L'interview politique intégrale d'Eric Zemmour sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Donc, vraiment, je ne me suis pas intéressé beaucoup à cette histoire. D'abord, c'est une justice assez politique. Et puis, vous savez, les histoires de M. Dupond-Moretti ne m'intéressent pas beaucoup.
Mais les histoires de justice ?
Les histoires de justice m'intéressent beaucoup. Il y a une tendance à juger systématiquement les ministres, les politiques. On voit bien cette évolution. Vous savez, j'ai écrit il y a longtemps un livre sur ce sujet. Donc, je vois bien l'évolution, le rapport de force permanent entre la justice et les politiques. Mais là, en l'occurrence, vous savez, je pense que dans une situation, et on va en parler, j'imagine, comme Crépaule, tout est écrasé par cette histoire, par cette situation de Crépaule. Le reste paraît anecdotique.
Donc, pour vous, tout cela n'est que bruit et voilà.
Oui, ça va bien avec M. Dupond-Moretti, d'ailleurs, le bruit et la fureur pour rien. Ça lui va bien.
Bon, en l'occurrence, là, il n'a pas demandé à Junéen. Non, non, non, évidemment que non. Évidemment que non.
Je pense qu'il s'en serait bien passé, lui. Il s'en serait bien passé, j'imagine. J'imagine.
Éric Zemmour, est-ce que la justice, justement, est rendue plus globalement lorsque vous voyez qu'il y a une descente de l'ultra-droite à Romain-sur-Isère pour en découdre et en demandant, justement, une autre forme de justice, c'est-à-dire justice pour Thomas qui serait rendu par ces militants d'ultra-droite eux-mêmes ? Est-ce que vous condamnez cette descente ?
Écoutez, moi, ce que je condamne, c'est la mort de Thomas. Ce que je condamne, c'est l'ultra-racaille, l'ultra-immigration et, je dirais, l'ultra-foutage de gueule des médias et des politiques dans cette histoire.
Mais vous ne pouvez pas condamner aussi ? Je ne vois pas pourquoi...
Non, mais je vais vous dire pourquoi. Donc, vous ne condamnez pas cette...
Je vous interroge là-dessus.
Non, non, mais j'ai bien compris sur quoi vous m'interrogez. Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez vu un commissariat brûlé ? Vous avez vu une mairie brûlée ? Vous avez vu... Est-ce que vous avez vu, je ne sais pas, moi, des exactions ? Moi, le seul blessé que j'ai vu, c'est justement un des manifestants qui s'est fait dépouiller, massacrer par les racailles.
Alors, il y a également des policiers qui ont été blessés et, par ailleurs, ils ont en effet très vite été stoppés, notamment par la CRS 84.
Écoutez, je ne vais pas condamner des gens qui rentrent. D'ailleurs, j'ai été amusé de voir que la dépêche AFP disait qu'ils avaient envahi le quartier de la monnaie. Quand je dis depuis des années que ces quartiers sont des enclaves étrangères, on ne peut pas dire mieux.
Éric Zemmour, ces gens-là, ils vous écoutent. Pour une partie d'entre eux, ils ont, selon toute vraisemblance, peut-être voté pour vous. Aujourd'hui, vous avez... Qui ont voté pour moi ? Je n'en sais rien, d'ailleurs. Vous ne savez pas qui sont vos électeurs. Mais on se souvient, par exemple, d'Éric de Cacré, qui était un jeune qui avait été membre des OIV, qui était présent à votre meeting à Villepinte. Les OIV, ça faisait partie de ces groupes d'ultra-droite qui, d'ailleurs, depuis, avaient été dissous. Si vous en aviez un en face de vous, que lui diriez-vous ?
Est-ce que vous lui diriez « Écoute, c'est bien ce que tu as fait » ou est-ce qu'au contraire, vous lui diriez « Arrête, ça n'est pas le moment de mettre de l'huile sur le feu ».
D'abord, je tiens à dire, je le répète, que ces gens-là sont rentrés avec une banderole et ont parlé de justice pour Thomas. Ils ne sont pas rentrés juste avec une banderole. Ils étaient cagoulés, armés de battes de baseball, de barres de fer, de soins américains. Ils s'en sont servis ? Non. Ils s'en sont servis ? Non. Ah, donc en fait, de l'avoir dans la poche, ce n'est pas grave ? Vous pensez qu'ils les ont pris pour faire joli ? Attendez, attendez, attendez. Je répète que l'ultra-droite, comme vous dites…
Ils avaient l'intention d'en servir, sinon ils n'auraient pas pris. Vous prenez souvent avec une batte de baseball.
