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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 2 avril 2021 11 minAutoproduitFond programmatiqueSantéSolidarités & famille

Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme | Déclaration du Président Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:01OuverteRéponse directe

    Quelle part ces risques psychologiques ont pris dans vos décisions de ne pas reconfiner plus fort ?

  • 13:02OuverteRéponse directe

    Est-ce que le Covid a retardé vos réalisations dans le Plan autisme ou psychiatrique ?

  • 15:03OuverteRéponse directe

    Sur la santé mentale, des soignants critiquent le manque de moyens. Faut-il aller plus loin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « On est passé de 150 à plus de 6 800 en deux ans de temps, 150 par an, maintenant on est à 6 800 repérages et prises en charge par un forfait qu'on a mis en place. »
  • 16:00Emmanuel MacronChiffre
    « On n'a jamais mis 8,5 milliards par an en plus chaque année pendant cinq ans, il n'y a pas de précédent. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup d'être là. Je voulais simplement vous dire deux mots parce que nous sommes évidemment au cœur de cette épidémie du Covid 19 qui se poursuit. J'ai eu l'occasion de m'exprimer il y a deux jours et le Gouvernement a pu maintenant apporter des précisions.

On va continuer d'accompagner cette nouvelle phase, ce qui me permet, alors que nous sommes ici dans un hôpital, de relayer justement une fois mon message de remerciements, d'accompagnement à l'égard de tous nos soignants, et vraiment leur dire à quel point nous sommes derrière eux, à leurs côtés dans cette période, relayer aussi un message très fort pour justement la santé mentale et la pédopsychiatrie et la psychiatrie. Depuis le début de cette épidémie que nous vivons et en particulier, il faut bien le dire, ces derniers mois, on a vu la détresse s'installer, la très grande fatigue qui a parfois révélé, accéléré, aggravé des troubles psychiatriques qui pouvaient préexister ou qui les a déclenchés chez plusieurs de nos concitoyens. On a pu parler de ce sujet déjà pour les plus jeunes.

Je veux dire ici qu'on va compléter les premières mesures qui ont été prises pour justement accompagner nos jeunes sur ce volet-là, mais également lancer un très grand travail pour pouvoir, dans notre pays, répondre aussi aux besoins de la pédopsychiatrie et de la psychiatrie et je souhaite, en sortie de crise, c'est en tout cas ce que j'ai demandé au Premier ministre et au ministre des Solidarités et de la Santé, préparer vraiment une stratégie " santé mentale " pour notre pays qui en a véritablement besoin, au-delà de ce que nous sommes en train de vivre. Mais l'actualité d'aujourd'hui, c'est la Journée nationale pour l'autisme et je tenais absolument à être ici aujourd'hui et à ne rien lâcher de ce combat que nous menons depuis quatre ans sur ce sujet. Je le dis en présence de la Secrétaire d'État et de notre Délégué interministériel à la stratégie, justement pour l'autisme, c'est un immense chantier sur lequel, il faut bien le dire, la France avait historiquement pris du retard en raison de divisions qu'il avait pu y avoir, de controverses qui étaient nées dans notre pays.

Nous devons absolument le rattraper à travers plusieurs combats que nous menons et le premier, qui est à mes yeux le plus important, celui qui a été largement discuté aujourd'hui, c'est celui du repérage, qu'il s'agisse d'ailleurs de l'autisme ou d'autres troubles qui peuvent toucher nos enfants. Du repérage pour pouvoir aider l'enfant, sa famille, et prendre en charge le plus vite possible. Et donc il y a ce petit livre qui a été fait, et je vais vous le montrer parce que c'est le fruit du travail collectif et vraiment bravo, qui permet aux médecins généralistes qu'on a vus là tout à l'heure, aux professionnels, mais en permettant d'inclure justement la famille, le médecin, parfois les assistantes maternelles qui sont des professionnelles, de commencer à repérer et, sous l'autorité du médecin, justement de pouvoir identifier de manière très simple avec quels critères on va voir qu'il y a un problème et ne pas attendre, comme on l'a parfois vu avec certains enfants si vous m'avez suivi, sept ou huit ans pour repérer qu'il y a un trouble, en particulier un trouble du spectre autistique.

