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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 30 octobre 2019 17 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Déclaration à Rouen | Emmanuel Macron

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15E. MacronFait
    « depuis les 1res heures, j'ai pu suivre l'action du gouvernement, des services de l'Etat »
  • 1:30E. MacronPromesse
    « Vendredi dernier, les mesures d'indemnisation ont pu être lancées, ce qui, un mois après l'incendie de Lubrizol, était un point important »
  • 2:30E. MacronFait
    « Les services de l'Etat ont ensuite été pleinement mobilisés dans leur intégralité, jour et nuit, durant les dernières semaines »
  • 3:30E. MacronFait
    « Les prélèvements ont, à chaque fois, permis de donner des chiffres qui sont dans la norme »
  • 5:30E. MacronFait
    « Il y a eu une exposition, que les mesures qui ont été faites n'ont pas conduit à montrer des chiffres qui sont hors de la norme »
  • 9:30E. MacronFait
    « La confiance, ce n'est pas la crédulité. La confiance, c'est le fait de croire dans une parole qui est autorisée »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : Ecoutez, je tenais à rendre visite à M. le Maire de Rouen et, après cet échange aussi, à passer quelques instants en ville, mais avant toute chose, pour avoir un message d'amitié et de solidarité pour les Rouennaises et les Rouennais.

Et je l'ai dit à M. le Maire aussi, dire combien, depuis les 1res heures, j'ai pu suivre l'action du gouvernement, des services de l'Etat. Je sais le choc, d'abord, des habitants de la ville, des villes alentours, parfois de plusieurs communes, puisque nous savons toute la sensibilité qu'il y a eu ces dernières semaines, le choc qui a été donc ressenti, l'inquiétude qui a été vécue, les odeurs et les doutes.

Et j'ai entendu, et nous continuons d'entendre, évidemment, tous ces messages d'avoir beaucoup de considération pour chacune et chacun. Je veux vraiment remercier aussi M. le Maire, avec lui toutes ses équipes, l'ensemble des élus qui, dans cette période, ont eu un véritable esprit de responsabilité pour expliquer, accompagner le travail et faire ce rôle d'élu qui est difficile dans ces moments-là où, parfois, l'inquiétude et les grandes peurs peuvent resurgir.

Je tenais aussi à remercier M. le Préfet de région et, avec lui, l'ensemble des services de l'Etat et des services de secours qui, dès les 1res minutes, ont eu des bonnes réactions. Nos pompiers ont réagi de manière exemplaire et leur intervention a permis de réduire au maximum, évidemment, les dégâts et les conséquences que nous aurions pu subir.

Les services de l'Etat ont ensuite été pleinement mobilisés dans leur intégralité, jour et nuit, durant les dernières semaines, pour agir, pour expliquer, pour aussi procéder aux enquêtes, audits, mesures en grand nombre, et c'était légitime, et pour mesurer les normes sanitaires, la pollution et veiller au maximum à rassurer. Toutes ces dernières semaines ont aussi été marquées par une très grande mobilisation du gouvernement. Plusieurs ministres et le Premier ministre, à plusieurs reprises, se sont déplacés pour marquer cette mobilisation dont il m'a été rendu compte avec scrupule et en temps réel.

Au moment où nous nous trouvons, quelques jours après les un mois qui ont donné lieu à cette visite du Premier ministre et des ministres à Rouen, nous pouvons dire que toutes les mesures, les enquêtes qui devaient être faites, ont été conduites. On suit évidemment l'évolution avec beaucoup de scrupule. On continue de le suivre.

Et vous le savez, des enquêtes se poursuivront, y compris dans plus de 200 communes qui dépassent la région Normandie et qui concernent aussi la région Hauts-de-France pour ce qui est des conséquences, en particulier dans le monde agricole. Vendredi dernier, les mesures d'indemnisation ont pu être lancées, ce qui, un mois après l'incendie de Lubrizol, était un point important. Et dans les prochains jours, d'ici au 18 novembre, nous aurons les 1res indemnisations qui seront versées, qui permettront, qui aux agriculteurs, qui aux commerçants, donc à celles et ceux qui ont eu à subir les conséquences de ce qu'il s'est passé, de commencer à toucher ces indemnisations, là aussi dans l'esprit de responsabilité et de transparence.

