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interviewRMC — Face à Face· 2 juin 2022 21 min

L'interview : Xavier Bertrand - 02/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Xavier Bertrand. Merci de venir répondre à mes questions. Ce matin, vous êtes le président de la région des Hauts-de-France, président LR. Vous êtes en campagne, on va le voir. Vous allez soutenir un peu partout en France les candidats. Mais je dirais bien sûr qu'on commence par le Stade de France. Gérald Darmanin, dont vous avez longtemps été proche, vous allez nous dire si vous l'êtes toujours. Hier était interrogé par les sénateurs après le fiasco du Stade de France. Sur l'usage disproportionné du gaz lacrymogène, il a dit je voudrais m'en excuser très sincèrement auprès des supporters de Liverpool.

Donc c'est bon, c'est excusé.

0:48
Xavier Bertrand

Et pourquoi on ne parle pas aussi de ce qui s'est passé au-delà des billets, au-delà des faux billets, au-delà des supporters anglais, qui sont une partie de la cause des problèmes, mais pas tout le problème. Pourquoi ils ont tant de mal à nommer ce qui s'est passé ? Des attaques en règle, par des bandes qui sont venues pour détrousser, pour agresser des supporters. Pourquoi ils ont tant de mal ? Pourquoi ils savent reconnaître tardivement les erreurs dans l'utilisation justement des forces de l'ordre, du maintien de l'ordre ? Mais pourquoi ils ont du mal avec ça ?

1:21
Présentateur

C'est quoi ? C'est du déni ?

1:22
Xavier Bertrand

Bien sûr. Et pourquoi ? Évidemment que c'est du déni. Regardez, le président nous a parlé santé, il va parler éducation aujourd'hui. Pourquoi il ne parle pas sécurité ? La priorité numéro un des Français aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat, c'est vrai. Mais la question de l'insécurité, le besoin d'autorité n'a pas disparu dans le pays. La France n'est pas devenue un pays calme. La France n'est pas devenue un pays sécure. Il y a besoin de mesures en la matière. Et donc, aujourd'hui, je le dis, je ne vois pas pourquoi il n'y a pas non plus une réponse pénale qui soit à la hauteur de ce qui s'est passé l'autre jour.

1:57
Présentateur

Alors parlons de la réponse pénale, on va revenir sur ces excuses dont vous considérez visiblement qu'elles ne sont pas exactement sur les véritables causes du problème. Ce n'est pas le hasard. Ce n'est pas le hasard. C'est quoi ? C'est fait exprès ? Les Anglais ont bon dos ?

2:08
Xavier Bertrand

Bien sûr. Les Anglais, bien évidemment, ont bon dos. Bien évidemment qu'il y a eu des faux billets, tout le monde l'a vu. Mais il y a autre chose qui s'est greffée dessus. C'est le problème, justement, de ceux qui sont venus pour dépouiller, pour agresser. Et ça, ça ne peut pas rester. Et pourquoi ils se permettent de le faire ? Parce qu'ils se disent que de toute façon, derrière, qu'est-ce qui va leur arriver ? Pas grand-chose. Et c'est ça, c'est cette impunité aujourd'hui qu'il faut casser.

2:34
Présentateur

Alors regardons ce qui s'est passé, justement. Il y a eu 48 gardes à vue pour cette criminalité de circonstance, comme certains policiers l'appellent. Six comparutions immédiates. Quand on écoute certains policiers, ou même l'avocat commis d'office pour cette affaire, il dit que l'affaire du Stade de France, c'est une misérable histoire de pickpockets parmi une foule de supporters. Un contexte, pour le moins, habituel en Seine-Saint-Denis. Ça veut dire que c'est quoi ? C'est banal ? Est-ce que c'est grave ? Est-ce que ce n'est pas grave ?

