Didier Guillaume : "Quand vous poussez votre caddie, faites un choix patriotique"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Où en est-on aujourd'hui avec les négociations autour des réformes de la PAC ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Nicolas Hulot dit que la réforme de la PAC devrait être copilotée par le ministère de la Transition écologique. Qu'en pensez-vous ?
- 2:50RelanceRéponse directe
Et qu'il y ait un changement de modèle agricole ?
- 3:38OuverteRéponse partielle
Le mot d'ordre « Macron, réponds-nous » vous a choqué. Pourquoi ?
- 4:29OuverteRéponse partielle
L'outil de la répartition de la valeur était-il bien conçu ?
- 5:33RelanceRéponse directe
Mais ils n'ont pas joué le jeu. Allez-vous les contraindre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« Ça je crois que c'est abandonné et que nous avons gagné la partie. »
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Pour la France, jusqu'à ces dernières années, nous avons eu environ 9,5 milliards d'euros qui viennent de la PAC. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« Et les aides de la France, du budget français, les aides directes aux agriculteurs, c'est 3 milliards. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Nous travaillons beaucoup la semaine dernière encore avec ma collègue Elisabeth Borne. »
- 3:02Invité politiqueFait
« Aujourd'hui la France porte, et je porte, que les aides agricoles soient vraiment axées sur la transition agroécologique. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Oui, je l'ai dit. Il m'a choqué. On ne s'adresse pas comme ça au président de la République. »
- 3:54Invité politiqueFait
« On ne peut pas continuer avec ce dénigrement permanent. Ce qu'on appelle l'agribashing. »
- 5:40Invité politiqueFait
« La direction de la concurrence répression des fraudes a annoncé qu'elle allait faire 6000 contrôles. »
- 6:35Invité politiqueFait
« Il a été accepté par tout le monde, toute la chaîne d'amont en aval, en disant un litre de lait en gros, pour que l'agriculteur s'en sorte, c'est 39 centimes. »
- 6:43Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, en moyenne, le lait est acheté à 33, 34 centimes, 32 centimes. C'est une honte. »
- 7:12Invité politiqueFait
« Il faut dire aux consommateurs, à un moment, choisissez, lorsque vous poussez votre caddie dans la grande surface, faites un choix patriotique. »
- 10:02Invité politiqueFait
« Je dis qu'il faut faire très attention. Tout n'est pas de l'agribashing. »
- 11:42Invité politiqueFait
« Ça va être terminé, tout cela. Ça va être terminé parce que le gouvernement va prendre des décisions. »
- 13:56Invité politiqueFait
« J'ai décidé de lancer un étiquetage très clair sur tous les produits, sur toutes les matières premières pour savoir d'où viennent ces matières premières et comment elles ont été élevées. »
- 14:29Invité politiqueFait
« Le président de la République a dit 1er janvier 2021, on sort du glyphosate. »
- 14:57Invité politiquePromesse
« Nous allons réduire de 50% l'utilisation de tous les produits phytosanitaires en 2025. »
- 15:22Invité politiqueFait
« La justice est indépendante et c'était logique qu'il fasse ça. »
- 20:04Invité politiqueChiffre
« Cette année, enfin l'année dernière, c'est 12 000 jeunes qui se sont installés. »
- 20:19Invité politiqueChiffre
« En gros un tiers des 450 000 agriculteurs va partir à la retraite dans les 10 ans. »
- 22:10Invité politiqueFait
« La réforme des retraites sera très positive et très favorable pour le monde agricole. »
Temps de parole
- Didier Guillaume66 %
- Présentateur16 %
- Invité6 %
- Présentateur 26 %
- Auditeur3 %
- Auditeur 23 %
≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Alexandra Ben Saïd, Ali Badou, le 7-9. L'invité du grand entretien ce matin avec Alexandra Ben Saïd, nous recevons le ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Vos questions dans une dizaine de minutes au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Didier Guillaume. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Beaucoup de questions à vous poser. Il y a un sujet majeur, celui des négociations autour des réformes de la PAC qui sont tendues et qui se poursuivent. La PAC qui est la plus ancienne et la plus emblématique des politiques communautaires.
