#RDLS156 : Pénurie de carburant, 49.3 et alliance Macron/Le Pen à l’Assemblée
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C'est la 156e revue de la semaine et comme je l'avais dit, cette fois-ci je me remets à le faire régulièrement, c'est-à-dire hebdomadairement. Voilà, un petit coup de générique, c'est toujours le même, il ne change que la semaine prochaine et puis hop, on démarre. Alors cette fois-ci j'ai décidé de traiter moins de sujets internationaux, quoique l'actualité internationale progressivement finit par surplomber la scène de tout ce qui se passe dans tous les pays.
C'est d'un côté la guerre d'Ukraine qui est en train de dégénérer vers une bataille générale et avec tous les risques que ça comporte, notamment le risque nucléaire, à la fois du fait des menaces que Poutine agite contre le reste du monde et en particulier contre les Européens, et à cause de la situation particulière des centrales nucléaires pour lesquelles une fois de plus, je rappelle que comme nous l'avions proposé et comme le demandait le président de l'Ukraine, il est nécessaire qu'il y ait des casques bleus autour des centrales nucléaires de manière à ce qu'il puisse en quelque sorte être une ligne d'interposition devant le plus grand danger qui nous menace tous.
De plus si on mettait ça en place, ça sera un début de discussion avec les Russes et on commencera à sortir de la pure logique de l'escalade de la guerre. L'autre sujet c'est évidemment l'Iran, sur lequel je me suis déjà exprimé trois fois. Ici, bon je le fais une quatrième pour vous dire que pour moi, c'est un sujet d'études et de solidarité très important parce que c'est un mouvement qui au départ a les traits d'un mouvement féministe, a un contenu féministe, mais qui évidemment, comme tous les phénomènes de révolution citoyenne, est en train de transcroître.
C'est-à-dire qu'au départ on a une revendication démocratique, cesser d'imposer aux femmes une tenue vestimentaire, c'est une revendication démocratique, la police politique iranienne doit cesser de martyriser les femmes qui refusent de porter ce voile ou ne le portent pas assez bien à leur goût et puis c'est en train de devenir une revendication sociale puisque présentement on nous dit que ce sont les travailleurs des entreprises qui à leur tour entrent en action contre le pouvoir théocratique, théocratique ça veut dire de Dieu, le pouvoir religieux des ayatollahs qui dirigent l'Iran.
Ces deux éléments d'actualité, chacun dans leur domaine, chacun à leur façon, propage une onde de choc qui atteint progressivement les pays voisins, atteint progressivement telle ou telle sphère de la vie internationale. Mais dans le moment, il y a un fait qui vient particulièrement nous impacter, c'est la décision des pays de l'OPEP, c'est-à-dire l'Organisation des Pays Producteurs de Pétrole, qui a décidé de diminuer la quantité de pétrole qu'ils mettaient à la disposition de l'économie mondiale. Alors c'est une décision dont l'unique signification est la suivante, c'est qu'en baissant la quantité, on fait monter les prix.
Et comme le baril est déjà à 90 dollars avant que cette décision soit prise, on comprend qu'ils veulent davantage. Tous les producteurs de pétrole, ils gagnent des sommes absolument faramineuses et sans justification particulière, parce que d'ores et déjà, le prix est tellement haut qu'ils permettent d'accumuler des surprofits absolument inouïs. Notamment certains secteurs qui s'en sassquent à déficitaires dans la production de pétrole. On pense au pétrole qui est prélevé, vous savez, par fracturation, c'est-à-dire qu'on injecte de l'eau dans le sol en fracassant le sol et on remonte l'eau en question qui est chargée de pétrole et on sépare les deux.
Donc cette manière de produire du pétrole, qui est majoritaire aux Etats-Unis d'Amérique, elle fonctionne à condition que le prix du baril soit au-dessus de 60 dollars. À ce moment-là, ça devient rentable. Vous pensez qu'à 90 ou à 100, elle l'est extraordinairement. Quant aux pays du Golfe, qui sont pour l'instant les premiers producteurs de pétrole, derrière les Russes, eh bien ce sont des surproduits absolument incroyables. Et évidemment pour les Russes eux-mêmes. Puisque en pleine guerre, la Russie a fait l'année dernière un excédent commercial faramineux par ses ventes de pétrole sur la partie du monde qui lui achète. Et cette partie-là est aujourd'hui la plus importante.
