici la fin du quinquennat. »
- 3:46PrésentateurFait
« le projet de loi s'accompagne de la réforme du RSA dont le versement sera conditionné à la réalisation d'un certain nombre d'heures d'activité, d'insertion chaque semaine. »
- 4:49InvitéFait
« on considère que gagner le minimum pour survivre, parce que je pense qu'avec 600 euros, aujourd'hui je crois qu'avec les dernières revalorisations minuscules, c'est autour de 600 euros quand on est seul, on considère que ce droit à survivre, finalement, doit être conditionné. »
- 5:01InvitéChiffre
« LR vient de faire adopter un amendement à l'Assemblée nationale qui met la durée de travail associée au RSA à 15 heures minimum par semaine. »
- 9:33InvitéFait
« ce sont des solutions, des choix de société qui ont déjà été faits il y a plusieurs décennies, dont on connaît les résultats, on les a sous les yeux, dans le monde tachérien, de l'Angleterre, tachérienne, post-tachérienne et blériste, aux États-Unis ou même en Allemagne maintenant. »
- 11:26InvitéFait
« une société ne doit rien à l'humanité qui est en quelqu'un qui ne justifierait pas, par ailleurs, par son comportement, qu'on dépense pour l'aider. »
- 17:57InvitéChiffre
« on va en arriver à 5 millions de chômeurs minimum, etc. »
- 23:09InvitéChiffre
« Le 49.3 qui était conçu au départ dans la Constitution de 1958 comme une loi à usage exceptionnel dans des circonstances difficiles, a été utilisé en tout 89 fois pendant les 65 premières années de la Ve République et comme vous le disiez, 12 fois cette année par Emmanuel Macron qui est le record man absolu en la matière. »
- 35:35InvitéFait
« le pouvoir est obligé de reculer »
- 36:50PrésentateurChiffre
« c'est l'augmentation de 3,9 milliards d'euros des fonds alloués au ministère de l'éducation nationale »
- 37:00PrésentateurChiffre
« elle est accompagnée de la suppression de 2500 postes de professeurs »
- 38:29InvitéFait
« où cinq policiers sont rentrés dans une salle de classe, ont interpellé et menotté un auteur de harcèlement extrêmement grave, un mineur qui avait 14 ans »
- 45:05InvitéFait
« mais regardez ça augmente donc ce que vous voyez de la réalité au quotidien que vos enfants n'ont pas d'enseignants dans telle matière »
- 46:48InvitéFait
« c'est que la gauche s'est tiré une balle dans le pied »
- 48:40Locuteur non identifiéFait
« nous n'avons jamais comparé M. Roussel à Doriot, jamais »
- 48:50Locuteur non identifiéFait
« nous sommes tous mal à l'aise des propos qu'il tient dans un certain nombre de domaines »
- 50:55InvitéFait
« les frontières ne devraient pas être des passoires »
- 51:40InvitéFait
« mon objectif c'est de rassembler la gauche et la droite dans une grande union pour faire barrage au fascisme »
- 56:34InvitéFait
« Vals nie les violences policières »
- 56:37InvitéFait
« fait l'apologie de la force »
- 56:55InvitéFait
« il est de droite »
- 57:03InvitéFait
« c'est une droite qui a des fortes tendances racistes »
- 57:15InvitéFait
« cautionner les violences policières »
- 57:18InvitéFait
« développer des discours qui tendent à stigmatiser une partie de la population de manière raciste »
Temps de parole
- Invité49 %
- Invité 235 %
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Bonjour à toutes et à tous, merci de regarder ce nouvel épisode du Fonds de l'Info qui décrypte l'actualité politique de la semaine. Au programme de ce nouveau numéro, nous reviendrons bien sûr sur la rentrée parlementaire. Fini les vacances, les députés ont repris les débats à l'Assemblée nationale ce lundi 25 septembre. Ils planchent en ce moment sur le projet de loi pour le plein emploi porté par le ministre du Travail Olivier Dussopt et déjà adopté en juillet en première lecture par le Sénat. Une réforme majeure pour le gouvernement qui souhaite atteindre la barre des 5% de taux de chômage d'ici à 2027.
Pour y arriver, une série de mesures a été pensée et parmi les plus critiquées, la réforme du revenu de solidarité qui sera versée en contrepartie d'heures d'activités d'insertion réalisées chaque semaine. Une réforme portée par un gouvernement incorrigible qui n'a visiblement pas pris de bonnes résolutions pour cette rentrée. Il récidive et ressort le 49.3 pour la programmation des finances publiques. Faute de majorité, Elisabeth Borne a une nouvelle fois engagé sa responsabilité ce 28 septembre pour la faire adopter sans vote. C'est le premier passage en force avant ceux attendus cet automne du projet de loi de finances pour 2024 et celui de financement de la sécurité sociale.
On va également s'intéresser de plus près à ce projet de loi de finances qui prévoit l'augmentation de 3,9 milliards d'euros des fonds alloués au ministère de l'Éducation nationale. Une nouvelle de prime abord réjouissante si elle n'était pas accompagnée de la suppression de 2500 postes de professeurs. Et on aurait bien besoin de renforcer l'équipe pédagogique pour notamment lutter contre le harcèlement scolaire qui touche un élève sur 10. Et sinon, eh bien non, ce n'est pas ce qu'a prévu Elisabeth Borne dans son plan interministériel pour lutter contre ce fléau qu'elle a présenté ce mercredi.
Dans le viseur du gouvernement, le rectorat de Versailles, dont près de la moitié des courriers de réprobation qu'il a adressés aux parents, pose question selon le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal. Et nous conclurons ce fond de l'info avec une polémique qui continue de secouer la NUPES. Une polémique qu'on pourrait résumer en quelques mots ou non clés. Sophia Chikirou, Fabien Roussel, Jacques Doriot, Jean-Luc Mélenchon. On en parle avec votre binôme préféré, Mathieu Slama, essayiste, auteur de « Adieu la liberté », et Julien Théry, historien et présentateur d'émissions sur le Média, notamment de la Grande Hache.
Avant de les accueillir, on vous rappelle, cher soutien, que la rentrée du Média saison 7 se fera à la télévision dès le 20 octobre. C'est un défi, un chantier immense. Voilà pourquoi nous avons besoin de vous, car vous le savez, le Média est porté, financé par son audience. Rendez-vous sur le lien KissKissBankBank disponible dans la description, ou si vous regardez cette vidéo sur YouTube en cliquant en haut à droite de votre écran.
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Bonjour.
Eh bien, cette semaine, on va beaucoup parler de cette rentrée parlementaire qui a débuté ce lundi 25 septembre. Depuis le 25 donc et jusqu'au 4 octobre, les députés examinent le projet de loi pour le plein emploi, adopté en première lecture par le Sénat en juillet dernier. L'objectif est de ramener le taux de chômage de 7 à 5% d'ici la fin du quinquennat. Et ça sera fait notamment sur le dos des plus précaires, puisque le projet de loi s'accompagne de la réforme du RSA dont le versement sera conditionné à la réalisation d'un certain nombre d'heures d'activité, d'insertion chaque semaine.
Alors ça ne sera ni du travail gratuit ni du bénévolat obligatoire, promet le gouvernement, qui précise qu'il y aura des exceptions, notamment pour les maires isolés, les personnes en mauvaise santé. Une mesure qui vous a fait bondir, Mathieu Slama.
Oui, alors c'était peut-être la seule idée défendue par Emmanuel Macron pendant sa campagne. présidentielle, c'était cette idée-là. C'était à peu près la seule idée forte de son programme. C'était, vous savez, le fameux « les droits et les devoirs ». Il n'y a pas de droit sans devoir. Et donc il appliquait notamment aux minimas sociaux et donc à cette question du RSA en disant finalement le RSA, il faut le mériter. Et donc il faut prouver qu'on recherche vraiment de s'insérer dans le monde du travail. Et donc je vais mettre en place un système où il y aura moyennant...
