Face aux experts du jeudi 26 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h30. Nicolas Dupont-Aignan est l'invité du 6-9 ce matin. Présidente de Boula France. Seuillez le bienvenu, monsieur Dupont-Aignan. L'émotion qui entoure la mort de la jeune Philippine dans le bois de Boulogne à Paris, dont le corps a été découvert le week-end dernier, est immense. Évidemment, on pense avant toute chose à ses proches et à sa famille. Au-delà de cette émotion, comment passe-t-on au concret pour que ce type de drame avec un suspect visé par une OQTF, déjà qu'on allait pour viol, ne se reproduise plus ?
D'abord, ce qui est insupportable, c'est que ce n'est pas la première. Et que c'est toujours la même chose. Il y a eu quantité d'exemples, je ne reviens pas dessus, et de drames. Simplement, il faut agir, c'est-à-dire prendre les mesures qui s'imposent et on les connaît. Moi, vous retrouvez mon site internet, il y a toutes les mesures. Depuis 2017, je répète inlassablement la même chose. Mais cela veut dire changer les lois. Cela veut dire se libérer de Bruxelles, des directives européennes, de la Cour européenne des droits de l'homme. Cela veut dire réaffirmer la primauté du droit français. Parce que sinon, on n'y arrivera jamais.
Dans cette affaire, si on analyse vraiment précisément, il y a une démission sur les frontières. Bon, pas de frontières, pas de contrôle aux frontières, on ne maîtrise plus l'immigration dans notre pays.
Ce monsieur est entré avec un visa touristique.
Oui, mais après, il n'aurait pas dû rester. Donc, premier point. Deuxième point, c'est aussi la question des aides sociales qui font et sert de pompe aspirante, etc. Bon, on pourrait en parler longuement. Deuxième faillite, c'est celle de la justice des mineurs. On en parle depuis des années. C'est condamné à 7 ans seulement pour un viol. C'est un crime. Troisième démission, celle de l'application des peines. C'est-à-dire, vous avez très bien vu, c'est toujours la même histoire, les juges d'application des peines libèrent, avant, par le jeu des remises de peines. J'ai proposé 100 fois, et je ne suis pas le seul, un changement complet de législation là-dessus.
Mais il faut construire des places de prison. On les a proposées. 2012, 2017, 2022. Quatrième point, la question des centres de rétention, de l'expulsion, de la complexité ahurissante de la procédure. Puisqu'il y a quatre prolongations avec l'intervention du juge.
Son maintien a été décidé deux fois, en CRA, un centre de rétention administrative, et une troisième fois, son comportement ayant été jugé conforme sur les 15 derniers jours, le juge a décidé de... Mais en accueillant la loi telle qu'elle est prévue aujourd'hui.
C'est ce que je vous dis. Moi, je ne fais pas partie des gens qui, à chaque drame, accusent le juge, le ceci. C'est un système qui a été mis en place. Un système délirant qui est fait pour protéger les délinquants, les criminels. Et ce faisant, ce sont les honnêtes gens dans le pays qui sont en danger. Mais c'est un dévoiement des règles. Je suis attaché, bien sûr, au droit de la défense. Mais là, il y a un dévoiement des règles. Par une cascade d'irresponsabilité, de normes européennes, de normes nationales, de décisions du Conseil constitutionnel. C'est un coup d'État judiciaire permanent. Donc, il y a un moment. Est-ce que la justice est rendue au nom du peuple français ? Que je sache.
C'est dans la Constitution. Est-ce qu'il faut que le peuple français reprenne le pouvoir ? Ça veut dire, à un moment, référendum pour passer outre la jurisprudence de Bruxelles, pour passer outre le Conseil constitutionnel. Sinon, on n'y arrivera pas. Par exemple, ce matin, il y avait une interview dans le journal, je ne vais pas le citer, où M. Stéphanini, qui est plutôt un grand expert, nous disait qu'on ne peut pas allonger les 90 jours du centre de rétention, parce que le Conseil constitutionnel va dire non. C'est qui qui gouverne ? Le Conseil constitutionnel ?
Le Conseil constitutionnel est garant de la bonne application de la Constitution, qui est la loi fondamentale. Mais c'est l'interprétation. Il est apolitique.
Non, ce n'est pas vrai. C'est l'interprétation qu'il en fait. Il est apolitique par définition. Il est gouverné par M. Fabius et M. Juppé, qui ont mis la France dans cet État. Et c'est l'interprétation qu'il en fait. Parce qu'au niveau européen, vous savez par exemple que les CRA, les centres de rétention administrative, vous pouvez aller jusqu'à plus de 567 jours exactement. Donc, pourquoi en France, 90 jours avec 4 autorisations du juge ? Une complexité folle.
