🔴 Direct du meeting "Notre France" avec François Ruffin
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Il y a un problème là, je pense qu'il y a un problème de son Est-ce que mon travail ça va ? Je veux voir les drapeaux levés, les drapeaux levés Ok, il y a de la picardie ici ou pas ?
Je ne sais pas ce qui se passe aujourd'hui, ce soir Parce qu'on est Full dans la salle Et à l'extérieur, c'est un débordement Total, donc vraiment applaudissez-vous On a aussi nos internautes Les personnes sur les réseaux qui sont Bien tranquillement assis chez eux Derrière leurs écrans, n'hésitez pas à partager Ce live, n'hésitez pas à partager Faites péter les réseaux Alors moi, je me présente, je m'appelle Hervé Souprayen Je suis militant Syndical et cheminot Et je ne vous cache pas Que c'est vraiment un kiff pour moi de pouvoir Présenter ce meeting aujourd'hui Parce que c'est le lancement De la campagne Notre France de François Ruffin Applaudissez bien Et ça fait du bien Ça fait du bien d'être à Montreuil Ville cosmopolite Ville cosmopolite parce que notre France C'est celle qui n'a pas peur C'est celle qui ne flippe pas De l'humain qui vient d'ailleurs Notre France C'est celle qui parle Le Bambara Le Breton Le Picard L'arabe Le Créole Le Basque Allez On ne va pas tous les citer quand même Mais qui est lié par une langue La même qui nous lie tous Notre France C'est celle de la solidarité De la paix De l'humanité C'est celle qui est chrétienne Juif Musulmane Athée Mais surtout Qui n'en a rien à secouer De quelle religion tuer Notre France Les camarades C'est ceux qui luttent C'est ceux qui luttent Elle va de Ça va de Dunkerque à Marseille De Amiens A Sarcelles De Aubusson A Pointe-à-Pitre De Cayenne A Mamoudzou Les camarades Aujourd'hui On n'est pas là par hasard C'est La France Des bourgs Et La France des tours A part Ceux qui ont vu de la lumière Mais On est là pour quelque chose Pour le meeting de François Ruffin Et un meeting de François Ruffin Ben C'est pas un meeting classique Donc il y a eu la fanfare Et maintenant J'aimerais qu'on accueille Un artiste Valentin Vendère Dégonguette Oh j'entends pas J'entends pas Plus fort Plus fort Plus fort Plus fort Je suis ravi d'être ici ce soir avec vous Ravi de démarrer cette soirée Je vous propose une petite chanson D'introduction Qui va permettre de récapituler un petit peu La situation politique en France Parce que je sais pas pour vous Mais moi depuis le mois de juin dernier C'est un peu dur de suivre Il y a beaucoup de changements Donc je vous propose une petite chanson douce Une petite berceuse Pour récapituler tout ça Tranquillou quoi Avant de quitter la scène Merci beaucoup pour votre accueil Ben si Ben oui quand même Parce que c'est pas un meeting de Valentin Vendère C'est un meeting de François Ruffin Chauffer un peu la salle François Rien de tel que de parler de l'extrême droite Tout un truc sur Marine Le Pen Qui risquait d'être présidente Voilà Et du coup j'ai tout refait Parce que Obligé de s'adapter D'après Europe 1 A savoir Jordan Bardella J'ai chanté juste hier Donc c'est que la deuxième Heu Voir Beth Gims Bon Il veut la reporter Et finalement l'abroger Je crois que J'aimerais qu'on accueille chaleureusement Personne qui nous accueille dans sa ville aujourd'hui Le maire communiste Patrice Bessac
C'est un salon qui me concerne Ca fait 10 ans que j'ai la chance d'être maire de Montreuil Ca fait quelques années maintenant que je travaille avec 9 autres collègues Des villes de ce qu'on appelle l'établissement public territorial d'Est-ensemble Il y a des socialistes Il y a des communistes Il y a des gens de génération Il y a des insoumis Il y a des citoyens Il y a même quelques personnes de droite On a fait la régie publique de l'eau ensemble Et on a désormais le prix de l'eau le plus bas d'Ile-de-France On a créé Est-ensemble Habitat Qui est un grand réseau Un grand office HLM On ouvrira bientôt un 6 salles Un cinéma public de 6 salles Dans la ville de Bobigny En plein quartier populaire On a aujourd'hui le réseau de bibliothèques publiques Qui a été primé comme le réseau qui a le plus d'enfants On vient de gagner 5000 lecteurs et lectrices Cette année dans les bibliothèques publiques Et je vous dis tout ça Parce qu'en fait Quand on s'occupe Pas trop de problèmes politiciens Et qu'on s'occupe Beaucoup de politiques publiques Et bien lorsque les socialistes Les communistes Les gens de génération Toute la gauche est rassemblée Et travaille ensemble Ça marche Ça marche Ça marche Et franchement On peut faire mieux que le gouvernement Bérou On peut faire mieux que tous les gouvernements qu'on a eu Et à mon avis On doit s'organiser Pour faire mieux Et pour gouverner en 2027 ensemble La troisième chose que je voulais vous dire C'est que Pour moi On est dans un moment de régression absolue D'un moment de Où on veut nous rendre débiles Il y a trois Grands instruments de cette régression Un Comme dans toutes les périodes de crise C'est l'immigration C'est l'autre C'est l'identité Qui est le levier principal Pour nous manipuler Deuxièmement On est dans un moment Où ils ont décidé De prendre le pouvoir Sur nos cerveaux Le premier On parle du génocide birman Comme étant Le premier génocide Facebook de l'histoire Parce que Lorsqu'ils ont changé Les algorithmes de Facebook Ils ont développé La diffusion massive Dans la société birmane Des messages de haine A l'encontre des Rohingyas Et bien Je crois que L'Union Européenne Et la France Doivent maîtriser Leur information Et que nous n'avons pas Le droit De laisser Nos temps de cerveau Disponible Dans les mains De ceux qui ont Le pouvoir Et l'argent Et la troisième chose C'est que Dans les années 70 Quand les gens Héritaient C'était en gros 30% De la richesse nationale Aujourd'hui Quand les gens Héritent L'héritage De la fortune C'est Ça accapare 60% De la richesse nationale En clair On est revenu Sur la place Des grandes fortunes A la fin Du 19ème siècle C'est à dire Avant le moment Où la puissance publique Avait rééquilibré Massivement L'organisation De la richesse Dans nos pays Et bien je crois Que nous avons Le devoir De tout faire Pour faire émerger Une autre politique Et franchement Si Trump Si des gens Comme Trump Et comme ces gens Ont réussi A prendre le pouvoir Je pense que Si on y met Un peu de volonté Et qu'on se met A travailler On peut Non seulement Prendre le pouvoir Mais faire Beaucoup mieux Que Et la troisième Et la quatrième Chose Et la dernière Il y a des millions De gens Qui au moment Des élections Législatives En fait Sont sortis De chez eux On n'a jamais eu Une participation A ce niveau Depuis la fin Des années 70 Parce qu'ils avaient Senti Qu'il y avait Un enjeu politique Empêcher L'extrême droite De gouverner Le pays Et c'est je crois Toi qui avez Inventé Ce qui avait été Notre étendard commun C'est à dire Le front populaire Et franchement Les gens ont été Tellement Ils sont tellement Gentils avec la gauche Parce qu'on s'est Mis ensemble Au dernier moment On n'avait pas Travaillé On s'est unis Dans des Des circonstances Exceptionnelles Et les gens Se sont mobilisés Avec force Parce qu'ils sentaient Qu'il y avait là Un enjeu vital Moi je veux vous le dire Très simplement Je vais faire mon Coming out Primaire Rassemblement Etc Moi j'ai envie Que dans les deux ans Qui viennent On mette une énergie De dingue Pour qu'il y ait Un million et demi Deux millions De françaises Et de français Qui s'engagent ensemble Qui choisissent Un candidat Qui choisissent Une démarche Qui fassent campagne Et qui nous permettent De gagner De gagner Et de gouverner La France Sur notre base Vive le front populaire Merci d'être là François Ruffin Vive Montreuil Vive la république Et vive la France Bravo
On applaudit On applaudit Le maire de Montreuil Patrice Bessac Notre France C'est un beau slogan Notre France Je vous rappelle donc Que cette campagne Ça y est On la lance N'hésitez pas à mettre Les pancartes N'hésitez pas à les lever Les pancartes Soyons fiers Soyons fiers De ce slogan Alors Il y a un site internet J'ai essayé de l'apprendre par coeur Bah j'ai pas réussi C'est notre Tirer France Point Avec Ruffin Point fr N'hésitez pas A aller sur le site N'hésitez pas à partager Et J'ai une annonce A vous faire On est 1000 Dans cette salle Et on est plus de 5000 Sur les réseaux sociaux A nous regarder Bravo à vous Alors Il va y avoir des tracts Qui vont être distribués partout Il va y avoir des événements Dans tout le pays Dans l'Hexagone Comme en Outre-mer Les deux prochaines dates Les deux prochaines dates Ce sont C'est jeudi A Noyon Dans l'Oise Et lundi prochain A Bouvron Dans la Loire Atlantique Alors Pour ceux qui veulent un peu de chaleur En mi-avril Il y aura aussi En Guadeloupe Et en Martinique Et je profite Pour faire une grosse force A tous les Guadeloupéens A tous les Martiniquais Guyanais Mahorais Réunionnais Qui luttent Contre ce système Qui S'assoit Sur leurs conditions de vie Contre la vie chère Contre l'emploisonnement au Chlordécone Contre tout ce qui se passe là-bas Je leur fais une grosse force Alors maintenant J'aimerais qu'on accueille Un homme qui a beaucoup écrit Sur l'identité française Le député De cette circonscription Alexis Corbière Merci Merci à toi Notre France Notre France évidemment La vôtre Elle est républicaine Elle est écologique Elle est sociale Elle est populaire Et l'extrême droite Quand elle parle de ce pays C'est une souffrance Ce qu'elle dit Dans tous les sens du mot On les a entendu parler Finalement Si tu permets que Je pique la formule François Quand l'extrême droite parle C'est la France des mauvais tours Et des bourges C'est ce qu'a dit le tribunal hier soir Cette souffrance Quand elle s'exprime Par la voix de Marine Le Pen Elle a parlé hier soir Au journal de TF1 Devant 8 millions de personnes Eux quand ils parlent Quand on les condamne Pour avoir détourné 4,1 millions d'argent public De s'être octroyé Avec son petit clan Des salaires A 9 000 euros A 5 000 euros Pour des mi-temps Cet argent là Quand elle en parle Devant 8 millions de personnes Elle qualifie ça D'un désaccord administratif 4 millions d'euros D'argent public détourné Pour l'extrême droite C'est un désaccord administratif C'est la langue des puissants C'est la langue des arrogants De ceux qui pensent Qui n'ont aucun compte à rendre Qu'ils ont toujours raison Qui n'ont jamais à s'excuser Et que quand la justice leur dit Vous n'avez pas le droit Qu'ils disent Il n'y a pas de délit C'est un désaccord administratif Faites la même chose Les petits, les humbles Si un jour vous veniez A voler quelque chose Dites c'est un désaccord administratif Je n'ai rien volé Mais vous serez sanctionné La langue de Marine Le Pen C'est sa politique Celle des puissants Qui pensent que eux Ils n'ont pas de compte A rendre à la justice Les mêmes qu'ils cessent de dire Dans l'hémicycle ou ailleurs Que les leurs doivent être Plus durs contre les humbles Plus répressives Toujours plus de prison Des applications immédiates Pas de délai trop long Disent-ils Entre la faute Et la condamnation Mais sitôt que ça les concerne Pas moi Pas moi non Je ne suis pas concerné Parce que je fais partie De la caste De celles et ceux Qui n'ont pas de compte à rendre C'est cette langue là Que nous devons combattre aussi C'est cette langue là Par notre mobilisation Que nous devons faire reculer Parce qu'elle s'exprime Trop souvent Tous les soirs A la télévision Sur CNews ou ailleurs Et qu'elle est même Parfois reprise aussi Par le gouvernement actuel Écoutez tout à l'heure Il y avait ce qu'on appelle Des questions au gouvernement Un député a juste raison A interpellé Monsieur Eric Lombard Ministre actuel Des finances Pour lui demander Pour quelle raison Vincent Bolloré Avait obtenu Une ristourne De 640 millions Concernant les impôts L'argent qu'il doit A la collectivité Vous savez comment Eric Lombard A qualifié Cette ristourne D'un contentieux technique Pour une C'est un désaccord Administratif 4 millions d'euros Pour l'autre 640 millions d'euros En moins Pour l'argent public C'est un contentieux technique Camarades Il va falloir désormais Lutter contre Ce discours Lutter contre Cette pirouette Infamante Qui a été Tentée hier soir Que les coupables Se sont présentés Comme des victimes Je profite de l'occasion Faites passer le message A tous les amis de gauche N'aidez pas Marine Le Pen A essayer de réussir Cette pirouette infâme La condamnation Qu'elle a Subie hier Était juste Dans sa totalité Dans sa globalité Dans sa cohérence Oui Quand le juge Demande l'application Immédiate de la peine C'est parce qu'il est Instruit D'une situation Où trop D'hommes politiques Se voient condamnés Des années Après avoir fait Leur méfait Regardez la situation Il