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interviewEurope 1· 13 mai 2025 10 min

Intervention de Macron sur TF1 : "On voit une fois de plus, un président sourd aux revendications"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Toujours avec Jean-Michel Salvatore, Jules Thorez, dans un petit instant on accueillera Laure Lavalette, député RN du Var, un petit débrief sur ce qui vient d'être dit, à la fois de M. Clouet, on n'a pas beaucoup parlé de politique internationale, pourtant c'est ce qui était prévu et c'est ce qu'a dit, je répète, les deux informations qu'on a jusqu'à présent. Je peux vous dire quand même qu'en coulisses, évidemment les équipes d'Europe un soir écoutent ce que dit le Président de la République et à première vue, Gilles Boulot et Darius Rochemin parlent plus que le Président de la République. C'est un sabotage.

Non mais je n'ai absolument aucune, comment dirais-je, aucune chose à dire envers mes confrères de TF1 mais en attendant, tout ce qu'on peut dire c'est que M. Macron dit que les Européens prendront des sanctions dans les prochains jours si la Russie n'applique pas le cessez-le-feu et qu'il n'y a pas de cadre légal pour utiliser les avoirs russes gelés. Jules Thores. Oui, non mais le Président de la République, on le savait, allait s'exprimer sur ces questions-là initialement. Étant donné que ces 15 derniers jours, on ne l'a entendu que sur la situation en Ukraine et sur le cessez-le-feu, c'était sûr qu'il n'y allait pas avoir de révolution justement sur ce sujet-là.

Donc je pense qu'il faut attendre la fin de l'émission et le milieu pour avoir vraiment des vraies prépéditions et l'émission qui va durer deux heures et pour voir si les Français seront touchés par cette émission.

1:32
Invité

Oui, mais là je pense qu'Emmanuel Macron prend un double risque en commençant par l'international. D'abord parce que ce n'est quand même pas le sujet qui est le plus concernant pour les téléspectateurs. Et puis il prend aussi un deuxième risque, c'est que finalement l'émission telle qu'elle est conçue par TF1 commence par une interview en bonne et due forme. Or on sait très bien que Macron est toujours très long lors des interviews, il a toujours beaucoup de mal à terminer ses réponses. En revanche, il est très bon dans les débats et tel que les choses sont prévues, les débats auront lieu dans un deuxième temps.

2:05
Présentateur

C'est ça, il est dans le studio 5 qui avait accueilli le débat de la présidentielle de 2022. Nous sommes en ligne avec Laure Lavalette, bonsoir, merci d'être avec nous. Bonsoir. Député de Toulon et du Var et porte-parole du RN, est-ce que vous avez écouté M. Macron ces 20 dernières minutes ?

2:25
Laure Lavalette

Oui, bien sûr, comme vous, j'étais devant mon écran et effectivement je suis assez consternée. Quand Emmanuel Macron commence par dire que les Français sont pessimistes, qu'il ne veut pas voir que 70% des Français pensent que la France change en mal, il ne veut pas reconnaître les siècles de sa présidence. On voit une fois de plus un président sourd aux revendications des Français.

2:47
Présentateur

Et qu'est-ce que vous attendez de lui ce soir, plus précisément ?

2:52
Laure Lavalette

Écoutez, il y a des annonces sortes, on n'arrête pas de parler de référendum, donc je ne veux pas divulgacer, mais j'espère évidemment qu'on va avoir un référendum sur un sujet prégnant tel que l'immigration, tel que la politique budgétaire, et pas sur le temps d'écran. Vous voyez, ce serait une grande déception. Vous savez qu'il a voulu un peu plus de transparence dans la vie politique, de clarifier les choses avec les législatives. On a bien vu l'impasse politique dans laquelle il nous a menés. Je pense que le référendum serait peut-être une façon de sortir par le haut et de redonner aux Français la parole.

Et évidemment, l'immigration serait un sujet majeur, puisque les Français subissent une immigration dérégulée, incontrôlée, du plus de 30 ans. Il serait peut-être temps qu'on demande aux Français ce qu'ils en pensent.

3:32
Présentateur

Habituellement, un référendum, c'est sur une question unique, comme ce qu'on a vu dernièrement dans la Sacré-Brépublique. Là, apparemment, il serait, on aurait une possibilité d'avoir, j'allais dire, non pas un big 4 couleurs, mais un QCM. Une grande païla.

