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interviewLCP - Assemblée nationale· 22 janvier 2026 78 min

[DIRECT] Yaël Braun-Pivet, Présidente de l'Assemblée nationale, présente ses vœux à la presse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Sur LCP, on est ensemble ce matin pour suivre la cérémonie des voeux à la presse de la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet. Elle reviendra évidemment sur la séquence à l'Assemblée, séquence budgétaire très riche, très intéressante. On écoute tout de suite la présidente de l'Assemblée nationale.

0:16
Yaël Braun-Pivet

Bonjour à tous, ravie de vous accueillir aujourd'hui à l'Assemblée nationale à l'hôtel de la séance début d'année 2026. Je voudrais évidemment commencer par vous souhaiter mes meilleurs voeux. Je pense que vous avez tous reçu votre carte de voeux personnelle, mais je renouvelle ces voeux pour cette année à venir. Pour commencer, je voudrais déjà faire hommage à votre travail, à la nécessité – vous savez que je suis très attachée à l'État de droit, à la nécessité dans un État de droit, dans une démocratie – d'avoir une presse qui soit libre, qui puisse travailler sereinement et apporter de l'information de qualité à nos concitoyens pour les éclairer sur les grands enjeux du monde.

Et on sait à quel point ces grands enjeux aujourd'hui sont complexes. Et donc nous avons plus que jamais besoin de vous. Je voudrais également que nous ayons ensemble une pensée pour votre confrère Christophe Gleize. J'ai rencontré hier matin sa famille, sa mère, son beau-père, reporters sans frontières. Ils sont toujours extrêmement mobilisés. Comme vous le savez, il y a un pourvoi en cassation qui est en cours, une demande de grâce qui pourrait être formulée. Mais en tout cas, je pense qu'il faut que nous continuions à lui apporter tout notre soutien. Et donc hier, j'ai pu renouveler le soutien de la représentation nationale.

Comme vous le savez, l'Assemblée nationale se mobilise toujours pour nos compatriotes lorsqu'ils sont détenus à l'étranger, à l'instar des portraits de Cécile Collère, de Jacques Paris que nous avons affichés et qui sont toujours sur les grilles de l'Assemblée nationale. Et nous les retirerons en accord avec la famille uniquement lorsqu'ils auront à nouveau foulé le sol du territoire national. Nous étions mobilisés pour la libération de Boilem sans salle. C'est important. Je crois que la représentation nationale, à chaque fois, manifeste son soutien pour nos compatriotes.

Nous manifestons évidemment notre soutien également au peuple iranien qui s'est soulevé contre un régime des Mollahs qui l'oppresse. Nous avons, et ça en lien avec le groupe d'amitié France-Iran, mené quelques actions. Et je voulais vous indiquer, je ne sais pas si vous avez fait attention quand vous êtes arrivés dans le hall de l'hôtel de Lassé, mais nous avons mis un buste de Marianne à l'effigie de Marsa Amini en soutien aux femmes et au peuple iranien. Et donc ce buste restera quelques temps dans le vestibule de l'hôtel de Lassé. Il pourra être visible de tous les visiteurs. Et je pense que ça aussi, c'est important.

Je commence par cette actualité internationale brûlante, mais comme vous le savez, depuis 2022, j'ai souhaité, avec mes vice-présidents successifs, mettre l'international au cœur de l'activité de l'Assemblée nationale. Depuis 2022, c'est plus de 100 entretiens bilatéraux que j'ai réalisés avec des chefs d'État, des chefs de gouvernement, des chefs de parlement, soit ici, soit en me rendant dans des pays tiers. Je pense et nous pensons collectivement que c'est quelque chose qui a de plus en plus de sens. Nous avons, comme vous le savez, 150 groupes d'amitié qui sont très actifs. Nous avons des formats également de collaboration interparlementaire.

Un avec la Chine, et j'ai pu me rendre en Chine au mois de juin dernier. Un avec le Maroc, et j'irai avec le président du Sénat la semaine prochaine à Rabat pour une rencontre interparlementaire, Assemblée nationale, Sénat, sur les pays des deux rives. Et puis, nous avons des formats spécifiques, tels l'Assemblée parlementaire franco-allemande, que vous connaissez bien, et qui réunit 50 députés de l'Assemblée nationale et 50 députés de Bundestag. Nous nous sommes réunis à Berlin au mois de décembre dernier, et nous les accueillerons au mois de juin prochain. Et c'est un format qui existe depuis plusieurs années et qui est extrêmement fructueux.

Nous avons également un format similaire avec l'Italie, que nous réunirons également prochainement. Et moi, je me suis rendue dans de très nombreux pays européens, le Portugal, l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne, évidemment. Et je vais continuer cette tournée européenne avec un déplacement, probablement à la fin du mois de février, à Varsovie, en Pologne, pour relancer ce qu'on appelle le format tripartite de Weimar entre les Polonais, les Allemands et nous-mêmes.

Donc une volonté très forte de continuer à nouer ces liens internationaux qui aura un point d'orgue ici au mois de septembre prochain, puisque début septembre prochain, j'accueillerai le G7 parlementaire, avec donc les présidents des chambres, des représentants des sept pays du G7, auxquels s'additionne la présidente Roberta Mezzola pour le Parlement européen, et j'inviterai, comme il en est d'usage, Ruslan Stéphane Chouk, le président de l'ARADA, à nous rejoindre. Et nous nous retrouverons plusieurs jours à Paris pour traiter de ces enjeux internationaux, et notamment, il y aura le président de la Chambre des représentants aux États-Unis, Mike Johnson. Voilà.

Donc cette diplomatie parlementaire, c'est aussi, et vous le savez très bien, et vous le comprenez, une diplomatie féministe. Vous savez à quel point j'y suis attachée. Et donc je me rendrai à New York au mois de mars prochain pour parler droits des femmes et pour les défendre. Je pense qu'il faut absolument que nous continuions à porter le flambeau des droits des femmes. Vous voyez à quel point ceux-là sont en régression. Et on voit que même chez nous, on a une espèce d'épidémie du masculinisme qui est en train de prendre. On doit y faire face, évidemment. Et donc il faut que nous menions ce combat résolument. Je compte sur vous pour le mener. Je compte sur chacun d'entre vous.

C'est un combat qui doit nous rassembler parce que c'est un combat d'égalité et pas un combat des uns contre les autres. Vous le savez très bien. Donc je pourrais répondre évidemment à toutes vos questions sur les sujets internationaux. Concernant l'Assemblée nationale stricto sensus, en 2026, mon souhait, c'est qu'on puisse tirer les enseignements de ce qui s'est passé en 2025 et puis plus largement depuis que je préside l'Assemblée nationale. Nous avons d'ores et déjà apporté quelques modifications à notre fonctionnement.

Mais je souhaite aller beaucoup plus loin pour pouvoir moderniser les règles qui sont les nôtres et les adapter à la situation politique qui est la nôtre, qui est l'absence totale de majorité absolue. Donc comme vous le savez, j'ai lancé depuis la rentrée, depuis le début du mois d'octobre, une réforme du règlement de l'Assemblée nationale. Et je réunis tous les groupes politiques tous les 15 jours pour discuter de certaines thématiques. Et vous avez l'ensemble des thématiques qui vous ont été distribuées.

J'ai demandé parallèlement aux différents présidents, Commission des finances, Commission des affaires sociales et les deux rapporteurs généraux d'entamer une réflexion sur les modifications de nos règles budgétaires. Je me suis exprimée à plusieurs reprises sur ce sujet. Nos règles sont très insatisfaisantes et elles ont conduit à ce à quoi vous avez assisté depuis des mois. Une Assemblée nationale qui ne parle que de la partie recettes et donc que de taxes, qui ne parle jamais de politique publique et de dépense et un budget qui ne peut pas être adopté à l'Assemblée nationale faute de compromis. Mais je suis vraiment convaincue que nos règles ne facilitent pas l'émergence de ce compromis.

Et donc il faut les modifier. Nous pourrons entamer ce travail. J'ai commencé à avoir des échanges sur ce point avec le président du Sénat. Et nous avons en tout cas convenu de regarder ce que nous pourrions faire parce que comme vous le savez tous, il y a des modifications qui pourraient intervenir dans le règlement de l'Assemblée nationale, donc qui sont à notre main, mais d'autres qui relèvent de la loi de financement, dite la LOLF, voire des modifications constitutionnelles. Donc il faut que nous regardions tout cela. Mais en tout cas, je pense que c'est vraiment quelque chose d'impératif. Ensuite, il y a des textes que nous devons adopter, des réformes que nous devons engager.

Moi, je considère que 2026 doit être une année d'action. Nous avons des textes importants qui portent des réformes importantes pour nos compatriotes. Je pense évidemment, et on pourra en reparler au texte sur la fin de vie, il faut que nous puissions avancer. Je pense à nos outre-mer. Il faut que nous adoptions un texte sur la vie chère, continuer à travailler sur Mayotte. Évidemment, la Nouvelle-Calédonie, on pourra en parler si vous le souhaitez. Il faut protéger les Français. Nous avons une réactualisation de la loi de programmation militaire qui nous attend. Une loi également sur les pouvoirs des polices municipales qui est extrêmement importante. Protéger notre État de droit.

Et vous savez que je souhaite que le président de la République réunisse le Congrès pour que nous puissions adopter l'importante réforme sur l'indépendance du parquet qui a d'ores et déjà été voté à deux reprises par l'Assemblée nationale et le Sénat. D'autres textes, évidemment, seront à notre agenda et nous pourrons en discuter si vous le souhaitez. Donc moi, je crois que, en tout cas, loin de nous résigner, loin de considérer que nous sommes déjà en campagne présidentielle en vue de 2027, je pense que 2026 doit vraiment être une année où nous préparons l'avenir. Nous préparons l'avenir pour les Français. Nous préparons aussi l'avenir où nous préparons nos institutions.