Beaucoup craignent qu'une renationalisation des politiques agricoles en Europe ait donc une concurrence féroce entre les différents pays de l'Union. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
Ça je crois que c'est abandonné et que nous avons gagné la partie. La PAC est une politique agricole commune. C'est la première politique européenne intégrée et elle doit rester européenne. Il n'est pas question de la nationaliser parce que si chaque état prenait l'argent de l'Europe et faisait ce qu'il voulait, alors ce serait la concurrence terrible entre les états membres de l'Union. Ce serait une catastrophe absolue. Le sujet aujourd'hui de la PAC n'est pas tant cette question-là, mais le budget dont nous allons avoir. Pour un exemple, pour la France, jusqu'à ces dernières années, nous avons eu environ 9,5 milliards d'euros qui viennent de la PAC.
Et les aides de la France, du budget français, les aides directes aux agriculteurs, c'est 3 milliards. Imaginez, la PAC donne trois fois plus d'aides aux agriculteurs français que l'en donne le budget national. C'est dire si le budget de la PAC sur lequel nous nous battons est contre la commission d'ailleurs qui veut le baisser. La commission estime que le libre-échange doit avoir lieu en Europe et qu'il s'agit moins de réguler l'économie agricole que de se servir pour autre chose. La bagarre que nous menons à 20 états membres, 20 sur 27, c'est de dire ne touchez pas à mon budget agricole.
Il y a une question budgétaire évidemment, mais il y a aussi d'autres questions qui sont posées par la PAC. Nicolas Hulot donne une interview dans le magazine GQ ce mois-ci et il dit la chose suivante. Qu'attendre de la réforme de la politique agricole commune menée par le seul ministre de l'agriculture, alors que cette réforme devrait être copilotée par le ministère de la Transition écologique ?
Mais je crois qu'il se trompe, il se trompe, mais je connais sa position. Lorsqu'il était au gouvernement, il la défendait déjà vis-à-vis de mon prédécesseur. Elle n'est pas menée par le seul ministre de l'agriculture, elle est menée par le gouvernement. C'est le premier ministre qui donne les lignes sur lesquelles nous nous battons. Mais la politique agricole commune, c'est la politique agricole. Et donc c'est normal que ce soit le ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Le A de PAC d'ailleurs c'est agriculture, mais c'est aussi alimentation. Nous devons faire entrer l'alimentation dans ce projet de PAC.
Donc je connais la position de Nicolas Hulot, qui souhaiterait que ce soit le ministère de l'environnement qui copilote.
Et qu'il y ait un changement de modèle de modèle agricole.
Oui, le changement de modèle, il y est. Nous travaillons beaucoup la semaine dernière encore avec ma collègue Elisabeth Borne. Aujourd'hui la France porte, et je porte, que les aides agricoles soient vraiment axées sur la transition agroécologique. Pas d'aide directe s'il n'y a pas la transition agroécologique. Nous menons cela. Et pour la première fois, la France porte l'obligation, l'obligation pour les états de mettre le pourcentage, on discute, 20, 30%. On ne sait pas encore comment, parce que le problème de l'Europe c'est que si la France était seule, ce serait simple. Mais il faut négocier avec 27 états. Donc il faut trouver une majorité.
Que l'on mette l'environnement, la transition agroécologique au cœur de la politique agricole commune.
Didier Guillaume, le dialogue est plus que tendu entre de nombreux agriculteurs et le gouvernement. Il y a eu des manifestations la semaine dernière et l'un des mots d'ordre était « Macron, réponds-nous ». Il paraît que ce mot d'ordre vous a choqué.
Oui, je l'ai dit. Il m'a choqué. On ne s'adresse pas comme ça au président de la République. D'autant plus que le mot d'ordre principal des manifestations agricoles, c'était pas tant vis-à-vis du gouvernement, je vais vous répondre, mais vis-à-vis de la société. Aujourd'hui on ne peut pas continuer avec ce dénigrement permanent. Ce qu'on appelle l'agribashing. On ne peut pas continuer à montrer tous les agriculteurs du doigt alors qu'ils font des efforts pour faire la transition agroécologique. On va y venir, mais ce n'est pas ce que signifie le slogan « Macron, réponds-nous ». Donc « Macron, réponds-nous », c'est quoi ?
C'est tout simplement, il y a eu les états généraux de l'alimentation, les syndicats agricoles, la grande distribution s'étaient mis d'accord pour une meilleure répartition de la valeur. Et aujourd'hui, au bout d'un an, cette meilleure répartition de la valeur n'a pas lieu. Elle ne se passe pas. Pourquoi elle ne se passe pas ? Parce que tout le monde ne joue pas le jeu.
