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Podcast / conversationJeanne Orient· 25 novembre 2021 34 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

L’ Escale de Jeanne avec pour invitée Anne Perrin...

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse partielle

    Êtes-vous cette lampe servante qui veille sur scène ?

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une lampe ?

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Qu'attendez-vous en plus grand dans la vie ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Pourquoi confier votre rage à des milliers d'inconnus ?

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça vous soulage de partager cette rage ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Cette confidence au vent, comment la percevez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:04Fait
    « C'est un peu égoïste quand même, oui, mais »
  • 7:59Fait
    « Être libre demande un certain courage. Êtes-vous libre, Anne ? Ou est-ce un vœu d'où d'une envie de ? »
  • 9:25Fait
    « Nous nous souviendrons, nous nous souviendrons, parce que nous nous souviendrons, nous nous souviendrons, j'ai l'impression que c'est une incantation et c'est très beau. »
  • 11:34Fait
    « L'attente ça veut dire aspirer à encore comme une gourmandise, comme une vie augmentée, comme encore. »
  • 13:01Fait
    « Il y a des deuils subis euh inattendus, violents ça il y a un truc comme ça quand j'avais 14 ans »
  • 14:27Fait
    « Il y a une personnification de la violence. Il y a un meurtrier qui s'est suicidé qui était son mari. »
  • 15:12Fait
    « Il y a une rupture scolaire. J'ai arrêté de travailler à l'école. »
  • 15:54Fait
    « Je me marierai jamais deux fois parce que c'est son 2e mari qui l'a tuée. »
  • 19:35Fait
    « Bleue et la morsure bleue parce que c'est une cicatrice qui disparaît jamais vraiment. Donc elle conserve sa teinte bleue. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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C'est une escale de Jeanne particulière. Mon invitée, je l'ai déjà rencontrée et même interviewée il y a 3 ans. Depuis, je la suis sur les réseaux sociaux et dans son écriture, ses livres. Depuis, elle semble avoir changé et pourtant elle me paraît la même, peut-être plus rageuse, plus fragile. Anne Perrin, bonjour. Bonjour Jeanne. Anne Jeanne, vous m'avez raconté qu'une lampe servante au théâtre, c'est une lampe que l'on garde allumée sur scène quand il n'y a personne. Ainsi, dans l'obscurité, elle veille et si quelqu'un vient, elle est là. Êtes-vous cette lampe, ? Ce serait très prétentieux de le dire ainsi. Je suis pas une lumière qui éclaire les autres. Mais par contre, la lampe, elle est là pour protéger les autres.

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Donc parfois, c'est vrai que je j'essaie d'être attentive, suffisamment en empathie pour éviter que les autres tombent par terre, ce que fait la lampe sur un plateau. Est-ce que c'est une lampe ? La lampe ? C'est une lampe d'attente dans la mesure où elle est dans un lieu où il y a eu des acteurs, des techniciens au plateau et et et ils sont partis. Donc elle est là entre les arrivées et les départs. Dans ce sens-là, elle est en position d'attente, oui. J'ai toujours l'impression que vous attendez peut-être pas plus mais vous attendez encore la vie en en en

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plus grand, en plus augmenté, je dirais. Euh j'ai j'ai un côté exalté qui fait que je je j'attends des choses fortes parce qu'elles me nourrissent. Après, j'attends que le monde évolue un peu mieux, quoi. Et que que les choses soient un peu plus belles dans le présent de chacun. Donc ça, c'est une forme d'attente. Est-ce que j'y participe en essayant d'améliorer les ? J'aimerais bien. Mais je suis pas sûre d'y arriver. Et vous, dans votre propre vie, qu'est-ce que vous aimeriez ? Ou attendre en ? Le le le Il y a un peu le flip de la page blanche, donc d'être en inspiration toujours de me risquer à de l'imaginaire d'inventer des histoires qui plaisent

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aux autres de me faire plaisir à moi-même mais que ce soit euh qu'il y ait un retour bénéfique et que ça nourrisse d'autres, oui, ça j'aimerais. Donc le public est important pour la lampe servante. D'être dans le partage et l'échange, oui, c'est important. Que ce soit au théâtre ou en écriture, ouais, c'est important. C'est devenu important. Avant, je faisais des choses pour moi, maintenant je les fais pour les autres. Vous avez en vous des tendresses magnifiques mais aussi une rage incroyable et ce n'est pas nouveau. Cette façon de vous enflammer et d'enflammer la toile des réseaux. Pourquoi, Anne, confier à des milliers qui ne vous connaissent pas cette rage parfois ou tout simplement cette part de vous comme ? Mais c'est des questions d'humeur, c'est des des des euh

