L’interview de 18h. Carole Delga, PS
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Populaire Occitane, accélérateur de projet, vous présente l'interview Objective News de 18h. Bonsoir à tous, merci de nous rejoindre sur Objective News.tv. Nous sommes avec Carole Delga. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes député PS de la 8e circonscription de la Haute-Garonne depuis juin dernier. A l'Assemblée, vous êtes membre de la Commission des finances. Et puis, vous avez récemment été nommé aussi secrétaire national au logement et à l'égalité des territoires par Arlem Désir. Beaucoup de dossiers, j'imagine, sur votre bureau en ce moment.
Alors, il y a notamment le projet de loi sur l'école, le logement, également la question de la décentralisation de la future loi portée par Mérélise Lebranchu. Sur tous ces dispositifs, vous êtes en action en ce moment. Sur l'école, peut-être. Alors, commençons, puisque vous êtes par ailleurs maire en Haute-Garonne. Quels sont les dispositifs qui posent problème aujourd'hui et sur lesquels vous travaillez ?
Alors, la loi de la refondation de l'école est vraiment un point essentiel pour l'avenir de la France. Et nous avons plusieurs aspects qui sont traités dans le cadre de cette loi. Ce qui concerne tout particulièrement les maires, ma circonscription du commun, j'ai du savais, c'est 284 communes. Et puis, je suis maire de Martre-Tolozanne. C'est, bien sûr, la réforme du rythme scolaire et le passage à la semaine de 4 jours et demi dès septembre 2013.
Avec une problématique qui est celle de la répartition des rythmes scolaires et de la possibilité pour les communes de financer, finalement, ces dispositifs.
Tout à fait. Quel est votre point de vue ? Mon point de vue, c'est qu'il faut vraiment mettre en place cette semaine de 4 jours et demi dès la rentrée 2013, car on doit privilégier l'intérêt de l'enfant. On voit clairement que sur 4 jours, les enfants s'épuisent. Ils ont des journées beaucoup trop chargées. Nous sommes le seul pays d'Europe à avoir un aussi grand nombre d'heures dans la journée et aussi peu de jours d'école sur l'année. Nous devons vraiment réfléchir, et Vincent Péion a initié toute cette réflexion, sur une nouvelle méthode d'éducation, aussi d'autres modalités pédagogiques.
Et un point essentiel, c'est d'alléger les journées de nos enfants pour qu'ils soient plus performants dans l'acquisition des compétences et qu'ils trouvent aussi mieux leur place dans l'école. C'est ainsi qu'on arrivera à réduire l'échec scolaire. Donc, 1er septembre 2013, un objectif. Des aides de la part du gouvernement, significatives. Tout d'abord, 50 euros par enfant pour toutes les communes qui mettront en place cette rentrée scolaire sur 4 jours et demi dès 2013. Plus 40 euros pour les communes qui ont des difficultés financières, c'est-à-dire celles qui sont éligibles à la dotation de solidarité urbaine ou rurale.
Et puis également, une réflexion sur les taux d'encadrement, sur l'accueil de loisirs de nos communes. Nous avons des taux d'encadrement qui sont quand même un peu élevés. On pourrait, tout en maintenant, bien sûr, une sécurité pour nos enfants, avoir un peu plus de souplesse dans l'encadrement et donc offrir un accueil de loisirs qui commencerait un peu plus tôt qu'à aujourd'hui, mais sachant que le mercredi matin ne serait plus une matinée pour le centre de loisirs, mais pour l'école.
Est-ce que vous pensez que ces incitations financières vont justement inciter les communes à passer à ce nouveau rythme ?
Je pense que ces incitations financières vont conforter les communes dans leur choix d'aller vers 4 jours et demi. De nombreux mères sont vraiment conscients des difficultés que pose cette organisation sur 4 jours, de la fatigue des enfants, de la difficulté qu'ont les enseignants à pouvoir maîtriser des jeunes enfants jusqu'au bout de la journée, c'est-à-dire 17 heures, et d'avoir une aide financière, cela va les rassurer. Le contexte économique n'est pas simple, le contexte budgétaire est complexe, donc c'est un grand geste quand même de la part du gouvernement. Oui, la jeunesse est bien la priorité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault.
Alors, justement, pour ce qui concerne les finances locales, il en est évidemment question dans la future organisation de la décentralisation et la répartition des compétences entre les différentes collectivités. Qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui sur ce qui a été décidé et sur ce qui reste statué finalement ?
Nous sommes dans une période, bien sûr, de concertation, donc aujourd'hui il y a quelques projets qui sont présentés aux différentes associations de représentants des élus locaux. Mais ce que nous souhaitons, c'est qu'il y ait une clarification dans les compétences entre les différents niveaux, que sont la région, le département, les communes, l'intercommunalité, la métropole. Là aussi, c'est à prendre en compte. Ce qui est maintenant acté, c'est qu'il n'y aura plus de conseiller territorial, c'est-à-dire qu'il y aura bien un élu pour le département et un élu pour la région. Les compétences sont très différentes.