Ce n'est pas nous les Européens qui sommes les plus nombreux acquéreurs sur ce marché. Nous ne l'avons jamais été et nous ne le serons jamais. Donc c'est au reste du monde. Donc la décision des pays de l'OPEP est analysée par les Nord-Américains comme une agression et une aide qui est apportée directement à la Russie. Certainement que c'est une manière simplificatrice de résumer la situation. Mais la vérité est quand même que ça profite essentiellement à l'effort de guerre russe que de voir les prix du pétrole augmenter. Donc l'excédent commercial de la Russie augmenter, augmenter, augmenter, alors qu'ils sont en pleine guerre.
Alors cette décision elle vient aussi aggraver la situation particulière qui est la nôtre en France avec les pénuries. Alors ces pénuries, au bout de 1, 2 ou 3 jours, évidemment on revient aux vieux refrains qui ont toujours été ceux des gouvernements contre les salariés. C'est la faute des salariés et des raffineries. Eh bien, je crois que là ils sont en train d'avoir la surprise à laquelle ils ne s'attendaient pas. C'est que lorsque l'on enquête auprès des gens, eh bien ils répondent que non, ils ne pensent pas que ce soit les grévistes qui sont les responsables de la pénurie et ils pensent que c'est M. Macron et ils ont raison. Alors voyons pourquoi ?
Pour que très rapidement les arguments essentiels soient connus de chacun d'entre vous. D'abord parce que les travailleurs des raffineries sont des salariés comme les autres qui ont besoin tous les mois de boucler leur budget de famille, qui doivent payer les traites sur la voiture, les traites sur la maison, les assurances, bref tout ce qui est la dépense obligatoire de chaque minage qui n'est jamais pris en compte comme dépense obligatoire mais qui a une réalité qui est écrasante. Or, tous les prix sont en augmentation de manière très violente. Au total, l'ensemble des prix qui concernent directement la vie quotidienne des Français, c'est là on part vers plus 10.
Donc c'est pas rien de perdre 10% de sa paye alors qu'on travaille toujours autant et des fois plus et dans des conditions plus difficiles souvent que c'était le cas auparavant, notamment en ce moment parce que pour pouvoir aller au boulot, il faut encore pouvoir mettre de l'essence dans la voiture, etc. Vous connaissez tout ça aussi bien que moi. Donc voilà des salariés qui revendiquent une augmentation de salaire et ils ont, comment dire, une légitimité à le faire puisque les compagnies pétrolières ont fait des surprofits absolument inouïs.
Ils ont un rapport de force qui n'est pas trop mauvais avec leur patron puisque quand ils bloquent une raffinerie parce que c'est la grève, la grève consiste à bloquer l'activité dans laquelle on travaille d'habitude. C'est pas une nouveauté, hein. J'ai entendu M. Macron dire bloquer, c'est pas une manière de négocier. Ben non, en effet, mais c'est une manière d'obtenir une négociation. Et le principe du blocage, c'est la grève. Et la grève est un droit constitutionnel. Donc le Président de la République n'a pas à dire des choses comme celle-là parce que premièrement, c'est pas de son ressort. Le droit de grève existe que M. Macron soit là ou pas. C'est dans la Constitution.
Et deuxièmement, puisqu'il dit lui-même que c'est pas le Président qui va organiser une négociation salariale, ben pourquoi est-ce que, dans cette circonstance, il pourrait pas s'abstenir de faire des commentaires contre les travailleurs qui sont en grève ? Il pourrait dire que les patrons se comportent d'une manière qui est inacceptable dans le domaine de la production d'énergie et c'est le cas. Pourquoi ? Parce que les salariés avaient demandé la négociation avec leur patron. Notamment le patron de Total. Il faut tout de même que vous réalisiez à qui les travailleurs du secteur pétrolier sont en train de parler.