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c'est des moments où euh quelque chose bouillonne à l'intérieur de moi et et où j'ai besoin de le poser pour manifester une une indignation particulière. C'est souvent c'est pas tellement des livraisons de ma vie privée, hein. Oui oui, bien sûr, j'entends. bien l'intime du public Bien sûr. et j'ai pas envie de m'étaler sur ce que je je ressens pour moi-même ou ce que je vis pour moi-même. Ça, c'est vraiment pas mon mon site, il y a pas suffisamment d'exhibitionnisme en moi pour me permettre ça sur les réseaux. Mais témoigner de quelque chose qui m'enrage sur le moment c'est lâcher, c'est expulser un besoin de dire. Et cette chose particulière là, peut-être qu'elle devient l'affaire de tous. Et est-ce que

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ça vous soulage ? Ah ben, je pense quand même, autrement je le ferais pas. C'est un peu égoïste quand même, oui, mais Et vous êtes retrouvée chez les autres parce que quand même je je vois un peu les réponses. Beaucoup de personnes viennent même parfois sans savoir ce qui vous a pris Oui. euh participer, je dirais à cette participation gratuite où chacun vient à son tour dire quelque chose. y a un écho. Il y a un écho. Je crois que ça fait écho. C'est pour ça que je dis qu'au départ ça ça démarre par une sensation du particulier, du domaine du particulier et que ça fait écho et du coup ça devient, entre guillemets, universel. Et Ça a une portée qui résonne pour d'autres, oui. Et cette confidence Je dirais oui. au vent mais de dans le sens noble du vent parce que le public, c'est

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pas du vent dans le sens vent mais je dirais un peu inconnu, c'est ça. Donc Oui. cette confidence au vent Oui. qui est quand même portée après par ce public qui vous répond aussi dans une confidence au vent parce qu'on ne sait pas où il va chercher sa propre rage lui-même. Euh c'est c'est quand même incroyable comme écho. Ouais, je sais pas si c'est incroyable. que ça vous Je pense que je je ce phénomène m'intrigue. Euh Je crois que dans ces moments de rage, dans ces moments de rage, il s'agit de moi. C'est vrai que je m'adresse moins aux autres. Oui. Euh je je fais part de quelque chose publiquement Oui. euh qui est sur du sentiment de colère ou de rage. Euh maintenant euh c'est pas là que je vais chercher un retour de ça. Il se trouve qu'il y a des retours. Euh que ce soit incroyable.

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Je j'arrive pas à dire. Euh C'est un peu incroyable. c'est croyable puisque ça se passe. troublant pour ceux qui lisent et la rage et le retour. Parce que quand je dis rage, c'est avec beaucoup d'affection, n'est-ce pas, que je le dis parce que j'ai l'impression que vous avez besoin de le faire. Voyez, vous êtes une femme spontanée Oui. et dans cette spontanéité gueule aussi. Oui, c'est très bien ça, c'est très bien, c'est pas du C'est même hein, je dirais Moi, ce qui me ce qui me trouble dans le sens d'un d'un Je me pose des questions, c'est de voir Je parce que je vous lis tous les jours, même si j'interviens pas, et il y a des jours où c'est vraiment euh d'une de la grande poésie, je dirais, tendre et il y a des jours c'est une bombe atomique presque et les autres arrivent

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et et je me dis quelque chose Il y a une conversation qu'on ne connaît pas que qui n'est pas du tout cachée, hein, mais qui est comme une conversation entre deux personnes ou plusieurs personnes et chacun dit quelque chose que l'autre n'attend peut-être pas mais chacun parle de lui. Oui. ça que je trouve très touchant. Oui oui, d'accord. Voilà. Mais il y aurait peut-être peut-être que c'est pas non plus dans les habitudes de tout le monde de manifester son humeur et que du coup alors sans être chef de rien, peut-être que je deviens le porte-voix de quelque chose Oui. et que les sans voix qui ressentent ça euh trouvent là un accès qui leur permet eux-mêmes de se livrer euh euh alors que normalement ils ont pas l'occasion ou ils se permettent pas, ils ne s'autorisent pas de le faire. Oui. Je

