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interviewFrançois Ruffin· 21 février 2026 3 min

De quoi ont-ils peur ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

De quoi ont-ils peur ? Ils ont peur de leurs électeurs. Ils ont peur du peuple de gauche.

Ça n'est jamais arrivé dans notre histoire. Une candidature d'extrême droite qu'elle s'appelle Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui est favorie des sondages aujourd'hui. Et il y a un espèce de de laisser aller comme si voilà c'était pas grave ce qui risquait de nous arriver.

Or, ça sera grave. Ça sera grave non seulement par les décisions que prendront le le Rassemblement national arrivé au pouvoir à l'Élysée dans les ministères ou à l'Assemblée, mais ça sera encore plus grave par les forces de haine, de violence, de racisme qui seront libérés en bas. On ne se rend pas compte à quel point on s'est habitué à nos libertés.

Je dis, je suis sur le front de la Somme. Un front de la Somme où il y avait en 2017 zéro députés Rassemblement national où en 2022, il y en a eu 8 sur 17. Aujourd'hui, il y a 13 députés rassemblement national sur 17 dans ma région la Picardie.

La dynamique aujourd'hui, elle est en leur faveur et peut-être qu'aujourd'hui on a une dernière chance. Peut-être. Peut-être qu'on a une dernière chance.

J'étais il y a 15 jours à Nant et je visitais une ancienne usine LU qui était transformée en lieu unique, un établissement culturel. Dans ce cas-là, je vais souvent rencontrer les agents d'entretien et il y a le chef d'équipe Mohamed qui d'une part me dit "Bon bah nous ici, on peut travailler en journée, ça nous a permis de retrouver notre famille." Mais à la fin, quand il y a plus les caméras, quand il y a plus les micros et Ouest France, il me prend par la manche et il me dit "Vous la gauche, vous êtes notre voix mais pour l'année prochaine, on a peur.

On a la boule au ventre pour 2027. Entendez-vous ? Entendez-vous ?

Comment on fait ? Oui, il y a plusieurs candidats sur la ligne de départ. Donc d'une part, je suis partisan d'une primaire qui soit une primaire de départage parce que il faut départager les figures.

Et deuxièmement surtout surtout et ça fait le lien avec tout ce que je vous ai raconté avant, une primaire de débordement. comment on va chercher des millions de personnes, comment on remet des millions de personnes dans la bataille politique et pas juste quelques têtes de réseau qui sont forts sur Facebook. Vous voyez, moi je pourrais très bien dire aujourd'hui, ce soir, je pourrais très bien dire "Écoutez, j'ai eu plus de 100000 soutiens en moins de 15 jours.

Je suis la figure la plus populaire de gauche dans les sondages ou au moins je suis toujours dans le tierc de tête. J'ai 18000 volontaires dans le pays qui sont prêts à partir en campagne. Je pourrais très bien dire moi, j'y vais tout seul.

C'est pas le choix que je fais parce que j'en considère que c'est pas le choix qui va nous permettre de rassembler la gauche pour demain rassembler le pays et gagner. Je veux pas une candidature de témoignage. Je m'en fous qu'il y ait le logo debout sur des affiches pendant tous les mois de campagne.

Je veux qu'on gagne. Et pour gagner, je considère qu'il faut avoir un mécanisme qui nous permette d'embarquer du monde dans cette histoire. Et moi, je veux demander à tous ceux que vous avez cité de quoi ont-ils peur ?

De quoi ont-ils peur ? Ils ont peur de leurs électeurs.