Législatives anticipées : "C'est une menace voilée destinée aux Républicains et aux socialistes", réagit Thierry Mariani
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Info.
Bonjour. Et merci d'être avec nous sur France Info. On va parler d'international, avec vous le Venezuela, Donald Trump bien sûr. On va parler aussi des municipales. Mais avant cela, la menace de la dissolution, tiens, fait son retour. Sébastien Lecornu, on l'a appris hier soir, a demandé au ministre de l'Intérieur de se préparer à organiser de possibles élections législatives au même moment que les élections municipales. C'est donc mi-mars. Est-ce qu'à vos yeux, c'est une forme de chantage pour espérer éviter la censure ?
D'abord, le Rassemblement national est cohérente. Que ce soit Marine Le Pen, Jordan Bardella ou tous nos députés, nous réclamons une dissolution. Il n'y a plus de majorité en France. On n'a toujours pas de budget. On ne sait pas exactement où on va. Donc, une dissolution, rendre la parole aux Français, ce serait la moindre des choses. Après, effectivement, je pense que vous avez bien compris que juste à la veille de l'adoption possible ou le refus possible d'un budget, faire cette annoncée qu'on peut faire des législatives en même temps que les municipales, c'est une menace voilée. C'est attention. Et cette menace, elle est destinée à qui ?
Elle est destinée, en réalité, à cette fausse opposition qui permet au gouvernement de rester en place, les Républicains et les Socialistes.
Ça vous semble une bonne idée, y compris d'organiser un scrutin le même jour que les municipales ?
La bonne idée, c'est d'avoir très vite une majorité en France. Donc, si c'est le même jour que les municipales, pourquoi pas ? Je sais qu'on m'explique qu'il va y avoir un problème d'urne. Enfin voilà, on m'explique qu'on a une grande puissance mondiale si on n'est pas capable de fabriquer... Personne n'a parlé de ça ? Si, certains techniciens disent que les mairies, et c'est vrai, auraient des problèmes pour trouver des urnes. Mais c'est un problème mineur, voilà, tout à fait. C'est ce que je veux dire. Non, c'est une bonne idée de retourner devant les électeurs. Voilà. Il n'y a pas de majorité, c'est le principe de nos institutions ?
Alors, l'ERN a déposé une motion de censure, LFI également, à la suite du vote sur le Mercosur, l'accord avec le Mercosur, les pays du Mercosur, parce que Emmanuel Macron, bon, a voté contre, mais l'Union Européenne, finalement, a donné son accord. Sauf qu'Emmanuel Macron a donc voté contre, comme je le disais. Vous êtes contre aussi. On a du mal à comprendre pourquoi vous voulez donc censurer le gouvernement qui a finalement voté ce que vous auriez voté, vous aussi.
Parce que ce gouvernement est responsable de la procédure dans laquelle ce traité a été adopté. Si vous me donnez une minute. Une minute. Les traités politiques, ce qu'on appelle au Parlement européen, doivent être adoptés à l'unanimité. Donc, tous les pays. De tous les pays. Les traités commerciaux doivent être adoptés à une majorité de quatre États représentant 35%. Pour les bloquer, il faut quatre États représentant 35%.
Une minorité de blocage que cherchait la France.
Voilà. Or, qu'est-ce qui s'est passé ? Le Mercosur, qui était négocié depuis 20 ans, je crois, était un traité politique. Le 3 septembre 2025. Retenez bien cette date. Le 3 septembre 2025, la Commission européenne propose que ce traité, qui était un traité politique, avec un volet politique et un volet commercial, devienne deux accords. Un accord politique, un accord commercial. À partir de ce moment-là, les carottes sont cuites. Vous ne pouvez pas nier le fait qu'Emmanuel Macron et chercher... De ce moment-là, la majorité qualifiée suffisait. Et M. Macron le savait.
M. Mariani, vous ne pouvez pas nier que le président de la République a cherché à modifier cet accord... Non, il a joué un double jeu. Il a joué un double jeu. Il a joué des alliés, à le modifier en faveur des intérêts français, notamment des agriculteurs.
