Relations avec la police, revenu universel, colonies de vacances, service national universel... le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal, secrétaire d'Etat à la jeunesse. Un million de chômeurs supplémentaires en deux mois dans la catégorie A, celle de référence. Les jeunes sont frappés au premier chef par cette crise. 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail à la fin de l'été. Est-ce qu'on va vers une génération sacrifiée ?
Non, il n'y aura pas de génération sacrifiée parce qu'on a choisi, avec le gouvernement, de faire de cette question de la jeunesse la grande priorité, la grande cause de la relance post-crise du coronavirus. Il y a beaucoup d'inquiétudes dans le pays. Il y a des inquiétudes des jeunes, évidemment, les jeunes qui sont en formation, qui cherchent un apprentissage. C'est le sens des annonces qu'on a faites hier. Et on va y revenir, bien sûr. Les jeunes qui ont peur de connaître la précarité à l'année prochaine pendant leurs études parce qu'ils ne pourront pas travailler cet été et qu'ils ont l'habitude de travailler l'été pour financer une partie de leur année universitaire.
Des jeunes qui doivent rentrer sur le marché du travail, qui ne savent pas s'ils pourront trouver un emploi. Et derrière tous ces jeunes, il y a des familles, il y a des parents, il y a des grands-parents qui s'inquiètent pour leurs enfants et pour leurs petits-enfants. Et moi, le message que je veux passer, c'est que l'État sera au rendez-vous, le gouvernement sera au rendez-vous. On a déjà commencé à annoncer des mesures hier sur la question de l'apprentissage. On va continuer à avancer.
Tout au long de ce mois, on travaille sur un plan robuste sur la question des jeunes avec Muriel Pénicaud, avec Bruno Le Maire, avec Jean-Michel Blanquer, précisément pour répondre à toutes ces inquiétudes.
Alors sur l'apprentissage, vous avez donc annoncé une série de primes pour les entreprises qui prendraient un jeune apprenti jusqu'à 8000 euros. Ça va suffire, selon vous, à maintenir un niveau d'apprentissage qui était déjà très élevé ?
Oui, qui était très élevé parce qu'on s'est mobilisé, parce que Muriel Pénicaud s'est mobilisé. On a réussi ces dernières années à faire ce que beaucoup attendaient dans le pays depuis de nombreuses années, c'est-à-dire à faire décoller l'apprentissage, à faire reconnaître que c'est une voie d'excellence, que c'est une voie utile pour les jeunes, parce qu'on développe des compétences et qu'on a beaucoup de chances de trouver un emploi à l'issue, utile pour les entreprises, parce qu'elles ont besoin d'avoir des jeunes formés qui ont les compétences professionnelles. L'an dernier, il y a eu quasiment 500 000 jeunes en apprentissage. C'est une augmentation de 16%.
Et ce qu'on ne veut pas, c'est que cette dynamique, elle soit cassée par la crise. Et donc, les mesures qui ont été annoncées, oui, elles vont être très fortes, parce que, très concrètement, une prime de 8000 euros par jeune apprenti recruté dans une entreprise, ça veut dire que l'apprenti coûte quasiment zéro, voire zéro, à l'entreprise qui le recrute. Et notre objectif, c'est d'avoir cette année au moins autant de jeunes en apprentissage que l'an dernier.
Combien d'apprentis ? C'est quoi votre objectif chiffré grâce à cette prime ? C'est 8000 euros pour un apprenti majeur, 5000 euros pour un apprenti mineur. C'est quoi l'objectif en termes d'embauche ?
Ce que je vous dis, c'est que notre objectif, c'est d'avoir au moins autant de jeunes en apprentissage cette année que l'an dernier. L'an dernier, il y a eu au total en apprentissage un peu moins de 500 000 jeunes. L'objectif, c'est que cette année, on puisse arriver à 500 000. Ce qui est très ambitieux, parce qu'on a bien vu qu'il y a une crise économique qui est là, qu'il y a une activité dans beaucoup d'entreprises qui s'est ralentie, voire qui s'est stoppée, qui est en train de reprendre. Et ce qu'on voit par ailleurs, c'est qu'il y a toujours cet attrait pour l'apprentissage.
Dans les voeux d'orientation qui ont été faits par les jeunes, les demandes d'orientation en apprentissage continuent à augmenter. Les entreprises, elles veulent toujours recruter des apprentis, juste elles ont besoin d'être aidés. C'est pour ça qu'on le fait.
Aider les apprentis, c'est une des manières d'aider les jeunes.
