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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 3 mars 2026 9 minContradictoireFond programmatiqueDéfenseEurope & international

"La dissuasion nucléaire" c'est "préserver nos intérêts vitaux", assure Catherine Vautrin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Bonjour Catherine Vautrin.

  • 0:26RelanceRéponse partielle

    Est-ce que Paris va ouvrir son parapluie nucléaire au-dessus de ses voisins européens ? Est-ce que c'est un tournant ?

  • 1:29RelanceRéponse partielle

    Madame la ministre, j'aimerais qu'on comprenne concrètement, parce que là je me mets à la place de nos auditeurs, le sujet c'est, on a une puissance nucléaire, est-ce que là on ouvre le parapluie au-dessus des huit pays qui ont accepté notre offre ?

  • 2:12RelanceÉludée

    Mais concrètement, quels sont les engagements réciproques ? Est-ce qu'on va les faire participer à nos exercices militaires, on va leur faire visiter nos sites stratégiques, et du coup ils vont nous laisser installer peut-être des rafales avec des têtes nucléaires sur leur sol ?

  • 3:39RelanceRéponse partielle

    Est-ce que les mots du chancelier allemand ne disent pas que là on prépare quand même un début de perte de notre souveraineté militaire ?

  • 4:11FerméeRéponse directe

    Ça va coûter combien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « le concept de la dissuasion nucléaire c'est d'être suffisamment fort pour préserver nos intérêts vitaux et pour préserver notre pays. »
  • 0:45Invité politiqueFait
    « Derrière le président de la République s'est inscrit dans une tradition que je qualifierais de gaullienne depuis les années 60 »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « le président de la République a expliqué, c'est que depuis son discours de 2020, le monde a changé. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « la France vit dans un tissu d'intérêt qui dépasse ses frontières, elle n'est pas isolée. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « nous sommes un pays qui a des alliés autour de lui en Europe, et que quand l'un de nos alliés est frappé, évidemment ça concerne aussi la France, les intérêts vitaux ils ne sont pas liés aux frontières. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « ils vont participer à des exercices à nos côtés, qu'ils vont pouvoir faire du signalement, du renseignement. »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « La dissuasion nucléaire, c'est la compétence exclusive du président de la République. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « La France est souveraine de bout en bout. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « c'est la France qui finance depuis toujours »
  • 4:22Invité politiqueChiffre
    « la dissuasion nucléaire, c'est 13% du budget de la défense »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « On ne va pas demander aux alliés de participer à ce fardeau »
  • 5:41Invité politiqueFait
    « Vous aviez déjà, jusqu'à hier, une stratégie nucléaire française et à côté, vous aviez une stratégie de l'OTAN nucléaire à laquelle la France ne participait pas. »
  • 6:39Invité politiqueChiffre
    « On parle de 400 000 personnes dans la région. »
  • 7:26Invité politiqueFait
    « le chef des armées, c'est le président de la République. »

Temps de parole

  • Catherine Vautrin73 %
  • Présentateur27 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

La grande matinale. Alexandre Abel Saïd, vous recevez la ministre des Armées. Bonjour Catherine Vautrin. Bonjour Alexandre Abel Saïd. C'est votre première prise de parole depuis le début des attaques israélo-américaines en Iran. Merci d'avoir choisi France Inter.

0:13
Catherine Vautrin

Merci pour votre invitation.

0:14
Présentateur

Mais d'abord, Emmanuel Macron hier a annoncé une mise à jour de notre politique militaire nucléaire. La doctrine se concentre désormais en une formule, ça s'appelle la dissuasion avancée à l'échelle européenne. Est-ce que Paris va ouvrir son parapluie nucléaire au-dessus de ses voisins européens ? Est-ce que c'est un tournant ?

0:31
Catherine Vautrin

Alors vous l'avez compris, d'abord hier c'était vraiment un discours de puissance assumée, un discours au service de la paix. Parce que le concept de la dissuasion nucléaire c'est d'être suffisamment fort pour préserver nos intérêts vitaux et pour préserver notre pays. Derrière le président de la République s'est inscrit dans une tradition que je qualifierais de gaullienne depuis les années 60 avec une stratégie finalement qui est une stratégie, quels qu'étaient les exécutifs, qui n'a jamais varié. Mais la différence c'est qu'aujourd'hui... Hier, ce que le président de la République a expliqué, c'est que depuis son discours de 2020, le monde a changé.