a fallu Qu'on attende Que Jacques Chirac Soit dans un état De vieillesse Pour qu'il soit Enfin jugé A tel point Que c'était quasiment Immoral De juger un vieil homme Il faut attendre Que Nicolas Sarkozy Soit près de 10 ans Ou plus Après ses mandats Pour qu'il rende Des comptes A la justice Ces gens là Utilisent les élections Pour se fabriquer Une forme D'immunité politique Permanente De la même façon Que ce que n'a pas Voulue la juge C'est que la prochaine Élection présidentielle Soit une sorte De cavale De cavale présidentielle Pour Marine Le Pen Vous savez Connaissez ceux Qui placent leur argent Dans des paradis fiscaux Madame Le Pen Elle veut Elle Partir vers un paradis Électoral Un paradis Élyséen Pour échapper A la justice Donc elle est juste Cette mesure De dire Que l'élection Présidentielle Qui vient Ne doit pas être L'occasion Que quelqu'un Qui est rudement Condamné Pour des raisons Justes Échappe à la justice Et il n'est pas utile Camarades Qui m'écoutaient Peut-être De venir l'aider A venir dire A la télévision Que même des gens De gauche Partagent cette indignation Nous nous avons trouvé Juste qu'elle soit condamnée Notre France Elle a pour tâche Aujourd'hui D'empêcher la victoire De l'extrême droite Nous n'avons jamais pensé Que c'est par la justice Qu'on lutte Contre l'extrême droite Bien sûr Aujourd'hui Je pense Que c'est d'abord Politiquement En faisant reculer Ses idées Mais aussi Par les urnes Écoutez Je n'aime pas A tenir des propos En fonction des instituts De sondage Mais tout de même Il serait fou De ne pas l'avoir en tête Deux sondages récents Viennent de nous dire Que additionner Les trois candidats D'extrême droite A l'occasion De la prochaine Élection présidentielle Rassemble Dès le premier tour 45% Peut-être Des suffrages Nous n'avons jamais Vu ça Depuis 1945 Jamais L'extrême droite Peut gagner Et prendre le pouvoir Par les urnes Notre première Tâche Et donc De bâtir Une stratégie Antifasciste Et antiraciste Qui passe à l'heure actuelle Par une stratégie électorale Pour permettre sa défaite La stratégie électorale Je ne vous assure pas Qu'elle gagnera assurément Mais elle est celle Qui permet d'éviter Les conditions De la défaite Cette stratégie Porte le bon nom D'unité L'unité politique Si je suis venu ici Pour soutenir Mon ami François Ruffin C'est qu'il faut Qu'il y ait des voix Qui disent Que bien sûr Nous devons rassembler Des forces Aller chercher Et convaincre Ceux qui peut-être S'abstiennent Bien sûr Il faut que la force Se lève Mais il faut aussi Qu'une stratégie politique Soit dite avec force A cette division Unité Candidat commun Dès le premier tour De la prochaine élection présidentielle Pour faire venir à nous Ceux qui doutent La prochaine élection présidentielle Ne doit pas être à gauche Ça ne doit pas être de savoir Qui a la plus belle tombe D'un cimetière électoral politique Ça n'intéresse personne à gauche Cela produira de l'abstention Voir même cela produira Des votes bizarres Où certains iront voter Pour des candidats Qui reproduiront La politique de Macron En se disant Que peut-être C'est la seule façon D'éviter la victoire De l'extrême droite Nous sommes instruits De cette histoire Toute l'histoire du 20ème siècle Nous apprend Celle du mouvement ouvrier Celle de la gauche Que quand les fascistes Sont puissants Qu'ils augmentent Et bien chaque fois Que le mouvement ouvrier S'est divisé S'est affronté Il a perdu toujours En toutes circonstances Dans tous les pays Camarades Nous sommes en France Notre France Quand le 6 février 1934 Les fascistes Sont rassemblés Devant l'Assemblée nationale Les pires divisions Qui existaient Au sein de la gauche Et croyez-moi Celles d'aujourd'hui Sont bien peu de choses Par rapport à ce qui existait A l'époque Notamment entre les socialistes Et les communistes Et le Front populaire Pourtant a vu le jour Donc François Tu as été de ceux Qui ont permis Que ce mot De nouveau Front populaire Se forge Nouveaux Nouveaux Nouvelles périodes Nouvelles menaces Nouvelles stratégies Pas les vieilles stratégies Pas les vieilles Divisions Qui ont fait la défaite Je le dis fraternellement Faire mieux Ca n'est pas faire vieux Ca n'est pas reproduire La même chose Voilà pourquoi je crois Que nous sommes aujourd'hui Dans un moment historique Et que ce 1er avril Est peut-être le point de départ De cette dynamique Qui doit monter dans le pays Unité Unité pour la victoire Faire reculer les racistes Voilà votre tâche Allez on applaudit On applaudit bien fort Alexis Corbière
Unité Unité Unité
Pour ceux qui Ne se rappellent plus du site Que je vous avais dit tout à l'heure Que je ne connaissais pas par coeur Il y a des QR codes un peu partout N'hésitez pas à aller A les scanner Et vous allez arriver directement Sur le site Alors Notre France C'est aussi Cette France qui lutte Ces femmes Et ces hommes Ces hommes Qui luttent Pour leurs conditions de travail Qui luttent Pour leur salaire Et j'aimerais Tout particulièrement J'ai une petite pensée A mes camarades Femmes de ménage De De l'hôtel Première classe Et Campanile De Surène Qui sont en grève Depuis plus De 220 jours Et ces luttes Souvent On oublie On oublie de dire On oublie de montrer Les victoires Et aujourd'hui J'aimerais qu'on fasse un tonnerre d'applaudissements Pour Les travailleuses Et travailleurs De Sciences Po Qui ont gagné leur combat En une semaine De grève Alors je les invite à venir J'invite à venir aussi Les camarades D'Arcelor Qui sont en lutte actuellement Accompagnés de Sophie Taillet
Pollyon
Député Génération S On peut se lever On peut se lever les camarades
Gaëtan
ArcelorMittal Est-ce que tu peux nous en dire plus Merci
Merci Merci Camarades Merci à tout le monde Ca fait plaisir Ca fait plaisir Parce que nous On a engagé une lutte Depuis juin 2024 Parce que ce qu'il faut savoir C'est que sur notre site On s'est engagé Faire des projets de décarbonation Avec la COP21 A horizon 2030 C'est à dire décarboner notre site 30% En juin 2024 Dernier On nous a annoncé Que tous les projets On les mettait en stand-by Au carton Tout ça Ca coûtait trop cher Voilà Ca coûtait trop cher Malgré que l'Etat Les finances publiques Tout ça Était prêt à financer A 858 millions d'euros Tous les projets de décarbonation Pour faire de l'acier vert A l'heure actuelle On en est où ? On en est où ?
C'est que les salariés Ne sont pas bien Les salariés sont Dans l'incertitude totale On ne sait pas où on va On devait rénover Le plus gros fourneau d'Europe Le fourneau numéro 4 Pour qu'il tienne Jusque 2050 2050 C'était l'ambition du groupe Pour décarboner Une neutralité carbone A 0% Voilà Et on nous a annoncé Début janvier 2024 2050 2040 Pour faire des économies En juin 2024 On nous a dit Bah c'est fini On va mettre des rustines Pour que ça tienne Dans le meilleur des cas 2029 Donc c'est notre mort annoncée On le sait Mais ce qu'il faut savoir C'est que si jamais nous On tombe Si jamais nous on tombe C'est qu'il n'y aura plus d'acier En France Alors que l'acier C'est stratégique L'acier c'est stratégique Si aujourd'hui Il suffit simplement Sur le lever le matin On ouvre son micro-ondes L'acier On prend un stylo Il y a de l'acier Une chaise Comme il dit François Il y a de l'acier Il y a de l'acier partout Donc là on est dans une situation Très très très critique De toute façon On est en train de mourir A petit feu Ce qu'il faut savoir C'est que les salariés Bah il y avait Des aroues Tout ça Ils se sont dit Ils ont baissé la tête Ils ont fait leur CV Tout ça Ils ont commencé à dire Bah de toute façon C'est la fin On va tomber Et la semaine dernière Bah comme d'habitude Il n'y a pas d'argent Pour les ouvriers Ni les techniciens Et puis ils ont annoncé Des parts variables Et des primes annuelles Pour les ingénieurs et cadres Entre 5, 15, 20 000 euros Qui tombent comme ça Donc ça C'était la goutte d'eau Qui a fait déborder le vase Depuis samedi matin Le site ArcelorMittal d'Aker Quasiment à l'arrêt Quasiment à l'arrêt Quasiment à l'arrêt Et je suis fier De mes syndicats De mon syndicat CGT ArcelorMittal d'Aker Je suis fier Ils y vont Ils y vont Il n'y a plus de laminage Il n'y a plus rien qui sort du site Il n'y a plus rien qui sort du site Cet après-midi Le RH AMF ArcelorMittal France Est descendu en cabine Avec son bleu Ça fait 3 ans qu'on ne l'a jamais vu en bleu Il est descendu avec son bleu Il est descendu pour menacer les salariés Les salariés ils ont dit On s'en boit les couilles On va te faire foutre Voilà Voilà C'est la vérité Les salariés ont dit non Et les salariés ont poursuivi la grève Et cet après-midi il y avait la grève C'est qu'ils ont la grève Demain il y aura la grève Et après demain il y aura la grève Voilà C'est tout On sait qu'on va la perdre cette grève On le sait Mais ce qu'ils veulent les salariés C'est avoir la dignité S'il n'y a pas d'argent pour les ouvriers Les techniciens Il n'y a pas d'argent pour les ingénieurs et cadres C'est tout C'est tout Il faut être Il faut respecter le travail Il faut respecter le travail C'est tout ce qu'on demande Respecter le travail S'il n'y a pas d'argent pour donner à les petites mains Il n'y a pas d'argent pour ceux qui sont dans les placards Voilà
Bravo les camarades On peut bien l'applaudir On peut les applaudir bien fort Alors On a des camarades Des travailleuses et des travailleurs de Sciences Po Comme je vous ai dit Qui ont gagné leur combat En une semaine de grève Je te laisse Je te laisse en dire plus
Avec mes camarades On est venu partager cette victoire avec vous On n'est pas plus Enfin l'ensemble de mes camarades Ils n'ont pas pu venir Parce qu'on est une équipe quand même De 77 salariés Donc pour être tous là C'est un peu Voilà Mais au nom de tous mes camarades Franchement en fait Nous Notre grève Donc on a décidé de la faire Au moment de Au moment que notre client Le client Où on nettoie C'est leur loco Ils ont décidé de faire Un appel d'offres Donc ils nous annoncent Comme quoi ils vont Ils ont choisi en fait L'UGAP Cette centrale des achats publics Donc pour nous Qui dit UGAP Un peu Enfin On a notre Notre Expérience dans le métier Donc qui dit UGAP Qui dit Comme quoi en fait Le client Il veut vraiment choisir Que le prestataire le moins cher Le moins cher Il sera obligé de réduire La masse salariale Pour trouver ses comptes Réduire la masse salariale Par la suite Donc réduire Nos collègues Réduire les travailleurs Et travailleuses Sur le site Et puis pour faire La même prestation Pour les mêmes locaux Les mêmes surfaces Sans penser A nos conditions du travail Sans penser A notre santé Sans penser A tous ceux Qui ont déjà en fait Un travail Un travail en fait Précaire Parce que nous Quand on dit 77 salariés 80% de nous De nos équipes Et de mes camarades Ils sont un temps partiel C'est à dire Ils n'ont que 2h30 par jour Donc la plupart De ces salariés Ils ont à la fin du mois 500 euros Un peu plus Peut-être pour ceux Qui ont 20 ans 30 ans d'ancienneté Parce qu'ils touchent Un peu plus Pour leur prime D'ancienneté On sait On se sentait en fait Visés tout de suite Par cette décision Radicale De notre client Des donneurs d'ordre Malheureusement De Sciences Pont Donc on a décidé Tout de suite De dire stop Et de leur dire Il faut prendre en considération Nos conditions du travail Nos revendications Avant de se lancer Dans un appel d'offres Juste pour choisir Le moins cher Parce que nous On n'est pas seulement Des matricules On n'est pas seulement Des invisibles Parce que pour eux On est des invisibles On arrive à 6h du matin On part à 8h30 Avant leur arrivée Heureusement Ils ne nous croisent pas Donc ils ne nous croisent pas Donc ils ne savent pas En fait notre souffrance Dans ce métier pénible Physique Vieillissant Juste de dire stop Et de dire On est là Quand même Il faut Notre métier Quand même L'importance de ce métier Essentiel On est fiers de le faire C'est du ménage C'est du nettoyage Mais nous sommes fiers De le faire Parce qu'on sait très bien Que c'est un métier Essentiel Pour l'hygiène de tous Pour le quotidien de tous Mais Mais malheureusement Le ménage reste Parmi les métiers Les moins payés En France Les moins payés en France Avec tous les avantages Qui vont avec C'est vraiment On est les moins valorisés Pendant le Covid On était là On était ravis À un moment donné Parce qu'on a recueilli On a recueilli en fait Les beaux paroles Du gouvernement Par de l'espoir Et par Sceptitisme aussi On s'est dit Pour une fois On passe par des héros Ils nous ont fait Des beaux paroles Mais on attend toujours En fait Les actions Les actions Enfin concrètes Rien n'a été fait Personne n'a parlé De revaloriser Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre Notre ni de l'intimidation de nos employeurs, ni des donneurs d'ordre.
