Le 5 sur 5 spécial Emmanuel Macron ! - C à Vous - 25/11/2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:46RelanceRéponse partielle
Vous diminuez de 5% les APL pour les étudiants, le ticket restaurant augmente de 5 euros, l'accès au logement est de plus en plus difficile. Comment ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Est-ce que l'enfant d'Amiens n'est pas devenu le président hors sol ?
- 3:44FerméeRéponse directe
Est-ce que vous avez peur du mur du 5 décembre ?
- 4:59RelanceRéponse partielle
Est-ce à dire que la colère ou les colères qu'on a beaucoup entendues sont illégitimes ?
- 6:05OuverteRéponse partielle
Vous grandiriez l'État à admettre que vous avez merdé.
- 7:37OuverteRéponse directe
Comment on explique qu'il n'y ait pas de contre-manifestation, de protestation ici ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46PrésentateurChiffre
« Vous diminuez de 5% les APL pour les étudiants. »
- 0:55PrésentateurChiffre
« Le ticket rue augmente de 5 euros. »
- 0:58PrésentateurChiffre
« Le ticket rue augmente de 5 centimes. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Si vous êtes honnête et que vous citez les chiffres, vous devez citer ce qui est en positif. »
- 10:54Invité politiqueChiffre
« Depuis deux ans et demi, on a recréé 500 000 emplois. »
- 10:56Invité politiqueFait
« Pour la première fois depuis 12 ans, on a recréé de l'emploi industriel. »
- 11:04Invité politiqueFait
« Pour la première fois depuis des années, nous avons une croissance qui est supérieure à celle de l'Allemagne. »
Temps de parole
- Présentateur36 %
- Emmanuel Macron34 %
- Présentateur 210 %
- Invité8 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
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Bonsoir Anne-Elisabeth, bonsoir Marie-Chapa, bonsoir Azizay, bonsoir tout le monde. Bonsoir Maxime, au sommaire ce soir. Un 5 sur 5 spécial ce soir, 48 heures, avec le président, nos reporters ont suivi Emmanuel Macron sur ses terres natales à Amiens pendant deux jours. Ils ont pu l'interroger sur la grève qui arrive le 5 décembre, sur son bilan à mi-mandat. Emmanuel Macron au micro de cet avou ce soir. Donc même si, pour la première image de ce reportage, il a fallu zoomer. Emmanuel Macron est là-bas, au loin, au milieu de cette petite foule. On est très très loin, nous nos journalistes sont cantonnés derrière les barrières. C'est la première étape de ce voyage présidentiel.
L'université de Picardie, deux semaines après l'immolation d'un étudiant, dialogue avec quelques centaines de jeunes sur la précarité. Alors que la précarité existe bel et bien depuis plusieurs années, vous diminuez de 5% les APL pour les étudiants. Le ticket rue augmente de 5 euros, pardon. Le ticket rue augmente de 5 centimes. L'accès au logement est de plus en plus difficile. La jeunesse est l'avenir de notre pays. Comment ?
Vous oubliez des choses.
J'ai résumé...
Si vous êtes honnête et que vous citez les chiffres, vous devez citer ce qui est en positif.
Ah oui, bien sûr.
Donc vous avez dit, l'APL a été baissé de 5 euros, c'est vrai. Mais il y a aussi, par exemple, le coût de la sécurité sociale étudiante qui a été supprimé de combien d'euros par an ?
Oui, bien sûr, ça a été une grosse somme de 230... Merci. 210. Emmanuel Macron se défend, mais concède qu'il traîne comme un boulet la baisse des APL de 5 euros. Et il s'impatiente face à l'apathie, voire le pessimisme des jeunes qu'il a en face de lui.
Moi, je ne peux pas vous dire, je crois dans l'avenir, et vous avoir un discours vachement déprimé. On a l'impression, si on s'écoute collectivement, si on branche la radio, qu'on allume la télé, que tout est terrible. Enfin, on parle de conditions étudiantes, comparons la France aux autres pays. On ne se rend plus compte. Et en ce moment, notre pays, je trouve, est trop négatif sur lui-même, dans les commentaires qu'on a en permanence. On a des difficultés, on les affronte. Est-ce qu'elles sont impossibles à affronter ? Pas du tout.