Il faut des mesures spécifiques pour le revenu de tous ces jeunes qui vont être totalement sans ressources. Et puis, il faut effectivement avoir des plans d'investissement dans un certain nombre de secteurs pour que les jeunes soient embauchés.
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui était à votre place donc mardi, il faut un revenu minimum pour les jeunes sans ressources.
Ce dont il parle à l'instant dans l'extrait, c'est exactement ce sur quoi on travaille. Quand on dit qu'il faut des ressources supplémentaires pour des jeunes pour lutter contre la précarité, évidemment que c'est ce sur quoi on travaille. Donc un revenu minimum pour tous les jeunes dès l'âge de 18 ans ? Non, ce n'est pas ce que je dis. Quand il dit qu'il faut investir dans des secteurs qui vont permettre de recruter des jeunes, c'est aussi ce qu'on prépare. On prépare une relance. On va parier sur l'investissement dans des secteurs, je pense notamment au secteur du soin, la transition énergétique, du numérique. Évidemment, c'est des perspectives d'emploi pour les jeunes.
Ça, c'était la deuxième partie de ce que disait Laurent Berger. La première, c'était un revenu minimum pour tous les jeunes dès l'âge de 18 ans.
Je précise que pour l'instant, les jeunes ne touchent pas le RSA. Le RSA est réservé aux personnes de plus de 25 ans.
Et aujourd'hui, il y a des dispositifs qui ont été mis en place, notamment par le quinquennat précédent. Je pense à la garantie jeunes, précisément mise en place pour lutter à la fois contre la précarité des jeunes et pour les accompagner vers l'insertion et vers l'emploi. Et moi, c'est sur ces dispositifs que je travaille. Je pense qu'on a aujourd'hui une palette d'outils qui permettent de répondre à la précarité chez les jeunes et en même temps d'avoir un accompagnement adapté.
Aujourd'hui, il y a des outils suffisants pour répondre à la précarité chez les jeunes ?
Je dis qu'on a beaucoup d'outils et qu'il faut sans doute investir davantage dans ces outils. Peut-être les adapter en termes de durée, en termes de modalité pour que les jeunes puissent y entrer. Mais on a ces outils qui fonctionnent bien. La garantie jeunes, il y a ce qu'on appelle des taux de sortie positifs. C'est comme ça que c'est le terme qu'on emploie. C'est-à-dire des jeunes qui, après être passés par la garantie jeunes, trouvent un emploi ou une formation stable qui sont très positifs et très favorables.
C'est sur conditions de ressources, ce type de mesures. Vous ne voulez pas étendre ?
Moi, si vous me demandez si je suis pour le revenu universel sans conditions, la réponse est non. Après, il y a une réflexion en ce moment qu'on mène avec les associations, avec un certain nombre d'acteurs. Le débat est ouvert sur ce sujet ? Sur le revenu universel d'activité, dans le cadre du plan pauvreté qui avait été annoncé par le Président de la République. Étendre le RSA au moins de 25 ans ? Non, c'est une réflexion globale sur le revenu universel d'activité. Comment on fait pour avoir un système d'aide qui est plus lisible et avoir finalement une aide-socle pour tous les Français qui en ont besoin, qui ensuite est adaptée aux différentes situations ?
C'est un chantier qui est majeur, je précise. Quand on parle RSA pour les moins de 25, ceux qui le défendent, ils le financent en proposant de revenir sur la demi-part pour les parents, ce qui veut dire une augmentation d'impôt pour les familles. Évidemment, nous, on ne souhaite pas augmenter les impôts. Donc, c'est pour ça qu'on a mis en place cette concertation pour tout mettre sur la table. Elle continue à avancer. Elle était lancée bien avant cette crise. Mais on voit bien que là, il faut des réponses, notamment sur la question de la précarité, beaucoup plus urgentes. Et c'est sur ça qu'on travaille.
Et vous dites qu'on ne veut pas un revenu minimum pour tous les jeunes parce que ça coûte trop cher ? Non, ce n'est pas ce que je dis. Moi, je dis que la garantie jeunes, pourquoi ça fonctionne ? Vous avez une allocation qui est autour de 500 euros, qui est l'équivalent du RSA. Et en contrepartie, vous avez à la fois par la mission locale un accompagnement avec des points qui sont faits avec les jeunes personnalisés, avec des stages en milieu professionnel, avec des modules de formation sur la prise de parole en public, sur ce qu'on appelle les savoir-être. Et pour les jeunes, vous avez aussi cette obligation, cette contrepartie d'assister à ces formations et à ces modules.