On a le RSA à condition qu'on fait un certain nombre d'activités à côté, soit de la formation, stage coaching ou quoi que ce soit. Mais en fait, c'est assez flou et on voit bien que c'est aussi une forme de travail qui est fait à côté du RSA en sachant que LR vient de faire adopter un amendement à l'Assemblée nationale qui met la durée de travail associée au RSA à 15 heures minimum par semaine. Donc c'est quand même pas rien, c'est même beaucoup.
Donc moi, ce qui me choque dans cette histoire, au-delà de tous les éléments techniques, c'est qu'au final, on considère que gagner le minimum pour survivre, parce que je pense qu'avec 600 euros, aujourd'hui je crois qu'avec les dernières revalorisations minuscules, c'est autour de 600 euros quand on est seul, on considère que ce droit à survivre, finalement, doit être conditionné.
C'est-à-dire qu'on doit mériter le fait de pouvoir survivre dans notre pays en sachant que parmi les centaines de milliers de bénéficiaires du RSA, vous avez un certain nombre de personnes qui sont en immense précarité, dans des situations extrêmement compliquées, dans des campagnes, retirées des lieux d'activité, etc. et qu'un certain nombre d'entre eux ne font pas semblant et ne sont pas, comme dit notamment une partie de la droite, des assistés, des fainéants ou que sais-je encore. Parce que finalement, derrière, c'est quand même le discours qui sous-tend un peu tout ça.
C'est de dire, en gros, certains bénéficiaires du RSA profitent d'une sorte de rente qu'ils auraient et donc il faut les remettre au travail le plus vite possible. Et ceux qui ne veulent pas, on leur sucre leur RSA, sachant que dans le projet de loi, soit on leur enlève complètement leur RSA, soit on le baisse, il y a un système de sanctions. Enfin, on est dans, je ne sais pas si on est dans Kafka ou dans quoi que ce soit, mais on est dans un truc extrêmement procédurier avec des sanctions prévues différentes en fonction du comportement de l'allocataire du RSA.
Il y a cette suspicion aussi qui repose sur ces allocataires de fraude.
Voilà, exactement. L'idée qui se répand beaucoup, y compris dans le pays, et qui est qu'encore une fois, certains bénéficieraient indûment du RSA, en profiterait, etc. Donc voilà, moi, ce qui me choque, c'est vraiment l'idée qu'on devrait mériter le fait de devoir survivre dans ce pays et que finalement, on associe la dignité au travail et qu'en gros, on dit un homme sans travail n'a pas de dignité.
Je pense que la gauche, dans cette histoire, notamment au Parlement, n'est pas, je trouve, n'est pas à la hauteur parce que l'enjeu, ce n'est pas seulement d'être sur des arguments techniques, etc., même si évidemment, il faut les avoir, mais c'est de dire que là, c'est la question du rapport au travail et de la dignité humaine. Je crois que dans notre pays, il y a une idée fondamentale qui est une idée républicaine depuis le début de la République, c'est l'idée que la République est solidaire. Elle est solidaire envers les plus démunis, envers ceux qui souffrent, envers les nécessiteux. Et le RSA, c'était ça l'idée.
C'est l'idée sans contrepartie, inconditionnelle, une aide pour aider les plus infortunés de vivre un minimum. Et je pense que le combat de la gauche, ça doit être aussi ça, c'est-à-dire le droit, et je finis là-dessus, pardon, mais le droit de vivre dignement qu'on ait un travail ou non. Alors oui, ça nous amène vers un rivage qui peut être celui, par exemple, du revenu universel. Moi, je trouve que c'est des réflexions très intéressantes.
Que finalement, est-ce que l'avenir du progressisme et de la gauche, de manière générale, c'est de défendre, encore une fois, de décorréler la question du travail et la question de la dignité humaine et de montrer et de défendre l'idée qu'un homme, parce qu'il est homme, parce qu'il est citoyen d'un pays, a le droit de vivre dignement, qu'il ait un travail régulier ou non, etc.
Et je pense que derrière la question qui se pose et celle-là, à côté de tous les problèmes que posent, et je finis juste là-dessus, tous les problèmes que cette loi pose, notamment en termes de l'augmentation de la précarité que ça va amener, ça va rendre encore plus difficile la vie des personnes les plus précaires, etc. Alors qu'en réalité, encore une fois, la charge de la responsabilité est inversée.
C'est-à-dire qu'on incombe aux bénéficiaires du RSA de devoir constamment se prouver qu'il est sur la bonne direction, alors qu'encore une fois, la République sociale, c'est l'État qui a la responsabilité de trouver aux personnes qui sont en difficulté des moyens de s'en sortir et des moyens de s'insérer dans la société.
Et puis, assortir le RSA de conditions dans un contexte d'inflation où les Français connaissent la précarité et les difficultés, même pour manger trois fois par jour, on va dire que c'était quand même assez malvenu. Enfin, la temporalité vient, je trouve, desservir la discussion, notamment de cet amendement. Julien Théry ?
C'est au cœur du programme de la droite française et d'Emmanuel Macron. Et une fois de plus, en fait, ce sont des solutions, des choix de société qui ont déjà été faits il y a plusieurs décennies, dont on connaît les résultats, on les a sous les yeux, dans le monde tachérien, de l'Angleterre, tachérienne, post-tachérienne et blériste, aux États-Unis ou même en Allemagne maintenant, c'est-à-dire qu'on fait le choix d'avoir des masses de travailleurs pauvres qui vivent dans des conditions déplorables tout en travaillant.
Mais si on reprend, et je trouvais que c'était une très bonne idée, avec le point de départ d'Emmanuel Macron qui est cette espèce de slogan « pour avoir des droits, il faut avoir des devoirs », du calipar, il faut d'abord souligner que c'est complètement faux à plusieurs égards. D'abord, c'est faux en pratique, puisqu'il y a énormément de gens qui naissent avec de facto l'accès à plein de choses sans avoir les obligations ou les devoirs qui incomberaient à beaucoup d'autres pour accéder à beaucoup moins.
C'est tout simplement ceux qui sont nés au bon endroit, ceux qui sont nés de manière objectivement privilégiée dans les bonnes familles, qui ont une bonne éducation, qui vont en vacances, etc. Donc, en pratique, déjà, c'est complètement fou, factuellement. Par ailleurs, au plan théorique, au plan philosophique et anthropologique, c'est indigne de dire une chose pareille. C'est, à proprement parler, contraire à la dignité humaine.
Mais c'est vraiment, disons, dans la veine philosophique, dans l'esprit philosophique qu'il y a derrière toutes ces réformes, dont Emmanuel Macron est l'instrument, dont Édouard Philippe aussi est un très bon représentant, ces réformes néolibérales, les penseurs de ce monde-là, de ces principes-là, comme toujours Hayek, comme von Mises, etc., sont des gens qui sont arrivés à dire, parce que c'est des gens très sérieux, qu'en dernier recours, effectivement, une société ne doit rien à l'humanité qui est en quelqu'un qui ne justifierait pas, par ailleurs, par son comportement, qu'on dépense pour l'aider. Alors, ils le disent toujours un peu discrètement, etc.
Ils n'aiment pas trop en arriver là, mais c'est une conception totalement rédifiante. Non, il n'y a aucune nécessité pour une société d'être solidaire avec un humain. Et on voit très bien le résultat de ces principes dans les sociétés néolibérales et dans la nôtre, d'ailleurs. On voit très bien des gens dans la rue qu'on enjambe sans plus les voir maintenant, alors qu'on a parfaitement les moyens et bien plus encore que chacun vive dans des conditions humaines correctes. Donc, voilà, c'est faux à tous égards et par ailleurs, c'est vraiment un imaginaire.
Alors là, pour le coup, qui est aussi celui d'Emmanuel Macron, qui est celui de la droite à la fois traditionnelle et très dure, de la bourgeoisie qui défend ses privilèges, imaginaire des privilégiés, tout à fait opposé, en effet, à une tradition de gauche, à l'intérêt des travailleurs, peut-être dans laquelle, un imaginaire dans lequel est tombé un certain ouvrierisme ou un certain marxisme, mais auquel s'est opposé la fargue, en particulier le gendre de Marx, qui était un leader du mouvement ouvrier très important, qui a écrit un livre qui s'appelle le droit à la paresse et qui dit « Oui, tout humain a le droit de rêvasser, d'être tranquille, d'avoir des vacances et ne doit pas seulement se penser en fonction du travail.