La France, pays trop négatif. Vous allez pouvoir réagir dans une seconde. Ça a beaucoup fait réagir. À distance, par exemple, Jean-Luc Mélenchon lui répond ce week-end d'un chiffre. Il y a 9 millions de pauvres en France. La France, pays trop négatif. Nos reporters, Tancred Bonora et Stéphane Chatour, sont allés interroger le chef de l'État là-dessus. Lui, l'enfant d'Amiens, c'était la une du courrier Picard. L'enfant d'Amiens, de retour au pied de la cathédrale jeudi soir. D'abord pour un petit bain de foule, très sage. Et sur invitation.
C'est à son bon courage.
Merci, monsieur.
Merci pour l'Amiens. Plaisez vous voir. Moi, je suis heureux d'être là. Je vous connais, on en a déjà pris. Oui, tout à fait. Ne changez pas.
Continuez, continuez. Bienvenue dans votre ville.
Merci, madame. Comment vous avez fait pour rentrer, pour être invitée ici ?
Alors, moi, je suis adhérente d'En Marche.
Vous avez voté pour lui à la présidentielle ? Oui.
Je trouve que c'est le président du vrai changement.
Ça ne vous étonne pas qu'il n'y ait que des gens bienveillants comme ça sur le parvis ? Que personne ne reproche des choses ?
Alors, je pense que les gens qui veulent reprocher doivent être retenus ailleurs ? Je fais partie d'En Marche. D'accord.
Donc, on a reçu une invitation. C'était tout bienveillant. Parce qu'en fait, on n'était que des invités. Donc, il ne peut pas y avoir d'emmerdeur, là. Ah oui ? Il n'y a que des gens d'En Marche, en fait, ici ?
En gros, sans doute, parce que dans la mesure où on envoie une invitation, on ne va pas envoyer une invitation à Mélenchon pour venir féliciter Macron, à mon avis.
Oui. Et puis, c'est un bain de foule bienveillant. Ah ben oui. Alors, quand on discute avec les flics, ils sont contents. Ils disent « Oh, bref, si ça pouvait être toujours comme ça... »
Et voilà ! Vous voyez qu'on est implanté sur les territoires. Oui, c'est ça, c'est ça. Alors, après le bain de foule bienveillant, la question est en crède.
Est-ce que l'enfant d'Amiens n'est pas devenu le président hors sol, aussi ? Non. Moi, j'ai la colère qui gronde dans le pays. Non, je le savais. Il peut y avoir de la colère parce qu'on fait des choses. Mais moi, je sais où j'ai mes pieds. Je sais d'où je viens. Je sais où j'habite. Je sais qui est ma famille, qui sont mes amis. Ça, c'est l'histoire que les opposants et qu'une partie des médias ont voulu raconter. Mais la colère, elle gronde quand même dans le pays, monsieur le président. Vous allez continuer à le faire. Regardez, vous la voyez. Il y a des gens... Là, parce que les gens sont filtrés aussi. Mais il y a des gens qui ne sont pas contents.
Est-ce que vous avez eu 4000 personnes à Paris ? C'est tout Paris. Enfin, je veux dire, arrêtez de mettre une loupe sur une minorité brutale. Il y a des gens qui sont dans le malheur. Ce n'est pas forcément ce qu'on entend. Et eux, il faut leur répondre. Il y a une jeunesse qui veut qu'on construise son avenir. Il y a des gens qui travaillent et qui sont en situation difficile. Et il faut les aider. Il y a des gens qui sont malades. Et on investit pour les aider. Mais ça, c'est du travail. Mais arrêtez un catastrophisme qui ne mène à rien. Arrêtez de galvaniser les gens autour de la violence. Moi, je sais où j'habite. Je sais d'où je viens. Ne racontez pas d'histoire.
Est-ce que vous avez peur du mur du 5 décembre ? Le mur du 5 décembre, comme une grève générale. Je ne serai pas devant vous, vous savez.
Si j'avais peur, je ne serai pas devant vous. Vous avez entendu Emmanuel Macron grogner au micro. C'est à vous. Même pas peur du 5 décembre et de cette grève qui s'annonce contre la réforme des retraites. La France, pays trop négatif, j'y reviens. Est-ce à dire que la colère ou les colères qu'on a beaucoup entendues sont illégitimes ? Je ne crois pas du tout que ce soit ce que veut dire le président de la République. Mais je ne veux pas parler au nom du président. Mais en ce qui me concerne, je partage le constat qu'il y a quand même une forme un peu de morosité ambiante.