L'outil, est-ce qu'il était bien conçu au départ ? L'outil, c'est un peu de dire « on va augmenter le prix du pastis et puis ça va faire un peu plus de marge aux producteurs de tomates ».
Vous avez raison, je n'ai jamais pensé une seule fois, vous faites référence à l'augmentation du seuil de revente à perte, je n'ai jamais pensé une seconde qu'en augmentant le Coca-Cola, le Ricard, le Nutella et je ne sais trop quoi, excusez-moi pour les pubs, ça allait payer mieux les agriculteurs. Non, l'idée, ce n'était pas cela. C'est de dire, compte tenu de la répartition globale de la valeur, il faut que la grande distribution redistribue des prix. On ne peut pas vendre à perte les produits d'entrée de gamme, ceux pour lesquels les gens viennent dans les grandes surfaces, et puis faire 40% de bénéfices, par exemple, sur les légumes et sur les fruits.
Et là, la grande distribution n'a pas joué le jeu. C'est-à-dire, elle a déplacé le problème ? Exactement. Et aujourd'hui, ce qu'il faut absolument arriver à faire, nous entrons, alors c'est compliqué, dans les nouvelles négociations commerciales pour l'année prochaine, il faut absolument que les choses changent. Ce seuil de revente à perte, c'était expérimental pour deux ans. Nous avions dit que nous allions avancer pour deux ans en vérifiant si les choses allaient marcher. Je rappelle que, mis à part Michel-Edouard Leclerc, qui n'avait pas accepté les conclusions des États généraux, tout le monde les avait acceptées. Toutes les grandes surfaces...
Mais ils n'ont pas joué le jeu. Est-ce que vous allez les contraindre, et de quelle manière a payé de manière plus satisfaisante les agriculteurs ?
Oui, bien sûr. La direction de la concurrence répression des fraudes a annoncé qu'elle allait faire 6000 contrôles. Nous en sommes à plus de 3000 contrôles. Il y a déjà eu des avertissements, il y a déjà eu des amendes qui ont été données. Il faut respecter la loi, tout simplement. On ne peut pas obliger, nous vivons dans une économie de marché, on ne peut pas obliger les gens de faire cela. Mais il y a une chose qui est quand même évidente. C'est qu'on ne peut pas continuer à étrangler les agriculteurs. On ne peut pas continuer à acheter... Ben la preuve que si, Didier Guillaume. Ben c'est pour ça qu'on est en train de faire changer ça, vous avez raison.
Mais vous dites qu'on est dans une société de libre concurrence et que donc on ne peut pas comprendre la grande distribution.
C'est pour ça que nous avons mis une loi qui s'appelle la loi Egalim. C'est pour ça que nous voulons, dans le cadre de la loi, obliger à la meilleure répartition de la valeur. Qu'est-ce qui a été fait au moment de ces états généraux ? C'était de dire que les filières agricoles, là encore je ne rentre pas dans le détail, vont fixer à combien leur revient un litre de lait, à combien leur revient un kilo de viande. Je vais prendre l'exemple du lait par exemple. Il a été accepté par tout le monde, toute la chaîne d'amont en aval, en disant un litre de lait en gros, pour que l'agriculteur s'en sorte, c'est 39 centimes. A moins de 39 centimes, ils vont à perte.
Aujourd'hui, en moyenne, le lait est acheté à 33, 34 centimes, 32 centimes. C'est une honte. C'est une honte. A moins de 35 centimes...
Mais là où est la sanction ?
La sanction, c'est ce sur quoi nous travaillons avec les coopératives, avec les grandes surfaces, avec les filières agricoles. J'ai réuni encore la semaine dernière toutes les filières, et notamment celle-ci, pour dire qu'il faut monter les prix. Alors après on me répond, oui mais il y a une concurrence mondiale. Et bien c'est le choix, et c'est ce que je veux faire maintenant avec l'étiquetage. Il faut dire aux consommateurs, à un moment, choisissez, lorsque vous poussez votre caddie dans la grande surface, faites un choix patriotique. Le patriotisme agricole, le patriotisme économique, ça doit encore exister.
Est-ce que vous ne vous sentez pas impuissant, Didier Guillaume, devant la crise, la crise morale, la profonde crise qui touche de très nombreux agriculteurs ? Les faillites en série, les journées à rallonge, la solitude, les suicides de beaucoup d'entre eux. Cette impuissance-là, est-ce qu'elle est au fond votre horizon de ministre de l'Agriculture ?