Il faut aller. Ici en France, on s'aperçoit que pour gagner quelque chose, il faut passer par l'action de force. C'est dommage de le dire, mais c'est le cas pour nous en tout cas. Au bout de cinq jours, je remercie énormément notre syndicat qui nous a accueillis dans tout notre débat, jusqu'à la fin, on remercie énormément les étudiants, les jeunes étudiants de Sciences Po qui nous ont soutenus. On remercie les syndicats du personnel de Sciences Po, on remercie les professeurs, tous ceux qui se sont déplacés. On remercie énormément M. François Ruffin pour son déplacement aussi, pour toutes les personnes de politique qui se sont déplacées aussi, qui ont mis de la lumière pour notre métier.
Donc oui, la victoire était là, au bout de cinq jours, heureusement, parce que c'était médiatisé un petit peu, c'est pour ça que je pense qu'on a gagné cause rapidement, mais il ne faut rien lâcher. Que ça soit, que ça dure un an, deux ans, un mois, deux mois, il ne faut rien lâcher, parce que sans la force, on n'obtient rien. Bravo ! On peut les applaudir bien fort pour cette victoire ensemble.
Je vais te laisser la parole. On t'écoute.
Ceux qui ont la chance d'être assis, parce qu'il y a tellement de monde. Ils se sont levés pour soutenir ces luttes, ces luttes qui visent de l'audiovisuel public. Ils se battent parce que comme vous, ils aillent après dans les locaux que vous nettoyez, de faire un beau boulot. Et ça, c'est vraiment la difficulté qu'on a aujourd'hui. C'est que ce gouvernement, quand il arrête de parler d'islamophobie, ce qui lui arrive de temps en temps, quand il arrête de faire de l'islamophobie, qu'est-ce qu'il fait ? Il nous reproche de ne pas aimer le travail. Il nous parle de la valeur travail. Mais en fait, il ne s'intéresse jamais à ce qu'est le travail.
Ce qu'est le travail, c'est d'abord la capacité de faire stage. Et c'est donc les conditions de travail. Et c'est donc d'avoir un outil dur, d'avoir les salaires, d'avoir les horaires. Alors, bien entendu, il y a les luttes, mais il y a aussi le boulot qu'il faut que les politiques mènent. Et le boulot qu'il faut que les politiques mènent, c'est d'abord de parler de vous, de cette France. De cette France qui travaille, de cette France précaire aussi, qui enchaîne les petits boulots les uns après les autres, sans jamais réussir à trouver la stabilité. De cette France qui aimerait bien... Et aujourd'hui, notre société, elle crève de... Sans arrêt. Alors, qu'est-ce que doit faire la gauche ?
Déjà, elle doit, avec son petit cahier, là. La gauche, mais toute entière. Elle doit aller écouter. Écouter, parce que les situations, elles ont beaucoup de points communs, mais elles sont souvent très différentes. Pour essayer d'être au plus près des besoins. Alors, moi, j'ai eu la chance de reprendre le boulot qu'avait fait François Ruffin après le Covid sur les femmes de ménage. On a écrit une nouvelle PPL, parce qu'on n'est pas décidé à se laisser embourmer dans l'inaction. Donc, il faut faire des propositions pré-sustrialisation, décarboner. Pour préserver l'argent de M. Mittal, la décarbonation, on ne trouve plus les moyens pour la financer. Et on laisse tomber l'outil de travail.
Et on met en danger des familles sur le territoire. Et en plus, on ne parvient pas à répondre à ce qui devrait nous faire travailler tous et tout ensemble, c'est-à-dire la transition écologique. Sans transition écologique, pas d'avenir commun. Et ça doit être notre objectif commun à tous et à toutes, de produire, mais de produire propre. Nous avons les chaises sur lesquelles on a besoin de s'asseoir pour faire la pause quand on a fini. Parce que les conditions de travail, c'est aussi, bien sûr, les horaires. Alors, on a fait une proposition de loi sur le ménage. Il y a aussi, bien sûr, des tas de propositions sur l'industrie qui ont été formulées. Il faut que ça continue.
Et il faut qu'on parle de vous. Et je crois que c'est ce que François va faire. Unis. Bravo !
On les applaudit bien fort ! Alors, François, ne tracis pas, parce qu'en fait, on est très, très nombreux. Du coup, dehors, il y a quand même pas mal de monde. Donc, qu'est-ce que ça te dit d'aller leur faire un petit mot ? On applaudit, François !
Je vais dire un mot sans spoiler. Je ne sais pas si l'intérieur nous entend ou pas. Il nous entend, il ne faut pas qu'il nous entend, l'intérieur. Bouchez-vous les oreilles. Alors, euh... Je vais dire, bizarrement, il fait froid, là, on commence à se l'écailler. Et pourtant, je suis sûr que vous êtes contents d'être dehors. Je suis sûr que vous êtes contents d'être dehors, parce que ça veut dire qu'on est trop nombreux. Ça veut dire que, ce soir, vous en avez la conviction, il y a une force qui naît. Il y a une force qui naît et qui, à mon sens, est une force joyeuse, une force généreuse, une force à même de transformer dans notre pays la colère en espoir.
Voilà ce qu'on est en train de faire ce soir. Vous savez, j'ai l'impression qu'on est en train de reprendre le fil du 9 juin, où, d'un seul coup, parce qu'on leur a dit « Soyez unis, arrêtez vos conneries », on a réussi à casser les barrières. Et je suis sûr que, parmi vous, il y a des communistes, des socialistes, des écologistes, des insoumis, des générations, mais surtout qu'il y a des gens sympas, sympathisants, des sans-quartes et sans-partis, et que vous êtes là parce que vous vous dites qu'il n'y a pas de fatalité et qu'on peut l'emporter.
Que notre histoire, c'est toujours ça, vous savez, je l'ai dit, je l'ai répété, mais au moment où la crise de 29 débouche sur le nazisme en Allemagne, débouche sur le New Deal des États-Unis, « Nous faisons le Front populaire en France, il n'y a pas de fatalité, nous pouvons l'emporter ». Pas une seule fois dans notre pays, l'extrême droite n'est arrivée au pouvoir par les urnes. Elle n'arrive au pouvoir qu'une seule fois, c'est par la défaite de nos armées, et ça n'a pas laissé de bons souvenirs dans nos mémoires. « Il n'y a pas de fatalité, nous pouvons l'emporter ».
Et on l'a montré, et on l'a montré encore, vous savez, le 9 juin, au moment de la dissolution, Bardella préparait ses cartons pour Matignon, c'était foutu, c'était fichu, c'était perdu. Et en 4 jours, vous avez forcé, nous avons forcé par des pétitions, par des manifestations, nous avons forcé le destin. Nous avons fait qu'en 4 jours, il y a eu un programme en abrégé, il y a eu des circonscriptions partagées, et à la fin, en un mois, on n'a pas gagné. Je n'ai jamais dit « nous avons gagné ». Je pense que dire « nous avons gagné », c'est vendre des illusions, et les illusions qu'on twiste aux désillusions.
Mais en revanche, nous avons évité la défaite, nous avons évité le pire, nous avons gagné un sursis, nous avons gagné un répit, et maintenant, nous devons le mettre à profit. Ça, ça, on l'a fait en un mois. Ça, on l'a fait en un mois. Maintenant, on a 2 ans. On a 2 ans pour le faire. Donc évidemment qu'on va y arriver. Ce qu'on a réussi en un mois, on va le réussir 100 fois plus fort en 2 ans. On va se mettre au boulot.
Ce soir, je vous ai dit, j'ai l'impression que, vous savez, c'est comme, il faut réussir à faire déborder le lit de la rivière, on est comme des espèces, moi j'ai l'impression d'être un sourcier, vous savez, qui balade son bâton, là, et qui se demande « putain, où est-ce que je vais aller le mettre pour qu'il y ait de l'énergie qui surgisse, quoi ? » Pour sortir les gens de l'inertie, de l'apathie, de l'abattement, du découragement, et on essaye, on essaye, on essaye, et puis il y a des moments, comme le sourcier, paf, on a mis au bon endroit. Il y a une source, c'est pas une source d'eau en dessous, c'est une source d'énergie.
Et ma conviction, c'est que là, ce soir, on a trouvé une source d'énergie, que demain, on va aller trouver, jeudi, on va aller trouver une source d'énergie à Noyon, dans l'Oise, qu'on va aller trouver lundi une source d'énergie à Bouvron, en Loire-Atlantique, qu'on va faire le tour du pays pour lever une force, pour lever de l'énergie, et qu'ensuite, on se retrouvera à nouveau à Paris, on sera dix fois plus fort, on sera cent fois plus fort, et qu'on obtiendra l'unité, l'unité pas seulement des partis, mais l'unité du pays.
Parce que ce que vous avez là, ce soir, il y a des élus qui sont dans les premiers rangs, et il y a des socialistes, il y a des communistes, il y a des écologistes, il y a des insoumis, insoumis, je suis sûr qu'il y a même des vrais insoumis, encore insoumis, qui se cachent dans les coins. Et voilà, ils font l'unité, ils ont envie de se rassembler, ils n'ont que ça comme envie. Mais ce qu'on a vu sur scène, et ce qu'il y a sans doute Paris-Vous-Vous, c'est encore plus puissant, c'est l'unité du pays. C'est évidemment les usineurs, harcelors de Dunkerque, qui viennent de province, qui se mêlent aux femmes de ménage de Sciences Po d'Île-de-France. Notre pays, c'est ça.
