Louis Aliot : "On ne parle jamais du coût de l'immigration !" (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36FerméeRéponse directe
Ça vous va, ce communiqué ?
- 1:03OuverteRéponse partielle
Comment arrêter la guerre ?
- 1:57OuverteRéponse partielle
Est-ce que la France doit s'engager militairement pour appuyer l'armée israélienne ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Connaître l'état de l'armée française et du budget
- 3:27FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il y a des drapeaux au fronton de la mairie de Perpignan ?
- 4:46OuverteRéponse directe
Déclaration de Jordan Bardella sur la présidentielle anticipée
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« Je crois qu'il contente tout le monde, oui. »
- 0:47Invité politiqueFait
« cette affaire vient du fait qu'il y a un État qui veut rayer de la carte un autre État »
- 2:15Invité politiqueFait
« si Israël était menacé dans son existence par des armes de destruction massives, je pense que la France devrait se tenir prête à leur intervenir. »
- 2:59Invité politiqueFait
« je crois que la France n'a plus les moyens… »
- 3:12Invité politiqueFait
« On a un président qui parle, mais qui est en totale inadéquation avec les moyens qui sont les nôtres. »
- 5:23Invité politiqueFait
« on a un président qui, certes, a été élu, mais qui n'est plus du tout entendu dans son propre pays. »
- 5:33Invité politiqueFait
« Il a un parti politique qui ne le soutient ou qui le soutient modérément »
- 7:55Invité politiqueFait
« notre système démocratique aujourd'hui est vicié avec un président qui n'a plus de légitimité »
- 8:02Invité politiqueFait
« Exemple, les ZFE, où le Parlement vote contre et n'en veut plus. Et M. Macron appelle ses troupes à remettre ce texte-là que les Français ne veulent pas. »
- 10:58Invité politiquePromesse
« Comme la gauche, on demande l'abrogation de la précédente loi qui met l'âge à 64. »
- 11:26Invité politiqueFait
« Nous, on est pour la progressivité et surtout des annuités. Parce que là, je ne veux rien dire. Si vous rentrez à 25 ans sur le marché du travail, eh bien, vous ne partirez pas à 60 ans à la retraite. »
- 11:36Invité politiquePromesse
« Exactement. Et 42 annuités et au prorata de ce que vous avez cotisé. »
- 14:32Invité politiqueFait
« Un étranger qui arrive du jour au lendemain en France aujourd'hui et qui n'a pas de travail, eh bien, est une charge pour la collectivité. »
- 15:04Invité politiqueChiffre
« Si on dit que 10% des gens qui arrivent chez nous viennent dans le cadre d'un travail ou trouvent du travail, ça veut dire que 90% des autres n'en ont pas. »
- 16:16Invité politiqueFait
« notamment l'immigration. »
- 16:47Invité politiqueChiffre
« Et on parle de 20 milliards, sur notamment les économies en matière de budget d'immigration. »
- 20:15Invité politiqueFait
« c'est la loi, mais c'est choquant en soi. »
Temps de parole
- Louis Aliot68 %
- Présentateur32 %
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Notre invité, Louis Alliot, maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement National. Louis Alliot, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Louis Alliot, beaucoup de sujets internationaux. Évidemment, on ne va pas refaire tout ce qui se passe partout dans le monde. Mais la guerre Israël-Iran. Alors G7, G7 Donald Trump a quitté le G7, mais il a signé le Communauté commun des pays qui est membre du G7. Les chefs d'État et de gouvernement appellent à la désescalade tout en affirmant le droit d'Israël à se défendre et en déclarant que l'Iran ne devra jamais pouvoir se doter de l'arme nucléaire. Ça vous va, ce communiqué ?
Je crois qu'il contente tout le monde, oui. Puisque cette affaire vient du fait qu'il y a un État qui veut rayer de la carte un autre État et qui, pour le faire, donne les moyens d'accéder à la bombe atomique, ce que ne veulent pas, évidemment, ce que ne veulent pas les nations du monde. Donc je pense que c'est un communiqué raisonnable, mais je ne sais pas si ce sera suffisant pour arrêter la guerre.