Leur, en même temps, fait qu'il a joué un double jeu. Et je répète, il prend vraiment les agriculteurs pour des naïfs. Je répète, le 3 septembre 2025, qu'il suffisait de rester à la règle de l'unanimité.
Mais est-ce que vous aussi, vous êtes bien sérieux avec les agriculteurs ? Je pense quand même à l'Italie, qui est dirigée par Giorgia Meloni. Alors, ce n'est pas directement vos alliés, mais vous en êtes quand même proches, qui avait fait mine de peut-être soutenir un petit peu la France, puis finalement, s'est rangée du côté de la Commission européenne et a voté en faveur de l'accord. Giorgia Meloni, ce n'est pas éloigné de vos positions quand même.
Giorgia Meloni, elle soutient les positions italiennes. Point final. À un moment donné, ça sert à ça
d'avoir des alliés aussi, quelquefois.
Oui, mais enfin, comme vous l'avez dit vous-même, on n'est pas dans la même partie politique. On a des points rapprochés. Mais Mme Meloni défend avant tout, quand vous regardez son action depuis deux ans, globalement, les positions de l'Union européenne. Voilà, elle a défendu à un moment les positions des agriculteurs italiens. Je pense qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait. Elle a changé d'opinion. Si la position, si la survie des agriculteurs français dépend de la première ministre italienne, on est tombé bien bas. Non, la minorité de blocage, on dépend. Oui, mais d'accord. Mais il suffisait, il suffisait, en septembre 2025, que la France n'accepte pas la transformation de cet accord.
Thierry Mariani, on voulait également vous parler du Venezuela, des États-Unis. Vous dites qu'en tant que souverainiste, l'intervention américaine au Venezuela vous dérange ?
Absolument, absolument. Je veux dire, attendez, comme l'a dit Marine Le Pen, il y avait mille raisons de condamner le régime de Maduro. On n'a aucune sympathie pour ce régime, comme on n'a aucune sympathie pour de nombreux autres régimes. L'actualité, malheureusement, nous en fournit des exemples dramatiques en ce moment. Mais de là à faire des opérations d'intervention sur un État, sur un chef d'État, etc., on ne peut que le désavouer. On doit respecter la souveraineté des États. Or là, c'est un coup de force des États-Unis et on ne peut pas... Je suis désolé Thierry Mariani,
je reviens encore à vos alliés, alors cette fois pas en Italie, mais en France. Éric Ciotti lui dit soulagement pour le Venezuela. C'est pourtant votre allié. Soulagement, mais je peux dire soulagement pour le Venezuela. Il se félicite quand même de cette intervention. Il ne dit pas, il n'y a pas de problème.
Moi j'aurais préféré, et on est d'accord avec Éric Ciotti, il n'y a pas de problème, soulagement pour le Venezuela, d'avoir un... Peut-être, c'est un peu tôt pour le dire, peut-être un nouveau gouvernement et une nouvelle politique. Il dit que l'intervention américaine est une bonne chose, c'est différent. Nous on condamne très clairement cette intervention. Je veux dire, on n'est plus à l'étape, on n'est plus à la période du Far West où on peut jouer Pirate des Caraïbes quand on est président des États-Unis. Non, c'est des procédés totalement contraires aux droits internationaux.
J'entends votre attachement au souverainisme, au droit international, mais on peut avoir le sentiment qu'il y a la géométrie variable. En juin dernier, quand il s'agissait de l'Iran dont les sites militaires ont été attaqués par Israël, Marine Le Pen a salué ces frappes préventives. Il y a de bonnes et de mauvaises ingérences étrangères ?
Il y a une différence entre empêcher la mise en place d'une force nucléaire dans un pays et changer le gouvernement par la force. Un pays n'est pas souverain ? Comment ? Un pays n'est donc pas souverain ? Oui, un pays est souverain. Chaque pays est souverain, mais par exemple, empêcher la prolifération nucléaire, pour moi, c'est une bonne chose.
