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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 mai 2017 13 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Benoît Hamon : "Je suis et serai dans l'opposition... La gauche existe encore"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    En réagissant dimanche soir en appelant à un maximum de candidatures d'Union de la Gauche au législatif, vous n'avez pas dit ce que vous éprouviez à l'égard du nouveau président ?

  • 0:57FerméeRéponse directe

    Vous n'y croyez pas, donc c'est l'opposition ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Mais vous n'auriez pas un autre discours s'il y avait été élu un président issu de la droite, Benoît Hamon ?

  • 2:34RelanceRéponse directe

    La précarisation par exemple ?

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Les ordonnances, c'est aussi grave à vos yeux que le 49-3 ?

  • 4:02RelanceRéponse directe

    C'est pas ce qui a été dit.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueFait
    « Je n'ai absolument aucune hostilité personnelle à l'endroit d'Emmanuel Macron. »
  • 0:40Invité politiqueFait
    « Elles sont lourdes sur le plan du chômage, elles sont lourdes sur le plan des inégalités, de la pauvreté, de la tension que l'on perçoit encore dans le pays. »
  • 1:30Invité politiquePromesse
    « je combattrai un certain nombre de propositions, comme la suppression de l'impôt sur la fortune, le recul des droits sociaux des salariés, la remise en cause des services publics. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Je me serais situé dans l'opposition de la même manière, parce que le projet politique n'est pas aujourd'hui un bon projet politique pour le pays. »
  • 3:01Invité politiqueFait
    « et le président de la République y adhère désormais, en Allemagne par exemple, et ça s'est payé au prix d'une pauvreté qui a considérablement augmenté. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Mais c'est grave, pourquoi ? Parce que je trouve qu'il y a quelque chose d'assez tragique à ne rien retenir de leçon du passé. »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « Dans le cas des ordonnances, c'est une loi d'habilitation. »
  • 4:55Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas une opposition frontale. »
  • 5:12Invité politiquePromesse
    « Moi, je ne renonce pas à l'idée de rassembler la gauche. »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « Je pense qu'un parti tout aussi grand, soit-il, tout aussi grande soit son histoire, ne peut pas enterrer de belles idées. »
  • 6:56Invité politiqueFait
    « Il y a quand même, je pense, beaucoup plus de personnes à adhérer à mon projet qu'il y en a eu à voter pour moi. »
  • 9:53Invité politiqueFait
    « Je leur réponds que je ne crois pas que la gauche puisse se recomposer autour d'un seul homme. »
  • 10:10Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faut renoncer désormais, puisque nous rentrons dans un nouveau cycle, à l'idée selon laquelle la gauche ne peut se recomposer qu'autour d'un seul homme. »
  • 11:42Invité politiqueFait
    « Il y a une vraie fin de cycle. »
  • 12:13Invité politiqueFait
    « La faillite de qui ? D'un comportement, celui de Manuel Valls, mais qui est celui aussi de ceux qui choisissent de ne pas voter pour ne pas soutenir le candidat désigné par des primaires. »

Temps de parole

  • Présentateur82 %
  • Benoît Hamon18 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 8h22, le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr

0:09
Benoît Hamon

Bonjour Benoît Hamon. Bonjour Patrick Cohen. En réagissant dimanche soir en appelant à un maximum de candidatures d'Union de la Gauche au législatif, vous n'avez pas dit ce que vous éprouviez à l'égard du nouveau président ? Espoir, attentisme, hostilité ?

0:26
Présentateur

Je n'ai absolument aucune hostilité personnelle à l'endroit d'Emmanuel Macron. Je lui souhaite, comme tout le monde, de réussir, parce que les questions qui sont posées à la France sont lourdes. Elles sont lourdes sur le plan du chômage, elles sont lourdes sur le plan des inégalités, de la pauvreté, de la tension que l'on perçoit encore dans le pays, donc je lui souhaite de réussir, mais en même temps je ne crois pas aujourd'hui son projet capable de répondre aux grandes transitions qui sont celles que vit notre pays, la transition écologique, la mutation du travail.