Et ce sera une de mes missions principales pour cette année et continuer à apporter la voix de la France. Je sais qu'elle est attendue. C'est ce que me disent mes partenaires internationaux quand je les vois. Et donc ne renonçons pas à porter la voix de la France et ne renonçons surtout pas à rester nous-mêmes. Je vous remercie. Je vous souhaite à nouveau une bonne année. Je suis à votre disposition pour répondre à toutes vos questions. Je vous écoute. Bonjour. Bonjour. Elsa Mondagava pour la chaîne parlementaire. Je voulais revenir sur la séquence budgétaire.

10:22
Invité

Donc tout le monde a bien suivi. On ne va pas refaire le film. Mais l'envie de ne pas servir du 49-3, l'envie d'un groupe d'opposition de négocier.

10:30
Présentateur

À la fin, c'est la chorégraphie qu'on connaît tous. 49-3, motion de saussure.

10:34
Invité

Est-ce qu'il était possible de faire autrement ? Et alors que vous dites que vous voulez changer les règles, quel serait d'après vous l'examen du budget ? Comment il devrait se dérouler pour justement avoir une meilleure compréhension des Français et peut-être des accords politiques plus faciles ? Merci.

10:48
Yaël Braun-Pivet

Alors effectivement, ce débat, il n'a donné satisfaction à personne de ce que je comprends. Les Français n'y ont pas compris grand-chose et ils ont raison. Nous-mêmes, nous voyons que nous débattons avec des tombeaux d'amendements, plus de 3 000 amendements à chaque lecture du budget. Et surtout, on voit qu'on est incapable d'avoir des visions globales. On n'est pas capable d'avoir des visions globales de politique publique et on n'est pas capable d'avoir une vision globale du budget. Et ça, ça n'est pas possible.

Et cette absence de vision globale, on l'a encore remarqué, en tout cas, elle a encore été évoquée en conférence des présidents cette semaine où on nous dit, en fait, on fait un 49.3 sur la partie recettes, mais on ne sait pas ce qu'il y a dans la partie dépenses et ce qu'il y aura dans le 49.3 sur la partie dépenses. Ça n'est pas possible. On ne peut pas travailler ainsi. Et donc, vraiment, moi, j'ai commencé à émettre des pistes de réflexion. Un, faire une fusion entre la partie 1 et la partie 2, ne plus avoir de vote qui conditionne la suite de l'examen.

La plupart des pays européens votent une seule fois le budget et n'ont pas cette division entre la partie dépenses et la partie recettes. Je pense que ça, ce serait une bonne chose. Deuxièmement, on a évoqué, et c'était une proposition qu'avait émise il y a bien longtemps le président de la Commission des finances, Éric Coquerel, un temps législatif programmé. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas le faire. Nous pourrions décider de dédier un temps d'examen parlementaire pour chaque partie.

Nous pourrions également parler de politique publique, de dire, par exemple, nous allons avoir un débat sur le logement, sûrs et qui comprennent la partie dépenses, la partie recettes et avoir de la pluriannualité. Ce qui pose problème aujourd'hui, c'est qu'on ne parle que de taxes et on remet en cause tous les ans les taxes. Ce n'est pas possible. Nos acteurs, que ce soit les personnes, simplement les investisseurs, les personnes privées, les entreprises ont besoin de pouvoir se projeter sur plusieurs années. Donc, il faut aussi qu'on introduce de la pluriannualité. Donc, on a beaucoup de choses que l'on peut regarder. À nouveau, je vous disais, plusieurs niveaux de normes.

Et donc, à regarder avec le Sénat et avec les parlementaires et avec la présidence de la République, s'agissant de normes de niveau constitutionnel. Par exemple, nous pourrions dire que nous adoptons le texte de la Commission et que ce serait le texte de la Commission qui vienne dans l'hémicycle. Ça, c'est une réforme constitutionnelle. Après, ce n'est pas parce que c'est constitutionnel que c'est impossible. La constitution a été modifiée à 25 reprises. Donc, nous pourrions aborder... En tout cas, je pense qu'il ne faut rien s'interdire. Tout le monde est insatisfait.

Et donc, quand on est insatisfait, soit on continue inlassablement à recommencer et à être toujours insatisfait, soit on se dit on va changer. Moi, je dis on va changer. Je propose. J'essaye de proposer. Je propose une méthode, un calendrier, des propositions de réforme. Et j'attends. Je verrai la semaine prochaine le président Coquerel et rapporteur général du budget Philippe Juvin. Et nous allons pouvoir avancer. En tout cas, c'est un souhait vraiment très important de ma part et que j'ai vu assez partagé par les différentes forces politiques de notre pays.

14:07
Invité

Bonjour, Thibaut Petit pour TF1 et LCI. Bonjour. La conversation à rassemblement juste devant l'Assemblée nationale de la CGT ou contre le travail le 1er mai, qui est un des textes qui devraient être examinés tout à l'heure dans l'hémicycle. Vous, quelle est votre position en tant que présidente de l'Assemblée nationale sur ce texte ?

14:26
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, c'est un texte qui vient du Sénat, qui a été adopté extrêmement largement, voire à l'unanimité au Sénat. À chaque fois, on nous explique effectivement que le 1er mai, dans certains commerces, ils sont obligés, les propriétaires sont obligés de travailler eux-mêmes et seuls pour pouvoir ouvrir. C'est une demande assez générale. Donc moi, je suis assez favorable à ce texte et à ce que nous puissions l'adopter. Donc j'espère qu'il sera adopté aujourd'hui dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

15:03
Invité

Bonjour, Rosalie Lafarge à France Culture. Sur la fin de vie dont vous parliez tout à l'heure, est-ce que vous redoutez que ce qui est en train de se passer au Sénat ne complique ou ne retarde les choses ?

15:12
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, je me suis battue déjà pour que ce texte puisse être inscrit, pour qu'on puisse en finir l'examen, comme vous le savez, à l'Assemblée nationale, puisqu'il a été victime de la dissolution. Nous avons réussi ici à le voter. Je rappelle qu'à l'Assemblée nationale, il a été voté très largement, plus d'une centaine de voix d'écart entre le vote pour et le vote contre. Le Sénat l'a enfin examiné. Il y a manifestement un rejet de l'ouverture de l'aide active à mourir. Moi, je le regrette profondément. C'est une attente très forte de nos compatriotes et un nouveau droit qui doit s'ouvrir. Et à longueur de sondage, ils nous le disent. Ils attendent que nous avancions.

Vous savez, moi, lorsque j'ai rejoint le parti En Marche, le mouvement, c'était parce que c'était un mouvement progressiste. Nous portions la PMA pour toutes. Nous portions cette question de la fin de vie. Moi, j'y suis très attachée. Il faut ouvrir ce droit. Et donc, le texte reviendra à l'Assemblée nationale à partir de la semaine du 16 février. Je crois qu'il n'est pas encore inscrit, mais il est prévu d'être examiné à partir du 17 février. Et je compte bien, en fait, si le texte est rejeté au Sénat, eh bien, c'est le texte de l'Assemblée nationale qui reviendra et qui sera mis sur la table.

Mais moi, je ne doute pas que les parlementaires continueront à affirmer leur souhait d'ouvrir ce nouveau droit. C'est important. C'est un texte attendu. Et moi, je ferai tout pour que ce texte puisse être adopté de façon définitive avant l'été 2026, pour qu'il puisse rentrer en application avant la fin du quinquennat. C'est un engagement que j'ai pris auprès de beaucoup de Français que j'ai rencontrés, auprès de beaucoup de malades. C'est une loi de liberté. C'est une loi de respect. Et donc, je ferai... En tout cas, je mettrai toutes mes forces dans cette bataille pour que ce droit soit ouvert pour nos compatriotes.

17:12
Invité

Bonjour, Ludovic Faux pour la chaîne parlementaire et l'Association des journalistes parlementaires. Vous avez évoqué dans votre propos liminaire les groupes de travail que vous avez mis en place pour essayer, au-delà de la procédure budgétaire, de faire évoluer la procédure parlementaire. Il y a beaucoup de sujets que vous avez mis en route dans ces groupes de travail, qui appartiennent aussi à des types de normes différents. Sur quels thèmes est-ce que vous espérez véritablement pouvoir avancer, puisque ce sont des choses qui nécessitent souvent un accord politique assez large au sein des groupes de l'Assemblée, voire au-delà ?

Quels sont les thèmes à la fois auxquels vous tenez le plus et ceux sur lesquels vous pensez possible d'avancer ?

17:53
Yaël Braun-Pivet

Alors déjà, moi, je pense que c'est possible d'avancer parce que je vois que sur un certain nombre de sujets, on a déjà avancé. Ce n'est pas un vœu pieux. On a adopté des petites modifications du règlement de l'Assemblée nationale depuis quelques mois. On a supprimé le vote assis debout. On a mis le vote sur les débats 50-1 dans l'hémicycle, alors qu'avant, il se déroulait dans les salons. Et nous avons retiré la compétence que la Commission des lois avait sur les lois organiques. Nous l'avons réattribuée à toutes les commissions permanentes. Tout cela, ce sont des petites modifications du règlement, mais qui ont à chaque fois été adoptées à l'unanimité par consensus.

Donc nous pouvons avancer sur un certain nombre de choses très techniques. Après, il y a effectivement des réformes qui touchent plus les droits de l'opposition. Et donc, il faudra regarder quel est l'équilibre global auquel nous pouvons parvenir. Donc moi, je n'ai pas de doute sur les questions techniques. Nous allons pouvoir avancer sur l'organisation du débat, la rationalisation, etc. Après, sur des droits qui peuvent toucher aux droits de l'opposition, il faudra avoir une discussion aussi politique. Et puis, comme vous le savez, il y a des sujets, moi, que je trouve très importants, sur les commissions permanentes, le champ des compétences, etc., sur la taille des groupes politiques.