» Et c'est effectivement fondamental. Et c'est d'ailleurs ce que font les classes bourgeoises, moyennes. – Les garanties sont grandes. – Voilà. Et je vous renvoie d'ailleurs à des épisodes qu'on connaît bien de cette espèce d'angoisse et de haine de la bourgeoisie quand elles découvrent que les congés payés qui apparaissent envoient sur les plages où il n'y avait qu'elles jusque-là des gens qui n'ont rien à faire là, qui doivent travailler toute leur vie et qui doivent mourir dans la misère une fois qu'ils ne peuvent plus travailler. Donc, voilà. Il faut quand même bien avoir ça en tête. C'est tout cet imaginaire bourgeois là, très violent, très droitier qu'il y a derrière ces mesures.
Maintenant, et pour terminer, oui, je suis tout à fait d'accord avec vous, la gauche, dans une large mesure, n'est pas à la hauteur. Elle se laisse piéger par cette idée qui vient du sens commun, qui est « Oh, si on ne travaille pas ou pas assez, quelles que soient les raisons, on ne devrait pas avoir de revenus et on devrait être dans la misère. » Il y a tout un discours, toute une petite musique qui est montée, en particulier avec le Parti socialiste. Je rappelle que Ségolène Royal, pendant la campagne de 2007, lance l'idée, reprend à son compte l'idée éminemment de droite de l'assistanat, en disant qu'il ne faut pas d'assistanat.
Je rappelle que Fabien Roussel, ces temps-ci, a brandi, a brocardé ce qu'il appelle la France des allocs, contestant implicitement. Alors, il fait toujours un petit jeu quand on lui dit « Mais quand même, c'est la sécurité sociale, vous pouvez être communiste, vous pouvez pas être contre ». Là, il se rétracte. En réalité, il a attaqué, il a fait allusion au fait qu'il y aurait des gens qui seraient fainéants et qui auraient de l'argent sans travailler. Il faut même se demander s'il s'agirait bien de gens complètement de chez nous. Mais bon, ça, il le dit pas, évidemment. Il laisse son auditoire faire ce type d'association.
Et puis après, il dit « Non, mais bien sûr, c'est pour défendre les travailleurs ». Alors qu'on sait parfaitement que ce type de mesure, ce type d'appauvrissement, de création de masse de travailleurs pauvres, c'est l'intérêt du patronat. Parce que ça maintient la pression et ça oblige les gens à travailler dans un rapport de force tout à fait défavorable. Donc, ils peuvent pas exiger de bons salaires. Je ne sais pas si vous avez vu cette vidéo du milliardaire australien qui a circulé beaucoup sur Twitter dans lequel il disait comme ça « Mais aujourd'hui, en ce moment, en Australie, les gens se croient tout permis. Ils négocient leurs salaires.
Il faut qu'il y ait beaucoup plus de difficultés pour ces gens-là pour qu'ils soient contraints d'accepter les jobs sous-payés qu'on leur propose. Parce que sinon, ça va pas du tout. Il le dit vraiment sans aucun complexe. Et il dit la vérité de ces systèmes. Voilà. Donc, bon, il n'y a pas de surprise, malheureusement. Mais je pense que le devoir d'une gauche digne de ce nom est de lutter de toutes ces forces contre cette loi-là en particulier et ce qu'elle représente.
Alors, il y a un certain Bernard Martineau, l'expert du marché du travail à l'Institut Montaigne, qui expliquait que dans la loi précédente, il y avait des obligations d'action d'insertion. Simplement, elles étaient moins définies. Est-ce qu'il est en train de nous dire que finalement, ça ne change pas tellement ?
Oui, c'est vrai que déjà c'était conditionné et d'ailleurs, déjà c'était critiquable et il y avait déjà une pression énorme sur les personnes allocataires du RSA et aussi des radiations. Donc, on était déjà dans une situation que je trouve était assez inacceptable du point de vue des principes et dans la manière dont ça s'appliquait parce qu'encore une fois, la pression sur les bénéficiaires du RSA était déjà assez forte. Donc, la Macronie
va plus loin en renforçant les contrôles.
Voilà, je pense que ça va vraiment dans une logique qui est déjà en place et qui se poursuit, c'est-à-dire désormais, il faut mériter le fait d'avoir le minimum du minimum du minimum et c'est encore une fois ça, je pense, contre lequel il faut lutter parce que l'idée, encore une fois, pas de droit sans devoir, c'est absurde, c'est même antirépublicain et la République s'est fondée sur l'idée de droits inaliénables premièrement et deuxièmement de droits sociaux qui sont non négociables et les minima sociaux, c'est encore une fois dans une période où, vous l'avez très bien dit Nadia, la période de l'inflation dans laquelle on est, la période où il y a presque 10 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, voilà, on a des étudiants qui font la queue devant l'aide alimentaire et qui d'ailleurs essayent de s'organiser pour faire valoir leurs intérêts, qui sautent des repas, qui ont des problèmes de mal logement et épouvantables.
Il y a des phénomènes de prostitution et studentine qui sont épouvantables aussi. Voilà. Épouvantables. Donc, tout ça, explosion de la pauvreté et puis, pour finir, c'est ça qui est d'autant plus choquant, c'est que on contraint le plus possible les gens précaires, on leur met la tête sous l'eau, on leur dit vous êtes trop irresponsables, on va vous responsabiliser, vous devez faire ceci, cela, vous devez cocher telle casse pour avoir truc, etc. Et de l'autre côté, les super riches, on ne les taxe pas, les grandes multinationales, on leur dit s'il vous plaît, augmentez les salaires, s'il vous plaît, voilà.
Et au final, on a le sentiment de deux poids, deux mesures avec d'un côté très très très dur avec les faibles et alors très faibles avec les forts. Oui, juste pour finir, cette affaire de dignité humaine, c'est juste une question de logique. Si on réfléchit cinq minutes, nul ne peut prétendre avoir ce qu'il a, quoi qu'il est, indépendamment de la société qui est autour de lui et du passé de cette société qui a produit en commun ses richesses. Il n'y a pas de production de richesses qui soit possible techniquement sans avoir été construit dans le temps, sans la collaboration sociale. Donc c'est complètement absurde de dire le contraire.
Maintenant, juste deux choses sur ces chiffres, comme d'habitude, donc on va en arriver à 5 millions de chômeurs minimum, etc. Le plan s'appelle le plan plein emploi. Il faut bien comprendre que tout ça a été packagé en termes de communication. Donc d'abord, ce sont des mensonges, puisque ce sont des gens qui vivent dans le mensonge. Mais par ailleurs, la technique consiste aussi à tout de suite aller nous attirer sur des éléments techniques. On leur dit « Ah mais c'est une honte » et ils disent « Ah mais ça existait déjà, on a juste précisé certains critères.
» C'est typique, pour vous faire perdre de vue le principe général, qui est extrêmement nuisible et condamnable, on va tout de suite vous attirer pour discuter sur tel ou tel point, pour que vous oubliez la question générale et qu'en fait, vous ayez déjà adhéré et accepté la situation. Donc je pense qu'il faut vraiment avoir pour outillage mental la connaissance de cette technique qu'on a en face de nous. N'allons pas discuter sur tel point, est-ce que ça existait déjà ou pas, est-ce que c'est radicalisé ou pas, parce que c'est déjà se faire embrouiller.
Puis il est aussi bon de rappeler que parmi ces bénéficiaires du RSA, il y a des étudiants diplômés qui perçoivent cette allocation en attendant de pouvoir trouver un emploi. Donc c'est vraiment un revenu qui leur permet de vivre cette transition entre le monde des étudiantins et le marché du travail.
