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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 5 novembre 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Reprise économique, temps de travail, égalité salariale... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Martinez

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on doit à vos yeux, Philippe Martinez, prendre aujourd'hui en France des mesures d'urgence dans les entreprises, dans les transports ?

  • 1:01OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il faut faire Philippe Martinez ? Il faut vacciner tout le monde ? Il faut passer la troisième dose ? Est-ce qu'il faut accélérer ?

  • 1:07RelanceÉludée

    Vous n'êtes pas médecin ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut verser le RSA ?

  • 2:46RelanceRéponse directe

    Mais vous estimez qu'il n'y a pas assez de débats parlementaires autour de cette question de pass sanitaire et d'état d'urgence ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Du coup, 200 salariés italiens des usines Fiat Alfa Romeo arrivent sur le site Stellantis de Vesoul, qui est un centre mondial de pièces de rechange. C'était censé être une bonne nouvelle. La CGT, je crois, il voit du chantage à l'emploi.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est vrai qu'il y a une vague qui remonte, ça touche aussi des gens qui sont vaccinés. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « Donc évidemment il faut continuer la vaccination, il faut continuer les gestes barrières. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Je crois qu'il y a besoin d'une troisième dose pour certains. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « C'est qu'il y a des gens qui pour diverses raisons ne sont pas vaccinés et qui n'ont plus aucun revenu. »
  • 1:47Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire qu'ils sont suspendus, ils n'ont droit à rien. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Oui, c'est une situation absolument lubiesque. »
  • 4:02Invité politiquePromesse
    « Nous, nous avons proposé au ministre de l'Économie d'avoir tout de suite une réflexion sur comment on produit des semi-conducteurs en France, en Europe. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « Si, il est reparti, comme avant. »
  • 6:05Invité politiqueFait
    « On bat des records tous les jours. »
  • 6:36Invité politiqueFait
    « Le SMIC a augmenté et on a interpellé le gouvernement. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « Le SMIC augmente, mais les minimas de branche n'augmentent pas automatiquement. »
  • 9:11Invité politiqueFait
    « La première chose, c'est qu'enfin tout le monde reconnaît qu'on est un pays à bas salaire. »
  • 9:36Invité politiquePromesse
    « Il faut que le gouvernement agisse tout de suite pour que, même si le SMIC a augmenté très peu au 1er octobre, il faut une loi qui impose que dans les branches, les minimas soient automatiquement augmentés quand le SMIC augmente. »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « C'est un marché de dupe. »
  • 10:57Invité politiqueFait
    « Et vous savez que les principaux gagnants de ces allégements, c'est en partie les employeurs et les grandes entreprises. »

Temps de parole

  • Invité politique65 %
  • Invité13 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 29 %

6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bienvenue et bonjour Philippe Martinez. Bonjour. Commençons si vous le voulez bien par évoquer la crise sanitaire parce que l'Europe devient le nouvel épicentre de la pandémie. La vague de contamination qui touche l'Europe centrale et de l'Est est en train d'arriver en Europe de l'Ouest, nous disait l'épidémiologiste Antoine Flau hier. Le Covid flambe en Allemagne, on assiste à une épidémie des non-vaccinés finalement. Est-ce qu'on doit à vos yeux, Philippe Martinez, prendre aujourd'hui en France des mesures d'urgence dans les entreprises, dans les transports ?

0:32
Invité politique

Je pense que c'est vrai qu'il y a une vague qui remonte, ça touche aussi des gens qui sont vaccinés. J'ai entendu qu'un hôpital était touché dans le sud de la France me semble-t-il. Donc évidemment il faut continuer la vaccination, il faut continuer les gestes barrières. Je pense que les scientifiques ont leur mot à dire, les médecins ont leur mot à dire sur le sujet.

0:53
Invité

Vous évoquez en fait l'hôpital Saint-André à Bordeaux, il y a 15 soignants, il y a 9 patients testés positifs, ils étaient tous vaccinés. Qu'est-ce qu'il faut faire Philippe Martinez ? Il faut vacciner tout le monde ? Il faut passer la troisième dose ? Est-ce qu'il faut accélérer ?