3:48
Invité

Utilisez l'image que vous voulez. Du côté de chez Laure Lavalette, c'est plutôt une pisse à la dière qu'une païla.

3:55
Laure Lavalette

En fait, ça ne va pas être possible, parce que vous savez qu'en France, nous ne sommes pas Suisses, ça n'est pas comme des votations. Nous, nous devons voter sur une loi, exactement sur un projet de loi, exactement comme nous l'avons fait en 2005, juste avant d'être trahi d'ailleurs, par la droite de l'époque. Mais voilà, il peut proposer un projet de loi structurant. Vous savez, Marine Le Pen en a un qui est tout prêt, tout chaud sur l'immigration. Mais la question ne peut pas être, évidemment, voulez-vous plus ou moins d'immigration ? Pas du tout, ce n'est pas comme ça que ça se passe. J'imagine bien qu'il sait ce qu'il doit faire.

Il ne faudrait pas, une fois de plus, qu'il enfume les Français, voilà, avec, comme vous dites, un questionnaire à choix multiple. Ce n'est pas ça, en fait. Il faut vraiment qu'on sente une volonté profonde de rejoindre les Français dans leur volonté de changement. Encore une fois, les Français, ils veulent moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat. Et vous n'avez pas tort. Je pense que commencer par l'international, je ne suis pas sûre que ça soit très habile. En tout cas, moi, tous les gens que je rencontre sur le marché de Toulon, sur le marché de Lavalette, je peux vous assurer qu'ils ont des préoccupations très concrètes.

Ils veulent savoir quand est-ce que leur facture d'électricité va baisser. Ils veulent savoir combien il y a de policiers municipaux, en plus, dans leur ville, parce qu'ils veulent que leurs enfants puissent sortir le soir en étant tranquilles. Voilà, il faudrait qu'ils rejoignent, une fois de plus, les Français. Enfin, une fois de plus, le problème, c'est qu'ils ne l'ont jamais fait. Donc, je ne suis pas sûre qu'il y arrive et qu'il y arrive ce soir.

5:16
Présentateur

Laure Lavalette, sur Europe 1, député de Toulon et du Var, et porte-parole du RN, question de Jean-Michel Salvatore.

5:21
Invité

Mais sur le principe, est-ce que vous trouvez utile, dans la face que l'on connaît aujourd'hui, est-ce que vous trouvez utile que le président de la République s'exprime ?

5:31
Laure Lavalette

On a l'habitude. Je veux dire, c'est un président bavard, la plupart du temps, pour ne rien dire. L'exercice est assez particulier. Alors, moi, j'aime bien Thibaut Encheb, j'aime bien Robert Ménard, mais on va venir voir ce que ça va donner. Mais, encore une fois, voilà, il y a une espèce d'innovation. Moi, je pense qu'il balade les Français. Les Français l'ont très bien compris. Si vraiment, vous me demandez ce que j'attends de ce président de la République, c'est qu'il s'en aille. C'est que j'attends avec impatience la fin du mandat.

5:59
Présentateur

Vous êtes d'accord avec le député LFI qui était juste avant vous, dans ce studio ? Donc, Adrien Clouet qui disait la même chose.

6:06
Laure Lavalette

Je travaille pour l'alternance avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, tous les députés du Rassemblement National. On travaille à pied d'oeuvre parce qu'évidemment, on prépare l'alternance, vous savez.

6:17
Présentateur

Il nous reste encore deux ans, donc il y a peut-être un espoir à trouver des solutions, alors, la valette.

6:21
Laure Lavalette

Ben, écoutez, j'aimerais, après, je pense qu'il faut déjà qu'Emmanuel Macron comprenne qu'en 2025, on vit moins bien qu'en 2017 en France. qu'effectivement, les faits divers, ça n'arrête pas. Vous avez bien vu aujourd'hui, cette tentative d'enlèvement. Les faits de société, s'il vous plaît, on ne peut plus parler de faits divers. Bien sûr, vous avez raison, vous avez raison, mais ils deviennent structurels. Ça pose une vraie question, encore une fois, cette tentative d'enlèvement ce matin. Le pompier déviant les bains à Montréal. C'est la mexicanisation. Ça n'est plus possible. Bien sûr, voilà, est-ce que c'est Medellin ? Est-ce qu'on est en Colombie ? Ou est-ce qu'on est à Paris ?