Transparence et dialogue, c'est ce qui prévaudra pour les semaines et les mois qui viennent. Avec les élus, avec la population, avec l'ensemble des forces vives de la ville, de la région, le gouvernement continuera d'agir, d'abord pour rendre compte de toutes les informations dont il dispose en temps réel pour continuer à accompagner. Et puis, je souhaitais aussi venir pour échanger sur l'avenir avec M. le Maire, parce que Rouen est une grande ville, à la fois industrielle, économique et de culture.

Et il serait injuste, même si nous devons évidemment continuer de nous occuper de celles et ceux qui ont subi ce choc, qu'il faut entendre, et indemniser, comme je l'ai dit, nous devons aussi regarder devant, à la lumière de ce que la ville de Rouen est, et à la lumière de ce que la région porte. Et donc, mon souhait, c'est que nous puissions aussi, dans les prochaines semaines et les prochains mois, aux côtés de la ville, de la région, du département, trouver les moyens, dans le cadre particulier du cadre productif que j'ai souhaité, de penser à un avenir industriel qui soit compatible avec la vie en ville, qui soit moins polluant, dont les risques continuent d'être toujours mieux encadrés, et donc de penser au développement économique sous toutes ses formes, industriel comme agroalimentaire, et de faire aussi de la ville et de la région un exemple de cette reconquête et d'une stratégie que nous voulons conduire. Et la 2e chose, c'est que je souhaite que nous puissions aussi collectivement rebâtir l'attractivité, l'image de Rouen qui a une grande histoire littéraire, historique et, si je puis dire, au confluent de Paris et du monde impressionniste, a aussi cet héritage de culture, littérature et peinture, que nous puissions faire valoir cette image, ce bon vivre à l'occasion d'événements internationaux que je souhaiterais pouvoir organiser.

Et je crois que M. le Maire rejoint cette idée, dans les prochaines semaines et les prochains mois. Voilà quelques-unes des pistes que nous avons évoquées.

Nous avons donc parlé du mois qui vient de s'écouler et des expériences ainsi partagées, des points de préoccupation pour les prochaines semaines et de l'avenir. Mais je voulais, en venant ici, terminer par ce message d'amitié, de soutien, de considération pour les Rouennaises et les Rouennais. -Est-ce que vous ne venez pas trop tard, M. le Président ? -E.

Macron : Je ne crois pas. Vous savez, le rôle du président de la République n'est pas de se précipiter dès qu'il y a quelque chose qui se passe. Il y a évidemment des circonstances, dans la vie de la nation, lorsqu'il y a un drame avec plusieurs victimes, qu'il s'agisse d'une attaque terroriste ou de drames, de catastrophes naturelles ou industrielles, il peut être légitime, à ce moment-là, que le président vienne.

Je ne crois pas que mon rôle soit de me substituer à chaque ministre. Je pense que l'Etat a été là où il devait être au moment où il devait l'être. Le préfet de région a agi dès les 1res minutes avec sang-froid et détermination.

Il a été courageux et il a pris ses responsabilités. Je crois que tous les élus le reconnaissent. Les ministres de la République sont déplacés rapidement, présents sur place, pour donner et partager les informations qui étaient les leurs.

Le Premier ministre est tôt venu, il est revenu au bout d'un mois. Le président de la République n'a pas vocation à être un homme-orchestre. Il faut venir au bon moment.

J'ai évidemment suivi, dès les 1res minutes, ce qu'il se passait. Je me suis préoccupé du sort de la ville, de ses habitants, des alentours et de tout ce qui était conduit par le gouvernement. Mais je pensais que c'était là le bon moment, avec justement un peu de recul, d'avoir ce message de soutien, de considération, de rendre compte de ce que j'en ai retenu, de pouvoir échanger avec M. le Maire et, par son truchement, la population.

Et puis aussi de parler de la suite. -M. le Président, une petite question concernant la méfiance vis-à-vis de la parole publique aujourd'hui.

Qu'est-ce que ça vous inspire? -E. Macron : C'est un défi que nous avons tous mais qui touche les politiques, au 1er chef, ceux qui administrent, parfois ceux qui commentent l'actualité.

Même quand je lis les enquêtes auquel vous faites référence, ceux qui la pensent, c'est les scientifiques. Vous savez, c'est aussi pour ça qu'il ne faut pas parler tout le temps et qu'il ne faut pas se précipiter sur tous les événements. Il faut savoir faire les choses en bon ordre et au bon temps.

Et parfois, la multiplication des paroles peut créer une forme de relativisme absolu. Nous devons apprendre à vivre avec les réseaux sociaux et l'information continue. Il y a des bonnes choses.