Parce qu'ils n'ont pas papa-maman pour financer, parce qu'ils n'ont pas un appartement de famille. Voilà. 49.3,
le retour du spectre alors que la précédente année parlementaire avait été marquée par l'utilisation souvent jugée excessive de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Cette nouvelle année ne devrait pas être différente. Faute de majorité, Elisabeth Borne a une nouvelle fois engagé sa responsabilité ce 28 septembre pour la faire adopter sans vote. Alors c'est le premier passage en force avant ceux attendus cet automne du projet de loi de finances pour 2024 et celui de financement de la sécurité sociale. Alors, bien évidemment, la NUPES a répondu, a répliqué. Une mention de censure a été déposée. On imagine qu'elle aura très peu de chances de prospérer. N'est-ce pas ?
Oui, parce qu'il faudrait le vote de LR et je pense que ce n'est pas dans l'intérêt de LR de voter une motion de censure. Moi, j'avoue que tout ça devient un peu fatigant et en fait, je pense que la démocratie parlementaire démocratie française, vous savez, dans les cours de droit constitutionnel, on dit toujours la France est un régime semi-présidentiel ou semi-parlementaire. Et en fait, on se rend compte là avec Emmanuel Macron que c'est un régime présidentiel. Et en fait, la démocratie parlementaire française est devenue une sorte de folklore. Le Parlement, c'est devenu du folklore avec... Il n'y a même plus de majorité, donc c'est une majorité relative. Et donc, les oppositions...
Il y a une majorité pour ne pas voter la censure. Voilà, c'est ça. Il y a une majorité pour ne pas dissoudre l'Assemblée. Donc, on vote des motions de censure et puis c'est ce qui permet de faire passer les textes ou non. Et alors, ce qui est intéressant, c'est qu'Emmanuel Macron, il y a quelques mois, quelques semaines, quelques mois, a réuni tous les chefs de parti en disant la démocratie, c'est ça, c'est de parler avec les gens avec lesquels on n'est pas d'accord. C'est formidable la démocratie, vous voyez, j'invite tout le monde à Saint-Denis, d'ailleurs, dans un lieu qui est un peu un lieu symbole de l'ancien régime mais passons.
Et donc, c'est formidable, je réunis autour de moi des chefs de parti et voilà, je suis vraiment un grand démocrate et puis après, en fait, les textes budgétaires qui sont les textes essentiels, il me semble, on les fait passer par 49.3. Donc là, c'est le 12e 49.3, c'est ça ?
Et donc,
le ministre des Comptes Publics a dit ce matin ou hier qu'il allait, pour faire passer les différentes lois budgétaires, notamment projet de loi de finance et projet de loi de financement de la sécurité sociale, il allait y avoir une dizaine encore de 49.3. Donc, la question... Autant dissoudre le Parlement à gagnant du temps. La question, on fait comment pendant 4 ans ? Enfin, la comédie va durer comme ça pendant 4 ans, premièrement. Deuxièmement, qu'est-ce que ça dit de l'état de notre démocratie ? Est-ce que c'est tonnable une situation comme ça ?
Et donc, évidemment, le problème de fond derrière, c'est que la fatigue démocratique qu'il y a derrière, c'est-à-dire que les oppositions sont... ça devient presque stérile, les débats parlementaires deviennent presque stériles et donc, il n'y a plus la possibilité même de compromis possible alors même que quand on a une majorité relative, on a une responsabilité, c'est de dire on va faire des compromis. Sauf qu'ils ne veulent pas faire de compromis et c'est ça le sujet fondamental.
Et quand on proteste, on se fait mater par la police.
Et puis après, en plus, si on n'est pas content, puisqu'on se rappelle le sinistre mémoire, le 49-3 sur la réforme des retraites, évidemment, si on n'est pas content, il y a la répression. En fait, d'un point de vue démocratique, ce quinquennat est vraiment extrêmement problématique.
On a vraiment l'impression d'être asphyxiés par ce gouvernement.
Les amis du Média indépendant contre-attaque se sont amusés à calculer. Le 49-3 qui était conçu au départ dans la Constitution de 1958 comme une loi à usage exceptionnel dans des circonstances difficiles, a été utilisé en tout 89 fois pendant les 65 premières années de la Ve République et comme vous le disiez, 12 fois cette année par Emmanuel Macron qui est le record man absolu en la matière et contre-attaque s'amusait à calculer. Si tous les gouvernements précédents avaient fait 12 fois par an comme ça l'usage du 49-3, il y aurait eu 780-49-3 sous la 5ème République.
C'est effectivement une manière de facto de rendre tout à fait futile l'existence du Parlement, du pouvoir législatif, de l'annihiler. Alors, c'est même pire que ça parce que s'il n'y avait pas de pouvoir législatif ou s'il était un peu comme le Parlement européen dont on sait que structurellement, en fait, il n'a aucun pouvoir. Il n'a aucune possibilité. Il peut faire des esclandres, il peut essayer de faire du bruit, il peut essayer de gêner, mais techniquement, légalement, il ne peut rien faire. Il peut juste parler. Si on savait que c'était ça, ça serait mieux. Ce n'est pas censé être ça.
On est encore, comme vous le disiez, effectivement censé être dans un régime prétendument représentatif et même semi-présidentiel présidentiel, alors qu'en fait, on est dans un autoritarisme pur, purement bonapartiste, bien plus radical, sans doute, que ce qu'avaient en tête les gaullistes quand ils ont établi, au terme d'un putsch, il faut quand même le rappeler, lié à la guerre d'Algérie, un putsch militaire, ce régime rétroactivement validé par un référendum dans la grande tradition bonapartiste. Voilà, alors il faut bien prendre conscience, finalement tout cet habillage, alors on discute, le 49-3, est-ce que c'est bien, est-ce que c'est pas bien, on s'en plaint, etc.
Ça fait oublier qu'en réalité, la démocratie a disparu, tout simplement. Le Conseil de l'Europe lui-même, une institution qui n'est pas de l'Union Européenne, plus large, s'en est en termes très feutrés, quand même inquiétés, en disant que sur le principe, c'est vraiment une dérive autoritaire et antidémocratique. Et si on dit les choses très clairement, ça veut dire quoi, utiliser cette mesure ? Utiliser le fait que l'Assemblée ne veut pas voter la loi, ne veut pas la loi, mais pour des intérêts partisans, les députés ne veulent pas retourner devant les électeurs parce qu'ils ont peur de perdre leur siège. Donc ils ne vont pas voter la motion de censure.
Ça veut dire que ce gouvernement n'est pas représentatif, je ne parle pas même du pays, parce que la question de savoir si l'Assemblée est représentative du pays et des gouvernés, elle est problématique. Mais laissons-la de côté. Ce gouvernement n'est pas représentatif de l'Assemblée. Il n'a pas de majorité dans l'exécutif et il mène une politique donc qui est contraire au vœu, non seulement de la population, c'est manifeste, on le sait, à tous égards, parce qu'il y a de la destruction des services publics et de la précarisation générale, mais contraire en réalité au vœu des députés. Sa démarche est donc vraiment à proprement parler antidémocratique.
Ils savent, ils ne peuvent pas ignorer que ceux qui les ont élus et ceux qui sont censés détenir le pouvoir législatif ne veulent pas de ces lois. Et pourtant, ils veulent les imposer. Alors la question, c'est pourquoi ? Et ils y arrivent. Pourquoi et pour qui ? Et à chacun de répondre et à chacun de comprendre aussi que la défense face à ça, c'est de construire un rapport de force.
Justement, ce fameux rapport de force, ils ont essayé de le construire pendant toute cette longue séquence justement de la mobilisation contre la réforme des retraites. Est-ce que finalement, la rue a gagné ?
En fait, il y a un immense sentiment d'impuissance parce qu'en effet, ce gouvernement agit comme s'il avait une majorité absolue, totale, incontestable et qu'il avait un mandat du peuple très très clair pour mener en place ces politiques de réforme. Or, ce n'est évidemment pas le cas puisque une majorité relative, c'est un aveu d'échec et c'est une demande de faire des compromis. Ce n'est même pas une majorité relative en l'occurrence. Il n'y a pas de majorité absolue pour renverser le gouvernement. Oui, bien sûr. Mais il n'y a même pas de majorité relative pour faire passer la loi. Oui, mais c'est ce qu'on a... En tout cas, c'est vrai. C'est vrai.
