François Bayrou dévoile son équipe : entre défis et retours marquants. Décryptage d'Arnaud Benedetti
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On va en parler avec notre invité ce matin, Arnaud Benedetti. Bonjour.
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Est-ce qu'on prend les mêmes et on recommence ?
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Il y a beaucoup de continuité, en effet, dans ce nouveau gouvernement, même s'il y a quelques changements.
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Et évidemment, un retour un peu plus surprise, celui de Manuel Valls, l'ancien premier ministre de François Hollande, qui est fait ministre d'État, aux Outre-mer, ce qui montre que, vraisemblablement, le chef du gouvernement souhaite traiter cette question des Outre-mer.
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On se pose la question de savoir à quoi cela sert, si on prend les mêmes pour recommencer.
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Qu'est-ce qui change véritablement avec ce nouveau gouvernement ?
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« Tout juste nommé à Bercy, il a appelé à traiter notre mal endémique, le déficit, qui devrait culminer au-dessus de 6% cette année. »
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« 19 membres du gouvernement sont des ministres du précédent gouvernement, sur 35 ministres, plus de la moitié. »
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« comment peut-il éviter une motion de censure avec un gouvernement qui n'en demeure pas moins, un gouvernement minoritaire, ce qui est une première sous la Ve République »
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« aujourd'hui, il dispose d'un socle parlementaire d'à peu près 220 députés. Vous avez plus de 330 députés qui, potentiellement, peuvent voter et qui peuvent continuer à voter la censure. »
- 11:40PrésentateurFait
« La priorité des priorités, c'est d'abord d'avoir un budget. »
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« il faut aujourd'hui, en effet, corriger ce budget et avoir un budget qui soit à la mesure de l'épreuve du déficit et des dérapages de déficit que la France a connus ces derniers mois. »
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« Notamment la renégociation de l'âge de départ à la retraite, à l'exception, en effet, peut-être des professions qui sont les professions les plus difficiles »
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C'est le cadeau de Noël avant l'heure. Le gouvernement de François Béroud a été présenté hier soir. Les ministres prennent aujourd'hui leur fonction avec un objectif pour le chef du gouvernement, éviter la censure. Un gouvernement aux airs de déjà-vu avec deux ex-premiers ministres, Elisabeth Borne nommée à l'éducation, Manuel Valls aux Outre-mer, un revenant, Gérald Darmanin, qui a été nommé, lui, au ministère de la Justice. La stache s'annonce délicate pour cette nouvelle équipe gouvernementale, en particulier pour le ministre de l'Économie, Éric Lambard. Tout juste nommé à Bercy, il a appelé à traiter notre mal endémique, le déficit, qui devrait culminer au-dessus de 6% cette année.
On va en parler avec notre invité ce matin, Arnaud Benedetti. Bonjour.
Bonjour à vous.
Merci d'être avec nous, rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire, professeur associé à l'université Paris-Sorbonne, essayiste et spécialiste de la communication politique. François Béroud qualifie son équipe de collectif d'expérience pour réconcilier et renouer la confiance avec tous les Français. 19 membres du gouvernement sont des ministres du précédent gouvernement, sur 35 ministres, plus de la moitié. Donc parmi eux, Elisabeth Borne, Manuel Valls, Gérald Darmanin, Arnaud Benedetti. Est-ce qu'on prend les mêmes et on recommence ?
Il y a beaucoup de continuité, en effet, dans ce nouveau gouvernement, même s'il y a quelques changements. Il y a surtout des retours, des retours de figures politiques qui disposent indéniablement d'une notoriété, d'une expérience gouvernementale, avec notamment deux anciens premiers ministres, Mme Borne d'ailleurs, qui était, il faut le rappeler, première ministre encore en début d'année 2024.