Non justement, je crois que ce n'est pas un problème d'impuissance. Je pense qu'il y a plusieurs choses. Le métier d'agriculteur, moi je suis fils d'éleveur, fils de paysan. Le métier d'agriculteur est un métier très difficile, très dur. Et c'est la raison pour laquelle il faut les remercier, nos paysans, nos amis paysans. Parce que sans eux, on ne mangerait pas cette alimentation de qualité. Je rappelle, malgré les polémiques qu'il y a pu avoir, que l'agriculture française est une des plus durables du monde, si ce n'est la plus durable du monde pour la troisième année consécutive. Il y a un critère sur l'ensemble dans lequel on n'y est pas. Mais enfin voilà quoi.
Aujourd'hui, notre alimentation, elle est sûre, elle est saine, elle est tracée. Il faut que les agriculteurs, que les éleveurs gagnent leur vie. Mais aujourd'hui, il y a la ribashing, il y a la sécheresse, il y a le dérèglement climatique. Aujourd'hui, ils n'ont pas les moyens assez de vivre. Et moi, j'ai rencontré, il y a de cela quelques jours, toute l'équipe de M. Bergeon, le réalisateur de Nom de la Terre, avec Guillaume Canet, la maman. Film qui rencontre un très grand succès en salle. Un très grand succès en salle, en zone rurale, pas en métropole. Et c'est là où je voulais venir. Il faut que les habitants des villes, les habitants des métropoles, peut-être se comportent différemment.
On ne peut pas être devant son salon, on ne peut pas être sur Twitter, on ne peut pas lire tous les meilleurs magazines, montrer du doigt les agriculteurs, et puis le week-end aller se promener. On est bien content quand on va se promener le week-end, quand on vient de Paris, de l'île en Marseille.
Vous dites que ce sont les urbains qui sont déconnectés de la Terre, c'est ça ?
Oui, les urbains.
Vous leur dites qu'il faut acheter plus cher ?
Non, non, non, je ne leur dis pas qu'il faut acheter plus cher du tout, non, non, au contraire, madame. Ça coûte plus cher si le lait, on l'achète un plus cher. Je connais des gens qui, le 15 du mois, n'ont plus les moyens de vivre. Quand je vous parle du lait, par exemple, quand un éleveur laitier vend son litre de lait 34 centimes, et qu'il est en vente à 1 euro en grande surface, excusez-moi, ces 70 centimes iront bien à la poche de quelqu'un. Eh bien, ces 70 centimes, il faut les répartir différemment. C'est ça, la question.
Donc, je ne leur demande pas d'acheter plus cher, que le litre de lait continue à valoir 1 euro en grande surface, mais que la répartition, le bénéfice, ne soit pas toujours pour les mêmes.
Alors, sur l'agribashing, quand même, tout ce que vous appelez l'agribashing, c'est-à-dire les critiques, est-ce qu'il n'y a pas le risque qu'en qualifiant toutes les critiques d'agribashing sur les pesticides, sur le bien-être animal, en fait, on soit en train de les disqualifier ? Est-ce que ça n'empêche pas les agriculteurs de s'adapter plus rapidement ?
J'aime beaucoup ce que vous dites, parce que c'est exactement le discours que je tiens. Je dis qu'il faut faire très attention. Tout n'est pas de l'agribashing. Mais vous avez raison, madame, tout n'est pas de l'agribashing. Mais on ne peut pas, lorsque un agriculteur est dans son champ, qui se fait descendre de son tracteur, en lui disant « tu vas empoisonner mes gosses », lorsqu'on entre dans les élevages, c'est ça que j'appelle le dénigrement permanent. On n'a pas le droit de rentrer dans des élevages, aller leur dire « vous faites n'importe quoi ». Et parallèlement, ce que...
Même s'ils font n'importe quoi ? Non, non, ils ne font pas n'importe quoi. Même si vous ne vous saisissez pas de la question du bien-être animal ? Hier, Didier Guillaume, vous receviez les associations de protection animale, résumé de la rencontre par 30 millions d'amis. J'avais promis de vous recevoir, ils vous citent, donc vous êtes là, mais je ne ferai des annonces qu'en novembre. Conclusion, circulez, il n'y a rien à voir. Régulièrement, il y a des vidéos extrêmement choquantes qui se passent pas nécessairement seulement dans des élevages, mais aussi dans des abattoirs.