Donald Trump répondrait que lutter contre le trafic de drogue au niveau américain, c'est une bonne chose également.
En 2002, c'était aussi lutter contre les armes
et comment vous positionnez votre souverainisme au niveau mondial ?
Le souverainisme, chaque État doit choisir et mettre son destin. Mais chacun plus que d'autres ? Ou d'autres moins que d'autres ? Non, au contraire, chacun est maître de son destin. Il n'y a pas d'avoir de règle où aujourd'hui, l'État le plus fort sur la planète peut changer tel ou tel dirigeant. Quant au prétexte de la drogue, soyons sérieux, ça me rappelle un peu le prétexte des armes de destruction massive en Irak. J'attends le procès parce que la justice américaine, des fois, nous surprend. J'attends le procès pour voir comment ça va se passer. Je ne suis pas persuadé que ce soit une partie de plaisir pour M. Trump.
Vous dites qu'un gouvernement étranger ne peut pas changer un autre gouvernement. Est-ce qu'il peut changer la souveraineté d'un État ? Je pense évidemment au Groenland. Si Donald Trump... Non, non, non,
bien sûr que non, bien sûr que non, voilà. Non mais attendez, je n'ai jamais été et le Rassemblement National n'a jamais été un adorateur de M. Trump. Ça dépend qui ? Je vous rappelle... Certains étaient à son investiture quand même. Oui, mais ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella. Louis Alliot. Louis Alliot, vice-président du... D'accord, ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella. Je vous rappelle qu'il y a un parti, par exemple, Reconquête, qui avait envoyé et M. Zemmour et Mme Knafow pour être aux premières loges pour applaudir M. Trump. Vous savez, un parti qui dit... Pardon, un pays qui dit... Il y a un président qui dit « America first ». C'est son droit.
Ça veut dire surtout que les autres passent après. Ça veut dire surtout que les autres sont piétinés. Mais juste sur le Groenland,
Thierry Mariani, si le président Trump s'en prend au Groenland, est-ce que nous, on doit aller entre guillemets se battre pour le Groenland ou est-ce qu'on dit bon, à un moment donné, on ne peut pas non plus faire la guerre aux Etats-Unis ? On ne peut pas faire grand-chose.
On ne peut pas accepter qu'un État, quel qu'il soit, prenne le Groenland par la force. Ça, c'est un peu incontatoire. On n'accepte pas, personne n'accepte. Vous êtes assez sérieux pour savoir très bien qu'on n'ira pas se battre contre les Etats-Unis. J'ai vu certains éditorialistes de télé concurrentes expliquer qu'il faut aller envoyer des droits pour qu'elles se battent. Donc, on les laissera faire à la fin. Non, mais attendez, il faut que l'Union... Pourquoi aujourd'hui on est dans cette situation ? Parce que l'Union européenne, depuis l'arrivée de Trump, se laisse piétiner. Piétiner.
On l'a vu avec les droits de douane où Mme von der Leyen est allé poser le genou à terre et accepter tous les droits de douane que nous imposait M. Trump sans la moindre réponse. Voilà, il y a un moment aussi où l'Union européenne, qui est, je le rappelle, un marché commercial plus grand que les Etats-Unis, doit montrer qu'elle existe. Après, on est en train de se mettre complètement pied et poing lié dans les mains des Américains. Aujourd'hui, notre défense, en réalité, dépend toujours en partie des Etats-Unis. On prie tous les jours qu'ils ne nous abandonnent pas, qu'ils n'abandonnent pas l'Europe sur la question ukrainienne. Notre gaz, désormais, il ne dépend plus des Russes.
On va parler plus longuement
de l'Union européenne. Juste pour rester sur Donald Trump un instant, on a l'impression qu'à la fois, il vous fascine parfois, parfois vous entendrez, et en même temps, vous cherchez à vous en distancer. Excusez-moi, mais cet été, le site Politico a raconté, il y a quelques mois, que les diplomates américains de Donald Trump étaient venus rencontrer des cadres du Rassemblement national et selon Politico, c'était pour proposer au Rassemblement national de l'argent. Qu'est-ce qu'il en est ?