Et en particulier, puisque le nom revient souvent sur la table, qui est celui de Total. Donc ceux de Total ont demandé à Total des négociations pour non seulement avoir leur part des bénéfices réalisés, mais aussi pour rattraper ce qu'ils ont perdu de tout le reste de l'année. Donc ce qu'ils demandaient, c'est une augmentation maintenant, donc on discute sur maintenant et sur ce qu'il y avait de passé. Et Total a répondu, non, non, pas question. On discutera en novembre. Alors pourquoi en novembre ? Déjà, novembre, c'est pas aujourd'hui. Pendant ce temps, il faut continuer à payer tout ce qu'on doit payer. Mais parce qu'en novembre s'ouvrent les conférences annuelles obligatoires.
Mais elles portent conférences annuelles sur les salaires obligatoires. Ça, c'est une disposition de la loi. Mais cette négociation, elle porte sur 2023, pas sur maintenant et sur avant. Donc, les travailleurs, les salariés, leurs syndicats ont compris qu'on était en train de se moquer d'eux et que ça allait continuer à être la fête pour les actionnaires. Enfin, il faut aussi vous rendre compte que Total, cette année, a fait, au moment du semestre, trois fois plus que l'année dernière. L'année dernière, ils avaient battu le record de l'histoire des entreprises françaises pour ce qui est de faire des bénéfices. Et ils n'en lâchent pas ça. Ils disent, ah bon, on a proposé une augmentation.
Oui, combien, s'il vous plaît ? 3,5. Donc, vous proposez une augmentation de 3,5 alors que l'inflation, c'est moins 10 de la paye. D'accord ? Donc, entre 3 et 10, ça fait 7 points de perdu. Donc, ça ne s'appelle pas augmenter les salaires. Ça s'appelle, vous demandez d'être d'accord pour les diminuer. Donc, vous voyez bien que c'est une arnaque. Et c'est d'autant plus choquant, c'est d'autant plus immoral que le PDG de l'entreprise, lui, s'est organisé tout de suite une augmentation de 53% de son propre salaire. Donc, lui, il prend 53% et il propose aux travailleurs 3,5. Alors, le résultat, on le connaît. Cet homme, dorénavant, va gagner 6 millions d'euros par an.
6 millions d'euros par an, c'est-à-dire 500 000 euros par mois. Ce sont des sommes colossales. Alors, les travailleurs du secteur, ils le savent. Et il est normal qu'ils pensent que c'est une attitude immorale, que ce n'est pas comme ça qu'on organise le partage de la richesse dans une entreprise. Voilà pourquoi, sur tous les plans, les salariés de ces entreprises ont raison. Mais bien sûr, c'est sur eux qu'on va essayer de faire retomber la faute. Alors, que faudrait-il qu'ils fassent ? Qu'ils arrêtent leur grève, qu'ils arrêtent leur mouvement. Ça fait 13 jours qu'ils sont en mouvement. Mais il n'y a plus d'un mois qu'ils avaient demandé d'ouvrir la discussion. Il faudrait qu'ils arrêtent.
Et vous croyez réellement que s'ils arrêtaient, les patrons diraient, allez, bon, comme vous êtes compréhensifs, nous aussi on va l'être et on va vous augmenter de 10%. Bien sûr que non. Ils ne comprennent qu'une chose, les patrons pétroliers, comme tous les autres, le rapport de force. Parce que eux, ce qu'ils essayent d'établir, c'est un rapport de force. Quand vous partez de l'idée que vos salariés font 10 jours, 13 jours de grève, vous savez qu'ils ont perdu, à ce moment-là, 13 jours de salaire.
Sauf si, évidemment, à la fin, quand on conclut un accord, on a le rattrapage des heures de grève et qu'on demande le paiement des heures de grève, ce qui fait en général partie de toutes les négociations, comme ceux qui d'entre vous sont des syndicalistes le savent. Mais ce n'est pas vrai pour autant que c'est le cas à chaque fois, hein, il ne faut pas rêver. Meilleur est le rapport de force, meilleur est ensuite le résultat pour les salariés. Et vous voyez bien que si les salariés de la branche gagnent, et bien vous tous vous direz, après tout, pourquoi pas moi, hein, et bien vous aurez raison d'en tirer cette conclusion. Et c'est pourquoi, aujourd'hui, il faut être solidaire.