0:57
Benoît Hamon

Vous n'y croyez pas, donc c'est l'opposition ?

1:00
Présentateur

Oui, moi je suis dans l'opposition et je serai dans l'opposition à Emmanuel Macron, ce qui ne veut pas dire qu'on ne travaille pas intelligemment. Il y a dans une démocratie, une majorité, une opposition, des idées différentes, des projets politiques, mais pour dire les choses simplement, le président de la République, le nouveau président de la République a lui-même posé les termes de ce qui caractérise une opposition, une majorité. Il ne croit plus à la gauche et à la droite. Il pense aujourd'hui qu'un projet peut s'incarner dans le ni droite ni gauche.

Moi je pense que la gauche existe encore, et parce que je pense que la gauche existe encore, je combattrai un certain nombre de propositions, comme la suppression de l'impôt sur la fortune, le recul des droits sociaux des salariés, la remise en cause des services publics. Je me battrai pour une vraie transition écologique, je me battrai pour améliorer aujourd'hui les conditions de travail. Tout cela fait un projet politique et justifie que je me situe dans l'opposition librement, sereinement, tranquillement, sans pour autant que ça suscite, j'imagine, de cris de refraie.

1:55
Benoît Hamon

Mais vous n'auriez pas un autre discours s'il y avait été élu un président issu de la droite, Benoît Hamon ? Auriez-vous eu un autre discours si le président élu avait été issu de la droite ?

2:08
Présentateur

Je me serais situé dans l'opposition de la même manière, parce que le projet politique n'est pas aujourd'hui un bon projet politique pour le pays. Je vais prendre quelques exemples, mais je considère aujourd'hui que nous avons besoin d'innovation sociale, nous avons besoin de penser le travail différemment, je l'ai porté dans ma campagne présidentielle. Il reste attaché à une vision assez classique du travail, voire même à une précarisation du travail, qui pourrait être la solution à ses yeux à la question du chômage.

2:34
Benoît Hamon

La précarisation par exemple ?

2:35
Présentateur

En facilitant le licenciement, en renvoyant aux entreprises le soin de fixer les termes aujourd'hui du droit du travail. Moi je ne considère pas aujourd'hui qu'il faille renvoyer à chaque entreprise les conditions dans lesquelles on protège ou pas les salariés. Ces choix politiques là, qui consistent finalement à reprendre cette idée selon laquelle plus facilement on licencie quelqu'un, plus facilement on l'embauchera, je ne crois pas que ce soit la bonne solution. Je pense que ces modèles là existent, ils peuvent faire l'objet de l'adhésion, et le président de la République y adhère désormais, en Allemagne par exemple, et ça s'est payé au prix d'une pauvreté qui a considérablement augmenté.

Mon idée aujourd'hui, ça n'est pas de réduire le chômage au prix d'une pauvreté qui augmente, c'est la raison pour laquelle je me situerai sereinement, tranquillement dans l'opposition.

3:16
Benoît Hamon

Les ordonnances, c'est aussi grave à vos yeux que le 49-3 ?

3:20
Présentateur

Mais c'est grave, pourquoi ? Parce que je trouve qu'il y a quelque chose d'assez tragique à ne rien retenir de leçon du passé. Le 49-3 a été vécu comme très mal par les français, pourquoi ? Parce qu'il touche à quelque chose d'essentiel, nos conditions de travail. Les conditions dans lesquelles chaque jour on gagne son pain. Les conditions dans lesquelles on sera peut-être licencié. Les conditions dans lesquelles on participe à la décision dans une entreprise. Ce sont des choses importantes.