Et je crois que malheureusement l'actualité nous montre la brutalité de ce monde. Et l'idée c'est en fait de bien garder le principe que la doctrine nucléaire est un invariable. Mais dès 1972, et c'est là qu'il est important de regarder cette histoire, il était déjà dit dans le livre blanc, la France vit dans un tissu d'intérêt qui dépasse ses frontières, elle n'est pas isolée. Et c'est cela le concept, c'est de dire...

1:29
Présentateur

Madame la ministre, j'aimerais qu'on comprenne concrètement, parce que là je me mets à la place de nos auditeurs, le sujet c'est, on a une puissance nucléaire, est-ce que là on ouvre le parapluie au-dessus des huit pays qui ont accepté notre offre ?

1:40
Catherine Vautrin

L'idée c'est de dire que nous sommes un pays qui a des alliés autour de lui en Europe, et que quand l'un de nos alliés est frappé, évidemment ça concerne aussi la France, les intérêts vitaux ils ne sont pas liés aux frontières. On avait déjà des accords avec par exemple la Grande-Bretagne, qui est la seule autre puissance dotée en Europe. Là l'idée c'est de travailler avec nos voisins, ils sont huit, ça a été dit tout à l'heure.

2:06
Présentateur

Je vais les citer, donc le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Mais concrètement, quels sont les engagements réciproques ? Est-ce qu'on va les faire participer à nos exercices militaires, on va leur faire visiter nos sites stratégiques, et du coup ils vont nous laisser installer peut-être des rafales avec des têtes nucléaires sur leur sol ?

2:24
Catherine Vautrin

L'idée c'est effectivement de dire qu'ils vont participer à des exercices à nos côtés, qu'ils vont pouvoir faire du signalement, du renseignement. Ce qu'on a déjà commencé à faire avec des initiatives européennes, c'est le cas de Géwell, c'est le cas d'Elsa, et l'idée c'est qu'effectivement nous puissions avoir finalement une force nucléaire et des avions qui puissent se diluer dans le ciel, comme aujourd'hui d'ailleurs nos sous-marins sont quelque part aussi dans les océans. C'est le même principe. Et on va placer des armes nucléaires sur leur sol ? Alors l'idée aujourd'hui c'est de dire que nos avions peuvent concrètement voler, pour être tout à fait concrète.

C'est ça le sujet aujourd'hui, et c'est cette approche, et c'est ça cette notion de dissuasion avancée, dans un partenariat qui est un partenariat bilatéral discuté avec chacun de ces pays. Et vous avez vu qu'hier, dès après le discours du président de la République, plusieurs pays, je pense au chancelier Merz, mais je peux parler également des Pays-Bas, je peux citer différents pays, qui immédiatement ont dit « on se met au travail, nous souhaitons travailler avec la France pour cette dissuasion avancée ».

3:29
Présentateur

Le chancelier allemand justement, il parle d'une défense nucléaire européenne, il parle d'un groupe de pilotage nucléaire avec la France, entre Berlin et Paris. Est-ce que les mots du chancelier allemand ne disent pas que là on prépare quand même un début de perte de notre souveraineté militaire ?

3:47
Catherine Vautrin

Alors je crois qu'il faut être très clair sur le sujet. La dissuasion nucléaire, c'est la compétence exclusive du président de la République. Et la France est souveraine de bout en bout. En d'autres termes, c'est la France qui finance depuis toujours, et vous verrez que dans la loi de programmation, nous avons ce qu'on appelle une surmarche, c'est-à-dire une augmentation de budget sur le sujet, puisque le président de la République, vous le savez, a souhaité que nous renouvelions des têtes. Ça va coûter combien ? Nous avons.

4:13
Présentateur

Très bonne question, parce que finalement tout est dans ce que ça va coûter, ce qu'on peut mettre quand on n'arrive déjà pas à beaucoup d'un budget.

4:19
Catherine Vautrin

Ce que l'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui la dissuasion nucléaire, c'est 13% du budget de la défense, pour être tout à fait concrète. Et donc quelque part, vous voyez, c'est très... Et il va y avoir une surmarche ? Et c'est dans la logique de la surmarche de la défense. Et donc vous voyez bien que ce qui est très important, et ce qu'il faut garder en tête, c'est que cette souveraineté de bout en bout ne varie pas. Ça reste une décision totalement française, financée totalement par la France. Et je crois que ça, c'est le fondement même de notre doctrine. On ne va pas demander aux alliés de participer à ce fardeau, entre guillemets. Nous n'allons pas demander aux alliés de participer.