1:07
Invité politique

Vous n'êtes pas médecin ? Je n'en sais rien. Ce que je constate c'est qu'on fait souvent, on essaie d'opposer, là c'est des personnels qu'il faut saluer qui étaient vaccinés. Donc il y a certainement des mesures et je pense que les médecins ont leur mot à dire. Je crois qu'il y a besoin d'une troisième dose pour certains.

1:25
Présentateur

Une dose de rappel.

1:26
Invité politique

Voilà une dose de rappel. En tout cas il faut continuer, je connais encore des gens qui essayent de se faire vacciner, éloigner des centres de vaccination, il faut continuer. Mais ce que je veux souligner aussi c'est qu'on est dans une situation assez grave et inédite en France. C'est qu'il y a des gens qui pour diverses raisons ne sont pas vaccinés et qui n'ont plus aucun revenu. C'est-à-dire qu'ils sont suspendus, ils n'ont droit à rien. Ça c'est grave, c'est la première fois dans ce pays que des salariés se retrouvent dans une telle situation. Est-ce qu'on les laisse...

1:57
Présentateur

Est-ce qu'il faut verser le RSA ?

1:59
Invité politique

Je sais qu'il y a un débat entre les présidents de départements et le gouvernement. Pendant qu'ils discutent entre eux, il y a des personnes qui n'ont aucun revenu et ça c'est inadmissible.

2:10
Présentateur

Jean-François, comment on fait ? C'est quoi la solution ?

2:15
Invité politique

Il faut trouver une solution pour que ces salariés puissent vivre, tout simplement. Je vous rappelle, c'est du jamais vu en France. C'est du jamais vu. Ils n'ont droit à rien. Ni chômage, ni RSA, ni quoi que ce soit. Il faut trouver des solutions.

2:29
Invité

Vous voyez les débats, Philippe Martinez, l'extension du recours au pass sanitaire, la prolongation de l'état d'urgence au 31 juillet. Ça sera adopté aujourd'hui in fine par l'Assemblée nationale, par le Parlement. Le Sénat avait exigé en vain un réexamen d'étape, si je puis dire, au 28 février. Mais vous estimez qu'il n'y a pas assez de débats parlementaires autour de cette question de pass sanitaire et d'état d'urgence ?

2:53
Invité politique

Il y a besoin de plus de débats.

2:55
Invité

Il paraît une situation inédite.

2:56
Invité politique

Oui, il y a besoin de plus de débats, mais pas uniquement entre parlementaires. Il y a aussi besoin de discuter avec les citoyens, avec les salariés, travailleurs, travailleuses, sur une situation sanitaire, avoir des informations précises, et puis écouter réellement ce qui se passe. Je vous ai cité des exemples qui sont inadmissibles. Je ne sais pas si c'est venu dans les débats à l'Assemblée, ça.

3:17
Présentateur

Philippe Martinez, je vous propose qu'on parle d'emploi. Et c'est lié également à la crise sanitaire, parce qu'avec la crise des puces, des semi-conducteurs, le groupe automobile Stellantis, qui est né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, veut optimiser, dit-il, l'utilisation de ses salariés. Du coup, 200 salariés italiens des usines Fiat Alfa Romeo arrivent sur le site Stellantis de Vesoul, qui est un centre mondial de pièces de rechange. C'était censé être une bonne nouvelle. La CGT, je crois, il voit du chantage à l'emploi.

3:45
Invité politique

Oui, c'est une situation absolument lubiesque. Pourquoi ? Premièrement, ça montre la désindustrialisation de la France. Vous vous rendez compte, à cause de semi-conducteurs, il y a des salariés qui sont toujours en chômage partiel. Là, ce n'est plus la Covid. Ça, c'est la première chose. Nous, nous avons proposé au ministre de l'Économie d'avoir tout de suite une réflexion sur comment on produit des semi-conducteurs en France, en Europe. Et puis aussi, comment on peut les recycler. Parce qu'il y a les questions d'environnement. Vous savez que les semi-conducteurs viennent de l'autre bout de la planète. Et donc, on est en train de travailler des projets.

Et on fait des propositions au gouvernement pour recycler les semi-conducteurs. Mais ce que je constate, c'est qu'avec cette crise des semi-conducteurs, on fait travailler une journée des salariés à fond. Et puis, on les met en chômage partiel le reste de la semaine. C'est absolument scandaleux.