Encore une vidéo tournée récemment qui montrait des scènes monstrueuses de maltraitance animale, cette fois sur des porcelets. Pourquoi tarder à agir ? Là, pour le coup, il y a une vraie préoccupation qui, j'imagine, ne vous est pas étrangère.
Vous qui êtes une radio de service public, qui pointez toujours, qui regardez vos sources, vous apercevez que sur les dizaines d'associations que j'ai reçues hier, il n'y a qu'une qui a fait ce tweet. Mais je le savais avant, nous en avons parlé d'ailleurs. Donc moi, je ne m'occupe pas de ceux-là. Je ne m'occupe pas de ceux qui ne pensent qu'à leur nombril. Moi, je m'occupe des Français. Je veux à la fois avancer sur le bien-être animal et à la fois faire en sorte de ne pas... Alors, qu'est-ce qui prend du temps ? Il prend du temps, tout simplement. Vous parliez des images dans les élevages de porcs. C'est ce qu'on appelle la castration à vif des porcelets pour des raisons économiques, etc.
On voit les testicules coupées aux scalpelles, sans anesthésie, des porcelets qui eurent le douleur.
Ça va être terminé, tout cela. Ça va être terminé parce que le gouvernement va prendre des décisions. C'est ce que j'ai dit hier aux associations welfaristes qui étaient là. Je dis simplement, ça ne peut pas se faire contre la profession. Quand nous annonçons la semaine dernière à Toulouse avec ma collègue ministre de l'Agriculture allemande qu'on allait arrêter le broyage des poussins, qui aujourd'hui n'est plus supportable. C'est des mesures que nous prenons, mais dire on va arrêter le broyage des poussins. On a dit fin d'année 2021. Pourquoi ? On nous dit qu'il faut le faire de suite. Et si on le fait de suite, qu'est-ce qui se passe ? Il n'y a plus d'eux. Il n'y a plus de...
Voilà, c'est ça la question. C'est à la fois tenir le temps de l'agriculture et le temps de la société. Et moi, ce que j'appelle l'agribashing, c'est qu'il faut... Ça, ce n'est pas de l'agribashing. Non, pas du tout. Ce souci du bien-être animal. Quand on parlait de l'agribashing tout à l'heure, moi, je veux réconcilier, en gros, les villes et la ruralité. Il y a le temps de la nature, le temps de l'élevage, et puis le temps de la société et des 160 signes sur Twitter. Et c'est tout à fait ça.
Et le claquage des porcelets ?
Comment ? Le claquage des porcelets ? Non, mais c'est des annonces que nous allons faire dans les semaines qui viennent. C'est-à-dire en novembre ? J'ai réussi novembre ou décembre. On verra ce qui se passera avec le Premier ministre et ce qui sera décidé. J'ai réuni hier soir toutes les associations welfaristes, pas toutes les associations, pas celles qui rentrent en intrusion dans l'élevage, mais toutes les associations. Il y avait beaucoup de monde. J'ai expliqué comment nous allions avancer. Les mesures qui vont être prises par le gouvernement sont des mesures qui sont très fortes. Ça a d'ailleurs été acceptées par tout le monde.
Simplement, ce que me demandait cette personne que vous citez tout à l'heure, c'est des dates. Je dis, non, il y aura des dates, mais je ne vous les donne pas ce soir, les dates. Je les négocie avec les agriculteurs, les éleveurs.
Il y a beaucoup de questions au standard, également sur l'application France Inter, M. le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Arnaud, qui vous pose la question suivante, il parle d'un reportage sur France 5 qui était diffusé dimanche et qui montrait qu'il y avait du glyphosate dans les aliments d'origine animale, en particulier à cause du soja OGM traité au glyphosate et importé du Brésil. Ingérer de faibles quantités de glyphosate régulièrement engendre des cancers. Question, quand allez-vous stopper l'importation de soja traité au glyphosate ou permettre aux consommateurs de savoir que les aliments viennent d'animaux nourris aux OGM ?
C'est pour ça que là, dans l'année 2020, j'ai décidé de lancer un étiquetage très clair sur tous les produits, sur toutes les matières premières pour savoir d'où viennent ces matières premières et comment elles ont été élevées. C'est absolument normal, la transparence totale. Le consommateur doit être informé de ce qu'il achète. Après, il fait le choix d'acheter ce qu'il veut, mais il doit être informé de ce qu'il achète. Quand cette personne dit que ça provoque des cancers, c'est une assertion, mais je ne sais pas, il faut regarder ce que pensent les scientifiques et les docteurs. Mais je ne veux pas rentrer là-dessus.