Et alors, on a un nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, qui promet de prendre ce problème à bras-le-corps, qui promet des évolutions réglementaires et législatives. Quel regard vous jetez sur ces premières annonces ?
Bruno Rotaillot est sans doute sincère. Il a écrit tout ce que j'ai écrit aussi. Dans l'ensemble, vous savez, si on prend toutes ces personnalités, du Rassemblement National à Bruno Rotaillot, on a tous écrit la même chose depuis des années, avec des propositions très précises, qui ont été inspirées souvent par les mêmes experts. D'accord ? Simplement, Bruno Rotaillot, il n'est pas maître du jeu. Il a un ministre de la Justice qui l'a désavoué le soir même de sa première interview.
Il ne l'a pas désavoué, il lui a juste rappelé un principe fondamental, qui est que la justice est indépendante.
Mais c'est faux, la justice est indépendante dans le cadre des lois que le peuple décide. C'est quoi ce truc ? La justice est indépendante ? Oui, bien sûr, heureusement, mais dans le cadre des lois décidées par le peuple français. Mais à partir du moment où vous avez Didier Migaud, qui est un homme respectable, qui lors de son investiture dit, rend hommage à Christine Taubira, qui n'était pas un modèle de fermeté en matière judiciaire, et où il répète partout, je suis socialiste, et moi, je vous dis que la justice est indépendante. Circuler, il n'y a rien à voir. Et première sortie...
Non, il défend son institution. Mais non, il ne défend pas l'institution. On ne sait pas qui va l'emporter pour l'instant.
Vous jugez ça, il défend son institution. Ça veut dire quoi ? C'est le gouvernement de la France, face à un problème d'ordre public et de contrôle migratoire fondamental. On pourrait espérer... Il ne s'agit pas de défendre le ministère contre un autre. Il s'agit d'avoir une politique cohérente. Police, justice, cohérente, qui permet de reprendre le contrôle du pays.
Mais ce sont les députés, M. Dupont-Aignan, qui votent les lois. C'est-à-dire qu'en réalité, on désigne souvent les juges. Les juges peuvent être politisés, mais enfin, ils appliquent la loi. La police, elle agit dans le cadre de la loi et des règlements. Enfin, le pouvoir législatif, le pouvoir réglementaire. En fait, ceux qu'il faut désigner, si on doit désigner des responsables, c'est plutôt ceux qui ont voté des lois inimplicables, non ?
C'est pourquoi j'ai combattu ces lois. Et c'est pourquoi ce gouvernement ne pourra rien faire, puisqu'il est issu principalement de l'ancienne minorité qui était avant une majorité. Et donc, on voit très bien que Bruno Retailleau, malgré toute sa bonne volonté, va faire ce qui est désastreux pour le moral du pays et pour l'estime des Français. C'est-à-dire qu'il va dire des choses très justes, mais il ne va pas les faire, puisque le ministre de la Justice qui a la clé dit exactement l'inverse. Donc, il faudra bien qu'il y en a un qui s'en aille. Ça finira comme ça. Et parce que les députés macronistes ont mené une politique, voté des lois, et ils ne vont pas en changer.
Et de l'autre côté, vous avez Michel Barnier qui proposait l'inverse. Et tout cet aéropage est ensemble et va nous faire croire qu'il va régler le problème. Bon courage, bonne chance. Donc, il n'y a rien à attendre de ces gens-là.
Avant la création de l'UMP, vous étiez issu de ce même courant politique.
Oui, je l'ai quitté justement à cause de l'Europe.
Quand vous voyez que Michel Barnier arrive Premier ministre, qu'est-ce que vous vous dites ? Est-ce que vous vous dites, finalement, c'est un changement après le macronisme ? Comment vous regardez les choses ?
Je pense que c'est l'idiot utile du macronisme.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que c'est l'idiot utile du macronisme. Voilà. Il ne peut rien faire. Il y a un président de la République qui a choisi, qui a choisi, dans les trois blocs, le bloc le plus minoritaire.
Donc, il fallait que ce soit le NFP qui gouverne, si on vous suit. C'est ce que vous souhaitiez, Lucie Castilla-Mathineau ? Je ne souhaite pas.
Mais moi, je regarde la constitution de la République. La constitution. Qui a fait, a aidé le Front Républicain ? Qui ? Emmanuel Macron. Les députés, les anciens députés macronistes. Ils ont fait une alliance. Et une fois cette alliance faite, alors que le RN et les Patriotes étaient en tête au premier tour, ils ont fait une magouille électorale. D'accord ?
Ce Front Républicain a eu plus de sièges qu'eux. C'est les électeurs qui ont fait le Réponds Républicain.