4:38
Présentateur

Et là, ça se fait au détriment des intérimaires ?

4:40
Invité politique

Ça se fait au détriment des intérimaires, au détriment de la santé des salariés, au détriment de leur vie. Parce que, bien souvent, on peut chômer le lundi, le mardi, le mercredi, et puis venir travailler le samedi, 100 heures supplémentaires. Donc, on veut maintenir le niveau de productivité, le niveau de rentabilité. Donc, on alterne des journées où on travaille à fond, et des journées où on ne travaille pas du tout, et on est payé à 80% du salaire, vous le savez bien. Donc, ça, c'est absolument scandaleux.

5:07
Présentateur

Et la CGT négocie en ce moment avec Stellantis, là-dessus ?

5:10
Invité politique

Écoutez, je ne connais pas en détail les discussions. Ce que je sais, c'est qu'il y a eu des débrayages, par exemple, à l'usine de Rennes, pour dire qu'on ne peut pas continuer comme ça. Il faut certainement diminuer les cadences, de façon à lisser la production, et ne pas avoir des pics de production où ça remet en cause l'intégrité physique des salariés. Voilà, des solutions sur lesquelles on pourrait travailler. Mais pour maintenir le niveau de rentabilité, les employeurs n'envisagent pas ce genre de solution.

5:36
Invité

Philippe Martinez, on ne peut pas parler de post-Covid, puisqu'il y a des signes de reprise de l'épidémie. Mais pour vous, ce pays n'est pas reparti correctement ? On parle de retour de croissance aujourd'hui ?

5:48
Invité politique

Si, il est reparti, comme avant. Il est reparti, comme avant. La reprise, elle est là. Je vous explique, il y a des gens qui travaillent beaucoup, beaucoup trop d'ailleurs. Et puis, vous le voyez bien, qui se porte bien ? La bourse ?

6:03
Présentateur

Les entreprises du CAC 40.

6:04
Invité politique

La bourse, voilà. On bat des records tous les jours. Des records, oui. Et puis, à côté de ça, il y a des gens qui sont encore au chômage, dans la misère. Il y a des salariés qui sont très...

6:13
Présentateur

Ça peut bénéficier aux salariés, ça peut bénéficier aux épargnants, le CAC 40.

6:17
Invité politique

Écoutez, moi, je veux bien qu'on me donne des exemples.

6:19
Présentateur

Mais si on a épargné et qu'on a des actions, ça peut passer par l'assurance-vie, par exemple.

6:23
Invité politique

Bien sûr. Écoutez, je suis sûr que vous connaissez plein de gens qui sont payés au SMIC. Vous croyez qu'ils ont épargné beaucoup ? Vous croyez qu'ils achètent des actions ? Ils essayent de manger et de payer leurs factures à la fin du mois. Il y a un vrai problème. Le SMIC a augmenté et on a interpellé le gouvernement. Le SMIC augmente, mais les minimas de branche n'augmentent pas automatiquement. Ça veut dire que le SMIC, pour l'instant, il n'a aucun effet sur le salaire des salariés. J'étais hier avec des salariés de Carrefour. Eux, vous savez, les deuxièmes lignes. Eux, leur feuille de paye, elle n'a pas bougé.

Et en plus, pour augmenter les profits, pour verser plus de dividendes aux actionnaires, M. Bompard, le PDG, met en location gérant. C'est-à-dire qu'il place des gérants dans tous ces hyper, comme il l'a fait dans les markets, pour que ce soit plus rentable. Et puis que ce soit des gérants qui réduisent les effectifs. Il y a beaucoup de suppression d'emplois. Ça, c'est absolument scandaleux. C'est le monde d'avant. Alors, toutes les belles paroles, les invisibles, les deuxièmes lignes, il faut faire plus, c'est oublier. Eh bien, il faut que les salariés se modisent.

7:26
Invité

Là, vous avez évoqué les propos du président de la République, Emmanuel Macron.

7:28
Invité politique

Et de nombreux ministres.

7:29
Présentateur

Et on va évoquer cette question encore, débat salaire dans une minute. Philippe Martinez, 8h40, c'est l'heure du Fil Info, avec Maureen Suignard.

