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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 avril 2022 26 min

Victoire d'Emmanuel Macron, pouvoir d'achat, retraites, message aux LR... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. Vous étiez hier soir au champ de mars pour fêter la réélection d'Emmanuel Macron. Que retenez-vous de cette élection ? Les 58% de votre candidat ou les 42% de Marine Le Pen ?

0:11
Bruno Le Maire

Les deux, puisque ce sont tous des électeurs français qui se sont exprimés. Je rajouterai évidemment les abstentionnistes ou les votes blancs. Pour moi la première leçon c'est que c'est d'abord une belle victoire et qu'il y a eu un vote d'adhésion à Emmanuel Macron et à sa politique. On ne le dit pas assez, mais enfin les 28% du premier tour, les 58% du second tour, il y a des millions de français qui se sont reconnus dans la politique d'Emmanuel Macron, qui a donné des résultats, notamment sur le plan de l'emploi, et qui inscrivent la France dans l'Union Européenne.

Ça c'est un premier message qu'il ne faut pas oublier parce que je le vois aujourd'hui complètement marginalisé et je trouve que c'est faire insulte aux millions d'électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron et pour ses résultats politiques. Il y a en deuxième lieu une insatisfaction démocratique. très profonde et qui ne cesse de se développer d'élection en élection. Des gens qui nous disent de toute façon, si je vote ça ne change rien, donc je n'irai pas voter ou je vote blanc. Nous devons répondre à cette insatisfaction démocratique pour que nos institutions retrouvent leur équilibre et répondent aux attentes des français.

Enfin il y a une troisième leçon, c'est évidemment le message de colère, le message d'insatisfaction, le message d'inquiétude de millions de français qui disent voilà moi je ne m'en sors pas, les choses ne vont pas comme elles devraient aller, je suis inquiet pour mon avenir, pour suivre mes enfants, j'ai un sentiment de déclassement, un sentiment d'abandon et notre devoir, notre responsabilité absolue, c'est de répondre aussi à ces millions de nos compatriotes qui sont dans l'inquiétude.

1:39
Invité

Bruno Le Maire, on va rentrer dans les détails justement pour connaître vos réponses à cette abstention, à cette colère de certains français. Reste que ce score de Marine Le Pen, c'est le plus haut jamais atteint par 1-1 Le Pen. Vous dites quoi à vos collègues ? Il ne faut pas fanfaronner aujourd'hui ?

1:55
Bruno Le Maire

Moi je ne parle pas à mes collègues, je parle aux électeurs de Marine Le Pen. Il y en a beaucoup dans ma circonscription, la première circonscription de l'heure, je les connais, je discute avec eux, c'est des habitants de communes rurales qui ont le sentiment que les services publics sont trop éloignés, qu'ils n'auront pas un accès rapide aux soins et ils ont raison, c'est le cas. C'est des compatriotes qui voient que l'usine a fermé, et que par conséquent ils se retrouvent au chômage et qu'eux et leurs familles n'ont pas d'avenir devant eux. Ils ont raison.

Donc faisons attention à ne pas nous tourner vers nous-mêmes, mais à nous tourner vers les français, ceux qui ont voté pour nous et aussi ceux qui ont voté contre nous ou ceux qui nous ont ignorés. La meilleure réponse au vote pour Marine Le Pen, qui s'est effectivement enraciné en France, enraciné dans certains territoires, dont le mien, le département de l'heure, c'est d'aller voir ses électeurs et d'apporter des réponses à leurs interrogations.

2:47
Présentateur

Dans la foulée hier soir de l'annonce des résultats, le troisième homme du premier tour, Jean-Luc Mélenchon, s'est exprimé. Je vous propose de l'écouter. Les urnes ont tranché.

2:56
Invité

Madame Le Pen est battue. À présent, M. Macron est le plus mal élu des présidents de la Vème République. Sa monarchie présidentielle survit par défaut et sous la contrainte d'un choix biaisé.