Pour arrêter la guerre ? Alors comment arrêter la guerre ? Comment arrêter la guerre ? En tuant monsieur le guide suprême, Ramenei ? Je ne sais pas, moi.
Écoutez, vous non plus, mais je pense que les grandes puissances mondiales, comme les États-Unis, ont très certainement leur rôle à jouer. Mais je crois que Donald Trump a quitté précipitamment le G7, on ne sait pas pourquoi d'ailleurs.
Non, on ne sait pas pourquoi.
Et il s'est fendu d'ailleurs d'un message contre le président Macron, dont non plus on ne comprend pas très bien ce qui s'est passé.
– Surtout que la Maison-Blanche avait affirmé qu'il avait quitté le G7 pour s'occuper de l'affaire Israël-Iran. Et puis après, le contraire deux heures après.
– Je crois que le monde d'aujourd'hui est dans un profond bouleversement. – Je suis d'accord. – Dans quatre coins de la planète, je crois qu'il n'y a pas une zone de stabilité.
– Est-ce que la France doit s'engager militairement pour appuyer l'armée israélienne ? Offensivement ?
– Offensivement, je ne sais pas. Mais il est évident que si Israël était menacé dans son existence par des armes de destruction massives, je pense que la France devrait se tenir prête à leur intervenir. Je pense qu'elle n'en a pas les moyens, donc l'affaire est réglée. Mais je pense qu'elle serait aux côtés des nations libres.
– Elle est défensive, dit Emmanuel Macron, comme d'ailleurs le Premier ministre britannique et comme le Premier ministre allemand, comme Frédéric Lechancelier allemand.
– Je crois qu'on est dans un instant de profonde, on pourrait dire, réflexion dans les relations internationales dans le monde, avec la place de la Russie aussi, que le président Trump a remis d'ailleurs au goût du jour il y a quelques jours. Mais je pense surtout pour connaître un peu l'état de l'armée française et du budget notamment de l'armée française, que je crois que la France n'a plus les moyens…
– En forte augmentation le budget quand même, Louis Alliand.
– Oui d'accord, mais tellement abîmé que la France n'a plus tout à fait les moyens d'intervenir comme elle croit qu'elle pourrait le faire. Et on a un président qui parle, mais qui est en totale inadéquation avec les moyens qui sont les nôtres.
– Ce n'est pas tout à fait ce que disent les militaires, Louis Alliand, mais bon, ce n'est pas tout à fait ce que disent les militaires. Mais bon, on ne va pas entrer dans ce débat, je ne vais pas entrer dans ce débat, simplement, est-ce qu'il y a des drapeaux au fronton de la mairie de Perpignan ?
– Il y a le drapeau de la ville de Perpignan, avec le Saint-Jean-Baptiste, il y a le drapeau catalan évidemment, et il y a le drapeau français.
– Voilà, c'est tout, ça suffit.
– Oui, ça suffit, et selon les occasions, il peut y avoir des drapeaux pour honorer un événement particulier, comme quand on jumelle la ville de Perpignan avec la ville de Palma de Major, il y a le drapeau mallorquin. Mais sur la façade, effectivement, dans l'hôtel de ville, il y a un, le portrait de Boilem Sansal, dont nous demandons la libération, et nous continuons à soutenir le comité qui demande sa libération. Et il y a surtout le portrait de tous les otages israéliens du Hamas. Voilà. Et tant que le dernier otage ne sera pas libéré, eh bien le panneau sera sur la façade de l'hôtel de ville.
– Ni drapeau palestinien, ni drapeau israélien.
– Ni drapeau palestinien, ni drapeau israélien.
– Je vous dis ça parce qu'il y a des polémiques. On a demandé au maire de Saint-Denis d'ôter, d'enlever le drapeau palestinien. On a demandé au maire de Nice d'enlever le drapeau israélien. Vous ne mettez aucun drapeau.
– J'ai écouté du coup.