Oui, mais s'ils avaient été honnêtes, s'ils avaient été honnêtes, une fois qu'ils aient fait cet accord, ils en tirent les conséquences en gouvernement. Non, une fois qu'ils passent, qu'ils sont en tête légèrement, très légèrement, et c'est tout ce que je déteste. Mais moi, j'ai l'honnêteté de dire que s'il avait respecté les institutions, il aurait appelé Mme Castès et elle aurait été censurée. Tandis que là, excusez-moi, il met au gouvernement le parti, le chef du parti le plus petit de l'hémicycle avec des macronistes et il croit que ce bloc qui est incohérent et qui est ultra minoritaire va sauver la France. C'est impossible.
Nous revenons en direct dans un instant. Vous nous direz, tiens, vous pensez qu'on peut faire des économies puisqu'on a une trajectoire budgétaire qui est très compliquée là, plus que compliquée même. 6% de déficit sur le produit intérieur brut pour l'année à venir. Restez avec vous. Nicolas Dupont-Aignan, l'invité du 6-9 ce matin. Juste avant de parler budget, une question pour terminer sur le volet de l'émotion et de la polémique après la mort de Philippine parce que c'est l'OQTF qui est là mise en question, François.
Il y a une chose que vous n'avez pas abordée tout à l'heure à propos de ce drame. Entre 2019 et 2022, la France a procédé à 29 000 obligations de quitter le territoire français à l'égard de citoyens marocains. Il y en a eu à peine 1300 d'exécutés sur 4 ans. Vous êtes ministre des Affaires étrangères. Vous dites quoi au gouvernement du Maroc sur ce qu'il doit faire pour récupérer la totalité des marocains que la France expulse vers le royaume du Maroc ? Deux choses.
D'abord, s'il y a eu si peu d'exécutions, ce n'est pas seulement la faute du Maroc. C'est aussi la désorganisation française, manque de place de C.R.A., centre de rétention, complexité administrative, etc. Donc, ce n'est pas que la faute du Maroc. Deuxièmement, nous accordons des visas au Maroc. Nous avons des coopérations. Il est inadmissible que la France se couche devant des pays qui envoient en France leurs délinquants.
C'est très simple. Pardonnez-moi, lorsque les visas
ont été divisés par 10 à l'égard des 3 pays du Maghreb... Ce n'est pas vrai. Pas par 10, par 2 d'abord. Et ça a duré 2 mois parce qu'immédiatement, Emmanuel Macron a lâché. Nous avons des rapports de coopération donnant-donnant. Il est inadmissible que notre pays soit le recet-tac de la délinquance du monde entier. C'est ça, la réalité. Aller en France, 50 000 mineurs isolés. Et vous savez même que le Maroc a voulu récupérer des mineurs isolés. Parce que les familles les demandaient marocaines. Et ce sont des juges français qui ont compliqué la procédure. Donc il y a un moment où la France se débarrasse des délinquants étrangers qui pourrissent la vie du pays où ça finira très bien. 8h43.
Mais bien sûr !
8h43. Le déficit glisse. 6% du produit intérieur brut sur l'année à venir. 3 milliards de dettes. Il faut faire des économies. M. Saint-Armand l'a dit. M. Armand, pardon. Nouveau ministre de l'économie. Vous, vous coupez où prioritairement ?
Alors j'ai écrit, j'ai le mérite au moins d'avoir écrit un livre. Où va le pognon ? 2021. J'ai mis 50 milliards d'économies à partir de rapports parlementaires signés par des députés socialistes ou de gauche et de droite. Donc j'ai pris que des rapports. Fausse carte vitale. Pourquoi on ne s'y attaque pas ? C'est le problème de l'immigration. Faux numéro d'immatriculation de sécurité sociale. On estime, d'après tous les rapports, entre 5 et 20 milliards. Coût de l'immigration. Les aides sociales à qui plus soif. L'aide médicale, etc. Deuxième point fondamental. La fraude colossale communautaire à la TVA. J'ai écrit un rapport, j'étais député de l'année à l'époque. Les carousels de TVA.
Les carousels de TVA. La Belgique a réussi à les enlever, pas la France. 20 milliards. Vous avez ensuite l'Union Européenne. L'Union Européenne, sous Chirac, Jospin, on donnait 1 milliard net. C'est normal qu'on donne un peu d'argent net, c'est-à-dire plus qu'on reçoit. Aujourd'hui, on va arriver, on a dépassé les 10 milliards, on va aller à 15 milliards à terme. Le tarif de l'électricité, sortir du marché européen de l'électricité pour éviter des boucliers tarifaires qui nous ont coûté une fortune. Ce n'est pas moi qui le dis. Rapport de la Cour des Comptes, 30 milliards d'euros. 30 milliards d'euros. Dernier point, ce que n'a pas dit M. Le Maire, l'extraordinaire M.