3:15
Présentateur

Emmanuel Macron, président le plus mal élu de la Vème République. Je compléterai, si vous le permettez, les mots de Jean-Luc Mélenchon par notre sondage Ipsos Soprasteria. 42% des électeurs d'Emmanuel Macron l'ont fait pour faire barrage à Marine Le Pen.

3:28
Bruno Le Maire

D'abord, ce que dit M. Mélenchon est historiquement faux. Il vaut mieux dire des choses justes quand on s'exprime devant les Français. Et en deuxième lieu, je rappelle qu'Emmanuel Macron a obtenu hier une large victoire. Ce n'est pas un quitus. Ça ne veut pas dire que nous pouvons faire n'importe quoi, qu'il ne s'agit pas de ne pas entendre les électeurs qui ont manifesté leur insatisfaction. Mais le procès en légitimité, qui est fait par Jean-Luc Mélenchon depuis hier soir, est inacceptable. On pourrait aussi dire mais les 22% de M. Mélenchon, dans le fond, c'est le vote utile de la gauche.

Il a rassemblé autour de lui des millions d'électeurs qui ne soutiennent pas Jean-Luc Mélenchon, qui ne soutiennent pas la France insoumise, mais qui ont voulu faire un vote utile pour qu'il y ait un vote de gauche massif. On pourrait lui faire ce procès. Je ne lui fais pas. Donc je ne pense que M. Mélenchon n'a pas la légitimité pour aller distinguer dans les votes des Français ceux qui sont vraiment pour M. Macron, ceux qui ne le sont pas pour M. Macron. C'est les Français seuls qui décident. C'est le peuple seul qui est souverain.

4:27
Invité

Je pense à nos compatriotes qui ont voté pour moi pour faire barrage. Je veux ici les remercier. Ce vote m'oblige pour les années à venir. A dit Emmanuel Macron hier soir, ça veut dire quoi ?

4:37
Bruno Le Maire

Ce vote m'oblige. Ça veut dire, comme je l'expliquais, que pour des millions de Français qui ont voté hier pour Emmanuel Macron, les choses ne vont pas dans le bon sens. Je pense à la question écologique. Vous avez des millions de Français, certainement, qui ont voté hier pour Emmanuel Macron tout en disant le bilan d'Emmanuel Macron et du gouvernement en matière écologique. Il y a des choses, mais ce n'est pas suffisant. Ils n'ont pas pris conscience de la gravité de la situation. C'est vrai ou pas, Bruno Le Maire ?

5:04
Présentateur

Vous n'avez pas fait assez

5:05
Bruno Le Maire

pendant le premier quinquennat ? On n'a jamais fait assez contre le climat. Les résultats sont là. Nous avons réussi à baisser les émissions de CO2 pendant la durée du quinquennat. Nous avons fait beaucoup. Nous avons soutenu. Nous avons mis en place MaPrimeRénov', nous avons aidé les Français à changer de véhicule. Mais ce n'était pas assez vite. On peut faire plus, on peut faire mieux, on peut faire plus vite, on peut faire plus radical et de plus long terme en matière de lutte contre le changement climatique. Et c'est exactement ce qu'a proposé Emmanuel Macron.

Et le message quand vous avez discuté avec les jeunes, je le vois avec mes propres enfants, avec leurs amis, avec les jeunes que j'ai pu rencontrer tout au long de cette campagne où j'ai multiplié les déplacements, le message est toujours le même. Sur le climat, vous n'y êtes pas. Il faut viser beaucoup plus haut. Il faut être beaucoup plus rapide. On ne voit pas encore les résultats. Ce message, il est reçu 5 sur 5. Ceux qui nous disent vous avez pris des mesures pour nous protéger contre l'augmentation des prix, c'est bien, mais vous n'y êtes pas encore. On est encore inquiet. Il faut que le travail paye davantage. Il y a encore trop d'injustice. Mais nous les entendons aussi.