Ce que nous avons décidé, c'est que le président de la République a dit 1er janvier 2021, on sort du glyphosate. Et on sort du glyphosate, mais on ne va pas laisser les filières sans solution. Donc aujourd'hui, nous mettons 78 millions d'euros sur la recherche. L'INRA, qui est le plus bel institut de recherche publique, est en train de trouver des solutions pour remplacer cette molécule. Mais plus que le glyphosate, moi, je veux aller beaucoup plus loin. Aujourd'hui, on se focalise sur le glyphosate. C'est une chose.
Mais il y a tellement d'autres substances, tellement d'autres pesticides, tellement d'autres produits phytosanitaires que ce que nous avons annoncé, c'est que nous allons réduire de 50% l'utilisation de tous les produits phytosanitaires en 2025. C'est beaucoup plus important que seulement le glyphosate. Parce que, quand on parle du glyphosate, on ne parle pas de 80% d'autres produits phytosanitaires.
La justice a annulé l'arrêté du maire de Langouet qui a imposé une distance de 150 mètres entre les habitations de son village et puis un épandage de pesticides. Qu'en pensez-vous ?
La justice est indépendante et c'était logique qu'il fasse ça. Un maire qui prend un arrêté qui est illégal, le maire prend sa décision en disant je suis maire, je vais prendre une décision illégale. Quand les maires se mettent à prendre des décisions illégales, ça pose un problème par rapport à la relation avec la justice et par rapport à ce qu'ils sont eux-mêmes. Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative, ce n'est pas le gouvernement, nous dit il faut mieux protéger les citoyens, il faut remettre des zones de non-traitement. Pour faire ces zones de non-traitement, qu'est-ce que nous faisons ? Il y a deux solutions.
Soit on fait un sondage en disant vous voulez combien ? Pâchez-moi 150 mètres, 200 mètres, 500 mètres, un kilomètre. Soit on s'appuie sur la science. Nous avons interrogé l'ANSES. L'ANSES, c'est une autorité indépendante, l'autorité sanitaire de protection des aliments, composée de scientifiques, de chercheurs.
Et donc c'est quoi la distance ?
Elle nous dit...
Que dit Didier Guillaume ? Que dit l'ANSES ?
Elle nous dit c'est 10 mètres et 5 mètres qui peut être ramené à 5 mètres et 3 mètres s'il y a des chartes départementales. C'est dans cette direction que nous allons aller. Le Premier ministre annoncera la décision dans le mois qui vient.
Bonjour Alain, merci d'être avec nous sur France Inter. Vous êtes agriculteur dans le Cantal. Votre question à Didier Guillaume ?
Oui, bonjour Monsieur le ministre, bonjour Didier Guillaume, bonjour France Inter. Je suis un agriculteur un petit peu à part et je dirais aussi dans l'air du temps. Je suis un éleveur de race locale en production lait AOP dans le Nord Cantal et aujourd'hui je me pose la question. J'ai failli être découragé et aujourd'hui je reprends vigueur parce que le système auquel je vis c'est un système sans pesticides, insecticides, je n'ai pas besoin d'antibiotiques pour mes bêtes anti-inflammateurs activateurs de croissance, tout ça, on ne connaît pas parce qu'on n'en a pas besoin. On vit, je dirais, en autonomie et avec quelque chose de tout à fait naturel.
Mais aujourd'hui, je me pose la question, comme vous l'avez dit si bien, un litre de lait il nous coûte cher. On en produit moins, moi j'ai un quota qui est petit, on produit des produits de qualité, mais ce produit il nous coûte quand même parce que les charges sont très élevées. Aujourd'hui, subventionner une agriculture familiale, petite, naturelle, préservée, je dirais qui protège l'environnement, l'écosystème, l'agrobiologie, la santé, on n'en tient pas assez compte parce que même si on nous donne un petit peu pour nous faire vivre, on protège aussi beaucoup de frais dans les autres conséquences dues à l'agriculture intensive.