Non, moi, je ne me sers jamais d'une batte de baseball. Bah alors ? Moi, écoutez, on ne va pas passer trois heures là-dessus. Moi, je vous dis non.
On va passer du temps là-dessus parce que c'est important.
Parce que non, vous tombez dans le panneau. Vous savez, j'ai bien compris. Toute cette mécanique médiatique. À chaque fois, on trouve quelque chose pour faire passer le vrai problème, le vrai fond de l'affaire, qui est la mort de Thomas. Mais je ne lis pas le drame de Thomas. Et on va évidemment parler de Thomas. Et des conséquences. Simplement, je vous demande, Éric Zemmoury, je vous le redemande,
vous auriez face à vous un jeune militant, que lui diriez-vous ?
Je lui dirais, je lui dirais, il ne faut pas céder à la tentation de se faire justice soi-même. D'ailleurs, ce qu'ils n'ont pas fait, je le répète. Et il faut avoir confiance dans l'action politique. Seule l'action politique et l'action collective peut nous permettre de prendre le pouvoir et de changer cette situation et de combattre l'invasion que nous subissons et l'islamisation de notre pays. C'est ça que je lui dirais. Il faut avoir confiance dans le peuple français. J'ai vu juste avant notre échange vos sondages. 80% des Français désormais ont bien compris ce qui se passait.
Ils se disent inquiets, mais ils disent aussi, ces Français, dans ce même sondage Elab, qu'ils demandent à ce que ce soit la justice seule.
Mais moi aussi, je demande que ce soit la justice. Mais pas n'importe quelle justice, pas la justice qu'on a aujourd'hui et pas la justice dirigée par M. Dupond-Moretti.
Mais précisément, il y a quand même un point sur lequel vous passez assez vite. Vous dites qu'ils ne les ont pas utilisés. Quand vous venez cagouler, armé de battes de baseball, de barres de fer, de points américains, encore une fois, c'est que vous avez l'intention. Par ailleurs, Éric Zemmour, ils avaient sur eux une liste avec les noms, les adresses, les numéros de téléphone de ceux qui ont été à Crépaule. Est-ce que c'est innocent comme intention ?
Apolline de Malherbe, je ne répondrai plus à vos questions là-dessus. Je ne tomberai plus dans ce panneau qui est la reprise en main. Non, ce n'est pas trop facile. Je réponds comme je veux. C'est la reprise en main médiatique du discours médiatique par le gouvernement et par les médias qui font un écran de fumée avec cette histoire ridicule pour faire oublier... C'est ridicule ? Oui, c'est ridicule par rapport au meurtre de Thomas. Oui, c'est ridicule par rapport aux dizaines de morts qui sont de la main des racailles arabo-musulmanes. Oui, c'est ridicule. Et c'est ridicule parce que ce sont toujours les Thomas qui tombent et ce sont toujours les chaïds qui les tuent.
Voilà pourquoi c'est ridicule. C'est toujours les Thomas qui tombent et les chaïds qui les tuent. Ah oui, regardez ce qui se passe depuis des années, Apolline de Malherbe. Regardez ce qui se passe.
Gérald de Darmanin dit qu'on a évité une guerre civile. Ce n'est pas rien ça ?
Moi, je vais vous dire, M. Darmanin me fait rire si ce n'était pas aussi tragique. M. Darmanin, moi, la guerre civile, je l'ai vue pendant les émeutes de juillet pour le voyou Naël. Moi, je l'ai vue avec les 120 coups de couteau par jour, Apolline de Malherbe, par jour. Ce ne sont pas Thomas et l'ultra-droite.
D'où sort ce chiffre ? Des chiffres officiels du ministère de l'Intérieur par jour.
120 coups de couteau par jour. Vous savez que selon l'Eurostat...
Il y a dedans, j'imagine, les féminicides ?