On sait qu'il y a plus de transparence qui est créée, mais parfois, ça crée de la friture sur la ligne, parce qu'on pense que toutes les paroles se valent. Moi, je retiens, et nous devrons en faire les retours d'expérience pleins et entiers, on peut toujours s'améliorer, toujours. M. le Préfet, d'ailleurs, dans son audition d'aujourd'hui, a présenté quelques pistes.

Et le gouvernement y réfléchit, et nous aurons à tirer les conséquences. On en parlait aussi avec M. le Maire.

Mais je sais une chose, c'est qu'à un moment donné, quand les choses s'emballent, si on ne vérifie pas la réalité d'une information, la véracité d'une image, le statut d'une parole, il y a peu de chance qu'on rassure. Et donc, il est important, dans ces moments-là, que les paroles autorisées s'expriment, que les experts en indépendance puissent s'exprimer, que ceux qui ont à gérer une crise la gèrent avant tout et rendent compte, de manière régulière, sur ce qu'ils font et ce qu'ils savent. Et il faut accepter que la transparence absolue n'est possible qu'à la fin, quand on a rassemblé tous les éléments.

Voilà. Donc la défiance, j'ai peur que parfois, nous ne la nourrissions collectivement par la précipitation ou la relativisation. Et je pense que ce qui est très important, et c'est aussi pour ça que je voulais saluer à la fois le travail de l'Etat, de son représentant ici, de ses services et des élus, c'est qu'il faut garder beaucoup d'humilité, de sang-froid, dire ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas, avoir beaucoup de transparence, de dialogue et associer qui décide dans son rôle, qui expertise dans son rôle et avec indépendance et qui vit et doit dialoguer dans son rôle, c'est celui du citoyen.

Voilà. Je pense qu'il faut que ces différentes formes soient maintenant organisées dans la vie démocratique contemporaine peut-être un peu mieux. Quand toutes les paroles se mélangent avec tous les statuts, ça crée de la défiance et tout le monde est perdant.

Parce qu'on a besoin de confiance pour vivre en démocratie. La confiance, ce n'est pas la crédulité. La confiance, c'est le fait de croire dans une parole qui est autorisée, soit parce que quelqu'un a des informations, parce qu'il agit et qu'il est détenteur d'une autorité ou d'un pouvoir, justement, d'action, soit parce qu'il a une expertise scientifique.

Voilà. Donc chacun a sa place au bon rythme. C'est comme ça qu'on peut bâtir les choses.

Et l'emballement qu'il y a parfois eu, moi, je comprends une chose, c'est l'émotion de la population. Quand on vit ce qui a été vécu à Rouen, quand on respire, on le disait, pendant des jours et des jours, même des semaines, des odeurs qui sont désagréables, dont on ne connaît pas la dangerosité, même si on vous dit le contraire, c'est très déstabilisant. Et donc ça, ça nourrit forcément de l'inquiétude.

Mais il ne faut pas que cette inquiétude, qui est tout à fait légitime, devienne de la défiance parce que des fausses information circulent ou parce qu'on se met à dire tout et son contraire. -M. le Président, la question de l'état de catastrophe technologique... (Propos inaudibles) -E.

Macron : Ecoutez. Là-dessus, nous en avons parlé avec M. le Maire, nous en parlons avec le gouvernement, je crois qu'il faut, là aussi, regarder les choses telles qu'elles sont.

Nous sommes face a un site Seveso qui connu, qui est encadré et d'ailleurs, dont la classification a permis la bonne réaction de services de l'Etat, plus exactement l'ensemble des forces de secours, des services et des élus. Donc ces classifications servent à quelque chose. Ces sites sont le fruit de notre histoire.

Mais ils sont infiniment mieux encadrés qu'ils ne l'étaient jadis et même naguère. Ensuite, quand on regarde à date, je suis très prudent, les conséquences et les effets produits, je considère que les travaux qui ont conduit à nettoyer, la darse en particulier, ont été fait de manière très rapide. Les prélèvements ont, à chaque fois, permis de donner des chiffres qui sont dans la norme.

Et l'accompagnement sanitaire, l'accompagnement lié à toutes les mesures de prélèvement, en ville, alentours, y compris, je le disais, hors du ressort de la région, a permis de montrer que la norme était à chaque fois suivie. Donc je pense qu'à ce stade, engager un tel débat supposerait, en tout cas, d'avoir des faits objectifs pour le faire. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un travail d'accompagnement, sans parler de catégories, comme celle que vous avez évoquée.

