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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 31 mars 2025 10 minAutoproduit

« La justice s’applique à toutes et à tous, Marine Le Pen ne doit pas faire exception »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Olivier Fort. Bonjour à vous. Merci d'être avec nous ce matin.

Journée chargée sur le plan politique et judiciaire puisque dans un peu plus de 2 heures maintenant Marine Le Pen sera fixée sur son sort. Elle risque d'être inéligible avec application immédiate même en cas d'appel. On a entendu un certain nombre de voix ce weekend encore dire finalement ce serait pas démocratique si elle était inéligible même en cas d'appel.

Et vous, vous n'êtes pas d'accord avec ça. Dites-nous pourquoi. Tout simplement parce que les Françaises et les Français depuis longtemps demandent à ce qu'il n'y ait pas de distinction entre les puissants et euh les femmes et les hommes ordinaires et que la la justice de s'appliquer à toutes et à tous.

Et elle s'applique à toutes et à tous. Ce n'est pas la première fois que des politiques si Marine Le Pen était Gonané serait Gonané y compris à une peine d'inéibilité. Rappelez-vous Alain Jupé c'était même exil au Canada pendant un an parce qu'il avait été jugé inéligible.

Ça a été le cas pour Jacques Chira qui a des réquisitions importantes qui sont requises contre Nicolas Sarkozi. Marine Le Pen n'a pas à être une exception. Mais le principe de l'appel qui ne serait pas suspensif sur une éligibilité, c'est ça que les Français peuvent avoir du mal à comprendre et notamment ces 11 millions d'électeurs.

Je comprends que ces électeurs et ces électrices aient le sentiment que ce serait une difficulté pour eux. Ça c'est une évidence. En même temps, qui peut comprendre qu'il y ait désormais l'idée que quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle, et bien la loi ne s'applique pas à vous ?

Donc euh moi, je fais confiance à la justice. La justice dira ce qui est juste ou pas de faire et je m'entiendrai cette décision. Si elle est jugée, inéligible, et bien je prendrai acte de cette décision.

Si elle ne l'était pas, j'en prendrai acte aussi. Voilà. Vous savez bien qu'il y aura si cette décision est prise, il y aura un procès sans jeun mot qui sera fait au juges en disant c'est une décision politique.

Est-ce que ça ne risque pas d'affaiblir l'autorité judiciaire en France ? Mais désormais, il faudrait considérer que les juges devraient se soumettre à la Vox popul. Il devrai être mis sous tension.

C'est vrai que je regrette que plusieurs membres du gouvernement aient cherché à peser sur la décision de justice. La réalité c'est que vous avez un principe qui est très clair en France qui est celui de la séparation des pouvoirs. Et donc c'est comme ça que la démocratie s'exerce parce qu'il n'y a pas aujourd'hui et bien un pouvoir qui s'imposerait à tous les autres.

Il y a à chaque fois un équilibre qui doit être trouvé et cet équilibre il passe par le respect de la justice et des magistrats. On ne peut pas à chaque fois qu'il y a descision qui nous dérange dire que ce sont les magistrats qui sont politisés. C'est le cas malheureusement pour chaque procès dès lors qu'elle concerne politique son parfois.

Ils le sont parfois ou jamais les magistrats politisés ? Mais écoutez, peut-être qu'il en existe. En tout cas, ce que je sais c'est que c'est une défense systématique de la part de ceux qui sont en jugement et qui à chaque fois dénonce un complot politique.

La réalité, c'est que les peines qui sont prononcées sont des peines qui sont malgré tout à chaque fois assez légères. Qu'avez-vous pensé de la décision du Conseil constitutionnel qui appelle à un jugement proportionné ? Voilà, les termes sont un petit peu ambigu mais on croit comprendre que le Conseil constitutionnel incite plutôt les juges à ne pas appliquer cette peine d'inéligibilité automatique.

Je crois que le Conseil constitutionnel a demandé à ce que les magistrats jugent en leur âme et conscience et que ils tiennent compte des circonstances et qu'ils essayent d'évaluer ce qui est le plus juste. Voilà. Donc moi, je vais pas à mon tour peser sur une décision qui ne m'appartient pas et je respecterai cette décision quelle qu'elle soit.