– Oui, bon d'accord. – Ça ne nécessite pas que l'on mette un drapeau. – C'est anecdotique. Bien. Vous avez choisi. Louis Alliot, je voudrais revenir sur une déclaration qui m'a un peu surpris. Je vous le dis sincèrement, c'est celle de Jordan Bardella, hier matin. Mais oui, je vous vois sourire, Louis Alliot. – Non, non, non, non, non, mais je vous vois sourire, mais ça m'a un peu surpris. Qu'a-t-il dit ? Seule une élection présidentielle anticipée permettra de sortir par le haut d'une crise démocratique. Et il demande cette élection présidentielle anticipée. Il veut une présidentielle anticipée. Vous aussi.
– Écoutez, on a un président qui, certes, a été élu, mais qui n'est plus du tout entendu dans son propre pays. Il n'y a pas de majorité, il n'a plus de majorité. Il a un parti politique qui ne le soutient ou qui le soutient modérément, mais surtout, il a toute une opinion contre lui. Et donc, on a l'impression que les Français subissent, subissent, subissent. Alors, ils subissent les propos de M. Macron, ils subissent la politique du gouvernement. Et on se demande jusqu'où ça peut aller. Alors que c'est vrai que l'idéal serait que nous repartions aux élections.
– Est-ce que vous demandez ce matin, comme Jordan Bardella, une élection présidentielle anticipée ? – Je pense que ça réglerait le problème. – Vous êtes pour.
– Mais je ne vois pas comment c'est possible au regard du narcissisme du personnage.
– Non, mais d'accord.
– Oui, d'accord, mais c'est important de le dire.
– Non, non, mais d'accord, mais est-ce que vous demandez, comme Bardella, une... Jordan Bardella, j'ai horreur de dire le nom sans le prénom, comme Jordan Bardella, une élection présidentielle anticipée ?
– Écoutez, je ne sais pas s'il a demandé, parce que vous n'avez pas vu la déclaration. – Si, si, si, si, mais moi je vous dis. – Vous me le lisez, et je ne trouve pas ça choquant, et je pense qu'effectivement, ça aurait le mérite de la clarté.
– Marine Le Pen est d'accord pour une présidentielle anticipée, à laquelle elle ne pourrait pas participer d'ailleurs. – Pourquoi elle ne pourrait pas y participer ? – Parce que s'il y a présidentielle avant le jugement, elle ne pourrait pas y participer.
– Écoutez, vous lui poserez la question. – Non, mais d'accord, mais... – Non, mais d'accord, Louis-Léon, mais vous êtes... – Pas du tout, je vous dis politiquement, ce serait la clarification d'une situation qui devient, à mon avis, pour notre démocratie, dangereuse. – Donc vous dites oui, sans Marine Le Pen. – Ah non, je ne dis pas oui, sans Marine Le Pen, je dis...
– Si, à présidentielle anticipée, il n'y a pas Marine Le Pen.
– Dites, dans cette interview, il a dit aussi que Marine Le Pen était la candidate naturelle.
– Oui, d'accord, oui, enfin...
– Ah oui, d'accord.
– Oui, non, mais d'accord, candidière naturelle qui ne peut pas se présenter.
– Moi, je me bats pour que Marine soit candidate à l'élection présidentielle.
– Ça, j'ai compris, c'est pour ça que je vous pose la question. Parce que je sais que vous êtes proche de Marine Le Pen et je sais que vous soutenez Marine Le Pen et que vous espérez que Marine Le Pen sera candidate en 2027.
– Bien sûr, mais comme je ne vois pas M. Macron démissionner dans la semaine ou le mois qui arrive, si vous voulez, je n'ai pas d'inquiétude à ce sujet.
– Est-ce que la déclaration de Jordan Bardella a été faite avec l'accord de Marine Le Pen ?
– Écoutez, je n'en sais rien. Moi, je ne suis pas au milieu de leur discussion. Vous savez, je vis assez loin de Paris, mais j'y viens. – Oui, enfin, vous êtes vice-président du Rassemblement national, quand même. – J'y viens toutes les semaines, mais après, il y a des logiques politiques. La candidate naturelle, c'est évidemment Marine Le Pen. Mais très honnêtement, notre système démocratique aujourd'hui est vicié avec un président qui n'a plus de légitimité, mais qui veut se mêler de tout. Exemple, les ZFE, où le Parlement vote contre et n'en veut plus. Et M. Macron appelle ses troupes à remettre ce texte-là que les Français ne veulent pas.