Le Maire, c'est qu'il a emprunté de la dette française et M. Macron, depuis qu'ils sont arrivés, à taux variable, indexé sur l'inflation, on a rajouté 12 milliards. Une petite partie. 10%, oui. Et ça nous a coûté 12 milliards parce qu'il n'y a pas un Français raisonnable qui achèterait une voiture à crédit à taux variable indexé sur l'inflation en zone euro quand il pouvait acheter à taux fixe. Ce que vous partagez en revanche avec Emmanuel Macron,
c'est le refus de l'augmentation d'une fiscalité sur les Français.
Totalement. Je dis qu'il y a des vraies économies à faire sur de la fraude sociale colossale, de la fraude fiscale colossale et aussi ce que j'appelle les rangs des oligarques français. Qu'est-ce que c'est ? Il faut sortir du marché européen de l'électricité. C'est des sociétés d'électricité qui se sont gavés d'argent public parce que comme on paye trop cher l'électricité qu'elle est indexée sur le prix allemand alors qu'on le produit en France très peu cher, on a inventé un bouclier tarifaire pour rembourser les Français
d'un prix excessif. Nicolas Dupoyant. Si, le marché européen
d'électricité nous coûte une fortune.
Oui, il nous a coûté mais la plaque européenne a aussi une autre fonction, c'est qu'en cas de pénurie de production, nous pouvons compter sur les autoroutes électriques. Ça n'a rien à voir. Si, c'est le même sujet.
Vous avez l'interconnexion avec l'Angleterre et vous n'avez pas de marché commun de l'électricité
avec l'Angleterre. Vous l'avez avec l'Allemagne ou avec l'Espagne ? Il y a toujours eu, même avant le marché européen. Oui, mais aujourd'hui ça fluidifie les échanges mais on n'a pas une... Je connais le dossier par cœur. Totalement faux.
Bon, on ne va pas faire un débat d'experts. Excusez-moi, une question, pardonnez-moi, il nous reste deux minutes M. Dupoyant. Michel Barnier a pris son téléphone pour s'excuser auprès de... enfin, présenter ses excuses à Marine Le Pen après les propos du nouveau ministre de l'économie encore lui, M. Armand qui a défini que le RN n'était pas dans l'arc républicain. Ce sont vos alliés politiques. En tout cas, vous avez été un allié politique de Marine Le Pen. Que pensez-vous, un, de la déclaration de M. Armand ? Deux, du fait que M. Barnier prenne son téléphone pour présenter des excuses ?
Je pense que c'est la moindre des choses mais que c'est totalement anecdotique par rapport à la gravité de la situation. Je veux dire par là que c'est la moindre des choses parce que c'est inadmissible qu'un ministre exclue 11 millions et les représentants de 11 millions d'électeurs. Mais moi, je suis convaincu que ce petit jeu politicien je t'appelle, tu m'appelles je vote, je ne vote pas va dégoûter encore un peu plus les Français. Et pour moi, il faut voter la censure en tout cas, pour moi, le RN a tort de laisser vivre ce gouvernement. On sait que ce gouvernement ne fera rien. Il est dangereux pour la France. Donc il faut le censurer tout de suite. Il faut le censurer.
Il faut voter la destitution. Et il faut faire comprendre aux Français qu'il n'y a pas de compromis possible avec un homme qui a ruiné la France. Donc la destitution,
elle arrive en commission des lois, elle ne passera pas puisque le PS a soutenu son arrivée en commission des lois.
Donc vous êtes sur la ligne de Jean-Luc Mélenchon. Je suis sur une ligne très dure parce que j'estime qu'un homme qui a gâché la France, qui a rendu la France ingouvernable, qui n'a pas respecté le peuple, ne peut pas continuer comme ça ces petits jeux politiciens. Donc c'est la seule issue
pour vous à la solution que connaît la France aujourd'hui,
c'est le départ d'Emmanuel Macron. C'est la seule solution. Mais comme il ne veut pas partir et que la destitution ne va pas passer, j'ai quand même un espoir, un petit espoir. Ce serait que Michel Barnier au discours de politique générale dise, puisque c'est bloqué au Parlement et on le sait tous, rien ne sortira de cette Assemblée. La seule solution, c'est le référendum. Est-ce qu'Emmanuel Macron aura le courage sur quelques mesures, quelques réformes, de dire, c'est bloqué à l'Assemblée, je ne peux pas dissoudre, je ne veux pas m'en aller, donc je fais appel au peuple. Seul le peuple peut trancher la situation.
Il ne sortira rien de cette classe politique qui a échoué et qui se maintient artificiellement.
Merci beaucoup, M. Dupont-Aignan, d'avoir été notre invité ce matin. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan