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interviewBFMTV· 20 juin 2024 31 min

Élections législatives: l'interview de Gabriel Attal en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

M. Gabriel Attal, bonsoir. Bonsoir. Nous allons vous interroger avec Benjamin Duhamel. Bonsoir Benjamin. Vous êtes très engagé dans cette campagne. On voit tous les jours en meeting vous déplacer dans le pays. Vous avez même dit aux Français, il faut me choisir dès le premier tour. Choisir le Premier ministre dès le premier tour. Donc si la majorité fait un bon score, ce sera grâce à vous. Et si vous prenez une volée, ce sera la faute du président alors.

0:23
Gabriel Attal

Non mais l'important là c'est le pays. On voit bien qu'il y a cette élection législative, qui est une élection qui effectivement vise à désigner le Premier ministre, un gouvernement, une majorité à l'Assemblée nationale. Vous l'avez dit, il faut choisir le Premier ministre. C'est vous personnaliser. Ce n'est pas une élection présidentielle. Vous voulez continuer avec moi. Ce n'est pas une élection présidentielle, c'est une élection législative. Et effectivement l'élection législative, elle vise à constituer une majorité au Parlement et donc désigner un Premier ministre. Et on voit bien qu'il y a aujourd'hui trois choix, trois blocs.

Vous avez d'un côté l'extrême droite et son alliance avec Jordan Bardella, l'alliance de LFI-NUPES avec Jean-Luc Mélenchon, et puis moi qui mène cette majorité. Effectivement je suis Premier ministre et je porte cette campagne.

1:06
Locuteur 5

C'est quand même un détournement de la Constitution parce que les électeurs ne choisissent pas le Premier ministre. C'est le président qui nomme sous la Ve République le Premier ministre. Donc en fait j'y vois plutôt l'idée que vous êtes en train de vous affranchir d'Emmanuel Macron. Vous dites, on a un président impopulaire et on l'a vu aux Européennes, donc mon atout c'est moi-même plutôt que le président.

1:25
Gabriel Attal

Non, là vous faites un peu, c'est pas un reproche, mais de la politique un peu politicienne. Vous n'êtes pas en train de vous affranchir ? L'important dans cette élection, encore une fois, plus que les personnes, c'est la ligne politique. Les projets, les programmes qui effectivement s'incarnent par des candidatures à la députation, dans des circonscriptions. C'est quoi votre ligne politique ?

1:42
Locuteur 5

C'est la diète ? C'est l'austérité ?

1:45
Gabriel Attal

C'est combler les déficits ? Non, notre ligne politique c'est d'abord un attachement viscéral à notre pacte républicain et à la République. Je veux dire derrière ça, c'est pas un slogan, c'est très concret. C'est refuser les divisions, refuser de dresser les Français les uns contre les autres, refuser les communautarismes, refuser toutes les atteintes à notre pacte républicain, le racisme et l'antisémitisme.

2:03
Présentateur

Oui, mais la ligne politique elle a été désavouée au précédent scrutin.

2:06
Gabriel Attal

Je vais au bout parce que je réponds à la question. Et ensuite, c'est un projet pour l'emploi des Français. On a le taux de chômage le plus bas depuis 25 ans, le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans, le taux d'emploi le plus haut depuis qu'il est mesuré. Il y a évidemment beaucoup de difficultés, il y a des Français qui souffrent.

2:19
Locuteur 5

Donc l'idée c'est voter pour nous, on va continuer dans la même voie ?

2:21
Gabriel Attal

On va continuer à agir pour l'emploi et le travail, effectivement. Et donc pour vous, il n'y a pas eu de rejet, il y a trois semaines ? Il y a moins de trois semaines. On a eu une défaite aux élections européennes. C'est une défaite. La faiblesse de notre score est une défaite aux élections européennes. C'était une élection qui concernait l'Europe, mais évidemment que les Français ont adressé un message aussi national. D'ailleurs, les oppositions avaient tout fait pour nationaliser cette élection. Et donc évidemment qu'on en tient compte. Évidemment qu'on en tient compte. Évidemment que quoi qu'il arrive, les choses seront différentes. Il y aura un avant et un après.

2:54
Locuteur 5

Quoi précisément, concrètement, quelle est la leçon que vous tirez des européennes dans votre ligne politique ? Parce que si vous dites qu'on fait pareil, vous aurez le même score qu'aux européennes. Donc qu'est-ce qui fait la différence ?

3:04
Gabriel Attal

J'ai annoncé et j'ai proposé une accélération sur un certain nombre de chantiers, notamment sur la question du pouvoir d'achat. On y reviendra peut-être dans l'échange avec des propositions, des mesures très concrètes pour améliorer le pouvoir d'achat des Français. Je peux vous donner quelques exemples. Je pense qu'il y a des retraités qui nous regardent. J'ai annoncé que désormais, systématiquement, et ce serait une garantie pour l'avenir, les retraites seront indexées sur l'inflation, alors même qu'on a connu dans le passé un certain nombre d'années où elles ne l'avaient pas été. Première chose. Il y a probablement des familles qui nous regardent.

J'ai annoncé qu'à l'hiver prochain, il y aurait une baisse de 15% de la facture d'électricité, c'est 200 euros d'économie en moyenne sur la facture. Il y a probablement des personnes qui travaillent, des salariés qui nous regardent. J'ai annoncé que la prime pouvoir d'achat qui a été versée l'année dernière à 6 millions de salariés par des entreprises, qui est aujourd'hui plafonnée à 3 000 euros sur l'année. On allait remonter le plafond à 10 000 euros sur l'année et on allait donner la possibilité de mensualiser.

J'ai annoncé que dans le prochain budget, si les candidats ensemble pour la République ont une majorité et qu'on a la responsabilité de ce budget, il y aura une mesure pour dé-smicardiser, c'est-à-dire libérer les augmentations de salaire au-dessus du SMIC. Vous savez qu'aujourd'hui, c'est très difficile pour une entreprise, un patron qui veut augmenter un salarié qui est au SMIC de 100 euros, il doit débourser presque 500 euros. Et c'est ça qu'on veut changer, et c'est ça qu'on va changer si les Français nous font confiance. Donc cette question du pouvoir d'achat, la question de la sécurité, évidemment.

4:25
Locuteur 4

On va revenir sur cet élément de programme. Juste, je rebondis sur ce qui a été dit il y a un instant sur votre volonté d'autonomisation. Moi, je vous ai entendu pendant plusieurs mois, depuis que vous avez été nommé à Matignon, dire que vous expliquez que vous deviez tout au président de la République. Samedi soir, je vous entends dire « Je suis libre ». C'était chez nos confrères de France 2. Là, vous dites « Choisissez-moi comme Premier ministre ». Donc il y a bien une façon d'essayer de s'émanciper de la part d'une forme de tutelle du président de la République.

4:51
Gabriel Attal

Mais c'est la première fois depuis plus de 25 ans que les Français vont indirectement choisir un Premier ministre. C'est la première fois depuis 25 ans. La dernière dissolution, c'était en 1997. Nécessairement, quel que soit le camp qui sera élu, il y aura un avant et un après. – Et vous êtes sûr d'être Premier ministre

5:09
Locuteur 4

au lendemain du 7 juillet, si jamais vous gagnez les élections ?

5:11
Gabriel Attal

– Vous avez cette garantie. – Ça nous rapproche quelque part, un peu des régimes parlementaires. En tout cas, le poids du Parlement qu'on a connu au Parlement ces deux dernières années, je le crois très profondément, continuera dans les années à venir.

5:25
Locuteur 4

– Et vous êtes sûr d'être nommé à Matignon au lendemain du 7 juillet, si vous gagnez les élections ?

5:29
Gabriel Attal

– Je vais vous dire, je mène cette campagne. Je mène cette campagne avec nos candidats. J'ai présenté ce matin le programme. Je me bats tous les jours sur le terrain, aux côtés de nos candidats. J'étais dans le Pas-de-Calais, en Loire-Atlantique, en Seine-et-Marne, dans le Val-de-Marne, dans l'Orne, dans la Sarthe. Je serai dans les prochains jours dans d'autres départements.

5:45
Locuteur 4

– Donc le président sera tenu de vous nommer au lendemain du 7 juillet, si vous gagnez cette élection ?

5:50
Gabriel Attal

– Je veux dire, encore une fois, il y a les personnes, et puis il y a le programme, il y a l'importance.

5:54
Locuteur 5

– Vous dites, votez pour moi pour que je sois votre Premier ministre. Je reste à Matignon.

5:59
Gabriel Attal

– Quand vous avez des élections législatives comme celles qui sont organisées aujourd'hui, c'est-à-dire non pas juste après une élection présidentielle, forcément, si vous menez une campagne et que les candidats que vous présentez ont une majorité, ça met du vent dans les voiles, bien sûr. Mais je vais vous dire encore une fois, et donc pour moi aussi.

6:14
Locuteur 5

– C'est intéressant parce que vous dites vous-même qu'on gouverne différemment, que l'Assemblée ne ressemble pas à celle qui était auparavant sous la Vème République. Ça veut dire que vous serez, si vous gagnez, un Premier ministre renforcé, dans un rapport de force peut-être différent avec le président républic, est-ce qu'on va assister à une cohabitation ? Une cohabitation dans la même majorité ?

6:32
Gabriel Attal

– Ça n'a aucun sens, mais moi, encore une fois… – Ah si, ça a sens ! – Je pense que ces sujets-là intéressent moins les Français que ce qui va se passer concrètement pour eux dans leur vie. Voilà. Et moi, je le dis ici, et ce n'est pas que moi qui le dis d'ailleurs, si les extrêmes venaient à gagner ces élections, ce serait une catastrophe pour la vie des Français. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est les représentants des entreprises. Vous avez entendu la FEP, qui est l'association des grandes entreprises françaises, 2 millions de salariés, ils prennent très rarement la parole dans des débats électoraux.

La CPME, qui représente les patrons de PME, petites et moyennes entreprises, qui maillent tout le territoire français, ils prennent très peu la parole dans des débats politiques. Tous les deux ont dit, si les extrêmes gagnent ces élections, ça enverrait la France dans le mur.

7:12
Locuteur 5

– Vous mettez les deux extrêmes sur le même plan, autant l'extrême droite que l'extrême gauche. Pas d'hierarchie.

7:18
Gabriel Attal

– Je vois sur le volet économique, je vois deux projets qui proposent de dépenser massivement plusieurs centaines de milliards d'euros supplémentaires. Pour l'un, sans dire comment ils le financent, ce qui veut dire nécessairement une augmentation d'impôts. – C'est le Rassemblement national ? – Et pour l'autre, en assumant, pour le coup plus clairement, les augmentations d'impôts, puisque la NUPES annonce 50 milliards de hausses d'impôts dès cet été. Et ensuite, d'autres hausses d'impôts dans le prochain budget et par la suite.

7:44
Présentateur

– Ce que vous n'expliquez pas aux Français, alors que la France vient de se faire mettre en procédure pour un déficit budgétaire excessif par l'Europe, c'est comment vous allez combler les déficits, justement ?

7:55
Gabriel Attal

– On est assez clair sur ça. On fait des réformes. Le cœur de notre…

7:59
Locuteur 5

– Parce que vous avez annoncé de nouvelles dépenses sur le pouvoir d'achat. – Tout est financé dans notre programme,

8:03
Gabriel Attal

on peut revenir mesure par mesure, tout est financé dans les mesures que je viens de vous évoquer.

8:06
Locuteur 5

– Oui, mais c'est des dépenses supplémentaires,

8:08
Gabriel Attal

ce n'est pas des économies. – Pour équilibrer les comptes publics, le cœur de la mobilisation, c'est le travail. Si on avait le même taux d'emploi que les Allemands, c'est-à-dire la même part de notre population qui travaille, on serait quasiment à 3% de déficit, on aurait beaucoup moins de problèmes pour équilibrer nos comptes. Plus vous avez de Français qui travaillent, plus vous avez de cotisations sociales qui sont versées, d'impôts qui sont payés, parce qu'il y a des gens qui bossent, qui reçoivent un salaire et donc ça cotise.

Et donc, pour moi, pour équilibrer les comptes, ce n'est pas augmenter les impôts comme le proposent les extrêmes, c'est faire en sorte qu'il y ait plus de Français qui travaillent, ce qui permet ensuite d'avoir des recettes suffisantes. Et ensuite, deux, pardon, c'est faire des réformes. Et on me le reproche souvent dans cette campagne, je le vois chez les opposants politiques, j'assume de continuer à porter des réformes.

8:49
Locuteur 4

– Pas que certains dans votre camp, Gabriel Attal, auraient préféré que, par exemple, la réforme de l'assurance chômage soit repoussée, en considérant que ce n'était pas forcément le meilleur élément pour faire campagne après le résultat des européennes.

9:00
Gabriel Attal

– La différence avec les autres candidats dans cette élection, Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'eux sont prêts à tout pour gagner une élection. Ils sont prêts à tout, c'est-à-dire d'abord à s'allier avec n'importe qui, compris des gens avec qui ils ne sont pas d'accord et qu'ils ne peuvent pas supporter. On entend là maintenant dans la NUPES certains parler, c'est pas un mariage d'amour, etc. Donc ils sont prêts à s'allier avec n'importe qui et ils sont prêts à proposer n'importe quoi. – Et eux pensent gagner ? Vous, vous pensez vraiment pouvoir gagner cette élection ? – Je vais répondre à cette question, mais eux, ils sont prêts à proposer n'importe quoi.

C'est-à-dire à dire aux Français à peu près tout ce qu'ils ont envie d'entendre, tout ce qu'ils pensent qu'ils ont envie d'entendre, sans être capable d'expliquer une seule seconde comment ils le feraient. Si j'étais le premier politicien venu, si je faisais comme eux, évidemment que ce que je ferais, c'est que les réformes difficiles qui ont été engagées, je dirais, parce qu'il y a une élection, non, non, ne vous inquiétez pas, on ne va pas la faire, ou alors on va la reporter. La différence entre eux et nous, c'est qu'avec nous, les choses sont claires. On peut nous aimer, on peut ne pas nous aimer. Il y a des erreurs, il y a des choses qu'on n'a pas bien faites.

Mais au moins, c'est clair. Quand on dit qu'on n'augmentera pas les impôts, c'est clair. Et les Français peuvent nous avoir conscience pour ça. On ne les a pas augmentés depuis 2017.

10:01
Locuteur 5

– Ce discours de sérieux par rapport aux autres qui seraient dans des programmes dépensiers farfelus, il est difficile à tenir, puisque nos finances publiques, actuellement, sont en très mauvaise santé. Et on se pose la question, finalement, avez-vous bien géré la France depuis 7 ans ?

10:15
Gabriel Attal

– Écoutez, c'est assez facile aujourd'hui de nous reprocher d'avoir mis en place le quoi qu'il en coûte pendant le Covid, qui a permis aux Français d'avoir le chômage partiel et de garder leur emploi. – Il n'y a pas aux entreprises de survivre et d'éviter la faillite grâce au PGE.

10:26
Locuteur 4

– Il y a d'autres pays qui ont aidé les économies et qui ne sont pas dans la même situation que nous en termes de finances publiques.

10:30
Gabriel Attal

– Moins que nous, mais encore une fois, je ne leur mets pas en cause, je l'assume. Pendant la crise de l'inflation, on a mis en place un bouclier tarifaire, ça a été suffisamment dit sur vos plateaux.

10:37
Locuteur 5

– On n'a pas trop dépensé.

10:38
Gabriel Attal

– Ça a été dit sur vos plateaux, le niveau d'inflation en France par rapport aux autres pays européens était quand même plus faible. Alors c'est toujours trop pour les Français, et encore une fois, je l'entends, c'est dur de boucler les fins de mois pour les Français, mais on a assumé ces dépenses. Maintenant, je le dis ici, on est… – C'est terminé. – Vous parliez de la procédure pour déficit excessif de Bruxelles. – Enclenché par l'Europe. – En 2017, quand on a été élu, la France était dans cette procédure pour déficit excessif. On l'en a sorti en 2018 en faisant des réformes. – On y est retourné parce qu'il y a eu les crises et qu'on a dépensé.

Mais on a une trajectoire qui nous permet de revenir sous les 3% de déficit en 2027, et avec, à travers des réformes, j'ai évoqué des exemples de réformes là, sociales, réforme du millefeuille territorial, je le dis ici, oui, si les Français nous font confiance, on fera une réforme qui fera suite au rapport qui a été remis par Eric Wirt et Boris Ravignon pour faire des économies, réduire ce qu'on appelle le millefeuille administratif. On va continuer à lutter contre la fraude. L'an dernier, année record en termes de lutte contre la fraude, 17 milliards d'euros, c'était jamais arrivé parce que j'ai présenté un plan avec des mesures très fortes sur le sujet. On va continuer là-dessus.

