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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 27 septembre 2025 10 min

Procès Sarkozy : la juge menacée de mort

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

-Et maintenant Bion, ... - A.Casse: Bonsoir.

Bonsoir, E.Faucillon. Vous êtes députée communiste de la 1re circonscription des Hauts-de-Seine.

Le coup de tonnerre de la semaine, c'est la condamnation de N.Sarkozy, ancien président de la République, à 5 ans de prison ferme. Il sera prochainement incarcéré.

Cette exécution provisoire fait débat. Est-ce qu'il faut la réformer? Elle permet d'appliquer immédiatement une décision alors qu'elle n'est pas définitive. - E.Faucillon: D'abord, le coup de tonnerre, c'est la gravité des faits reprochés.

Tous les commentaires faits autour de cette condamnation, y compris sur des exécutions provisoires tendent à cacher le fond de l'affaire et la gravité des faits. Sur l'exécution provisoire, je rappelle que pour toutes les affaires graves, elle s'applique pour tous les citoyens. La République, c'est l'égalité devant la loi, qu'elle concerne ou non un ancien président de la République ou un autre citoyen.

Je me félicite plutôt du fait qu'aujourd'hui, on voit de plus en plus d'affaires jugeant des politiques qui, en réalité, montrent que la justice s'applique pour des citoyens comme pour un ancien président de la République. J'ai tendance à penser que c'est une bonne chose. L'exécution provisoire, ce sont les mêmes qui la critiquent aujourd'hui qui l'ont mise en place. - A.Casse: N.Sarkozy dit que la haine n'a plus de limites.

Le président du tribunal correctionnel est menacé de mort. Etes-vous inquiète par cette remise en cause de la justice? - E.Faucillon: Oui, très inquiète.

Ces menaces, habituellement, arrivent dans des affaires criminelles graves, mafieuses. Maintenant, ça s'immisce dans des affaires politiques. Oui, ça m'inquiète.

L'indépendance de la justice est un des piliers de notre démocratie. Quand on l'attaque de cette manière...

Quand des policiers ont clamé que le problème de la police, c'était la justice, je suis inquiète pour nos démocraties. - A.Casse: J'aimerais que l'on revienne sur les propos de F.Roussel.

Il est visé par une enquête révélée par Mediapart. Il est présumé innocent. Quand l'affaire est révélée et que l'enquête préliminaire est ouverte par le parquet, il réagit en disant: "Evidemment, cela ne sort pas par hasard. 2 mois avant le 1er tour, c'est fait pour me casser les pattes." Il ne remettait pas en cause notre système judiciaire? - E.Faucillon: Je le redis, et je le pense pour F.Roussel comme pour tous les justiciables, en tant que politique, on n'a pas à commenter.

Qu'à ce moment-là, il juge dommageable que ça sorte, ça peut être un élan qui lui vient et qui lui fait dire ça. En revanche, on n'a pas à commenter. En tout cas, j'ai tendance à penser qu'aujourd'hui, l'égalité devant la loi concerne aussi les politiques.

Cela aurait tendance à donner plus confiance dans la justice et dans la politique pour les citoyens. - A.Casse: Ces propos abîment la justice.

Il n'aurait pas dû dire ça. - E.Faucillon: J'espère en tout cas non pas qu'il les regrette mais qu'il puisse les juger à l'aune de ce que je viens de vous dire. - A.Casse: L'actualité politique, c'est S.Lecornu, le nouveau Premier ministre.

Je vous vois lever les yeux au ciel. Il essaie de former un gouvernement avec un nouveau budget. Il dit non à la taxe Zucman et non à l'ISF.

Vous pensez censurer son prochain gouvernement? - E.Faucillon: Je n'attendais pas grand-chose de cette interview au "Parisien".

Je ne suis pas déçue. Je trouve les propos de S.Lecornu assez honteux.

Cette interview révèle un peu plus son illégitimité. Les perdants en sont à nouveau à gouverner le pays. J'ai le sentiment qu'il cherche aussi à être le Premier ministre le plus éphémère de l'histoire de la Ve République.

C'est sûrement ce qui va lui arriver. Il fait tout pour. Son interview, c'est la poursuite jusqu'au-boutiste de la politique d'E.Macron, qui est décriée partout dans le pays.

On l'a vu le 10 et le 18 septembre. On le verra le 2 octobre. Il y a une immense envie de justice sociale et fiscale dans le pays.

Elle s'exprime de manière très forte. Il y a la conscience aiguë du fait qu'aujourd'hui, l'Etat, particulièrement sous E.Macron, s'est mis au service d'un capitalisme abreuvé d'argent public et sans foi ni loi, avec des ultrariches qui empochent de l'argent public.