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Je sers de tremplin peut-être à à d'autres Oui. à ce moment-là. Et puis, il y a des jours, ce qui semble être, je dis Marseille parce que parfois on reconnaît des paysages, ou ailleurs, c'est votre lieu serein. Est-ce un lieu, une personne, les ? Et là, on a une confidence douce et très belle, par exemple, sentir glisser l'eau des yeux, ému par tant de légèreté, apprendre sa chance comme un baiser. Notre présent est infini. Euh racontez-nous ces moments-là. Mais le présent infini, ça veut dire que c'est composé de plein de choses. Ça peut être un beau paysage mais c'est sûr que quand il est observé et contemplé en bonne compagnie, c'est c'est encore

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mieux. Euh parce qu'on peut être à ce moment-là, on peut être à la fois dans la contemplation mais aussi dans le partage d'une émotion au-delà des mots. Donc il y a il y a il y a on aura jamais le même regard sur les choses ou sur les gens ou sur ce qu'on a devant nous, c'est sûr que chaque regard est particulier et individuel. Mais mais mais l'émotion du voir ensemble, donc c'est à la fois un lieu et une personne plus l'émotion partagée. Quand est-ce que vous vient cette ? Bon, c'est toujours ça part toujours d'une image, hein. Oui. C'est l'image que je mets sur le réseau euh qui euh alimente l'écriture. Et parce qu'elle me procure une émotion, j'ai une idée de départ et après ça coule. Après ça coule, ça ça part assez

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vite, en fait. Mais à partir d'une image toujours. Euh alors là, c'est vrai que c'est plus plus seul, plus solitaire comme démarche. Oui. Vous reprenez cette phrase d'Alexandra Julien. Être libre demande un certain courage. Êtes-vous libre, Anne ? Ou est-ce un vœu d'où d'une envie de ? Et qu'est-ce que être libre ? Alors, je je me sens libre. Ça ne veut pas dire je suis libre. C'est une sensation la liberté. Euh je pense que la liberté telle qu'on l'évoque et telle qu'on la définit en notamment en philosophie euh euh c'est un vœu pieux. Euh euh et c'est très très compliqué de le de de la définir réellement. La vraie liberté

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telle qu'elle est euh euh euh non pas exaucée mais euh souhaitée, je pense qu'elle n'existe pas. On est tous pris par des contraintes, chacun à un niveau différent et par des obligations qui font que elle est limitée par tout ça, quoi. La La La notion de liberté, c'est une notion, c'est un concept mais mais dans dans dans le vécu de chaque jour c'est un concept qui est pas applicable. Euh je je je j'y crois pas à la liberté absolue pour répondre à ça. Donc je n'y aspire pas vraiment. Je ne suis pas libre mais je me sens libre. C'est de l'ordre de la sensation. En 2019, vous écriviez il y aura des rires, des songes et

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perdus des printemps incessants des sourires amis, des paroles gravées dans la chair, dans l'âme, dans les corps nous nous souviendrons, nous nous souviendrons. Parce que nous nous souviendrons, nous nous souviendrons, j'ai l'impression que c'est une incantation et c'est très beau. C'est de cet ordre-là, ouais. Nous nous souviendrons c'est de nouveau une forme de souhait euh euh euh inaccessible. C'est-à-dire, ce qui est posé, c'est que les choses vécues sont belles, on est dans l'instant présent et et je fais une échappée à la fin en disant nous nous souviendrons" c'est le souhait de garder ces moments beaux comme un souvenir beau. Et malheureusement la vie des fois elle nous dit que entre le vœu de départ, le souhait de départ et le

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souvenir qu'on a de ce que l'on disait une année auparavant et bien il y a il y a une nuance il y a une différence qui correspond et le nous nous souviendrons c'est c'est vraiment garder le souvenir beau tel qu'il a été émis à l'époque mais malheureusement ouais la la la vie des fois nous raconte que ah bah le souvenir il est pas aussi beau que ce qu'on a pu émettre comme Est-ce que cette femme qui parfois est en rage Oui. n'est-ce pas la femme qui peut-être aussi est était perdu de de pas de liberté, de beauté, de beaucoup de choses et cetera. Et qui ? Ah moi je je je Non l'attente c'est pas la contemplation le le la contemplation des choses on

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l'avait déjà évoqué il y a 3 ans euh euh contempler, rêvasser oui mais je considère pas que c'est une posture d'attente Mais pourquoi vous avez peur du mot ? Attente ne veut pas dire quelque chose d'immobile parce que ça coïncide avec quelque chose d'inactif et de passif. On est en attente de quelque chose. ose l'avouer ? Je pense que la vie est une est une c'est c'est une ce sont des attentes permanentes. On est en attente toujours de quelque chose dans la vie. Autrement on est mort vivant. Enfin je sais pas c'est ma conception de l'attente. L'attente pour moi c'est pas quelque chose de de d'immobile. L'attente ça veut dire aspirer à encore comme une gourmandise, comme une vie augmentée,