11:38
Locuteur 4

– Gabriel Assel, juste pardon, je pense à ceux qui nous regardent là, et au fond vous égrainez toute une série de réformes, sans la moindre rupture par rapport à ce que vous faisiez auparavant. Les Français vous ont sanctionné au moment des européennes. Pourquoi ? Est-ce que là, tout d'un coup, le 30 juin et 7 juillet, les Français se diraient, on était opposés, ou du moins on a envoyé une sanction au gouvernement, mais là, finalement, on continue avec exactement la même feuille de rouge.

11:58
Gabriel Attal

– Je viens de vous dire, à l'instant, qu'on a eu une défaite aux élections européennes, et que, évidemment, j'en suis lucide, et j'en tiens compte. Un, sur le fond, j'ai dit, on va plus loin que ce qui était prévu sur la question du pouvoir d'achat, plus loin que ce qui était prévu sur la sécurité. Là aussi, j'ai fait des annonces, on peut y revenir, notamment sur la lutte contre la délinquance des mineurs. Et ensuite, évidemment, qu'en termes de méthode, il faudra associer davantage, chercher des coalitions, y compris des coalitions avec les Français. Je pense que c'est aussi ça le message qui a été envoyé.

12:25
Locuteur 5

– Mais avançons un peu, on vient de connaître un drame absolu, le calvaire vécu par cette jeune adolescente de 12 ans, victime d'un viol collectif, et on lui a reproché d'être juif. Donc il y a à la fois l'agression sexuelle insoutenable et l'antisémitisme qui se manifeste. Et ce sont des gamins, d'autres gamins qui ont fait ce crime. L'antisémitisme ne cesse de progresser. Est-ce que c'est un échec pour vous ?

12:51
Gabriel Attal

– D'abord, je veux redire mon soutien et ma solidarité à l'égard de cette jeune fille, de ses parents, de ses proches et de ses amis. C'est absolument atroce ce qui s'est passé. Et les auteurs ont été interpellés et mis en détention. Et évidemment, on souhaite tous que la justice les punisse très sévèrement. Ensuite, on le voit depuis le 7 octobre, l'antisémitisme a repris une vigueur en France et ailleurs dans d'autres pays également. Et moi, ma conviction, c'est que les responsables politiques doivent toujours placer des digues face à l'antisémitisme, au racisme, à l'homophobie. Or, je constate que ça n'est pas le cas dans toutes les familles politiques.

13:37
Locuteur 5

– Desquelles ? – Et je le déplore.

13:38
Gabriel Attal

Encore une fois, j'ai vu les condamnations. Évidemment que les responsables politiques condamnent tout ce qui s'est passé à Courbevoie. Et tant mieux, on n'attendrait pas autre chose. Mais à un moment, les condamnations a posteriori, c'est important. Mais en fait, c'est une lutte qui doit être permanente.

13:57
Locuteur 4

– Il y a une forme d'hypocrisie de la part de certaines oppositions ?

13:59
Gabriel Attal

– Non, ce n'est pas ce que je dis, encore une fois, à tout le monde. Enfin, personne ne peut considérer que ce n'est pas grave ce qui s'est passé. Mais encore une fois, les condamnations a posteriori sont importantes. Mais c'est important de mener ce combat tout le temps et toujours.

14:07
Locuteur 5

– Concrètement, est-ce que selon vous, il y a des familles politiques qui favorisent ce climat antisémite ?

14:11
Gabriel Attal

– En tout cas, il y a des familles politiques qui n'ont pas les digues que nous mettons. – Lesquelles ? – L'antisémitisme a ses candidats dans ses élections législatives. – Qui sont-ils ? – On le voit à l'extrême-gauche avec la France insoumise, avec des candidats qui ont été investis, qui ont tenu des propos, qui ont contribué à ce climat et à cette forme de banalisation antisémitisme.

14:29
Locuteur 5

– Ils n'ont pas été condamnés pour antisémitisme.

14:30
Gabriel Attal

– Non, vous en avez qui sont poursuivis pour apologie du terrorisme et qui instaurent ce climat-là. Vous en avez à l'extrême-droite aussi. Hier, on a vu deux candidats investis par le Rassemblement national.

14:41
Locuteur 5

– Ils ont été évincés.

14:42
Gabriel Attal

– Ils se présenteront le jour du scrutin sous l'étiquette Rassemblement national. Sur leur bulletin de vote, il y a écrit Rassemblement national. Leur résultat, les voix qu'ils recevront seront comptabilisées dans les voix du Rassemblement national.

14:53
Locuteur 5

– Donc le Rassemblement national n'est pas un vote de protection pour les Juifs parce qu'on a entendu aussi Serge Karsfeld dire que dans le cas d'un second tour, s'il a le choix entre un insoumis et un candidat à Rassemblement national, il choisit le candidat à Rassemblement national.

15:06
Gabriel Attal

– C'est terrible, mais c'est hélas les ambiguïtés ou plus que ça de la France insoumise qui contribuent à ce climat. Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon affirmait que l'antisémitisme est, je cite, résiduel en France. Comment on peut dire qu'il est résiduel alors que depuis le 7 octobre, il a repris une vigueur comme jamais ? Mais je vais vous dire, moi ça me rend triste. Ça me rend triste parce que je viens de la gauche, je viens du Parti socialiste et parce que la gauche, elle s'est toujours précisément battue contre le racisme, contre l'antisémitisme. Elle a toujours été dans le camp de ceux qui défendent l'universalisme.

Et qu'à cause de la France insoumise, hélas, c'est en train de dériver. Et moi, ça me rend tellement triste d'entendre des Français de confession juive dire si la NUPES gagne, je quitterai la France. Parce que la gauche, c'est pas ça.

15:48
Locuteur 5

– Le Front populaire, oui.