On pense à LVMH. En 2023, LVMH touche 275 millions d'euros en une année. La même année, ils ont fait 15 milliards de bénéfices.

Quand les mêmes au gouvernement pointent en permanence les travailleurs ou les chômeurs d'assistés...

Mais où sont les "assistés"? Ces grands dirigeants, ces grandes fortunes, sont abreuvés d'argent public. Ca doit cesser et permettre que l'Etat soit au service de la protection sociale, de celles et ceux qui en ont besoin. - A.Casse: Il dit qu'il entend le besoin de justice fiscale et qu'il faudrait être sourd pour ne pas l'entendre.

S'il trouve une autre formule pour taxer les hauts revenus, êtes-vous prête à l'entendre? - E.Faucillon: Mais il ne le veut pas.

La mission que lui fixe E.Macron, c'est celle de la poursuite de sa politique. C'est une politique d'un Etat au service des plus riches qui nous mène dans le mur économiquement et socialement.

Aujourd'hui, la dette n'est pas creusée par des dépenses sociales, mais par ces cadeaux faits sans contrepartie, sans même évaluation de ce qu'elles peuvent provoquer. - A.Casse: Si on va au bout de ce que vous dites, ça veut dire que vous allez le censurer? - E.Faucillon: On a une réunion de mon groupe mardi matin.

On va en décider. Mais je ne vois pas ce qui pourrait empêcher notre groupe de voter très rapidement la censure. Vous avez une intersyndicale qui se réunit, qui fait des propositions.

Il dit qu'il les entend, mais y répond-il? Pas un seul instant. Au contraire, il leur tourne le dos.

C'est honteux. - A.Casse: Il dit qu'il veut améliorer la contribution différentielle des hauts revenus, qui fixe un plancher qui permet de limiter le recours à l'optimisation fiscale. - E.Faucillon: On nous a fait le coup la dernière fois sur le conclave.

E.Borne était venue à l'Assemblée nationale nous disant qu'elle allait travailler dans le compromis. C'est elle qui a déclenché le 49-3 sur la réforme des retraites.

Nous, députés du NFP, ne devons pas participer au récit de la Macronie qui consiste à faire croire qu'ils sont prêts au compromis. Ils ne le sont pas. Leur politique est coûteuse pour les finances publiques, dans le quotidien pour les citoyens.

Je suis députée d'une circonscription populaire. J'ai vu combien les politiques d'E.Macron sont néfastes pour nos concitoyens et combien elles aggravent les galères du quotidien. - A.Casse: Vous nous dites qu'il sera sans doute le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République.

Comment sort-on de cette succession de crises ou, en tout cas, de Premiers ministres éphémères? Est-ce qu'E.Macron doit démissionner? - E.Faucillon: Si je devais choisir, je demanderais au président de la République de démissionner.

Je pense que c'est une nécessité. Y croire, c'est autre chose. Je vous ai dit qu'il était jusqu'au-boutiste.

Il l'est de manière très déterminée, mais un peu absurde. - A.Casse: Vous ne craignez pas que ça abîme la fonction si le président en venait à démissionner?

Ca ne va pas fragiliser tous les prochains présidents de la République? - E.Faucillon: Je pense qu'E.Macron lui-même abîme la fonction de président de la République.

On a besoin de limiter les pouvoirs du président de la République. Que peut-on faire? D'abord, E.Macron a créé ses propres impasses.

Il est responsable de la situation de crise actuelle. Il transforme la crise politique en crise de régime. Quelle est la solution?

En revenir aux citoyens. Les citoyens se sont exprimés de manière forte en juin 2024. Il leur a tourné le dos.

Soit il reprend le verdict de juin 2024 en nommant un Premier ministre du NFP...

Vous allez me dire qu'il ne le fera pas. Dans ce cas, il y a la démission ou la dissolution. En tout cas, pour nous, les propositions sont claires: donner la parole à ceux qui ont tout fait pour exprimer quelque chose de fort en juin 2024, d'abord sur des aspirations majoritaires, comme l'abrogation de la réforme des retraites... - A.Casse: C'est intéressant.

Vous êtes alignés sur J.-L.Mélenchon.

On s'était posé la question d'une dislocation du NFP. Aujourd'hui, J.-L.Mélenchon veut censurer.

Vous dites que vous parlez d'une seule et même voix. - E.Faucillon: Je ne réponds pas à J.-L.Mélenchon, mais aux aspirations et à l'engagement que j'ai pris devant les citoyens en juin 2024.

Vous noterez qu'il y a un potentiel pour unir la gauche. J'en suis satisfaite. Aujourd'hui, on a besoin d'être unis sur le programme que nous avons défendu devant les citoyens, arrivé en tête en juin 2024. - A.Casse: Merci d'avoir été notre invitée.

On continue de parler de l'interview de S.Lecornu