Écoutez, ça a été démenti formellement. Voilà.
Alors, cette rencontre a été confirmée au journal Le Monde par le département d'État américain lui-même.
Moi, écoutez, j'ai essayé de voir qui avait rencontré, paraît-il, ces gens. À ma connaissance, personne ne les a rencontrés. Après, vous êtes journaliste. On peut imaginer
que si l'administration américaine confirme aux journalistes français qu'il y a eu une rencontre, c'est qu'elle a existé.
Moi, je fais plus confiance dans les responsables du RN que dans l'administration américaine. L'administration américaine, c'est des champions pour nous manipuler, pour vous manipuler. Et puis, je comprends un peu votre position. Je le dis avec un sourire parce que j'aime bien les journalistes. Votre rêve, c'est de nous coller l'étiquette Trump. Voilà. Comme à un moment, on nous a collé une étiquette Russie pendant les présidentielles. Non, je suis désolé. Nous ne sommes pas les adorateurs de M. Trump parce que tout simplement, nous respectons les États-Unis. Moi, je n'en veux pas du tout aux États-Unis d'être fort. J'en veux à l'Europe d'être faible.
On nous a expliqué qu'à 27, on serait plus fort qu'on allait pouvoir résister, etc. C'est l'inverse. Voilà. Et donc, aujourd'hui, notre salut, nous devons le trouver avant tout en France.
Thierry Mariani, vous restez avec nous. On se retrouve juste après l'info en une minute. Il est 9h moins le quart. Et voici Diane Ferchit.
L'exécutif se prépare à une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale en cas de censure du gouvernement des législatives anticipées qui pourraient se tenir en mars aux dates des municipales. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, demande en tout cas au ministre de l'Intérieur d'en préparer l'organisation. Les syndicats des médecins libéraux rejettent la proposition de la ministre de la Santé. Elle leur avait proposé de les rencontrer. Aujourd'hui, en marge de la manifestation prévue à Paris pour l'intersyndical, ce rendez-vous ne semble pas de nature à modifier le cours des lois votées ou en attente de vote. Il dénonce une dérive autoritaire du système de santé.
L'enquête sur la mort de 40 personnes la nuit du Nouvel An à Grand-Montana en Suisse et le gérant du bar est incarcéré. Jacques Moretti a entendu une nouvelle fois hier présente un risque de fuite élevé de par ses liens avec la Corse. Selon la justice suisse, sa femme, elle, reste libre. 95 600 foyers sont encore sans électricité ce matin, principalement en Normandie après le passage de la tempête Goretti. Six départements sont en vigilance orange mais pour neige et verglas des Vosges au Jura.
France Info
Le 8.30 France Info Adrien Bec Camille Vigon-Lecouat
Et nous sommes toujours avec Thierry Mariani eurodéputé du Rassemblement National. On voulait vous faire réagir à des propos de Steve Bannon l'ancien conseiller de Donald Trump. Il a confié un entretien à nos confrères de France 2 dans lequel il a dit beaucoup de bien de Marine Le Pen dont il souhaite la victoire. Il a aussi dit ceci. Enfin,
le dernier élément qui va vraiment tuer l'Union Européenne ce sera l'élection de Marine Le Pen et du Rassemblement National. Parce que vous savez, l'Europe propose seulement sur l'Allemagne et la France. Et en ce moment même, ces deux pays traversent une crise économique. C'est pour ça que je pense que Marine Le Pen va intervenir quand elle sera élue en 2027. Elle va renverser les choses.
Thierry Mariani, ce qui va vraiment tuer l'Union Européenne, ce sera l'élection de Marine Le Pen. C'est le vœu de Steve Bannon. Comment vous réagissez à ces propos ?