Alors, s'il y a une attente aussi forte et une pression aussi puissante, c'est parce que ça vient un moment où Marine Le Pen est au plus haut dans les sondages. Vous avez vu hier dans le journal du dimanche selon les scénarios, ça monte jusqu'à 37 % d'intention de vote au premier tour. Jérôme Gegge du PS que vous connaissez bien dit "Si rien ne se passe, la pente naturelle c'est la victoire de Marine Le Pen en 2027.

Est-ce que vous partagez ce diagnostic ou pas ? Oui, l'évidence c'est qu'aujourd'hui l'extrême droite a le vent en poupe et que quand on voit une gauche qui se divise, quand on a une droite au pouvoir qui n'arrive pas à faire la démonstration de sa capacité à répondre aux grandes questions qui sont posées par les Françaises et les Français, effectivement ça fait beaucoup de carburant pour l'extrême droite. Et donc moi ce que je souhaite c'est que nous soyons en mesure nous je pense à la gauche qui est prête à se rassembler les écologistes, les communistes, les anciens insoumis génération et bien je pense que le temps est venu de faire un pas les uns vers les autres pour produire une candidature commune parce que la division elle mène forcément.

Est-ce que c'est seulement une division politique ? Est-ce que c'est pas sur le fond ? Est-ce que vous ne regrettez pas que les les travailleurs par exemple se soient détournés de vous pour aller au Rassemblement national ?

Est-ce que vous ne vous dites pas on s'est trompé sur certains sujets et on n'a pas répondu aux attentes des Français au-delà des alliances politiques dont vous nous parlez là. Bien sûr. Bah je sors d'un Tour de France où j'ai rencontré des milliers de françaises et de Français très très éloignés de la vie politique et je vois bien que aujourd'hui il y a une attente qui est très forte et qu'elle n'est pas satisfaite parce que nous avons produit jusqu'ici.

Mais je mets en garde aussi celles et ceux qui s'imaginent que le RN pourrait être la solution. Le RN n'est pas une solution pour ceux qui aujourd'hui travaillent et travaillent dans la difficulté. Que veut le RNI ?

Il ne veut pas augmenter le SMIC. En revanche, il veut mettre fin à l'impôt sur la fortune. Vous voyez bien que quand on parle tout à l'heure, vous avez parlé à l'instant d'un budget qui allait être un cauchemar en 2026.

Mais ce cauchemar, il est lié à quoi ? Il est lié au fait que on a donné beaucoup d'argent, on a exempté d'impôts et de cotisation les grandes fortunes, les grandes entreprises. Pendant ce temps-là, on a fait la charge exceptionnelle quand même sur le dernier budget.

Une contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises. Oui. Qui dure 1 an.

Oui. qui dure un an. Alors que les peines auxquelles sont les Français, quand on leur demande plus d'impôts, quand on leur demande aussi de faire baisser le niveau de leur service public, ça c'est pas pour un an, c'est pour toujours.

Et donc c'est là qu'il y a une vraie différence. Et ce que la gauche doit produire, c'est qu'elle doit montrer en quoi elle peut faire vivre la promesse républicaine. Ce que j'ai entendu pendant ces mois, pendant lesquels, pendant ces 5 mois pendant lesquels j'ai fait le Tour de France, c'est que ce qui inquiète aujourd'hui, c'est le fait que la promesse républicaine ne soit pas tenue.

La promesse républicaine, c'est à la fois le triptique liberté, égalité, fraternité, mais c'est aussi un modèle social, un modèle social puissant, celui de l'État providence qui pendant des années a permis au plus grand nombre de vivre bien. C'est aussi ces sujets là qui intéressus l'angle selon lequel l'extrême droite les aborde parce que la réalité que c'est même sur l'immigration. Ce que nous ont dit les gens, c'est que le sujet immigratoire, il faut en parler.

Ça n'est pas un sujet de tabou. Ce n'est pas un sujet qu'il faudrait remiser et considérer que on ne peut pas en parler, mais il faut en parler avec aussi beaucoup de lucidité et ne pas en faire un sujet qui serait en fait un bouqu émissaire de tous nos malheurs. Il y a également le le débat sur la censure qui est en train de de remonter Manuel Bonpar ce weekend de LFI he qu'il allait proposer au aux écologistes et aux communistes d'en déposer une avec la France insoumise.