C'est les deux rassemblées. Quand on a tant de forces qui s'appliquent aujourd'hui à déviser et à déchirer. Nous sommes une force d'unité, d'unité des partis à gauche, mais aussi d'unité du pays. Et vous allez peut-être écouter mon discours en entier à la télé, là. Vous aurez une version non abrégée, mais il y a un programme pour la suite. Et on va faire tout ça, on va faire tout ça, on va faire tout ça. Et à la fin, c'est nous qu'on va ? A la fin, c'est nous qu'on va ? Merci à vous. Déjà, maintenant, on le sait. Nous avons ça. Nous le sortons. Ça déborde. Le lit de la rivière, on va le faire déborder.
Je dis, dans les premiers rangs, je les vois, des maires, des parlementaires, communistes, socialistes, écologistes, insoumis en insoumis. Et il y a les mêmes chez les militants dehors. Vous avez déjà, ici, réussi l'unité. On est rassemblés. On est ensemble. Je vois ça avec joie. Et j'en suis fier. Je suis fier, aussi, de voir qu'il n'y en a pas seulement une unité des partis, mais qu'on a une unité du pays. Quand montent sur la scène les harcelors de Durkhek et les femmes de ménage de Sciences Po, c'est l'unité du pays qui se dessine là. Et évidemment, il y a dans le pays tant de forces de déchirement, de division, que nous sommes la force d'unité du peuple et la force de rassemblement.
Elle est là, ce soir. On pourrait arrêter là, parce que déjà, vous savez, sentir cette forme de communion, c'est déjà avoir gagné. Bon, maintenant, est-ce qu'on va s'arrêter là ? On va faire quand même le discours. Donc, merci, M. le maire. Merci aux puissances accueillantes, M. le député Alexis Corbière. Et comme on dit dans les cérémonies, je vous salue toutes et tous en votre grade, titre et qualité. Tous mes remerciements à la fanfare. Elle est où, la fanfare ? Elle est partie, bon. Elle est là. Tous mes remerciements à la fanfare. Parce que, vous savez, la politique, ça peut être un plat de résistance un peu lourd, un peu dur à digérer.
Et la musique, c'est ce qui permet de faire passer la sauce. Un grand merci aussi à M. Valentin. L'Olympia, il me semble, dans deux ou trois jours. Voilà, vous pouvez aller le voir à l'Olympia. Mais il choisit par générosité, avec son sens de l'humour, avec sa bonne humeur. Il choisit de venir ici, nous devenez du bonheur. Donc, merci, merci à toi, Valentin. Je salue aussi, comme artiste, mon collègue, mon camarade, co-réalisateur, fraîche, aux femmes de ménage au Sciences Po. Tout ce que, quand on se bagarre, on gagne, on gagne un peu, on gagne en fierté aussi. Je vous dis ma conviction.
Sur les femmes de ménage, on a déposé une proposition de loi qui est très claire sur l'encadrement de la sous-traitance, pour pas que ça devienne de la maltraitance. Sur le fait que les heures qui démarraient tôt le matin, elles seraient payées deux fois plus cher, ce qui ferait que les patrons, eh bien, ils se mettraient d'accord avec les donneurs d'ordre pour faire travailler des horreurs normaux, qui permettraient aux femmes de ménage, qui permettraient aux femmes de ménage d'avoir une vie normale, et de pas se lever à 4h du matin, de laisser les enfants à la maison, comme j'interrogeais Khadija, là, à Sciences Po, puis je suis allé les rencontrer.
Donc, des solutions, on en a, elles sont pas compliquées. Je vais le dire plus longuement dans mon discours, mais simplement, ils veulent laisser faire le marché. Et laisser faire le marché, c'est laisser écraser les petits par les gros, toujours, tous les jours. Et chez Arcelor, c'est pareil. Je suis désolé, mais les solutions, elles sont simples. C'est pas vrai que c'est complexe. C'est pas vrai que c'est compliqué. Les solutions, elles sont simples. Taxes aux frontières, barrières douanières, quotas d'importation sur l'acier indien. Mais ils laissent faire. Ils laissent faire le marché.
Et le marché, il fait que, évidemment, les travailleurs de Dunkerque sont plus chers que les travailleurs de Bombay, quand vous instaurez cette concurrence entre les continents. Je le dis parce qu'il est évident que, quand on les entend là, on sait quel est notre rôle pour le pays. Il est de faire que ça, ça soit pas une fétalité, ce qu'on entend ici. Que ça soit pas une lutte à Dunkerque et une lutte à Sciences Po, mais qu'on ait le pouvoir, on ait le pouvoir beaucoup plus haut pour changer, même un peu, mais pour changer un peu la vie des gens dans notre pays.
Et enfin, parce que, je vous signale qu'on est qu'au remerciement, quand une rencontre comme ça se monte, quand vous arrivez et que les chaises sont installées, que les affiches sont collées, ça se fait pas par la main invisible du marché, ça se fait pas par la grâce de la Providence, ça se fait parce qu'il y a des petites mains qui s'y sont collées, des bénévoles, des salariés, qui ont eu l'œil dans l'ombre pour que je sois dans la lumière. Merci à Hervé, Christian, Juliette, Baptiste, Karine, Alexis, Emma, Anne et Rohan, Stéphane et Rostéphane, Isabelle, Lucas, Dimitri, Nino, Vincent, Eric, Mélanie, Artune, Emma, Louise, Anne et plein d'autres. Merci à vous. Bienvenue en thérapie.
Dans cette salle de la marbrerie, moi j'aurais bien aligné des divans. On n'aurait pas fait Picardie debout, on aurait fait Paris couché. Tellement la gauche, aujourd'hui on a l'impression que c'est une maladie. La dernière fois que je suis venu à Montreuil, c'était l'an dernier pendant les législatives, au mois de juin, et à ce moment-là il pleuvait et j'avais devant moi une mer de parapluies. Des centaines, des milliers de parapluies. Mais c'était des parapluies combatifs, des comblatifs farouches, des parapluies volontaires, des parapluies qui étaient prêts à tracter, à afficher, à porte-à-porter. Il reste quoi aujourd'hui de cette énergie ?
Aujourd'hui tu demandes juste à un copain comment ça va, il te fait la liste de tout ce qui ne va pas. La peine est à Gaza, l'IA et le climat, le climat social, l'école et l'hôpital, Trump et Poutine, Le Pen et Bardella, le racisme et le fascisme, et nos partis désunis, la Kyrielle des chapelles. La semaine dernière, je demande à un copain député comment ça va, la politesse. Le gars ne me répond même plus. Les épaules lui tombent, les bras lui tombent, la mimique amère, un souffle découragé, comme s'il portait toutes les misères de la terre. Et pourtant, c'est l'heure du match. C'est l'heure du grand match. Vous les avez vus en face ? Vous les avez entendus ?
Ravir Mileï, qui sort sa tronçonneuse, qui annonce clairement le combat. La justice sociale est pour lui, je le cite, est aberrante. L'Occident doit dominer le monde, les mâles doivent dominer les femmes, les riches doivent dominer les pauvres. Il s'agit d'en revenir, il le dit, il l'écrit. A avant la révolution française, à avant les lumières, à avant la renaissance, il s'agit d'en revenir, il le dit, il l'écrit, au Moyen-Âge, dont ils sont fans, lui et ses copains, aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, évidemment, autre souci, il y a Trump. À peine investi, c'est Elon Musk qui fait son salut nazi. Que signifie ce salut nazi ? Ça signifie que l'oligarchie se croit tout permis.
Ils se prennent pour des surhommes. Des surhommes qui ont acquis une toute-puissance économique, une toute-puissance numérique, une toute-puissance médiatique, et à laquelle ils ajoutent aujourd'hui la toute-puissance politique. Maintenant, c'est une leçon de la tragédie grecque, vous savez. L'hubris, la démesure, la toute-puissance conduisent à la chute. Surtout, je veux vous dire à la fois mon inquiétude, évidente, et mon soulagement. Quand j'ai vu Bernard Arnault, mon ami Bernard Arnault, quand je l'ai vu assister en direct à salut nazi, qui l'a traduit en un vent d'optimisme, un vent de liberté, quand je l'ai vu revenir des Etats-Unis, je me suis dit, c'est reparti comme en 83.
Comme du temps de Satcher et Reagan, un grand vent libéral va souffler sur la France, sur l'Europe, on en prend pour 20 ans. Eh bien non, je ne crois plus. Qu'est-ce qu'on a fait la semaine d'après à l'Assemblée ? Avec mes collègues Eva Sasse, avec Clémentine Autain comme chef de file, nous avons voté avec une majorité de députés la taxe Zuckmann, 2% d'impôt sur les patrimoines, 2 petits pourcents. Je ne veux pas vendre d'illusions, je sais, je sais que ça va s'enliser au Sénat, je sais que ça n'en reviendra pas. Mais c'est la marque quand même que le match est en cours, qu'il n'est pas plié, que nous sommes là pour le mener.
Que se passe-t-il à cette heure, à cette heure précise à l'Assemblée ? Ma collègue Marie-Charlotte Garin fait introduire dans la loi la notion de consentement, le consentement dans la définition du viol. Grâce à tous les assauts unis, grâce à tous les syndicats unis, grâce à tous les partis unis, nous avions déjà fait entrer le droit à l'IVG dans la Constitution. Ce soir, voilà le moment du consentement. Et je le dis, c'est pour moi, comme une riposte discrète, tranquille, à Milley, à Musk, à Trump, nous poursuivons notre chemin féministe, humaniste. Et nous ne sommes pas seuls sur ce chemin.
Quand nous réclamons que soient taxés les super profits, les méga-dividendes, ce sont 80, 90% des Français qui le réclament avec nous. Quand des millions de gilets jeunes, ce sont des millions de gilets jeunes qui l'ont réclamé sur les recoins, que les petits payent petit, et que les gros payent gros. Ce sont des riches aussi, des entrepreneurs qui ont réussi, des start-upeurs comme Marc Batty, qu'on avait invité à un colloque à l'Assemblée, et qui, avec 115 millionnaires, le réclament dans une tribune des échos, « Taxez-nous, taxez-nous sur nos héritages ! » Si on m'avait dit qu'un jour, je ferais applaudir un millionnaire en meeting, enfin bon.
Parce que non, tous les millionnaires ne sont pas des Bernard Arnault, tous ne nagent pas comme des requins dans les eaux froides du calcul égoïste. Antonio Gramsci recommandait, je le cite, « D'allier le pessimisme de la lucidité à l'optimisme de la volonté. » Pour le pessimisme de la lucidité, normalement, à gauche, on est déjà assez entraînés. Donc je vous propose ce soir de muscler votre jeu côté optimisme de la volonté, parce qu'il y en a, oui, il y en a, des bonnes nouvelles. Notre rencontre, un 1er avril. On s'est moqué, certains ont ricané, mais le 1er avril, on l'avait bien repéré, c'est le lendemain du 31 mars. Et que s'est-il passé hier ? Que s'est-il passé ?
Parce que oui, on l'avait prévu, on avait programmé le coup de tonne. Marine Le Pen et 23 de ses complices ont été condamnés. Un terme aménageable avec un bracelet électronique à 100 000 euros d'amende et à 5 ans d'inéligibilité avec application immédiate. Elle n'est pas condamnée par un désaccord administratif ? Non. Elle l'a condamnée parce qu'elle a distribué des emplois fictifs comme des pains au chocolat. Elle en a fait des cadeaux de Noël à sa petite famille au pire du sapin. Dans la famille Le Pen, je demande la sœur, le Rassemblement national et ses amis étaient déjà condamnés pour abus de biens sociaux, recels, escroqueries, blanchiments.
J'avais à l'époque produit une carte du monde avec dessus les mouvements de fonds du Rassemblement national. Ça partait des banques russes et émiratis, ça c'est assez connu. Ça allait vers Hong Kong, ça repartait vers les îles vierges aux Etats-Unis, ça repartait dans l'autre sens à Singapour, bref, ils jonglaient entre les continents et les sociétés écrans. Je dirais que pour des adversaires de la mondialisation, c'était étonnant. Vous vous souvenez des affiches du père ?
Oui.
C'est quoi ?
Tête haute.
