Sentence de Marine Le Pen : le verdict tombe enfin
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame. Oui, Edith Kasserman, député de l'Aisne, membre d'Identité Liberté, mouvement de Marion Maréchal, apparenté au groupe RN. Comme les élèves qui ont passé le bac, Marine Le Pen sera fixée sur son sort aujourd'hui. Peut-être sera-t-elle recalée par la décision que rendra la Cour d'appel de Paris. Dans une affaire de détournement de fonds du Parlement européen, elle s'était vue infliger en première instance une peine de 5 ans d'inéligibilité avec exécution immédiate.
Si cette peine était confirmée, elle ne pourrait pas se présenter pour la quatrième fois consécutive à l'élection présidentielle. Et en toute logique, ce serait Jordan Bardella qui porterait les couleurs du RN le 18 avril et le 2 mai prochain. Edith Kasserman a à peu près le même âge que Jordan Bardella, 29 ans. Il est député de l'Aisne, membre d'Identité Liberté. Pour s'y retrouver, il faut savoir que c'est le mouvement de Marion Maréchal, apparenté au groupe RN. Ils sont trois dans cette situation, à ne pas être RN 100% si on peut dire.
Il a été élu avec 57% des voix dans la troisième circonscription de l'Aisne, la tirage et le vermandois, le nord du département, qui avait toujours voté socialiste. Jeune mariée, jeune père de famille, il se dit catholique, pratiquant. Bonjour Edith Kasserman. Bonjour Edith Kasserman. Comment appréhendez-vous la décision de l'accord d'appel vers 13h30 ?
Eh bien, sereinement, nous nous espérons et nous attendons ce jugement pour que Marine Le Pen puisse être la candidate tout à fait légitime et naturelle du camp national pour cette élection présidentielle qui s'annonce en 2027. Et pour que Marine Le Pen puisse porter la voix de ces millions de Français qui attendent qu'elle soit leur candidate et leur porte-voix comme elle l'est depuis des années.
Vous savez, si le RN et ses alliés d'identité et de liberté avec Marion Maréchal et de l'UDR avec Rick Schoty et le Rassemblement National avec Jordan Berdala et Marine Le Pen est aujourd'hui au port du pouvoir, c'est justement grâce à Marine Le Pen, grâce à ce combat, cette détermination, cette abnégation, cette résilience dont elle a fait preuve depuis toutes ces années d'engagement dans la vie politique. Et c'est grâce aussi à cette expérience qui lui donne aujourd'hui une stature de femme d'État.
Alors Marine Le Pen aurait pu maintes et maintes fois renoncer dans sa carrière politique au vu de toutes les attaques dont elle a fait face et particulièrement face à ce procès qui lui a été fait injustement et face à tout ce qu'elle a subi. Il y a moins cinq autres personnes concernées. Il aurait pu se dire à quoi bon, à quoi bon continuer. Vous savez, ce à quoi bon qui est ce péché du cœur, comme disait Bernanos. Mais non, Marine Le Pen fait preuve de résilience et parce que Marine Le Pen a la France et les Français chevillés au cœur et donc c'est ce qui l'amènera à continuer ce combat.
Et Marine Le Pen a eu aussi cette intelligence et cette sagesse tout au long de l'année d'anticiper aussi cette décision de justice, d'avoir pour objectif de continuer le combat elle-même, mais aussi de préparer potentiellement l'alternance nécessaire à sa candidature au travers de la candidature tout à fait légitime aussi de Jordan Bardella qui viendrait en relais de Marine Le Pen évidemment défendre les couleurs du camp national. Et Jordan Bardella aura cette responsabilité si Marine Le Pen était déclarée inéligible de rassembler le camp national avec toutes les parties prenantes.
Mais il pourra compter évidemment sur le soutien de Marion Maréchal, l'identité Liberté, tout comme Marine Le Pen pourra compter sur ce soutien lors de cette élection présidentielle, puisque nous faisons face à l'élection présidentielle certainement la plus importante de notre histoire récente, avec des défis majeurs à relever, le défi civilisationnel, le défi de l'immigration massive qui se répand sur notre continent, le défi sécuritaire, le défi économique et du pouvoir d'achat pour les Français. Donc la tâche est lourde, mais en tout cas Marine Le Pen pourra compter sur notre soutien pour relever ce défi.
J'ai oublié de dire, Eddy Gasterman, que vous êtes titulaire d'un bac littéraire, que vous avez fait une CPGE, une classe préparatoire aux grandes écoles, ce qui vous donne peut-être aussi cette facilité aussi peut-être du langage, Eddy Gasterman. Comment vous êtes un nouveau en politique et déjà vous maîtrisez pas mal les codes ? Comment est-ce que vous y êtes fait un peu à ça ?
Je vous remercie du compliment, mais j'ignorais que je maîtrisais les codes. En tout cas, oui, c'est vrai que la formation que j'ai reçue est une formation de qualité, c'est une formation d'humanité qui m'a beaucoup apporté. Du service public ? Non, j'étais dans une école privée, privée catholique, qui s'appelle Notre-Dame de la Paix à Lille, qui m'a beaucoup apporté. Je suis passé aussi par les écoles catholiques tout au long de ma formation. Et c'est peut-être aussi ce qui m'a structuré l'esprit et me donné un sens critique qui est, je pense, déjà la base nécessaire pour pouvoir justement avoir une réflexion politique.
Et puis après, je suis nouveau député, certes, mais engagé dans la vie publique depuis un certain temps, à la fois en tant que militant du camp national et partisan de l'Union des droites. Mais aussi, j'ai été maire adjoint de ma petite commune de 650 habitants, ce qui est une formation qui forge, qui forme et qui... Près de Lille. Près de Lille, exactement. Et qui nous fait apprendre beaucoup de choses de la vie politique. Et je conseille tous ceux qui voudraient s'engager dans la vie politique, dans la vie publique, et je crois beaucoup à la subsidiarité, de s'engager justement dans les plus petites tâches qui sont parfois les plus nobles et celles qui portent le plus d'effet.
Dites-nous, puisque vous étiez aussi collaborateur d'élus au Sénat et à l'Assemblée, me semble-t-il, LR. Donc, vous êtes passé du LR au RN, d'une certaine façon.
On peut dire ça comme ça. Oui, alors...
Qu'est-ce qui a expliqué ce changement ?
Le fait que, justement, je n'ai pas varié en termes de convictions et que j'ai toujours défendu les convictions d'une droite qui ne baissait pas les yeux. Le déclic, ça a été la campagne présidentielle de 2022, lors de laquelle j'ai défendu auprès des Républicains l'idée d'une union des droites, ce qui a été refusé et réfuté par les chapeaux à plumes du parti qui ne voulaient pas, évidemment, entendre parler de cela. Et ça faisait suite à un engagement que j'avais personnellement, justement, pour défendre, parmi les militants de droite, cette idée d'union des droites, qui était assez communément partagée dans la base militante, la base adhérente.
Les personnes engagées défendent cette idée d'union des droites, et particulièrement aujourd'hui. On voit qu'il y a 80% chez LR qui défend cette idée d'union des droites. Et donc, cette défense de cette idée m'a valu d'être exclu de ce parti. On voit un peu l'ouverture d'esprit que font preuve les Républicains aujourd'hui. Et j'ai trouvé sur ma route, surtout, Marion Maréchal, qui, elle, défendait cette idée d'union des droites depuis longtemps. Marion Maréchal, qui a été une figure d'inspiration pour moi, dès son plus jeune âge, puisqu'elle a été élue députée à 22 ans. Elle a toujours défendu haut et fort les couleurs du camp national et de notre beau pays.
Et donc, c'est elle qui m'a inspiré. Et tout naturellement, c'est elle que j'ai rejoint dans la campagne des Européennes en 2024, et avec qui je fais route aujourd'hui pour défendre la France et les Français.
À votre avis, selon la décision qui sera rendue à 13h30, comment réagira le camp républicain, selon qu'il s'agisse de Bruno Retailleau, de Laurent Wauquiez ? Est-ce qu'ils sont plus proches, selon vous, d'Edouard Philippe ? Est-ce qu'ils rallieront plutôt le bloc central ? Ou alors, est-ce qu'ils iront dans le sens de l'union des droites que vous préconisez ?
Alors moi, je distingue, évidemment, les cadres du Parti des Républicains et leurs électeurs. Je pense que les cadres du Parti des Républicains courront toujours après les postes, courront toujours après leur confort personnel et préserver leur responsabilité. On l'a vu d'ailleurs récemment, lorsqu'il s'agissait de voter la censure du gouvernement, les Républicains ont fait une alliance contre nature avec les socialistes pour sauver le gouvernement et surtout sauver leur siège à l'Assemblée nationale. Parce qu'ils savaient que s'il y avait une nouvelle dissolution, ces Républicains disparaîtraient. Et donc, moi, je n'ai plus aucune confiance.
C'est ce qui m'a aussi incité à m'éloigner de ce Parti des Républicains et de rejoindre justement le camp national qui est ferme sur ses convictions.
Mais alors, quel intérêt de l'union des droites dans ce cas ?
Justement, l'union des droites doit se faire, en tout cas l'union des patriotes plus largement, en tout cas avec cet électorat de droite, doit se faire autour des idées, autour des valeurs. Et aujourd'hui, quand on voit que 80% justement des électeurs et des sympathisants, des militants, des Républicains ont des idées communes avec nous et appellent à cette union des droites, moi, j'invite justement à ces électeurs à ne pas s'égarer.
Donc c'est avec les électeurs, pas avec les cadres.
Alors, les cadres qui voudront le rejoindre et qui feront preuve de bonne volonté, il ne faut jamais les écarter. Mais aujourd'hui, peu sont nombreux qui font preuve justement de cette clairvoyance et de cette sincérité dans l'engagement qui leur permettrait de travailler avec nous demain. Mais la porte, en tout cas, est ouverte pour que l'alliance soit la plus large possible puisque le défi est immense et que nous avons un pays à relever. Et je pense que toutes les bonnes volontés, particulièrement venant de droite, sont les bienvenues.
Eddie Kasterman, député de l'Aisne, apparenté RN. Le pape Léon XIV était à Lampedusa. Il a préféré aller à Lampedusa, cimetière de la Méditerranée, exposé aux côtes de l'Afrique et les migrants arrivent en nombre et s'échouent avec le symbole qu'a représenté la présence du pape François au moment où il y est allé il y a déjà quelques années. Quelle est votre réaction ? Comment regardez-vous ce type d'image avec le pape Léon XIV ? Est-ce que vous dites que c'est le rôle d'un pape d'être là, au chevet de la souffrance humaine ?
C'est indéniable que la souffrance humaine existe, mais il faut prévenir cette souffrance humaine. D'ailleurs, le pape a eu une parole qu'on n'avait pas entendue, peut-être, ou moins entendue chez le pape François, mais qui est peut-être assez juste, de prévenir justement aussi, pour éviter la détresse notamment de ces personnes qui passent la Méditerranée, d'amorcer un travail commun entre les pays européens et les pays africains pour prévenir aussi du passage des migrants en Méditerranée et assurer un avenir meilleur pour les Africains dans leur propre pays.
Et c'est tout à fait le but, et c'est ce que nous nous défendons aussi avec Marion Maréchal, avec le parti ECR au niveau européen, des conservateurs et réformistes, le parti de Georgia Meloni, pour prévenir justement de ce débordement migratoire qui occasionne des malheurs humains, de justement protéger nos frontières, nos frontières nationales, nos frontières européennes, et de créer aussi ces hubs en Afrique qui permettront aux migrants...
Donc les hubs, c'est le centre de rétention pour pouvoir expulser...
Alors, il y a à la fois les centres de demande d'accès au continent européen, ce qui permettra de faire un premier filtre, et après il y a aussi les centres de rétention, en effet, qui permettront le renvoi de migrants sur le continent africain.
Eddie Casterman, il nous reste moins d'une minute. Je voulais avoir votre point de vue sur la fin de vie, 15 juillet, c'est le vote définitif à l'Assemblée. Vous avez déjà voté contre, comment voyez-vous cette perspective, très rapidement ?
Je vote, j'ai voté contre, et je continuerai à voter contre jusqu'au bout pour combattre ce texte, puisque ce texte pose une question fondamentale, une question centrale, c'est quelle société voulons-nous, quel principe de civilisation voulons-nous ? Est-ce qu'on veut une société de l'entraide ? Est-ce qu'on veut une société de l'attention à l'autre ? Est-ce qu'on veut une société du soin, du soulagement ? Finalement, une société qui respecte la vie et qui respecte l'autre, ou est-ce que nous voulons une société du chacun pour soi, de l'individualisme roi, de l'abandon et du mépris face à la dépendance, la vulnérabilité et la fragilité ? C'est ce que propose ce texte.
Moi, je pense qu'il y a un principe fondamental qui s'appelle l'interdit de tuer dans notre civilisation européenne. Eh bien, il faut le respecter, et c'est pour ça que je voterai résolument contre ce texte mortifère.
Merci beaucoup. Eddie Casterman, député de l'Aisne, membre d'Identité Liberté, mouvement de Marion Maréchal, apparenté au groupe RN. Et merci Louis Dauphren, l'invité de la matinale est à rentrer en podcast, rcf.fr.
Eddy Casterman