Je ne considère pas que les près de 19 millions de Français qui ont voté pour Emmanuel Macron lui ont dit c'est super, on continue, tout va bien. Il y a une partie qui sont très satisfaits, ne l'oublions pas, mais il y a aussi des Français qui nous disent dans le fond vous êtes le meilleur choix mais on attend beaucoup de vous. Et n'oubliez pas d'ici une semaine, deux semaines ou trois mois le message que nous nous avons passé. Nous ne l'oublierons pas.

6:31
Présentateur

Est-ce que les Français ou une partie d'entre eux a également dit hier à Emmanuel Macron changer quelque chose à votre façon de présider, changer votre façon de gouverner, oublier certaines petites phrases, certains mots qui ont pu blesser ?

6:42
Bruno Le Maire

Ça nous concerne tous. Bien sûr qu'il faut que nous changions notre façon de gouverner. Bien sûr qu'il faut que nous changions nos institutions, je crois le dire depuis les années et les années. Mais même dans la pratique personnelle, être capable de plus d'écoute, d'entendre davantage ce que nous disent les uns et les autres, faire preuve de modération, d'équilibre, éviter les querelles inutiles, mettre de côté définitivement toute violence verbale. C'est aussi cela que nous ont dit les gens. simplifier nos décisions politiques, permettre aux Français de participer davantage à la décision politique en s'exprimant plus régulièrement.

C'est aussi ce qu'ils nous ont dit, le fonctionnement démocratique dans lequel on s'exprime une fois tous les 5 ans. Et puis pendant 5 ans, vous avez un mandat, vous faites ce que vous voulez. Donc il faut quoi ?

7:28
Présentateur

Il faut des référendums régulièrement pour ponctuer le quinquennat ?

7:31
Bruno Le Maire

On n'est pas obligé d'aller systématiquement jusqu'au référendum. Alors il y a quoi comme solution ? Là, par exemple, les prochaines élections

7:36
Présentateur

elles sont dans 2 ans, si je ne dis pas de bêtises, ce sont les élections européennes. Elles sont dans 2 ans. Il y a les législatives. Pardon, je me suis projeté dans l'après-midi. Mais vous dites qu'il faut plus souvent consulter les Français.

7:47
Bruno Le Maire

Comment ? Je pense que nous devons trouver des moyens de consulter qui soient plus simples et plus légers que le référendum. Le grand débat était une intuition d'Emmanuel Macron qui était une intuition très juste. Mais on doit pouvoir les consulter sur des textes de loi. Le jour où nous allons aborder la question de la fin de vie, une question qui nous touche tous, au plus profond de nous-mêmes, au plus profond de nos convictions intimes, le débat ne peut pas se limiter à l'Assemblée Nationale. Il faut que les Français, d'une manière ou d'une autre, puissent participer à ce débat.

8:16
Invité

Une convention citoyenne, c'est ce qu'avait... Ça a été fait,

8:17
Bruno Le Maire

c'est un peu de déconsultation. Il y a plein de formes qui peuvent être prises. Moi, j'avais proposé l'amendement citoyen. 100 000 citoyens qui déposent un amendement sur un texte de loi obligation pour la commission compétente à l'Assemblée Nationale de l'examiner. Tout ça fait vivre la démocratie. Elle est étouffée, la démocratie. Et si aujourd'hui, il y a tellement de voix qui se portent vers l'abstention ou vers le vote blanc, c'est que les gens ont le sentiment que leur voix n'est pas entendue. Eh bien, libérons ces voix et je suis convaincu que la démocratie française respirera mieux et fonctionnera mieux.

8:49
Présentateur

8h41, le fil info avec Solène Cressan et on vous retrouve dans un instant. Bruno Le Maire.

8:54
Invité

Après la réélection d'Emmanuel Macron pour un nouveau quinquennat, la bataille des législatives, le troisième tour commence à déclarer dès hier soir Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France Insoumise, arrivé troisième. Au premier tour appelle une nouvelle fois à battre Emmanuel Macron avec une union de la gauche. Fabien Roussel, des communistes, Julien Bayou d'Europe Écologie Les Verts veulent une union large. Les socialistes ont un projet à défendre, estime ce matin Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. 47% des électeurs de la France Insoumise du premier tour ont voté Emmanuel Macron. 17% pour Marine Le Pen.