Bien sûr, 120 coups de couteau. Si c'est au couteau, oui. Je vais vous donner un autre chiffre qui va vous intéresser. L'Eurostat, c'est l'INSEE de l'Union Européenne, qui dit qu'il y a ce qu'on appelle les coups et blessures volontaires. Ils ont augmenté de 65% depuis 2012. Dans l'Union Européenne, donc j'imagine. Non, en France, en France, je vous parle de la France. 65% depuis 2012. Et tenez-vous bien, depuis 1996, de 350%. Est-ce que vous croyez vraiment que cette situation n'a rien à voir avec l'immigration arabo-musulmane que nous subissons depuis 30 ans ? Ça a tout à voir. C'est ça que je dis, c'est ça que je viens dire chez vous. C'est ça le plus important.
Vous dites ce que vous voulez, mais moi je pose les questions que j'ai vu.
Et en l'occurrence, je reste quand même un instant sur cette question de liste, de noms, d'adresses et de numéros de téléphone. On va en venir aussi à ce que vous venez de dire sur Chahid et Thomas. Vous dites cela aussi avec la question des prénoms et de ce que disent les prénoms. Vous faites partie de ceux qui aviez mis au moment de l'élection présidentielle cette question des prénoms dans le débat. J'étais le seul, on peut le dire. Éric Zemmour, je vous repose cette question. Vous dites qu'ils ne s'en sont pas servis. Avoir une batte de baseball et avoir la liste avec l'adresse, c'est des cibles. C'était des cibles.
Je vous ai dit que je ne vais pas passer l'émission là-dessus. Mais donc ça veut dire que pour vous, ça n'est pas grave.
Pour vous, ça n'est pas grave. Je vous le dis que l'essentiel... Non mais Éric Zemmour, au moins que les choses soient très claires, pour vous, descendre dans le centre de l'armée sur Israël, cagoulé, armé de batte de baseball avec une liste et avec des adresses, pour vous, ce n'est pas grave.
Vous ne me ferez pas tomber dans votre piège et vous ne ferez pas tomber dans le piège.
Je ne comprends pas en quoi Éric Zemmour, le fait de condamner cela, de condamner cela, minimiserait le fait de, évidemment, condamner aussi le drame de Thomas. En fait, je ne comprends pas.
Je vais vous dire pourquoi. Parce que vous faites comme s'il y avait une équivalence. Il n'y a pas d'équivalence.
Je ne dis pas qu'il y a une équivalence, je dis que voilà une des choses qui s'est embrasée.
Est-ce que vous avez déjà vu, dans le métro, une femme agressée par l'ultra-droite ? Est-ce que vous avez déjà vu en prison les gens de l'ultra-droite, à part ceux qu'on vient de condamner ? Est-ce que vous avez déjà vu ça ? Non, en revanche, j'ai vu les ratonades de l'ultra-droite. Ah oui, moi je n'ai jamais vu, moi. Ah bon ? Là pour vous, ce n'était pas une ratonade ? Vous avez vu un blessé, un blessé arabo-musulman. Le seul blessé, c'est le jeune qui s'est fait dépouiller et massacrer par la racaille arabo-musulmane. Voilà le seul blessé. Alors arrêtez avec cette histoire.
Alors il a été blessé, mais on va préciser les choses. C'est le journal Le Monde qui raconte la scène. Certains portaient un jerrycan d'essence, ils ont menacé de le brûler vif, s'ils ne se déshabillaient pas, ce jeune militant. Mais il a été sauvé en quelque sorte, ou en tout cas ceux qui ont arrêté le geste de ces agresseurs. Ce sont, et c'est le journal Le Monde qui les cite, des anciens du quartier, dont au moins deux personnes connues pour leur lien passé avec l'islamisme radical, mais qui ont fait jouer leur autorité pour éviter le pire. Et qui ont contacté d'ailleurs les policiers.
Mais vous savez, c'est très bien. Il y a toujours des humanistes dans la vie.
Les prénoms, c'est pour vous des marqueurs. Et vous avez d'ailleurs eu une passe d'armes avec Gérald Darmanin par réseaux sociaux interposés. Il répond au fait que vous disiez que Gérald Darmanin a voulu cacher ses noms. Vous dites, il a voulu cacher ses noms, chacun comprendra pourquoi. Le peuple français est un peuple lucide. Vous ne pouvez pas lui cacher indéfiniment les causes de son malheur. Et à cela, donc, le ministre de l'Intérieur répond, « J'ai pris les propos de M. Zemmour comme une insulte raciste personnelle à mon encontre. Il ne m'attaque pas par hasard. Il m'attaque parce que mon deuxième prénom, c'est Moussa. »
D'abord, j'ai dit, j'ai parlé de ses prénoms parce que, comme vous l'avez très honnêtement reconnu, c'est moi qui ai porté ce sujet pendant la présidentielle. Je pense qu'effectivement, le prénom donné par ses parents est un marqueur de la volonté d'assimilation, d'agrégation au peuple français. Maintenant, quand j'ai dit cela, je ne parlais pas de M. Darmanin. Je parlais des prénoms et que M. Darmanin lui-même a dit à ses collègues ministres qu'il voulait, qu'en sortirait les prénoms de ces racailles, ça ferait un effet énorme parce que, justement, évidemment, ils ne sont pas français.