Et moi, je crois profondément à ce dispositif.
Ça veut dire qu'il faut des contreparties ? Vous ne voulez pas verser un revenu, quel qu'il soit, même s'il est minimal, sans contreparties ?
Quand on parle de contreparties, c'est aussi les contreparties que l'État et que les pouvoirs publics doivent apporter en plus d'une aide financière. L'accompagnement humain, l'accompagnement vers l'insertion et vers l'emploi, il est aussi important que l'accompagnement financier. Et ce qu'on arrive à faire avec la garantie jeunes, c'est les deux en faisant du cas par cas pour les jeunes. Il y a d'autres dispositifs qu'on pourrait évoquer. Je pense notamment au service civique, qui est un très beau dispositif, qui n'est pas un dispositif qui a été construit ni pour apporter des ressources aux jeunes spécifiquement, ni pour leur permettre de rentrer dans l'emploi.
C'est un dispositif qui permet de soutenir l'engagement des jeunes. Très concrètement, c'est des jeunes qui vont s'engager dans une association, dans un service public pendant 6-8 mois, qui ont une indemnité de 580 euros en contrepartie, mais qui s'est imposée comme un levier d'insertion. Je pense qu'on peut parier aussi sur ces dispositifs.
On continue de parler des moyens de relancer l'économie et notamment d'aider les plus jeunes et les plus précaires. Avec vous, Gabriel Attal, secrétaire d'État à la jeunesse, invité du 8.30 de France Info. Un coup d'œil sur le fil, un fois à 9h moins 20, pardon, c'était avec Stéphane Milhomme.
Et 96% des bureaux de postes sont désormais rouverts. Le PDG Philippe Vall le promettait sur France Info. Il annonce surtout l'embauche de 2 000 jeunes pendant l'été, car les 14 000 bureaux de postes et agences communales vont rester ouverts pendant cette période. Les conditions de visite assouplies dans les EHPAD. À partir d'aujourd'hui, les résidents peuvent recevoir plus de deux proches à la fois, sans être séparés par une vitre. Pour éviter le coronavirus, les enfants de nouveau acceptés dans ces maisons de retraite spécialisées. Quatre scénarios pour la suite du déconfinement en France.
Avec ses recommandations du Conseil scientifique, ça va d'une épidémie sous contrôle à dégradation critique. Dans tous les cas, il faut éviter à tout prix un reconfinement national de la population. Le credo de Franck Chauvin, c'est l'un des membres de ce Conseil sur France Info. Des cérémonies à Minneapolis et New York en hommage à George Floyd, ce noir américain mort après son interpellation par la police. À Minneapolis, les participants à la cérémonie ont observé un silence de près de 9 minutes, le temps de son agonie. Et puis, une deuxième manifestation en quelques jours dans les rues de Lille. Hier soir, 2000 personnes défilaient contre les violences policières et contre le racisme.
Ce rassemblement n'était pas autorisé au jet de projectiles. La police a répondu en lançant des lacrymogènes.
France Info. Et tout est plus clair. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat à la jeunesse, invité du 8.30 de France Info ce matin, ont parlé de la relance de l'emploi chez les jeunes. Parmi les solutions, il y a des contrats saisonniers. Écoutez cette annonce faite tout à l'heure sur France Info par le PDG de La Poste, Philippe Vall.
Nous allons lancer une campagne de recrutement pour 2000 emplois saisonniers. Et c'est l'idée de faire appel à des jeunes pour qu'ils viennent nous aider. Des contrats de deux mois pour venir en soutien de cet effort d'ouverture et de création de 200 lieux postaux en plus pendant les vacances.
2000 CDD de deux mois cet été pour les jeunes, ça fait partie des notes positives. C'est le rôle de La Poste aussi en tant que service public ?
Absolument, et c'est une annonce importante qui me permet de passer un message. Il y a beaucoup de jeunes qui ont l'habitude de travailler l'été parce que c'est ce qui leur permet de mettre de l'argent de côté pour tout le reste de l'année quand ils sont étudiants par exemple. Et qui là sont très inquiets. Moi ce que je veux dire c'est qu'il y a des perspectives pour cet été. Il y a ces 2000 recrutements saisonniers qui ont été annoncés par La Poste. On va avoir besoin de milliers de jeunes dans l'animation pour les colonies de vacances par exemple cet été. Il y a des offres qui repartent dans le tourisme, dans la restauration puisque les français vont pouvoir partir en vacances.