Parce que plus on le repère tard, plus c'est dur de le soigner, en tout cas moins on a aidé l'enfant et la famille et surtout on a conduit la famille à beaucoup dépenser parfois, et on a pu le voir. Grâce à cela, on est passé de 150 à plus de 6 800 en deux ans de temps, 150 par an, maintenant on est à 6 800 repérages et prises en charge par un forfait qu'on a mis en place. Ce forfait, il est passé maintenant à deux ans et c'est un forfait, là aussi ce petit guide le montre très bien, qui vous permet de prendre en charge pour la famille ce que la plateforme va décider, c'est-à-dire des professionnels : le kinésithérapeute mais aussi l'ergothérapeute, psychologue, psychomotricienne ou psychomotricien, qui sont des prestations qui peuvent coûter très cher pour une famille.

Ce sont des forfaits qui sont de plusieurs milliers d'euros par an et donc, grâce à la fois au repérage et au forfait, on va pouvoir prendre en charge ça aujourd'hui pendant deux ans mais j'ai demandé qu'on puisse aller plus loin. Et puis on a mis en place ces plateformes qui sont maintenant 63, notre objectif dans les prochains mois est de les porter à 100, plateformes comme celle que vous avez vue ici en Isère, qui est remarquable, qui est un des exemples qui nous a inspiré, il faut bien le dire. Et nous sommes en train de les généraliser partout malgré le Covid.

On a vraiment, là aussi, démultiplié ces plateformes pour les mener à 63 dans le pays et ces plateformes font que, quand vous êtes repéré, votre enfant est repéré, vous êtes accompagné avec des professionnels qui sont en ville et vous allez pouvoir avoir un médecin référent, un kiné, un ergothérapeute, un psychologue pour votre enfant. Ils vont travailler ensemble, se parler et ils vont suivre votre enfant de manière constante, ce qui évite parfois d'attendre trop longtemps, de dépenser beaucoup d'argent et de n'être pris que pour les cas les plus sérieux à l'hôpital. On va poursuivre ce travail.

On va le poursuivre pour nos enfants, pour les familles dans les prochains mois, en continuant cet esprit de coopération et en continuant de développer ces plateformes, en les développant maintenant pour les 7-12 ans et en travaillant pour créer aussi davantage de places dans les structures spécialisées mais surtout en essayant maintenant d'avoir une réflexion sur le parcours de vie. C'est-à-dire que, une fois qu'on est repéré comme ayant un problème, qui peut être un problème d'hyperactivité et qui peut être ce qu'on appelle un " dys ", une dyspraxie, un trouble autistique, on a besoin d'un accompagnement et, plus tôt cet accompagnement est apporté, mieux il est apporté, plus on vous permettra de vivre le plus normalement possible, c'est-à-dire pour l'enfant d'aller à l'école, ensuite d'avoir accès à un métier quand on est adulte. Et ce que je veux vous dire par là, c'est que c'est à la fois ce qu'on doit à nos enfants, c'est une question de dignité, ce qu'on doit à leur famille, mais c'est un formidable investissement pour la société parce que, plus on repère tôt, plus on prend en charge, plus on accompagne, plus on permet justement, ce qui est le coeur de notre stratégie dans cette inclusion, d'éviter que parce qu'on a eu un problème à un moment donné, parce qu'on a une différence qui n'a pas été bien repérée, qui n'est pas prise en charge, on vive à part de la société.

Voilà le coeur de notre stratégie. Est-ce qu'il y a des questions Monsieur Chelsea ? Bonjour, Mathieu Coache de BFMTV.

Vous l'avez souligné, cette année a été particulièrement éprouvante pour les familles d'enfants autistes, pour les enfants autistes. Quelle part ces risques psychologiques ont pris dans vos décisions de ne pas reconfiner plus fort et plus tôt ? Je salue votre tentative de me conduire sur d'autres sujets.

Je tiens vraiment, moi, à ce qu'on reste sur ce sujet. Ce qui est vrai, c'est que dans le premier confinement on avait vu les difficultés quand on interdisait toutes les sorties auprès de nos enfants qui sont en situation de handicap, en particulier les enfants autistes, mais beaucoup d'enfants et de jeunes qui vivent différemment aussi le stress, la peur, qui sentent la peur chez leurs proches. Et donc c'est aussi pour cela qu'on avait, au bout de quelques semaines, aménagé des sorties différentes, plus loin, etc et des dérogations.

Elles sont évidemment maintenues, je tiens à le dire là, mais, vous avez raison, il faut tout prendre en compte. C'est aussi notre santé et les professionnels qui s'occupent de ces enfants, de ces adolescents, de ces adultes, s'occupent aussi de notre santé. Et la vie en société c'est une série d'équilibres, donc tout cela compte et je l'ai aussi pris en compte.