Et le fait qu'on soit passé au-delà de l'expression qui était celle d'une protestation dans la rue, de l'expression d'une protestation par les syndicats, l'expression d'une protestation au Parlement, par 49-3 a beaucoup choqué. Et bien reprendre le sujet du droit du travail et commencer par dire, nous passerons par ordonnance, c'est-à-dire sans écouter les partenaires sociaux, sans écouter le Parlement.

4:02
Benoît Hamon

C'est pas ce qui a été dit. C'est-à-dire qu'il y aura une consultation des partenaires sociaux, ça a été répété par Emmanuel Macron. Et le Parlement, il y aura une discussion parlementaire.

4:10
Présentateur

Dans le cas des ordonnances, c'est une loi d'habilitation. Oui, mais une loi d'habilitation sur les ordonnances, ça ne veut pas dire qu'on discutera au fond de ce qui se passera dans un texte aussi important que celui-là. Donc c'est aussi grave que le 49-3, c'est de même nature. Je considère qu'il y a là une forme de déni de démocratie et qu'on poursuit dans une approche qui apporte assez peu de soin à la démocratie. Je trouve que nous sommes dans une période, justement une époque, où nous devrions nous préoccuper de la qualité du débat démocratique, de la qualité de l'intervention des citoyens. Et je pense que commencer par légiférer par ordonnance, n'est pas un bon signal.

4:44
Benoît Hamon

Vous pensez donc, Benoît Hamon, que le Parti Socialiste, dont on annonce encore la mort, ce qu'a fait Emmanuel Valls hier, peut se refaire sur une opposition frontale au nouveau pouvoir ?

4:55
Présentateur

Ce n'est pas une opposition frontale. Moi, j'assume d'être dans l'opposition. Je défendais un projet fondamentalement différent de celui d'Emmanuel Macron. Ce qui n'a pas empêché des électeurs de gauche de voter pour lui, par vote utile, certains par, sans doute, adhésion. Moi, je ne renonce pas à l'idée de rassembler la gauche. Ce que je veux simplement dire, c'est qu'il se serait particulièrement curieux que je m'inscrive dans autre chose que l'opposition, tant, finalement, notre approche de la fiscalité, notre approche du travail, notre approche de la transition écologique, sont différentes. C'est aussi simple que ça. Je le fais sereinement, je vous le dis, tranquillement.

5:27
Benoît Hamon

Vous pourrez peut-être vous retrouver sur la première loi qui sera présentée, qui est la loi de moralisation de la vie publique. Bien sûr, je vous dirais,

5:33
Présentateur

je voterai certaines dispositions de cette loi si je suis élu parlementaire et député. Je voterai certaines dispositions, mais j'insisterai aussi pour la transparence sur les dons, comme je l'ai fait dans ma campagne, sur le fait qu'on soit véritablement, demain, indépendant au Parlement des lobbies privées, qu'on ne puisse pas exercer de profession en plus d'un mandat parlementaire. Oui, j'irai au bout d'une vraie loi de moralisation de la vie publique et j'espère que le gouvernement, en tout cas, s'attachera à le faire réellement. On ne s'arrêtera pas au milieu du guet.

6:00
Benoît Hamon

Alors, sur quel programme allez-vous mener campagne pour ces législatives ? On a vu hier l'EPS oublier certaines de vos propositions de votre programme présidentiel, le revenu universel, la taxe sur les robots, la sortie du diesel et du nucléaire. Est-ce que ça vous semble un bon compromis ?

6:17
Présentateur

49,3 citoyens, l'essentiel des marqueurs qui ont été ceux de ma campagne électorale, de la part, pour certains d'entre eux, de dirigeants politiques qui n'ont ni fait ma campagne ni sans doute voté pour moi. Qu'est-ce que j'en pense ? Je pense qu'un parti tout aussi grand, soit-il, tout aussi grande soit son histoire, ne peut pas enterrer de belles idées. et de belles idées qui, de toute façon, continueront à féconder ce qui doit être la recomposition et la renaissance de la gauche. Elles n'ont pas été très fécondes au premier tour, Benoît Hamon.