3:02
Xavier Bertrand

Je ne me résous pas à entendre ça. Il n'y a pas de fatalité à cette insécurité. Ce n'est pas une banale affaire de pickpockets quand des gens se font dépouiller, quand il y a des violences qui ont été commises, parce que ça fait partie justement des chefs d'inculpation qui ont été retenus. Et si je ne me trompe pas, parce que j'ai voulu aller jusqu'au bout des choses avec l'information que nous ont donné les médias,

3:20
Présentateur

On a petit à petit reconstitué le puzzle.

3:23
Xavier Bertrand

Il y a eu une condamnation à la prison ferme, avec mandat de dépôt, mais pour l'instant, une si je ne me trompe pas.

3:29
Présentateur

C'est juste. 48 gardes à vue, 6 comparutions immédiates, et une prison à la prison ferme.

3:34
Xavier Bertrand

C'est à la justice souveraine de se prononcer. Ce n'est pas suffisant, ce n'est pas à la hauteur. Vous savez que des vols avec violence, des vols en réunion, ça peut aller jusqu'à 2 ans de prison, jusqu'à 5 ans de prison. Je ne dis pas que c'est ce qu'il fallait prononcer. Je ne suis pas magistrat à la place des magistrats. Mais tant qu'on ne cassera pas cette impunité, il n'y a aucune raison que cela arrête. Mais vous savez, ils sont capables de tout comprendre. C'est qui, ils ? Ces bandes. Ces bandes qui ne sont pas venues là par hasard. Parce qu'ils se sont dit qu'il y avait des gens où il était possible de leur voler leurs montres, de leur voler leurs téléphones, de les agresser.

Et vous voyez, il y a aussi autre chose, parce qu'il faut être encore plus précis. Moi, ce que je demande, c'est l'application de la sanction prévue par la loi. Déjà celle prévue par la loi. Mais il y a aussi une mesure qui changerait radicalement les choses. Pour les récidivistes, des peines minimums. Et pour les agresseurs, de policiers, de pompiers, de gendarmes, d'élus, de maires notamment, une peine minimum d'un an. Pas d'aménagement, pas de sursis. Avec des règles connues à l'avance. Vous vous souvenez de ces images ? On les a vues sur les antennes de BFM le 1er mai dernier. Manifestation du 1er mai. Cette femme casquée qui arrive, qui donne un coup de poing...

4:40
Présentateur

Elle a été jugée hier et elle a écopé de 10 mois de prison ferme.

4:45
Xavier Bertrand

C'est un an de prison ferme. Vous voudriez un an ? Que ça soit connu, que ce soit su, parce que là, je peux vous garantir que ça changerait considérablement les choses. En fait,

4:53
Présentateur

ils n'ont pas peur. C'est ça que vous voulez dire ?

4:54
Xavier Bertrand

Bien sûr qu'ils n'ont pas peur. C'est le problème des peines exécutées, même les travaux d'intérêt général quand ils sont prononcés. Si je ne me trompe pas, c'est un rapport parlementaire. Il faut 12 mois, 12 mois minimum, pour que la peine soit enclenchée. Moi-même, à la tête de la région des Hauts-de-France, j'ai proposé au ministère de la Justice d'accueillir les personnes qui doivent avoir travail d'intérêt général dans les services de la région. Je ne suis pas encombré par les propositions du ministère de la Justice.

5:18
Présentateur

Mais attendez, Xavier Bertrand, vous accusez finalement le gouvernement de ne mettre l'accent que sur les seuls Anglais pour effectivement ne pas avoir à parler de cette autre partie du fiasco de samedi soir. À l'inverse, vous, depuis qu'on a commencé cette interview, vous n'insistez que sur cette partie-là quand même. Non, je vous ai parlé des Anglais.

5:36
Xavier Bertrand

Je vous en ai parlé. Il y a eu aussi cette réflexion. J'ai des amis qui étaient au Stade de France qui m'ont expliqué qu'à l'origine du problème, il y a bien ces faux billets et tous celles et ceux qui ne pouvaient pas rentrer dans le stade qui sont venus au stade. Je vous l'ai dit tout à l'heure.