Et évidemment, un retour un peu plus surprise, celui de Manuel Valls, l'ancien premier ministre de François Hollande, qui est fait ministre d'État, aux Outre-mer, ce qui montre que, vraisemblablement, le chef du gouvernement souhaite traiter cette question des Outre-mer, Mayotte évidemment, mais pas seulement, également la Nouvelle-Calédonie, au plus haut niveau. Néanmoins, il n'en demeure pas moins qu'il y a un parfum de déjà-vu avec ce gouvernement Beyrou 1, parce qu'en effet, vous l'avez noté...
C'est ça, c'est un gouvernement qui ressemble à s'y méprendre au dernier gouvernement, au gouvernement de Michel Barnier. On se pose la question de savoir à quoi cela sert, si on prend les mêmes pour recommencer.
Non, mais de toute façon, si vous voulez, on discute d'un casting depuis maintenant quelques heures, depuis l'annonce de ce nouveau gouvernement. Mais le problème de fond reste tout à fait le même, puisque, in fine, François Beyrou, qui avait certainement promu sa candidature de Premier ministre comme étant une candidature susceptible d'élargir la base parlementaire dont disposait Michel Barnier, son prédécesseur, n'y est pas parvenu. Il aurait fallu, pour ce faire, qu'il puisse, quelque part, exfiltrer une partie des composantes du nouveau Front populaire et créer une coalition allant de LR jusqu'à une partie de la gauche, ce qu'il n'a pas, en effet, réussi à mettre en place.
Donc, dès lors, il se retrouve dans une situation qui est tout à fait identique à celle de son prédécesseur. Et l'équation à laquelle il est confronté reste tout à fait la même, c'est-à-dire, comment peut-il éviter une motion de censure avec un gouvernement qui n'en demeure pas moins, un gouvernement minoritaire, ce qui est une première sous la Ve République, dont ce vice originel, ce nœud gordien, plutôt, est-il capable de le trancher ? On verra dans les prochains jours. Mais en tout cas, ce n'est certainement pas l'équipe gouvernementale qui est aujourd'hui mise en place qui peut assurer qu'il y parviendra.
Alors, c'est un gouvernement plutôt centre-droit, on va dire. Certaines figures à droite, comme Xavier Bertrand, ne sont pas entrées dans ce gouvernement de François Béroux. Qu'est-ce qui change véritablement avec ce nouveau gouvernement ? Mise à part les personnalités qu'on est allé chercher dans le passé, on va y revenir dans quelques instants, Qu'est-ce qui change véritablement, là, avec ce nouveau gouvernement ?
On voit qu'il y a surtout un effet, j'allais dire, d'affichage et de communication politique. C'est-à-dire qu'on est allé chercher des profils qui sont censés, qui sont crédités d'une solide expérience, pour compenser, justement, l'incapacité qui a été celle, d'ailleurs pour des raisons, encore une fois, structurelles, de pouvoir élargir la base parlementaire. Après, ce qui change, finalement, j'allais dire, ce qui change, ce n'est pas forcément quelque chose qui change de manière très positive. Parce que la réalité, c'est que François Béroux est un Premier ministre issu du bloc macroniste, alors qu'au moins, Michel Barnier était un Premier ministre issu d'une formation d'opposition.
Donc, facialement, ça a montré qu'on essayait d'élargir le socle gouvernemental. Et ce qu'on note, malgré tout, c'est que, j'allais dire, l'appariement, si vous me permettez cette expression un peu, je veux dire, d'ingénieur de LR, est moins assuré qu'il ne l'était, évidemment, avec Michel Barnier. D'abord, parce que, tout simplement, le Premier ministre n'est pas issu de Laurent, mais surtout parce qu'on voit du côté de LR, depuis maintenant l'annonce de ce gouvernement, finalement, un soutien qui est un soutien avec réserve.