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comme encore. Oui dans ce dans ce sens-là je suis d'accord. Je suis d'accord avec vous ouais ouais ouais il y a il y il y a le encore plus le encore plus fort et et et le plus fort peut être vraiment dans dans un excès de tendresse. Il y a il y a il y a il y a Est-ce que c'est ? Je suis pas sûre mais il y a il y a il y a une vraie envie de de de faire coïncider ce qui est dit là je parle d'écriture avec vivre des émotions qui sont à la hauteur des engagements pris en écriture. Il y a quelque chose comme ça. Donc oui dans ce sens-là il y a une attente oui. De toujours pouvoir

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alimenter, de toujours pouvoir nourrir ce qui va ensuite rejaillir d'une manière ou d'une autre dans les écrits. Qu'est-ce qui fait pleurer Anne ? Pas de ? Euh bah la dernière fois c'était au théâtre de la Colline il y a 2 jours un spectacle mère de Wajdi Mouawad c'est la dernière fois que j'ai pleuré. Les émotions les émotions procurées par les arts quels qu'ils soient. Ça peut être une peinture, ça peut être une musique ça peut être donc une pièce de théâtre comme comme mère de de Mouawad euh qu'est-ce que j'oublie ? Enfin voilà c'est Vous êtes jeune mais est-ce que vous pleurez sur ce qui n'a pas ? Quand j'ai euh Ce qui n'a pas ? Qu'est-ce qui n'a pas été chez Anne ? Bah il y a des deuils brutaux

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J'essaie de vous coincer Anne c'est tout. Voilà vous êtes en train de Il y a des je lâche un peu. Il y a il y a des deuils subis euh inattendus, violents ça il y a un truc comme ça quand j'avais 14 ans euh dont je ne me remettrai jamais c'est évident. Euh parce que c'est un meurtre donc dans ma famille proche. Euh vous avez vécu ça c'est terrible. Euh et ça je je on peut pas on peut pas se remettre de ça. Donc il y a un avant et un après ça. Ah oui ah oui largement ouais ouais ouais ouais ouais. Il y a eu beaucoup de ruptures dans dans ma propre vie à ce moment-là. Il fallait que je la remplace, il fallait que je je je lui ressemble euh que je la remplace auprès de mes parents c'était ma sœur. C'est votre sœur. euh il fallait que je comprenne pourquoi

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j'en voulais tant euh notamment à la police qui est pas intervenue tout de suite qui a monté l'assaut euh quelques heures après. J'ai associé ça à l'idée qu'elle est décédée parce qu'elle a dû attendre l'arrivée des secours. été la personne qui devait prendre tout en main en quelque sorte et représenter la la place ? Oui la place absente il fallait que je l'occupe. C'est-à-dire que j'ai senti une telle détresse chez mes parents et j'en avais une aussi bien sûr que que qu'il fallait que je me que que que que je Comment on vit à cette violence de de de cette mort ? Bah déjà on prend conscience qu'elle existe comme ça. On sait qu'elle existe ailleurs dans le monde et qu'il y a des guerres et qu'il y a des bombes et qu'il y a des enfants tous les jours qui meurent mais quand ça vous arrive

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personnellement euh euh on on on on on c'est comme une violence personnifiée. Il y a une personnification de la violence. Il y a un meurtrier qui s'est suicidé qui était son mari. Il y a une violence faite aux femmes donc il y a une conscience aiguë à ce moment-là qui grandit de de de de bah de la cause des femmes finalement. 14 ? Euh ouais j'avais 14 ans. Et il y a une rupture scolaire. J'ai arrêté de travailler à l'école. Pour lui ressembler pour lui ressembler il fallait que je devienne un peu comme elle et elle était une très mauvaise élève quand elle était enfant donc il fallait que je fasse ça pareil quoi. Euh donc il y a une rupture scolaire il y a qui s'est répercutée quelques années plus tard bien sûr mais et et et et oui une comme une forme de dissociation quoi