Parce que plus nous sommes solidaires, même si c'est affreusement difficile, compte tenu de la difficulté de s'approvisionner soi-même, et bien plus nous serons solidaires, plus ils seront forts, et plus vite on approchera de la fin du conflit. Alors, évidemment, ça crée des situations qui propagent le chaos. Mais encore une fois, si le patronat pétronnier ne s'était pas comporté comme ça, on n'en serait pas là aujourd'hui. Et il est évident que M. Macron et son gouvernement ne pouvaient que savoir qu'ils allaient déclencher cette situation, puisque 1. ils n'ont, comment dire, accepté aucune taxation des surprofits.
Donc, tous les travailleurs du pays savent que le gouvernement dit au patron pétrolier, faites ce que vous voulez, je m'en moque, ça m'est égal, et je vous laisse faire ce que vous voulez, parce que je trouve que c'est une bonne attitude pour un gouvernement libéral de montrer qu'en France, on peut se gaver sur le dos des salariés sans qu'il ne se passe rien. Ça, c'est la première des choses. Mais la deuxième des choses, c'est qu'à partir du moment où lui-même a proposé qu'il y ait une prime, une ristourne, etc., qui permet de contenir une partie de la hausse des prix pétroliers, eh bien, vous créez un effet d'appel d'air. Ce n'est pas à moi de leur expliquer ça.
C'est quand même eux, les grands partisans du marché et des lois du marché. Ben, la loi du marché, c'est quand quelque chose qui est indispensable, coûte moins cher, ben du coup, vous en achetez davantage. Si on avait appliqué la méthode que je proposais, c'est-à-dire le blocage des prix, les patrons pétroliers, ben, ils auraient fait moins de bénéfices, c'est tout à fait évident, encore que ça demande à être vérifié, parce que si vous adaptez la production au niveau de la demande, tout ça étant connu d'avance, on ne sait exactement pas au litre près, mais presque, combien les gens vont acheter des cents chaque mois. Et donc, on sait combien il faut produire.
Eh bien, si vous aviez bloqué les prix, les pétroliers auraient été obligés de maintenir leur production au niveau qui permettait que cela corresponde au prix qu'ils demandaient au consommateur final. Et vous auriez eu une situation lissée. Au lieu de ça, maintenant, on va avoir que des saucousses, parce que chaque fois qu'on va faire un effet de baisse de prix du pétrole, les gens vont se dépêcher d'y aller. Écoutez, il suffit de regarder ce qui se passe aujourd'hui, parce que, vous dire, il n'y a pas de pénurie, il y a des endroits où ça se passe très bien.
Alors là, les endroits où ça se passe très bien, les gens se disent, ah, ben, demain, ça va se passer très mal, donc je commence à faire des réserves. Et si tout le monde fait des réserves, il est clair que la pénurie est garantie. Donc, il y a un effet de chaos qui, une fois de plus, est créé par le fait qu'on a affaire à un gouvernement qui ne prévoit rien, qui n'organise rien à l'avance, et qui attend d'être le nez dedans pour arriver à comprendre qu'il y a une difficulté. C'est-à-dire qu'ils ne comprennent rien à ce qu'est la planification. La planification, c'est l'organisation. Eux, ils ne croient qu'au marché.
Ils disent, bon, les prix montent, eh ben, très bien, les gens consommeront moins. Mais non, ben, alors, les gens ne peuvent pas consommer moins, et ils ne mettent pas de l'essence dans leur voiture pour faire plaisir à leur voiture. Hein, ils mettent de l'essence parce qu'il faut qu'ils se déplacent. Et donc, je l'ai dit, le chaos se propage parce que les gens sont malheureusement condamnés à faire des kilomètres d'attente avant de pouvoir faire le plein. Et puis, vous avez des secteurs dans lesquels la présence du professionnel est indispensable, et s'il n'y est pas, ça provoque des catastrophes en chaîne.