5:48
Présentateur

C'est un enchaînement.

5:49
Xavier Bertrand

C'est un enchaînement. Mais pourquoi le gouvernement ne parle pas de cela ?

5:53
Présentateur

En question d'ailleurs de délinquance aux abords du stade, Gérald Darmanin a répondu « Amalgame, nauséabond ».

6:00
Xavier Bertrand

Mais ça montre bien aussi quelle est l'utilité de la droite républicaine et du centre ? D'un côté, il y a les extrémistes. Il y a M. Zemmour. Il dit quoi déjà ? La Seine-Saint-Denis, ce n'est pas la France. Il veut faire quoi alors ? Il veut faire un mur ? Il veut faire une frontière ? Entre la Seine-Saint-Denis-Paris ou périphériques pendant qu'il y est ? N'importe quoi. Et puis de l'autre côté, il y a le gouvernement qui est dans le déni. Entre les extrémistes et les laxistes, il y a nous qui voulons tout simplement une extrême fermeté.

Nous, on n'est pas des énervés mais on veut tout simplement l'application de la loi et on veut le renforcement de la loi pour notamment ce que je vous ai dit tout à l'heure, protéger ceux qui nous protègent. Et là, peut-être pas du jour au lendemain, mais là, il y aura un véritable changement. Et tous les pays qui ont décidé de prendre à bras-le-coeur ce problème sans déni et sans extrémisme ont réussi à le faire.

6:44
Présentateur

Ni déni ni extrémisme, ce serait ça la définition de l'air. On va y revenir pour d'autres problèmes qui se posent aujourd'hui. Mais Xavier Bertrand, quand même, sur l'ensemble des excuses, je vous interrogeais quand même sur le fait qu'il a présenté ces excuses Gérald Darmanin et la ministre des Sports également pour l'usage disproportionné des bombes lacrymogènes sur ce morceau-là du puzzle dans le chaos, c'est-à-dire sur la doctrine quand même et la manière d'utiliser la force et le gaz lacrymogène. Est-ce que ces excuses-là, vous les entendez ? Est-ce qu'elles sont justifiées ?

7:11
Xavier Bertrand

Je les entends, mais c'est au préfet de police de s'exprimer. Je ne l'entends pas pour l'instant. Et puis, on entend parler de la ministre des Sports et du ministre de l'Intérieur. Il n'y a plus de Premier ministre au fait. Je ne sais pas, on ne l'entend pas. Et le ministre des Transports, qui est en charge d'ailleurs du ministère des Transports, et on va recommencer avec une nouvelle grève à la RATP pour le match France-Danemark qu'on va avoir. Vous avez vu, il y a eu une grève l'autre jour en plus sur le RER.

7:35
Présentateur

On voit le président sur le terrain. Ça ne vous suffit pas ? Non, non, non.

7:39
Xavier Bertrand

Pour les choses qui vont bien, mais pas pour le reste.

7:41
Présentateur

Non, il a été à l'hôpital et puis il va aller à Marseille tout à l'heure pour l'éducation.

7:43
Xavier Bertrand

Et pour indiquer que ça va aller mieux. Pourquoi il ne parle pas de sécurité ? Vous vous rendez compte ? C'est lui qui a insisté pour que ce match se tienne à Paris plutôt qu'à Saint-Pétersbourg. Donc on a fait les choses très rapides. C'est lui qui a proposé

7:53
Présentateur

en tout cas que la France prenne l'organisation.

7:56
Xavier Bertrand

Est-ce qu'on l'ait ? Et quand on l'interroge, pas de commentaire. Non, je suis désolé.

8:00
Présentateur

Il a été interrogé en effet par des journalistes à Bruxelles. Il a dit je ne suis pas un commentateur.