Mais je ne conteste pas que ce résultat, et je l'ai même assumé personnellement, que ce résultat n'a pas été à la hauteur de mes propres espérances. Mais je voudrais dire d'un mot. Il y a quand même, je pense, beaucoup plus de personnes à adhérer à mon projet qu'il y en a eu à voter pour moi. Et j'ai pu le percevoir tout au long de cette campagne, comme je le perçois encore maintenant. Je pense que ces idées sont grandes et qu'elles structureront la recomposition et la renaissance de la gauche. Et c'est à cela, moi, que je veux m'atteler.

C'est-à-dire à l'avenir de ces idées, avant de me préoccuper de la façon dont les uns et les autres cherchent une stratégie de revanche ou une stratégie de survie. Ce qui m'intéresse, moi, c'est le moyen et long terme. Comment la gauche va renaître de cet échec ? Mais qui ne voit pas que, durant cette campagne électorale, il y a eu non seulement un débat de qualité parfois, mais que ce débat a permis, justement, d'être particulièrement innovant sur la question sociale, particulièrement innovant sur la question du travail. Qu'est-ce qui est... Finalement, je regardais les enquêtes et il apparaissait que la seule idée nouvelle que l'on a retenue de cette campagne, c'est le revenu universel.

Et je trouve curieux que le Parti Socialiste abandonne la seule idée nouvelle qui a été évoquée pendant cette campagne. C'est la raison pour laquelle je continuerai, évidemment, à me battre pour ces idées et à soutenir les candidats qui, évidemment, se reconnaissent dans ces idées.

8:04
Benoît Hamon

Donc, cette idée-là, comme les autres, elle est mise entre parenthèses pour cette campagne législative, mais vous ne désespérez pas de la faire renaître et de la faire revivre.

8:12
Présentateur

Elle est mise entre parenthèses par... Jean-Christophe Cambelli, ce n'est pas mise entre parenthèses par moi. À part lui seul, par l'appareil du PS. C'est par le Bureau national à adopter un texte sans vote. Très bien, moi, je respecte les partis. Je dis juste que c'est pas... Les partis tout aussi grands sont-ils n'enterrent pas les belles idées. Moi, je continuerai à faire campagne sur ces idées. Évidemment, mais pas seulement pendant les législatives. Ce que je veux simplement dire, c'est que... Qui ne voit pas aujourd'hui qu'on a besoin de se régénérer autrement que par des textes qui cherchent à mettre d'accord tout le monde ?

Moi, je pense aujourd'hui qu'il faut être parfois audacieux, clivant, innovant. Et si ça ne paye pas au début, si nous n'avons pas réussi à convaincre dès la première campagne, je pense que ce travail-là doit se poursuivre. Et je suis convaincu, je vous le redis, qu'il y a beaucoup plus de Français d'accord avec ce projet qu'il y a eu de Français à voter pour moi. Pourquoi ont-ils décidé à un moment de ne pas voter pour moi ? Parce qu'ils ont eu le sentiment que je ne pourrais pas gagner. Et du moment où cette conviction s'est enracinée dans la tête de bon nombre d'électeurs de gauche, ils ont choisi un vote utile pour éviter le second tour Fillon-Le Pen, ce que je comprends parfaitement.

Certains se sont portés sur le vote Mélenchon, d'autres sur le vote Macron. Est-ce que pour autant, ces idées-là ont vocation à mourir ? Non, et je continuerai à me battre. C'est ce que j'ai dit. Je ne déserterai pas. Je continuerai à me battre pour ces idées-là.

9:28
Benoît Hamon

Le vote Mélenchon, puisque vous en parlez, Benoît Hamon, 620 000, vous connaissez ce chiffre. Vous n'avez pas fini d'en entendre parler, parce qu'il est cité régulièrement par les responsables de la France Insoumise, 620 000, ce nombre de voix qu'il a manqué à Jean-Luc Mélenchon pour devancer Marine Le Pen, éventuellement être qualifiée pour le second tour. Certains vous font porter la responsabilité de l'échec de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Que leur répondez-vous ?