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c'est-à-dire il y a moi qui continue à exister et il y a elle qu'il faut que je je je fasse revivre. Et c'est de ça dont on se remet jamais. Euh je me marierai jamais deux fois parce que c'est son 2e mari qui l'a tuée. Oui. Vous voyez c'est c'est ce genre de de barrage symbolique quelque part qui sont inscrits. C'est dans ce sens-là que je dis on ne s'en remet jamais complètement voilà. Et ce ce n'est jamais dans votre écriture cette histoire ou du moins c'est larvée peut-être c'est caché. Si il y a il y a un texte d'ailleurs qui est revenu en souvenir aujourd'hui mais je l'ai pas Oui. republié qui est un un hommage que je lui rends mais qui coïncide pas avec la date de sa mort. Du coup aujourd'hui je me suis dit ça pourquoi je l'avais écrit en ? Il y a si

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si il y a une petite référence où il y a une photo d'elle qui est avec moi et un blouson rouge et je suis dans ses bras où j'ai 13 ans et là elle a 27 ans et j'avais fait un petit texte d'hommage à elle qui revient de temps en temps sur Facebook mais aujourd'hui je l'ai pas je l'ai pas repartagé. C'est quand même assez dur de de de continuer après ça. Bon bah il bah bah il c'est c'est à la fois dur puis en même temps il faut continuer. On peut pas s'arrêter à des choses aussi terribles. Si on s'arrête on meurt tout de suite quoi. Anne je reviens sur cette lampe sur scène. Si elle se mettait à parler seule euh j'ai imaginé un de vos textes. Nulle aube pour ressembler à la suivante. Nous sommes l'éclat des abandons la

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quintessence de l'oubli sans retour possible avec la grâce pour horizon. C'est très beau. Merci Jean. Quand vous sentez-vous capable d'écrire ces ? Bah notamment en écho à ma sœur c'est évident que ça parle de ça aussi. Oui. L'éclat des vies les les retours impossibles et la grâce pour horizon. Ouais ouais. C'est-à-dire ne jamais quitter l'idée que au-delà de tous les drames, au-delà de tout toutes les horreurs on a il il c'est presque une affaire de dignité. On se doit de relever la tête à chaque fois. Quoi qu'il nous arrive. On se doit de d'essayer de transmettre le le plus beau possible.

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Le le mot beau est galvaudé hein je veux dire il est il est utilisé à tort et à travers et parfois à bon escient mais mais mais mais quand je dis euh transmettre le beau le plus possible euh euh c'est mais c'est aussi redonner la joie aux autres hein c'est hyper important ça pour moi. De Je comprends mieux. Vous avez euh vous avez toujours été très discrète sur cette sur cette je dirais une histoire intime en quelque sorte. Et en même temps euh ne la connaissant pas spécialement beaucoup de pratiquement beaucoup de personnes qui nous entourent euh ne savent pas qu'il y a chez vous cette cette blessure Hmm. cette bleue et la morsure même si c'est un très joli titre qui est aussi sur un roman policier dont on vous parlera tout à l'heure mais

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ça donne une une aussi une une compréhension à à votre écriture tantôt hurlante, tantôt rageuse, tantôt tendre, tantôt très belle toujours très belle mais je dirais avec cette grâce pour horizon c'est on comprend mieux. Et je trouve pour quelqu'un qui qui non pas qui se raconte mais qui dit beaucoup vous avez été très discrète sur ça c'est du domaine de l'intime ça. Oui oui puis c'est je considère que les réseaux sont pas faits pour épancher euh pour s'épancher de notre propre vie. Il y a des il y a des choses personnelles qui qui qui ne regardent que soi-même mais après libre à chacun de faire comme il l'entend. Bien sûr. Je suis pas en train de juger. bien sûr mais c'est un épisode par exemple que probablement peu de gens

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connaissent. Euh probablement. Les les les les proches Ça donne l'impression que vous vous confiez beaucoup euh à la à la feuille Hmm. à la voix mais vous n'avez pas dit l'essentiel où il était donc la lampe tempête quelque part c'est la coulisse là c'est la coulisse qu'elle ne qu'elle ne dit pas. C'est vrai. Votre dernier livre Bleue et la morsure aux éditions Jacques Flamand ce n'est plus de la poésie. C'est de la prose un policier. En même temps c'est c'est très beau. Euh c'est une multitude de personnages beaucoup de femmes. Euh une intrigue qui qui est très belle avec des retours en flash-back et cetera avec des témoins des témoignages. Racontez-nous un peu et ce livre et ce titre.

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Alors Bleue et la morsure bleue parce que c'est une cicatrice qui disparaît jamais vraiment. Donc elle conserve sa teinte bleue. La morsure c'était le titre de départ il se trouve qu'il y a au moins 200 euh références de livres possibles qui s'appellent La morsure donc fallait un peu étoffer le enfin changer la chose. Euh euh euh la morsure, c'est parce qu'il y a un événement dans ce livre qui est directement référencé à des morsures. Donc je je dévoile pas de quoi il retourne. Euh je suis partie du principe euh en essayant de de d'appliquer le peu de choses que je connais en dramaturgie.