En tout cas, il faut tout regarder. Il ne faut rien s'interdire. L'idée, c'est qu'on a une Assemblée nationale qui doit s'adapter dans ses règles à une situation politique qui est inédite. Et donc, il va falloir que l'on avance. Moi, je suis assez convaincue qu'on va pouvoir avancer. Il y a la question aussi des commissions d'enquête. On voit qu'elles font beaucoup débats et beaucoup demandent à ce que les compétences, le rôle de chacun, l'organisation des commissions d'enquête puissent être clarifiées. Et donc, nous pourrons également évoquer cela dans la réforme du règlement. En tout cas, moi, ce que je vois, c'est que je remercie franchement les groupes politiques. Ils y participent.

Ils apportent des idées. Ils sont allants parce que tout le monde voit bien qu'il y a des choses à améliorer. Et maintenant que nous avons tous l'habitude de bien travailler ensemble, je pense que nous pourrons aboutir. Après, je ne suis incapable de vous dire aujourd'hui si ce sera une petite, une moyenne ou une grande réforme du règlement. En tout cas, certains disent qu'il n'y a pas de majorité, donc c'est plus difficile de réformer. Je ne crois pas parce que quand on a une majorité, en fait, on peut avoir tendance à faire une réforme du règlement à sa main.

Et comme vous le savez, le Conseil constitutionnel, et c'est normal, nous sommes dans un état de droit et juge de la réforme du règlement. Et le Conseil constitutionnel a toujours un regard extrêmement vigilant sur les droits de l'opposition. Et donc, le fait que nous puissions avancer sur une réforme du règlement, justement par consensus, avec des groupes de tous bords politiques, peut nous garantir qu'effectivement les droits d'opposition sont parfaitement respectés. Donc nous clôturons nos travaux au mois d'avril, normalement. Et puis moi, j'espère qu'on pourra présenter un texte de réforme, là aussi, avant l'été.

On regardera avec les groupes politiques comment ils souhaitent avancer sur ce point.

21:05
Invité

Oui, Pierre Duquenne, bonjour de Contexte. Bonjour. Justement, quelques précisions sur cette réforme du règlement. Quand vous dites que la question, c'est de savoir quelle sera la méthode pour aboutir, là, vous venez d'évoquer le consensus. Ça, c'est un point sur lequel vous engagez, que toutes les décisions autour de réforme du règlement seront prises par consensus ou ça pourrait être par majorité simple au sein de la conférence des présidents ?

21:33
Yaël Braun-Pivet

Non, en fait, une réforme du règlement doit être adoptée par un vote dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Donc il faut nécessairement qu'elle réunisse une majorité de parlementaires. En revanche, moi, j'ai dit que je ne ferais pas une réforme du règlement qui serait 51% contre 49%. Il s'agit d'avoir un large consensus, ça ne veut pas dire une unanimité. Mais il faut quand même que la plupart des groupes politiques souscrivent à l'ensemble de la réforme du règlement pour que nous puissions avancer.

Ce qu'il faut faire, en revanche, par consensus à l'unanimité, c'est ce que nous faisons aussi lorsque nous prenons des décisions en conférence des présidents qui contreviennent finalement à des règles du règlement intérieur. Typiquement, lorsque l'on a organisé ce lundi le débat sur le 50-1, nous avons convenu avec un consensus, avec une unanimité des groupes politiques de changer la méthode du 50-1, réduire les temps de parole des groupes, créer un temps de questions-réponses au gouvernement, ce qui n'existait pas, ce qui est contraire à notre règlement. Et là, j'avais besoin de l'unanimité que j'ai obtenue. Et je pense que ça, c'est important. Et ça, c'est différent.

C'est vraiment des décisions qu'on peut prendre en conférence des présidents pour une application immédiate.

22:44
Invité

Bonjour. Audrey Tison, France Info. La présidentielle 2027, est-ce que vous y pensez en vous coiffant le matin ? Comment vous voyez cette profusion de candidats potentiels ? Est-ce qu'il pourrait y avoir une primaire pour départager tous ces candidats ?

22:59
Yaël Braun-Pivet

En fait, moi, vraiment, je trouve qu'aujourd'hui, il faut, et c'est une réponse qui est vraiment extrêmement sincère, se concentrer sur ce qu'on fait maintenant. Parce que moi, je vois bien que ceux qui se concentrent sur 2027 sont un peu soit absents du débat, et ce n'est pas bon, du débat d'aujourd'hui, soit les prises de position qu'ils ont sont guidées par 2027 et pas par 2026. Or, aujourd'hui, on est en janvier 2026, et quand on voit la situation internationale, quand on voit que tout bouge au jour le jour, on ne peut pas se dire qu'on prendra le train de 2027 sans prendre celui de 2026. Ce n'est pas possible.

Donc moi, je suis concentrée sur ma tâche, et comme vous le savez, mon objectif premier, c'est de faire fonctionner l'Assemblée nationale. C'est mon devoir, c'est ma mission. Les Français ont élu cette Assemblée nationale. Moi, je me souviens qu'en 2022, puis encore plus en 2024, on entendait beaucoup de commentateurs dire qu'elle serait ingouvernable, qu'on ne pourrait rien y faire. Eh bien, moi, je me bats pour qu'on y fasse quelque chose, et on fait quelque chose dans cette Assemblée. Je sais qu'on n'arrive pas à tout faire bien. 49-3 en est l'éclatante démonstration, que parfois elle est bruyante, agitée, qu'il y a de la confrontation. On est en démocratie, c'est heureux.

Mais nous avons produit beaucoup de choses, plus de 150 textes adoptés, des textes qui changent la vie des Français. Le texte sur le narcotrafic, le texte sur la définition du viol, le registre national contre le cancer. Ça, c'est des avancées, c'est des choses qui sont importantes. Et évidemment, les textes pour nos Outre-mer, la refondation de Mayotte, etc. Donc on avance, et c'est ça ma mission. Et vous pensez bien qu'en janvier 2026, je ne dois, et c'est mon devoir, ne me concentrer que sur ça. Et j'invite tout le monde à faire de même.

24:49
Invité

Merci. Bonjour, Madame la Présidente. C'est rarement la tribune. Je voulais vous demander, le prochain projet de loi, a priori, du gouvernement, ce sera sur la décentralisation après les municipales. Est-ce que, même si vous n'avez jamais été élue locale, vous avez des attentes, et ou des lignes rouges ? Merci.

25:03
Yaël Braun-Pivet

Alors, excusez-moi, je suis actuellement élue locale. Je suis conseillère municipale dans la ville de ma circonscription. Depuis 2020, nous avions... Nous étions une des rares équipes municipales à gagner. Je me souviens, j'étais à l'époque présidente de la Commission des lois. Et Olivier Marlex, qui était membre de la Commission des lois, était arrivé en commission après les municipales, en me félicitant et en me disant que j'étais la seule de la majorité à avoir gagné dans une municipalité, sur une liste de marcheurs. Donc, je suis élue municipale, et c'est important pour moi d'avoir cet ancrage-là et cette expérience-là.

Cette loi sur la décentralisation, moi, je l'appelle de mes voeux depuis longtemps, c'est la suite. On a déjà adopté des textes de simplification. C'était la loi 3DS qui avait été portée à l'époque par Jacqueline Gourault. Il faut continuer ce mouvement. Il y a beaucoup de rapports. Moi, j'avais proposé, il y a presque un an, que nous constituions un groupe de travail entre le Sénat et l'Assemblée nationale pour avancer, puisque vous savez que nos assemblées ont beaucoup effectué de travaux et de propositions. C'était un rapport d'Éric Woerth. On a un rapport, 50 propositions du Sénat là-dessus.

On a aussi un rapport de Boris Ravignon, le maire de Charleville-Mézières, qui avait chiffré l'enchevêtrement des compétences à 7,5 milliards, je crois, par an de coût. Et donc, j'avais souhaité que nous fassions un groupe de travail pour accoucher d'une proposition de loi. Ça n'a pas pu se faire. Mais donc, je suis contente que le Premier ministre souhaite avancer dans cette même direction, parce que c'est non seulement un enjeu d'efficacité, mais c'est aussi un enjeu d'économie structurelle sur le budget de la nation. Et comme vous le savez, en ce moment, ça n'est pas du luxe.

26:48
Invité

– Bonjour, Stéphanie Lerouge de l'AFP. Vous avez eu un commentaire assez critique mardi sur l'utilisation du 49.3, puisque vous avez dit que c'est la démocratie, évidemment, qui perd aujourd'hui. Est-ce que Sébastien Lecornu a eu tort de l'utiliser ? Est-ce qu'il avait vraiment le choix ? Et deuxième question, que va-t-il rester de cette séquence ? Du point de vue du parlementarisme. C'est-à-dire, est-ce que le Parlement a quand même gagné une certaine légitimité face à une pratique un peu autoritaire du pouvoir qui a pu y avoir précédemment ? Ou est-ce qu'il a fait la démonstration, finalement, de son immaturité ?

27:37
Yaël Braun-Pivet

– À nouveau, je pense qu'aujourd'hui, on est à un moment où les règles ne sont pas adaptées à la situation politique. Et c'est quand même préoccupant d'avoir finalement des règles, de procédures qui viennent entraver une volonté politique. Et c'est pour ça qu'il est urgent de les modifier. Après, sur l'usage du 49.3, en fait, moi, je l'ai très longtemps défendu, le 49.3, en disant, bonne juriste, vous savez, moi, je suis avocate, alors je viens de dire, mais c'est constitutionnel, ça existe dans la Constitution depuis toujours, et puis personne n'a jamais voulu le supprimer, qu'on soit de gauche, qu'on soit de droite, etc.