7:37
Invité

Au moins 900 migrants se trouvent à Calais en ce moment. Selon les autorités, ils espèrent pouvoir passer en Angleterre. 1000 personnes secourues en 48 heures dans le détroit du Pas-de-Calais, annonce la préfecture maritime. Hier, un TER a aussi percuté un groupe de migrants, un mort et trois blessés graves à Calais. Près de 34 000 cas de coronavirus en 24 heures en Allemagne, plus que le dernier record en décembre de l'année dernière. Une quatrième vague massive pour nos voisins d'Outre-Rhin. L'Organisation mondiale de la santé estime que l'Europe est de nouveau l'épicentre de la pandémie.

De nouvelles discussions entre Paris et Londres dès la semaine prochaine à propos des licences de pêche accordées aux bateaux français. Une rencontre a eu lieu hier entre le responsable britannique chargé du Brexit et le secrétaire d'État français aux affaires européennes. Clément Beaune évoque des écarts d'opposition encore importants. Marseille n'y arrive pas. Match nul encore de partout hier face à la Lazio en Ligue Europa. Match nul pour Monaco aussi. Mais aucun but entre le club de Monaco et le PSV Eindhoven. Par contre, l'OL se qualifie pour les huitièmes de finale. Victoire 3-0 contre le Sparta Prague. Philippe Martinez, parlons des bas salaires. Il faut rehausser le SMIC.

C'est ce que les différents prétendants à l'élection présidentielle disent. Passer du salaire minimum 1260 à 1500 euros. Qu'est-ce que signifie cette valse de chiffres avec des marges assez faibles finalement ?

9:11
Invité politique

La première chose, c'est qu'enfin tout le monde reconnaît qu'on est un pays à bas salaire. C'est quand même pas mal.

9:16
Invité

Vous êtes d'accord que c'est partagé à droite comme à gauche ? C'est cette idée de rehausser le salaire.

9:20
Invité politique

Je pense que les syndicats et la CGT, singulièrement, y est pour beaucoup sur le fait qu'on arrête de nous dire que le travail est un coût. On ne peut pas vivre en France avec un niveau de SMIC aussi bas. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, je vous l'ai dit, il faut que le gouvernement agisse. On ne va pas attendre les présidentielles. Il faut que le gouvernement agisse tout de suite pour que, même si le SMIC a augmenté très peu au 1er octobre, il faut une loi qui impose que dans les branches, les minimas soient automatiquement augmentés quand le SMIC augmente. Vous savez que dans le commerce par exemple, tous les minimas de branches sont en dessous du SMIC.

C'est les deuxièmes lignes. La troisième chose, c'est qu'il faut rester sur, parce que j'entends des propositions, on va baisser ce qu'ils appellent des charges, c'est-à-dire les cotisations sociales, pour augmenter les salaires. C'est un marché de dupe. C'est-à-dire qu'on vous met dans une poche, qu'on vous appliquez dans l'autre. Parce que je vous rappelle que les cotisations sociales, c'est essentiel pour notre sécurité sociale, la santé, la retraite, le chômage.

10:17
Invité

C'est un argument qui a été mis en avant, notamment par Bruno Le Maire. Quand il dit « nous avons pris nos responsabilités », il évoque cette histoire de cotisation. Il parle aussi de primes d'activité qui a été augmentée, de défiscalisation des heures subs, des pourboires. Est-ce que ces mesures-là, à vos yeux, qu'est-ce qu'elles représentent ?

10:33
Invité politique

C'est exactement ça. C'est-à-dire qu'une prime, c'est défiscaliser, désocialiser, donc pas de cotisation.

10:38
Invité

Avec un coût de l'autre côté, en fait.

10:39
Invité politique

Oui. Ce qu'on ne paye pas d'un côté, les cotisations, on le perd un jour ou l'autre. La santé va augmenter. Or, la santé, c'est un sujet d'actualité. On nous dit qu'il faut réduire les allocations chômage, c'est la réforme. C'est parce qu'il n'y a pas assez de cotisation. On nous dit qu'il faut allonger de l'âge de la retraite, c'est parce qu'il n'y a pas de cotisation. Et vous savez que les principaux gagnants de ces allégements, c'est en partie les employeurs et les grandes entreprises. Parce que, quand ils sont exonéreux de cotisation, ça fait des montants énormes.

