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interviewRMC — Face à Face· 22 février 2023 21 min

Face à Face : Fabien Roussel - 22/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Hœur 33 sur RMC et BFM TV, bonjour Fabien Roussel. Bonjour Apolline de Malherbe. Vous êtes secrétaire nationale du Parti communiste français, vous êtes également députée du Nord. On va revenir sur toutes les questions de pouvoir d'achat, du diesel également et du geste éventuel de Total ou de l'État. On va revenir aussi sur la question des grèves, des grèves éventuellement reconductibles. Mais je voudrais d'abord qu'on revienne un peu sur cette fin totalement folle de débat à l'Assemblée nationale. Vous étiez évidemment dans l'hémicycle, ça s'était terminé vendredi à minuit.

Et on découvre qu'il y en a certains qui picolaient pendant les séances. On a reproché, et moi-même ici même j'avais posé la question à Olivier Dussopt, on lui a reproché de faire des mots croisés. Mais enfin c'était peut-être pas grand chose comparé à ceux qui allaient picoler. C'est nos confrères du Parisien qui racontent qu'à plusieurs reprises, il y a des bagarres qui ont éclaté dans les coulisses de l'Assemblée. Qu'il y a un député qui a vu son collègue aidé par des huissiers partir vomir. Pour l'autre, c'est la présidente de séance qui, une fois le dîner, je cite donc le Parisien, une fois le dîner passé, n'avait plus toutes ses idées en place. Certains députés étaient ivres.

Vous avez constaté ça ?

1:24
Fabien Roussel

Sincèrement, non. Je ne vais pas mentir, sincèrement, non.

1:31
Présentateur

Vous en avez entendu parler ?

1:33
Fabien Roussel

Pas du tout. Pas du tout ? Pas du tout. Je ne vais pas dire que ça n'a pas existé, mais permettez-moi de vous dire que je n'en ai pas entendu parler. Je ne l'ai pas vu, je ne l'ai pas constaté. J'ai passé du temps dans l'hémicycle. Quand je n'étais pas dans l'hémicycle, je suivais les débats depuis mon bureau.

1:49
Présentateur

Vous n'êtes pas à la buvette ?

1:51
Fabien Roussel

Non, non, non. J'y ai passé peu de temps. Quand j'y suis, je bois de l'eau avec du citron frais et que ça. Et donc, si vous voulez un constat d'huissier, on peut vous le faire. Non, je ne vous le demanderai pas. Mais justement, d'ailleurs, les huissiers qui se livrent dans le Parisien un récit,

2:05
Présentateur

ils disent même qu'ils manquent de bras, qu'ils n'ont plus suffisamment de serveurs à la buvette parce qu'il n'y a jamais eu aucune mandature où il y ait autant de clients à la buvette.

2:19
Fabien Roussel

Ne réduisons pas les débats à l'Assemblée nationale, à ce qui s'est passé dans l'hémicycle, qui a donné une très mauvaise image de nos débats, ni à ce qui peut se raconter en dehors de l'hémicycle. Les débats durent de 9h à minuit. C'est long, c'est tendu. Ce qui peut parfois provoquer des excès, des coups de voix, des coups de colère. Dans l'histoire de la Ve République, il y en a eu. C'est regrettable. On s'excuse derrière. Voilà, ce qui se passe en dehors de l'hémicycle. Quand il y a de la fatigue, de la fatigue de l'énervement...

2:53
Présentateur

C'est compliqué parce que vous dites qu'on ne peut pas réduire à ce qui s'est passé dans l'hémicycle et à ce qui s'est passé en dehors.

2:58
Fabien Roussel

Mais d'accord, mais...

2:59
Présentateur

Ça laisse pas grand-chose.

2:59
Fabien Roussel

Ce que je veux dire, c'est qu'on a un sujet quand même, qui est la réforme des retraites qui mobilise des millions et des millions de personnes, de salariés extrêmement inquiets, avec une réforme des retraites qui est imposée au forceps par le gouvernement. Et s'il y en a un à qui j'en veux beaucoup aujourd'hui, c'est au président de la République. J'en veux énormément au président de la République qui, hier, est allé à Rungis parler à des travailleurs et en faisant appel à leur bon sens.