Est-ce que cette éventuelle motion vous pourriez la faire vôtre et vous pourriez la voter ou pas ? Ce que j'ai dit, c'est que tant que le dialogue social se prolonge et c'est le cas encore aujourd'hui, et bien nous devons laisser sa chance au dialogue social. En même temp ou vous avez parlé de sourciure quand même.

Vous avez le mot a été prononcé et François Hollande qui était à votre place la semaine dernière, il dit "Mais il faut pas prononcer ce mot aujourd'hui, ce sont ces termes. Il y a pas besoin aujourd'hui de dire censure." Ce qui est un peu une façon de vous tacler.

Vous lui répondez quoi ? Mais moi, j'ai été élu par des gens qui ont demandé à ce qu'on revienne sur la réforme de madame Borne portant la ret. Bah peut-être qu'il l'a oublié, moi pas.

Moi, je n'oublie jamais celles et ceux qui m'ont fait confiance et qui m'ont donné un mandat. Et donc, je le dis, le dialogue social doit se poursuivre. C'est ce que nous avons demandé à François Beirou.

Maintenant, c'est François Berou qui a sa propre survie entre ses propres mains. Il avait pris un engagement, il avait dit "Moi, je souhaite que il y ait un dialogue social qui puisse permettre de revenir sur la réforme et à l'issue de ce dialogue social, je saisirai le parlement et je ferai en sorte qu'il ait le dernier mot." Et bien si François Berou laisse le dialogue social se prolonger et s'il donne au parlement le dernier mot, alors il n'y aura pas de censure.

Mais si au contraire il revient sur sa propre parole et qu'il montre que il n'a absolument aucune capacité à tenir ses engagements, alors là effectivement, il faudra porter une censure. Vous avez cité la la porte-parole du gouvernement qui parle de cauchemar pour le prochain budget. Le 15 avril, le ministre de l'économie qui est un de vos amis personnels euh par ailleurs, Éric Lombard convoque une conférence des des finances publiques.

Est-ce que vous y participerez ou pas ? À ma connaissance, on n'a pas encore été invité, mais si nous y sommes invités, évidemment que nous y participerons parce que nous n'avons jamais boudé à quelque moment que ce soit dès lors qu'il s'agit de chercher des solutions et de chercher éventuellement des compromis. Moi, je ne suis pas de ceux qui considèrent que nous n'avons rien à faire avec quiconque.

Ce que je considère, c'est que simplement il faut respecter ce que chacun est et d'où vient euh d'où viennent les différentes forces politiques. Et quand on arrive à se rejoindre dans l'intérêt des Français parce qu'il n'y a pas de majorité absolue et que personne ne peut aujourd'hui dire que ce sera tout son programme et rien que son programme, effectivement, on avance. Mais encore faut-il que nous ayons des interlocuteurs et qu'ils tiennent leur parole, le leurs engagements.

On avance aussi sur la situation au PS. On a entendu euh la petite gentillesse que vous avez servi à France Hollande il y a il y a quelques instants. Vous vous préparez dans le même temps votre réélection donc à la tête du PS et on voit que c'est un climat tendu, difficile.

Carole Delga a eu des mots dures il y a quelques jours. Elle parle de fonctionnement clinique, elle dit que vous n'écoutez personne. Vous lui répondez quoi ?

Je dis à Carole Delga qu'il faut qu'elle vienne davantage dans nos réunions parce que depuis 2 ans, depuis que j'ai été réélu à cette fonction, toutes les décisions, toutes les orientations qu'il se soient agis du programme pour les européennes, de la liste pour les européennes, de l'adhésion au nouveau front populaire, de la censure de Michel Barnier ou de la non censure de François Berou, figurez-vous que ces décisions ont été prises à l'unanimité, moins deux voix pour la nonensure de François Bérou. Voyez que en matière de clanisme, il y a peut-être à redire Olivier Fort qui rend les coups ce matin dans les 4V. Merci beaucoup.

Merci à vous.