Écoutez, c'est les vœux de l'Américain. Je vous rappelle que Jordan Bardella a quitté une manifestation aux Etats-Unis parce que, si ma mémoire est bonne, c'était M. Steve Bannon qui faisait un bras tendu qui ne s'apparentait plus à un salut nazi qu'à autre chose. Donc voilà, je laisse ce personnage. Est-ce que l'arrivée de Marine Le Pen... Il n'est pas crédible, Steve Bannon ? C'est un personnage américain qui a aidé Trump dans son premier mandat qui aujourd'hui est même un peu rejeté par Trump.
Il vous a aussi aidé, a structuré...
Il ne nous a pas aidé. Il est venu une fois à une conférence du Rassemblement National. Il a participé à des réunions également. Oui, il a participé, d'accord. Mais décidément, vous voulez absolument qu'on soit...
Ah non, mais c'est factuel. C'est factuel. Il a participé à des réunions sur le financement du Front National à l'époque. Attendez, oui, d'accord.
Vous savez, je pense qu'on est le parti le plus surveillé de France. Voilà, s'il nous avait filé un copec ou un dollar, on le saurait.
Ces réunions ont été filmées d'ailleurs.
À présent, il n'y a rien eu. Non, est-ce que l'arrivée... Il pose une vraie question. Est-ce que l'arrivée de Marine Le Pen va changer quelque chose en Europe si Marine Le Pen ou Jordan Bardella sont élus ? La réponse est oui. Notre but, c'est pas de faire... Comme Georgia Meloni à l'époque ? Oui, mais regardez...
Qui n'a pas changé grand-chose finalement.
Non, vous avez raison. Mais Georgia Meloni est aussi, je vous rappelle, pied et poilillé Il dit tuer l'Union Européenne.
Il ne dit pas changer.
Oui, je sais. Mais moi, je pense qu'on ne veut pas tuer l'Union Européenne. C'est là où on n'est pas d'accord. On veut que l'Union Européenne revienne à ses fondamentaux. C'est-à-dire qu'elle arrête de s'occuper de tout. Aujourd'hui, si on regarde l'action de l'Union Européenne ces deux derniers mois, c'est sauver l'Ukraine, sauver le Groenland. On oublie, on ne s'occupe pas de l'immigration. On ne s'occupe pas de notre économie qui se casse la gueule.
Notamment en décembre, c'était il n'y a pas longtemps, les députés ont voté un plan qui prévoit la suppression progressive des importations de gaz naturel russe à partir de 2026 pour s'en passer et aussi de pétrole pour 2027. Alors, l'accord a été voté à une très large majorité, mais pas par la délégation RN qui a voté contre. Pourquoi ? Est-ce que c'est le signe d'un tropisme pro-russe qui continue ?
Non, c'est signe qu'on fait attention aux intérêts de la France. Aujourd'hui, on dépend pour notre gaz de qui ? En partie des Etats-Unis, en partie du Qatar qui est une grande démocratie. Que disait cette délibération ? Je vous invite à la lire complètement.
Alors, je savais que vous alliez me poser la question
donc je l'ai lue. Et alors, elle dit quoi ?
Elle dit qu'on a intérêt pour notre indépendance, notre souveraineté, pour ne pas donner, comme aujourd'hui, 7,2 milliards d'euros au Kremlin en payant notamment ce gaz liquéfié à se passer des importations de gaz russe. Et elle dit que
même quand la paix sera signée, on ne devra plus jamais acheter de gaz russe. C'est ça qui est complètement fou. C'est comme si on avait dit pendant la guerre qu'on va signer un traité de paix quand on aura gagné avec l'Allemagne et après on les ignore complètement, on ne veut plus les voir. Or, ce qu'on dit tout simplement que oui, pour le moment, il y a des sanctions qui sont votées. Le groupe, dans sa majorité, les vote.
Que vous ne votez pas, vous ?