Ce vote m'oblige à déclarer le président réélu avec 58,5% des voix. L'Ukraine peut gagner la guerre si elle a les bons équipements, assure ce matin le chef du Pentagone. Les ministres américains des affaires étrangères et de la défense ont confirmé leur présence hier à Kiev et ils annoncent une nouvelle aide militaire de 700 millions de dollars. Julien Alaphilippe toujours hospitalisé en Belgique après sa grosse chute d'hier sur la course Liège-Bastel-Liège. Le champion du monde de cyclisme souffre d'une fracture de l'omoplate et d'un pneu motoraxe. France Info

10:03
Présentateur

Élysée 2022 Les matins présidentiels Salia Braclia Marc Fauvel

10:09
Invité

Toujours avec le ministre de l'économie Bruno Le Maire en attendant la constitution du nouveau gouvernement et les législatives. Il y a urgence l'urgence du pouvoir d'achat des français face au prix qui augmente. Alors vous avez mis en place plusieurs mesures ces derniers mois bouclier tarifaire sur l'énergie chèque inflation pardon et la ristourne de 18 centimes à la pompe. Est-ce que cette ristourne de 18 centimes par exemple elle sera maintenue ?

10:30
Bruno Le Maire

Je vais vous dire tout ça avec beaucoup de prudence parce qu'il se peut que d'ici quelques jours je ne sois plus ministre de l'économie et des finances ou plus au gouvernement. Tout peut arriver donc je le dis avec prudence et humilité. Vous voulez dire

10:41
Présentateur

vous vous voyez où dans quelques jours ?

10:43
Bruno Le Maire

Ce n'est pas à moi de voir où je me vois c'est plutôt au président de la République d'en décider mais je dis simplement que de fait il y aura un nouveau gouvernement et vous n'avez jamais de garantie d'en faire partie donc il faut s'exprimer avec prudence.

Mais ce sur quoi nous avons toujours voulu travailler c'est d'abord le maintien d'un dispositif sur le carburant nous maintiendrons un dispositif sur le carburant parce que les prix à la pompe continuent d'être très élevés il y a la ristourne de 18 centimes d'euros elle est efficace aujourd'hui il peut y avoir aussi des dispositifs à mon sens plus efficaces parce que plus ciblés sur les personnes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur véhicule pour aller travailler ou qui sont des gros rouleurs.

Jean Castex nous avait demandé de travailler sur ce dispositif il sera prêt à l'été donc c'est une option alternative mais en tout état de cause nous maintiendrons un dispositif pour protéger les français contre la flambée des prix du carburant c'était une promesse du candidat Macron ce sera donc aussi une décision du président Macron.

11:37
Présentateur

Pour être précis vous dites que ce serait une proposition alternative on enlèverait la ristourne de 18 centimes et on concentrerait les efforts sur les gros rouleurs ou ceux qui sont obligés

11:45
Bruno Le Maire

le problème de la ristourne de 18 centimes on le sait tous c'est qu'elle profite à tout le monde quel que soit son niveau de revenu et que vous soyez ou non obligé de prendre votre véhicule pour aller travailler donc la justice serait qu'on aide davantage ceux qui vont faire 100-150 kilomètres par jour parfois davantage quand vous êtes par exemple assistante médicale les 18 centimes c'est pas mal mais avoir une aide plus significative et plus ciblée il me semble que c'est plus juste et plus efficace ça ce serait à partir de quand ? de cet été ? de fin juillet ? l'idée c'est de faire ces mesures de les voter à l'été vers le mois de juillet

12:17
Invité

parce que la ristourne de 18 centimes c'est jusqu'au 31 juillet comment vous allez calculer qui peut avoir accès à ce dispositif nouveau et qui ne peut pas avoir accès ?