Il y a des opportunités aussi. Donc moi je veux insister là-dessus. C'est vrai que c'est...
Il y a d'autres entreprises publiques qui vont s'investir comme le fait La Poste donc ce matin ?
Probablement, je n'ai pas d'autres annonces à faire aujourd'hui. Mais évidemment, nous ce qu'on souhaite c'est aussi favoriser des offres d'emploi pour les jeunes. Et notamment pour cet été, pour les jeunes qui ont besoin de travailler pendant leurs vacances.
Au-delà de cet été et de ces emplois saisonniers, Gabriel Attal, est-ce qu'un moyen de favoriser l'emploi des jeunes ce ne serait pas aussi pour les accompagner au vu de l'ampleur de la crise de recréer, de réinstaller ce qu'on appelait des contrats aidés, ce qu'on appelait les emplois jeunes qui ont été détruits pour bonne partie, supprimés au début du quinquennat ?
Moi j'assume totalement la décision qui a été prise de revenir sur les emplois aidés, de les transformer en fait en parcours emploi compétence. Parce que c'est ça qui s'est passé. On n'a pas dit on arrête complètement d'aider des emplois. On a transformé des emplois aidés en parcours emploi compétence.
Mais la situation a changé, la crise est là. Est-ce qu'on ne peut pas rétablir des contrats aidés ? Dans des domaines comme justement l'animation scolaire, le péris scolaire.
Et ces emplois de parcours emploi compétence, ils permettent notamment un meilleur accompagnement, une meilleure formation pour les jeunes et les moins jeunes d'ailleurs, pour mieux les insérer dans l'emploi. Donc moi oui, je pense qu'on peut continuer à parier sur ces dispositifs. Peut-être les soutenir davantage financièrement pour que ça touche plus de jeunes. C'est tout à fait une possibilité.
C'est ce qu'on est en train de regarder. Sauf que ce dispositif aujourd'hui concerne beaucoup moins de jeunes que les contrats aidés au début du quinquennat, 260 000 contrats aidés ont été supprimés.
C'est pour ça que je pense qu'on peut regarder pour renforcer ces dispositifs. Monter en gamme. Ça fait partie des pistes qu'on explore. Je ne fais pas d'annonce ici sur le sujet. Ce que je vous dis, c'est que pour moi, il y a une palette... Il y a quand même un changement de mentalité. Il y a une palette de dispositifs qu'on peut actionner. Parce qu'il y a un changement dans le pays. Parce qu'il y a une crise sans précédent. Et parce que face à cette crise économique, face à des drames sociaux, évidemment qu'il faut agir et qu'il faut mobiliser tous les leviers dont on dispose.
Et c'est ce sur quoi on va travailler avec Bruno Le Maire, avec Muriel Pénicaud, avec Jean-Michel Blanquiat pour faire des propositions avant l'été.
Gabriel Attal, on vous a peu entendu sur le service national universel pendant cette crise qui est le grand dossier que vous avez porté au début du quinquennat. Est-ce que le service national universel est suspendu ? Est-ce qu'il est modifié avec la crise sanitaire ?
Moi, j'ai le sentiment d'en avoir beaucoup parlé. Mais comme quoi, c'est utile que je vienne ici. Le service national universel, je rappelle, qui est mis en place, qui a été au cœur de la campagne présidentielle, celle d'Emmanuel Macron, et qui vise, si on veut le résumer, à donner à voir à la jeunesse française toutes les possibilités qu'elle a de s'engager pour son pays. Et on voit bien que cette année, peut-être plus que toutes les autres, on a besoin de Français et de jeunes en particulier qui s'engagent pour leur pays. Et donc, c'est évidemment très important que le SNU se tienne cette année. Il se tiendra cette année. Il va continuer à monter en puissance.
Avec quels effectifs ? Est-ce qu'il est redimensionné, notamment en raison des conditions sanitaires aussi ? Est-ce que ça complique évidemment l'organisation du SNU et de la mobilisation de davantage de jeunes ?
Non, on maintient notre objectif de poursuivre la montée en puissance. Il y aura beaucoup plus de jeunes en service national universel cette année que l'an dernier. C'est ce qu'on est en train de regarder parce que je rappelle très rapidement, il y a deux phases dans le service national universel. D'abord, un séjour de cohésion où les jeunes sont envoyés ailleurs en France, encadrés par des militaires, des associatifs, des personnels de l'éducation nationale, ce qui implique un regroupement important, une mobilité.