Bref, à chaque fois que je fais cette démonstration en réunion publique, je vois que je ne suis pas convaincante. Et je vois que dans l'opinion publique, chez les Français, le 49.3 n'est pas un outil, aujourd'hui, acceptable. Et il est pris à tort ou à raison. Mais finalement, peu importe, il est ressenti comme un passage en force. Et donc, il faut en tirer les conséquences. Il faut écouter. Quand on fait de la politique, si on n'écoute pas les Français, si on n'écoute pas ses compatriotes, je pense qu'on peut rentrer chez soi. Et donc, moi, j'écoute les Français. Je vois que l'outil est inadapté.

Et ce que je fais, c'est que justement, au lieu de me dire, oh là là, vivement demain, qu'on ait une majorité absolue et qu'on puisse revenir comme avant, où on déroule notre budget, et puis en fait, on écrase nos oppositions, ce n'est pas ma position. Moi, ma position, c'est de dire, mais en fait, changeons nos règles, regardons comment on peut travailler différemment pour ne pas avoir à passer par 49.3 et pour être capable, sur le budget, comme sur les autres textes, de créer du consensus. Tout à l'heure, quand je vous dis que plus de 150 textes ont été adoptés par l'Assemblée nationale cette dernière année, ils ont tous été votés. Ils n'ont pas été adoptés par 49.3.

Donc, on voit bien qu'on est capable de trouver des majorités sur des sujets qui ne sont pas forcément des sujets faciles. Et donc, en fait, la dernière marche, c'est être capable de trouver une majorité sur des textes budgétaires. On a franchi une étape en trouvant une majorité sur le budget de la sécurité sociale. Eh bien, il faut maintenant qu'on franchisse la suivante. Et il ne suffit pas uniquement de volonté politique. Il faut changer nos règles. Et c'est ce que je propose. Donc, vous voyez, moi, je crois justement en cette démocratie parlementaire. Moi, je crois plus que jamais en l'Assemblée nationale. Je crois plus que jamais au pluralisme politique.

Moi, je regarde les statistiques. Et en fait, lorsqu'il y a une majorité absolue, eh bien, le taux d'amendement de l'opposition qui est adopté, c'est un pouillard, c'est 5%. Lorsqu'on est en majorité relative, voire sans majorité, on monte à 30-40%. Eh bien, là, je crois que le pluralisme, il gagne. Je crois que la démocratie, il gagne. Donc, continuons sur ce chemin, mais adaptons nos règles. Et effectivement, personne ne peut se satisfaire d'un 49-3. Personne. Mais je sais très bien que le Premier ministre, le premier, et vous l'avez dit, il ne s'en satisfait pas. Il a essayé. Il a essayé de trouver d'autres chemins.

Il n'a malheureusement pas réussi à les trouver parce que les circonstances politiques et les circonstances juridiques. Et donc, c'est pour ça qu'il faut qu'on avance ensemble. Et je sais que le gouvernement est aussi, évidemment, allant puisque s'agissant de la LOLF, on aura besoin d'eux aussi.

30:49
Invité

Bonjour. Judith Chétrit pour Politico. Plus de 90 députés se sont déclarés à date pour les municipales des 15 et 22 mars. Comment analysez-vous ces chiffres ? Est-ce que forcément, il va y avoir des suppléants, potentiellement des législatives partielles ? Quelle est votre analyse dessus ?

31:09
Yaël Braun-Pivet

Déjà, je trouve que c'est intéressant en nombre, mais ce n'est pas non plus spectaculaire et inhabituel. On est en fin de mandat. Parce que même si on a été élu en 2024 ou en 2029, tout le monde peut imaginer qu'il y aura probablement une dissolution après la présidentielle en 2027. Donc on voit bien que les parlementaires, en raison aussi du non-cumul des mandats, ont un appétit pour se lancer sur ces élections municipales. Donc moi, je trouve ça extrêmement intéressant. Je trouve aussi qu'aller mener des combats politiques, c'est toujours une bonne nouvelle, aller se confronter aux Français, aux citoyens.

Et puis tout le monde nous dit que le mandat de maire, c'est le plus beau des mandats du monde. Donc écoutez, je souhaite en tout cas à ceux qui se lancent dans la bataille de pouvoir la mener à bien. Après, c'est vrai que ça entraînera évidemment des effets sur la composition de l'Assemblée nationale et peut-être sur les postes à responsabilité qui sont exercés. Ça peut entraîner aussi des élections internes au bureau. Donc on regardera tout ça. Mais en tout cas, moi, je suis toujours très heureuse que les parlementaires aillent faire de la politique sur le terrain pour être élue locale, comme je suis une élue locale. Je ne suis pas sympa. – C'est une candidate ?

– Non, moi, je ne suis pas candidate. – C'est génial. – Oui, je suis présidente de l'Assemblée nationale, monsieur. Et donc je ne cours pas plusieurs chevaux à la fois. Comme je le disais tout à l'heure, je ne fais pas la course à la présidentielle aujourd'hui. Je ne fais pas la course au municipal non plus. Je fais juste le job que les Français et les députés m'ont confié en m'élisant présidente de l'Assemblée nationale.

32:52
Invité

– Jeanne-Jer de Cazot, je voudrais revenir sur le 49.3. Cela veut dire qu'il faudrait réunir le Congrès, changer la Constitution pour supprimer un levier quand même assez important et qui ne satisfait pas dans une situation ponctuelle et qui, on l'espère, changera dans pas trop longtemps. Donc est-ce que vous pensez que ça vaut vraiment la peine de se priver de ce levier ?

33:20
Yaël Braun-Pivet

– Alors je me suis peut-être mal exprimée, je n'ai absolument pas proposé de supprimer le 49.3. Et donc lorsque, éventuellement, je suis vraiment navrée de ne pas avoir été comprise, et merci pour cette question qui me permet probablement de clarifier, je ne propose pas de le supprimer, mais je constate que son usage aujourd'hui n'est pas compris par la population et qu'il faut donc essayer de faire autrement. Moi, vous savez, je suis déçue qu'effectivement, on aboutisse à un compromis, certes, qui est construit avec les forces politiques et avec les parlementaires, mais que ce compromis ne puisse pas être construit à l'Assemblée nationale dans son hémicycle. C'est ça qu'on doit déplorer.

Et on voit finalement que le 49.3 est la résultante d'un compromis, puisqu'il y a des prises en compte des positions de différents groupes, mais pour autant, ce compromis, notre objectif, c'est qu'il puisse naître dans l'Assemblée nationale et faire l'objet d'un vote dans l'Assemblée nationale. C'est ça, mon objectif. Mais ce n'est pas de supprimer l'outil, parce que, comme tout outil, il peut être nécessaire pour la bonne marche du pays. Et donc je pense qu'il ne faut pas le supprimer. Mais en revanche, il faut tout faire pour ne pas l'utiliser. Je sais que le Premier ministre a tout fait pour ne pas l'utiliser. Maintenant, il faut aider à cela en changeant nos règles.

Ça ne sera peut-être pas suffisant, mais en tout cas, je pense que c'est nécessaire.

34:45
Invité

C'est plus clair. Bonjour, Pauline Gros, le journaliste à Mediapart. Merci beaucoup de répondre à nos questions. On vit une période très trouble et dangereuse sur le plan international. Les députés sont d'ailleurs appelés à se prononcer régulièrement sur les questions internationales. Et en même temps, on a l'impression qu'ils sont de plus en plus exposés aux risques d'ingérence étrangère. Donc on l'a vu avec, par exemple, l'organisme pro-israélien El Net, qui organise des voyages de députés.

Et aussi, plus récemment, dans un autre genre, le magazine Écran de veille, dont plusieurs articles de presse estiment depuis 2023 qu'il est financé par les Émirats, et qui est distribué dans toutes les boîtes aux lettres des députés, et même accessible dans certaines zones communes apparemment. Donc faut-il prendre des mesures de protection ? Est-ce que c'est un sujet, la question des ingérences, qui vous inquiète ? Et est-ce que vous conseillez prendre, en fait, des mesures pour réguler un petit peu ?

35:39
Yaël Braun-Pivet

– Alors c'est un sujet qui nous inquiète, et qui nous inquiète même plus largement. On est à l'approche d'élections municipales, on est à l'approche d'élections présidentielles, et on sait que différents scrutins d'autres pays européens, on pense à l'Allemagne, on pense à la Moldavie, ont été sujets d'ingérence étrangère. Et donc il faut faire attention, et il faut se prémunir. Et hier, vous voyez, j'ai rencontré le SGDSN pour justement évoquer ce sujet avec lui. Et donc là, on a un travail collectif à mettre en œuvre pour protéger nos élections. Après, pour l'Assemblée nationale, ce qui est important, c'est d'avoir beaucoup de transparence.

Comme vous le savez, depuis 2017, on a beaucoup avancé sur les règles de transparence, il y a le déontologue qui a pris beaucoup de place à l'Assemblée nationale. On doit déclarer les cadeaux reçus, les voyages, tous les lobbyistes sont inscrits sur des listes, on doit se déporter lorsqu'il y a des conflits d'intérêts qui peuvent exister. On a interdit aux collaborateurs d'être employés, moitié lobby, moitié parlementaires. Je vous rappelle que ça existait avant 2017, et ça, c'est dans les lois confiance.