3:25
Présentateur

On va les écouter parce que ce mot de bon sens, précisément, c'est là-dessus que vous aviez réagi dès hier sur Twitter, mais c'est un mot que vous aviez pu employer, vous, à certaines reprises. On va voir que, visiblement, vous n'avez pas tout à fait la même acception du mot écouter.

3:37
Invité

Je pense que tout le monde a du bon sens dans notre pays. Dans l'ensemble, les gens savent que, oui, il faut travailler un peu plus longtemps, en moyenne tous, parce que sinon, on ne pourra pas bien financer nos retraites. Cette réforme, elle permet de créer plus de richesses pour le pays parce qu'on va avoir plus d'heures travaillées. Si on a plus d'heures travaillées dans le pays pour créer plus de richesses, vous réindustrialisez davantage le pays. Et cette réindustrialisation, c'est celle qui permet de financer l'éducation, la santé.

4:00
Présentateur

Vous pestez pendant que vous l'écoutez, Emmanuel Macron.

4:04
Fabien Roussel

Mais c'est parce que c'est tellement méprisant et méconnaître la réalité du monde du travail. Ce n'est plus un président de la République, c'est un méprisant de la République. J'emploie ces mots parce que c'est ce que je ressens au plus profond de moi, mais comme des millions de Français, de citoyens, de salariés doivent le ressentir. C'est méconnaître la dureté de beaucoup de métiers, dont ceux-là, les bouchers, les travailleurs...

4:31
Présentateur

Il était à Rungis, donc des laubes.

4:33
Fabien Roussel

Tout à fait, de l'alimentation, mais aussi, je ne vais pas tous vous les lister, on en parle depuis des semaines quand même, des métiers difficiles. J'étais moi-même samedi, j'ai rencontré des personnes dans une soirée portugaise. Allez, à Roubaix, j'ai vu une dame...

4:47
Présentateur

Vous passez des soirées portugaises à Roubaix, Fabien Rousset ?

4:50
Fabien Roussel

Mais il suffit que les gens me reconnaissent. La première chose dont ils me parlent, ce n'est pas de ce qui s'est passé à l'Assemblée, c'est qu'ils me parlent de leur vie. J'ai rencontré une dame qui a travaillé dans le textile et qui, pendant 30 ans, a déplacé des vêtements comme ça. Elle a une épaule abîmée.

5:06
Présentateur

Avec son bras, elle faisait le geste sur la tringue.

5:09
Fabien Roussel

Quand le président de la République dit « Mais enfin, c'est du bon sens, on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps, mais les corps, eux, les corps, les êtres humains, notre squelette, lui... »

5:20
Présentateur

Alors qu'il était à Rungis, était alpagué par la députée du coin, qui est la députée Rachel Keke de la France Insoumise, et qui lui a dit « À 35 ans, j'avais le corps cassé ».

5:27
Fabien Roussel

Eh bien, c'est réel. C'est réel. Et donc, cette dame qui a fait ça, des gestes, qui a tiré des vêtements pendant 25 ans, elle a une épaule abîmée. Ce s'appellent les troubles musculosquelettiques. Et son corps n'ira pas plus loin. C'est impossible de travailler deux ans de plus. Il y a eu d'ailleurs une étude hier de l'Observatoire de la mutualité française sur la santé et l'état de santé des Français. Les troubles musculosquelettiques touchent 45 000 de nos concitoyens. 91% des Français dans cette enquête disent avoir des problèmes de santé au travail. La réponse du gouvernement, c'est de dire « travailler plus, c'est du bon sens ».

6:05
Présentateur

Mais qu'est-ce qu'il aurait dû faire pour vous Emmanuel Macron ? Il devrait arrêter de s'acharner ? Il devrait lâcher du l'Est ? Se renoncer à cette réforme ?

6:12
Fabien Roussel

Non seulement il méprise le monde du travail, mais il abîme la nation. En même temps, il va les voir.

6:17
Présentateur

Honnêtement, vous ne pouvez pas lui faire ce reproche-là. Il était sur place, il était avec eux, il était au contact.