Je rappelle quand même que Laurent Wauquiez a réuni les parlementaires de son groupe pour leur dire que, certes, on soutiendrait pour l'instant ce gouvernement, mais qu'on aurait une très grande exigence et que ce sera surtout un soutien texte par texte. Et si vous ajoutez à cela la mauvaise humeur de M. Bertrand, qui n'est certes pas un LR de l'intérieur, même s'il est LR aujourd'hui et qu'il a repris sa carte, on voit que du côté, en tout cas de la droite républicaine, les difficultés seront plus grandes pour François Bayrou. Donc, forcément, on regarde en plus du passif de François Bayrou avec la LR qu'avec Michel Barnier, son prédécesseur.
Borne, Darmanin, Valls, on n'est pas capable de renouver le paysage politique, Arnaud Benedetti, ou alors, est-ce qu'on a besoin de se rassurer avec ces figures du passé ?
On a besoin de se rassurer, vraisemblablement. Tout se passe comme, in fine, si on se repillait sur le dernier carré des représentants des forces de gouvernement. La réalité, c'est que les résultats des élections législatives, qui sont certes pleins d'ambivalence, ont au moins livré un enseignement.
C'est que les Français souhaitent une rupture, manifestement, avec les forces politiques de gouvernement qui ont gouverné le pays depuis de très nombreuses années, mais que comme le résultat de ces élections législatives ne nous a pas indiqué le sens véritable de cette rupture, on se retrouve dans une ambivalence et dans une ambiguïté structurelle qui fait que ce sont les forces de gouvernement qui continuent à gouverner. Voilà un peu, j'allais dire, le paradoxe politique de cette année 2024. En effet, une rupture voulue par le corps électoral, mais sans véritablement désigner la direction très claire de cette rupture, et au résultat, des forces de gouvernement qui continuent à gouverner.
Peut-être une nouveauté, quand même, il y a dans ce gouvernement quatre ministres d'État. C'est un titre honorifique qui avait disparu depuis 2019. Qu'est-ce que ça dit ?
Vous savez, c'est certainement la volonté du Premier ministre de montrer que sur un certain nombre de dossiers, je pense notamment le dossier de l'éducation, sur celui de la justice, l'outre-mer, qu'il s'agit là de priorité. Donc on les confie à des personnalités, qui sont des personnalités qui, politiquement, sont des personnalités qui ont occupé des fonctions importantes. Donc on leur donne le titre de ministre d'État. Après, je crois qu'il ne faut pas tirer des conclusions trop définitives de la nomination de ministre d'État.
– Quand même, on peut le dire, pour Manuel Valls, ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur, sous François Hollande, c'est le grand retour, et il est positionné à l'outre-mer. Est-ce à dire qu'on va lui confier, en particulier, le dossier douloureux et brûlant de Mayotte ?
– C'est évident, puisque Mayotte fait partie de l'outre-mer.
– Mais là, tout particulièrement, évidemment, en ces temps compliqués.
– Oui, alors il aura évidemment ce dossier. Il faudra quand même qu'il travaille en bonne intelligence avec le ministre de l'Intérieur, qui, je rappelle, s'est rendu très rapidement à Mayotte après la catastrophe dont il est victime.
– Et ils n'ont pas les mêmes options historiques, en plus.
– Ils n'ont pas forcément les mêmes options historiques. Il en demeure pas moins que le dossier d'outre-mer est très vaste, que c'est un chantier en friche depuis malheureusement de trop nombreuses années. On sait très bien que la situation est très compliquée en Nouvelle-Calédonie. La situation politique, elle est très compliquée socialement aux Antilles et en Guyane, et qu'elle est dramatique, voire tragique à Mayotte.
Le dossier des outre-mer est un dossier absolument essentiel, et où quand même, quelque part, l'image de la France, parce que c'est quand même la France dans le monde, les outre-mer, est partiellement abîmée, notamment quand je pense et quand on pense à ce qui vient de se passer à Mayotte, parce que la situation de Mayotte est non seulement très inquiétante, mais elle résulte aussi, nonobstant évidemment ce cyclone épouvantable, d'une sorte d'abandon de ce territoire, auquel il manque cruellement un certain nombre d'infrastructures, et qui a été confrontée à une crise migratoire, sur laquelle, manifestement, les pouvoirs publics n'ont pas pu répondre.