Mains propres et tête haute. Eh bien, ils ont les mains sales maintenant, ils ont les mains sasses et la tête basse ou au moins, nous devons leur faire baisser la tête. Emplois fictifs, fonds détournés, 4,4 millions, pour, je cite toujours, la juge, assurer aux dirigeants du parti. Ça marche. Regardez, sur son plateau. Quand un chroniqueur lui a sorti que lui aussi avait bénéficié d'un emploi fictif, qu'il avait trafiqué son agenda, qu'il l'avait antidaté pour échapper à la justice, le président du RN bafouillait, il rougissait, il se taisait, il était honteux.
Maintenant, franchement, Marine Le Pen, je l'aurais préféré condamner, mais éligible, je l'aurais préféré vaincu par les unes plutôt que par les juges, mais, mais, mais, mais, mais, on va faire un petit quiz, les réponses sur facile, et il y a des DVD de haut boulot à gagner. Il doit entraîner une peine, chaque peine doit être sûre et exécutée. Qui a dit ? Qui détourne de l'argent ? J'ai été condamné pour favoritis. C'était sur cette question-là parce que c'était Jorban Dan Bardella, celle-là. Je termine. Je termine par la culture générale. Allez, question pour un champion. Quelle est la morale du roi de l'huître, la fable de La Fontaine ? Je vous remballe mes DVD.
Je ne sais pas si vous avez vu, mais, qui déplore, je cite, une violation des normes démocratiques par un expert. Orban a écrit Je suis marine. Ça, c'est marrant. Parce que Orban qui change de genre, on aura tout vu. Ça donne envie. Et sa défense, vous l'avez entendu, Madame serait intouchable. Pourquoi ? Par quelle faveur ? La loi est dure, mais c'est la loi. Et vous savez, moi, comme reporter dans un supermarché, j'avais suivi un espion de supermarché.
C'était un vigile qui se planquait dans un sous-marin, donc comme de la police, vous savez, des grands fourgons, et il se mettait devant les caisses à essence pour vérifier que les gens qui servaient dans les pompes à essence, ils ne trichaient pas là-dessus. Et il se planquait dans des grands cartons dans les entrepôts des supermarchés, dans des camions frigos en hauteur. Il faisait une petite fente à l'intérieur pour pouvoir voir avec ses yeux. Il avait de quoi pisser à l'intérieur de son carton et il avait un petit verre. Et il surveillait les gens dans les ateliers. Et il y a un salarié qui s'est fait virer pour un crayon à papier.
J'ai vu au tribunal une mère de famille qui parle pour des tranches de jambon. Là, on parle de millions. Alors, ma pitié sera limitée. En Picardie, dès aujourd'hui, Martine et Francis, ils sont où, Martine et Francis ? Martine et Francis. Martine, Francis, Ludo et compagnie, ils se sont défoulés, ils ont collé sur les affiches du Rassemblement National. Ils ont collé. Ils se payent au SMIC. Ils revirsent 3 000 euros par mois aux associations. On va me dire que ce n'est pas avec ça qu'on va convaincre les électeurs. Peut-être. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Mais vous savez, il y a une question d'attitude aussi. Ici, on a Montreuil. une élection, c'est une primaire de la gauche, quoi.
Mais il y a des coins où on ne voit plus qu'eux, on n'entend plus qu'eux, le terrain semble à eux. La gauche se tait et quand elle bouge, pas vrai, René ? Pas vrai ? C'est la voiture qui est taguée, ce sont les pneus qui sont crevés. Voilà notre bagarre sur le front. Alors là, enfin, on avance et il recule, on redresse la tête et il baisse les yeux. A travers tout le pays, durant les prochaines semaines et même durant les prochaines années, je vous propose que chacun tienne son panneau sur toutes leurs affiches partout, détournement de fonds, voleurs de millions, corruption. Affichez. Affichez-le encore. Monsa dit la donne. Affichez-le en breton. L'Eriam millionou. Affichez-le en basse.
Miloï la pozzailé. Je ne sais pas. Peio, je ne sais pas si ça va. Peio, bon, impeccable. Bon, bref, affichez-le en chinois, affichez-le en arabe, affichez-le en sanscrit, mais affichez-le.
Durant les vacances de Nel,
son chef-d'oeuvre. Eh oui. L'âme des sacrifices, la démocratie. Est-ce que vous voulez un commentaire de texte ou pas ? C'est partagé. Moi, je le fais au vote. Qui veut un commentaire de texte ? Vous avez perdu, vous aurez le droit. Bon, alors, dedans, déjà, il n'y a rien sur son emploi fictif. Ah ben oui. Non, il faut le dire parce que là, on a l'impression que ça n'existe pas. Mais Barnella a eu aussi un emploi fictif. Il a eu un emploi fictif durant 4 mois pour 10 000 euros exactement. C'était un gamin de 20 ans qui avait tout juste le bac et qui pourtant touchait deux fois le SMIC horaire. Et pourquoi ? Pour un emploi fictif. Tu m'entends, Jordan ? Un emploi fictif.
Si tu n'as pas bénéficié d'un emploi fictif, fais-moi un procès, Jordan. Vas-y. Sa biographie, c'est vraiment un récit d'apparats chic, complet. Rien que dans le prologue, en 6 petites pages, le mot politique, la politique est entrée dans ma vie. La politique engloutit toute mon existence. On entre en politique comme en religion. Dans ces 300 pages, c'est à peine si le monde du dehors apparaît. L'auteur se replie sur un tout petit monde. C'est le monde des médias qu'il adore. Un chapitre entier est consacré à son interview avec Jean-Jacques Bourdin. Oui, oui, oui, waouh, j'ai parlé à Jean-Jacques. Enfin, voilà.
Un chapitre entier est consacré à sa rencontre avec le président de la République. Waouh, j'ai parlé à Manu. Et surtout, c'est le monde des élections, des manœuvres, dans les bureaux du RN, dans les restaurants des beaux quartiers, les dîners, les déjeuners. Et pourtant, avec audace, Jordan Bardet la prône, je cite, la politique qui confond au réel. Il faut oser. Parce que le réel, on est absent. Lui, il rend hommage à une France travailleuse qui œuvre à bas bruit et qui n'a pas de relais, mais lui n'a jamais travaillé, je l'ai dit, mais surtout, cette France travailleuse ne trouve pas de sa place dans ses pages. On ne la voit pas, on ne l'entend pas.
Le mec, je ne sais pas si vous l'avez vu au salon de l'agriculture, mais de toute façon, l'homme qui doit se représenter la France des territoires et des terroirs, quand il approche une vache, il a peur. Jordan Bordella nous informe, page 153, que je cite, à l'automne 2018, la France s'apprête à faire face à la crise des gilets jaunes. Mais de gilets jaunes, nous n'en rencontrerons aucun. À aucun moment, il se rend sur les ronds-points ou dans les manifs. Du coup, dans son livre, bien sûr, il n'y a rien sur le désir de justice sociale. Je regarde Janine qui était là, gilets jaunes, un flic secours du premier jour.
Il n'y a rien sur l'exigence de justice, l'exigence de justice sociale, fiscale qui était dans le mouvement des gilets jaunes. Il n'y a rien, d'ailleurs, dans son livre, sur les dividendes, les profits, les inégalités, la répartition des richesses, les grandes fortunes. Tout ça ne figure pas, pas une seule fois, dans les 316 pages de l'ouvrage. Enfin, sur l'immigration. Parce que ça, l'immigration, en revanche, dans son bouquin, on y a droit. Il n'y a pas de souci. L'immigration, si vous voulez, c'est comme le cholestérol. Vous avez la bonne immigration et la mauvaise immigration. Alors, la bonne immigration, c'est celle d'hier et de ses grands-parents italiens.
Ils ont, je cite, fui une Italie du Nord devenue trop rude. Pour mémoire, ils arrivent en 1963, c'est-à-dire dans un moment où en Italie, il n'y a ni le fascisme, ni un conflit, où c'est une Italie du Nord qui est prospère, industrielle. Et là, ils arrivent en France. Tant mieux s'ils ont trouvé près de chez nous, à Paris, un lieu où vivre plus heureux. Tant mieux. Je n'ai rien contre ça. Mais on est loin des réfugiés d'aujourd'hui qui doivent traverser les déserts et les mers pour échapper à la misère ou aux guerres. Toujours à propos de ses grands-parents, Jordan Bardella nous apprend, je cite, qu'un logement les attendait à leur arrivée.
Aussitôt ou presque, ils sont embauchés, elle comme fleuriste ou lui comme ouvrier des chantiers, qui a la nationalité française et intègre la fonction publique. Ce sont des gens qui ont travaillé dur et à qui, en échange, notre pays, la République, a offert une habitation correcte, un emploi stable, des papiers en règle. Leur petit-fils se montre en empathie avec ces immigrés-là. Mais pour les suivants, alors là, il y a moins d'empathie. Ça, c'est la mauvaise d'immigration. Pourtant, ça commençait bien. À 16 ans au lycée, il est recruté par une association, Alpha Cueil, je cite, enseigner notre langue à des étrangers en quête d'intégration.
Je vais y consacrer deux heures, les lundis et jeudis, de 20h à 22h. Face à lui, je cite toujours, des travailleurs du bâtiment et de la restauration qui, pour la plupart, ne parlent pas un mot de français. Les visages de ces Pakistanais, Afghans, Africains de l'Ouest ont tous l'air perdus. Mes élèves sont des salariés épuisés par des journées entières de travail. La plupart d'entre eux vivent entassés à 5 ou 10 dans de sordides appartements de 20 ou 30 mètres carrés loués par des marchands de sommeil. Franchement, on croirait un plaidoyer. Le mec, il va se mettre à militer à l'OSF. Et on dirait qu'il va plaider pour un meilleur hacker puisqu'ils produisent, puisqu'ils apportent à la nation.
Ils méritent un habitat digne plutôt que ces endroits où ils sont entassés, des permis de circuler, de travailler sans se cacher, un salaire, des horaires pas exploités et même un enseignement du français par des professionnels. Mais non, Jordan Bardella en tire la conclusion inverse. Je cite toujours, « Leurs progrès dans l'apprentissage du français sont minimes voire parfois inexistants. Si l'intégration de Yolanda et Severino a si bien fonctionné, c'est qu'elle était européenne. » Et il ajoute « Pourquoi ça ne marche pas ? À cause, je cite, « À cause de la culture islamique en terre laïque.
» Voilà donc des hommes et des femmes de bonne volonté qui travaillent dur, qui survivent assez, qui prennent des cours de français mais malgré leurs efforts, ils sont exclus, repoussés par essence. Jamais ni eux ni leurs enfants ne seront vraiment français. Nous sommes bien sûr, nous ici, habités de la conviction inverse. Qu'avec le travail, la langue, le logement, cette sainte trinité de l'accueil, le travail, la langue, le logement, nous pouvons encore et toujours intégrer les Yolanda et les Severino d'aujourd'hui. Qu'avec l'école aussi gratuite, obligatoire et laïque, l'école Piliers de la République, nous pouvons fabriquer des citoyens des Français.
Nous sommes convaincus que profondément, Jordan Bardella, en énonçant ça, tourne à la fois le dos à sa propre histoire familiale et le dos à notre grande histoire nationale. Je ferme la parenthèse, j'en reviens à la journée du hier, à la corruption. J'ai entendu des amis de Marine Le Pen déclarer, elle a raison, il n'y a pas que nous comme pourris, regardez Sarkozy. Et c'est vrai, c'est un souci. Quel symbole quand même ! Un ancien président de la République qui porte le bracelet électronique. Et c'est pas fini, hein ! Sept ans de requis contre lui pour, je cite le procureur, un pacte de corruption. Et pourquoi ? Pour avoir reçu des valises des billets de la Libye de Kadhafi.
contre Emmanuel Macron, deux informations judiciaires sont ouvertes pour ces deux campagnes présidentielles. À ses côtés, Alexis Collaire, grand maître de l'Elysée, est mis en examen pour prise illégale d'intérêt. D'après l'ONG Transparency International, depuis 2017, 26 ministres sont impliqués dans des affaires politico-financières. 26 ! 26 ! Bon, je devrais pas trop la ramener. Non, parce que moi aussi, j'ai fauté. Ouais. Le déontologue de l'Assemblée m'a pris les doigts dans la machine à café. Ouais. Pour mon équipe, j'avais acheté du fabriqué français, une cafetière made in France en Mayenne, bien écolo, sans capsule. Et je pensais qu'on me filerait la médaille du bon consommateur.