– Oui, mais vous partez sur un autre terrain. On aura l'occasion d'en parler, Louis Alliot. Mais moi, je voudrais clarifier les choses. Parce que, notamment, les militants, notamment, mais pas que les militants, les sympathisants du Rassemblement national ont envie de savoir. Exactement, vous, vous soutenez Marine Le Pen, c'est clair. C'est clair. Est-ce que Jordan Bardella est le successeur naturel de Marine Le Pen ? Je vous le dis. Je vous pose la question.
– Je crois que Marine a été suffisamment claire sur le sujet. Si elle était empêchée dans sa candidature à la présidence, le candidat naturel derrière Marine serait Bardella. – Pas vous. – Pour l'instant, ce n'est pas le… – Pas vous ? – Non, pas moi. Je veux dire… – Pas vous, non. Vous ne serez jamais candidat à la présidence de la République. – Moi, je suis aujourd'hui engagé dans ma ville. Je compte y rester et continuer à jouer mon rôle à l'échelle nationale parce que je pense que j'ai aussi des idées à défendre au sein de mon mouvement. Voilà.
– Bon. Donc, c'est clair. Pas vous. Pas candidat à la présidentielle. – Non. – On est bien d'accord. Bon. J'ai lu aussi ce qu'avait déclaré Jean-Philippe Tanguillon. Parle beaucoup, Rassemblement national.
– Vous me faites l'abécédaire de toutes les déclarations. – C'est pas moi. C'est pas moi qui l'exprime. – Oui, je ne sais rien, moi.
– C'est pas moi qui l'exprime. Alors, que dit Tanguy ? Jean-Philippe Tanguy. François Bayrou est toujours à Matignon parce qu'il s'entend bien avec Marine Le Pen. Relation personnelle. C'est vrai, ça ?
– Mais disons qu'il est d'une grande courtoisie et d'une certaine transparence. Quand il y a un problème, eh bien, il consulte. Il ne consulte pas que Marine Le Pen. Il consulte aussi les autres. Ce qui est d'ailleurs sa marque de fabrique par rapport à M. Barnier. Mais je pense qu'au final, quand même, il y aura quand même un problème avec son budget parce que son budget n'est ni fait ni à faire. Et qu'au final, il risquera quand même la censure, y compris des députés du Rassemblement national.
– Voilà. La censure, c'est sur le budget.
– Ça paraît évident aujourd'hui. – Oui. – Il y a des textes qui sont de nature à pouvoir arriver au bout. Le statut de l'élu, celui sur le narcotrafic est arrivé. Il y en aura d'autres. Sur le budget, très honnêtement, en entendant les déclarations d'un certain nombre de ministres, je ne vois pas comment ça pourrait passer.
– Bon. Donc, le RN est prêt à censurer sur le budget. On est bien d'accord.
– On l'a toujours dit, vous savez.
– Donc, censure, ça veut dire peut-être dissolution.
– Oui.
Ça, on en est moins sûr. On regarde ce que le président de la République laisse filtrer. Mais en tout cas, on verra la suite. Vous savez, les possibilités sont multiples. Le président peut renommer François Mérou. Il peut renommer n'importe qui.
– Oui. Louis Alliot, parlons du conclave des retraites. Puisque, apparemment, il y aurait une conclusion aujourd'hui. Je me méfie. Je me méfie. Vous aussi, j'imagine. Alors, est-ce que, comme la gauche, vous demandez le retour de l'âge légal à 62 ans ?