11:07
Invité

Donc, ce sont les entreprises qui doivent permettre aux salariés d'avoir de meilleurs salaires ?

11:13
Invité politique

L'État doit fixer un minimum salarial, ça s'appelle le SMIC. C'est la loi et tout le monde devrait respecter la loi. Et ensuite, il faut qu'à chaque niveau de qualification, c'est dans les entreprises, on paye. Quand on est Bac plus 3, on doit avoir un salaire de Bac plus 3, point.

11:28
Présentateur

Et au même moment, on a une pénurie de main d'oeuvre dans plusieurs secteurs ? Vous l'expliquez comment ce phénomène ? Alors que l'activité reprend, alors que l'économie reprend.

11:37
Invité politique

Oui, il faut relativiser les chiffres de cette pénurie, parce qu'ils sont assez variables. Et puis, de toute façon, si tous les postes non pourvus étaient pourvus, il resterait 92% de chômeurs. Donc là aussi, il faut relativiser. La deuxième chose, ce n'est pas moi qui le dis, c'est le ministère du Travail. Attractivité des métiers. Premièrement, salaire. On en revient aux mêmes choses. Et d'ailleurs, vous avez vu qu'une partie du patronat... Non, pourvus parce que bas salaire. Attractivité, donc... Condition de travail. Bas salaire, condition de travail, produits dangereux.

Et vous avez vu qu'une partie du patronat des hôtels, cafés, restaurants, on dit qu'on va peut-être réfléchir à augmenter nos minimas de 9%. Ce n'est pas la CGT qui le dit, c'est eux. Parce que sinon, on ne trouve personne. Ben oui, quand on a des horaires atypiques, quand on travaille le week-end, on n'a plus de vie de famille, on est mal payé, on n'a pas d'horsup. C'est l'attractivité des métiers d'abord qui génère cette pénurie.

12:31
Présentateur

Et ça, ça se négocie aussi à branche par branche ? Comme les salaires que vous évoquiez tout à l'heure ?

12:35
Invité politique

Exactement, oui. Les minimas de branche, les seuils de branche, ça se discute dans les branches. Vous savez qu'il y a des branches où il n'y a pas une négociation depuis 3 ans. Comme quoi ? Ben, je pense par exemple aux hôtesses d'accueil. Et vous savez, elles aussi sont invisibles. On les salue à peine parfois quand on arrive dans une entreprise. Eh bien, 80% de ces femmes, parce que c'est principalement des femmes, sont payées au minima de la branche qui est en dessous du SMIC. Et parmi ces personnels, 50% sont en temps partiel imposé. Ça veut dire que ces salariés, elles gagnent 700, 800 euros du fruit de leur travail. Est-ce qu'on peut vivre avec ces sommes-là ?

Voilà, c'est tout, c'est simple.

13:18
Invité

Alors, Philippe Martinet, je ne sais pas si la CGT envisage d'auditionner les futurs candidats à l'élection présidentielle sur ces questions du temps de travail, notamment. Vous militez pour, quand on dit 32 heures, c'est la semaine des 4 jours, en fait.

13:31
Invité politique

Non, c'est une référence hebdomadaire.

13:33
Invité

C'est un partage additionnel du temps de travail ?

13:35
Invité politique

C'était une référence hebdomadaire. Après, on conçoit, parce qu'on est ancré dans les entreprises, que certains métiers, ça peut se transformer par des semaines de 4 jours, des variations selon les semaines, parce qu'on travaille sur un projet, etc. Mais il faut que la référence hebdomadaire soit réduite à 32 heures. Si on libère du travail, si on fait moins travailler ceux qui ont du boulot, je pense que c'est logique comme raisonnement, ça libère du boulot pour ceux qui n'en ont pas.

Alors, on ne va pas auditionner tous les candidats, mais certains ont déjà demandé à nous voir, et on ira volontiers leur expliquer nos propositions en matière de salaire, d'emploi, de relocalisation, d'industrie.

14:13
Présentateur

Qui a demandé à vous voir, Philippe Martinet ?

14:14
Invité politique

Je crois qu'on a un rendez-vous avec M. Jadot, avec M. Montebourg, et puis les autres ne vont pas tarder à suivre.