12:27
Bruno Le Maire

nous avons fait je ne vais pas rentrer dans le détail technique nous avons fait tout le travail technique pour pouvoir croiser des données entre votre niveau de revenu le véhicule dont vous disposez la consommation du véhicule le nombre de kilomètres que vous parcourez donc c'est un gros travail technique qui a été fait mais qui nous permet aujourd'hui alors qu'on ne pouvait pas le faire il y a quelques mois d'avoir un dispositif qui soit plus ciblé donc les deux propositions moins de monde concerné mais qui toucheraient davantage exactement mais parce que les 18 centimes ils vont bénéficier une personne qui n'aurait pas besoin de prendre sa voiture qui va la prendre quand même et qui a un niveau de revenu très élevé c'est l'aspect négatif de ce dispositif qui protège par ailleurs des millions de français reconnaissons-le avoir une autre possibilité une possibilité de choisir avec quelque chose de plus ciblé me paraît nécessaire c'était la demande du Premier ministre nous avons répondu à sa demande

13:13
Présentateur

le bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l'électricité Bruno Le Maire jusqu'à quand est-il maintenu ?

13:18
Bruno Le Maire

il sera maintenu jusqu'à la fin de l'année 2022 quel que soit le futur ministre tout simplement parce qu'on voit bien que ces tarifs de l'énergie ils explosent et que tant que vous avez la guerre en Ukraine et une crise géopolitique aussi importante il y a peu à espérer sur le front des prix d'énergie ils resteront élevés

13:37
Invité

donc zéro augmentation prévue même légère au fil de l'année sur le bouclier tarifaire ça ne bougera pas

13:45
Bruno Le Maire

le bouclier tarifaire il est déjà on gèle les prix du gaz on plafonne à 4% les prix de l'électricité je redis qu'aucun pays européen ne fait autant et là aussi si on regarde de manière un peu plus large les niveaux d'inflation je sais bien que les 4% d'inflation préoccupent beaucoup de nos compatriotes mais en Allemagne c'est plus de 7% en Espagne c'est près de 10% aux Pays-Bas c'est près de 12% donc le pays qui a le mieux protégé ses compatriotes contre l'augmentation des prix c'est la France et c'est le Président de la République

14:15
Présentateur

la réforme des retraites Bruno Le Maire 64 ans à la fin du prochain quinquennat a dit Emmanuel Macron 65 ans peut-être au-delà mais avant cela il y aura une clause de revoyure en 2027 qu'est-ce qui est négociable dans cette réforme qu'est-ce qu'il y aura sur la table lorsque vous les futurs ministres du futur gouvernement recevrez les syndicats je pense qu'il faut déjà

14:37
Bruno Le Maire

qu'il y ait un cap qui soit clair vous l'avez parfaitement 64 ans ça on n'y touche pas 64 ans 2028 clause de rendez-vous avec l'objectif de 65 ans ça c'est ce qui a été défini pendant la campagne et avec beaucoup de courage et beaucoup de clarté par le Président de la République je le redis une fois encore ça a un peu changé au nom de tous ceux qui ont soutenu le projet du Président de la République au premier tour et qui l'ont fait dans la clarté ensuite vous avez la question des carrières longues à partir de quel âge on estime qu'il y a une carrière longue qu'est-ce qui démarre la carrière longue qu'est-ce que c'est qu'une carrière longue il y a 20 ou 30 ans il pouvait être assez habituel de démarrer très jeune sa vie professionnelle aujourd'hui c'était un peu décalé mais tout ça ça se regarde pour pas aujourd'hui faire l'addition systématique des 42 ou 43 ans en prenant 20 ans comme référence il peut y avoir d'autres références on peut en discuter ça ira de faire on est bien d'accord avec un allongement de la durée de cotisation oui il y aura un allongement de la durée de cotisation mais qui n'a pas qui pourra aller jusqu'à combien qui n'a pas sur les annuités je rappelle que c'est une autre réforme là aussi je ne veux pas câbler dès le matin nos auditeurs de technique mais vous avez une réforme dite touraine qui a prévu de passer progressivement les annuités de 42 à 43 ans il faudra aller au-delà c'est ce qui a été prévu par la réforme touraine ce n'est pas ce qui aujourd'hui est au coeur de notre réforme nous notre réforme c'est décalé 4 mois par 4 mois année par année l'âge légal de départ à la retraite jusqu'à 65 ans avec une clause de revoyure à 64 ans vous dites que ce n'est pas dans notre réforme