– Comme la gauche, on demande l'abrogation de la précédente loi qui met l'âge à 64. – Voilà. – Donc, il y a un retour à combien ? À 62 ? – 62, mais on défend… – Comme la gauche. – Oui, non. – Comme la gauche socialiste. – Non, il y a deux projets. Il y a celui qui veut la retraite à 65 ans, qui veulent, pardon, et puis il y a la gauche qui veut la retraite à 60 ans. – Non, non, les socialistes, c'est à 62. – Oui, mais les socialistes ne sont pas seuls à gauche. Nous, on est pour la progressivité et surtout des annuités. Parce que là, je ne veux rien dire. Si vous rentrez à 25 ans sur le marché du travail, eh bien, vous ne partirez pas à 60 ans à la retraite.
– Vous proposez 42 années, 42 annuités.
– Exactement. Et 42 annuités et au prorata de ce que vous avez cotisé. Ce qui n'est pas quand même la même chose que ce que l'on peut entendre sur un certain nombre de canaux d'information.
– Donc, pas de part de capitalisation.
– On peut imaginer, pour celles et ceux qui le veulent, une part de capitalisation, mais qui n'est pas… – Je vous dis ça parce que la droite le propose. – Oui, mais qui n'entame pas, justement, le principe des 42 annuités et du départ pour ceux qui ont commencé à travailler avant l'âge de 20 ans et après l'âge de 20 ans.
– Je vous dis ça parce que votre allié, Eric Ciotti, propose la capitalisation.
– Je l'ai entendu ce matin, d'ailleurs, le proposer. Écoutez, on en discute d'ailleurs entre nous, mais ce qu'il a dit est vrai. Il a dit, mais mon système n'empêche pas la coexistence avec le système qui est proposé par le Rassemblement national.
– Bien. Une prime pour maintenir les seniors en emploi ?
– Ça, je dois dire que c'est un peu gadget de la part de M. Béroud, car le problème de la retraite et de l'emploi en France, c'est le sous-emploi des jeunes et pas le sur-emploi des seniors. – On est en retard aussi sur l'emploi des seniors. – Mais on devrait s'occuper surtout du sous-emploi des jeunes et de la manière de mettre en adéquation le marché du travail avec les formations, parce qu'il y a quand même un grand flou artistique. Et moi, je le vois dans mon département, vous avez eu 10 000 offres d'emploi qui ne sont pas pourvues. Et si elles ne sont pas pourvues, souvent, c'est parce qu'en France, il n'y a pas les formations nécessaires.
– La pénibilité, j'ai vu la demande de la CFDT, c'est la CFDT qui se bat sur le sujet pénibilité. La pénibilité, permettre de partir à la retraite plus tôt pour celles et ceux qui ont exercé un travail pénible. Là, vous êtes en accord avec ça ?
– Oui, on sera attentif à ces questions-là, parce qu'effectivement, sur un certain nombre de métiers en tension et difficiles, je pense qu'un aménagement, effectivement, de ces cas précis pourrait avoir notre soutien.
– Louis Alliot, est-ce que le régime de retraite de base, le régime de la sécurité sociale, doit être géré par les partenaires sociaux ? – Je vous dis ça parce que l'Agir Carcom, parce que c'est un débat qui est ouvert. L'Agir Carcom, les retraites complémentaires, sont gérées par les partenaires sociaux et bien gérées. Et bien gérées. Alors est-ce que le régime de la sécurité sociale doit être géré par les partenaires sociaux ?
– Écoutez, je ne suis pas un spécialiste de la question, mais le système actuel à la sécurité sociale, j'allais dire, mérite peut-être une plus grande transparence dans sa gestion, mais peut-être pas une révolution, car c'est un acquis. Et en revanche, je pense que l'équilibre pourrait être trouvé par un certain nombre aussi d'économies ailleurs. C'est ce qu'on a toujours dit, mais qui n'est jamais mis en application. On demande toujours systématiquement des efforts au même. Les retraités, notamment les petites retraites, mais peut-être faudrait-il aller chercher de l'argent ailleurs. Moi, je n'entends jamais parler d'immigration, de coûts de l'immigration, qu'on le veuille ou non.
Un étranger qui arrive du jour au lendemain en France aujourd'hui et qui n'a pas de travail, eh bien, est une charge pour la collectivité. Combien sont-ils dans ce cas-là ? Système de santé, système éducatif, système social ?