Le département, bien sûr, continuera à exercer ses missions de proximité, tant au niveau de la solidarité que, par exemple, au niveau de l'aménagement du territoire. La région sera certainement renforcée dans une vocation économique et il faudra aussi donner des moyens à l'intercommunalité pour qu'il y ait une solidarité, tout en laissant une place forte à la commune, qui est la base républicaine de notre organisation institutionnelle. Donc finalement, il n'y aura pas énormément de changements ?
Il n'y aura pas énormément de changements, ça ne va pas être un bouleversement, mais il y aura vraiment des évolutions fortes sur le positionnement de ces institutions et sur, en fait, une volonté de donner les moyens et d'avoir un partenariat entre l'État et les collectivités locales. Nous allons re-rentrer dans une phase de contractualisation, dans une phase de complémentarité et non pas, ce qui a pu se passer durant les précédentes années, malheureusement, dans une défiance complète des collectivités locales qui étaient taxées de tous les maux, en particulier d'être dépensières, ce qui est absolument faux.
Et là, maintenant, nous allons pouvoir reconstruire le pays en ayant un État fort, un État régalien, mais des collectivités locales qui puissent avoir des marges de manœuvre, des capacités d'initiative et avoir des vocations fortes et identifiées.
François Hollande a très récemment encore perdu quatre mois de popularité. C'est un des niveaux assez historiques d'impopularité, seulement quelques mois après son élection. Quelle est votre analyse ?
L'analyse, il faut prendre en compte ce mécontentement de la part de nos concitoyens, mais la situation est grave. Le budget de la France est dans un État catastrophique. Il y a un taux d'endettement qui est très élevé. Et je peux comprendre l'impatience des Françaises et des Français d'entendre que des impôts vont augmenter, sachant qu'en même, il faut bien le rappeler, et ils le verront, ces impôts vont concerner les plus aisés. Voilà, avoir parlé d'impôts supplémentaires, et en même temps, ils voient une progression, la pouvoir d'achat qui est limitée. Nous avons augmenté l'allocation de rentrée scolaire de 25%.
Il y a un dispositif qui sera plus juste au niveau fiscal, mais les retombées immédiates ne sont pas là. Donc c'est un effort qui s'inscrit dans la durée. C'est difficile à expliquer. Nous devons améliorer notre communication. Et nous aurons le bénéfice de ces mesures, de ce redressement de la France, d'ici un ou deux ans. C'est vrai que c'est difficile à entendre. C'est complexe à assumer avec un taux de chômage qui augmente. Il faut quand même rappeler que de nombreux licenciements avaient été retardés par le précédent gouvernement pour des causes électorales. Et là, nous avons depuis six mois un défilé. Mais le ministère du Retrassement Productif, il prend tout sa place.
Et j'espère que d'ici les prochains mois, nous allons arriver à retrouver le chemin de la croissance.
Donc un remaniement n'est pas forcément souhaitable ?
Je pense qu'un remaniement, à ce jour, n'est pas souhaitable. Mais c'est mon humble opinion.
Vous travaillez également beaucoup sur la question du logement. Avec la future loi cadre sur le logement, quelles sont les dispositions qui seront envisagées ?
La future loi cadre sur le logement, c'est bien sûr pour avoir un habitat digne pour tous et pour tous. On a un gros problème sur l'accès au logement dans notre pays. Il manque des logements, des logements qui soient salubres, des logements aussi qui permettent à nos jeunes d'avoir une stabilité vis-à-vis de l'emploi et aussi une émancipation sociale. Nous allons travailler avec le ministère de Cécile Duflo sur des sujets tels que l'urbanisme et le logement. Où construit-on ? Comment favorise-t-on la maixité sociale ? Réfléchir aux documents d'urbanisme et au logement.
Aussi, aux relations entre les bailleurs et les locataires, sécuriser cette relation, encadrer aussi l'augmentation des loyers, puisqu'on a une évolution des loyers ces dernières années qui a été très forte. En moyenne, ils ont quasiment doublé au niveau national. Et nous devons aussi travailler sur la production de logements, les relations avec les organismes privés et publics.
Est-ce que vous êtes inquiet par la montée du chômage ? Est-ce que vous pensez, comme beaucoup, que 2013 va être très difficile à vivre pour les Français ?
Je suis bien sûr inquiète par la montée du chômage. Je préférerais que mon pays ait une autre situation économique et une autre situation budgétaire. Mais nous sommes là, les socialistes, pragmatiques et volontaires. Donc nous avons des espoirs pour ce pays-là. 2013 sera une année certainement compliquée. Mais nous devons donner le message qu'il y aura plus de justice, plus de solidarité. Par exemple, l'effort qui est fait au niveau de l'éducation nationale, avec plus de postes, avec la création aussi des écoles supérieures de professorat et d'éducation, c'est cela préparer l'avenir.
C'est pouvoir bénéficier de jeunes qui soient formés, qui soient en adéquation avec les besoins du marché de l'emploi. Cela va prendre du temps. Il va falloir qu'on soit constant dans l'effort, mais toujours déterminés et volontaires. Merci, Carole Delga. Merci à vous.
Occitan, accélérateur de projet, vous a présenté l'interview Objective News de 18h.
Carole Delga