Il est 8h20 sur RCEF et Radio Notre-Dame, notre grand invité ce matin, c'est Arnaud Benedetti, le rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire. Les réactions se sont multipliées, après la présentation de ce nouveau gouvernement. Pour Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, ce n'est pas un gouvernement, c'est une provocation. La chef des écologistes, Marine Tondelier, a accusé le Premier ministre d'indignité, lui reprochant de se mettre entre les mains de l'extrême droite. Heureusement que le ridicule ne tue pas, ironise de son côté le président du RN, Jordan Bardella, pour qui François Béroud a réuni la coalition de l'échec.
François Béroud risque-t-il la censure à Arnaud Benedetti ?
Il est exactement dans la même position que Michel Barnier, parce que, si vous voulez, aujourd'hui, il dispose d'un socle parlementaire d'à peu près 220 députés. Vous avez plus de 330 députés qui, potentiellement, peuvent voter et qui peuvent continuer à voter la censure. Donc, ils risquent, j'allais dire, mécaniquement la censure. Et c'est vrai que, finalement, la crise politique que nous vivons, et ce n'est vraiment pas, j'allais dire, se payer de mots que de le dire, est totalement historique sous la Ve République.
Et quand vous n'avez pas une Assemblée nationale qui est en mesure de dégager une majorité, tout gouvernement, quel qu'il soit, et quelles que soient les bonnes volontés, et quelles que soient, j'allais dire, les compétences et le talent de ceux qui le dirigent, se trouve exposé à ce risque de censure. Et on voit mal comment, finalement, sans jouer le rôle de Cassandre, mais on voit mal comment, finalement, ce gouvernement pourrait être pérennisé sur la durée au regard de sa composition parlementaire.
Quoi qu'il en soit, ce gouvernement, il est là, il est en poste. On va assister dans les prochaines heures aux passations de pouvoir, ministère par ministère, là où les ministres changent. Et finalement, c'est moins de la moitié du gouvernement. Quels sont les chantiers prioritaires, Arnaud Benedetti ? Le déficit, les retraites, les sujets sociétaux ? Quelle va être la priorité de ce gouvernement ?
La priorité des priorités, c'est d'abord d'avoir un budget. Parce qu'aujourd'hui, on vit avec un budget qui est issu du projet de loi spécial, qui a reconduit le budget de l'année dernière. Mais il faut aujourd'hui, en effet, corriger ce budget et avoir un budget qui soit à la mesure de l'épreuve du déficit et des dérapages de déficit que la France a connus ces derniers mois. Donc ça va être une priorité et ça va être très compliqué. Parce qu'encore une fois, comment ce gouvernement parvient à faire adopter un budget sans utiliser le 49-3 ?
Le Premier ministre, on l'a entendu hier, lors de l'entretien qu'il a donné sur BFM, a laissé entendre qu'il utiliserait vraiment qu'en dernier recours le 49-3 et qu'il souhaitait évidemment que les débats puissent se poursuivre. Mais il n'en demeure pas moins que c'est une épreuve qui sera là aussi particulièrement complexe. Donc vraiment, la priorité et les priorités, c'est le budget. Ensuite, il y a une autre question, une question régalienne, compte tenu du point de M. Rotaillot dans ce gouvernement, qui est un point important. C'est la question évidemment du migratoire. Est-ce qu'il y aura un texte qui sera présenté comme le souhaitait initialement M. Rotaillot ?
Ça, c'est une vraie question. S'agira-t-il en d'autres termes d'envoyer des signaux au Rassemblement national pour éviter la censure ? C'est une interrogation qui se posera assez rapidement.
Et la question des retraites, alors François Béroud sur France 2 avait dit qu'il voulait reprendre sans suspendre le débat sur les retraites. Qu'en est-il ? Qu'est-ce qu'il peut tenter de faire sur ce sujet brûlant ?