Mais je pense que c'est aussi la responsabilité d'un gouvernement que de réenchanter, que de donner confiance, que de donner l'espoir. Et en tout cas, on s'y attèle. Alors, bilan de cette première journée du président Amiens, je reprends le courrier Picard, j'y reviens. Première journée, pas vraiment chaude, ni vraiment froide, c'est le commentaire du journal. Même sensation chez Whirlpool. Whirlpool, vous vous souvenez tous, l'entre-de-tour de la présidentielle, 26 avril 2017. Le même jour, Marine Le Pen, Emmanuel Macron se succèdent sur le parking de cette usine de sèche-linge, alors en voie de délocalisation.
Moment tendu, on s'en souvient, physique pour le candidat Macron au milieu des ouvriers. Et deux ans et demi plus tard, atmosphère beaucoup plus calme sur le parking pour la visite du président vendredi matin. Pas vraiment de comité d'accueil. Le repreneur désigné a fait faillite en juin. Plus de 160 ex-salariés de Whirlpool sont sans emploi. Et c'est finalement le député du coin, François Ruffin, l'insoumis, qui se charge de la charge.
Je pense que, monsieur le président, vous grandiriez, vous grandiriez l'État à admettre que vous avez merdé. À la limite, pas vous personnellement, mais que ça a merdé. Que pendant qu'il y avait ici, qu'il n'y avait rien qui se produisait, et que c'était la catastrophe, et que tout le monde pouvait voir que ça allait dans le mur, et qu'il y avait des signaux qui étaient envoyés à l'extérieur, et on n'a pas eu de réponse. Donc ça, c'est la première chose, je pense, que vous grandiriez vis-à-vis des salariés. Vous aviez deux remarques qui étaient encore fournir pour le passé, d'accord ?
Non, non, non, non. Non, mais d'accord, mais enfin, c'est le député, on essaie d'avancer collectivement.
Franchement, l'analyse, elle est beaucoup plus subtile que ça, c'est un peu du... Oui, oui, oui, oui, ça, on a bien vu. On sait que je suis pas subtile, monsieur le chagot bourrin, c'est pas grave. Non, mais parce que ça n'arrange rien, bon sang, là, c'est un peu l'avenir des gens.
C'est pour l'avenir, monsieur Macron. François Ruffin, en mode bourrin, c'est lui qui le dit, les ouvriers à la sortie, eux, semblent résignés.
Vous avez été content ou déçu de la rencontre avec Emmanuel Macron ?
Ben, pour l'instant, on n'y croit pas trop. Il a dit beaucoup de choses, après, il faut qu'il tienne ses promesses, et puis il a dit qu'il reviendrait, et puis, bon, ben, on verra bien, quoi.
Donc, quand Yppi Karr a dit qu'il est aussi déçu que vous, vous lui répondez quoi ?
Euh, certainement, mais lui, sur le coup, il doit être un petit peu fautif quand même. Nos collègues de travail, qui se prennent deux coups de pied au cul sur deux ans de temps, il doit pas s'imaginer. Vous avez cru, vous, en 2017, quand Emmanuel Macron est venu ? Ah oui, oui, oui, on a été confiants. Moi, ça faisait 30 ans que j'étais là. Et on a été jetés comme un kleenex, quoi.
Comment on explique qu'il n'y ait pas de contre-manifestation, de protestation ici, par exemple ?
Oui. Je pense que ce qui domine aujourd'hui, c'est la résignation et l'indifférence dans le cœur des gens, ici comme ailleurs. Et il n'y a pas de vrai engouement populaire pour Emmanuel Macron, ni à Amiens, ni ailleurs. On n'a pas vu des foules en liesse, comme ça avait pu se voir pour Jacques Chirac sur Amiens. Mais il n'y a pas non plus de révolte aujourd'hui. On verra le 5 décembre.
On verra le 5 décembre, encore cette date, on va y revenir. Emmanuel Macron lui repart de chez Whirlpool, petit crochet, par les quartiers d'Amiens-Nord. Voilà. Pas de jeu vidéo pour le président, mais l'inauguration de la première maison France Service, où l'État va regrouper plusieurs services publics, puis le voilà parti pour Nel, toujours dans la somme. Emmanuel Macron vient annoncer que l'État mettra 1 milliard d'euros dans le projet du canal Seine-Nord. Projet très important pour la région, mais à lire l'affiche sur la devanture du marchand de journaux à Nel, on est loin de l'enthousiasme, vous voyez le dernier mot tout en bas, l'indifférence.