Le gouvernement agit comme s'il avait une majorité absolue. Mais moi, là où je ne suis pas d'accord, c'est que moi, je ne pense pas qu'on n'est plus en démocratie. Je pense qu'on est en démocratie et je pense que le problème, ce n'est pas Emmanuel Macron. Le problème, c'est la cinquième république. Et en fait, Emmanuel Macron pousse à l'extrême la cinquième. Emmanuel Macron est un homme très intelligent qui sait ce qu'il a le droit de faire et ce qu'il n'a pas le droit de faire. Il sait qu'il a le droit de faire ce qu'il est en train de faire actuellement.
Il actionne des boutons qui lui sont autorisés par la cinquième république et il le fait avec un certain cynisme, il est vrai, mais aussi avec le sentiment d'être dans la légalité. Donc, la vraie question qu'il faut se poser, c'est plutôt est-ce que la démocratie telle qu'elle est permise par la cinquième république, est-ce que c'est une bonne démocratie ? Est-ce qu'on est dans une bonne constitution ? Et c'est un peu ce que vous disiez, Julien. Cette constitution n'a plus aucun sens aujourd'hui. C'est une constitution qui donne des pouvoirs démesurés à l'exécutif.
Je rappelle quand même que dans la cinquième république, le président de la république n'est pas responsable devant le parlement. Alors qu'il peut dissoudre le parlement. Donc, on est déjà dans un déséquilibre absolument incroyable qui a été voulu par le général de Gaulle qui, je suis désolé, était évidemment une figure incontestable, historique, mais qui n'était pas un immense démocrate. Et c'était quelqu'un qui se méfiait énormément, énormément, évidemment, de la république des partis et même de la république parlementaire. Et ça, je pense que c'est très important.
La cinquième république, pour moi, et je finis là-dessus, n'a plus aucun sens aujourd'hui, alors même que, en plus, la société française est fragmentée, que le fait même d'avoir une majorité devient compliqué ou quoi que ce soit. Et puis, d'autre part, elle n'est plus du tout en lien avec les aspirations démocratiques de la population et puis aussi des progrès démocratiques tels qu'ils sont aujourd'hui, dans différents pays, d'ailleurs, européens. Je veux dire, la France fait figure d'exception par rapport à son modèle extrêmement autoritaire, je ne sais pas, mais en tout cas, très présidentiel.
Donc, le problème, ce n'est pas Emmanuel Macron, c'est la constitution et l'usage qu'il fait de la constitution. Décorréler les deux.
Moi, je pense qu'on peut parler de régime autoritaire des facteurs et tout ça ressemble quand même beaucoup au second empire avec la construction d'un consensus, le maintien d'un certain degré de liberté publique, pas forcément pour tout le monde, en tout cas inégalement réparti selon les endroits, selon toute une série de critères. Pour ce qui est de De Gaulle, oui, ce n'était pas quelqu'un qui était un démocrate radical là-dessus, il n'y a pas de doute. Il était quand même nettement plus démocrate qu'une bonne partie de la droite de son époque à commencer par les pétainistes. Il ne faut quand même pas l'oublier. Il avait une grande méfiance envers le parlementarisme.
Ça faisait partie de son morassisme car De Gaulle, on l'oublie beaucoup, était morassien. Il a même dédié un livre à Charles Maurras, un des pères de l'extrême droite. Il était morassien comme l'était l'immense majorité de la droite française traditionnaliste à laquelle il appartenait. Il faut comprendre que ça peut avoir du sens aussi de se méfier du parlementarisme comme s'en méfiait De Gaulle parce que la Troisième République, ce n'était pas non plus super brillant. Il ne faut quand même pas l'oublier. Justement, un régime avec le législatif au centre, au cœur, c'était quand même le règne de la corruption parlementaire. Ça, on le sait, les historiens le savent très bien aujourd'hui.
Ça n'a pas complètement cessé d'ailleurs sous la Quatrième. Je vous renvoie par exemple à un livre de Jean-Yves Mollier là-dessus qui est très amusant, assez consternant parce qu'on a les preuves de la corruption systémique des députés par les grands intérêts financiers, y compris de personnages très prestigieux dont vous seriez peut-être étonnés de découvrir les noms dans ces travaux de Mollier. Il s'appelle l'âge d'or, je crois, de la corruption parlementaire. Voilà. Le parlementarisme ce n'est pas non plus forcément la panacée. Ce n'est pas forcément non plus extrêmement représentatif. Ça ne passe pas par une figure monarchique.
Je rappelle quand même que quand Thiers qui fondamentalement était un monarchiste au départ, Adolphe Thiers donne l'impulsion, mène l'instauration de la Troisième République après la défaite du Second Empire contre l'Allemagne en 1870, il abandonne son monarchisme parce qu'il réalise que pour imposer non démocratiquement ces objectifs sont antidémocratiques et tout à fait explicitement pour imposer aux masses incultes de travailleurs les mesures nécessaires qui ne vont pas forcément du côté de leurs intérêts et dans le sens de leurs souhaits, il est beaucoup plus facile d'avoir une souveraineté collective construite juridiquement qu'une souveraineté rapportée à une seule personne comme c'était le cas sous le Second Empire après avoir été le cas sous la monarchie.
C'est dans cet esprit-là que les républicains et c'est pour ça aussi que quand vous parlez tout le temps c'est pas républicain il y a plein de sortes de républiques cette république-là c'est la république versaillaise de Thiers c'est la troisième république au départ bon c'est pas forcément non plus la panacée de toute façon toutes les formules de représentation sont problématiques parce que ce sont des médiations et il y a des grandes déperditions d'authenticité la question de la professionnalisation de la politique est fondamentale la question de la rotation au mandat mais je crois beaucoup à un système politique qui enchaîne le pouvoir qui limite au maximum et ça c'est l'esprit républicain c'est l'esprit des lumières c'est l'esprit des grands penseurs de l'idée même libérale au sens politique du terme c'est vraiment et je pense que le parlementarisme c'est ça c'est de limiter au maximum la capacité de nuire du pouvoir et la cinquième république de ce point de vue là va plutôt dans le contraire c'est à dire qu'elle donne encore une fois des outils tout à fait démesurés qui donne un pouvoir je pense à mon sens démesuré à l'exécutif et donc en réalité à la tête de l'exécutif c'est à dire le président de la république vous savez ce que disaient les communards qui étaient dans la tradition du républicanisme social la république devait être sociale et démocratique radicale il disait toujours méfiez-vous des gens qui cherchent qui sont volontaires pour exercer le pouvoir choisissez il y a des affiches de la commune qui le disent choisissez des gens qui n'en veulent pas que ça emmerde et ça c'est une tradition je termine la suite excuse moi Nadia parce qu'on oublie qu'il y a toute une expérience historique très longue qui n'est pas enseignée malheureusement justement il faut attendre
d'aller à la fac pour que ce soit enseigné ouais et encore il faut faire l'histoire
du Moyen-Âge je suis désolé pour Théo qui m'en veut toujours de trop parler du Moyen-Âge les cités états italiennes qui sont en fait les berceaux de l'idée républicaine moderne qui sont les inspiratrices Florence, Venise, Gênes par exemple surtout Florence d'ailleurs qui sont les inspiratrices des penseurs du libéralisme américain de Madison de gens comme ça avaient pour principal souci ces formations politiques qui étaient des républiques celui-là d'empêcher que en l'occurrence c'était souvent des nobles ce qu'on appelait les manias les plus puissants monopolisent le pouvoir et il y avait des techniques d'un raffinement extrême d'une complication extraordinaire pour que le pouvoir soit divisé entre plusieurs collèges que les magistratures ne durent jamais plus d'un an parfois ça n'était pas plus de six mois il y avait une rotation permanente aux charges il fallait interrompre son travail pour faire six mois dans tel collège et on ne pouvait pas y revenir avant un certain temps on devait aller à un autre collège pour d'autres décisions et la participation active au gouvernement était bien plus large en termes de pourcentage de la population qu'aujourd'hui il n'y avait pas le principe général de l'égalité des droits ça n'est pas du tout
donc on n'est pas du tout progressiste c'est ce que tu es en train c'était pas démocratique
non mais ce que je veux dire c'est qu'il y a toute une histoire humaine et entre autres européenne parce qu'il y a aussi des histoires extra-européennes qu'on ferait bien de connaître d'auto-gouvernement en tout cas de limitation des médiations qui neutralisent les intérêts généraux à laquelle il faudrait revenir maintenant le problème je le dis souvent pour changer de constitution c'est pas un coup de baguette magique historiquement regardez à quel moment en France on a changé de constitution
Julien du coup mais très rapidement j'aimerais bien que tu répondes à une question que tu as soulevée tu disais qu'il fallait construire un rapport de force pour mettre la pression sur ce gouvernement donc comment ?