8:03
Xavier Bertrand

Voilà. Mais lui qui s'occupe quand même de beaucoup de choses, et bien souvent de tous, c'est bizarre que là-dessus il n'ait pas son avis parce que je vais vous dire une chose. Aujourd'hui, ministre de l'Intérieur en première ligne, ministre des Sports en première ligne, vous pensez sérieusement que samedi soir, pour ce match où des centaines de millions de personnes en Europe et dans le monde ont regardé le match, je pensais que le Premier ministre et le Président de la République ne se sont pas concertés avec leurs deux ministres. Vous pensez que le téléphone n'a pas sonné ? C'est trop facile. Evidemment. Et puis que fait l'ensemble du gouvernement ?

Il y a la question de l'analyse du renseignement. Il y a une question aussi diplomatique avec les Anglais. Il y a la question des transports. Moi, j'aimerais bien entendre. la première ministre sur ces questions-là.

8:41
Présentateur

Mais Xavier Bertrand, il a fait savoir à Emmanuel Macron, pour le coup, à toutes les rédactions de France, qu'il avait passé un savon au ministre de l'Intérieur.

8:48
Xavier Bertrand

Le truc est trop facile. Mais ce n'est pas la première fois. C'est toujours monsieur en colère. Ce qu'on lui demande, c'est le Président qui s'occupe vraiment des choses, surtout qu'il a le goût de s'occuper de beaucoup de choses ou de tout, qu'il assume très clairement. Parce que sur cette question, vous avez fait le coup sur les vaccins, vous vous rappelez ? Ça va pas assez vite. Ça va pas assez vite.

9:05
Présentateur

J'ai demandé à mes équipes et il avait laissé entendre ce qu'il n'était pas content avec Olivier Véran.

9:10
Xavier Bertrand

Leur marque de fabrique, c'est jamais de leur faute. Ils ont les pires difficultés à reconnaître leurs erreurs. C'est ça le fond du problème.

9:18
Présentateur

Xavier Bertrand, c'était votre ami quand même, Gérald de Darmanin ?

9:20
Xavier Bertrand

Oui, mais il y a deux choses entre l'amitié et des choix politiques radicalement différents. Et aujourd'hui, c'est un ministre de l'Intérieur qui dépend des orientations et des décisions du chef de l'État. Vous aussi vous dites

9:32
Présentateur

que c'est pas de sa faute ?

9:32
Xavier Bertrand

Pardon ? Vous aussi vous dites que c'est pas de sa faute ? Mais il y a un responsable. Celui qui veut se présenter à l'élection présidentielle, c'est le président et qui doit assumer.

9:39
Présentateur

Il a été élu.

9:40
Xavier Bertrand

Ce n'est pas juste qu'il veut.

9:41
Présentateur

Il a été réélu.

9:42
Xavier Bertrand

Et pour cinq ans. Et pour cinq ans. Et cette décision s'impose à tous. Mais c'est important d'aller aussi plus loin. Le Stade de France, ça veut dire quoi ? C'est le retour du désordre. Et si l'on veut ne pas vivre un quinquennat comme celui que l'on a connu, il faut qu'il y ait un changement et ce changement peut se manifester dès les 12 et dès les 19 juin avec les élections législatives.

10:02
Présentateur

Législatives.

10:02
Xavier Bertrand

Exactement.

10:03
Présentateur

Évidemment, vous vous êtes repartis très largement sur le terrain. Vous êtes en réunion publique quasiment tous les jours auprès de différents candidats. Pourquoi votre TLR ?

10:13
Xavier Bertrand

Ce que je sens avec les déplacements sur le terrain, c'est que les Français, il y a deux choses dont ils ne veulent pas. C'est ce que je ressens. Ils ne veulent pas de la victoire de Mélenchon comme ils n'ont pas voulu de la victoire des extrêmes à la présidentielle. Et ils ne veulent pas donner les pleins pouvoirs à M. Macron. Ils ne veulent pas des deux.

10:27
Présentateur

Et donc, vous, là-dessus, franchement, vous avez une chance de réduire les pleins pouvoirs d'Emmanuel Macron ?