Ça devait avoir lieu en juin et puis à l'automne, ils devaient faire une mission d'intérêt général dans une association auprès d'un corps en uniforme pour se rendre utile sur le terrain. Et donc, ce qu'on a décidé de faire, c'est d'inverser les deux phases. Vu les conditions sanitaires, c'était compliqué d'organiser là en juin la mobilité et le regroupement des jeunes. Et donc, les jeunes, là, dès la fin du mois de juin, le début du mois de juillet, vont s'engager sur le terrain dans des associations. Dans des EHPAD, peut-être ? Dans des EHPAD, dans l'intergénérationnel, sur les questions environnementales. Ils vont aller se rendre utiles et découvrir combien ils peuvent être utiles.
Et puis, à l'automne, on espère qu'il y aura le séjour de cohésion, évidemment, s'il n'y a pas de nouveau pic épidémique. Là, dès cet été, ce sera 10 000 jeunes qui pourront s'engager dans les associations. Et l'objectif, c'est des 30 000. L'objectif, c'est 30 000. Après, j'espère qu'on pourra accueillir 30 000 jeunes à l'automne dans le séjour de cohésion. On est en train de regarder justement les capacités d'hébergement qu'on a à un moment qui n'est pas celui qu'on avait anticipé au départ.
Renaud Deli. Avant l'été, il y a encore des jeunes qui, eux, sont scolarisés. Certains qui sont revenus à l'école, au collège et au lycée, d'ailleurs. Mais on voit aujourd'hui qu'il y a beaucoup de parents qui se plaignent de ne pas trouver suffisamment de place, finalement, de ne pas pouvoir faire accueillir leurs enfants à l'école. Or, de nouvelles études, notamment celles du professeur Robert Cohen, vice-président de la Société Française de Pédiatrie, ont démontré ces tout derniers jours que, visiblement, les enfants, en tout cas jusqu'à l'âge de 15 ans, sont très peu contagieux, beaucoup moins contagieux que les adultes.
Est-ce qu'il ne faudrait pas alléger le protocole sanitaire de façon à ce qu'il y ait davantage de place pour les enfants à l'école ?
Moi, ce que je veux dire d'abord, c'est que je comprends les parents, les familles qui disent « j'aimerais bien remettre mon enfant à l'école et je n'y arrive pas ». Et je comprends que ça soit frustrant, voire énervant pour des parents et des familles. Il faut se replonger. Là, on était trois semaines ou un mois en arrière. Quand Emmanuel Macron a annoncé que les établissements scolaires allaient rouvrir progressivement à partir du 11 mai, on a quand même entendu beaucoup de critiques, notamment d'acteurs qui aujourd'hui disent « ça ne va pas assez vite ».
Et heureusement qu'Emmanuel Macron a pris ses responsabilités à ce moment-là, à un moment où beaucoup disaient « c'est dangereux, vous ne devriez pas le faire, on n'est pas sûr d'avoir les garanties ». Il a pris sa décision politique à ce moment-là.
Aujourd'hui, au vu de ce qu'on sait de l'épidémie et de la contagiosité faible des enfants, est-ce qu'on ne peut pas aller plus vite, plus loin et alléger le protocole sanitaire ?
On peut aller plus vite, plus loin en faisant en sorte qu'il y ait plus de jeunes, d'enfants qui soient accueillis aujourd'hui dans les écoles avec ce protocole sanitaire. Ce protocole sanitaire... Mais les écoles nous disent « ce n'est pas possible, justement ». Je vais vous dire, ce protocole sanitaire, il prévoit notamment une distanciation entre les enfants qui fait que, dans une classe, vous pouvez accueillir que la moitié des enfants habituellement. Ça veut dire qu'en gros... Voir beaucoup moins dans certaines classes. Justement, si on fait au niveau national, ça veut dire 50% des enfants qui peuvent être accueillis. Si vous divisez toutes les classes par deux, ça fait 50%.
Et aujourd'hui, on constate qu'il y a un peu plus de 20% des enfants qui sont retournés à l'école. Parce que... C'est de la faute des enseignants,
des chefs d'établissement ?
Non, non, non, ce n'est pas de la faute des enseignants, ce n'est pas de la faute des chefs d'établissement. Il y a certaines collectivités qui avaient fait le choix de ne pas rouvrir leurs écoles. Il y en a qui ont fait le choix de les rouvrir et qui ont été plus loin que ce que préconisait le protocole sanitaire. Par prudence, par excès de prudence ? Oui, on ne peut pas leur en vouloir. Mais en tout cas, aujourd'hui, au regard de ces données, sans doute, on peut élargir.