16:09
Présentateur

Emmanuel Macron l'a dit il y a quelques jours sur le plateau de France 2 face à Anne-Sophie Lapix oui il faudra aller au-delà des 43 ans par exemple quelqu'un qui demain commencera à travailler à 21 ans pour pouvoir liquider sa retraite à 65 ça fera 44 avec cotisation on sera au-delà de la réforme touraine

16:24
Bruno Le Maire

je vous le dis je ne veux pas nous enfermer dans des choses qui soient trop strictes et laisser entendre qu'il n'y a aucune marge de manœuvre sur la négociation il y a sur les carrières longues sur la pénibilité qu'est-ce que c'est qu'un travail qui est pénible et qui va vous permettre d'avoir des règles de cotisation qui soient différentes il faut qu'il y ait une marge de manœuvre pour la négociation je pense que le cadre défini par le président de la République était suffisamment clair on ne touche pas à l'âge des 67 ans pour l'annulation de la décote on vise 65 ans comme âge légal à partir duquel vous pouvez déclencher votre droit à pension on fait une clause de revoyure en 2028 à partir du moment où on aura atteint les 64 ans et puis ensuite vous avez la pénibilité vous avez des carrières longues tout cela est sujet à négociation

17:11
Invité

Bruno Le Maire vu le caractère inflammable de cette réforme est-ce que vous nous garantissez ce matin que le gouvernement ne passera pas en force n'utilisera pas le 49-3 pour faire passer cette réforme je ne peux pas

17:22
Bruno Le Maire

donner cette garantie je ne le souhaite pas ça c'est certain j'ai toujours dit que cette réforme devait faire l'objet le plus possible de discussions et de dialogues avec l'espoir de parvenir à un compromis et je voudrais l'inscrire surtout dans ce qu'est notre objectif plus large vous parliez de pouvoir d'achat tout à l'heure notre objectif c'est le plein emploi une des réponses majeures à toutes les difficultés françaises c'est que chacun puisse avoir une activité en France ça n'est pas arrivé depuis 1970 on a beaucoup dit que c'était un exploit que Emmanuel Macron soit réélu c'est vrai c'est la première fois sous la cinquième qu'un gouvernement qui est en exercice un président qui est en exercice qui gouverne le pays est réélu un deuxième exploit auquel j'attache une importance considérable serait que pour la première fois depuis 50 ans chaque français est un emploi est une activité ça donnera du pouvoir d'achat aux français et ça permettra de régler en partie le problème du pouvoir d'achat ça réglera aussi en grande partie la question de la solidarité du financement de notre modèle social qui est une des inquiétudes des français moi quand j'entends un de mes compatriotes dans l'heure me dire il y a un problème d'accès aux soins l'hôpital ça va pas il faudrait davantage nous protéger socialement tout cela sera beaucoup plus facile dès lors qu'il y aura le plein emploi

18:38
Présentateur

en France Bruno Le Maire vous restez avec nous 8h51 le fil infos

18:41
Invité

et bien sûr qu'il faut que nous changions notre façon de gouverner assure ce matin sur France Info le ministre de l'économie Bruno Le Maire au lendemain de la réélection d'Emmanuel Macron avec 58,5% des voix nous devons répondre à cette insatisfaction a-t-il déclaré après le président américain ukrainien ou le premier ministre britannique le président chinois Xi Jinping félicite à l'instant Emmanuel Macron pour sa réélection avec 41,5% des voix le score de Marine Le Pen est le plus haut jamais atteint à une présidentielle mais si elle parle de victoire éclatante le maire de Bézir Robert Ménard estime sur France Info que c'est une grande déception pour lui comme pour le porte-parole du Rassemblement National Sébastien Chenu Marine Le Pen pourrait ne pas reprendre la présidence du parti 5 policiers entendus dès ce matin par la police des polices l'IGPN et hier soir en plein centre de Paris sur le Pont Neuf des policiers ont tiré sur une voiture qui refusait selon eux d'obtempérer 2 des occupants sont morts un troisième est blessé le procès de la plus grande catastrophe ferroviaire celle de Bretigny-sur-Orge s'ouvre aujourd'hui pour 6 semaines un train avait déraillé en 2013 dans cette gare d'Île-de-France 7 morts plus de 400 blessés France Info