14:23
Invité

Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la présidentielle, entend reposer, dit-elle, la question du temps de travail, et elle dit que ce n'est pas un président de décider, mais le politique est là pour donner une impulsion, et grosso modo, ça doit se négocier dans des branches de façon interprofessionnelle, etc.

14:39
Invité politique

Ça m'étonne qu'Anne Hidalgo dise ça, enfin, elle l'a dit. Elle l'a dit. Elle connaît les questions sociales, c'est une ancienne inspectrice du travail, et elle sait que la loi doit faire foi. Et donc la loi s'est imposée à tout le monde. Après qu'on négocie dans les branches, dans les entreprises, du mieux, des aménagements, c'est une chose. Mais pourquoi les 35 heures n'ont pas eu l'effet suffisant en matière d'emploi ?

15:05
Invité

Parce qu'elles sont critiquées les 35 heures de l'île, je ne sais pas, oui.

15:08
Invité politique

Oui, oui, mais on les critique aussi. Mais en matière d'emploi, c'est une des rares mesures depuis plus d'une décennie qui a créé autant d'emplois. Elles sont critiquées, pourquoi ? Parce qu'on a fait des assouplissements. Elles sont critiquées, pourquoi ? Parce que le gouvernement précédent, c'est-à-dire l'ancien président de la République, a fait des lois qui font qu'aujourd'hui, ce n'est plus la loi pour tout le monde qui fait foi partout, c'est d'abord dans les entreprises. C'est ce qu'on a appelé, c'est un mot scientifique, dur à comprendre parfois, l'inversion de la hiérarchie des normes.

C'est-à-dire que la loi, c'est juste une référence, puis après dans sa boîte, on fait ce qu'on veut.

15:46
Présentateur

Donc on passe par la loi pour imposer des 32 heures.

15:48
Invité politique

Évidemment, puis après, la loi, on impose une réduction du temps de travail, et on impose aussi une compensation de création d'emplois correspondant à cette diminution du temps de travail. C'est ce qui n'a pas été suffisamment fait pour les 35 heures.

16:00
Invité

Pour vous, Philippe Martinez, le « travailler plus », souvenez-vous de Nicolas Sarkozy, ça commence un peu à dater, c'est quelque chose qui a vécu ?

16:06
Invité politique

Mais ça n'a jamais été l'évolution sociale de la France. On a toujours travaillé moins, et dans d'autres pays aussi. Parce que, je vous le répète, si on travaille plus, il faut voir les conditions de travail, etc. Mais si on travaille plus, comment on va filer du boulot à ceux qui n'en ont pas ? Moi, j'attends qu'on me réponde à cette question. Mais est-ce que les 32 heures, ce serait synonyme d'embauche ? Évidemment. De façon incitative à vos yeux ? De façon obligatoire.

16:35
Présentateur

Là, vous ne vous passez par la loi à nouveau.

16:37
Invité politique

On peut dans la même loi, c'est ce qui n'a pas été fait pour le Transpensé. Vous êtes d'accord que la loi précédemment est incitative plus qu'obligatoire ? La première a été obligatoire, et puis après, la deuxième a dit « c'est si vous voulez ». Mais de plus en plus, on fait des lois en disant, dans les entreprises, « il y a une loi, mais vous faites comme vous voulez ». Ça se décide d'abord chez vous. Ça ne peut pas marcher comme ça.

16:57
Présentateur

Philippe Martinez, on reste ensemble. On se retrouve dans une minute, c'est le temps du Filinfo. De 9h-10, Maureen Suignard.

17:03
Invité

Le professeur Didier Raoul, convoqué par la Chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins, aujourd'hui, cela se passe à Bordeaux. Sa promotion de l'hydroxychloroquine est en cause. Une attitude publicitaire que certaines sociétés de médecins assimilent à du charlatanisme. Il risque la radiation. Une enquête désormais menée pour homicide involontaire et qui vise un chasseur, indique le parquet de Rennes, après la mort de l'automobiliste de 67 ans qui circulait samedi sur la 4 voies en Ile-et-Vilaine, au sud de Rennes. Il avait été très grièvement blessé par le tir d'un chasseur. Les espoirs sont minces, mais 14 secouristes français prennent la direction du Népal.