10:32
Xavier Bertrand

Évidemment. En votant pour des candidats LRUDI, de la droite et du centre, de la droite républicaine, c'est l'empêcher d'avoir une majorité absolue et l'obliger à quoi ? À écouter, à entendre. Parce que vous, on a vu avec une majorité pléthorique à l'Assemblée nationale, ils n'auront pas fait remonter que là, avec les 80 km heure, la colère était partout dans le monde rural, en province, ils n'auront pas fait remonter qu'avec l'augmentation du carburant, on allait avoir la crise des Gilets jaunes. Nous, on le savait, on l'a vu, je me souviens d'une réunion.

11:02
Présentateur

C'est les élus locaux, c'est-à-dire, c'est ce voyage territorial des Républicains.

11:06
Xavier Bertrand

Je me rappelle d'une réunion, en novembre 2018, le président de la République vient pour l'itinérance mémorielle dans la région des Hauts-de-France. On est avec des maires, un maire prend la parole, on lui dit ce qui va se passer. Ils n'écoutent pas, et c'est passé député, le petit doigt sur la couture du pantalon, qui lui ont fait remonter quoi que ce soit. Si on veut se faire entendre, si on veut justement que les problèmes des Français soient entendus, que le besoin d'autorité soit entendu, que la reconnaissance de la valeur travail soit entendue, c'est pour des députés LR UDI.

11:33
Présentateur

Il ne faut que, Xavier Bertrand, quand vous voyez un Damien Abad qui rejoint le gouvernement, un Édouard Philippe qui a été Premier ministre, un Gérald de Darman, encore une fois, je le disais, vous avez longtemps été proche qui était dans votre famille politique.

11:45
Xavier Bertrand

Il faut continuer la liste parce qu'on ne va pas bouffer les 30 minutes de l'interview.

11:49
Présentateur

Plus du côté d'Emmanuel Macron que dans la famille LR.

11:52
Xavier Bertrand

Vous ne les croyez pas en me le disant. Bah si. On peut passer les 30 minutes à une... Il devait y avoir 40 ou 50 députés qui partaient. Il doit y en avoir 4 à tout cassez.

11:59
Présentateur

Non mais parce qu'il y en a déjà qui sont partis. Il y en a déjà plus grand monde.

12:02
Xavier Bertrand

Plus grand monde.

12:03
Présentateur

Peut-être pour ça quand même, non ?

12:03
Xavier Bertrand

Bah je suis là, moi.

12:05
Présentateur

Non mais c'est vrai.

12:07
Xavier Bertrand

C'est vrai, vous êtes là. Savoir qui je suis, savoir où j'habite, quelles sont mes valeurs, de savoir... Vous êtes revenu...

12:12
Présentateur

Vous êtes un peu revenu au bercail quand même en même temps.

12:14
Xavier Bertrand

Depuis l'élection du Congrès. Vous-même, vous êtes bien un petit peu... C'est pas un scoop. C'est pas un scoop. Donc, allons plus loin. Allons plus loin. Je ne vais pas vous dire qu'on va renverser la table et qu'on va avoir la majorité absolue. Je ne vais pas vous dire. Je sais bien faire la différence entre avoir le vent de face et avoir le vent dans le dos. On n'a pas le vent dans le dos mais le vent de face, il est en train de sacrément faiblir. Parce que les gens se disent que si M. Macron n'a pas la majorité absolue, il va être obligé de composer. Ça ne veut pas dire servir de béquille. Ça ne veut pas dire rejoindre la majorité.

Mais ça veut dire notamment sur la question du pouvoir d'achat. Ne pas avoir un chèque alimentaire qui soit une aide sociale de plus dont on va se demander comment on va la payer. Mais précisément, sur ces deux questions... Je veux juste aller jusqu'au bout. C'est hyper concret. C'est hyper concret.