Donc, c'est de la faute des mairies.
Il y a une autre... Non, moi, je ne jette la faute sur personne. On est dans une crise... Et quand vous dites
qu'on peut élargir, ça veut dire qu'on jette à la poubelle les 63 pages de recommandations sanitaires ? Non, je ne dis pas ça.
Je dis qu'on peut aller jusqu'à la limite qui a été fixée par le protocole sanitaire, c'est-à-dire 50% des enfants par classe. Et deuxième chose, on est en train de développer un dispositif avec Jean-Michel Blanquer qui s'appelle 2S2C, Sport, Santé, Culture, Civisme, qui permet d'accueillir des enfants, pas dans leur classe avec leur enseignant, mais à l'extérieur de la classe, dans des parcs, dans des gymnases, sur des activités sportives, des activités artistiques. Et donc, d'avoir un roulement entre la classe et ses activités pour accueillir plus d'enfants.
Donc, ce que je suis en train de vous dire, c'est que là, au cours du mois de juin, il va y avoir de plus en plus d'enfants qui vont être accueillis.
Pas question de toucher au protocole sanitaire dans les écoles.
À ce stade, ça n'est pas prévu pour le mois de juin, mais évidemment, on travaille déjà sur la rentrée pour que la rentrée prochaine puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles et que tous les enfants soient accueillis. Mais ça va quand même
attendre tout doucement puisque l'année scolaire se termine dans un mois seulement. Oui, mais il y a des collectivités qui se mobilisent beaucoup,
qui sont engagées dans ce dispositif d'activité sportive et culturelle. Je pense à la ville de Vincennes, au Mureau, à Bordeaux bientôt qui va le lancer.
Ça permet d'accueillir plus d'enfants. D'accord. Vous restez avec nous, Gabriel Attal, secrétaire d'État à la Jeunesse, invité du 830 de France Info. Un coup d'œil sur le fil Info à 9h moins 10. Stéphane Milhomme.
Un employeur a été condamné à verser 40 000 euros à un ancien salarié pour ne pas lui avoir donné assez de travail. C'est une information France Info. La Cour d'appel de Paris confirme cette décision des prud'hommes. Le responsable d'une entreprise de parfum a été progressivement écarté. C'est-à-dire qu'il n'avait plus que 10 à 20 minutes de travail chaque jour. Après une dépression, il a été licencié. L'heure est au déconfinement pour les châteaux. Chambord aujourd'hui. Versailles rouvre demain. Le domaine a perdu les trois quarts de ses revenus, faute de visiteurs.
Sur France Info, la directrice Catherine Pégard estime qu'elle aura besoin d'un soutien financier de l'État comme toutes les entreprises culturelles. La mort d'Adama Traoré est aussi injuste et indigne que celle de George Floyd. Ce sont les mots d'Omarcy. L'acteur signe une tribune contre les violences policières publiée dans l'Obs. Elle a déjà recueilli plus de 58 000 signatures. Il fait le lien entre les deux affaires en France et aux Etats-Unis. Alors, aux Etats-Unis, où un hommage silencieux a été rendu hier, long hommage de 8 minutes 46, le temps pendant lequel le policier Chauvin était resté agenouillé sur le coup de George Floyd malgré ses supplications.
Et puis, 2000 personnes dans les rues de Lille pour une manifestation houleuse hier soir. Rassemblement non déclaré contre le racisme et les violences policières. La fin du cortège a été émaillée d'incidents.
France Info Et tout est plus clair. Gabriel Attal, secrétaire d'Etat à la jeunesse, invité du 8.30 de France Info ce matin. Avant d'en venir à cette jeunesse, y compris française, qui manifeste dans le monde entier contre le racisme, contre les violences policières et malgré les restrictions sanitaires. Je voudrais juste qu'on parle d'un sujet important, celui des vacances d'été qui se préparent. Beaucoup de Français profitent d'habitude des colonies de vacances pour envoyer leurs enfants. Jean-Claude Kennedy, le maire PCF de Vitry-sur-Seine près de Paris, propose lui-même d'envoyer les parents avec les enfants. Mais tout ça, ça a un coût. Écoutez-le, il était sur France Info.
Si on veut améliorer la qualité de l'accueil dans les conditions d'aujourd'hui, tout cela a un coût supplémentaire. C'est des agents, des agents qu'il faut payer, c'est des produits qu'il faut acheter, c'est des mesures qu'il faut prendre et qui coûtent aussi de l'argent.