6:22
Fabien Roussel

Il va les voir avec son petit sourire narquois, leur dire « c'est du bon sens » à ceux qui se lèvent tous les jours à 3h du matin quand lui le fait une fois pour aller les voir. C'est ça qui est méprisant quelque part. Comme il avait dit la dernière fois, il suffit de traverser la route pour aller trouver du travail. Comme il avait une fois insulté les Français en les traitant de gaulois réfractaires. Vous comprenez que ce mépris des Français aujourd'hui...

6:44
Présentateur

Si on est tout à fait honnête, et l'honnêteté m'oblige à le dire, j'ai reçu hier matin, juste après cet échange, et juste après ces propos d'Emmanuel Macron, l'un de ceux qu'il avait croisé sur le marché de Rungis, il s'appelle Christophe, il est grossiste bouché, il fournit les boucheries de toute l'île de France. Et je lui ai dit, je lui ai dit, mais vous avez entendu les propos d'Emmanuel Macron sur la réforme ? Et il m'a répondu, mais nous, vous savez, on se lève tôt, on est des bosseurs, on n'a pas peur de bosser plus.

7:08
Fabien Roussel

Bien sûr, mais justement, cet amour du travail, cette passion...

7:14
Présentateur

Non, mais pardon, c'est un peu l'inverse de ce que vous êtes en train de dire.

7:16
Fabien Roussel

Non, pas du tout, mais bien sûr que si. Cet amour du travail que des millions de Français ont, que ce soit ceux qui sont dans la métallurgie, que ce soit ceux qui travaillent dans les champs, qui travaillent 7 jours sur 7, que ce soit ceux qui sont dans la restauration, dans des petites boîtes, des artisans, cet amour du travail, du métier, de leurs mains ou de leurs têtes. Ils veulent travailler pour ça, parce qu'ils aiment leur travail. Mais quand on leur dit que non seulement vos salaires n'augmentent pas, mais qu'en plus, vous devrez travailler deux ans de plus, parce que c'est le bon sens.

Et qu'en même temps, ils regardent et ils constatent, dans les journaux, à la radio, que les dividendes coulent à flot pour certains, que le Figaro titre, le CAC 40 expose, c'est la quasi euphorie générale, textuellement écrit, parce que le CAC 40 a fait un bon de 30% depuis le mois de septembre. Il y a en ce moment une indécence de la part de grandes multinationales qui versent des dividendes. D'ailleurs, la question c'est d'où vient cette richesse ? Et de l'autre côté...

8:18
Présentateur

C'est-à-dire quoi, d'où vient cette richesse ?

8:19
Fabien Roussel

Comment se fait-il qu'en période de crise, aujourd'hui, il y a la guerre, il y a la crise, c'est dur pour tout le monde, et vous avez...

8:27
Présentateur

Vous avez l'air de trouver que c'est quasiment malhonnête ?

8:30
Fabien Roussel

Oui, je vais y venir, oui. Oui, il y a des malhonnêtes dans l'affaire. Oui, il y a des malhonnêtes, oui. C'est qui les malhonnêtes ? Total, M. Pouyanné vole EDF, et les 20 milliards de bénéfices dont il fait, une grande partie vient des bénéfices qu'il tire, du prix de l'électricité qu'il achète à bas prix à EDF, et qu'il revend à EDF entre 180 et 300 euros. Mais ce que vous nous dites, c'est qu'au moment où EDF,

8:57
Présentateur

pour le coup, accuse des pertes en record, je vais revenir là-dessus. C'est les vastes communismes totales ?

9:02
Fabien Roussel

Je vais revenir là-dessus. Allez-y, parce que c'est important. Je me mets juste à la place des salariés, qui travaillent dur, qui se lèvent tôt, qui ont des mains caleuses, qui en ont plein la tête quand ils travaillent avec leur tête, et à qui on demande de travailler deux ans de plus, et en même temps, ils voient le champagne à la bourse, et ils voient des dividendes couler à flot. Ça, ça ne passe plus. Et le bon sens, le bon sens, c'est le mot employé par M. Macron, comme c'est le mot employé par M. Pouyanné, le même, qui dit, enfin, le bon sens s'est travaillé plus. Je vais revenir sur M. Pouyanné. Vous le traitez du voleur ? Oui, c'est le cartel des financiers, le cartel du CAC 40.