19:56
Présentateur

Élysée 2022 les matins présidentiels Salia Braclia Marc Fauvel

20:02
Invité

avec Bruno Le Maire le ministre de l'économie pendant le débat d'entre deux tours Emmanuel Macron a dit qu'il souhaitait revaloriser les minimas sociaux dès cet été on parle de quoi ? de revalorisation ou de réindexation sur l'inflation ?

20:13
Bruno Le Maire

On parle de réindexation sur l'inflation c'est-à-dire qu'il faut que nous fassions sur les minimas sociaux ce qui a été décidé par le président de la République sur les retraites là aussi c'est d'ailleurs les chiffres d'ailleurs la technique il y a une question de justice aujourd'hui votre minima social il n'augmente pas et votre baguette de pain votre paquet de pâtes votre prix du litre d'essence lui va augmenter donc vous êtes pris à la gorge c'est la même chose pour les retraités donc pour les retraités dès le mois de juillet nous augmenterons les pensions de retraite du niveau de l'inflation et pour les minimas sociaux je pense au RSA je pense à la prime d'activité je pense à l'allocation adulte handicapé il en ira de même on ne peut pas dire d'un côté que le travail doit payer et ne pas en tenir compte dans la réalité des faits nous tenons compte de la réalité de l'inflation 4% environ en fonction du niveau d'inflation mais on est autour de 4% mais il n'y aura pas de coup de pouce supplémentaire au-delà de la réindexation de l'alignement sur l'inflation le coup de pouce je rappelle qu'il est naturel c'est d'ailleurs une des spécificités françaises nous avons un SMIC qui est indexé sur l'inflation il va encore augmenter au 1er mai d'environ 34 euros net pour un salarié au niveau du SMIC ce qui fait que le SMIC net va dépasser les 1300 euros et pour beaucoup de salariés vous rajouterez cette prime d'activité dont je viens de parler qui sera elle aussi revalorisée du montant de l'inflation notre objectif est bien de protéger le plus grand nombre de nos compatriotes contre cette augmentation des prix

21:37
Présentateur

Bruno Le Maire Emmanuel Macron va probablement changer de premier ministre pour lancer son deuxième quinquennat quel est le portrait idéal ?

21:45
Bruno Le Maire

il n'y a qu'une personne qui peut vous répondre à cette question et elle n'est pas dans cette pièce la seule c'est le président de la république c'est vraiment à lui et à lui seul je n'ai aucune idée sur les qualités qui sont requises pour ce poste qui est un poste très difficile et il y a aussi une équation politique et cette équation politique il y a un seul mathématicien politique qui peut la résoudre c'est le président de la république donc tous ceux qui s'amusent à faire des équations au tableau noir ont de fortes chances que ce soit effacé ensuite à l'éponge par le président de la république lui-même c'est un poste qui ne se refuse pas c'est un poste qui ne se demande pas qui ne se refuse pas c'est comme les décorations vous en rêvez la nuit ou pas ?

pas du tout j'ai d'autres rêves je vous rassure

22:28
Présentateur

est-ce que vous vous voyez à contrario rempiler là où vous êtes depuis 5 ans ?

22:32
Bruno Le Maire

tout cela n'a pas de grande importance ce que je peux vous dire pour parler avec sincérité c'est que ça a été une grande fierté mais aussi un grand bonheur d'être ministre de l'économie et des finances pendant 5 ans et donc quand on a trouvé son bonheur pourquoi en changer ?