Par exemple, les infirmiers qui ne peuvent pas se déplacer, notamment les infirmiers libéraux qui ne peuvent pas se déplacer, bon, ben, s'ils ne vont pas à la rencontre des malades pour leur rendre des services attendus, ce n'est pas la peine que je vous fasse un dessin sur ce qui va se passer. C'est pareil pour les taxis.
Si les taxis ne peuvent pas faire le plein, donc les personnes qu'ils transportent de manière ordinaire, qui le plus souvent, souvent en tout cas, sont des personnes qui ont un besoin absolu de se déplacer pour recevoir des soins, j'y reviens, mais aussi pour toute autre activité qui nécessite un déplacement d'une longueur qui n'est pas habituelle pour eux, où ce n'est pas juste aller faire les courses dans le quartier, il faut aller un peu plus loin. Donc, ça veut dire que vous semez du désordre progressivement partout, le gouvernement et tous les gens qui travaillent avec et qui sont le responsable du chaos. Ils sont responsables du chaos là-dessus.
Voilà qu'arrive donc cette semaine, tout le monde est déjà dans cette histoire de carburant, et le gouvernement annonce que si les parlementaires ne se tiennent pas bien, il donnera un article 49.3 sur le budget. Alors, pour que tout le monde comprenne bien, la proposition de budget, c'est la constitution, vient du gouvernement, qui passe d'abord à la commission des finances, qui à l'Assemblée nationale a pour président un insoumis, Éric Coquerel, et la discussion permet de présenter, de manière amendée par la commission, une proposition de budget à l'Assemblée.
À l'occasion de ce débat, le gouvernement accepte ou refuse un certain nombre d'amendements, y compris ceux qui avaient été votés à la commission. Alors, à la commission, le gouvernement Macron a été tranquille, parce que le jour où ça s'est voté, le Rassemblement national n'était pas là, ils étaient en train de faire la fête, et manger des petits fours, parce que c'était le 50e anniversaire de la fondation de ce parti, par des gens finalement assez peu recommandables, compte tenu de ce qu'était l'histoire il y a 50 ans dans notre pays. Bon, ils n'étaient pas là.
Donc, le projet de budget est passé, grâce à l'abstention du Rassemblement national, qui est vraiment un bon copain pour Macron, qui lui a permis de ne pas augmenter le SMIC à 1500 euros, pas de Rassemblement national, enfin bref, c'est le Rassemblement national, qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien, il essaye d'être bien, de faire joli, de faire respectable, pour avoir une coalition, si possible que ce soit eux qui la dirigent, de toutes les droites et du centre, comme ça a été le cas en Suède, ou comme ça a été le cas en Italie.
Et puis, une fois qu'ils sont au pouvoir, comme l'a dit Madame Mélanie, bon, ben voilà, là-bas en Italie, elle a dit, il n'y a pas de souci à se faire, nous, de toute façon, on fera la même politique économique que celle qu'il y avait avant. Donc, on se demande, pourquoi ces gens-là arrivent au pouvoir, si c'est pour faire pareil qu'avant. Eh bien, on va vous le dire, pourquoi ils arrivent au pouvoir. Eh bien, pour s'en prendre aux étrangers, pour s'en prendre aux gens qu'ils détestent le reste du temps, et qu'ils appellent toute la population à détester avec eux. Donc, ça, ça va arriver.
49.3, ça veut dire, le chef du gouvernement dit, maintenant, cet endroit qu'il a, à condition qu'il y ait été autorisé par le Conseil des ministres, qui se réunit ce mercredi, et qui lui dit, vas-y, fais 49.3. 49.3, le gouvernement engage sa responsabilité. Cela signifie que, s'il n'y a pas une motion de censure, la loi de finances est considérée comme adoptée sans vote. C'est une chose absolument très croyable. On adopte le budget de l'État, de la nation, raison pour laquelle il y a eu la révolution de 1789 et quelques autres, qui était de vouloir contrôler les finances publiques, mais il n'y a pas de vote, il n'y a pas d'amendement, il n'y a rien du tout. Voilà ce qu'est le 49.3.