Moi, c'est un petit camping à la ferme et je vois ce qui se passe. Beaucoup de personnes viennent me voir en disant les grands systèmes sont en train de s'écrouler, le vôtre il tient encore pourquoi ? Aujourd'hui, je me pose la question. Vous allez nous aider pour nous faire vivre et je dirais faire vivre les Français sans faire trop de frais au ministère de la Santé et d'Environnement.
Ce monsieur a tout compris diversification, agrotourisme, il a à la fois un élevage en bio si j'ai bien compris et un camping, d'autres ont des gîtes, d'autres font de la visite à la ferme. Mais il dit qu'il n'est pas assez aidé. C'est très bien tout cela. Alors, il dit qu'il n'est pas assez aidé. Justement, dans la prochaine politique agricole commune, je veux mettre l'accent sur ce qu'on appelle ces zones intermédiaires, ces zones en difficulté avec ce qu'on appelle l'ICHN, l'indemnité compensatrice d'handicap naturel.
C'est vrai que produire du lait dans le Cantal, c'est beaucoup plus compliqué que de produire du lait dans la plaine de la vallée du Rhône il pleuve toujours où c'est mouillé. Il faut qu'il pleuve, on en a besoin. Mais il faut qu'il pleuve aussi là où c'est sec et nous allons réorienter les aides sur les petites exploitations, sur les handicaps naturels, sur les autres intermédiaires, sur ce type d'agriculture.
Bonjour Eric, bienvenue sur France Inter.
Bonjour, merci d'accepter mon appel. Mon neveu s'est installé dans les Pyrénées Atlantiques en production bio, en production maraîchère. Il attend sa prime d'installation et c'est moi qui ai dit me substituer à l'Etat et avancer sa prime d'installation parce que ça fait à peu près 4 à 5 ans que son dossier traîne et traîne encore et que c'est un véritable galimatia pour arriver à avoir des réponses et que son aide puisse tomber. Alors que se passe-t-il ? Parce que en début d'émission vous avez dit nous encourageons la bio-agro-agriculture et puis moi je me retrouve avec mon neveu qui me rembourse je vous rassure mais j'ai dû me substituer à l'Etat et je ne trouve pas ça normal.
Que répondez-vous ?
Je n'ai rien à répondre je ne trouve pas ça normalement non plus s'ils donnent ses coordonnées hors antenne je ferai regarder ça par les services des Pyrénées-Atlantiques je ne peux pas répondre directement ce que nous essayons de faire en sorte c'est justement d'installer des jeunes l'avenir de l'agriculture il passera par les jeunes les jeunes ils sont dans la transition agroécologique cette année enfin l'année dernière c'est 12 000 jeunes qui se sont installés et en gros il part 12, 13, 14 000 agriculteurs à la retraite c'est-à-dire qu'on arrive quasiment
c'est-à-dire ça veut dire que la moitié des agriculteurs aujourd'hui a plus de 50 ans et qui vont bientôt partir à la retraite
en gros un tiers des 450 000 agriculteurs va partir à la retraite dans les 10 ans donc ça veut dire 150 000 agriculteurs vont partir dans les 10 ans en gros ça fait 15 000 par an l'année dernière nous avons installé 12 000 jeunes agriculteurs bon on est à peu près dans le renouvellement des générations et je dois vous dire dans le contexte dans lequel nous sommes de dénigrement de revenus etc bravo à tous ces jeunes il y a de l'avenir dans la ruralité dans l'agriculture
ben alors justement c'est à peu près ce que veut vous poser comme question Mathieu qui est avec nous au téléphone bonjour Mathieu
oui bonjour bonjour à tous bonjour monsieur le ministre bonjour voilà en fait ma question était en fait qu'est-ce que vous pourriez faire pour garantir un SMIC aux agriculteurs parce que en fait je trouve ça délirant qu'en 2019 en France des personnes qui criment 70 heures par semaine n'arrivent pas à se dégager un SMIC pour s'en sortir alors que si eux-mêmes doivent employer des aides ils sont obligés de leur payer un SMIC je trouverais ça normal en fait que des personnes qui travaillent pour nous nourrir tous et au moins un SMIC donc qu'est-ce que vous pourriez faire dans ce sens-là
merci Mathieu pour votre question
c'est ce que j'essaie de faire tous les jours déjà pour les travailleurs saisonniers nous avons voté le budget enfin l'Assemblée nationale a voté le budget lundi et nous avons totalement exonéré de charge des travailleurs saisonniers parce que les agriculteurs n'ont plus assez les moyens c'est ce que nous faisons dans la loi EGalim dans les états généraux de l'alimentation ce qu'il faut dans la construction du prix c'est que les agriculteurs gagnent leur vie donc il faut qu'ils soient respectés moi je partage la vie de cet agriculteur