Ils ont pour mission de retrouver les corps des trois alpinistes français, très certainement emportés par une avalanche. Il y a plus d'une semaine, c'était dans le massif de l'Everest. Assez de blablabla. Le mot d'ordre aujourd'hui à Glasgow, manifestation des jeunes pour le climat, alors que la COP26 se tient en ce moment, même dans la ville écossaise, des jeunes qui veulent des actes. Au-delà des paroles, ils accusent les dirigeants du monde de faire des promesses creuses.

18:07
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Jean-François Aquili, Marie Bernardo

18:15
Invité

Alors Philippe Martinez, le président Emmanuel Macron, vous l'avez entendu annoncer, c'était mardi matin, le lancement au 1er mars 2022, donc on serait juste avant l'élection présidentielle, de son contrat engagement en jeunes, c'est les moins de 25 ans sans formation ni emploi depuis plusieurs mois, une allocation allant jusqu'à 500 euros mensuels, en échange de 15 à 20 heures par semaine. Quel regard vous portez sur cette proposition ?

18:41
Invité politique

Des mesures même ? Oui, c'est une des mesures, mais il y en a d'autres, il y a la prime énergie, il y a la prime machin, la prime truc, donc on annonce beaucoup de choses, sans jamais bien définir le périmètre de ceux qui pourront en bénéficier. Je constate que pour les jeunes, on dit que ça peut aller jusqu'à 500 euros. Vous vous rappelez, il y avait une prime qui s'appelle Macron, qui pouvait aller jusqu'à 1000 euros. Très peu de gens ont touché 1000 euros. Et puis on est sur le principe de beaucoup de communication.

Alors c'est vrai que ça met de l'eau à notre moulin, il y a un problème de pouvoir d'achat dans ce pays, c'est clair, mais la meilleure façon de régler cette question des jeunes, c'est qu'ils aient, nous on propose un revenu d'insertion, 80% du SMIC, 80% du SMIC, parce que là aussi, je repose la question... Et quand vous dites revenu d'insertion, c'est-à-dire avec quelle obligation ? On a l'impression que les jeunes ne veulent pas bosser.

19:31
Présentateur

C'est ce qui avait été en quelque sorte promis par Emmanuel Macron cet été, il avait promis un revenu d'engagement, ça s'est transformé en contrat d'engagement, et tout est revu à la baisse.

19:37
Invité politique

Dans la notion de contrat, on voit à peu près les 500 euros, mais on ne sait pas ce qu'il faut faire en échange. Un revenu d'insertion, c'est aider par de la formation, c'est payer de la formation, de l'apprentissage, etc.

19:55
Présentateur

C'est le cas là, formation ou accompagnement, 15-20 heures par semaine.

19:58
Invité politique

Mais quel type de formation ? Est-ce que des jeunes qui sont en situation d'échec scolaire, parce que les études, on les remet dans une formation qui ne leur plaît pas, et c'est le risque à terme que ce soit à nouveau un échec. Donc il faut écouter, proposer des choses. Mais tout part du principe que si les gens sont au chômage, c'est de leur faute. Moi, je ne connais aucun chômeur volontaire. En général, on subit le chômage. Ce n'est pas un choix personnel. Et donc là, il faut des mesures pour les jeunes, mais aussi pour les étudiants, parce qu'on parle peu des étudiants. Vous avez vu les fils devant les associations caritatives. Qu'est-ce qu'on met en plus pour les restos U, les CRUS, etc.

Il faut du personnel. C'est tout ça qu'il faut poser. Là, c'est du bricolage qui peut ressembler à du bricolage électoral, je conviens. Bricolage électoral, vous dites. Ça peut ressembler à ça.

20:51
Présentateur

Vous, vous validez le principe d'un revenu universel, du coup ?

20:54
Invité politique

Non, parce que la notion de revenu universel, c'est nier l'importance du travail. Il y a une formule qui dit tout travail mérite salaire. Faisant en sorte qu'on ait du boulot, qu'on bosse moins, vous l'avez compris, c'est ce que propose la CGT. Le travail, c'est structurant dans la vie. C'est structurant. C'est un lien avec les autres. C'est mettre en œuvre des choses, des qualifications. C'est un problème de nier l'importance du travail.

21:18
Invité

À propos de structurer, Philippe Martinez, les femmes toujours moins payées que les hommes, on a vu ça cette semaine, ce n'est pas nouveau. Qu'est-ce que vous proposez pour en finir avec une sorte de règle établie désormais ?