– Ceux qui ont un travail ne sont pas une charge pour la collectivité. – Donc ils doivent bénéficier des mêmes droits sociaux
que les Français qui, eux, travaillent aussi. – Et ceux-là, ils bénéficient déjà des mêmes droits ou pratiquement des mêmes droits. – C'est logique. – Oui, c'est logique. Le problème, ce sont les autres. Combien sont-ils à venir chez nous à ne pas travailler ? Le résultat, en général, est simple. Si on dit que 10% des gens qui arrivent chez nous viennent dans le cadre d'un travail ou trouvent du travail, ça veut dire que 90% des autres n'en ont pas. Et ceux-là, ils sont à la charge de la collectivité. Et ça, ça pèse sur les comptes publics à tous les niveaux.
Et le maire que je suis peut témoigner des situations difficiles, socialement difficiles, d'un certain nombre de familles qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois, alors que par des prestations sociales, d'autres arrivent à vivre, j'allais dire, plus décemment.
– On touche des prestations sociales lorsqu'on travaille,
lorsqu'on cotise. – Oui, quand on a des minima sociaux. – Louis Alliot. – Quand on a des minima sociaux, oui. – Oui, c'est logique, d'ailleurs. – Oui, c'est logique, mais… – Qu'on soit étranger ou français, d'ailleurs. – Ça crée quand même, ça crée une inégalité, que vous le vouliez ou non. Et les Français n'en peuvent plus et n'en veulent plus, surtout.
– Bien, la règle d'or des 3%, j'ai vu que vous étiez en train de… Ben, c'est Jean-Philippe Tanguy, encore, décidément. Ce Tanguy, on le voit, on l'entend partout. Jean-Philippe Tanguy, règle d'or des 3%, ça y est. Vous avez changé de politique, là.
– Non, on peut l'appliquer si, en contrepartie, il y a les efforts nécessaires à des économies substantielles sur des domaines que le gouvernement, aujourd'hui, ne veut pas regarder. Mais notamment l'immigration.
– Oui, enfin donc, est-ce que vous voulez l'inscrire dans la Constitution, cette règle d'or des 3% ?
– Moi, je n'y suis pas favorable, on peut la tenir, parce que budgétairement parlant, ça a un sens de dire on fait des efforts pour contenir le déficit, mais si on fait ces efforts-là, il faut qu'en contrepartie, il y ait une politique absolument claire, précise, et surtout qui taille dans des dépenses qu'aujourd'hui ne devrait pas connaître la France, et notamment le budget de la France. Et on parle de 20 milliards, sur notamment les économies en matière de budget d'immigration.
– Oui, alors 3% de déficit, il faut expliquer, c'est le budget, c'est Maastricht, dont vous rangez finalement.
– On l'a dépassé depuis, je vous signale, depuis que la règle a été fixée, on l'a toujours dépassé.
– Mais maintenant en Europe, beaucoup de pays la dépassent.
– Mais vous savez, nous, quant aux règles des collectivités, on n'a pas le droit, on est obligé de voter des budgets à l'équilibre, alors que l'État, lui, il peut emprunter, etc., et endetter comme il le veut. Donc peut-être, effectivement, il faut mettre tout le monde au même niveau de rigueur budgétaire, et contraindre l'État à respecter les règles. – Donc, peut-être dans la Constitution. – Oui, ou les électeurs, peut-être un jour ou l'autre, il faudra qu'ils fassent un autre choix. Parce que s'ils continuent à mettre au pouvoir, une fois la gauche, une fois la droite, une fois la gauche, une fois la droite, eh bien ils auront systématiquement la même politique.
– Mais vous êtes la droite, vous.
Vous n'êtes pas l'extrême droite, vous ne voulez pas entendre ça. – Exactement. – Mais on est autre chose. Parce que la droite, aujourd'hui, on ne sait pas très bien où elle est. Elle est avec M. Bayrou, et elle gouverne avec M. Macron. – Non, elle est comme M. Retailleau, la droite. – Eh bien elle gouverne avec M. Bayrou et M. Macron. – M. Retailleau, vous le pensez de droite ? – Je pense qu'il parle comme un homme de droite, mais qu'il agit comme un homme du centre.