12:56
Présentateur

Je voudrais juste redire les choses sur le chèque alimentaire. Donc, cette question du pouvoir d'achat qui en est fait aux yeux des Français est aujourd'hui la principale préoccupation Vous le savez que je dis depuis des années. avec l'inflation et les prix qui augmentent. Le gouvernement vient d'annoncer qu'il était en train de plancher sur un paquet pouvoir d'achat dans lequel il y aurait ce chèque alimentaire auquel vous faites référence. Et ce paquet pouvoir d'achat il sera présenté en Conseil des ministres le 29 juin prochain.

Alors d'abord, sur le timing et puis sur la question du fonds c'est-à-dire les outils et notamment ce chèque alimentaire quelle est la réponse que vous, vous auriez et comment est-ce que vous estimez cette réponse-là du gouvernement ?

13:29
Xavier Bertrand

1. On aide les gens qui travaillent ou qui ont travaillé.

13:32
Présentateur

Donc les salaires ?

13:33
Xavier Bertrand

Exactement. Et les retraités ? Les retraités qui ont été honnêtement massacrés depuis 2017 peut-être l'augmentation de la CSG les pensions de retraite qui ont augmenté que moins que l'inflation et même les retraites complémentaires les partenaires sociaux ont été contraints de le faire parce qu'il n'y a pas eu de réforme des retraites. Donc je vais vous livrer un exemple qui est frappant.

Je fais une réunion l'autre jour dans le Nord à Anish et avant cette réunion je discute avec une dame qui était là qui travaillait dans la mairie elle fait des heures de ménage elle me dit vous voyez je gagne 1200 euros par mois mon mari est gravement malade il touche une pension le chèque énergie j'en entends parler j'en vois pas la couleur et leur chèque alimentaire ça va être pareil c'est pas normal

14:10
Présentateur

parce qu'ils sont juste au-dessus des seuils

14:11
Xavier Bertrand

et oui bien sûr et il est temps que ce quinquennat soit le quinquennat des classes moyennes des gens qui travaillent

14:18
Présentateur

c'est pas vous qui allez le décider c'est les patrons donc quel est le moyen est-ce qu'il faut mettre plus de pression sur les patrons et puis en attendant si les patrons parce que c'est bien gentil mais il y a des patrons qui ne vont pas vouloir faire ce geste ou tout simplement qui auront des rognes des marges trop rognées pour pouvoir faire ce geste d'augmenter les salaires est-ce qu'il faut que l'État lui-même fasse des gestes je pense à la TVA notamment parce qu'évidemment c'est mécanique plus les prix augmentent plus l'État s'en met dans la poche avec la TVA est-ce qu'il faut aussi revenir sur la loi qui impose à la grande distribution 10% de marge est-ce que c'est deux outils qui permettent quelque chose d'immédiat

14:54
Xavier Bertrand

plus simple et plus rapide vous avez entièrement raison mais c'est la baisse de la CSG la baisse de la CSG c'est ce que nous proposons c'est ce que les candidats LR proposent c'est la baisse de la CSG vous avez vu l'émission juste avant nous la partie de l'émission c'est Nicolas Doge je crois qui expliquait que le coût de l'inflation c'est 90 euros par mois

15:14
Présentateur

c'est 90 euros par mois par ménage

15:18
Xavier Bertrand

une baisse de la CSG qui amène par personne qui travaille à au moins 100 euros par mois tout de suite et il faudra certainement aller au-delà pour compenser

15:26
Présentateur

cette hausse du coût de la vie

15:27
Xavier Bertrand

donc il y a une façon de faire c'est-à-dire que vous augmentez le salaire net le revenu net en baissant la CSG mais pas seulement sur les salaires pourquoi on oublierait les petits artisans les commerçants pourquoi on les oublierait pourquoi on oublierait les agriculteurs voyez ce qu'il y a au cœur de notre projet c'est la reconnaissance de la valeur travail ce sont les classes moyennes M.