À la place, je me fais redresser. Voilà mon crime, ma faute de probité. j'ai détourné vos impôts de 94 euros. Mais rassurez-vous, je suis blanchi, j'ai tout remboursé. Enfin bref. 26 ministres. 26 ! Vous vous souvenez, Macron nous promettait... Macron, je reprends. Vous vous souvenez, Macron vous promettait une République exemplaire. On a tellement qu'il les garde au gouvernement. mais il faut comprendre que quand c'est aussi industriel, quand les mises en examen se font à la chaîne, c'est plus une coïncidence, c'est plus une malchance, c'est un système. C'est un système. Et d'ailleurs, vous avez vu comment ils se serrent les coudes.
Je veux dire, depuis hier, Wauquiez, Bérou et les autres, avec Marine Le Pen, comment ils sont troublés. Et pour verrouiller le système, qui ils ont nommé à la tête du Conseil constitutionnel, c'est-à-dire au sommet de la loi. Richard Ferrand. Richard Ferrand, le visage vivant de la combine. Dans la famille Ferrand, je demande la femme, je demande la fille, je demande le fils. Chacun en a le droit à un petit morceau. Le père, lui, n'a échappé à la justice que par la prescription, jamais il a été jugé sur le fond. Voilà donc, désormais, le gardien de notre constitution. Et je rappelle, grâce à la complicité, grâce à l'abstention du Rassemblement national.
Sans surprise, la France dégringole dans les classements sur la corruption. Alors, comme disait Sarkozy, vous en avez assez de cette bonne racaille, on va vous en débarrasser. Il doit à un moment nettoyer les écuries d'Ogias. Comment il fait ? Il détourne la rivière et il fait passer ça là-dedans et il envoie baler tout le lisier. On doit être des nouveaux Hercule. Oui, il nous faut détourner la Seine et l'amener dans les beaux quartiers, l'amener dans les ministères, l'amener dans les tours de la défense, l'amener dans les hôtels particuliers pour retrouver notre République. Nous devons porter une grande loi, une grande loi de séparation de l'argent et de l'État.
Ce n'est pas un enjeu moral, ce n'est pas un enjeu légal, pénal. Je laisse ça aux magistrats. La corruption, c'est une affaire politique. La corruption, c'est une corrosion de la nation. C'est l'argent qui s'infiltre partout, qui s'infiltre dans la vie civique. Oui, mais disons-le, qui s'infiltre dans nos vies tout court, jusque dans notre intimité. C'est comme si la société était attaquée par un acide. Avec la corruption, la France tombe par bout. Je vous prends le bout Alstom. Pourquoi Alstom est tombé ? Pourquoi Alstom est tombé dans l'escarcette de Général Électrique ? Pourquoi ? Parce que ça rapportait.
Parce que ça rapportait à l'actionnaire, Martin Bouygues, plus d'un milliard d'euros. Parce que ça rapportait au cabinet conseil et au baron d'affaires. Parce que ça rapportait avec des gros chèques au candidat Macron. Ils ont fait pareil avec le cimentier Lafarge, avec le pétrolier technique, avec les avions militaires Latéco-R, 1 500. Ce sont 1 500 entreprises, en disant plus de 1 500 entreprises françaises, avalées par les Etats-Unis. Jusqu'au Doliprane, jusqu'au médicament de Sanofi, cédé aux Américains aussi. Tout ça avec l'accord, avec la complicité de notre président, le même qui aujourd'hui nous parle de souveraineté.
Mais avant eux, dans la famille industrie, je demande Usinor, brindé à l'Indien Mittal. Je demande Alcatel, revendu à Nokia. Je demande Thomson, cédé pour 1 franc symbolique. Je demande Péchiné, offert aux Canadiens Alcans. Et sans compter les dizaines, les centaines d'usines délocalisées vers l'Est, la Pologne, la Roumanie, ou plus loin, la Chine et l'Asie. Ça dure depuis 40 ans. Ce sont des millions d'emplois détruits. Et que font nos dirigeants ? Rien. Pas d'action, pas de réaction. Je fais une digression. La Picardie, c'est l'endroit d'où est partie la Grande Jacquerie en 1358. On brûle les châteaux, les paysans, c'est la guerre des pauvres. Pourquoi ?
Parce que deux ans plus tôt, il y a eu la bataille de Poitiers en 1356. Et là, qu'est-ce qu'ils ont vu les simples soldats ? Qu'est-ce qu'ils ont vu les roturiers ? Ils ont vu leurs officiers qui étaient tous des nobles, des aristocrates. Ils ont vu fuir, décamper devant les Anglais. Ils se sont dit mais si c'est ça notre élite, si c'est ça notre seigneur qui fuit comme ça, on vaut mieux qu'eux. Et je pense que c'est ce qui se passe aujourd'hui. Le sentiment aujourd'hui, c'est que nos dirigeants politiques, nos dirigeants médiatiques, nos dirigeants économiques, leur rôle, normalement, c'est de nous protéger. C'est de protéger les Français. Mais on voit quoi depuis 40 ans ?
Nos dirigeants vendent le pays à la découpe. Ils vendent la France à la finance. Et la grande colère, la grande colère populaire, elle vient de là de ne pas être protégée. Une demande profonde de protection aujourd'hui dans le pays. Mais maintenant, ça se voit. Le Covid, pour moi, a servi de révélateur. On était à poil, même sur les masques, mais sur les surblouses. C'est ma mère, avec plein de couturières, qui se sont mis dans le pays sur leur machine à coudre à fabriquer ça. Ce sont les hôpitaux qui sont allés acheter de la toile de jardin chez Gamme Vert. Ce sont nos soignants qui se sont couverts de sacs poubelles. Ça se voyait qu'on était à poil. Cette élite ne nous protège plus.
Il ne nous protège plus sur les médicaments, avec des ruptures en série dans les pharmacies. Ils ne nous protègent plus sur les factures d'électricité qui font des bons dans un sens et dans l'autre, parce qu'ils l'ont lié au marché. Et même, vous savez, pour moi, le symbole, c'est le logement. Dans protéger, il y a toit, tectum en latin. Eh bien, même sur ça, même sur le toit, ils ne nous protègent plus. Le logement, aujourd'hui, c'est le parcours du combattant. C'est un défilé permanent à ma permanence. Ce sont des jeunes, des jeunes couples, des mamans célibataires qui galèrent. Le pouvoir d'achat, même le pouvoir d'achat, c'est le logement, en vérité.
C'est la moitié, un tiers du salaire qui part dans le loyer ou dans les charges. Et pourquoi ? Pourquoi il y a ça ? Parce que l'immobilier, comme pour le reste, nos dirigeants laissent faire. Ils laissent faire le marché. Ils laissent l'argent décider. Nous assistons à une faillite, une faillite de nos élites, une faillite qu'on peut décliner. C'est une faillite morale, c'est une faillite industrielle, c'est une faillite budgétaire, c'est une faillite politique et c'est même une faillite géopolitique. Le monde a basculé. Ils nous disent ça et tous les médias avec eux. Le monde a basculé le vendredi 28 février dernier, le jour où Volodymyr Zéensky s'est fait humilier à la Maison Blanche.
Du coup, d'un coup, c'était la panique. L'Ukraine était lâchée, l'Europe abandonnée. Dans l'urgence, nos grands dirigeants ont enchaîné les sommets à Paris, à Bruxelles, à Londres, à Paris, dans tous les sens. Ils ont sorti le carnet de chèques, magique, le carnet de chèques, avec des centaines de milliards à la clé. Ils ont promis des usines, de canons, d'avions, de munitions, avec un ton martial à la télé. Franchement, comment pouvait-il être surpris, comment pouvait-il être surpris ? Donald Trump l'avait dit et promis lors de tous ses meetings. La guerre en Ukraine, il la réglerait en 24 heures. Ils connaissaient Vladimir Poutine, ce bon gars, et ensemble, ils arrangeraient tout ça.
Durant toute sa campagne, il l'avait répété, il ferait la paix en accéléré. Le retrait était annoncé. Il n'y avait pas besoin de services de renseignement. Il n'y avait pas besoin d'espionnage. Il n'y avait pas besoin de décolleur. Tout était lit. C'était dans les journaux. C'était dans les chaînes américaines. Alors quoi ? Comment ça se fait ? Est-ce que nos dirigeants sont sourds ? Est-ce qu'ils sont aveugles ? Ou est-ce qu'ils ne savent pas lire l'anglais ? Pour moi, pire même. Donald Trump est élu. Mais on a encore, pendant deux mois, on a encore Joe Biden à la Maison-Blanche. On pourrait en profiter, là. Essayer quelque chose. Essayer quelque chose pour l'Ukraine.
Essayer quelque chose pour l'Union européenne. Mais non. Quelles initiatives ils ont prises ? Aucune. Absolument rien. Personne n'a bougé. Ça suffit pour moi à leur discrédit. Pourquoi on les paye ? Pourquoi on les élit ? Pour savoir. Pour prévoir. Pour nous protéger. Comment expliquer, alors, leur inertie ? Non. Ils ne sont pas sourds. J'ai vérifié. Ils ne sont pas aveugles. Ce ne sont pas des crétins. Ils ont même tous les bons diplômes, dans le bon ordre, de toutes les grandes écoles. Mais ces gens supérieurs, avec leurs études supérieures, qui gagneraient contre vous, à triviale poursuite, apparemment, parce que, bon, sur la femme de La Fontaine, ce n'était pas terrible.
Ces dirigeants n'ont pas vu, ils n'ont pas entendu ce que voyait l'Américain moyen, ce qu'entendait le Français à peine informé. Comment ça se fait ? Qui aurait pu prédire ? Macron sur le réchauffement climatique, et c'est pour moi, c'est le même mécanisme, c'est le même déni. Qui aurait pu prédire ? Ben, M. Macron, tous les scientifiques le prédisent depuis un demi-siècle. Tous les citoyens le sentent, le savent, le voient. Qui aurait pu prédire ? Ben, M.
Macron, en une génération, la mienne, la vôtre, en une génération, dans notre pays, les oiseaux, les insectes, les manifères, tout ce qui vit sur terre, dans les airs, sous terre, même, j'aime beaucoup les lombriques, a été divisé par deux, en une génération, M. Macron. Et ça, tous les agriculteurs, tous les agriculteurs, tous les chasseurs, tous les pêcheurs, tous les préveneurs, le voient, le sentent. Tous, sauf vous, le chef de l'État. Comment vous expliquez ça ? Comment vous expliquez ce mystère ? C'est qu'il y a une autre faillite de nos élites, plus centrale peut-être, c'est la faillite de leur pensée. Nos dirigeants ne sont plus adaptés à notre temps.
Ils ne correspondent plus à notre monde. Leur idéologie, parce que ce sont des idéologues. Nous sommes, nous, les réalistes. Nous sommes, nous, les pragmatiques. Mais leur idéologie, leur met comme un voile devant les yeux. Leur idéologie, les aveugles. Ils résonnent encore en bureaucrates de la concurrence. Ils résonnent en épiciers du marché. Et ça, ça les rend inaptes, inadaptés au monde présent. Ça les rend impuissants dans le choc des puissances. Nuls. Ils sont nuls. Mais ils sont archi nuls. Tous les jours, ça me désespère. Et en même temps, je suis condamné d'en rigoler des fois. Je ne sais pas si vous avez vu ce document.
C'est l'Union européenne, la liste des droits de Loan qu'elle a pondue, Van der Leyen, pour riposter aux USA. Ça fait une centaine de pages. Il y a des milliers de produits qui sont concernés. Des produits stratégiques. Attention, vous n'êtes pas prêts. Les bidets. Les bidets. Non, ce n'est pas une blague. Les bidets. Les budges de Noël. Les hosties. Les chewing-gums. Les dentifrices. Les combinaisons de ski. Les serpillères. Les pendoufles. Les tondeuses à gazon. Et peut-être, mon préféré, le renne. La viande de renne. Voilà comment on va riposter aux Américains. Mais, est-ce qu'on a pour projet en France d'avoir une renaissance de l'industrie du bidet ? Pourquoi on fait ça ?