15:49
Gabriel Attal

– La gauche, c'est pas ça. Et voilà, moi je pense qu'il faut qu'il y ait un ressaisissement. Et notamment à gauche, il y a cette alliance qui a été faite avec la France insoumise.

16:02
Présentateur

– Elle est contre nature à gauche ?

16:03
Gabriel Attal

– Bien sûr. Et d'ailleurs, vous en avez qui s'en sont désolidarisés. Regardez Jérôme Gage, qui était élu de la NUPES. Il a refusé d'être dans la NUPES précisément parce qu'il y a la France insoumise qui contribue à ce climat-là.

16:16
Locuteur 5

– Le Parti socialiste est dans cet accord. – Oui, mais je le déploie. – Bon, c'est François Hollande. – François Hollande défend ce nouveau Front populaire, même s'il émet des réserves.

16:23
Gabriel Attal

– Maintenant, il dit que ce n'est pas un mariage d'amour, il essaie de reculer. Mais moi, je ne crois pas une seconde que les électeurs d'une gauche, ils sont nombreux, social-démocrate, attachés aux valeurs de la République, se retrouvent derrière cet accord et cette alliance. Et malheureusement, à cause de la France insoumise, la gauche est en train de passer de « j'accuse » au banc des accusés sur la question de l'antisémitisme. Et ça, ça me rend d'une infinie tristesse. Et donc, moi j'appelle à un ressaisissement. Sortez-les, sortez-les ces candidats qui ont tenu ces propos. Sortez-les de l'alliance ou alors sortez de l'alliance. Regardez ce qui vient de se passer au Royaume-Uni.

Il y a eu un problème avec la gauche au Royaume-Uni à cause de Jérémy Corbyn.

17:03
Locuteur 5

– Et le leader de cette gauche ?

17:04
Gabriel Attal

– Avec de très fortes ambiguïtés vis-à-vis de l'antisémitisme. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils l'ont sorti ? Ils ont refusé de le réinvestir. Et ils sont en train de sortir ses proches.

17:11
Locuteur 5

– Mais il faut sortir Jean-Luc Mélenchon ?

17:13
Gabriel Attal

– Ils ont clarifié.

17:14
Locuteur 5

– Il faut sortir Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il a souvent été présenté, Corbyn était présenté comme le Mélenchon anglais.

17:18
Gabriel Attal

– Moi, en tout cas, au moment où il y a eu cet accord qui a été signé, j'ai eu l'occasion de le dire. Je ne comprenais pas que ça me rendait triste de voir ceux qui sont les héritiers de la laïcité d'Aristide Briand se retrouver avec ceux qui défendent le communautarisme.

17:32
Locuteur 4

– Attendez, juste Gabriel, vous vous rappeliez il y a un instant que vous veniez du Parti Socialiste. Ça veut dire que là, on voit une très sévère charge contre le Front Populaire. Ça veut dire que vous renvoyez dos à dos, toujours, les extrêmes, ce que vous appelez l'extrême droite, et ce que vous appelez l'extrême gauche. Pour vous, il n'y a pas de différence entre les deux ?

17:48
Gabriel Attal

– Moi, je me bats contre tous ceux qui carburent à la division, à la stigmatisation, qui attisent les peurs et qui attisent les haines. – Voilà, il y en a à l'extrême droite, il y en a à l'extrême gauche. Et ce que je suis en train de vous dire, c'est que, moi ce qui m'importe, c'est avant tout les électeurs, et qu'il y a de très nombreux électeurs de gauche qui ne se retrouvent pas dans les positions de la France.

18:07
Locuteur 4

– Oui, mais Gabriel Attal, il y a aussi des électeurs qui, dans des seconds tours entre le Front Populaire et le Rassemblement National, peut-être certains de vos électeurs qui attendront des consignes de vote le 30 juin au soir. Vous leur direz quoi ? Au fond, faites ce que vous voulez, ne choisissez pas. Le barrage au RN, ça n'existe plus dans votre discours.

18:22
Gabriel Attal

– Je vois bien que cette question, qui est une question importante, et en ce moment la question favorite sur les plateaux de télévision et des journalistes. – Elle va se poser le 7 juillet, pour beaucoup d'électeurs. – Mais vous avez raison de parler au futur. Une question, elle se pose quand elle doit se poser. Et moi, à ce pourquoi je me bats, et c'est ce que je suis en train de constater sur le terrain, c'est précisément pour que les Français n'aient pas à faire ce choix. Parce que les candidats ensemble pour la République seront présents au deuxième tour pour représenter les fleurs.

18:46
Locuteur 5

– Certains de vos ministres ont répondu à cette question. Gérald Darmanin a dit qu'il ne ferait pas de choix entre un candidat insoumis ou un candidat à la Rassemblement nationale. C'est le cas également d'Olivia Grégoire. Et vous, si vous aviez à faire ce choix ?

18:57
Gabriel Attal

– Mais chacun fait comme il veut, chacun s'exprime comme il veut.

18:59
Locuteur 5

– Mais oui, mais vous, Gabriel Yattal ?

19:00
Gabriel Attal

– Moi, je suis Premier ministre, je suis chef de cette campagne, et ce que je vous dis, c'est que je me bats pour que nos candidats soient au deuxième tour.

19:05
Locuteur 5

– D'accord, mais vous êtes aussi candidat, et si vous aviez le choix…

19:08
Gabriel Attal

– Je vois qu'il y a une volonté, on le voit dans la forme de système médiatique, de donner l'impression qu'il y aurait le choix qu'entre deux blocs. Je suis désolé de vous le dire, ce n'est pas le cas. Je vous ai dit, tous les départements où je me suis rendu, tous les jours, je croise des Français qui me disent « on n'a pas envie de choisir entre les extrêmes ». Et on veut qu'il y ait une autre… – Alors, je repose la question différemment. – Regardez les sondages des derniers jours, on est le bloc qui a la plus grande progression depuis les élections européennes. Huit points de plus qu'aux élections européennes.