21:31
Invité politique

On trouve toujours un prétexte pour dire que c'est normal que les femmes soient moins payées que les hommes, au niveau du gouvernement. Il faut qu'à diplôme égal, salaire égal. Pourquoi les infirmières qui ont Bac plus 3 ne sont pas payées de la même façon que quelqu'un dans l'industrie qui a un Bac plus 3 ? Pourquoi ? Voilà, c'est simple. Il faut donc en revenir à des reconnaissances de qualification. Il faut revaloriser les métiers des soins, par exemple, qui sont principalement occupés par des femmes, etc.

22:03
Présentateur

On en revient au bas salaire.

22:04
Invité politique

On en revient au bas salaire, mais surtout que les diplômes fassent foi, par exemple, plutôt que le métier. Quand on a le même diplôme, quel que soit l'endroit où on travaille, on doit avoir le même salaire. Et puis, il faut contraindre un peu plus les entreprises à pratiquer cette égalité salariale.

22:21
Invité

Philippe Martinez, vous estimez que le temps de l'élection présidentielle, nous y sommes, la campagne a démarré, sera propice à l'évocation de toutes ces questions qui relèvent du travail, du pouvoir d'achat des Français, le chômage, alors que les débats aujourd'hui portent essentiellement de ce que nous entendons sur des questions liées, notamment à l'immigration. Vous entendez les débats, quand même.

22:42
Invité politique

Oui, j'entends les débats. Et moi, je me félicite, par exemple, que la CGT ait soutenu une grève, 10 foyers de grève de sans-papiers, de travailleurs sans-papiers, à Paris et dans la région parisienne, qui vont être régularisés, 400 personnes, parce que ça, c'est la démonstration que les immigrés, ils travaillent, ils sont souvent exploités, et donc, il faut les régulariser. Mais moi, je me félicite que, justement, et on vient de passer près d'une demi-heure par les salaires, emplois, c'est ça, le débat. Et en même temps, comme dirait l'autre, on ne va pas attendre le mois d'avril pour régler les questions de bas salaires.

On ne va pas attendre le mois d'avril, donc le gouvernement peut faire des choses sur la réindustrialisation. Vous voyez, on a une pénurie de papiers. On risque de ne pas avoir de bouquins pour la fin de l'année. Ça fait deux ans...

23:27
Présentateur

Un risque de pénurie, pour l'instant, on n'y est pas tout à fait.

23:31
Invité politique

On commence à manquer de papiers. J'écoute vos informations. Nous, ça fait presque deux ans qu'on se bat pour la réouverture d'une usine qui fabrique du papier avec de la matière recyclée. Environnement, industrie, emploi. Qu'est-ce qu'on attend ? Qu'est-ce qu'attend le gouvernement pour taper du poing sur la table ? Voilà, c'est bien de dire qu'il faut relocaliser, etc. Mais il faut des actes.

23:53
Présentateur

Vous dites pouvoir d'achat, reprise de l'économie, au cœur de cette campagne présidentielle. Vous regrettez que ce soit déjà phagocité par d'autres thèmes que sont la sécurité et l'immigration ?

24:06
Invité politique

Je regrette qu'on laisse beaucoup de place à des mensonges sur les immigrés seraient responsables de tout. Ça fait 100 ans que dans ce pays, on dit que c'est de la faute aux immigrés quand il y a des problèmes. En tout cas, moi, je suis assez fier et quand on s'appelle Martinez, on sait de quoi on parle, que de l'apport de vagues d'immigration dans ce pays qui n'ont jamais remis en cause le fait que la France soit un pays parmi les premiers économiquement au monde et puis avec l'apport culturel de nombreux artistes.

Et puis, en tout cas, je pense qu'il faut peser pour que ces questions sociales, moi, dans les entreprises, là, je me déplace beaucoup, on me parle plus de salaire, emploi, environnement que d'autres choses. Je ne vois pas pourquoi ce débat des gens, il n'est pas plus pris en compte dans le débat des présidentiables ou des futurs ou des probables.

25:02
Présentateur

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité du 830 France Info ce matin, merci, bonne journée. Merci à vous. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. et ses coulisses.

25:24
Locuteur

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