Vous avez une petite question ? Non. Non, sur la venue d'Emmanuel Macron, on tombera une...
Vous êtes un Emmanuel Macron, vous ici, monsieur ? Non, mais j'ai l'impression que... Non. Ça fait un inverse, moi. Il n'est pas aimé. On va dire qu'il n'est pas les riches, alors qu'avant les riches, qui est-ce qui fait les riches ? C'est ceux qui travaillent.
Vous attendez Emmanuel Macron ? Oui.
Bah oui. Oui.
Qu'est-ce que vous avez à lui dire ?
Qu'il augmente nos retraites ? Oui, on y a cru, oui, parce qu'il a fait quand même beaucoup de promesses.
Vous, en tant que retraité, vous vous sentez délaissé par le président ? Oui.
Oui, bah oui, beaucoup. On a cotisé toute une vie, on a une retraite de misère. Les gens qui n'arrivent pas à finir le mois, on voit déjà pour rapport à nous. Alors, ceux qui ont moins de retraites que nous, je ne demande bien comment qu'ils font.
Et dernière étape de ces deux jours à Amiens, la conférence de presse est comme un refrain. On va vous retrouver la grève du 5 décembre après cette conférence de presse. Nos reporters attendaient Emmanuel Macron dans la coulisse avec une idée en tête. Lui parler de son bilan à mi-mandat et lui rappeler un souvenir. Son discours de décembre 2016 à la porte de Versailles pendant la campagne.
J'avais une dernière question, monsieur le président. Juste sur votre discours de 2016, vous disiez, je veux partager avec vous l'engagement. Il n'y aura pas de laisser pour compte que notre devoir, c'est en même temps de réussir et faire réussir notre pays, mais c'est de s'assurer que chacune et chacun y trouve sa place. C'était votre fameux projet. Oui. Parce que c'est notre projet ! Est-ce que deux ans et demi de mandat après, vous avez estimé que vous avez réussi ? Ah bah, j'ai pas fini mon mandat ! Pour l'instant. Et en plus, c'est un projet pour le pays. Et je pense qu'on est en train d'avancer.
Ce que je sais, c'est que c'est impossible qu'une nation réussisse si elle n'est pas une puissance économique et écologique. C'est-à-dire si elle ne recrée pas de l'emploi, de la dynamique. Ça commence par l'éducation, ça passe par la recherche, l'enseignement supérieur et la force économique. Ce que je constate, c'est qu'on est en train de rétablir cette position. Et donc, progressivement, les choses pourraient toujours aller plus vite. Mais depuis deux ans et demi, on a recréé 500 000 emplois. Depuis deux ans et demi, pour la première fois depuis 12 ans, on a recréé de l'emploi industriel.
Aujourd'hui même, alors que, quand vous voyez, en Europe, les choses sont en train de ralentir, pour la première fois depuis des années, nous avons une croissance qui est supérieure à celle de l'Allemagne. Donc, on est en train de consolider quelque chose. Il faut l'étayer par plus d'investissement, santé et éducation, recherche et enseignement supérieur, c'est ce qu'on va continuer de faire, continuer la réforme de l'Etat, les projets ambitieux, et ne pas avoir peur. C'est aussi pour ça qu'il faut réformer notre système de retraite. Donc, je ne considère pas que je suis à la fin du chemin et que je peux constater les choses.
Je dis juste que cet engagement, cette philosophie est toujours la mienne, que des premiers résultats sont là, qui sont maintenant à consolider, et qu'il nous faut continuer à avancer au même rythme, avec la même force, la même conviction.
Voilà, reportage Tancred Bonheur à Stéphane Chatour. En un mot, Marlène Schiappa, la suite du quinquennat dépend beaucoup de ce qui va se passer, de la mobilisation du 5 décembre ? D'abord, je trouve ça très courageux de la part du président. Il pourrait rester planqué à l'Elysée. Il choisit d'aller à la rencontre de chacun, à Amiens, à Whirlpool, dans la Somme. Donc, je trouve ça très courageux et je pense qu'on peut saluer cela. Et vous savez, la suite du quinquennat dépend de tous les jours. Tous les matins, les compteurs sont remis à zéro et on remet l'ouvrage sur le métier. Peut-être que le 5 décembre, ce sera encore un peu plus, un jour un peu particulier.
Peut-être que le 5 décembre, ce sera encore un peu plus, un peu plus, un peu plus, un peu plus.
Emmanuel Macron