Ce cartel-là, il se comporte quasi avec des pratiques mafieuses. Je vais vous dire, je vais vous dire, oui, c'est du vol, du racket, ce qu'ils font. EDF vend de l'électricité à 42, 46 euros le mégawatt-heure à des fournisseurs privés, dont Total. Et Total revend cette électricité à 180, 200, 300, 400 euros aux gens, mais aussi à EDF, parce qu'EDF n'a plus assez d'électricité comme ils l'ont vendu pour fournir aux gens. Et donc, EDF se retrouve à racheter à 300 euros de l'électricité qu'il a vendue, 42, 46 euros à Total. C'est entre 6 à 8 milliards d'euros que Total a reçu de EDF, rien que par cette manipulation. Qu'est-ce qu'on fait ?

10:23
Présentateur

Vous demandez à Total de rembourser EDF ? On arrête ce scandale-là.

10:28
Fabien Roussel

Est-ce que vous demandez à Total d'embourser EDF ? Quand j'entends M. Macron, dans ses beaux costumes, arriver, je demande à M. Total de faire une ristourne de 500 millions d'euros sur l'essence. Sur le diesel. Mais c'est des milliards d'euros qu'ils ont engrangés sur notre dos. Des milliards d'euros. Les Français ont le droit aujourd'hui d'avoir de l'électricité moins chère car elle existe. Elle ne doit plus être vendue aux fournisseurs privés qui se font des montagnes d'or dessus. Elle doit être vendue directement, directement par EDF aux communes, aux artisans, aux commerçants, aux boulangers, aux grandes entreprises, aux industries. Donc, fini la libéralisation du marché de l'énergie.

Mais bien sûr, la souveraineté énergétique, elle a été bâtie, notre souveraineté énergétique, par De Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, Mitterrand, 60 ans d'investissement public pour construire des barrages hydrauliques, des centrales nucléaires. Et aujourd'hui, tout ça est bradé. Et ce sont le cartel des financiers, des énergéticiens qui se font des montagnes d'or dessus. Et c'est nous qui payons la facture. Et alors, vous avez M. Macron qui arrive en disant « Bon, alors vous, vous allez faire un petit effort et vous, le bon sens, vous allez travailler plus. » Mais comprenez que ça déborde.

Comprenez que la colère est insupportable et qu'on ne supporte plus ce mépris que nous avons pour le travail, pour les travailleurs. On se lève tôt, on se casse le corps, on a des troubles musculo-squelettiques, on n'en peut plus que ce qu'on soit enseignant, ingénieur, métallo, paysan. Et il nous dit « Vous allez travailler deux ans de plus et sa loi en plus. » Et sa loi, elle est illégitime, sa loi. Elle n'est même pas votée à l'Assemblée nationale. Mais enfin, comment ça, ce n'est pas de sa faute ? Vous allez dire que c'est des députés ?

Moi, je vais vous dire, la première responsabilité, c'est celle du gouvernement qui nous a contraints dans un débat en dix jours, à cause de l'article 47-1, 14 articles de loi, comme si c'était possible de débattre. Vous criez très fort.

12:25
Présentateur

Il n'y a aucun problème, j'ai bien compris votre colère. Je trouve qu'on sort d'une séquence. Vous ne pouvez pas affirmer que ça n'est que la faute du gouvernement. Quand même, soyez honnête. Je comprends que ça vous fasse mal d'accuser vos copains. Mais enfin, la vérité, c'est que certes, c'était dans une procédure express. Mais là, ils ne vous ont pas pris en traître. Vous le saviez que ce serait une procédure express. Donc, quand on sait qu'il y a une procédure express et qu'on dépose quand même 15 000 amendements, on sait bien que ça ne va pas passer. On, c'est qui ? C'est LFI.