C'est plusieurs journaux qui ont dit, dans les indiscrets du Conseil des ministres, qu'il aurait montré les prénoms à ses voisins au Conseil des ministres en disant qu'en fait, en suggérant que si ça sortait, ça pose un problème.
Je suis beaucoup serein dans cette histoire que M. Darmanin me fait un faux procès, que pour moi, les parents de M. Darmanin ont agi exactement comme je le recommande à tous les Français d'où qu'ils viennent, c'est-à-dire donner un prénom français, il s'appelle Gérald, que je sache, et par ailleurs, si l'on souhaite, donner un deuxième ou un troisième prénom qui rappelle certaines origines de cette famille, et donc Moussa. Donc c'est très bien. M. Darmanin essaye de jouer à l'immigré victime du racisme français en me disant que son grand-père est né de l'autre côté de la Méditerranée. Je vais lui faire une confidence, M. Darmanin.
Moi, ce sont mes deux grands-pères qui sont nés de l'autre côté de la Méditerranée, et je porte leurs deux prénoms après Éric. C'est quoi vos prénoms ? Justin et Léon. Donc c'est pour vous dire que moi aussi, j'ai des grands-pères qui sont nés de l'autre côté de la Méditerranée. Mais c'est le truc de M. Darmanin, vous savez, je lui dirais, et là je suis plus solennel, que dans une situation aussi grave, l'égocentrisme n'a pas lieu d'être. Vraiment, il faut arrêter avec ça, avec le narcissisme et l'égocentrisme. Mais M. Darmanin est coutumier du fait qu'il est le roi des rideaux de fumée, des mensonges pour mieux faire passer ce qui est grave.
Vous m'interrogez tout à l'heure sur l'ultra-droite. Ça me rappelle M. Darmanin avec les onglets.
C'est pas une ultra-droite, comme vous le dites comme ça, comme si vous...
C'est grotesque.
Ah bon, c'est pas l'ultra-droite ? C'est quoi alors ? Non mais c'est quoi alors ?
Non mais l'ultra-droite, c'est un nouveau mot. Un nouveau mot avant, il y avait l'extrême-droite. Non, c'est pas un nouveau mot, ça fait très longtemps qu'on parle de l'ultra-droite. Et maintenant c'est l'ultra-droite. Je vous le répète, c'est l'ultra-foutage de gueule des médias et des classes politiques. Ça oui. M. Darmanin, je vais vous dire ceci.
Non mais ça n'existe pas l'ultra-droite pour vous ? Ces groupuscules, génération identitaire qui a été dissous, ça n'existait pas ?
Mais génération identitaire, ce n'était pas l'ultra-droite. C'était des gens qui voulaient défendre la France et qui pensaient qu'il fallait défendre l'identité française. Et ils ont bien raison. Et ils avaient bien raison. Et moi je défends l'identité française.
Mais vous êtes quand même dans une logique plutôt d'encouragement vis-à-vis de... A aucun moment je ne vous ai entendu là.
Je n'encourage rien. Je dis simplement...
Oui, mais enfin vous refusez de condamner.
Non, oui, je refuse de condamner parce que je ne veux pas tomber dans votre panneau. Je vous l'ai déjà dit. Mais ce n'est pas une question de panneau ? On ne va pas revenir à ça. Maintenant, je répète M. Darmanin, c'est la méthode du supporter anglais. C'est-à-dire que vous vous souvenez, quand il y avait eu... Vous parlez du Stade de France. Du Stade de France en juin 2022. Il avait dit que c'était les supporters anglais qui avaient attaqué, qui avaient agressé les spectateurs du match de Coupe d'Europe. En vérité, évidemment, ce n'étaient pas les supporters anglais qui étaient victimes. C'était la racaille arabo-musulmane de Seine-Saint-Denis. C'est la même chose là. C'est la même chose.