C'est une brutalisation absolument incroyable de la démocratie. C'est une violence qui n'a rien de symbolique, parce que, moi, on me reproche des violences symboliques, comme je me réfère à des événements de la révolution de 1789, mais, moi, je fais de mal à personne, tandis que, c'est à tout le monde qu'ils font du mal, tout de suite, maintenant et beaucoup. Donc, on voit que le 49.3, c'est un outil de brutalisation de la vie parlementaire. Alors, évidemment, que ça, ça doit compter dans ce que nous allons faire, dans la rue, le 6 octobre, j'y viens.
Alors, bon, on avait un peu de mal à faire connaître la date, il faut bien le dire, parce que vous avez tous compris maintenant quelle est la technique de nos adversaires. Alors, premier temps, l'invisibilisation. Quoi qu'on raconte, et ils parlent d'autre chose, ou ils nous font parler d'autre chose. Alors, nous, on est en train de parler du carburant, du SMIC, de la retraite, et eux, de quoi ils nous parlent, de telle ou telle affaire qui occupe le devant de la scène, et quand l'affaire en question, qui, en général, n'a aucun intérêt, baisse un peu d'intensité, ils reviennent, ou ils reprennent un mot de l'un ou de l'autre pour relancer sans fin.
Et ça, c'est la contribution du système médiatique à la protection du système politique et économique, puisque, au fond, tout ça, c'est un peu la même chose. Alors, ça, c'est ce que nous avons vu. Donc, ça, c'est premier temps. Invisibilisation. Alors, nous avons réussi à percer, d'une manière un peu bizarre, parce que j'ai fait référence, à propos de la marche que nous allons faire le 16 octobre, à la marche des femmes, qui a eu lieu en octobre de l'année 1789, qui est allée chercher à domicile ce qu'ils appelaient le roi, la reine et le dauphin, c'est-à-dire le boulanger, la boulangère et le petit mitron. C'est comme ça qu'ils disaient à l'époque.
C'est une manif de 5 à 7 000 femmes qui ont fait ce trajet, qui ont ramené le roi. Et à partir de là, elles ont débloqué la situation politique de 1789. Pourquoi ? Pendant l'été, on avait voté l'abolition des privilèges, mais le roi refusait de signer. Pendant la première période, on avait adopté la déclaration des droits de l'homme, le roi a refusé de signer. Donc, par leur action, elles l'obligent à reconnaître l'abolition des privilèges qui avaient été votés en août et la déclaration des droits de l'homme. Ce n'est pas rien comme résultat. C'est parce que je connais l'histoire de France que je l'ai mentionné et que donc j'y ai fait référence.
Et eux, aussitôt, ils sont tous sortis de la boîte parce qu'ils ne sont quand même pas très malins non plus. Et pour dire « Oh là là, il appelle les pics la guillotine ! » Moi, à l'époque, il n'y a pas de guillotine, il n'y a pas de pic et c'est une manip de femme. Alors, c'est quand même extravagant de voir des gens biais d'admiration à juste titre devant les manips de femmes en Iran. Mais quand il s'agit d'une manip de femme qui a eu lieu il y a deux siècles, alors là, ils trouvent ça épouvantable comme référence. Eh bien non, c'est une belle référence. Et tout le monde le sait. Et pas qu'en France, dans le monde entier.
C'est la raison pour laquelle le marathon, vous savez, la course sur 40 km, qui aura lieu dans les Jeux Olympiques de 2024, elle suit le trajet de la marche des femmes de ce mois d'octobre 1789. Et pas par hasard. Le comité olympique dit que c'est en hommage à la manifestation des femmes. Autrement dit, les uns disent c'est formidable, c'est un événement qui mondialement doit être connu. Et vous avez quatre pauvres misérables du gouvernement qui viennent pousser des cris de putois parce qu'on fait référence à un des plus beaux moments de l'histoire de la mobilisation sociale de notre patrie et en particulier de celle des femmes.