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Là, je fais référence au théâtre qu'il fallait créer euh euh des surprises et des rebondissements pour maintenir le lecteur en haleine. Mais au départ, j'étais pas du tout partie pour écrire un roman noir. Il y avait pas d'intrigue policière, il y avait rien. Il y avait le postulat de départ, c'était un personnage masculin qui n'est pas moi sur lequel que je ferai parler, qui serait donc le narrateur, euh qui parlerait de lui et de sa vie et et à qui j'attribuerais toutes les tares, tous les défauts de ce que j'aime pas chez un être humain. Oui. Puis au bout de 20 pages de ça, je me suis dit "Mais je vais jamais tenir la longueur à ne tenir que ça." Il se trouve que dans ses fréquentations, il a la rue du port et il fréquente des prostituées, uniquement

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des femmes prostituées. Euh donc il il dresse le portrait de ces femmes, il y a des portraits qui émaillent le récit à ce moment-là. Et puis après après petit à petit, moi je suis arrivée ce que je vous disais, construire des surprises, des et l'intrigue est née de ça. Quel rebondissement je peux apporter pour maintenir l'intérêt euh du lecteur. Je trouve que le personnage principal euh à la fin et même parfois pendant, on a une tendresse pour lui parce qu'on sait que lui-même a eu un drame. Donc tout ce qu'on voit, euh on on sait qu'il y a un passé. Oui. Et bien sûr, on le voit après. On le dit pas, voilà. Et donc ce personnage, vous avez euh vous avez

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réussi à nous le rendre euh non pas sympathique, mais on attend de voir qu'est-ce qui fait qu'il y a tout ça. Euh les portraits de femmes sont saisissants. Ce sont toutes des des des des femmes, des prostituées, mais en même temps avec chacune sa fragilité, chacune ce que l'autre attendait, lui en particulier, parce qu'il les aime différemment. Hmm hmm. Et c'est très intéressant dans le sens euh c'est touchant. Et euh je me suis posé la question quelle était la distance de l'auteur face à ce récit. Alors là, on est de nouveau dans quelque chose qui pourrait évoquer la rage,

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c'est-à-dire que c'est euh euh il y a une prise de parole qui est faite dans l'idée d'être euh dans la revendication, en tout cas, sur un sentiment d'indignation. Il y a un certain nombre de choses dans la vie de tous les jours, dans dans qui qui m'émeuvent et qui m'indignent. Euh euh euh le le le nœud du passé de cet homme dont je je ne vais pas parler est-elle le moteur principal. Il est clair que euh partir d'un personnage que je voulais euh définir comme étant antipathique, euh au bout d'un moment, je me suis dit "Mais il y a pourquoi il est comme ?" Ce Ce que je Ce que je dis dans le roman, ce sont les propres questions que j'ai tenté d'élucider en écrivant euh que je me suis posées. Et et et donc

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du coup euh il est clair que moi-même, petit à petit, de l'être détestable que je voulais rendre, il est devenu euh compréhensif. Euh les motifs de son état, de sa manière d'être euh ont été exposés, ça lui donnait des raisons d'être et moi-même, je suis rentrée petit à petit en empathie pour lui et en affection. C'est ce que j'ai dit. Ça veut dire que euh vous cherchez toujours le pourquoi de l'être. Pourquoi il Qui était-il avant entre ? Qu'est-ce qui a ? Et dans ce livre, c'est vraiment c'est très beau parce que nous vous nous conditionnez en tant que lecteur non pas à lui trouver des excuses, mais à savoir

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qu'il y a eu quelque chose et et à deviner ça, à pressentir. Et là l'empathie, c'est un peu le c'est exactement le mot. Euh est-ce qu'on peut regarder le livre dans vos ? Oui, bien sûr. Mais dernière chose, c'est pas psychologisant non plus. Non non, pas du tout pas du tout. C'est c'est c'est même c'est Ça va le ? Plus ? Voilà, c'est parfait. C'est parfait. Je me cache derrière comme ça. On a des nouvelles photos de vous qu'on a vues sur euh les réseaux sociaux. Elles sont Vous avez les cheveux au vent, vous êtes dansantes, enfin un côté euh je dirais euh voilà. Euh on on les verra. C'est un ventilateur, faut pas le dire. Oui, mais ça on l'imagine, mais c'est très joli. Quel est le nom du ? Parce que bien sûr, on va mettre les photos avec ses droits. C'est Pascal