– Oui. – Voilà. – Pourquoi dit-on de Marine Le Pen, souvent, qu'elle est une femme de gauche ?
– Parce que je pense que c'est pour nuire à sa stature politique.
– Vous pensez ?
– Et que ses préoccupations sociales gênent un certain nombre de leaders politiques.
– Gênent aussi peut-être un certain nombre de sympathisants du RN, non ? – Je dis ça parce qu'on la considère comme souverainiste et anti-système, elle est souverainiste, on est d'accord ? Elle est anti-système, on est d'accord ? – Oui, bien sûr, oui. – Oui, mais elle n'est pas identitaire.
– Elle n'est pas identitaire. – Et elle n'est pas libérale. – Elle n'est pas libérale en ce sens qu'il y a quand même un vote populaire important, et que ce vote populaire est assis sur des masses, on va dire, qui sont des Français qui ont du mal à boucler les fins de mois, qui ont du mal à trouver du travail, qui ont du mal à payer leur loyer. Et ces gens-là, eux, se moquent pas mal de savoir s'ils sont à droite ou à gauche, ce qu'ils veulent, c'est vivre dans leur pays. C'est pour ça que la catégorisation entre droite et gauche aujourd'hui, à mon avis, n'a plus aucun sens. D'ailleurs, la gauche gouverne avec la droite.
– Vous la faites un peu.
– Et inversement, en revanche, il y a souverainiste, et puis mondialiste ou européiste. – Et libéral. – Libéral, ça veut tout dire et bien dire. – Oui, c'est Jordan Bardella, qui revendique. – Oui, enfin, on n'est plus libéraux que communistes, quand même. Il faut quand même clarifier les choses. Mais on n'est pas non plus ultra-libéraux, en ce sens que nous pensons qu'il faut une intervention dans le système économique pour réguler, en quelque sorte, les inégalités. – Quelques mots sur Perpignan. Les problèmes d'eau, c'est réglé ? – Le problème d'eau est enfin réglé après 24 heures. – Oui. – Et une fuite particulièrement difficile à détecter.
– Oui, à détecter. Le problème de sécheresse, ça, c'est pas réglé.
– Non, malheureusement, mais on est quand même, on s'en sort mieux que les autres années. Donc, on peut dire, les nappes recommencent à se remplir. Et on espère avoir un été à peu près normal.
– Bien. Dernier mot, la Légion d'honneur retirée à Nicolas Sarkozy sur décision du Grand Chancelier. Juste décision, après la condamnation de Nicolas Sarkozy pour corruption ?
– Écoutez, c'est la loi, mais c'est choquant en soi. Moi, je trouve que c'est choquant. Il est président de la République. On devrait... Il a été. Il a servi son pays au niveau le plus élevé de la hiérarchie institutionnelle. Et je trouve que c'est... Voilà. C'est peut-être plus adapté autant que nous vivons.
– Est-ce qu'on doit retirer la Légion d'honneur à Vladimir Poutine ?
– Mais voilà un exemple. – Non, mais je vous pose la question. – Est-ce qu'il fallait la lui donner ? – Oui. – Cette Légion d'honneur, si vous voulez, elle est décernée, j'allais dire, à tout le monde, pratiquement. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, beaucoup de gens, d'ailleurs, n'ont plus le même respect qu'ils pouvaient avoir. Moi, j'ai beaucoup de respect pour l'ordre de la Légion d'honneur et les gens qui ont la Légion d'honneur. Mais vous côtoyez des gens au parcours tellement inégaux que, très honnêtement, ça ne veut plus rien dire. Et de ce point de vue-là, c'est bien dommage qu'on ait, finalement, un peu banalisé l'octroi de cette Légion d'honneur, surtout aux amis politiques.
Vous regarderez, Roussaint-Manchon, il n'y en a pas beaucoup qui ont la Légion d'honneur. Légion d'honneur.
Louis Aliot