C'est ce qui nous a conduits vendredi dernier à lancer la procédure d'indemnisation, à mobiliser aussi donc la responsabilité, dans le cadre de ce qu'il s'est passé, de l'entreprise et du groupe, ce qui a été fait. Et donc je crois qu'aujourd'hui, il nous faut plutôt poursuivre le travail de suivi de mesures, de transparence, l'indemnisation et le suivi dans la durée. Et je pense que ce qui est très important et qui est attendu, on verra après dans la durée s'il convient de qualifier différemment la situation, je parle avec la même humilité que celle à laquelle je faisais référence à l'instant, c'est de se dire : "Tout ne se stoppe pas maintenant." Parce qu'il y a peut-être des choses qu'on ne mesure pas parfaitement.

Et donc il faut qu'on puisse mesurer, sur les prélèvements qui ont été faits et qui continueront d'être effectués, sur la santé et autre, les effets qui seront perçus. Mais donc, on continuera à mesurer, on continuera à informer et on continuera la transparence. -Justement, M. le Président, il y a plus de 500 plaintes qui ont été déposées dans le mois que vous évoquez.

Qu'est-ce que, concrètement, vous pouvez dire à ceux que vous allez rencontrer en ville ? -E. Macron : Ce que je viens de dire, c'est-à-dire qu'elles seront toutes instruites, considérées.

On sait la sensibilité, on en parlait, plusieurs centaines de personnes sont allées à l'hôpital avec des troubles qui n'ont pas donné lieu à des hospitalisations longues, et donc à court terme, en tout cas, à des pathologies qui sont identifiées. Mais il faut continuer de le suivre. Et je pense que...

Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a eu une exposition, que les mesures qui ont été faites n'ont pas conduit à montrer des chiffres qui sont hors de la norme, que des gens ont ressenti des choses, et moi, je l'entends et il faut le respecter, et c'est aussi ce que je suis venu dire. Et donc, évidemment, ceci sera regardé avec beaucoup de scrupules. On continuera à le faire pour celles et ceux qui ressentent des symptômes, ont le sentiment d'avoir des conséquences de cela.

Après, comme on le disait aussi avec M. le Maire, ça a été une exposition qui fut momentanée avec des mesures sanitaires multiples, permanentes. Et je le dis, parce que beaucoup de comparaisons ont été faites avec des pathologies qu'on a connues, qui ont été des scandales sanitaires dans notre pays, qui étaient la résultante d'expositions longues à des substances dangereuses, pendant toute une carrière, ce qui est une situation très différente.

Donc je suis prudent, mais là, de la même manière, on regardera chacun des cas, on instruira chacun des cas, on le fera avec l'esprit de responsabilité et la transparence. -M. le Président, certains dans l'opposition ont déclaré dans les 1ers jours après l'événement, que l'Etat s'est montré fautif de ne pas prendre la mesure, peut-être, de l'événement tout de suite.

Qu'est-ce que vous leur répondez ? -E. Macron : Je crois que les faits ont dit le contraire, les élus l'ont eux-mêmes reconnu.

Des commissions d'enquête sont en cours dans nos assemblées, qui auront leurs mots à dire sur ce sujet. C'est bien, c'est la vie de la démocratie. Le gouvernement, c'est qui, dans la région ?

C'est le préfet. Qui était aux manettes dès les 1res minutes ? Le préfet.

L'Etat a agi dans ses compétences. Les services de l'Etat ont agi dans leurs compétences, avec beaucoup de sang-froid, beaucoup de professionnalisme. Les ministres se sont ensuite déployés, et l'ensemble des services de l'Etat, dans leurs compétences, ont fait ce qu'ils devaient faire.

Et donc, de là où je suis, je peux vous dire que je n'ai pas vu de défaillance, au contraire. J'ai vu beaucoup d'engagement, beaucoup de détermination, beaucoup de sang-froid. Et je veux à nouveau saluer le travail de nos pompiers qui n'ont pas connu la peur, une fois encore, et ont permis véritablement de contenir ce qui s'est passé à Lubrizol et d'éviter des conséquences qui auraient pu être bien plus dommageables, et de saluer la mobilisation de l'ensemble des services de l'Etat et la bonne intelligence avec laquelle ils ont travaillé, avec les élus et les services de la ville comme des municipalités qui étaient engagés.

Merci à vous.