Pourquoi on fait ça ? Un protectionnisme de rétorsion. Alors qu'il nous faut un protectionnisme de construction. Il nous faut un État stratège. Il nous faut une Europe stratège. Si on veut maintenir une industrie sidérurgique, si on veut sauver... Il faut protéger. Taxes aux frontières, barrières douanières, quotas d'importation. Et la Commission devrait se demander quels sont les... sur lesquels on veut retrouver notre autonomie. Est-ce que ce sont les aliments ? Est-ce que ce sont les vêtements ? Est-ce que ce sont les médicaments ? Mais non, pour Macron, pour von der Leyen, pour l'Union européenne, rien n'a changé. Le libre-échange, c'est bien. Les protections, c'est le mal.
Ils refusent les protections. Ils ne veulent pas nous pro-ter. Souveraineté numérique, souveraineté de l'énergie. Et franchement, tant mieux s'ils en parlent. Parce que, pendant longtemps, quand on disait souveraineté, enfin, quand je disais souveraineté, c'était le méchantisme, le souverainisme. Et on était les méchants, on était les vilains. Bon. Maintenant, ils en parlent, tant mieux. Mais ils ne sauront pas l'affaire. La politique industrielle, tant mieux s'ils en parlent parce que l'industrie, ça puait, ça polluait, c'était le passé, dépassé, il fallait s'en débarrasser. Et d'ailleurs, ils s'en sont débarrassés.
Mais la politique industrielle, ils en parlent, ils ne sauront pas l'affaire. La planification écologique, tant mieux s'ils en parlent parce qu'avant, la planification, c'était l'Union soviétique et le gosplan. Maintenant, ils en parlent, mais ils ne sauront pas l'affaire. Ils ne sauront pas l'affaire parce qu'il leur faudrait rompre avec le marché, il leur faudrait rompre avec la concurrence, il leur faudrait rompre avec leur libre-échange, il leur faudrait rompre avec leur dogme, et ça, ils ne le peuvent pas. Alors voilà, notre rôle, notre mission, c'est à nous de le faire.
C'est nous qui allons protéger nos paysans, c'est nous qui allons protéger nos ouvriers, c'est nous qui allons protéger nos industries, c'est nous qui allons protéger la planète, protéger les vivants, protéger, protéger les Français, mais protéger socialement, les protéger écologiquement, les protéger militairement, protéger contre les armées étrangères, protéger nos frontières, mais protéger aussi contre les puissances du dedans, contre l'argent, l'argent, l'argent, l'argent qui veut tout décider, l'argent qui veut tout imposer. Voilà notre mot clé, voilà notre mot sacré, protégés. Je vais en parler de l'identité nationale. Ça ne m'effraie pas. Au contraire, c'est une joie. Mais quand même.
Mais quand même. Ils osent tout et ça. Ça, ça qu'on les reconnaît. Ce sont les mêmes. Les mêmes dirigeants qui, depuis 40 ans, se sont efforcés, justement, de l'affaiblir, de la gommer, de l'atténuer, de l'effacer, parce qu'il faut s'adapter. C'est leur mot d'ordre. Il faut s'adapter à la compétition. Il faut s'adapter à la mondialisation. Ce sont les mêmes dirigeants qui, depuis 40 ans, ont désarmé l'État, ont vidé la nation, ont transféré ses pouvoirs, sa monnaie, ses frontières. Ce sont les mêmes.
Les mêmes dirigeants qui ont ligoté la souveraineté nationale, avec au-dessus d'elles la Commission européenne, la Banque centrale, le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale de l'e-commerce, des institutions jamais élues, sans scrutin, sans bulletin, et avec derrière pour nous une démocratie plus précis. Ce sont les mêmes. Les mêmes dirigeants qui ont tout fait pour avoir une contrée conforme, une nation chloroforme, une France lisse, jusque dans ses paysages, pays sans paysans. Ce sont les mêmes dirigeants qui l'ont voulu, que la France se coule dans la mondialisation, qu'elle se noie dans son tourbillon, qu'elle thèse ce rébellion. Fini l'exception française.
Et ce sont les mêmes qui relancent aujourd'hui ce débat sur l'identité nationale. Pourquoi ils font ça ? Pourquoi ils font ça ? Ils font ça parce qu'ils sont vides de projet. Ils ne peuvent se définir que par le rejet, que par le rejet de l'étranger. Ce rejet qui serait au fond, par la négative, l'ultime manière de nous affirmer. Avec ce noble dessin de nos dirigeants, trier, séparer les vrais Français, des pas vraiment Français, des Français de couleur, des Français par hasard, des Français de papier, sans même parler des pas Français du tout et qui ne le seront jamais.
Au grand soleil d'été qui courbe la Provence, déjeuner de Bretagne aux bruyères d'Ardèche, quelque chose de dans l'air à cette transparence et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche. Ma France. Notre France, c'est celle de Jean Ferrat, ces rimes qui forment pour nous comme un second hymne. L'identité de la France, la voilà, huit couplés avec cette ère de liberté au-delà de frontières, avec le vieil Hugo tenant de son exil, avec des lèvres d'Éluard s'envolant les colombes, avec ses artistes prophètes pour reclamant qu'il est temps que le bonheur succombe. Voilà notre France.
Quand les petits Béroux, les petits Rotaillots, les petits Bardévas veulent réduire la France cette grande idée en un contrôle policier avec relevés d'empreintes et tests ADN. Quand ils en parlent, non comme d'une chose vivante, présente, mais en entomologiste, comme un insecte à disséquer au passé. Notre France, oui, c'est la France des cathédrales, c'est Notre-Dame, c'est l'égret par Hugo, où tous les artisans ont fait un gros boulot. Notre France, c'est Jeanne d'Arc, la timide, la guerrière, qui entre à Orléans, c'est le sacre de Reims, c'est le bûcher de Rouen. Notre France, ce sont les 30 000 clochers au cœur des 30 000 villages et jusque dans l'affiche de François Mitterrand.
Notre France, c'est surtout, évidemment, la Révolution. Ce brasier d'où ont surgit la gauche, la droite, la liberté, l'égalité, la fraternité. Ce brasier qui n'est pas éteint. C'est notre reconnaissance à nous, Français républicains. On connaît la boutade de Deng Xiaoping, on l'interroge sur le bilan de la Révolution française, et il répond « il est trop tôt pour le dire ». Mais c'est vrai, car ce souffle se poursuit. C'est à 1789 que les Gilets jaunes, d'emblée, d'instinct, se rallient. Eux se définissent comme des nouveaux sans-culottes, en but au roi Macron et à sa Brigitte Marie-Antoinette. Et dans leur cahier de doléances, ils réclament des États généraux.
C'est un feu sacré qui n'est pas fini et qui ne doit pas finir. Notre France, c'est Léon Blum et le Front populaire. Une France encerclée par l'Allemagne. En étau, entourée de tous côtés, et là, notre France fait pourtant le choix de la joie. Au son de l'accord des ronds, les usines occupées, les vacances à la mer pour les congés payés. Connaître sa honte et soutenir sa gloire. Notre France, son histoire, elle la regarde en face, jusque dans ses pages sombres. Nous n'avons pas oublié. Nous n'avons pas oublié la propagande anti-juive, les étoiles jaunes et la raf du Velvive. Nous n'avons pas oublié Pétain, Papon-Bousquet. Notre France le dit avec clarté, plus jamais.
Notre France le dit aussi, la guerre d'Algérie. On ne prolonge pas avec de la diplomatie de plateau de télé. On ne la reprend pas, ni d'un côté, ni de l'autre, de la Méditerranée. La place d'un écrivain, de Boilem Sansal, n'est pas en prison. Ni Guillaume Meurice, ni Jean-Michel Apathy. C'était la polémique. Ça m'a rappelé le cinéaste René Vautier, que Gilles Perret connaît, à qui j'avais rendu visite dans sa maison de Cancale, qui était le petit breton à la caméra rouge. Et c'est le premier cinéaste à avoir réalisé un film sur la guerre d'Algérie. Avoir 20 ans dans les Orestes, évidemment un film interdit.
Mais quelques années plus tôt, il avait réalisé Afrique 50, un documentaire dans l'Afrique coloniale, l'Afrique française de l'époque. Et il montrait à la fois les durs travaux, la joie des enfants, mais aussi les carnages en cours. Et je veux lire son texte plein d'une saine colère. Ici, le chef du village, Sikoli Ouattara, a été enfumé et a battu d'une balle dans la nuque, d'une balle française. Ici, une enfant de 7 mois a été tuée. Une balle française lui a fait sauter le crâne. Ici, du sang sur le mur, une femme enceinte est venue mourir. Deux balles françaises dans le ventre. Sous cette terre d'Afrique, 4 cadavres, 3 hommes, 1 femme, assassinés en notre nom à nous, gens de France.
Voilà ce qu'il candidalisait le plus, lui, l'ancien résistant, que les balles soient françaises. Que nous qui avions subi l'occupant, nous prenions le rôle du bourreau. Les camions militaires surgissent, semant partout la ruine, la ruine et la mort, en notre nom à nous, gens de France. D'Imboka, Séguéla, Daloa, Waflé, des ruines, des rafles, des fusillades, des noms de villages sonnant aux Africains, comme autant d'oradours. C'est René Vautier qui le dit, comme autant d'oradours, et pas Jean-Michel Apathy.
A sa sortie, le film fut interdit, René Vautier poursuivi, et des militants communistes, des militants chrétiens aussi, se sont battus, mais vraiment battus, avec leurs points pour que le film soit vu. Ça dit pour moi un éternel combat. Un éternel combat entre deux Frances. La France officielle, en costume ou en uniforme, et l'autre, la nôtre, la belle et la rebelle. Et notre enjeu à nous, c'est de faire coïncider les deux. C'est que la nôtre devienne l'officielle, même si ça dure peu, même si ce n'est qu'une poignée d'années, un éclair dans la nuit, mais que ça marque les esprits.
Notre France, c'est un nom qui résonne en notre nom à la tribune des Nations Unies, le nom de Dominique Villepin et de Jacques Chirac à la guerre en Irak, nom à la domination occidentale du monde. C'est le nom encore du 29 mai 2005, le nom des petits contre les grands, contre tous les grands médias, tous les grands patrons, tous les grands partis du Oui Réuni. Notre France, c'est le nom des Gilets jaunes sur les ronds-points, nom à la taxe gasoile, mais au-delà, comme une communion, peuple qui se cherche et se retrouve, nom à un grand vide politique, nom à un grand vide métaphysique, Oui à une espérance. Notre France, elle ne se tait pas quand tombent les bombes à Gaza.
Notre France, c'est un principe simple. Notre France, c'est un principe simple. Une vie vaut une vie. Notre France dénonce, condamne, sans hésiter, dès le premier instant, les crimes de guerre, les actes terroristes du Hamas dans les kiboutts, les enfants, les femmes, le millier de civils massacrés. Et notre France dénonce, condamne, sans hésiter, à chaque instant, les crimes de guerre, les actes génocidaires à Gaza, les millions de déplacés, un peuple traumatisé, martyrié. Au beau pour tous, au beau partout.
Qu'ont fait les Gilets jaunes sur les ronds-points, ils ont fait fleurir des tours Eiffel en palette, des pyramides du Louvre en palette, des arcs de triomphe en palette, avec un mélange un peu bizarre de facteurs cheval et de monsieur bricolage. Ça aurait dû figurer à notre patrimoine, notre patrimoine social. À la place, le pouvoir a envoyé la police, les bulldozers ont renversé les tours Eiffel, les tronçonneuses ont découpé leurs sculptures, les pinceaux ont effacé leurs peintures, il ne fallait pas seulement réprimer le mouvement, il fallait aussi en faire disparaître les traces. Les Gilets jaunes, aspirés au beau.
Une nation ne se redresse pas que par des grands travaux, des barrages hydroélectriques ou du boulot. Une nation se redresse aussi par l'âme. C'est Roulevelt qui affirmait ça durant la Grande Dépression aux États-Unis et il avait embauché des comédiens, des auteurs, des musiciens, il les avait envoyés à travers le pays. Alors pour notre petite dépression à nous, notre France, c'est l'art qui sort des musées, des théâtres, des ciné. Ce sont des concerts de clavecins devant les supermarchés, des scénettes de Molière sur les aires d'autoroutes, les faillances de Sèvres à la cantine des usines, des fresques de couleur pour nos bâtiments gris. C'est la joie. C'est un droit à la joie.