19:36
Locuteur 5

– Mais vous arrivez quand même derrière les deux autres blocs. – Gabriel Attal, est-ce que vous faites une distinction au sein de ce nouveau Front populaire ? C'est-à-dire qu'en fonction des duels qui seront proposés, vous ferez la différence entre un candidat socialiste par exemple et un candidat insoumis, ou pour vous c'est la même chose ?

19:51
Gabriel Attal

– Je vous dis, Olivier Truchot, je comprends encore une fois, c'est votre droit de poser des questions. Ce que je vous dis, c'est que je me bats et que je pense qu'on est en train de réussir… – Vous ne voulez pas répondre à la question ? – Non, parce qu'on est en train de réussir à faire en sorte que cette question, elle se pose peu pour les Français. Parce qu'il y aura un candidat ensemble pour la République au deuxième tour. Ce que je dis ensuite à un électorat de gauche qui ne veut pas de l'extrême droite, c'est que les candidats ensemble pour la République sont le meilleur barrage…

20:12
Locuteur 4

– Attendez, vous allez encore dire que c'est une obsession des plateaux télé, mais malgré tout, dans l'entre-deux-tours en 2022, le président de la République face à Marine Le Pen avait lancé un appel aux électeurs de gauche, en d'ailleurs gauchisant son discours, en parlant d'écologie, en expliquant au fond, voilà, en appelant à faire barrage ces électeurs-là qui se sont portés sur Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Vous oubliez tout ce qui s'est passé en disant au fond

20:35
Gabriel Attal

« On renvoie dos à dos les deux ». – Mais je ne parle pas des électeurs, moi. Je vous l'ai dit, depuis tout à l'heure, je parle des appareils politiques, des partis et des responsables politiques. Et précisément quand je parle aux électeurs… – Et donc vous ne faites aucune différence entre le Rassemblement national et le nouveau Front populaire. – Moi je vous dis, je parle aux électeurs. Et oui, il y a des électeurs d'une gauche sociale-démocrate, exemplaire sur les valeurs républicaines, qui ne se retrouvent pas dans l'alliance menée par la France insoumise. – Et vous les appelez à vous rejoindre.

– De la même manière qu'il y a des électeurs gaullistes qui ne se retrouvent pas dans le ralliement d'Éric Ciotti au Rassemblement national. Et à tous ces électeurs qui ne veulent pas des extrêmes, je les appelle à voter pour les candidats ensemble pour la République dès le premier tour. Et ce que je constate en me déplaçant sur le terrain, en regardant les sondages, c'est que de plus en plus d'électeurs sont en train de faire ce choix-là. C'est ce qu'on me dit sur le terrain. – Vous croyez à la victoire ?

21:18
Locuteur 4

C'est pas perdu comme ce qu'on entend quand on discute avec les uns et les autres, quand les lumières sont éteintes.

21:23
Gabriel Attal

– Regardez, aux élections européennes, on a fait 14%. Là, dans le sondage qui est sorti ce soir, on est à 22%.

21:29
Présentateur

– On peut le montrer peut-être le sondage, si on l'a, c'est le dernier.

21:32
Gabriel Attal

– 8 points de plus.

21:33
Présentateur

– C'est 22, mais le RN est à 34. – D'accord. – Et 28 pour le Front populaire.

21:37
Gabriel Attal

– Il est à peu près à son score.

21:38
Locuteur 5

– Alors regardez, on va regarder ces derniers sondages, effectivement, IFOP.

21:42
Gabriel Attal

– On était à 14% aux élections européennes, on est à 22% aujourd'hui. – Oui, pareil, le nouveau Front populaire NUPES, si vous faisiez l'addition de leur liste aux élections européennes, ils étaient au-dessus de ça, donc ils sont en dessous. Donc nous sommes le bloc qui a la plus grande dynamique depuis le début de ces élections législatives et de cette campagne. – Donc rien n'est pas perdu. – Et bien je vais me battre pour que ça continue.

Et je vais me battre pour que les Français, ils n'aient pas à choisir entre les extrêmes et qu'il y ait une autre offre attachée aux valeurs de la République, exemplaire sur les valeurs de la République, évidemment lucide sur les difficultés des Français et qui a entendu la défaite qu'on a eue aux élections européennes sur le fait qu'il faut à la fois faire plus sur un certain nombre de sujets, notamment en matière de pouvoir d'achat, de sécurité, et faire différemment dans notre pratique du pouvoir. Et je crois qu'on va réussir à convaincre les Français de ça.

22:27
Présentateur

– Comment vous expliquez que certains de vos candidats ne mettent pas le président de la République sur les tracts et sur les affiches ? Par contre, on peut vous retrouver, vous.

22:33
Gabriel Attal

– Mais c'est une élection législative, on me le dit depuis tout à l'heure. – C'est repoussoir le président de la République ?

22:37
Locuteur 5

– En 2022, c'était aussi une élection législative et il y avait la photo d'Emmanuel Macron à côté des candidats. – C'était très différent

22:43
Gabriel Attal

parce que c'était juste après l'élection présidentielle. En 2022, en 2017, en 2012, en 2007, en 2002, c'était des élections législatives juste après les élections présidentielles. – Même le nom d'Emmanuel Macron n'a pas récuit. – Mais parce qu'on est sur une élection législative en cours de mandat. – Mais Nadia,

22:58
Présentateur

et préfère mettre votre visage plutôt que celui du président de la République sur son trac.