Donc il faut arrêter avec ce système et il faut prendre les choses en face et les vrais sujets.
Et pour vous, le fait de donner leur prénom, leur nom même, puisque l'un des membres de votre équipe, Damien Rieux, a mis sur les réseaux sociaux, et vous l'avez d'ailleurs retweeté, les noms complets, la liste des noms complets de ceux qui sont mis en examen, avec leur prénom et leur nom, ça ne fait pas de décibles.
Ah non, ça ne fait pas de décibles. C'est eux les agresseurs, excusez-moi. Mais d'ailleurs, ils sont arrêtés. Ils sont arrêtés. J'espère bien. Ils ont été arrêtés très rapidement. Ils ont été mis en examen. On verra combien la justice... Parce que j'imagine qu'on va parler de la justice. On va parler de...
Vous estimez que la justice n'est pas rendue à la hauteur ? Il faut changer les... Non mais c'est une question d'ailleurs que la... La maire de Romand-sur-Isère, qui n'est pas venu chez vous, je l'ai vu, je l'ai vu, disait ici même, mardi matin, en expliquant qu'elle estimait que les peines qui avaient déjà encourues un certain nombre de ses mis en examen ne les avaient pas découragées et que donc il fallait changer les règles.
Il y a deux choses. Il y a la justice, je vais vous dire quelque chose de très simple. Il y a depuis 20 ans, 30 ans, une déconnexion, une décorrélation entre les peines encourues, les peines prononcées et les peines exécutées. La décorrélation entre les peines encourues et les peines prononcées, c'est parce que nous avons beaucoup de juges du syndicat de la magistrature qui trouvent toutes les excuses du monde pour ces racailles et qui leur baissent les peines qu'ils prononcent. Et puis après, il y a les peines effectivement exécutées, qui sont encore en dessous des peines prononcées. Pourquoi ?
Parce que nous avons un juge d'application des peines qui trouve, là encore une fois, s'il a fait du poney ou s'il a été gentil ou s'il a fait du karting, au lieu d'avoir 6 ans, il a 2 ans. Et on se retrouve avec des peines ridicules, c'est ce qu'a dit à ce micro, votre maire de Romain. Qui estimait effectivement que les peines n'étaient pas à la hauteur du niveau de délinquance. Exactement. Donc nous devons, un, combattre l'idéologie du syndicat de la magistrature par tous les moyens, et deux, supprimer le juge d'application des peines.
Vous souhaitez supprimer le juge d'application des peines, et vous l'aviez d'ailleurs dit pendant la campagne présidentielle. Basculement de la société, ça c'est Olivier Véran qui le dit, en sauvagement, c'est Gérald Darmanin, qui dit à propos de Crépolle « C'est une faillite générale de notre société, il y a à repenser le cadre de l'autorité, nous devons remettre de l'autorité partout. » Au fond, sur ce constat, vous êtes d'accord ?
Bien sûr, il faut de l'autorité, mais si vous voulez, je pense qu'il faut aller plus profondément. Vous savez, si on ne donne pas un bon diagnostic, on ne peut pas bien soigner. Donc en l'occurrence, les mots comme « ensauvagement », ce n'est pas faux, ces gens sont des sauvages, mais ça fait croire, c'est comme le mot de décivilisation prononcé par le président de la République, ça fait croire que c'est toute la société qui est touchée par cet ensauvagement, cette désavisation. Non. Nous avons aujourd'hui une situation où nous avons deux peuples, deux France, deux jeunesses, celle de Thomas, celle de Chahid.
Celle de Thomas, vous savez qu'il me hante, je vous avoue franchement, ça me hante depuis cette histoire. Cette jeunesse que je vois, que j'imagine, avec sa bonne bouille d'enfant encore, pas vraiment devenu adulte, avec son amour du rugby, avec sa joie de vivre que j'imagine à travers la photo qu'on voit partout, et puis celle de Chahid. Celle de Chahid qu'il faut bien comprendre, ce sont des prédateurs. Quand ils viennent, quand ils viennent dans cette fête, ils viennent avec des couteaux de 25 cm, dans une fête. Et vous avez remarqué d'ailleurs, les noms qui ont été donnés, ils viennent entre garçons, sans filles.
Ils viennent uniquement pour essayer de prendre les filles, les amis, les autres.