Finalement, il est, j'allais dire, dans une politique de demi-pas ou de pas compter sur ce dossier des retraites. Il a dit qu'il était ouvert à la discussion, mais en fixant lui-même des lignes rouges auxquelles manifestement n'adhèrent pas la gauche. Donc on voit bien que sur ce dossier des retraites, il est très contraint.
Quels sont ces lignes rouges selon vous ?
Notamment la renégociation de l'âge de départ à la retraite, à l'exception, en effet, peut-être des professions qui sont les professions les plus difficiles, en effet. Mais il est aussi contraint par une situation qui est la situation budgétaire. Et on voit bien que cette contrainte-là l'empêche véritablement de pouvoir donner des gages à la gauche et que la gauche, pour l'instant, et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle, une des principales raisons pour laquelle la gauche n'est pas rentrée dans ce gouvernement, c'est que sur le dossier des retraites, il n'y a pas eu d'entente.
Alors un dernier point peut-être pour ce premier tour d'horizon du nouveau gouvernement, du premier gouvernement de François Bayrou, finalement. Les sujets sociétaux, est-ce que François Bayrou va remettre sur la table le sujet de la fin de vie ?
Vraie question. Il ne faut jamais oublier quand même que François Bayrou est issu d'une famille politique, la démocratie chrétienne, qui est, c'est le moins qu'on puisse dire, plutôt réservée quant à cette réforme sociétale. Alors il peut être tenté de le faire parce que, in fine, c'est un texte qui engage surtout la conscience des parlementaires, bien plus que, j'allais dire, la discipline de vote. Et il peut, en effet, sur un texte de ce type, réussir à disposer, disons, d'une majorité pour adopter le texte, quoique, ça reste à démontrer aussi. Pour des raisons tactiques, il peut le faire.
Après, pour des raisons de conviction, il n'est pas du tout sûr que François Bayrou soit très favorable à cette réforme, d'autant plus qu'il y a certainement, mais ça même, de son gouvernement, je pense à quelqu'un comme M. Rotailleux, le ministre de l'Intérieur, qui n'y est pas lui-même forcément très favorable. Ce n'est pas le moment, peut-être, Arnaud Benetti. Alors, est-ce que c'est considéré, qui plus est, est-ce que c'est considéré comme une priorité par les Français ? Certainement pas. Les priorités des Français, on les connaît, c'est le pouvoir d'achat, c'est la sécurité, c'est éventuellement la santé.
Pas forcément les dossiers sociétaux, mais on peut, peut-être pour des raisons tactiques, essayer de pousser ce texte. En tout cas, il y aura certains qui le pousseront à le faire.
– Dernier point, est-ce que vous sentez qu'on peut entrer dans une période un peu plus paisible sur le plan politique ? Voilà, ce gouvernement est présenté à la veille de Noël, c'est un peu symbolique. Est-ce que vous sentez que quelque chose peut s'apaiser, là, avec ce gouvernement, malgré tout, malgré les limites que vous avez énoncées ?
– Très sincèrement, je le souhaiterais, mais je ne le crois pas, parce qu'encore une fois, je le maintiens, mais on traverse une crise, d'abord démocratique, qui vient de loin, on traverse une crise de confiance dans le politique qui n'a fait que s'aggraver, et je crains que le spectacle qu'on ait vu ces dernières semaines ne soit pas en mesure, véritablement, de relancer la confiance dans le monde politique, et dans le monde dirigeant et dans celui des élites, et surtout, encore une fois, on se heurte, j'allais dire, à une difficulté d'ordre institutionnel qui rend particulièrement difficile le pilotage gouvernemental.
Après, vous savez, l'histoire est pleine de surprises, donc il faut, encore une fois, rester prudent sur tout pronostic.
– Merci infiniment d'avoir été notre invité ce matin sur RCF, Arnaud Benedetti. Je rappelle que vous êtes le rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire, vous êtes également chroniqueur régulier sur RCF et Radio Notre-Dame. Merci d'avoir été avec nous ce matin.