alors ça là encore je suis désolé mais ça date ça a été découvert et théorisé explicitement ça a été découvert mais ça a été théorisé explicitement par quelqu'un qui s'appelait Niccolo Machiavelli un italien du début du 16ème siècle qui a compris qui a fait un manuel sur comment marche la politique et la politique ça marche au rapport de force et ça n'a pas changé depuis malheureusement vous ne pouvez pas manifester parce que le mouvement ça ne fonctionne pas alors si si vous manifestez et que ça a des effets dans la population en créant du dissensus ou en créant de l'hostilité aux forces de l'ordre parce que les médias relaient votre manifestation montrent les images de violences policières ne cherchent pas à les justifier comme ça a longtemps été le cas ça marche ce rapport de force marche le pouvoir est obligé de reculer et je vous rappelle que jusqu'au début de l'année 2000 quand il y avait de très grosses mobilisations populaires les gouvernements reculaient systématiquement c'était des gouvernements de droite à partir de la réforme Fillon en particulier en 2003 de plus en plus les médias mais qui perdaient en indépendance et on se retrouve dans une situation qui était celle des années 30 où les médias enfin celle des années 30 et de la troisième république dans son ensemble où les médias étaient au moins de grands intérêts financiers et où la presse était d'une grossièreté absolument terrible racontait absolument n'importe quoi et jouait les intérêts de ceux qui la possédaient et bien à partir du moment où les médias ne relaient plus mentent invisibilisent ce qui se passe le rapport de force est neutralisé donc voilà
il faut créer des médias alliés des médias amis comme le média qui débarque évidemment
le champ de l'information est absolument fondamental le CNR le savait ça faisait partie du programme des leçons tirées par la résistance de la catastrophe des années 30 maintenant construire un rapport de force plus généralement c'est l'objet même de la politique et c'est la question en ce moment de la NUP et du rapport entre les partenaires de gauche s'ils sont de gauche et ça dépend il faut voir jusqu'à quel point ils le sont
on conclura justement sur la NUP on continue on continue de parler des textes budgétaires et plus précisément de ce projet de loi de finances qui va être en discussion cet automne ce qu'on peut retenir de positif en tout cas c'est l'augmentation de 3,9 milliards d'euros des fonds alloués au ministère de l'éducation nationale alors de prime abord c'est assez réjouissant sauf que cette augmentation et bien elle est accompagnée de la suppression de 2500 postes de professeurs des professeurs dont on aurait bien eu besoin dans le cadre de cette fameuse lutte qui est une priorité nationale la lutte contre le harcèlement scolaire on rappelle que le rectorat de Versailles est dans le viseur de ce gouvernement puisque la moitié des courriers de réprobation qu'il a adressés aux parents pose question selon le ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal messieurs c'est un sujet très important pour vous vous teniez à ce qu'on parle de cette question de la lutte contre le harcèlement scolaire
alors oui parce que Gabriel Attal nous a fait un début de mandat ministériel je ne sais pas comment on dit voilà assez tonitruant et je dois lui reconnaître une habileté en termes de communication assez forte donc la séquence à Bayard qu'on a déjà commenté on ne va pas revenir là-dessus c'est suffisamment affligeant pour voilà et puis donc la séquence harcèlement donc moi je ne commenterai pas la question de loi budgétaire ou quoi que ce soit je n'ai pas tous les détails de cette loi mais c'est vrai que la question du harcèlement est mise sur la table de manière très forte de la part de Gabriel Attal plus j'ai l'impression que son prédécesseur Papendia qui en parlait aussi beaucoup par ailleurs moi ce qui m'a choqué en fait je vais un peu contre courant sur cette question et je pense que peut-être que Julien ne sera pas d'accord avec moi je pense que cette question du harcèlement scolaire moi j'ai été choqué par ce qui s'est passé je crois que c'était la semaine dernière ou il y a deux semaines où cinq policiers sont rentrés dans une salle de classe ont interpellé et menotté un auteur de harcèlement extrêmement grave un mineur qui avait 14 ans 14 ou 15 ans qui a commis un harcèlement tout à fait épouvantable il faut le dire quand même et donc il a été menotté devant ses camarades et donc avec des policiers qui sont rentrés dans une salle de classe et j'avoue que j'ai été extrêmement troublé par cela et je me suis questionné et je crois que cette approche punitive sur le harcèlement scolaire et je pense c'est la pire des approches alors je sais que c'est pas populaire de dire ça y compris à gauche parce que il y a une demande de fermeté à gauche sur cette question là qui est tout à fait légitime au regard du phénomène de l'ampleur du phénomène qui touche les jeunes et qui touche aussi il y a le harcèlement scolaire le cyber harcèlement enfin bref c'est un fléau absolu et je le conteste absolument pas au contraire mais en revanche cette approche punitive qui consiste à renforcer les sanctions contre les auteurs de harcèlement etc.
me semble complètement à côté de la plaque me semble dangereuse parce qu'en réalité il faut s'attaquer aux causes du harcèlement scolaire et moi je suis convaincu que les jeunes qui font du harcèlement scolaire sont des jeunes paumés c'est des jeunes qui sont eux-mêmes en difficulté c'est des jeunes qui s'ils en sont arrivés à être dans une telle haine une telle voilà
je sais pas
il y a plein de choses qui peuvent expliquer ça mais ce sont des jeunes qui ne vont pas bien eux-mêmes et donc on ne va pas résoudre le problème en ayant l'approche punitive etc. même si encore une fois ça fait plaisir à l'opinion publique qui en demande de faire metter etc.