Alors là-dessus, vous avez souvent eu des bandes de copains, des bandes de...
Non, non, les bandes de copains, tout seuls, moi j'ai connu ça, j'étais jeune. On ne rentrait pas, oui, on ne rentrait pas en boîte de nuit. On ne rentrait pas en boîte de nuit. Parfois, ils n'arrivent pas à rentrer, mais ils le tentent. Non, non, ils le tentent, mais ils n'ont pas avec des couteaux. Pardonnez-moi. Je dis...
Mais c'est marrant, parce que ces couteaux-là, oui, mais je ne comprends pas pourquoi, je ne comprends pas ce qui vous empêche, au début de cette interview, de me dire que des battes de baseball et des points américains, et des bars de fête...
Ils ne venaient pas à une fête. Ils venaient simplement dire... Donc il y a des moments où c'est acceptable. Non, je ne dis pas que c'est acceptable, je n'étais pas une fête. Vous me l'accordez quand même. Tout à fait, tout à fait. C'était pas une fête, personne n'avait jamais dit que ça l'était. Voilà. Donc c'est tout, c'est pas la même chose.
Est-ce que vous considérez aujourd'hui qu'il faudrait... Quel type de peine ? C'est-à-dire aller jusqu'où quand vous dites que les peines ne sont pas suffisantes. Quand vous voyez ces neuf personnes qui sont en garde à vue, qui sont sorties de garde à vue et mises en examen, quelles seraient, d'après vous, des peines justifiées ?
Deux types de peines.
S'il est évidemment confirmé qu'ils sont bien les auteurs de très pas.
Je pense qu'il faut durcir toutes les peines avec, si vous voulez, des peines planchées en dessous desquelles les juges ne pourraient pas aller. Puisque c'est après ce que je vous ai dit tout à l'heure. Donc par exemple, on pourrait dire...
Je suis l'application des peines, ça j'ai bien compris, des peines planchées. Exactement, des peines planchées. Et quelles seraient les peines maximum ?
Par exemple, je vous dis, participation à un trafic de drogue, même de façon...
La peine de mort, vous êtes contre ?
Oui, on ne va pas rétablir la peine de mort. On va avoir une discussion sur la peine de mort, mais ce n'est pas le moment et ce n'est pas le lieu. Déjà, appliquons les peines qui existent déjà, je vous assure.
Mais vous ne fermez pas complètement la porte à l'idée qu'un jour, ça doit revenir.
C'est une discussion philosophique. Pour l'instant, ça ne sert à rien. On a ratifié...
Ce n'est pas philosophique, c'est très concret.
Non, parce qu'il faudrait quelque chose de réformer la Constitution, etc. Ah, mais si vous pouviez, vous le pourriez. Je ne suis pas hostile à la peine de mort en soi, par principe. Maintenant, je vous dis, aujourd'hui, essayons d'aller sur ce qui est possible et ce qui est réaliste. D'accord ? Parce que c'est ça qu'on nous demande. En fait, en vérité, et votre sondage le prouve, les gens m'ont donné raison depuis longtemps maintenant. Ils savent que mon diagnostic était le bon. Non, mais je ne dis pas qu'ils votent tous pour moi. Je dis qu'ils sont d'accord sur le diagnostic. Après, le problème, aujourd'hui, les Français sont perdus par la politique.
Ils pensent que la politique ne sert plus à rien. Ils pensent qu'ils vont se débrouiller par des solutions individuelles. Alors, les uns achètent des armes, les autres préparent leur départ à l'étranger. Les autres, les filles font du kraft maga ou de la boxe. Est-ce que vous trouvez tout ça normal ? Non. Ça prouve une société... Donc, sur la justice, je pense qu'il faut des peines plus lourdes. Par exemple, je vous dis, minimum 50 points de participation au trafic de drogue pour une violence minimum 10 ans. Et surtout, ce que je tiens à dire, c'est l'expulsion des étrangers délinquants. Ils sont tous français. Et la déchéance... Attendez, ils sont français. On me la sort tout le temps.
Mais ils sont tous de la double nationalité. Donc, moi, je propose la déchéance de nationalité pour tous ces criminels et ces délinquants. Et après la déchéance de nationalité française, ils garderont leur nationalité algérienne ou marocaine et ils seront expulsés.
Éric Zemmour, président de Reconquête. Merci d'avoir répondu à mes questions. 8h53.
Éric Zemmour