La question se pose. Je pense que la sécurité, vous savez, moi, je le dis souvent, je suis mère de cinq enfants, j'ai quatre filles entre 18 et 23 ans, je peux vous dire que je ne dors pas tranquille quand les enfants sortent, et cette inquiétude, je la partage avec des millions de Français. Et vraisemblablement, Emmanuel Macron a l'air de survoler les inquiétudes des Français.

7:08
Présentateur

Jules Thores du JDD pour vous, Laure Lavalette. Bonsoir, Laure Lavalette. Moi, j'avais une question. Un référendum, c'est un oui et un non, et donc il y a deux camps. Si Emmanuel Macron, a priori, dans les trois pistes référendaires qu'il souhaite proposer aux Français, il y en a parmi l'une d'elles, une qui convient au Rassemblement National. Est-ce que le Rassemblement National pourrait faire campagne pour le oui, et donc avec Emmanuel Macron ?

7:31
Laure Lavalette

Ce n'est pas exactement oui et non. Encore une fois, c'est une proposition de loi. Donc, ça sera quand même un peu différent. C'est parce que oui ou non, les Français veulent un hôpital qui marche mieux. Bien évidemment, tous les Français diront oui. Après, tout dépendra. Mais évidemment, vous savez, depuis que nous sommes élus, nous sommes très constructifs, M. Thores. Systématiquement, nous avons voté ce qui allait dans le bon sens, qui pouvait améliorer le quotidien des Français, sans hésitation, sans état d'âme. Même quand ça ne venait pas de notre groupe politique, nous le votions.

Donc, si évidemment, Emmanuel Macron est touché par la grâce, et que d'un coup, il veut faire en sorte de réguler les arrêts massifs, je vous rappelle aux Français qu'il y a 500 000 immigrés légaux qui rentrent par an, si d'un coup, il nous donne les outils pour pouvoir lutter, bien sûr que nous ferons campagne avec lui.

8:11
Présentateur

Donc, ah tiens, ben voilà une sortie, c'est rare ça quand même, nous ferons campagne avec lui ?

8:18
Laure Lavalette

Ce n'est pas rare, regardez, à chaque fois, je vous le dis, nous sommes constructifs. Quand ça va dans le bon sens, d'où que ça vienne, nous le votons si ça peut améliorer le quotidien des Français. Il n'y a pas de sectarisme, pas de dogmatisme de notre côté et dans notre famille politique.

8:32
Présentateur

Jean-Michel Salvatore, pour vous.

8:33
Invité

Et s'il y avait une question sur les retraites, quelle serait la question que vous aimeriez voir poser ? Est-ce que c'est le retour à la retraite à 62 ans, ou est-ce que c'est le retour à la retraite à 60 ans ?

8:45
Laure Lavalette

Encore une fois, ce n'est pas une question, et c'est caricatural ce que vous dites. Bien sûr que ça fait longtemps que nous voulons la retraite à 62 ans. Mais non, mais vous le savez très bien, nous voulons la retraite à 60 ans pour les carrières très longues. Quand vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans, nous pensons que vous pouvez partir à la retraite à 60 ans avec 40 annuités pleines. Pour le reste, vous le savez bien, c'est progressif. C'est un texte que j'ai eu la chance de porter avec mon ami et collègue Thomas Ménager. Et il y a une progressivité. Mais encore une fois, la retraite, il ne suffit pas de parler d'un âge totem.

Ce qu'il faut, c'est relancer la productivité, relancer la natalité, faire en sorte évidemment que ce système de retraite qui vient des Trente Glorieuses, il soit à nouveau viable dans notre pays. Mais si vous voulez que ça vienne de la bouche d'Emmanuel Macron, qui a ruiné notre pays, qui a désindustrialisé la France, qui a vendu nos bijoux de famille, ça me paraît plutôt utopique ce soir.

9:34
Invité

Merci beaucoup Laure Lavalette d'avoir été en direct avec nous.