et donc moi je pense que le danger dans cette histoire de harcèlement scolaire c'est de répondre à ce phénomène qui est un phénomène de société qui en plus c'est quelque chose qui est lié moi à mon sens à la dimension très autoritaire de la manière dont la société est organisée de la manière dont l'école elle-même entretient un certain nombre de valeurs de principes qui sont très autoritaires qui sont très finalement humiliants d'une certaine manière je veux dire être élève aujourd'hui dans une salle de classe dans l'éducation nationale on vit des choses qui ne sont pas faciles quand par exemple on a un mauvais élève ou quand on n'est pas forcément dans la norme entre guillemets et bien vis-à-vis des professeurs vis-à-vis de voilà c'est très dur donc je pense que le harcèlement scolaire c'est quelque chose de beaucoup plus large qui est lié aux structures sociales voilà et donc voilà l'approche punitive sur le harcèlement scolaire me semble non seulement dangereuse mais contre-productive voilà
oui Julien
je suis entièrement d'accord je suis entièrement d'accord avec très rapidement
pour rebondir sur ce que vous disiez Mathieu Slama bien évidemment je conteste je condamne moi-même cette approche punitive surtout que généralement il y a des signalements au sein des établissements la vue également ça monte même parfois jusqu'au rectorat pour pointer l'inertie même de parfois l'équipe pédagogique donc il y a aussi des responsabilités à aller chercher au sein même de l'institution au sein même de l'école Julien
je suis entièrement d'accord avec ce que vous disiez et c'est pas du tout de la naïveté ou de l'angélisme c'est le mouvement même de ce que c'est qu'être de gauche c'est-à-dire ne pas réagir comme ça selon la pulsion mais essayer de penser de comprendre comment ça marche pour être efficace et pour agir et en l'occurrence effectivement il y a toute une série de causes au développement du harcèlement d'abord je pense la montée des valeurs sociales en général d'auto-affirmation une forme d'arrogance qu'on vous demande d'avoir si vous voulez réussir dans la vie le gagnant prend tout the winner takes it all on dit aux Etats-Unis en anglais voilà c'est justement cette conception de la société comme une jungle avec des perdants et des gagnants ceux qui sont forts survivent et pas les autres bon c'est un peu toujours le même c'est un peu le portrait de l'homme néolibéral l'enfance de l'homme et l'adolescence de l'homme néolibéral maintenant il faut aussi évidemment défendre les victimes c'est une priorité absolue il n'y a aucun doute là-dessus mais c'est pas en traumatisant une classe entière en faisant rouler des biceps en traumatisant les gens qui voient un jeune garçon menotté emmené de force comme si c'était un grand criminel dans une école qui est censée être un sanctuaire quand même à bien des égards que l'on va faire renforcer les choses mais en revanche ça sert à faire de la com c'est une logique qui correspond à l'esprit général de l'opénisation d'ensemble il faut affirmer l'autorité de l'état ça nous renvoie à des images comme celle des enfants des adolescents de Mantes-la-Jolie qui sont comme des prisonniers de guerre attachés à genoux la tête contre le mur avec des CRS qui tournent autour d'eux en leur disant des mots aimables ça permet
de ne pas interroger la responsabilité de l'institution
non bien sûr toujours l'institution au contraire elle montre qu'elle réagit elle pense que les gens sont assez bêtes pour être contents de ça il y a un climat général en France dont le macronisme participe pleinement même si ça a commencé sous Sarkozy et Hollande d'affirmation de la force brute de l'état et là on ne peut pas non plus ne pas penser à ces projets qui reviennent d'institutions du CNU c'est à dire de militarisation c'est le CNU SNU Service National Universel ou je ne sais pas quoi une sorte d'embrigadement obligatoire sur le mode de la militarisation de l'ensemble des enfants il y a cette volonté d'affirmer l'autorité aveuglément et violemment donc ça ne correspond pas du tout aux besoins maintenant et pour terminer sur ces affaires si on en revient à la question du budget dont tu parlais à l'instant Nadia
donc augmentation de 3,9 milliards d'euros des fonds alloués au ministère de l'État
c'est exactement la même problématique à mon avis
donc justifié par les revalorisations salariales des professeurs
oui alors voilà c'est une magie extraordinaire parce que la Macronie augmente toujours les budgets dans tous les domaines alors que ces mêmes domaines que ce soit l'hôpital que ce soit l'éducation nationale ou d'autres services publics sont en train de se délabrer et vous voyez bien que ce sont tout ça est packagé par des communicants on utilise le phénomène normal d'augmentation de la masse salariale lié au fait que les gens prennent de l'ancienneté lié au fait qu'il y a de l'inflation pour attirer votre attention sur un point technique qu'en fait vous ne pouvez pas maîtriser parce que vous n'êtes pas un technocrate vous n'êtes pas un administrateur vous n'êtes pas un comptable public et vous dire mais regardez ça augmente donc ce que vous voyez de la réalité au quotidien que vos enfants n'ont pas d'enseignants dans telle matière qui faillent amener vous-même les feuilles pour les photocopies bref que la cantine soit abominable comme c'est le cas à Paris dans les écoles en fait vous devez l'accepter parce que les budgets ont augmenté donc on n'y est pour rien au contraire il y a des espèces de tour de passe-passe comme ça et là encore il faut s'extraire de ça ne pas accepter de rentrer dans ce boniment d'accepter ces chiffres ces détails techniques trafiqués mis en avant biaisés de manière à faire passer la couleuvre et nous empêcher de nous rendre compte de la réalité de la destruction des services publics et de l'éducation nationale le budget augmente chacun peut voir à quel point l'éducation nationale va mieux
Monsieur je vous propose de conclure ce fond de l'info avec une polémique qui continue de secouer la nupesse une polémique qu'on pourrait résumer en quelques mots non clés Sophia Chikirou Fabien Roussel Jacques Doriot Jean-Luc Mélenchon question un peu provoque est-ce que vous pensez comme Sophia Chikirou qu'il y a du Doriot un ex-communiste collaborationniste dans Roussel
alors non pas du tout Doriot était un collaborationniste français donc là on parle de de crimes contre l'humanité on parle de choses d'une gravité historique enfin absolument terrible et je pense que vraiment rentrer dans ce type de de enfin de comment dire d'excès et le mot est faible pour moi n'a aucun sens c'est c'est ça ça affaiblit le sens des mots et puis surtout ça affaiblit la gauche parce que je trouve je trouve que la gauche là est dans une espèce de est excessive elle est excessive dans les mots qu'elle emploie elle est excessive dans un certain nombre de polémiques qui sont inutiles celle-ci est vraiment une polémique inutile on n'a pas besoin d'accuser Fabien Roussel de comparer Fabien Roussel à un collaborationniste français pour dire que Fabien Roussel a tout un tas de problèmes et défend des idées qui sont pour certaines réactionnaires et pour d'autres extrêmement problématiques et non progressistes d'ailleurs on l'a fait nous-mêmes dans une précédente émission sans utiliser ce type de comparaison grotesque et donc je finis juste sur un point c'est que la gauche s'est tiré une balle dans le pied elle donne des arguments des outils des munitions à ses adversaires pour in fine s'affaiblir montrer à quel point elle est divisée montrer à quel point elle est excessive etc etc alors que encore une fois la gauche a besoin d'être solide d'être unie de montrer qu'elle a un vrai projet pour le pays que sur un certain nombre de sujets qui se posent aujourd'hui c'est elle qui a les solutions les plus rationnelles et les plus urgentes pour faire face à la situation et au lieu de parler de ces sujets de fond ou quoi que ce soit on parle de polémiques de polémiques etc alors le truc c'est que les polémiques à gauche ça fait plaisir aux fans ça fait plaisir sur Twitter sur les réseaux sociaux on fait beaucoup de likes avec les polémiques on fait beaucoup de likes mais en fait on perd on perd les français on perd les français on mobilise ces bases électorales sur les réseaux sociaux on fait beaucoup de likes c'est très excitant mais derrière en fait je pense que toutes ces polémiques alors celle-ci voilà est totalement reproductive et moi j'ai été choqué par cette comparaison
alors Jean-Luc Mélenchon réfute toute comparaison entre les deux hommes mais assure qu'il y a un malaise avec Roussel à gauche je vous propose de l'écouter
nous n'avons jamais comparé M. Roussel à Doriot jamais c'est pourquoi je parle d'une diversion si vous voulez avoir le fin mot lisez Schneiderman nous sommes tous mal à l'aise des propos qu'il tient dans un certain nombre de domaines et je ne veux pas récapituler ici ce n'est pas moi qui ai une divergence avec lui c'est lui qui a une divergence avec ce qu'il a lui-même signé qui est l'accord que nous avons fait sur 640 points M. Roussel a décidé tout seul et il est le seul à avoir fait ça
alors quant à Fabien Roussel il condamne un appel à la haine le mot est un peu fort aussi