alors pendant leur activité qu'ils gagnent leur vie et puis les retraites la prochaine réforme elle devrait porter à 1000 euros minimum les pensions pour une carrière complète et donc ça marche aussi pour les retraites agricoles est-ce que vous nous confirmez ce matin que la réforme elle ne sera pas rétroactive et donc ça ne va pas concerner les pensions actuelles qui sont en moyenne de 714 euros
oui bien sûr alors la réforme bien sûr oui oui bien sûr elle ne sera pas rétroactive oui bien sûr la réforme des retraites sera très positive et très favorable pour le monde agricole forcément ils partent ils partent de tellement bas que ce sont eux qui vont entre guillemets gagner c'est pas le mot mais qui auront une retraite digne de ce nom aujourd'hui la difficulté dans laquelle nous sommes ce sont les retraités actuels ceux qui ont cotisé ou pas qui ont travaillé toute leur vie souvent tôt on sait très bien on a ça aussi chez les artisans chez les commerçants le conjoint ou la conjointe qui ne cotise pas et aujourd'hui il y a des retraites de misère et c'est ce sur quoi nous travaillons nous sommes en train de regarder alors il y a des aides qui sont apportées l'objectif c'est quand même que tous les agriculteurs qu'aucun agriculteur retraité soit en dessous du minimum vieillesse c'est quand même la moindre des choses c'est ce que disait tout à l'heure le jeune homme enfin la personne on trime 70 heures par semaine on travaille souvent quand on est dans l'élevage 7 jours sur 7 mince quoi il y a un moment il faut bien qu'on arrive à peu près à vivre ou à survivre et aujourd'hui pour certains c'est survivre et ça ce n'est pas acceptable
on est en pleine saison de la chasse Didier Guillaume est-ce que vous avez lu ce livre Noël à Chambord que signe la journaliste Émilie Lanaise elle raconte l'alliance politique passée par Emmanuel Macron et les chasseurs et ce renvoi d'ascenseur la Fédération Nationale des Chasseurs qui aurait incité ses membres à ne pas participer au mouvement des Gilets Jaunes puis à voter LREM aux Européennes est-ce que ça expliquerait la passion du président pour la chasse ?
Vous savez toutes ces histoires un peu de complotisme d'histoire on croit que ceci cela non le président de la république il sait ce qu'est la ruralité et moi je suis très honoré de le servir je me suis déplacé plusieurs fois avec lui sur l'agriculture il comprend les éleveurs il comprend tout cela et la chasse c'est une mesure ancestrale c'est culturel alors évidemment il y a des choses qui doivent évoluer mais enfin aujourd'hui il y a déjà des contraintes sur la sécurité sur les jours de chasse et le président de la république a répondu à une demande des fédérations de chasse qui dataient de très très très très loin c'est-à-dire tout simplement arriver à baisser un peu le prix du permis de chasse et ce qu'il a fait sur le prix national qu'est-ce qui doit évoluer de toute urgence dans la pratique de la chasse comment ?
qu'est-ce qui doit évoluer de toute urgence non mais elle évolue la pratique de la chasse il y a plusieurs choses d'abord il faut que les chasseurs aillent plus loin pour détruire les nuisibles notamment pour tous les ravages de sangliers là ils doivent travailler beaucoup plus dans cette direction après il faut respecter la biodiversité et sur la biodiversité honnêtement ils sont en train d'y travailler
interdire la chasse à la glu ?
mais ça c'est pas de mon ressort c'est pas interdire la chasse à la glu c'est de faire en sorte que l'on puisse mêler à la fois une culture ancienne ancestrale patrimoniale qui respecte aujourd'hui l'animal et qui respecte la demande sociétale je crois que c'est ça vous savez moi je veux rien interdire ou tout simplement tout permettre dans les règles voilà il faut qu'on soit dans une société qui soit une société ouverte on ne peut plus il y a des méthodes qui ne peuvent plus se faire aujourd'hui qui étaient acceptées dans le temps qui ne sont plus acceptées aujourd'hui il faut simplement tout ça le faire dans la tranquillité dans la sérénité
merci Didier Guillaume d'avoir été l'invité de France Inter ce matin et bonne journée
Didier Guillaume