22:47
Invité

c'est clair là du coup ?

22:48
Bruno Le Maire

pardon ?

22:49
Invité

c'est plutôt clair du coup votre réponse ?

22:50
Bruno Le Maire

sur mes sentiments oui après sur les décisions qui seront prises elles ne m'appartiennent pas ça vous donne aussi une très grande liberté

22:56
Invité

un message à Emmanuel Macron vous disiez à l'instant que le choix du premier ministre dépendra de l'équation politique notamment donc des législatives Marine Le Pen tout comme Jean-Luc Mélenchon a indiqué vouloir se faire élire premier ministre lequel des deux vous préférez ?

23:10
Bruno Le Maire

d'abord je conteste cette lecture des institutions françaises on n'est pas élu premier ministre c'est justement la singularité on est nommé premier ministre en fonction de la majorité que les français décident de mettre en place je trouve tous ces propos qui ont l'air sympathiques drôles mais je ne les trouve pas respectueux des français les français décident ils sont souverains c'est le peuple souverain ils ont choisi un président de la république et il a toute la légitimité que lui donne ce scrutin populaire et demain vous aurez une majorité et les députés qui seront élus auront toute la légitimité que leur donnera le peuple français et dans l'intervalle le président de la république choisira un nouveau premier ministre la constitution prévoit que c'est le président de la république et lui seul qui nomme le premier ministre

23:55
Invité

vous considérez qu'on peut continuer à faire de la politique quand on a raté trois fois la marge de la présidentielle ?

24:02
Bruno Le Maire

je ne vais jamais considérer qu'un échec vous disqualifie en politique je vais même toujours considérer qu'un échec vous permettait de vous remettre en question d'essayer d'être meilleur le lendemain donc je n'ai pas je n'ai pas de leçon à donner à Marine Le Pen en la matière c'est à elle seule de décider ce qu'elle veut faire de sa vie politique et personne n'a leçon à lui donner

24:21
Présentateur

vous savez que votre ancien parti les républicains continue de se déchirer sur ce qu'il faut faire à présent rejoindre Emmanuel Macron ou continuer au sein du parti les républicains ou même pour d'autres partir sur l'aile droite chez Éric Zemmour vous leur dites quoi à ceux qui sont encore chez les républicains rejoignez-nous définitivement

24:39
Bruno Le Maire

venez on est bien au gouvernement il est temps de faire preuve d'humilité d'honnêteté et lucidité en 2017 quand j'avais rejoint le président de la république après une défaite aussi qui m'a appris beaucoup qui était une défaite lourde à la primaire j'ai regardé le projet d'Emmanuel Macron j'ai regardé son programme ce qu'il proposait sur l'emploi sur les impôts sur les entreprises sur l'Europe et je me suis dit mais dans le fond si on est honnête je me reconnais dans ce programme à 100% il y a des choses que je n'aime pas forcément mais en grande partie dans ce que vous n'aimiez pas il y avait quoi ?

il y avait surtout ce que j'aimais ce que je soutenais notamment dans le domaine économique dans le domaine européen dans la vision de la nation je m'y retrouvais donc en 2017 je me suis dit mais dans le fond il vaut mieux l'aider que le combattre pendant 5 ans les républicains et Valérie Pécresse pendant sa campagne n'ont cessé de combattre Emmanuel Macron de s'opposer à des propositions dont dans leur fort intérieur ils savaient très bien que c'était les leurs la baisse des impôts le soutien aux entreprises le soutien à la construction européenne le soutien à l'emploi à l'activité à la valorisation du travail mais tout ça c'est ce que nous avons toujours défendu il faut peut-être bien sûr que c'est de la posture au bout de 5 ans il devrait quand même avoir compris et il devrait avoir l'honnêteté la lucidité de se dire dans le fond notre place est à ses côtés et pas contre lui

25:57
Présentateur

merci à vous Bruno Le Maire ministre de l'économie des finances et de la relance invité ce matin de France Info merci