Je suis peut-être une exception. Il faut de temps en temps des exceptions pour confirmer la règle. La règle, c'est le Rassemblement national a voté en grande partie ses sanctions. Mais pas vous. Mais aujourd'hui, dire que pour l'éternité, on n'achètera plus de gaz russe, c'est suicidaire. Si aujourd'hui, les Français payent leur énergie aussi chère, c'est parce que depuis le début de ces conflits, en réalité, on s'est privé d'une énergie propre, proche et pas chère. Il faut arrêter. Peut-être en ce moment, ok, mais une fois que la paix sera rétablie, on ne change pas nos voisins. Et notre voisin de l'Union européenne, ça restera toujours la Russie.
Si on se prive des matières premières pas chères qu'il y a en Russie, on est complètement suicidaire.
Alors Thierry Mariani, je voulais aussi vous entendre, et vous allez encore dire que je parle des États-Unis, mais du fait que certains alors que Marine Le Pen sera jugée en appel à partir de mardi sur la question des emplois présumés fictifs au Parlement européen, certains soutiennent aux États-Unis des sanctions contre les juges de Marine Le Pen. Des sanctions, donc interdiction de visa, interdiction d'utiliser certains services américains. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Ceci est complètement aberrant. On ne veut pas de sanctions contre des juges. On veut que les juges rendent de la justice. Point final. Voilà, il y a un procès à Nappel, c'est un autre procès. On a décidé de faire confiance à la justice. Marine Le Pen s'y présentera avec ses arguments. J'ai trouvé d'ailleurs que les propos du procureur général qui mettait l'accent sur cette rumeur, c'est une rumeur, parce que ça a été pris, si ma mémoire est bonne, que dans un seul magazine allemand et au conditionnel. Steve Bannon notamment a dit qu'il était 100% favorable à des sanctions contre les juges. Steve Bannon, il n'écrit pas la vie de tous les jours.
Il y a un juge français, membre de la Cour pénale internationale, qui est sous sanction américaine.
Oui, d'accord. Mais écoutez, on n'attend pas notre salut des Américains, on attend le salut de la France, des Français. Et nous, on compte, on est encore peut-être naïfs, on pense que la justice en France, la rend équitablement. On ne veut aucune sanction sur les juges. Vous savez, par moment, on est plus ennuyé par ses propres pseudo-amis que par ses adversaires. Je pense que M. Trump, en réalité, et certains de ses amis, rendent beaucoup de services, peut-être sans le vouloir, à ceux qui ne veulent absolument pas que Marine Le Pen ou Jordan Bardella gagnent les élections. La justice française doit décider sereinement, mais ne doit pas dramatiser aussi cette rumeur au conditionnel.
Point final, j'ai trouvé d'ailleurs que les propos du procureur général étaient inutilement alarmistes.
Très rapidement, vous êtes candidat à Paris, au municipal, vous avez lancé votre campagne. Au Rassemblement national, on raconte que si vous êtes candidat, c'était une condition émise par Jordan Bardella pour que vous gardiez votre place sur la liste aux européennes. D'où ma question, est-ce que vous en avez vraiment envie de cette campagne ?
Oui, j'en ai envie. La preuve, ça fait depuis trois semaines que je sillonne les arrondissements. Je vais vous quitter pour aller distribuer des tracts avec mes militants dans le 15e arrondissement. Je vous rassure, je n'ai plus passé l'âge où on me force à être candidat. C'était pour moi. J'ai été élu pendant 20 ans dans le Vaucluse. Mais j'habite Paris depuis aussi 1978 comme beaucoup de provinciaux. Je suis candidat parce qu'à Paris, on a une opportunité extraordinaire si on n'est pas divisé. Moi, j'ai fait l'union avec les partis de M. Ciotti et les représentants du parti de la Maréchal étaient à notre dernier réunion. Ce n'est pas très bien parti.
Sarah Knafot qui a annoncé sa candidature cette semaine. Oui, mais écoutez, je veux dire, c'est une candidature pour moi valable mais une fois de plus, c'est un peu comme au présidentiel. C'est la candidature de M. Zemmour afin d'empêcher Mme Le Pen d'être présente au second tour. Merci beaucoup Thierry Mariani, député européen
Rassemblement National. Merci Camille Vigogne. Le quad du Nouvelle Obs. Restez sur France Info.
Marine Le Pen