alors moi je serais plus mesuré plus nuancé que vous sur cet épisode dur bien sûr c'est une allusion très dure c'est un rappel très dur que de convoquer cette figure de Doriot la question n'était pas du tout de dire que Roussel allait commettre les actes qu'a commis Doriot pendant la deuxième partie de sa carrière ce que disait Shikiru en relayant un tweet que ou un post Facebook c'est il y a du Doriot dans le comportement de Roussel et c'est plus intéressant qu'il y paraît même si je ne pense pas que Roussel soit Doriot enfin je ne l'espère pas il y a des éléments dans l'itinéraire de Doriot au début au moment où il change de stratégie où il essaye alors que c'était un leader communiste traditionnel d'en appeler à une sorte d'union avec la bourgeoisie sur des thèmes qui laissent de côté les intérêts des travailleurs dit-il au départ pour faire face pour contrer le fascisme pour unir la population unir les forces politiques contre le fascisme qui monte donc on est au début puis au milieu des années 30 et puis finalement il va très vite franchir le pas et devenir lui-même un fasciste après avoir repris des thèmes populaires qui flirtaient avec les thématiques du fascisme pour faire l'union pour les contrer ce qu'a dit Mathilde Panot par exemple qui à mon avis a eu la réaction la plus comme souvent la plus raisonnable c'est qu'il y a des dérives très inquiétantes de Fabien Roussel lorsqu'il dit je la cite d'ailleurs les frontières ne devraient pas être des passoires lorsqu'il parle des quartiers racisés lorsqu'il parle de la France des allocs comme on l'a dit tout à l'heure lorsqu'il va manifester avec un syndicat proprement fascistoïde Alliance pour réclamer aux côtés de ce syndicat en réalité une quasi totale impunité de facto de la police face à la justice lorsque non seulement il se désolitarise de la manifestation contre les violences policières du 23 septembre dernier mais qu'il l'accuse en fait d'être anti-flic et nie implicitement sa nécessité c'est-à-dire les violences policières on voit qu'il y a une stratégie que lui-même d'ailleurs dans son dernier discours à la fête de l'Huma a assez bien résumé il s'est présenté en disant mon objectif c'est de rassembler la gauche et la droite dans une grande union pour faire barrage au fascisme comme si c'était ça l'objectif du parti communiste et de la gauche en général comme si ça avait un sens en soi et comme si avec ses 2,1% à la présidentielle il était bien placé pour ça donc il y a une dérive de Roussel il fait appel à des bas instincts on le voit bien donc l'attaquer durement là-dessus en disant il va finir par y avoir du Dorio dans Roussel ça ne me paraît pas aberrant maintenant Mathilde Panot aurait dû être beaucoup plus ferme dans sa condamnation non Dorio était en plus un antisémite on n'est pas en train de dire qu'il est arrivé au point où Dorio en est arrivé à la fin je crois vraiment que là on compare des parcours il y a une évolution dangereuse à un certain stade Dorio en était là il ne s'agit pas de dire que Roussel va aller plus loin de la même manière je pense que des fois on se grandit à reconnaître des erreurs c'est pas grave on fait tous des erreurs moi ce que je veux souvenir c'est la nécessité politique de s'être excès on se grandit à reconnaître totalement sans aucun oui mais des erreurs et je trouve dommage que Mathilde Panot qui a raison par ailleurs dans ce qu'elle dit mais je trouve dommage qu'elle n'ait pas dit ça de manière beaucoup plus claire parce qu'elle pense que ça n'est pas une erreur elle pense je crois et je suis d'accord avec elle je pense que c'est discutable que c'est dur vous même Julien vous disiez à juste titre dans une précédente émission qu'il y a dans la tradition du parti communiste français un certain courant réactionnaire qui flirte avec le nationalisme avec des positions absolument pas progressistes etc donc je pense qu'on peut tout à fait reconnaître la filiation d'Affirmé Roussel par rapport à cette tradition-là qui marchait etc qui est tout à fait condamnable et qui est tout à fait dangereuse et contre laquelle il faut lutter mais de grâce mais de grâce n'allons pas dans des comparaisons qui pour le coup là nous font changer totalement de monde et qui ne sont pas raisonnables c'est quand même intéressant de voir on peut peut-être terminer là-dessus pour finir sur cette affaire qu'elle a suscité une levée de bouclier cette déclaration donc il y a du Dorio dans Roussel une levée de bouclier assez extraordinaire et que ça a réussi à faire une unité complètement improbable entre l'EPS l'EPC bien sûr et même Europe Écologie Les Verts puisqu'il y a eu une tribune qui est parue dans l'Humanité en soutien à Fabien Roussel contre cette aberration totale qui était d'avoir dit qu'il y a du Dorio dans Roussel vous voyez les conséquences
elle est fait à la gauche
ça prouve que c'est vraiment pas mal sauf que si on additionne les scores qui ont été faits mettons par Jadot Hidalgo Jadot et Hidalgo et Roussel lui-même donc Jadot et Hidalgo signant la pétition on arrive à peine plus du tiers que ce que Mélenchon a fait au premier tour mais surtout ce qui est absolument délectable je trouve c'est que cette pétition réunit quelqu'un comme Yannick Jadot membre d'un parti dont Cécile Duflo lorsqu'elle le dirigeait et Dieu sait si elle est moins à droite que Jadot a désigné Jean-Luc Mélenchon comme déroulaide elle a accusé Jean-Luc Mélenchon d'être un déroulaide au moment où Mélenchon proposait de faire un Podemos à la française en 2015 une alliance avec Europe Ecologie Les Verts déroulaide c'est une accusation au fond plus grave que celle de Dorio contre Roussel parce que déroulaide c'est l'un des pères de l'extrême droite française dès le départ là il ne s'agit pas d'un parcours il ne s'agit pas de tendre dangereusement vers quelque chose comme on le dit là déroulaide c'est celui qui est obsédé par la revanche le revanchisme impatriotard contre l'Allemagne parce que Mélenchon avait dit ce qui est une vérité jusqu'à preuve du contraire que la politique économique de l'Union Européenne est sous influence allemande et que cette influence est délétère ce qui d'ailleurs à l'époque a été amplement à nouveau prouvé avec l'attitude de l'Allemagne dans la crise grecque il faut condamner cette comparaison ouais non mais voilà donc on trouve on trouve dans cette on trouve par les signataires des défenseurs tout à coup de Roussel outre bien sûr toute la presse de droite de Marianne à l'Express qui s'indigne en faveur de Roussel Anne Hidalgo qui a fait sa campagne glorieuse comme on sait puisque c'est 1,7% à la clé pour le parti socialiste en 2022 regarder les vidéos en disant que Jean-Luc Mélenchon est le complice des dictateurs qu'ils cherchent à favoriser les intérêts d'Assad etc donc des trucs totalement ignominieux on trouve ça n'a pas suscité ma mémoire on trouve dans la liste c'est ça qui est magnifique Madame Delga qui est une prétendue socialiste valsiste dont les thèmes sont très proches de l'extra-droite et pour le coup là on peut convoquer une autre figure de manière bien plus justifiée qui est celle de Marcel Déa qui est un peu l'équivalent de Doriot dans les années 30 alors lui il va au fascisme non pas depuis le PC mais depuis la SFIO depuis l'ancêtre du parti socialiste Delga qui est une proche de Vals Vals c'est alors lui vraiment de manière troublante une réédition soft pour l'instant espérons que ça va durer de Déa Vals manifeste avec l'extrême droite Vals développe des thèmes d'extrême droite Vals nie les violences policières fait l'apologie de la force alors évidemment mais une comparaison ça n'est jamais une comparaison c'est toujours entre deux éléments qui sont distincts Vals n'est pas un fasciste pour l'instant il ne répugne pas quand il le faut à développer des thèmes des thèmes fascisants non mais non mais non il m'a manifesté avec des fascistes il est de droite il est assez réactionnaire voilà c'est pas un fasciste et par ailleurs il tient des propos c'est une droite qui a des fortes tendances racistes c'est une droite
les mots c'est un raciste alors
le fascisme ça a plein de sens possibles c'est faire passer l'autoritarisme donner raison aux forces de l'ordre quoi qu'il arrive cautionner les violences policières développer des discours qui tendent à stigmatiser une partie de la population de manière raciste bon tout ça n'est pas sans rapport avec le fascisme et tout ça caractérise dans une large mesure Manuel Vals et Madame Delga donc que ces gens aillent ensuite s'indigner et voler au secours de Fabien Roussel avec la presse de droite à l'unisson là encore c'est à nous d'utiliser un petit peu notre jugeote et d'en tirer les conclusions
encore merci messieurs pour ces précieux éclairages j'aurais aimé vous entendre davantage mais bon on doit bien mettre fin à cette émission également merci à vous d'avoir suivi ce nouveau numéro du fond de l'info on se retrouve très prochainement pour une nouvelle édition en attendant rendez-vous sur le lien Kisskissbankbank disponible dans la description ou bien en haut de cette vidéo en cliquant en haut à droite de votre écran donnez partagez cette cagnotte autour de vous et permettez aux médias de développer une grille de programme qui bousculera la télévision merci et à très bientôt et à très bientôt
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