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Lazaretti. Oui, c'est un grand photographe en tout cas. C'est un vieil ami à Genève que je n'avais pas revu depuis au moins 20 ans. Oui. Et on s'est retrouvés. Il est en train de préparer une série de portraits de femmes. Oui. Il a une manière très particulière de saisir le regard des femmes. Il est pas du tout dans des clichés les clichés habituels que des portraits. J'ai trouvé chez lui euh son shooting est plein de mouvements. C'est-à-dire que vous êtes en mouvement, pas seulement vos cheveux, pas seulement votre visage, pas seulement vos bras. C'est c'est c'est un mouvement de femme. Bien clair de femme, il y a un mouvement de femme. Est-ce que c'est une renaissance ces ? Ça signifie quelque chose pour ? Non, je crois pas. Non. Non, c'est aussi une une résignation. Bon, j'ai la tête

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que j'ai à l'âge que j'ai et je fais avec. De là ma tête. C'est gentil de me rassurer. Euh non, mais il y a après euh il il est très fort parce que pendant le shooting, parce qu'on parle qu'on dit ça comme ça, pendant les prises de vues, euh il il est très fort parce qu'il me disait "Ah mais qu'est-ce que c'est bien de te photographier, on dirait que tu as fait ça toute ta vie, qu'est-ce que c'est facile." Donc il vous met dans un rapport de confiance avec vous-même où vous vous dites "Tiens, peut-être qu'il voit des choses assez jolies." Et et ça ça vous libère un peu, ça vous donne confiance. J'avoue que j'ai beaucoup aimé ces photos et je ne pensais pas que vous euh que vous feriez des photos comme ça, parce que ce sont des photos qui sont des photos de vous

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en mouvement, mais en même temps ce sont vraiment des photos euh c'est pas du tout euh négatif ce que je dis, hein. Moi j'adore les photos de mode et cetera. Mais ce que je veux dire, c'est que ce sont des photos vivantes, des photos de de tourbillons, de c'est très très beau. Voilà. Alors, je reviens à cette image de la lampe tempête qui attend. Ça remonte. Ça remonte. Alors, je reviens à cette image. On a l'impression qu'elle prend la parole sur scène pour faire venir quelqu'un. Et on a ces mots "De ce matin clair, je retiens la brume de tes yeux, la chaleur de ta voix, la vague de tes mains. Viens que je te raconte la buée des jours." Comment est la buée des jours que veut raconter Anne ? Je vais revenir sur les mêmes choses,

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hein. La buée des jours, c'est l'émotion. On peut avoir la buée dans les yeux parce que les larmes euh s'agglutinent sans que forcément couler, mais l'œil devient un peu transparent et et et avec des éclats de larmes euh parce qu'on est ému. Et ça peut être dans le pire comme dans le meilleur. Euh et avec tous les les milieux qui qui existent également, hein, sans être forcément dans les dans les extrêmes. La chaleur de ta voix, la vague de tes mains. Même quand je ne suis pas amoureuse, j'aime bien parler d'amour. Et j'arrive, peut-être que la vie m'a fait ces cadeaux-là de m'avoir donné suffisamment souvent l'occasion d'éprouver un sentiment

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amoureux à l'égard de quelqu'un pour que même quand dans ma vie ça n'existe pas, je puisse transfigurer, sublimer et en reparler comme si c'était là. Il y a il y a quand même c'est c'est pas toujours moi, hein, qui cause. C'est pas toujours de moi-même dont je suis en train de parler. C'est peut-être aussi des moments souvenirs, justement, des des des références à des choses passées et je je fais en sorte de de convoquer ça pour le le le redire au travers de l'écriture. Mais vous êtes une grande amoureuse quand même. Oui oui oui, bien sûr. Euh il est de tradition dans la Escales de Jan de lire un texte, de chanter, de danser. Enfin, on n'a pas dansé encore, mais qu'est-ce que vous ? Moi, je vais

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lire quelque chose là. Je je peux prendre un extrait de Bleu et la morsure. C'est le seul que j'ai sous la main. Euh et je le je l'ouvre au hasard, hein. Ouais. Alors, "La nuit me fut douce. C'est peut-être même la première fois qu'elle fut ainsi. Un rêve s'est poursuivi jusqu'au matin, me laissant pantoi. J'ai revu mes années de tendre enfance. Sont apparus les champs de blé, les troupeaux de vaches, chèvres et moutons que j'aimais tant visiter. J'ai de la buée dans les yeux, c'est ça qui m'empêche de C'est émouvant de continuer. Excusez-moi.