En revanche, nous allons travailler dans le conventionnel, c'est-à-dire hors dissuasion, sur ce que l'on appelle de l'épaulement. L'épaulement, c'est une meilleure coordination à l'échelle européenne sur des sujets comme, par exemple, ce qu'on appelle la frappe dans la profondeur, où là, on est dans des coopérations internationales, notamment à privilégier avec les huit pays que vous venez de citer.

5:15
Présentateur

Et la différence entre hier et aujourd'hui, c'est qu'hier, ces alliés croyaient sans doute au parapluie nucléaire américain, au parapluie à l'OTAN. Et puis là, finalement, ils se résolvent, ils sont convaincus par la proposition française. Mais comment est-ce que ça peut s'articuler quand on pense que certains de ces pays qui ont dit oui, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique, ont aussi des bases militaires américaines sur leur sol ? Est-ce que vraiment ça peut se faire sans tension, ces deux parapluies ? Mais vous savez, je crois qu'il faut être clair.

5:41
Catherine Vautrin

Vous aviez déjà, jusqu'à hier, une stratégie nucléaire française et à côté, vous aviez une stratégie de l'OTAN nucléaire à laquelle la France ne participait pas. Donc là-dessus, si vous voulez, les choses n'ont pas évolué. Ce qui est important, c'est la discussion en partenariat avec nos pays parce que quelque part, je crois que le mot-clé, le président de la République l'a dit hier, pour être fort, il faut être aussi uni. On ne peut pas être isolé. Et l'intérêt de cette dissuasion avancée, c'est notre capacité à travailler avec plusieurs pays et à ensemble partager une vision de la défense.

6:18
Présentateur

Catherine Vautrin, hier soir, en tant que ministre des Armées, vous participiez bien sûr au troisième conseil de défense autour d'Emmanuel Macron sur la situation en Iran et au Moyen-Orient. Au sujet des attaques, Donald Trump a prévenu encore ces dernières heures que la grande vague, elle était sur le point d'arriver. Elle n'était pas encore advenue. Qu'est-ce qui a été décidé hier soir ? D'abord, sans doute, j'ai envie de vous poser cette question pour nos ressortissants.

6:39
Catherine Vautrin

On parle de 400 000 personnes dans la région. Notre première préoccupation, comme vous pouvez l'imaginer, c'est d'abord la protection de nos ressortissants, c'est la protection de nos emprises, puisque nous avons des emprises sur des bases militaires. Nous avons des ambassades. Il ne faut pas oublier qu'on a des ambassades, on a des personnels, on a des consulats. Et puis, c'est aussi l'accompagnement de pays avec lesquels nous avons des accords de défense. Je vais prendre un exemple très concret. Les Émirats Arabes Unis avec lesquels nous avons aujourd'hui des accords de défense et sur lesquels, bien évidemment, nous avons capacité en cherchant à être une force de stabilité.

7:17
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire que s'ils étaient tapés, ces Émirats Arabes Unis, la France, vous, ministre des Armées, vous seriez prête à dire « nous allons intervenir et jusqu'où ? »

7:26
Catherine Vautrin

Je vous rappelle que d'abord, le chef des armées, c'est le président de la République. Le rôle de la ministre des Armées, c'est de mettre à disposition avec le chef d'état-major des armées l'ensemble des équipements dont le pays a besoin. Très concrètement, aujourd'hui, le travail qui est le nôtre, c'est bien évidemment d'être en lien extrêmement étroit avec chacun de ces pays, puisque à partir du moment où un pays avec lequel on a un accord de défense fait l'objet de frappes, l'idée, c'est potentiellement de pouvoir l'accompagner. L'accompagner, ça peut être des moyens, pour être très concrète.

Nous avons, par exemple, par définition, des bases, on a une base aux Émirats Arabes Unis, on a bien évidemment sur ces bases des matériels, notamment des rafales. Voilà des réponses très concrètes qui pourraient être à devenir. On prépare des évacuations de nos ressortissants ? Alors, vous imaginez bien que c'est le travail qui est mené par mon collègue Jean-Noël Barraud au ministère des Affaires étrangères, que nous avons des lignes qui ont été mises à disposition de l'ensemble de nos ressortissants par pays. Et l'idée, bien évidemment, c'est d'accompagner et de permettre à chacun de pouvoir obtenir les réponses dont il a besoin.

Catherine Vautra, la ministre des Armées, merci d'avoir accepté l'invitation de France Inter. Merci à vous.