23:03
Gabriel Attal

– Vous êtes plus vendeur que le président ? – Parce que le choix de cette élection législative, c'est qui vous voulez comme Premier ministre. Quoi qu'il arrive après ces élections législatives, le président de la République sera toujours président de la République jusqu'en 2027. Par contre, ce qui sera différent, c'est effectivement, à Matignon, soit vous aurez Jordan Bardella, soit vous aurez Jean-Luc Mélenchon, soit vous m'aurez moins.

23:20
Locuteur 4

– Attendez, Gabriel Attal, ce n'est pas aussi qu'il y a un rejet du président de la République. On a vu des scènes, notamment au Péreux-sur-Marne, quand vous faisiez campagne, avec quelqu'un qui vient en disant « Non, non, moi, le président… » Eh bien, on va regarder d'ailleurs les images et ensuite on en parle juste après.

23:37
Locuteur 1

– Il n'y a plus de laïcité. Ils reviennent sur les lois d'immigration qu'on a faites, qui permettent quand même de réguler et qu'on doit maintenant mettre en œuvre. Et puis il y a des choses complètement…

23:45
Présentateur

– Ça, c'était avant-hier sur l'île de Sein. C'était autre chose. On va revenir plutôt lorsque vous avez croisé ce riverain du Péreux qui dit que le président ferait bien de garder le silence, mais il l'a dit autrement.

23:57
Locuteur 2

– Je ne l'ai vraiment dit, parce que vous, vous êtes bien. Il faudra que le reprise, donc il ferme ça. – Vous avez compris ? – Oui. – Vous savez, là, c'est une élection. – Là, c'est une élection législative. – Il comprenait le vote pour le Premier ministre. – Non, comprenez-moi. Vous, vous êtes bien. Vous êtes très bien dans l'éducation nationale. Pour l'instant, ça va bien. Mais alors, le président, c'est lui qui nous fait dans la main. C'est tout. – C'est bon courage. – Je suis en train de sur vous pour le 30. – C'est à vous que je dis que je suis bon courage. – D'accord, mais c'est une élection législative. – Non, oui, mais… – Merci beaucoup. – Au revoir, monsieur.

24:36
Locuteur 4

– Franchement, vous le… – Oui, ne le contredisez pas. – Vous le défendez assez moyennement, le président de la République.

24:40
Gabriel Attal

– Le monsieur en question, il vote pour notre candidat. – Oui, mais vous voyez bien le rejet qu'il y a du président de la République.

24:46
Présentateur

– Il vote pour le candidat, mais il y en a gros sur la patate. – Et il serait bien passé d'une dissolution.

24:50
Gabriel Attal

– Il y a beaucoup de Français qui ont été surpris par cette dissolution, stupéfaits, et même pour certains, en colère. – Vous le premier ? – Parce qu'ils n'avaient pas envie de se retrouver dans une nouvelle élection législative. – Maintenant, passé ça, ce que je vois, c'est qu'il y a… Je ne vais pas revenir. Moi, je suis impragmatique, je vais de l'avant. – C'est parti de ces Français qui ont été surpris. – Je ne regarde pas dans le rétroviseur, on est à la moitié de la campagne. Donc, je ne reviens pas sur les questions de pourquoi la dissolution, comment ça s'est fait, etc. Mais voilà, si je me déplace, c'est pour aller convaincre.

Et ce que je vois, c'est que de plus en plus de Français se disent, on ne veut pas des extrêmes au pouvoir parce que ça serait une catastrophe pour le pays. On ne veut pas avoir à choisir entre les extrêmes. Il y a une autre voie, c'est nos candidats ensemble pour la République. On le voit sur le terrain, on le voit dans les sondages,

25:33
Locuteur 4

on est le bloc le plus dynamique. – Est-ce qu'il y a une part de rejet du président de la République dans ce que les Français expriment ?

25:38
Gabriel Attal

– Attendez, Benjamin Duhamel…

25:40
Locuteur 4

– Édouard Philippe l'a dit. Édouard Philippe, que je sache, ce n'est pas un opposant politique. Il a dit, oui, oui, il y a une partie de rejet dans ce qu'expriment les Français. – Il y a des Français qui sont en colère,

25:48
Gabriel Attal

il y a des Français qui doutent, il y a des Français qui sont inquiets, – Il y a des Français qui souffrent, il y a des Français en colère, évidemment. Et ils le sont aussi contre moi, ils le sont aussi contre le gouvernement, parfois contre leurs élus locaux. Voilà, l'enjeu pour moi, c'est un peu ça, une forme de banalité, évidemment qu'on le sait. L'enjeu, ce n'est pas de se dire ça, c'est de se dire comment est-ce qu'on y répond, comment est-ce qu'on agit efficacement pour répondre à leurs problèmes et répondre à leur colère.

Et moi, c'est ce que je m'attache à faire depuis plus de cinq mois que je suis à Matignon, dans un contexte qui est difficile, avec jusqu'alors une majorité relative, mais en cherchant à identifier ces problèmes et à éporter des réponses claires, concrètes et rapides. De la même manière que je l'ai fait quand j'étais au ministère de l'Éducation nationale, on disait pendant des années, ce n'est pas possible de faire respecter la laïcité, d'interdire la baïa, j'ai pris la décision, je l'ai fait appliquer. On a dit pendant des années, ce n'est pas possible de prendre des mesures qui sont pourtant des mesures de bon sens pour élever le niveau des élèves.

Je les ai prises, retour du redoublement, mise en place des groupes de niveau, j'assume de les prendre. On disait pendant des années, on n'arrivera pas à régler le problème du harcèlement scolaire et vraiment à faire en sorte que l'institution s'en empare. J'ai mené cette bataille, on a changé les règles, il y a un changement culturel inédit dans l'institution de l'Éducation nationale. Il n'y a pas de fatalité. On peut agir quand on identifie les problèmes et quand on prend les bonnes décisions et qu'on les applique. Et c'est ce que je veux évidemment faire pour le pays et les Français.