Donc on a beaucoup avancé sur les questions déontologiques, et le déontologue le remarque, année après année, on a une vraie culture de la déontologie qui s'est installée chez nos parlementaires, et c'est vraiment heureux. Après, concernant les organes de presse qui ont accès à l'Assemblée nationale, moi, je n'effectue pas de contrôle. À partir du moment où vous avez des cartes de presse, vous avez le droit d'accéder à l'Assemblée nationale, et c'est normal. Et je ne contrôle pas les boîtes aux lettres des parlementaires. Voilà, on est dans le temple de la démocratie. Je ne vais pas commencer à exercer une censure quelconque sur ce qui est distribué aux parlementaires.

Après, je veille à ce que les espaces soient bien utilisés selon nos règles d'usage. On ne peut pas faire n'importe quoi à l'Assemblée nationale, mais c'est le temple de la démocratie, et donc évidemment, la liberté de la presse, la liberté d'expression y est sacrée, et je ne fais pas de tri.

37:48
Présentateur

– Madame, il y a un vent d'anti-parlementarisme qui souffle en France en ce moment. Alors, vous qui êtes à l'écoute de l'opinion, vous devez le ressentir. – Bien sûr. – Qu'est-ce que vous pensez pouvoir faire pour contribuer à justement... Est-ce que le compromis n'est pas justement un moyen de l'alimenter, cet anti-parlementarisme ? Parce qu'on entend souvent les gens qui disent « Oh, ils se mettent d'accord » parce que la place est bonne.

38:14
Yaël Braun-Pivet

– Oui, en fait, je voudrais peut-être alerter sur les dangers de l'anti-parlementarisme, parce que c'est la dictature. En fait, la démocratie repose sur l'élection et sur la séparation des pouvoirs avec des pouvoirs qui arrêtent les autres pouvoirs. C'est Montesquieu. Et donc, avoir un pouvoir exécutif qui est contrôlé par un parlement, c'est indispensable et c'est l'essence d'une démocratie. Et donc, que les parlementaires ne plaisent pas à nos concitoyens, qu'il y ait une distance qui existe entre les parlementaires et les citoyens, voire une défiance, évidemment, on ne peut que le constater.

Mais dans ces cas-là, moi, ce que je dis, c'est que cette démocratie qui est précieuse, eh bien, faites-la vivre. Faites-la vivre. Il y a des élections. Allez aux élections. Portez vos voix. Mais en tout cas, ne dénigrez pas les parlementaires. Ils font, quelle que soit leur couleur politique, de leur mieux pour vous représenter. Après, c'est vrai que parfois, et on le voit, on le déplore. Moi, je reçois des courriers de parlement, les députés siennes mal, etc. Mais à nouveau, on est dans une démocratie. Je ne vois pas quel autre système. Si nous n'avons plus d'Assemblée nationale, quel autre système lui est préférable ? Donc, c'est Churchill, c'est le moins mauvais des systèmes.

Mais bon, c'est comme ça. Et donc, après, moi, ce que je fais à mon niveau, c'est essayer de recréer de la confiance. C'est l'ouverture de l'Assemblée nationale. Comme vous le savez, depuis que je préside l'Assemblée nationale, on a doublé le nombre de visiteurs à l'Assemblée nationale. On a créé un accès direct à l'Assemblée nationale pour nos concitoyens de l'année dernière. C'est près de 70 000 Français qui ont visité l'Assemblée nationale en dehors du cadre habituel, en passant par leurs députés. C'est le week-end des visites dédiées aux enfants, aux jeunes de 8 à 13 ans, avec des guides qui ont été spécialement formés. Je pense que c'est la rénovation également du Parlement des enfants.

C'est les assemblées des idées que j'organise. Les permanences citoyennes, j'en ai encore tenu lundi dernier avec 5 citoyens tirés au sort. Toute cette politique d'ouverture, je crois, contribue à renouer la confiance. La proximité, je réponds à vos questions. On peut organiser des conférences de presse quand vous le souhaitez. Je pense que là aussi, parler ça en langue de bois, être le plus sincère possible, essayer d'être le plus cash, le plus à ses convictions, garder la même ligne. Je pense que tout ça est de nature à renouer la confiance. Mais ça, c'est vraiment un travail collectif que nous devons réaliser pour la retrouver, la reconquérir.

Mais en tout cas, c'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous. Ce n'est pas juste l'Assemblée nationale qui pourrait être victime de cet antiparlementarisme. Parce que l'antiparlementarisme, c'est quelque chose qui est profondément antidémocratique, en fait. Et ceux qui protestent contre l'Assemblée nationale, en fait, ils veulent un pouvoir fort. Mais je ne crois pas que ce soit ce que nous souhaitons.

41:32
Invité

Oui. Bonjour, Jean-Michel Lamy, nouvel économiste. Ici, nous sommes à l'Assemblée nationale. Donc, le palais Bourbon a toujours eu du mal à nouer des relations avec les institutions communautaires. Vous venez de nous dire que vous invitez la présidente du Parlement européen au G7. mais ce Parlement européen, tout d'un coup, semble se réveiller. Vous pensez au Mercosur. Alors, est-ce que vous avez d'autres initiatives ? Est-ce que vous pensez être innovante sur les relations entre l'Assemblée nationale et le Parlement européen ?

42:02
Yaël Braun-Pivet

Alors, moi, j'ai une relation, effectivement, régulière avec la présidente du Parlement européen, Roberta Mezzola, et qui est, effectivement, invitée au G7. Ce n'est pas une initiative personnelle, pour le coup. C'est régulier. Elle vient à chacun de nos G7 parce que la voix de l'Europe est évidemment importante. Moi, ce que je vois surtout, c'est que la voix des parlements, finalement, est importante aujourd'hui et on s'en rend compte lorsque l'on a le vote, hier, du Parlement européen pour saisir la Cour de justice de l'Union européenne. Mais quand on a le vote du Parlement européen, lundi, qui suspend l'accord entre les États-Unis et l'Union européenne, là aussi, c'est important.

Mais nos parlements votent des résolutions lorsque... Et parfois, on dit, les résolutions, ce sont des vœux pieux. Ce n'est pas vrai. Lorsqu'on vote, le fait que nous ne souhaitons pas adopter le Mercosur en l'État, eh bien, ça permet au président de la République, un, de négocier, deux, de s'y opposer lors du vote. Lorsque nous votons des résolutions pour soutenir les femmes en Iran, etc., ça a du poids. Donc moi, je crois profondément à la force du Parlement.

Et on voit que lorsque Donald Trump a eu des initiatives un peu belliqueuses vis-à-vis du Groenland, eh bien, au Congrès américain, il y a des initiatives parlementaires réunissant des démocrates et des républicains pour justement s'opposer à une intervention militaire au Groenland. donc on voit bien que la voix des parlements, la voix des peuples, elle compte aujourd'hui et il faut la faire grandir.

Et donc, là aussi, c'est une réflexion que nous devons avoir et que nous aurons ensemble avec les pays du G7 sur justement, dans ce contexte international, si changeant, si instable, si préoccupant, quel peut être le rôle et quel doit être le rôle des parlements qui représentent les peuples et les nations. Et donc, je pense que cette réflexion-là, en tout cas, il faut la conduire et nous l'aurons collectivement au mois de septembre ici, à l'Assemblée nationale. Bonjour, Lucie Aubourg pour l'AFP. Je voulais vous interroger sur la participation citoyenne. Je crois que c'est l'un des thèmes des réunions que vous organisez sur la réforme du règlement.

Il y a eu cet été une pétition qui a été signée par plus de 2 millions de personnes contre la loi Duplomb qui a ouvert la possibilité à un débat dans l'hémicycle qui, plusieurs mois plus tard, n'a toujours pas eu lieu, même si ça va être le cas très bientôt. Et qui, en fait, n'aura pas d'impact sur la loi, ne rouvre pas les discussions sur la loi à proprement parler. Est-ce que vous pensez que ce type de pétition devrait avoir plus, un impact plus direct sur ce qui est fait à l'Assemblée ? Et qu'est-ce que vous envisagez ? De quoi vous discutez, en fait, dans ces réunions sur la participation citoyenne ? Alors, comme vous le savez, moi, je suis très attachée à la participation citoyenne.

Je pense que, justement, pour répondre aussi à la défiance démocratique, il faut d'une part renforcer les pouvoirs de l'Assemblée nationale pour renforcer les pouvoirs des représentants du peuple, mais il faut aussi renforcer la participation citoyenne, la participation directe du peuple à la prise de décision. Et c'est en marchant sur ces deux jambes qu'on renforcera la vie démocratique dans notre pays. Concernant nos réunions, en fait, on voit qu'il y a un certain nombre de parlementaires qui ont des initiatives citoyennes dans leur circonscription. J'ai des parlementaires qui ont des parlements de circonscription.

J'étais encore hier avec l'un d'entre eux, avec la députée de l'Or-Atlantique, Sandrine Jossot. J'avais été avec Bruno Fuchs il y a quelques mois pour participer à des échanges aussi avec un parlement citoyen local. Et donc, l'idée, c'est de recenser un peu toutes ces initiatives participatives qu'ont les parlementaires sur leur territoire, sur leur circonscription et de regarder un petit peu si on peut en faire un guide de bonne pratique de la participation citoyenne pour exercer sa mission de parlementaire. Au-delà de ça, la pétition du plomb, moi, j'ai été très attachée, je l'ai exprimée dès le mois de juillet, je veux qu'il y ait un débat dans l'hémicycle.

Il aura enfin lieu, il y a eu beaucoup d'aléas et aussi des aléas dus à l'instabilité politique. Mais le débat aura lieu donc le 11 février prochain et c'est heureux avec des modalités d'ailleurs renouvelées pour ne pas faire un débat qui soit trop insatisfaisant. En revanche, ce débat n'a pas évidemment pour conséquence de revenir sur une loi votée par le Parlement. Les deux démocraties participatives, représentatives, elles doivent se combiner, elles ne s'affrontent pas, elles ne s'opposent pas. En revanche, là où moi, je suis très alente, c'est sur la réforme du référendum d'initiative partagée.

En fait, et un abaissement des seuils parce que si on veut faire participer les citoyens, les faire décider directement, c'est via la modification du référendum. Parce que le référendum aujourd'hui, comme vous le savez, pour qu'on puisse l'activer, il faut plus de 4 millions et demi de signatures. C'est extrêmement difficile à atteindre. Et on m'a glissé à l'oreille que ça avait un peu été fait exprès pour qu'on n'en organise pas. Et ça, c'est pas possible. On ne peut pas flouer les gens. Et donc, je suis très favorable à ce qu'on puisse, d'une part, réduire les seuils pour que les citoyens puissent enclencher des référendums.

Typiquement, là, si le seuil avait été à 1 million, à 1 million et demi, c'est un référendum qui aurait été enclenché et pas une pétition. Et ça aurait eu une autre portée. Et je suis également très favorable à élargir le champ du référendum de l'article 11 qui est aujourd'hui trop restreint. Et donc, là aussi, ce sont des réformes qu'on avait portées en 2018. On n'avait pas été au bout de la réforme constitutionnelle. Mais j'espère qu'un jour, on ira au bout d'une réforme, d'une vraie réforme de l'article 11 qui pourrait prévoir notamment ces deux points. Et on pourrait imaginer d'autres choses aussi dans la réforme du référendum.

Mais en tout cas, faciliter la participation des citoyens et leur permettre de décider sur des enjeux qu'ils estiment majeurs.

48:13
Invité

– En parlant des séances qui vont arriver au mois de février, vous avez annoncé récemment une séance publique dédiée à l'exécution des lois et veillée à l'application des lois par le gouvernement. Je voulais savoir qu'est-ce qui avait préidé à ce choix. Est-ce qu'il y a des textes en particulier qui irritent, dont l'application des lois traîne et qui irritent les députés ? Ça, c'est ma première question. Et j'avais une autre question aussi. On a récemment vu la commission mixte paritaire sur le projet de la simplification qui a été conclusive mardi.

Dans ce texte qui est un peu fourre-tout, on voit qu'il y a beaucoup de mesures qui reviennent sur des mesures qui avaient été votées par le Parlement il y a très peu de temps. Est-ce que vous constatez aussi qu'il y a de plus en plus de textes qui viennent légiférer pour détricoter des réformes récemment prises et qui, du coup, alimentent la surposition législative, l'incompréhension des travaux parlementaires ? Voilà.

49:13
Yaël Braun-Pivet

Alors, sur ce deuxième point, oui, évidemment, oui. En fait, on passe notre temps à faire, à défaire, à refaire, etc. Et ça, c'est facteur d'impuissance. Et là aussi, ça nourrit de la défiance vis-à-vis de nos concitoyens. Et donc, je trouve que ce n'est pas quelque chose qui est souhaitable. Les bonnes pratiques voudraient qu'on évalue des textes avant de revenir sur une législation. on ne le fait pas suffisamment souvent. On le fait. Moi, je me rappelle quand je présidais la commission des lois sur la réforme, notamment, je pense à la loi renseignement. On avait fait une très belle évaluation des lois renseignement précédentes avant de modifier et d'apporter des évolutions.

Ce qui nous avait permis d'atteindre un très large consensus parce qu'il y avait eu un travail parlementaire de fond. Et je pense que ça, c'est indispensable. Sur la loi simplification, en plus, c'est une loi un peu fourre-tout. Et je ne suis pas sûre que le Conseil constitutionnel valide l'ensemble du texte tel qu'il est aujourd'hui. Il y aura probablement de nombreuses censures de cavaliers législatifs avec des dispositions qui ne se raccrochaient pas au texte. Et donc, rappelons que ces censures de cavaliers législatifs ne touchent pas le fond. Il n'y a pas d'avis sur le fond, mais c'est simplement est-ce que nous avions le droit de légiférer en la matière ? Et là, ça sera un vrai sujet.

Et ça peut l'être, notamment, sur les ZFE. Sur l'application des lois, j'ai toujours mis un veillé à cela. Lorsque je précédais la commission des lois, j'avais une petite technique. Quand je recevais un ministre en audition, j'avais ma liste de textes de lois qui relevait de son champ de compétences, les décrets qui devaient être pris, pas pris. Et en fait, ma première question, quand il arrivait en commission des lois, c'était de lui dire, « Alors, monsieur le ministre, où en êtes-vous de tel ou tel ou tel décret ? » j'avais pris cette habitude-là avec les ministres. Éric Dupond, mon enretti, s'en souvient très bien. Et en fait, je trouve que c'est une exigence démocratique là aussi.

On ne peut pas voter des textes et voir des textes qui ne sont pas appliqués. Donc, on faisait ce suivi très strict. Et puis, évidemment, le temps passant, ça ressort de la pratique de chacun, etc. et j'ai entendu sur certains textes dire, mais en fait, où sont les décrets ? Et notamment sur la Duplon, on parlait de la Duplon. Et il y a, ou alors, où sont les décrets ? Mais les décrets sont pris de façon tellement restrictive qu'en fait, ils annihilent totalement la volonté du législateur, ce qui n'est pas satisfaisant non plus.

Et donc, j'en ai discuté avec les huit présidents de commissions permanentes et je leur ai dit, est-ce que vous êtes partant pour qu'on fasse un vrai travail d'application des lois structuré et qu'il soit vraiment exhaustif et qu'on le fasse ensemble ? Et ils ont tous dit oui, qu'ils avaient envie de le faire et donc, dans chaque commission, les présidents ont dressé la liste des textes qu'on a adoptés depuis 2022 et, alors, selon les commissions, ils sont parfaitement limbes, soit ils ont nommé des rapporteurs, soit ils ont décidé de faire un focus sur un texte en particulier, etc.

Et dans l'hémicycle, on aura le compte-rendu de ces travaux, l'interrogation du ministre en charge des relations avec le Parlement, voire d'autres ministres au fond, ils souhaitent venir répondre aux parlementaires et dans ce cadre-là, je sais que la commission des affaires économiques a pris la loi du plomb mais pas seulement comme thème de travail parce que, sur la loi du plomb, vous pouvez le voir sur le baromètre de l'application des lois que nous avons sur le site de l'Assemblée nationale, on a quasiment tous les décrets qui ne sont pas encore pris. Alors, je sais qu'il y a des délais mais il y a un moment où en fait, ça commence à bien faire.

Vous avez entendu hier dans l'hémicycle sur un tout autre sujet le trimestre de retraite des sapeurs-pompiers volontaires où ça fait trois ans qu'on attend le décret. Le gouvernement est censé les prendre dans les six mois. Et donc, il faut qu'il s'explique de ces retards endémiques pris sur l'application des lois. C'est un enjeu démocratique majeur. Majeur. C'est la volonté du législateur qui doit être respectée et c'est pour ça qu'on va organiser cette séance et vous pourrez, on va faire un rapport qui regroupera tous les travaux de toutes les commissions. Donc, un rapport de synthèse qui sera évidemment publié sur le site de l'Assemblée nationale auquel vous pourrez vous référer.

Et c'est moi qui présiderai la séance, bien sûr.

53:44
Invité

Bonjour, Camille Malpla de l'AFP. Merci de répondre à nos questions. Vous avez fait de l'ouverture de l'Assemblée à tous nos concitoyens l'une de vos priorités. Trouvez-vous aujourd'hui que l'Assemblée est un lieu qui représente le peuple dans toute sa diversité de genres ou d'origines ethniques, notamment ? Je pense par exemple à des critiques assez récurrentes au sujet de la statue Colbert ou de la salle Colbert qui a été l'un des institutions instigateurs du Code Noir et qui choque nombre de concitoyens. Qu'est-il fait aujourd'hui pour rendre plus représentatif ou plus inclusif cette Assemblée ?

54:20
Yaël Braun-Pivet

Alors, je pense qu'il y a deux sujets. Il y a un, le sujet de la représentativité des parlementaires eux-mêmes. Il faut qu'on ait des parlementaires qui représentent mieux la société, mieux les femmes. Accessoirement, on n'est aujourd'hui que 36% de parlementaires. Donc même si je préside l'Assemblée nationale, même si j'ai trois caisseurs femmes qui ont été élus, c'est insuffisant, on devrait être à 50%. Donc on a encore du chemin à faire sur cette représentativité des genres. Après, comme vous le savez, on a encore du chemin à faire sur la représentativité par socio-économique. En fait, on a encore peu d'ouvriers, même si l'Assemblée nationale s'est diversifiée.

Et on a aussi travaillé, et c'est les groupes politiques, puisqu'il faut présenter des candidats dans des circonscriptions éligibles. On a aussi beaucoup rajeuni l'Assemblée nationale avec beaucoup plus de jeunes élus, quels que soient les bords politiques. Et ça, je crois que c'est important. Après, il y a les espaces de l'Assemblée nationale. Faire davantage de place à nos outre-mer, à la diversité, de notre pays. Et aussi, ça fait moi des années que je dis mais c'est pas possible. Nous sommes à l'Assemblée nationale représentés sous forme d'allégories.

Nous, les femmes, nous sommes Marianne, nous sommes la tempérance, nous sommes l'histoire, nous sommes la renommée, nous sommes l'ordre public, nous sommes la liberté, nous sommes la justice. Formidable. Mais nous n'avons que Olympe de Gouche et Simone Veil dans nos jardins. Et quand je crée la petite galerie des bustes et que je demande à ce qu'on charge dans nos réserves, si nous avons des bustes de femmes, il n'y en a pas. Donc, nous avons mis une Marianne mais ça n'est pas satisfaisant.