Ça coûte cher de mettre en place des protocoles sanitaires pour les colonies. Est-ce que vous allez aider les communes qui, comme Vitry-sur-Seine, mettent en place des colonies de vacances ?
Oui, avec Jean-Michel Blanquer, on va annoncer des mesures dans les tout prochains jours sur cette question des vacances. C'est très important que les enfants puissent partir en vacances cet été parce qu'ils ont vécu un confinement qui a été difficile pour eux comme pour tout le monde. Mais pour un enfant, le fait de ne pas pouvoir sortir, être avec d'autres enfants, c'est très difficile. Et parce qu'à l'occasion de ce confinement, ils ont en plus perdu des moments où ils devaient apprendre et continuer à apprendre.
Et donc, on va soutenir très fortement un certain nombre d'opérateurs des colonies de vacances cet été dans cette logique de vacances apprenantes et culturelles qui a été annoncée par le Président de la République.
Uniquement les organismes qui auront ce label des vacances apprenantes ? Enfin,
on va soutenir massivement les organismes de colonies de vacances à travers ce label, mais beaucoup de colonies de vacances vont s'engager dans ce label. Ça va être un soutien très important.
Ils vont prendre quelle forme ce soutien ? Des aides publiques ? Des aides à l'organisation sur place des séjours ?
Ça va être des aides au départ pour les enfants, pour permettre aux enfants de partir. Pour les familles. Donc on paye un billet de train à une famille ? On paye un séjour en colonies de vacances pour les enfants. La question qui a été posée dans l'extrait que vous avez diffusé est moins celle des colonies de vacances que de ce qu'on appelle le tourisme social qui permet à des familles trécaires de partir. Là aussi, il y aura... C'est la question du protocole sanitaire également.
Il va falloir s'équiper en masques, en gel, etc. Il va falloir occuper plus d'espace pour pouvoir étendre les enfants. Tout ça, ça coûte cher.
Et là-dessus, ce que je peux vous confirmer parce que les acteurs des colonies de vacances attendent beaucoup maintenant de savoir quel sera le protocole parce qu'ils ont su la semaine dernière avec l'intervention du Premier ministre qu'ils pourraient organiser des colonies de vacances. Maintenant, ils attendent le protocole. Il sera aussi publié dans les tout prochains jours, très clair, très court, pour donner les conditions... Il ne fera pas 63 pages. Pour donner les conditions de départ...
Il sera plus léger, plus souple que celui qui est en vigueur actuellement à l'école ? Oui, parce que... Les enfants en vacances ne vont pas porter des masques ?
Non, a priori, non. Enfin, j'attends que le protocole soit diffusé, vous me permettez, puisqu'il y a les autorités sanitaires qui doivent le valider définitivement. Mais oui, il sera plus souple, ce qui va nous permettre aussi de préparer la rentrée à l'école en montrant qu'avec ces nouvelles conditions, il est possible de ne pas prendre de risques. Oui, mais je veux quand même rassurer les familles. C'est très sécurisant. Et tout est construit pour garantir, comme c'est le cas aujourd'hui à l'école, le fait qu'il y ait le moindre risque possible.
Gabriel Attal, notre pays, comme beaucoup dans le monde, est secoué actuellement par une vague d'indignation contre le racisme, contre ce que les manifestants appellent des violences policières, même si le gouvernement jusqu'ici a réclusé ce terme. 20 000 personnes encore rassemblées lundi soir à Paris pour réclamer notamment justice pour Adama Traoré, un jeune homme qui est mort après son interpellation en 2016. Est-ce que vous avez été surpris, peut-être même touchés par ces mobilisations ?
Moi d'abord, ce que je veux dire, c'est qu'il y a évidemment une émotion face à ce qui s'est passé aux Etats-Unis. On ne peut qu'être ému, j'espère, quand on voit ces images et ce qui s'est passé. Mais qu'on ne peut pas comparer la situation des Etats-Unis avec la situation de la France. Vous parliez tout à l'heure d'Omarcy. J'ai regardé son texte.
Oui, il a publié une tribune dans l'Obsa, je le précise, dans laquelle il fait le parallèle. Par exemple, il parle de Zia Débouna qui sont morts, clichés souvent en 2005, parce que, dit-il, il fuyait la police. Moi aussi, écrit Omarcy, j'ai peur quand je croisais le chemin de la police. J'avais peur quand je croisais le chemin de la police quand j'étais adolescent.