C'est la fantaisie de mettre dans nos vies un petit bruin de fantaisie. Youpi, youpi. Notre France, c'est celle de Mehdi et de ses copains qui jouent au foot à Amiens. Dans sa clio, il se faisait sans cesse arrêter. Il allait à l'entraînement arrêter, il en revenait arrêter, à la mosquée arrêter, en vélo arrêter. Un soir, sa mère a vu ça par la fenêtre. Elle avait peur que ça fisse mal. Elle est descendue. Ah, vous êtes sa mère, ils l'ont salué. Mais lui, on le connaît, votre fils, il n'y a pas de souci, c'est vous le voleur. Ben alors, arrêtez, lui demandez vos papiers. Notre France, c'est la fin des contrôles d'identité.
Notre France, c'est Mme Saada, la maman de Heda qui accompagne les élèves à la piscine au bois, qui vérifie que les ceintures dans le bus sont bien attachées, que Maëlys n'a pas oublié son goûter. Eh oui, la maman de Heda porte un voile. Mais la République, ce n'est pas de lui interdire, lui interdire de le porter ou de venir. La République, c'est de la remercier et de l'applaudir. De l'applaudir, elle, et les autres papas et les autres mamans parce qu'ils préparent ensemble la fête de l'école, parce qu'ensemble, pour la Tobola, ils ont rassemblé des lots, parce qu'ils ont fait des crêpes et des gâteaux, parce que notre France tient comme ça, dans sa diversité, par en bas.
Notre France, c'est Jean Tenenbaum, d'Iffera, fils d'Antoinette Malon, originaire du Puy-de-Dôme, et de Mnachet Tenenbaum, immigré de Russie, lui qui sera arrêté parce que juif, interdé à Drancy, déporté à Auschwitz, nué et brouillarde où il ne reviendra pas. Et c'est son fils, malgré tout, malgré ce malheur, malgré cette trahison, c'est son fils, sauvé par des militants communistes, c'est son fils qui va écrire ce chant d'amour, ma France. Notre France, c'est de l'amour, pas de la haine. C'est une France où, à la première génération, un tiers des immigrés se marient avec des Françaises, avec des Français, sans grands-parents étrangers. c'est deux tiers pour la deuxième génération.
Nous sommes, en Europe, les champions du mariage mixte. La voilà, notre France. C'est une France où on s'intègre par l'amour, par les bisous, par les câlins, par les pelles qu'on se roule, par les chromosomes qui s'en mêlent. Voilà la France qu'on veut, voilà la France qu'on a, voilà la France qui ne nous enlèveront pas. Mais le monde va toujours mal. Et il va toujours mal pour les hommes et les femmes soucieux de justice et de fraternité. C'est le moment dans le monde, en Europe, en France, c'est le moment des grands bouleversements. Nous pouvons les subir ou nous pouvons les saisir. Nous pouvons les saisir comme une chance. Nous pouvons les saisir comme une chance de changement.
Et à mon sens, dans la déprime, l'apathie, l'inertie du pays et de la gauche, aujourd'hui, le problème, ce n'est pas la situation c'est qu'il nous manque une force. Il nous manque une force pour tenter, il nous manque une force pour essayer, il nous manque une force pour repousser la fatalité, il nous manque une force pour saisir la chance. Sans cette force, nous sommes impuissants et nous sommes condamnés à la défaite. J'entends évoquer la magie du second tour. Vous avez entendu ça ? Déjà, on aimerait bien connaître la magie du premier tour, mais bon. Il faudrait qu'on s'en remette donc à un miracle. Mais ça n'existe pas, la magie de l'élection.
Pour vaincre le Rassemblement National, pour vaincre un parti installé, enquêté dans le paysage depuis 40 ans, il ne faut pas de la magie, il faut une stratégie. Une stratégie qui passe encore dans le pays par l'unité. Non, la présidentielle, ce n'est pas David Copperfield à faire sortir des millions d'électeurs comme des lapins d'un chapeau. A quoi joue-t-on ici ? On joue avec le feu de l'histoire. On joue avec le tragique. On joue avec des chemins sans retour. On joue avec les Français. On joue avec les immigrés. On joue avec les enfants d'immigrés. Parce que ce sont eux, les premiers en première ligne, ce sont eux qui paieront le prix de la défaite.
Ce sont eux qui paieront le prix du pire. Nous ne jouons pas, nous ne jouons pas. Nous ne sommes pas venus pour jouer. Nous ne sommes pas là pour regarder les mains dans les poches, les pieds dans nos souliers. Nous ne sommes pas là pour regarder la machine à perdre. Je n'aime pas perdre. Perso, dans ma circo, je n'ai jamais perdu. Mais dans le pays, mais dans le pays, depuis des décennies, j'en ai marre de perdre. Au déprimé, au résigné, je veux dire, rien n'est perdu, rien n'est fichu, rien n'est foutu. Qu'on se souvienne du 9 juin dernier. La messe était dite, les carottes étaient cuites. Au soir de la dissolution, Bardella préparait déjà ses cartons pour Matignon.
Depuis des mois, nos parties divisées, séparées, se tapaient dessus sur Twitter. C'est reparti. J'étais seul, nous étions seuls à Amiens, devant la petite salle bisée, avec mes camarades Picard, avec un barbecue qui fumait derrière. C'était la déprime, c'était la dépression. Et puis, notre cri a résonné, Front populaire, Front populaire. Et puis, nous avons dit aux partis, soyez unis, arrêtez vos conneries. Je dis nous, parce que je l'ai prononcé le premier à la télé, mais vous étiez des millions derrière à le penser.
et c'est par dizaines de milliers, par centaines de milliers, dès le lendemain, que nous avons signé des pétitions, que devant les sièges de partis, nous avons fait des manifestations. Et en quatre jours, en quatre jours, nous l'avons obtenu. Un programme en abrégé, un partage des circos, de ce quoi se mettre en ordre de bataille, de quoi éprouver de la force, un sentiment de force. Cette force, ce temps divan de force, on l'a éprouvé partout, même dans les coins les plus durs. Je me souviens, je suis allé à Noyon, Terre Rassemblement National, à 8 heures du matin, devant la gare de Noyon. Ils étaient 200. Ils étaient 200. Ils n'étaient pas là, ils n'y croyaient pas qu'ils allaient gagner.
Ils n'étaient pas là pour ça. Ils étaient là pour retrouver une force, pour retrouver un élan. Et parce qu'ils savaient que, pour eux, ce mois de juin 2024, ça n'était pas une fin, mais c'était un début, c'était un point de départ, le début d'un long chemin. Trois semaines plus tard, le 7 juillet, nous n'avons pas gagné. Nous n'avons pas gagné ni à Noyon, ni dans le pays. Jamais je n'ai entretenu cette illusion parce qu'elle serait source de désillusion. Nous n'avons pas gagné, mais nous avons évité la défaite. Nous avons évité le pire. Nous avons gagné un sursis, nous avons gagné un répit et il serait temps maintenant que sur sursis, ce répit, nous le mettions à profit.
Tout ça, nous l'avons fait en un mois. Eh bien, cette fois, nous avons deux ans. Deux ans jusqu'en avril 2026. Deux ans pour reprendre le même chemin, reprendre le même bâton de pèlerin. Il nous faut rebâtir cette force. Cette force des parapluies de Montreuil, cette force qui rassemble, qui rassemble communistes, qui rassemble socialistes, écologistes, insoumis, insoumis, insoumis. une vraie force qui rassemble surtout les 100 parties, qui rassemble les sympas sympathisants, une force qui rassemble tous les hommes et les femmes de la bonne volonté qui, sur la pente du pire, ne veulent pas se laisser glisser. Que la force est avec nous. La force vivante, la force...
Ce n'est pas le moment, le moment viendra, mais oui, à cette force, il faudra une incarnation. Ce n'est pas vrai que l'histoire avance sans leader, sans moteur, sans visage et sans nom. Ce n'est pas vrai et encore moins pour cette élection. Le moment venu, je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt avec des « on verra ». Ça fait trois fois que chez moi, l'extrême droite, je la bats et l'oligarchie aussi, nous l'avons vaincue. Oui, la première fortune de France, c'est le premier flic de France qui ensemble se mettent pour nous surveiller, nous espionner durant trois années et à l'arrivée, le bracelet électronique pour l'un, c'est devenu classique, et le ridicule pour l'autre.
Nous avons vaincu l'extrême droite, nous avons vaincu l'extrême argent et toujours avec le même scénario du petit contre le gros, de David contre Goliath. Alors, je mesure ce soir la disproportion. Je mesure la disproportion entre nous ici à Montreuil, quelques centaines, un millier avec dehors, la disproportion avec notre mission. Nous devons, à gauche, desserrer l'étau entre les trop fous et les trop mous, desserrer l'étau entre l'extrême droite et l'extrême arme, entre Trump et Poutine, entre Millet et Netanyahou. Nous devons desserrer l'étau pour qu'il apparaisse un rayon de lumière.
Vous savez, il n'y a pas besoin d'allumer des grands phares, il n'y a pas besoin d'allumer des grands soleils. Parfois, dans un tunnel, quand il y a juste une petite lumière, c'est par là que les gens vont, nous devons rallumer cette lumière. Partons en campagne. Partons en campagne. Dès ce jeudi, je retourne à Yoillon. Je veux voir les 200 volontaires enthousiasmes de ce petit matin. Je veux avec eux qu'on reprenne le chemin, le chemin du terrain. Lundi prochain, je serai à Bouvron, chez mon ami et collègue Jean-Claude Rau, ensuite en Guadeloupe, en Martinique, parce que Bétrave, Canne à sucre, même combat.
Les Iopètes-Calais, de Saint-Denis ici à Saint-Denis à La Réunion, partons en campagne et tous les moyens sont bons. Avec des matchs de foot, avec des karaokés, avec des tournois de pétanque, avec des lotos, partons en campagne. Les centres sociaux, les bistrots, chez vous, élus locaux, nationaux, partons en campagne. Partons en campagne avec une attitude au cœur, transformer la colère en espoir. Portez de la joie, de la joie, de la joie, nous ne vaincrons que par la joie. Comme le disait Henri Lefebvre, c'était un philosophe, il a beaucoup écrit sur la Commune, je cite, « Rien de grand dans notre histoire ne s'est fait sans joie, rien de grand ne s'est fait sans désir.
On fait la révolution d'abord parce qu'on fait une fête. Partons en campagne, faisons la révolution et la fête. » Partons en campagne pour notre France, notre France qui protège, notre France qui partage. Notre France qui protège, notre France qui partage. Voilà notre projet, pardon. Voilà notre projet ! Partons en campagne, qu'on lance des comités, des comités debout, des comités partout, qu'on fasse des ateliers avec toujours sous le coude le petit cahier, notre petit cahier pour noter les paroles, les colères, les rêves des Français. Et je vous propose, à l'été, qu'on se retrouve à Paris ou ailleurs avec vos cahiers de doléances, vos cahiers d'espérance pour des États généraux.
On dira que ça sera notre assemblée debout. Et plus tard, à la rentrée, nous aurons notre équipe de France. Nous aurons une équipe pour notre France. Est-ce que ça vous irait comme calendrier, grosso modo ? Est-ce que ça vous irait ? Je l'ignore, il faut le faire d'abord. Ce soir à Montreuil, nous partons à 500, j'avais mis, mais enfin, on est nettement plus que ça, 1000, 1500. Nous partons à 500 et par un pont en arrivant au port. Donc la pente sera rude, on aura le vent de face, on va ramer, on va en suer, mais ça sera une aventure. Ça sera une aventure. Une aventure, c'est-à-dire qu'on ne sait pas ce qui va advenir et qu'il y aura sur notre chemin un paquet de surprises.
Dans cette aventure, il faudra qu'on se marre comme ce soir, avec des fanfares et de l'espoir. Et la fin, c'est nous qu'on va !
François Ruffin