Et donc, c'est pour ça que lorsque nous avons pu inaugurer un nouveau bâtiment, nous l'avons appelé Olympe de Gouche et j'ai demandé à nos services de regarder s'ils pouvaient procéder à des acquisitions de bustes de représentants des femmes. Concernant la diversité de nos Outre-mer, il y a une salle que j'ai dénommée Jean-Marie Thibault et Jacques Lafleur. Nous devons poursuivre en ce sens et j'ai été saisie de plusieurs demandes et notamment autour d'Aimé Césaire, etc.

et donc nous allons pouvoir regarder mais je partage après sur le fait de dénommer je suis moins à lente mais je suis plus sur une stratégie qui serait d'expliquer et donc de mettre des panneaux explicatifs, relatants, pourquoi, comment, etc. Mais je ne suis pas trop pour dénommer des salles.

57:18
Invité

Merci, Jeanne Kalimi, freelance, on a bien compris que votre priorité en tout cas pour le moment n'était pas 2027 mais 2026. Tout de même, vous êtes une des ténors du bloc central. Est-ce que vos préférences pour la présidentielle vont vers l'organisation d'une primaire ou pas ?

57:35
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, franchement, aujourd'hui, je n'ai pas de préférences. Je n'y ai pas pensé. Vraiment ? Oui, parce que ça ne m'intéresse pas. Ça ne m'intéresse pas dans le sens où je pense que c'est beaucoup trop tôt et je pense qu'à partir du moment où aujourd'hui on commencera à se dire il faut faire une primaire, il faut faire ci, il faut faire ça. En fait, plus personne va s'occuper de ce qui se passe maintenant. Donc je pense qu'il est urgent de laisser loin de nous ce débat. En tout cas, moi, je ne rentrerai pas dans ce débat, ni sur le candidat, ni sur la façon d'organiser.

Une chose est sûre, une chose est sûre, c'est qu'il faut que si jamais on part sur un exercice de primaire, il faut qu'il y ait une cohérence idéologique dans les participants de la primaire. On ne peut pas faire une primaire qui n'aurait pas de sens au point de vue des valeurs et au point de vue de la ligne politique. Ça, pour moi, c'est inconcevable. Bon, en tout cas, c'est ça ma boussole. C'est partage de valeurs et partage d'une réelle ligne politique. Et donc, vous comprenez bien que je ne partage pas les points de vue de certains qui pourraient aller jusqu'à reconquête pour l'organisation de primaire.

58:46
Invité

Nouvelle question. On a parlé du texte de LR sur le 1er mai. Il y a aussi un texte qui vise à interdire le port du voile pour les mineurs et un autre sur la présomption d'innocence des policiers. Que pense l'ancienne avocate et présidente de la commission des lois que vous êtes de ces deux textes ?

59:09
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, sur la présomption de légitime défense, moi, je suis plutôt réticente. Je pense qu'il ne faut pas inverser les choses et il ne faut pas inverser les principes du droit. Et donc, voilà. Après, sur le voile, comme vous le savez, moi, je suis vraiment très favorable au fait que nos enfants puissent grandir librement avec la capacité de se construire, de construire leur esprit critique et de se construire aussi pour les jeunes filles en tant que femmes, en tant que femmes libres dans la patrie des droits de l'homme où, justement, on parlait de l'âme de gouge où une femme qui peut monter à l'échafaud doit pouvoir monter à la tribune.

Et donc, je suis assez gênée par des fillettes qui seraient voilées. Vous le savez, je l'ai exprimée lorsqu'il y a eu du trouble dans les tribunes de l'Assemblée nationale puisqu'on avait des fillettes de moins de 10 ans qui étaient voilées. Donc, après, est-ce que le bon moyen pour exprimer cela, c'est de passer par la loi ? Pourquoi pas ? Ça ne me choque pas. Après, il faut s'assurer qu'on est bien dans les clous constitutionnels et là, il y a des débats. Mais en tout cas, dans notre pays, une enfant doit pouvoir se construire librement et donc une enfant ne doit pas être voilée.

1:00:31
Invité

Vous avez récemment poussé pour que des propositions de loi soient transmises au Conseil d'État pour les renforcer. Or, le dernier exercice en date qui était sur une proposition de loi sur les réseaux sociaux et l'utilisation des réseaux sociaux par les mineurs a donné lieu à un avis assez sévère du Conseil d'État et à une réécriture de fond en comble de cette proposition de loi avec cinq articles supprimés par son autrice. Est-ce que ce n'est pas la démonstration de toutes les limites de l'initiative parlementaire ou en tout cas de l'initiative parlementaire avec les moyens des députés actuels ?

1:01:10
Yaël Braun-Pivet

Alors justement, je pense que le Conseil d'État est là justement comme vous le savez il conseille toujours le gouvernement pour la prise de projets de loi et donc c'est normal qu'il puisse nous conseiller pour les propositions de loi. Moi j'y vois justement un renforcement de la qualité de la loi et donc un renforcement de l'initiative parlementaire puisque justement on ne peut pas venir nous dire ah oui mais votre texte il est mal écrit etc. vous savez on entend souvent le gouvernement ou on entendait souvent ça ne vole pas.

Mais en fait quand nous avons l'avis du Conseil d'État on peut être assuré que ça vole et je pense que c'est important justement c'est de nature à renforcer l'initiative parlementaire et les avis du Conseil d'État sont toujours très écoutés très scrutés et c'est vraiment heureux et donc on a décidé avec le vice-président du Conseil d'État de renforcer ces collaborations et donc il est vraiment à la disposition de l'Assemblée nationale pour ce faire.

Après ce qu'on voit c'est qu'on légifère bien lorsqu'on a mené des travaux d'évaluation lorsqu'on a mené des travaux de contrôle on voit que notamment sur les réseaux sociaux il y a eu une commission d'enquête sur TikTok qui a été réalisée avant et qui a permis de fonder cette proposition de loi. Tout à l'heure je parlais de la définition pénale du viol de la même façon il y avait eu des travaux préparatoires de la délégation droit des femmes puis saisines du Conseil d'État qui nous ont permis d'avancer d'avoir quelque chose d'extrêmement sécurisé juridiquement quand on touche à ces sujets-là c'est vraiment un impératif.

Donc moi je trouve que c'est très bien d'avoir ces saisines je les ferai et je peux en faire davantage.

Après ce qui est sûr c'est qu'on manque de capacité d'évaluation on manque de capacité de contrôle tous mes prédécesseurs l'ont dit on a besoin d'avoir davantage de capacité de contrôle on demandait à ce qu'un organisme comme France Stratégie nous soit rattaché donc c'est le haut commissariat au plan qui l'a absorbé on continue à le demander il faudrait que ce type d'organisme ce type d'expertise puisse être rattaché au Parlement dans son ensemble Assemblée nationale Sénat pour que les parlementaires puissent lorsqu'ils travaillent à l'élaboration de textes puissent lorsqu'ils contrôlent l'action du gouvernement ou quand ils rédigent des amendements etc avoir l'appui d'experts on n'en a pas suffisamment et ça c'est important il y va aussi de la puissance que pourraient avoir l'Assemblée nationale et le Sénat et je crois que c'est important et c'est à nouveau un enjeu démocratique donc vous voyez bien loin de l'anti-parlementarisme ambiant en fait moi je suis convaincue qu'il faut renforcer renforcer renforcer l'Assemblée nationale

1:03:45
Invité

Stanislas Noyer je suis journaliste indépendant vous avez évoqué l'expression des peuples par les parlements il y a un sujet qui est justement l'expression des peuples ou du peuple calédonien est-ce que vous pouvez nous faire un point sur les rencontres que vous avez eues récemment et

1:04:02
Yaël Braun-Pivet

oui tout à fait alors en Nouvelle-Calédonie comme vous le savez c'est un territoire avec des problématiques aujourd'hui extrêmement vives que ce soit économique que ce soit social que ce soit sanitaire et il a été décidé d'essayer de renouer le dialogue vous savez que j'avais été avec Gérard Larcher en Nouvelle-Calédonie en novembre il y a presque 18 mois maintenant et les partis se sont retrouvés pour aller donner des compléments à l'accord qui avait été signé à Bougival et j'ai continué à avoir des rencontres jusqu'à hier j'ai rencontré la délégation Unipalika hier après-midi à nouveau et j'avais organisé ici une réunion du groupe de contact puisque à l'Assemblée nationale les présidents de groupe ou leurs délégués se réunissent régulièrement sous ma présidence pour évoquer les sujets calédoniens et donc nous avons organisé avant-hier une rencontre entre le groupe de contact et les forces politiques calédoniennes celles-ci ont tout expliqué que en fait cet accord devait aller à son terme qu'elles avaient toutes fait un pas les unes vers les autres et que c'était un accord de compromis où chacun faisait un effort et que c'est surtout un accord qui permettait à la Nouvelle-Calédonie d'avoir un avenir et d'avoir un avenir avec un chemin commun alors il y a eu des questions sur le fait en fait il y a eu deux grandes questions d'une part c'était est-ce qu'on ne pourrait pas avancer simplement sur le volet économique et laisser l'institutionnel pour plus tard et là toutes les parties ont dit qu'à leurs yeux ça n'était pas possible qu'il y avait besoin d'avancer sur les deux volets parce qu'on ne pouvait pas dissocier l'économie de l'institutionnel et que quand on était investisseur aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie on avait besoin de construire quelque chose sur la confiance sur la confiance en l'avenir et que cette confiance en l'avenir elle était apportée par le volet institutionnel et qu'il n'était pas possible de disjoindre les deux et la deuxième chose c'était évidemment l'absence du FLNKS qui a été énormément évoquée et là vous avez probablement lu le communiqué du FLNKS hier je pense que déjà on ne peut que déplorer l'absence du FLNKS aux derniers entretiens d'Elysée ou d'Inno qu'il faut tout faire pour les ramener dans la discussion et que le temps est venu encore aujourd'hui de continuer à dialoguer moi j'avais reçu ici à deux reprises une délégation du FLNKS menée par Christian Théen il y a quelques semaines de cela donc il faut continuer à maintenir le dialogue pour autant pour autant toutes les parties indépendantistes et loyalistes nous ont dit on ne peut pas être l'otage d'une partie qui ne veut pas venir discuter nous on veut tous discuter et on doit pouvoir avancer on ne veut pas être l'otage de ceux qui ne veulent pas avancer et l'autre point mais qui va sans dire mais en fait ça vaut mieux le rappeler tous les canaks ne sont pas indépendantistes et tous les indépendantistes ne sont pas au FLNKS et il y avait à l'Elysée et à Oudino des indépendantistes l'Uni et le Palika qui étaient à la table des négociations et donc et qui faisait qui était membre fondateur du FLNKS et donc comme vous le savez c'est un sujet extrêmement complexe ce que l'on veut et c'est ce que va permettre cet accord je l'espère c'est de ramener de la paix de la sécurité de la sérénité et la stabilité à la Nouvelle Calédonie qui en a tant besoin qui en a tant besoin et donc c'est un pas j'espère que ce pas pourra être suivi d'adoptions parlementaires Sénat d'abord Assemblée Nationale puis d'un congrès qui pourrait se tenir au mois d'avril 2026