Alors, bon, je vous en passe et des meilleurs, mais avec ça, vous avez compris pourquoi cette histoire du 5 octobre a permis, alors comme le système, vous savez, il n'a pas de tête, ça fonctionne tout seul. Donc, deux du gouvernement ont sorti ça, aussitôt tous les autres sont revenus. Et qu'est-ce que vous pensez ? Alors, après, deuxième temps de la tactique, c'est diviser. Alors, comment on fait ? D'abord, on divise les syndicats de la politique. Ça marche bien parce que certains sont d'accord dans les syndicats. Donc déjà, deux paquets, on est un peu plus tranquille, se disent les macronistes en se frottant dans les mains. Deuxième temps, arriver à diviser la nupesse. Comment ?
En opposant les filles irresponsables, grossiers, violents, blablabla, à tous les autres qui sont réputés être sympas et intéressants. Bon. Et tous les jours, poser des questions. Ne croyez-vous pas que c'est la fin de la nupesse ? Ne croyez-vous pas que la division, euh, les titres, la nupesse se déchire sur le tweet de Mélenchon. C'est-à-dire, on est en plein délire, quoi. Mais ça crée une scène. Et puis ensuite, si on peut opposer les insoumis entre eux et notamment à moi, comme a dit Madame Berger, elle a dit il n'est plus admissible qu'il soit un responsable politique. Pauvre dame, elle ne sait pas que je n'ai aucun titre ni aucune fonction.
Par conséquent, la seule manière d'en finir avec moi, c'est de me faire taire de force. Alors, je sais qu'il y a des gens qui pensent que c'est une bonne idée, que je me taise, hein. Et puis, il y en a d'autres qui se disent ben, il n'est pas parfait au moins, il nous défend. Eh ben oui, et c'est à ça qu'est voué ma vie. Alors, le 6, là, c'était une belle marche des femmes. 5 et 6. Le 16, ça va être un grand événement. Il ne faut pas tourner autour du pot. Il y a maintenant, je ne sais combien d'associations, de syndicats, de toutes les branches qui appellent à la marche. Il y a des personnalités.
Quel bonheur de voir quel honneur en même temps Annie Arnaud qui est le nouveau prix Nobel de littérature, accepté d'être la première dans la liste des signataires, hein, de l'appel à cette marche parce que ça montre que cette femme, elle est vraiment de sa famille politique, de sa famille populaire, qu'elle y est restée fidèle, que ce n'est pas parce qu'elle est prix Nobel que tout d'un coup, elle oublie tous ceux avec qui elle a fait sa vie et dont elle a parlé si bien, si juste dans ses livres. Bon, donc on est super fiers de tout ça. Il y a une vraie mobilisation. Puis après, il y a vous, quoi. Si vous ne faites rien, il ne se passera rien. Hein ?
Mais vous allez faire parce qu'il n'y a pas de raison que vous ne fassiez pas. C'est le moment de montrer et de le faire avec puissance. Je peux vous écrire d'avance la presse et les images, s'il y en a, du lendemain de la marche. Ça sera jusqu'à la dernière minute. Essayez de trouver des gens pas d'accord. Si possible, il y a voix sur moi. jusqu'à la dernière minute. Essayez de dire tout ça. Il y a un risque de violence. Mais la violence, vous ne savez que moi. Qui la veut ? Ceux qui la provoquent. Ce n'a jamais été nous. Jamais. J majuscule, A majuscule, M majuscule, A majuscule, I majuscule, S majuscule. Jamais. C'est toujours eux qui ont intérêt à la violence.
Les macronistes aiment la violence parce qu'elle leur permet de montrer l'image du peuple qu'ils veulent donner. Le peuple, c'est une masse informe de gens violents, irresponsables, dirigés par des gens qui eux-mêmes sont diaboliques. Et c'est ce qu'ils essayent de faire. Diaboliser les insoumis. Diaboliser Jean-Luc Mélenchon. Diaboliser la dupesse en montrant que c'est une vague collue de gens qui nous suivent mais qui ne savent pas pourquoi ils sont là. De manière à créer la possibilité d'un front uni de l'extrême droite aux macronistes. En disant nous, nous sommes les responsables et les autres, ce sont les irresponsables. Évidemment, ce tableau-là, ça fonctionne que si on y croit.