Il y a eu aussi des drames en France. Mais on ne peut pas comparer parce que nos polices ne sont pas comparables en termes de doctrine de maintien de l'ordre et d'interpellation, en termes de faits racistes qui sont constatés. Et moi, s'il y a un point sur lequel je suis en désaccord dans ce texte, c'est quand il dit je ne sais plus la phrase exacte. Il faut en France une police démocratique ou une police républicaine. On a en France une police républicaine. Alors, comment expliquez-vous
que tant de jeunes, aujourd'hui, Gabriel Attal, aient peur de cette police ?
Il y a un malaise. On ne peut pas dire autre chose. Le fait qu'il y ait eu 15 à 20 000 jeunes qui se soient réunis, il y avait des mots d'ordre différents. Il y avait certaines choses qui sont totalement inacceptables. Je pense à des propos indigénistes. Les images de jeunes qui ont invectivé un policier noir en lui disant tu es un traître et tu es un vendu, ces images-là, je les trouve terrible. C'est extrêmement minoritaire.
Mais 20 000 personnes sont rassemblées dans un calme.
Si vous mettez aller au bout, c'est qu'il y avait plusieurs mots d'ordre. Il y a certains qui avaient ces propos que je condamne, mais l'écrasante majorité était là pacifiquement, parfois sur un mot d'ordre de lutte contre les discriminations et le racisme. Et ça dit quelque chose. De même que les propos de... Je parlais de malaise. C'est juste un malaise. Une incompréhension, un malentendu à vous écouter.
Il n'y a pas des faits. Il n'y a pas des faits aussi. Il n'y a pas eu des insultes. Il n'y a pas eu des actes aussi, des incidents. Et est-ce que la police, comme d'autres corporations d'ailleurs, n'a pas tendance à se protéger, y compris à protéger ces éventuels individus violents ?
Moi, je ne le crois pas. Je le dis. Il y a des faits. Mais vous savez, la police, c'est le miroir de notre société. Et heureusement, vous avez de la diversité dans la police. J'ai vu que c'est le directeur général de la police nationale qui parlait d'une police Black Blumberg. Vous avez de la diversité dans la police. Et heureusement, et parce que c'est le miroir de la société, il peut arriver aussi qu'il y ait des comportements individuels qui donnent lieu à de la haine, à du racisme, à des dérapages. Mais les loirs ne sont pas plus contrôlés que les autres dans le métron, par exemple. L'important, c'est qu'ils soient identifiés et qu'ils soient sanctionnés. C'est le cas aujourd'hui ?
Aujourd'hui, vous prenez l'ensemble des sanctions qui sont prononcées dans l'administration française. La moitié est faite dans la police. Alors, on peut toujours dire qu'il faut que ça soit mieux encadré, que ça soit en garde davantage. Moi, j'entends parfaitement. Ce que je vous dis, je ne vous dis pas qu'il faut fermer les yeux et considérer qu'il n'y a pas de problème. Puisque je vous dis que quand il y a 15 000, 20 000 jeunes qui se réunissent, ça dit quelque chose. De même que...
Mais est-ce que les sanctions sont à la hauteur des faits ? Parce que ces manifestants, ils ont l'impression que ces policiers sont sanctionnés, mais enfin, finalement, ils reviennent vite au travail et reprennent leur vie normale.
Il y a des sanctions, il y a des policiers qui sont révoqués. Ça arrive. Mais c'est pareil. Je veux dire, on ne sortira pas du malaise en dressant les citoyens contre les policiers, en expliquant que les policiers sont racistes, si la police n'est pas démocratique parce que ce n'est pas vrai. Et on ne sortira pas du malaise en considérant qu'il n'y a pas de problème. Moi, je crois au dialogue et je crois à l'apaisement.
Et je crois profondément que ce constat-là, celui de ce malaise, d'une partie de la jeunesse, il a été fait par Emmanuel Macron dès la campagne présidentielle avec une mesure qui me semble très importante qui est la mise en place de la police de sécurité du quotidien qui vise justement à permettre ce dialogue et cette proximité entre les forces de l'ordre et les jeunes dans les quartiers. Et peut-être qu'il faut qu'on aille plus vite et qu'on aille plus loin sur la mise en oeuvre de cette police de sécurité du quotidien.
Et vous reviendrez sur France Info nous annoncer ces mesures futures. Merci beaucoup Gabriel Attal, secrétaire d'Etat à la jeunesse, invité du 830 de France Info. Merci.
Gabriel Attal