12:52
Fabien Roussel

Bon, ne dites pas on, alors. Dites LFI. Vous avez très bien compris de qui je parlais. Vous aviez très bien compris de qui je parlais. Et vous savez très bien l'attitude que nous, nous avons eue. Les députés GDR, communistes, nous avons décidé, nous, de déposer un peu plus de 1 000 amendements, des amendements de fond. Et d'ailleurs, j'aimerais bien qu'on les publie, comme ça, on va pouvoir montrer aux Français ces amendements dont vous n'avez jamais pu débattre. Ces amendements ont été inspirés des rencontres que nous avons eues avec l'intersyndicale, que je salue et que je respecte profondément.

Cet intersyndicale nous a dit, nous a dit, aller à l'article 7 et il faut qu'il y ait le vote sur l'article 7. Nous avons tout fait pour, nous, y compris jusqu'à abandonner tous nos amendements parce que nous voulions avoir ce débat.

13:39
Présentateur

Vous avez un petit peu l'air d'oublier que vous faites partie de la NUPES quand même, Fabien Roussel.

13:42
Fabien Roussel

Mais la NUPES, c'est quoi ? Je ne sais pas, c'est la question que vous pose. La NUPES est un accord électoral, c'est une coalition bâtie à l'issue des élections législatives. Et donc, voilà, c'est une coalition avec des partis politiques qui ne sont pas d'accord entre eux et qui peuvent être d'accord sur des sujets, pas d'accord sur d'autres. Et on a eu une stratégie clairement différente. Mais même au sein de la France 1.

14:04
Présentateur

Enfin, il n'y a pas seulement une stratégie différente. Vous êtes quand même fait engueuler comme un gosse. Pardon, Fabien Roussel. Mais enfin, quand vous retirez, en effet, vos amendements avec le Parti communiste, vous avez quand même Jean-Luc Mélenchon qui réagit immédiatement sur Twitter et qui écrit, je cite, « Incompréhensible retrait des amendements du PCF. Pourquoi se précipiter à l'article 7 ? Le reste de la loi ne compte donc pas. Hâte de se faire battre ? »

14:25
Fabien Roussel

Oui, mais non, mais ça, c'est parce que Jean-Luc Mélenchon avait besoin de masquer les divisions qu'il y a au sein de la France insoumise. Et c'est la raison pour laquelle il s'est pris aux communistes.

14:34
Présentateur

Vous avez bon dos, dis donc !

14:35
Fabien Roussel

Comme si, bien sûr, mais bon, vous savez qu'entre Jean-Luc Mélenchon et moi, il y a eu des différences qui se sont exprimées. Je n'ai pas du tout, et la même méthode, ni les mêmes propositions à défendre pour la France.

14:48
Présentateur

Oui, mais quand lui, il va carrément de sa phrase pour vous critiquer comme ça, ouvertement,

14:54
Fabien Roussel

vous n'avez pas l'air de le prendre si mal. Non, parce que mon sujet, pour moi, aujourd'hui, ce n'est pas de critiquer Jean-Luc Mélenchon, ni les députés insoumis qui ont fait ce choix de pourrir le débat, et je le regrette profondément. Ce n'est pas du tout notre manière de faire de la politique. Ils ont pourri le débat ? Oui, notre conception. Ce n'était pas notre conception de faire du débat parlementaire, je le dis, ce n'est pas dans la manière de faire des députés communistes depuis que nous existons à l'Assemblée nationale et au Sénat. Mais pour autant, le problème aujourd'hui, c'est pas Mélenchon. Mélenchon, il n'est pas là. Il n'est pas là, Mélenchon. Le problème, ce n'est pas ça.

Il prend beaucoup de place, quand même. Le problème, c'est de faire... Non, il n'est pas là. Vous estimez qu'en fait, il faut carrément qu'il se taise ? Non, qu'il discute avec ses insoumis de la stratégie à faire. Elles ne sont pas d'accord entre eux. Mais qu'il ne se mêle pas de votre stratégie à vous. En tout cas, nous, moi, nous avons fait le choix, nous, d'être unitaires et pas d'être solitaires. Nous avons fait le choix d'être solidaires de l'intersyndicale. Nous avons fait le choix, moi...