9:53
Présentateur

Je leur réponds que je ne crois pas que la gauche puisse se recomposer autour d'un seul homme. Je pense, j'ai beaucoup critiqué l'approche qui était tribunicienne, providentielle de beaucoup à l'occasion de ces élections présidentielles. En même temps, c'est l'élection qui se prête le plus à cette approche providentielle. Je pense qu'il faut renoncer désormais, puisque nous rentrons dans un nouveau cycle, à l'idée selon laquelle la gauche ne peut se recomposer qu'autour d'un seul homme. Je pense qu'au contraire, la gauche a toujours eu pour caractéristique d'être plurielle, diverse, et de ne pouvoir gagner qu'à la condition qu'elle se rassemble.

Et elle ne se rassemblera pas autour juste du destin d'un seul. Et c'est aussi simple que cela. C'est la caractéristique de la gauche française. Nier cela, c'est nier notre histoire. Et surtout, fermer les yeux devant la seule voie qui nous permettra demain de reconquérir le pouvoir, le rassemblement. Et le respect de cette diversité, de cette pluralité. Moi, j'ai mis des idées en débat. Je n'ai pas mis une étiquette seulement sur la table le jour où je me suis présenté aux élections présidentielles. J'ai mis des idées en débat. Elles ont structuré l'élection présidentielle.

De la taxe sur les robots, 49.3 citoyens, la 6ème République, au fait d'assumer aujourd'hui mes convictions écologistes. J'ai décidé de porter le revenu universel. J'ai choisi le destin européen comme la voie par laquelle la France pourrait continuer à grandir. Ces idées, elles restent vivantes. Je continue à les porter. Et je le dis à tous les électeurs de gauche, quels qu'ils soient. C'est autour de ça que nous ferons renaître la gauche. Pas autour du destin d'un seul.

11:16
Benoît Hamon

Un mot encore sur Manuel Valls, dont on vient d'apprendre par la bouche de Jean-Paul Delevoye, qui est chargé des investitures au sein du mouvement En Marche, qu'il n'aurait pas l'étiquette République En Marche dans sa circonscription de l'Essonne, Benoît Hamon, vous le gardez au Parti Socialiste ? D'abord, je crois qu'il n'y est plus

11:35
Présentateur

de facto, mais je trouve que il y a quelque chose d'un peu triste à tout ça. Il y a une vraie fin de cycle. Et je pense que ce n'est pas qu'une fin de cycle politique qui se caractérise par l'échec d'une formation politique dont j'ai symbolisé et incarné cet échec à l'élection présidentielle, puisque je porte ce fardeau-là, incontestablement. Mais je crois qu'il y a une forme de faillite morale. Et que dans cette faillite morale se jouent aussi beaucoup des raisons qui justifient que beaucoup d'électeurs aujourd'hui finalement n'estiment plus ce que nous représentons, ce que le Parti Socialiste a collectivement représenté. La faillite de qui ?

D'un comportement, celui de Manuel Valls, mais qui est celui aussi de ceux qui choisissent de ne pas voter pour ne pas soutenir le candidat désigné par des primaires, de s'affranchir finalement de toute règle et qui cherchent à survivre ou à prendre leur revanche quoi qu'il se passe. Moi je crois à la force et à la puissance des idées et je me bats pour cela et je le redis la tâche qui est la mienne c'est de reconstruire et de rebâtir la gauche une série d'horreurs incertaines comme disait Jaurès mais je crois dans ces horreurs incertaines parce qu'elles sont beaucoup plus prometteuses que l'opportunisme compulsif de quelques-uns.

12:45
Benoît Hamon

Benoît Hamon, invité de France Inter, on vous retrouve dans quelques minutes il est 8h34.