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Sur mon petit vélo, à peine plus grand que moi, je faisais le tour du domaine, prenant garde à ne pas ramener mes pantalons tout déchirés, ce qui faisait un peu trop partie de mes habitudes au goût de ma mère. Ma mère et son visage de douceur. Ma mère et ses mains de besogneuse à taper le linge avant de le suspendre pour bien le lisser. Ma mère et son fumet de soupe aux légumes auquel nous faisions honneur, y ajoutant un morceau de lard que père coupait de son couteau de poche. Le sourire de mère à nous voir nous régaler. Les chaussures de père fumant à côté de l'âtre, toutes crottées de sa journée. La pipe à rembourrer, laissant présager

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une délicieuse odeur de tabac, mélange de vanille et de bois fumé." Ça vous ? Ça me S'émouvoir de soi-même, c'est beaucoup, mais oui, il y a un peu de ça, ouais ouais ouais. Il y a des images qui reviennent. Oh, il y a beaucoup d'inventions aussi, hein, mais oui, je sais. Je On dit Moi, je pense qu'on on on on on C'est peut-être pour ça que j'ai mis tant de temps à réellement me décider à écrire vraiment, c'est-à-dire à y consacrer du temps, j'entends. Euh c'est que je crois que je suis faite de souvenirs, de choses accumulées qui sont des nourritures dont je suis imbibée, on va dire. Mais après, je sais que ce livre-là est totalement imaginaire.

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Il y a rien, il y a aucune référence à une biographie particulière de ma propre vie. Par contre, je suis pratiquement sûre que tout ce qui est raconté à partir de l'imaginaire est référencé sur des sensations euh que j'ai euh euh ramassées, réunies entre elles et qui sont des petits bouts de plein de choses différentes. Mais le le le le déroulé lui-même n'a rien à voir avec une un moment réel vécu, quoi. Je vous avais interviewée, comme on l'a dit, je n'ai pas voulu revoir la vidéo. Il me restait l'image d'une femme forte et fragile, rageuse et tendre. Pour moi, l'image n'a pas changé. Et vous, Anne, qu'en ? Avez-vous ?

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Moi, je crois qu'on change toujours, oui. Oui oui. Mais on s'en rend pas compte. Et on Je pense qu'on peut aspirer à évoluer vers vers vers du mieux, ça c'est ça ça Si on fait l'effort d'apprendre, si on fait l'effort de connaître, si on essaie de comprendre et savoir, euh tout en échouant euh lamentablement la plupart du temps, mais si on est dans toute cette curiosité, c'est bien dans le but d'évoluer, donc de changer. Je reste émue de cette lampe servante autour de laquelle j'ai enroulé cette escale de Jeanne avec vous. Comme un phare, pour moi, elle m'a aidée et peut-être que pour vous, comme un calvaire, que cette lampe. Et je reprends encore vos mots, "Nul

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autre pour ressembler à la suivante. Nous sommes l'éclat des abandons, la quintessence de l'oubli, sans retour possible, avec la grâce pour horizon." Anne Perrault, un grand merci. Merci à vous, Jeanne. Qu'est-ce que j'ai oublié de vous poser ou j'ai pas su vous poser comme question et que vous auriez aimé que je vous ? C'est à vous.

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Je crois que la la plus belle des questions, c'est le silence, ? Oui. Auquel on répond par un silence. Et à partir de là, euh ce sont vos yeux qui me parlent et moi, je vous parle avec mes yeux. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire cette interview. J'avais peur aussi, parce que je me suis dit euh nous allons un peu loin, est-ce qu'elle va accepter de se ? Est-ce qu'elle va dire Est-ce qu'elle va pas C'est toujours un risque, la rencontre avec l'autre. Euh et toujours le début est un peu général. Et après, on s'accroche. Et je crois que nous sommes nous avons pu trouver ce point de jonction, comme avec les autres fois où j'ai fait d'autres escales. Euh et euh je vous remercie aussi de

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nous avoir euh raconté cette part de vous à 14 ans qui peut-être aussi nous aide à mieux vous connaître, non pas seulement en personne, mais en dans votre écriture, dans tout ça. Un grand grand merci, Anne Perrault. Jeanne. Et nous finirons, comme à l'habitude, avec la musique de générique d'Alain Waro. Merci. Merci, Jeanne.