1:08:09
Invité

Rebonjour Thibaut Potsy de VTF1 Merci à nouveau vous avez évoqué la commission d'enquête sur TikTok et la proposition de loi qui en découle à ce stade sur les réseaux sociaux il y a trois textes qui sont en cours un projet de loi annoncé notamment par Emmanuel Macron et deux propositions de loi une du Sénat une de l'Assemblée Nationale lequel de ces trois textes trouve grâce à vos yeux auquel vous donnez le point et selon vous lequel est finalement celui qui est le mieux écrit et qui devrait aller au bout de la procédure

1:08:37
Yaël Braun-Pivet

En fait moi je suis présidente de l'Assemblée Nationale je vais donner le point à la proposition de loi qui émane de l'Assemblée Nationale et qui émane des travaux de l'Assemblée Nationale et puis c'est celle qui est inscrite donc il faut aller vite il faut être pragmatique comme vous le savez on a déjà légiféré en la matière et aujourd'hui on a réussi avec cette commission d'enquête et puis avec l'évolution de la commission européenne aussi sur ce point à trouver un large consensus donc il faut avancer on a une proposition de loi elle est prête elle a reçu l'avis du Conseil d'État ce qui nous permet de la solidifier juridiquement donc allons-y sur cette proposition de loi mais avançons parce que c'est nos enfants dont il s'agit il faut que nous les protégions et vous savez je fais beaucoup de déplacements sur le terrain j'ai notamment été à plusieurs reprises visiter des unités de soins psychiatriques pour adolescents et les médecins m'ont toujours toujours évoqué la dangerosité et l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale de nos jeunes donc il faut absolument que nous remplissions notre devoir de les protéger

1:09:38
Invité

Bonjour Madame la Présidente Mathieu Desmoulins pour TF1LC merci de répondre à nos questions et à mon tour de vous adresser mes meilleurs voeux pour revenir sur le contexte politique vous avez observé comme nous que ces derniers mois l'ambiance n'est pas vraiment à coller le Président de la République mais plutôt à s'en démarquer Edouard Philippe Gabriel Attal je ne citerai pas tous les noms question très simple est-ce que vous vous considérez encore comme macroniste

1:10:02
Yaël Braun-Pivet

moi vous le savez je suis une marcheuse dans la main moi je me suis mise en marche en 2016 quand Emmanuel Macron crée En Marche je suis une citoyenne je suis bénévole au Resto du Coeur je suis mère de famille mais je me dis voilà voilà le projet politique auquel j'aspire de progressisme de pragmatisme de modernité d'appel à la société civile de libération des énergies en même temps de protection etc et ce projet me parle et je m'engage je m'engage en tant que marcheuse et je crois que je suis aujourd'hui encore une marcheuse c'est-à-dire j'essaye d'avancer j'essaye de proposer et toujours avec cet esprit de modernité de pragmatisme de réalisme mais tout en étant fidèle aux valeurs qui sont les miennes et qui m'ont fait m'engager maintenant comme vous le savez je ne suis pas toujours d'accord avec le président de la République et c'est heureux je suis présidente de l'Assemblée nationale et donc nous avons des désaccords notamment évidemment et je les ai exprimés sur la dissolution et bien sur d'autres sujets pour autant je sais que s'il n'avait pas été là je ne serais pas devant vous aujourd'hui c'est aussi simple que cela je ne faisais pas de politique je suis rentrée en politique parce que j'ai cru en son projet et parce qu'il a fait de la place à la société civile et ça je peux vous dire que j'y crois toujours profondément faire de la place à la société civile demander à ce que chacun se sente concerné par l'avenir de son pays ne soit pas spectateur mais acteur et donc s'engage que ce soit dans le monde associatif ou que ce soit dans le monde politique je fais partie de ces citoyens qui se sont engagés en politique ça fait 8 ans maintenant je ne le regrette pas parce que j'ai l'impression de servir mon pays et c'est grâce à lui et donc cela je lui en serai éternellement reconnaissante

1:12:00
Invité

plus de questions ?

1:12:07
Locuteur

si

1:12:07
Invité

une petite dernière bonjour Marie Chantret pour BFM TV vous avez évoqué vos désaccords avec le président sur la dissolution est-ce que la perspective d'une éventuelle prochaine dissolution parce qu'elle a été remise sur la table par le Premier ministre fait frémir la présidente de l'Assemblée nationale que vous êtes ? pour moi ce n'est pas une perspective

1:12:27
Yaël Braun-Pivet

étant donné tout ce que je vous ai dit c'est que je suis à la tête mais comme en 2024 d'une Assemblée nationale qui fonctionne et qui remplit sa mission ses missions constitutionnelles donc pour moi il n'y a à ce jour aucune raison de mettre un terme à cette Assemblée nationale qui est l'Assemblée nationale la plus représentative et la plus légitime que nous n'ayons jamais eu dans notre pays la plus représentative puisqu'elle représente toutes les orientations politiques de nos compatriotes et la plus légitime parce que jamais nos compatriotes n'avaient été aussi massivement aux urnes pour élire cette Assemblée-là et c'est pour ça que moi ma mission première qui est de la faire fonctionner je la prends tellement à cœur parce que la faire fonctionner c'est juste respecter la volonté des Français qu'ils ont exprimé dans les urnes il y a 18 mois de cela et c'est cela ma mission et ça devrait être cela qui préoccupe chacun quand on fait de la politique il faut essayer de remplir au mieux le mandat qu'on nous a confié je vous remercie merci beaucoup allez dernière question

1:13:36
Invité

je vous remercie d'avouer notamment les moqueries de la part de Donald Trump sur le président Macron et comment ressentez-vous cette que pensez-vous de cet accord ce projet d'accord avec l'OTAN et sur les droits de douane qui devait intervenir au 1er février quelle est votre puisque vous vous intéressez aussi à l'international est-ce que vous pouvez nous expliquer cela

1:14:09
Yaël Braun-Pivet

assez brièvement mais je pense que ce que l'on voit c'est qu'on voit beaucoup de soubresauts c'est-à-dire qu'il y a des évolutions quasiment quotidiennes des positions de nos amis américains et donc nous devons y faire face en ayant je crois deux boussoles la boussole du pragmatisme mais la boussole aussi de nos valeurs nous ne pouvons pas accepter tout et n'importe quoi et nous devons dans les positions qui sont prises par la France et par l'Union européenne avoir ces deux points à l'esprit là ce que l'on voit c'est que la réaction des Européens et la réaction aussi je crois moi profondément au peuple le peuple américain était très hostile à une intervention et à une escalade pour le Groenland et je pense que la réponse coordonnée de l'Union européenne très puissante et l'expression du peuple américain qui venait dire nous ne voulons pas de ça et puis les propositions très pragmatiques puisqu'il faut être pragmatique les propositions faites par l'OTAN faites par le Danemark qui pourrait amener à cette désescalade sont heureuses il faut trouver des solutions on peut comprendre les inquiétudes qui pèsent sur la sécurité du monde avec des menaces qui peuvent être grandissantes chez certains donc il faut s'en prémunir il faut s'en prémunir tout en étant attaché à nos règles qui sont celles de libre disposition des peuples celles d'inviolabilité des frontières etc.

tout en étant réaliste et en continuant toujours toujours à se parler à dialoguer et à se mettre toujours autour de la table et c'est je crois ce qui s'est passé hier à Davos et c'est ça aussi qu'il faut retenir mais il faut être ferme il faut être fort et puissant et surtout ne jamais transiger sur ce que nous sommes merci voilà pour les voeux à la presse de la présidente de l'Assemblée nationale Yael Brunpivet elle est événement revenue sur la séquence budgétaire elle a appelé à changer les règles d'examen des lois de finances elle a aussi appelé à ce que l'année 2026 soit une année utile avec des textes sur la fin de vie sur la décentralisation sur les Outre-mer enfin interrogée sur ses éventuelles ambitions pour 2027 elle préfère se concentrer

1:16:38
Présentateur

sur l'année en cours 2026 voilà donc pour cette cérémonie des voeux à la presse de Yael Brunpivet nous étions très heureux de la suivre avec vous

1:16:47
Yaël Braun-Pivet

vous pouvez retrouver les meilleurs moments sur nos réseaux sociaux et puis rester connecté justement à notre site et à nos réseaux sociaux toute la journée très belle après-midi très belle journée à tous sur les chaînes parlementaires évidemment