27:04
Présentateur

Justement, on va se projeter dans des petits scénarios fictions au 8 juillet au matin. Et on a imaginé des unes de presse en fonction du résultat. Vous voyez, voilà les unes de presse. Il y a celle du Parisien. On a imaginé le coup de génie si vous l'emportez et que vous êtes à Matignon. Libération qui part à la renverse avec ce non, non, non si c'est Jordan Bardella qui arrive à l'hôtel de Matignon. Et puis pour le Figaro, la France dans la faillite si c'est le nouveau Front populaire qui l'emporte avec potentiellement, peut-être, Jean-Luc Mélenchon à l'hôtel de Matignon. Lequel vous redoutez le plus ?

27:42
Gabriel Attal

Moi, ce que je veux, c'est qu'on évite la catastrophe pour le pays.

27:46
Locuteur 5

Quelle est votre une préférée ?

27:47
Gabriel Attal

Je ne vais pas choisir une une. Moi, je choisis une France qui reste attachée à la devise républicaine. Si vous gagnez, ce sera vraiment un coup de génie. Qui ne se vôtre ni dans le communautarisme ni dans la stigmatisation d'une partie des Français. Moi, je veux une France qui ne se retrouve pas à revenir dans le chômage de masse parce qu'on aura les dépenses publiques qui explosent, les impôts qui explosent. Et c'est malheureusement ce qui se passerait avec extrême droite comme extrême gauche. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est les chefs d'entreprise eux-mêmes. Si vous l'emportez, ce sera un coup de génie de la part du président de la République ? Non.

Si on l'emporte et si les candidats que je présente dans cette élection l'emportent, ce sera, je le dis très sincèrement, une bonne nouvelle pour le pays. Si on enlève la lune du Parisien... Regardez ce qui se passe aujourd'hui sur les marchés, la situation de la bourse, les taux d'intérêt. Tout ça parce qu'ils redoutent que les extrêmes, extrême droite ou extrême gauche si on enlève la lune du Parisien,

28:36
Locuteur 5

c'est-à-dire le scénario favorable à votre victoire, pour vous, quelle est la lune qui vous terrifie le plus ?

28:43
Présentateur

Quel est le scénario catastrophe ?

28:44
Gabriel Attal

Je ne vais pas choisir des unes de journaux par ailleurs. On n'est pas dans un régime où c'est le Premier ministre qui choisit des unes de journaux. C'est pas des vrais. C'est un photomontage réalisé par BFM TV. Mais voilà, moi ce que je vous dis, c'est que je me bats pour éviter qu'on se retrouve avec des millions d'emplois supprimés et des Français au chômage parce que les extrêmes arrivent au pouvoir. Dominique de Villepin

29:05
Locuteur 5

rejette ce que vous dites, c'est-à-dire que Dominique de Villepin dit qu'on ne peut pas mettre sur le même plan l'extrême droite et l'extrême gauche. Il faut avant tout faire barrage au Rassemblement national. C'est ce qu'a dit Dominique de Villepin, l'ancien Premier ministre.

29:18
Gabriel Attal

Moi d'abord, je me bats pour un projet, pour les valeurs de la République, pour notre économie, pour la transition écologique, pour l'autorité et la sécurité.

29:25
Locuteur 5

Il n'y a pas de priorité dans le combat. C'est-à-dire que lui dit le combat prioritaire c'est d'éviter que Jordan Bardella arrive à Matignon.

29:32
Gabriel Attal

Le combat prioritaire c'est de faire gagner les candidats ensemble pour la République parce qu'ils ont le meilleur projet pour le pays. J'essaye de ne pas toujours être en contre mais aussi d'être en pour.

29:42
Locuteur 4

Une toute dernière question. J'aimerais qu'on regarde les images. Il y a une coutume quand on est Premier ministre à Matignon, au bout d'un certain temps, c'est de planter un arbre dans le jardin. On va peut-être voir les images de certains de vos prédécesseurs, Elisabeth Borne, Jean Castex, Edouard Philippe, chacun un arbre différent. Dans le jardin de Matignon. Vous, si jamais vous deviez planter cet arbre, ce serait au lendemain du second tour des élections législatives. Vous espérez avoir le temps d'en planter un ?

30:08
Gabriel Attal

Très sincèrement, c'est un peu le cadet de mes soucis en ce moment. Si j'en étais à me préoccuper de savoir si je vais planter un arbre ou pas...

30:17
Locuteur 4

Et donc rester comme un des premiers qui vous aient fait maire de la Ve République. C'est qu'on aurait réglé beaucoup de problèmes, Benjamin Duhamel.

30:22
Gabriel Attal

Ce que je veux, c'est que ces élections ne conduisent pas à mettre un coup de pelle sur les Français et creuser la tête. C'est ça l'enjeu de ma mobilisation. C'est ça l'enjeu de ma mobilisation.

30:30
Locuteur 4

C'est plus éphémère de la Ve République, ça ne vous importe pas ?

30:32
Gabriel Attal

Ce qui m'importe, c'est de faire, pas de durer à tout prix et de durer pour durer. Et vous avez choisi votre arbre ? Vous avez choisi votre arbre ? Non. Ce qui m'importe, c'est de servir et c'est de faire. Et vous savez, je vais vous dire, les enjeux de cette élection, ils sont tellement importants pour les Français, pour leur vie concrète, pour leurs emplois, pour leur pouvoir d'achat, pour l'avenir du pays, que ma personne, pardon, elle passe après tout ça.

30:53
Présentateur

Merci, Monsieur le Premier ministre, d'avoir été avec nous dans BFM Story. Merci.

Élections législatives: l'interview de Gabriel Attal en intégralité — Gabriel Attal · Pourquijevote