J'ai une question sur le Plan autisme ou plus généralement le Plan psychiatrique que vous avez repris. Est-ce que le Covid a retardé vos réalisations dans ces deux domaines et plus généralement dans le domaine santé puisque cela a été absorbé par la crise sanitaire. Je serais injuste avec cette épidémie si je disais ça aussi vite.

Oui, l'épidémie a ralenti la mise en oeuvre de la stratégie qu'on avait préparée, déclinée et à laquelle on avait donné encore plus d'ambition en février dernier. Malgré cela, je veux saluer l'exceptionnel travail des équipes qui ont réussi sur les 0-6 ans à faire une vraie transformation. Ce qu'on est en train de faire, c'est un changement de paradigme : le repérage précoce, les plateformes, passer de quelques-unes à 63 plateformes, de 150 cas pris en charge à plus de 6 000, c'est une vraie transformation et elle s'est faite en temps de Covid.

Ça nous a un peu freiné pour les 7-12 ans et pour le développement des structures parce que les équipes qui s'occupent aussi de ça ont été au front jours et nuits, parce que ce sont aussi, sur le territoire, les équipes de nos agences régionales de santé, des hôpitaux qui sont aussi impliqués dans l'épidémie, de nos collectivités territoriales qui ont aussi beaucoup donné pour l'épidémie. Ça nous a pris un peu plus de temps. J'avais commencé à lancer un travail sur la santé mentale avant, donc ça n'est pas l'épidémie qui l'a révélé.

Est-ce qu'il nous a retardés, oui et non parce qu'en même temps l'épidémie a rendu encore plus nécessaire ce chantier et donc je crois qu'elle nous conduit aussi à faire des choix parfois plus radicaux, plus forts. Et je crois pouvoir dire aussi que, pour ce qui est de l'hôpital et plus largement de notre système de santé, j'avais pris des décisions et annoncé une stratégie et je crois que l'épidémie a montré que cette stratégie était juste mais qu'elle n'était pas assez rapide et que les investissements n'étaient pas assez massifs. Et c'est ce qui avait conduit il y a quelques mois au Ségur et maintenant à sa mise en oeuvre.

Monsieur le Président, sur la santé mentale justement, on a croisé à l'extérieur de l'hôpital beaucoup de soignants qui nous disent on a du mal à prendre en charge les personnes qui ont des problèmes psychiatriques parce qu'on manque de moyens pour l'hôpital et elles vous tiennent en partie pour responsable. Est-ce que, quand vous entendez cela, vous vous dites qu'il faut encore aller plus loin. Non, il faut mettre en oeuvre ce qu'on a dit.

Mais, vous savez, le sujet de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie dans notre pays vient de très loin et ça fait plusieurs années que c'est un secteur qui est en crise parce qu'on a sous-investi, parce qu'il y a eu aussi, je n'aime pas ce terme mais c'est ainsi qu'on le dit, une perte d'attractivité de ces spécialités. Ce qui fait que par exemple, dans le cas dont nous parlons, où nous sommes, il y a plusieurs postes qui sont budgétés, des budgets, des lois qui sont prévus. Ce n'est pas une question d'argent.

Ils ne sont pas pourvus parce que vous n'avez pas assez de gens qui sont formés ou surtout de gens, même étant formés en fin d'internat, qui choisissent cette spécialité. Et donc, quand je dis qu'on doit faire un grand plan de santé mentale, c'est qu'on doit réinvestir, peut-être aussi repenser notre organisation et redonner de l'attractivité à ces professions parce qu'on en a immensément besoin. J'étais très heureux de voir de jeunes internes qui vont retrouver ces équipes mais, voilà, il faut qu'on redonne de l'attractivité.

Et évidemment c'est, dans le cadre du Ségur, les moyens qu'on se donne, il faut déjà les mettre en oeuvre et les décliner, et ça a commencé depuis quelques mois. C'est réel et c'est historique, on n'a jamais mis 8,5 milliards par an en plus chaque année pendant cinq ans, il n'y a pas de précédent. Mais il faut surtout là, sur quelques spécialités, essayer de reconstruire l'attractivité et les repenser.

C'est ce qu'on va faire. Mais ce qu'ils disent est vrai, pas dans le sens où ce serait d'un manque d'argent, mais dans le sens où ces postes ne sont pas pourvus parce qu'on ne trouve pas des professionnels. Merci.

Merci à vous. Bon courage à toutes et tous en cette période.

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