Macron s'occupe plutôt des gens qui vont bien de temps en temps il pense aux gens qui ne vont pas bien nous on pense à tout le monde ceux qui vont bien ceux qui ne vont pas bien mais ceux qui sont au milieu les éternels oubliés vous savez les classes moyennes trop riches paraît-il pour être aidés mais pas assez pour s'en sortir ils en ont marre et je vais vous dire mon inquiétude pour les années qui viennent c'est qu'à un moment donné ils n'en puissent plus pourquoi ?

parce qu'il y en a certains aujourd'hui avec des petits salaires qui disent mais cet hiver il va falloir faire le choix entre se chauffer se nourrir se chauffer payer son loyer et c'est des gens qui ont aussi toute leur dignité et qui veulent surtout faire plaisir à leurs enfants il y en a aujourd'hui des familles qui se disent les marques symboles de ce qu'est aussi la marque est-ce qu'on va pouvoir continuer à le mettre sur la table ? et je parle de gens qui bossent qui travaillent et si on n'entend pas leur détresse leur souffrance alors je vous dis que tout ça finira mal

16:34
Présentateur

mais ça veut dire quoi finira mal ? on a vu les gilets jaunes aujourd'hui on a l'impression que la colère elle est plus intériorisée

16:40
Xavier Bertrand

non la colère elle est là et la colère il faut la diminuer il faut apporter des solutions moi j'aime profondément mon pays j'aime mes concitoyens donc derrière il faut qu'on trouve des solutions

16:48
Présentateur

parlons aussi de l'éducation voilà deux domaines sur lesquels Emmanuel Macron s'est rendu sur le terrain

16:51
Xavier Bertrand

cette semaine vous remarquez aussi une chose chèque alimentaire vous savez depuis combien de temps on en parle ?

16:57
Présentateur

ça fait quoi ? 3 mois ?

16:59
Xavier Bertrand

décembre 2020 convention citoyenne le président de la république on va le faire on va le faire et ensuite il y a tout un florilège donc la présentation

17:06
Présentateur

en conseil des ministres le 29 juin c'est pas suffisant

17:09
Xavier Bertrand

mais qu'ils nous disent exactement ce qu'ils veulent faire et moi je le dis nos candidats députés se battront pour que ceux qui travaillent ne soient pas oubliés c'est toute la différence

17:17
Présentateur

l'hôpital a du mal à recruter l'éducation a du mal à recruter Emmanuel Macron il sera à Marseille tout à l'heure on se rend compte que il y a parfois moins de candidats pour être profs que de postes à pourvoir on fait quoi ?

17:31
Xavier Bertrand

déjà qui est au pouvoir les 5 dernières années ?

17:34
Présentateur

Emmanuel Macron évidemment vous me faites une devinette pas très difficile

17:37
Xavier Bertrand

d'accord mais ce qui montre bien c'est qu'il ne faut pas découvrir le problème maintenant

17:40
Présentateur

donc la mission flash d'un mois

17:42
Xavier Bertrand

mais tout le monde sait ce qu'il y a à faire il y a à la fois un plan d'urgence mais aussi un plan Marshall le Ségur de la santé ça a été dit dès le début ne suffisait pas ne suffisait pas il faut aller bien au-delà et il faut investir dans les personnels ce qui fait l'excellence du système de santé à la française sont les hommes et les femmes c'est ce qui nous a permis de tenir au moment de la crise Covid aujourd'hui il y a des fiches de postes

18:01
Présentateur

qui sont ouvertes ça veut dire qu'il y a concrètement l'argent est déjà mis sur la table mais qu'il n'y a pas de candidat non non

18:06
Xavier Bertrand

il y a l'argent qui est mis sur la table notamment au début de carrière il y a des primes qui ont été versées c'est vrai mais ces primes notamment ne comptent pas pour la retraite il faut plus de monde il faut plus de monde il faut aussi qu'il y ait des évolutions de carrière un professeur un chirurgien peut opérer très longtemps mais vous auriez pu

18:22
Présentateur

anticiper vous avez été ministre de la santé au moment où vous étiez ministre de la santé c'est le moment où il y a commencé à y avoir moins de monde

18:28
Xavier Bertrand

vous êtes là aussi mais si vous arrivez ce matin j'ai quitté mes fonctions

18:33
Présentateur

je vais les regarder très précisément vous avez voté en 2009 une noix de réforme de l'hôpital pour donner notamment plus de pouvoir aux patrons aux directeurs des hôpitaux et c'est dans ce contexte quand même aussi budgétaire que l'hôpital a commencé à réduire ses effectifs on date à peu près à ce moment là vous mettez combien de temps

18:50
Xavier Bertrand

pour vous répondre ?