Moi, j'ai bon espoir que ça ne marche pas. Que ça ne prenne pas dans l'esprit public parce que les gens savent bien où ils en sont et qui est responsable de leur malheur. Certainement pas nous qui nous battons en nuit et jour pour essayer de faire en sorte que les événements changent de sens. Voilà, mes amis, pourquoi cette marche, si vous la rendez puissante, elle ouvrira des possibilités puissantes. Les dirigeants de la NUPES se concerteront entre eux dès le lendemain lundi et ils auront à décider ce qu'ils font ensuite compte tenu du résultat que nous aurons obtenu le dimanche dans notre mobilisation. Je peux donc vous raconter d'avant ce qui va se passer.
Bon, d'abord, comme je l'ai dit, soit invisibiliser, soit faire le tour vous voyez des mécontents. Si par hasard, il y a un cajot qui brûle quelque part, ils viendront se précipiter pour le montrer en gros plan et puis, bon, si jamais je viens chasser une mouche de ma figure, on dira, ils se donnent des gifles de malheur. On connaît leur méthode. Et puis ensuite, ils diront, ben, il n'y avait personne. Je me rappelle de Valls qui était un champion de cet exercice-là, une fois, on était 100 000. Il a dit, ils sont 7 000.
Donc, nous pouvons faire confiance au larbin habituel pour recommencer ce numéro qui est d'accepter sans discuter les chiffres que fournira le ministère de l'Intérieur tout en disant c'est pas nous qui avons fourni ces chiffres puisque normalement quand c'est une manifestation politique, il lui est interdit de donner les chiffres. Mais d'ici à ce que quelque chose arrête le ministre de l'Intérieur, ça se saurait. Voilà le tableau que je voulais vous dessiner.
Nous allons être dans une semaine extrêmement dense, dans une semaine où la confrontation des idées, des propositions, parce que n'oubliez pas que quand on discute du budget, on discute proposition contre proposition, les propositions de la NUPES contre ceux de M. Macron, donc c'est proposition contre proposition et mobilisation contre mobilisation. La mobilisation médiatico-politique d'un côté, de l'autre côté, la mobilisation populaire, celle que nous allons entreprendre dimanche. Qu'est-ce que ça va donner ? On ne sait pas. On espère que ce soit un bon résultat. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura aucun résultat si on ne fait rien. Donc, on fait quelque chose, on se bat.
Et c'est la vie elle-même que de se battre pour ce que l'on croit juste, pour soi-même, pour les siens, pour ses enfants, pour sa famille, pour la société. Et c'est pourquoi, je vous quitte à cet instant, le cœur plein d'espoir dans votre mobilisation pour ce dimanche, 16 octobre. À partir de 14h, on se regroupe place de la nation puis on descend vers la Bastille, à Paris. Oui, à Paris, parce que c'est là le siège du gouvernement. Ça aurait été plus sympa à Palabas-les-Flots parce que, bon, ça aurait été plus sympa. Mais ce n'est pas là qu'est le gouvernement. Donc, comme il est à Paris et que c'est après lui qu'on en a, eh bien, on vient manifester là où est le pouvoir.
Voilà pourquoi c'est Paris. Pas parce qu'on est un des amis spéciales de Paris, non, c'est parce que c'est la centralité du pouvoir en France, elle est là. Eh bien, si ça vous plaît, eh bien, vous vous abonnez à cette chaîne. Si ça vous a plu et que vous voulez nous encourager, Maxime et moi, parce que maintenant, c'est Maxime qui est derrière la caméra, c'est plus Antoine qui est devenu député entre-temps et qui est un super député, eh bien, si vous voulez nous encourager, vous mettez un petit pouce bleu, vous abonnez, c'est gratuit et ça le restera tout le temps.
Et, quoi que je sois maintenant plus parlementaire, puisque je n'ai pas été candidat, je n'ai pas encore monétisé la revue de la semaine. Et donc, c'est gratuit et vous n'êtes même pas coupé par de la pub. Un jour ou l'autre, on en met ou pas, parce que ça peut être utile pour financer ceci ou cela, par exemple, les caisses de grève.