18:52
Présentateur

une minute

18:52
Xavier Bertrand

allez-y pas beaucoup j'étais ministre pendant plusieurs années jusqu'en 2012 vous avez entendu une crise pareille à l'hôpital quand j'étais en fonction je vous demande

19:00
Présentateur

mais est-ce que c'est pas les racines ? je vous dis pas qu'on en a vu tout de suite les résultats

19:04
Xavier Bertrand

je vais pas aller jusqu'au bout vous m'avez laissé une minute vous m'avez laissé 10 secondes seulement

19:07
Présentateur

vous pouvez pas dire que c'est uniquement la faute d'Emmanuel Macron aujourd'hui ce qui se passe à l'hôpital mais ça fait 20 ans

19:11
Xavier Bertrand

ça fait 5 ans qu'ils sont au pouvoir et ils découvrent les choses aujourd'hui moi quand j'ai été ministre je le dis très clairement je redeviens ministre de la santé pas en 2009 en novembre 2010 je n'ai jamais voulu appliquer je l'avais dit à Nicolas Sarkozy le 1 sur 2 le non-remplacement d'une personne sur 2 en disant on touche pas aux cheveux des soignants je pense d'ailleurs qu'il en faudrait davantage je n'ai jamais baissé le budget des hôpitaux et la fameuse tarification à l'activité quand j'étais ministre je ne l'ai jamais appliqué à 100% parce que l'hôpital est aussi un endroit où on soigne tout le monde 24h sur 24 et où il y a aussi des fonctions de recherche d'innovation avec les CHU donc c'est pas une entreprise gérer, compter, oui mais pas n'importe comment aujourd'hui il faut plus de monde il faut mieux rémunérer et aussi faire évoluer les carrières parce qu'une aide soignante ne se voit pas forcément faire la même fonction le même métier à 25 ans comme à 55 ans il faut aussi avoir un plan Marshall pour les loger notamment en région parisienne en région parisienne vous avez aujourd'hui les nécessités de vous loger loin il faut construire et construire également dans Paris au plus près j'étais hier avec Alix Bougeret notre candidat dans le 17ème arrondissement avec le maire il y a le projet justement sur Bichat avec une suppression de lier à la clé comme ils sont mal ils sont fous ils sont fous de pouvoir le gouvernement proposer un tel projet donc il faut ça et puis vous ne pouvez pas raisonner uniquement hôpital public vous ne pouvez pas oublier aussi le privé et vous ne pouvez pas oublier tout le système de santé avec les médecins qu'on appelle les médecins de ville ou en milieu rural nous avons des propositions notamment pour lutter contre les zones soudances où il n'y a pas assez de professionnels de santé les docteurs juniors on a des mesures également concrètes mais ce qu'il faut savoir c'est que nous ne pourrons pas continuer à vivre 5 ans avec un système de santé qui s'affaiblit malgré l'engagement des professionnels

20:57
Présentateur

on a bien compris que vous faisiez campagne

20:59
Xavier Bertrand

donc pour mais la santé est un bien commun également et je le dis quand à l'époque vous cherchez tout à l'heure à me titiller sur la question j'ai toujours dit l'hôpital ce n'est pas une entreprise privée ce n'est pas une entreprise privée

21:11
Présentateur

Xavier Bertrand donc ancien ministre de la santé aujourd'hui président de la région des Hauts-de-France merci d'avoir répondu à mes questions