15:47
Présentateur

L'intersyndicale qui en veut beaucoup à Jean-Luc Mélenchon. Vous l'avez entendu dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon. C'est bien pour ça que je vous dis,

15:52
Fabien Roussel

nous avons fait le choix, nous, de faire des meetings communs avec l'ensemble des partenaires de la NUPES. Tous ensemble, nous avons fait des meetings communs. Vous allez continuer, malgré les divergences de stratégie. Et j'en ai fait. Nous avons fait le choix...

16:03
Présentateur

Vous en referrez.

16:05
Fabien Roussel

Mais je continuerai de mener la bataille des retraites. Parce qu'ils se sont quand même mis tout le monde à l'eau.

16:09
Présentateur

Si vous restez copains, vous, avec les syndicats, ce n'est pas du tout le cas d'LFI.

16:13
Fabien Roussel

En tout cas, je discute avec Marine Tondelier, je discute avec Olivier Faure, je discute avec les parlementaires socialistes, écologistes. Je discute avec Patrick Cannaire au Sénat, avec Eliane Assassi. Depuis le mois d'octobre, nous avons travaillé ensemble les sept groupes de gauche écologistes du Sénat et de l'Assemblée nationale pour définir notre stratégie, les meetings communs, le décryptage de la loi. Il y a eu un travail remarquable qui a été fait par Clémentine Autain, François Ruffin, Patrick Cannaire, Pierre Dariville, chez moi. Tout le monde. On a tous mouillé la chemise. C'est ça qui préoccupe. Eh bien, moi, je souhaite...

16:45
Présentateur

Donc, le problème, ce n'est pas la NUPES, le problème, c'est Jean-Luc Mélenchon.

16:48
Fabien Roussel

Ce que je souhaite, ce n'est pas parler des problèmes, mais de montrer ce qui avance. Je reviens dans votre regard

16:52
Présentateur

que vous estimez que je n'ai pas forcément le temps mais que vous ne voulez pas forcément le dire tout haut à ce micro.

16:58
Fabien Roussel

Mais permettez-moi de mettre en avant ce qui est pour moi important. Mélenchon, ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est que nous, ensemble, on va continuer de travailler. On va continuer d'aller voir les Français. On va continuer d'être rassembleurs. Grève reconductible. Écoutez-moi. On va continuer d'être rassembleurs pour deux, unitaires pour deux. Celui de l'unité, pas de la division. Nous, c'est ça. Et ce qui est important maintenant, c'est le 7. Et le 7. Le 7 mars prochain. C'est une journée

17:25
Présentateur

de France à l'arrêt. Voilà ce que demandent tous les syndicats, Laurent Béanger, Philippe Parton,

17:30
Fabien Roussel

et tous les autres. Et ce choix que fait l'intersyndical, qui est un choix historique. Notez-le, ça fait 50 ans au moins que ça n'est pas arrivé dans notre pays, bien avant 95. Il faut retrouver une date où une intersyndicale avec la CFDT appelle à l'arrêt du pays. C'est historique ce que nous vivons. Pour beaucoup de salariés, je le dis, nous vivons un moment important de notre pays. Ce qui compte, c'est d'être unis justement. Donc c'est pour ça que je souhaite mettre autant l'accent sur cette union du monde du travail. Elle est essentielle pour aller à la victoire. Je crois que nous pouvons gagner. Je pense que nous pouvons gagner.

Et si nous gagnons là-dessus, et le 7 mars est une étape importante. Parce que si plus de monde vient, si des artisans et des commerçants baissent leur rideau, si plus de mairies décident de fermer symboliquement leur mairie, comme de plus en plus le font, malgré les menaces de M. Darmanin, si nous sommes plus nombreux à s'engager dans ce mouvement, mais c'est M. Macron qui, lui, va être dans la difficulté. Et on verra s'il continuera d'afficher son sourire narquois. Mais il y a aujourd'hui besoin d'être encore plus nombreux, le 7, pour montrer que la détermination, la force, le calme, la sérénité, elle est chez nous. Deux questions encore sur cette grève

18:35
Présentateur

et sur l'essence. Sur cette grève, est-ce que vous estimez qu'elle doit être reconductible ?

18:40
Fabien Roussel

Ce sont les salariés dans leur filière, dans leurs entreprises, qui décideront de reconduire ou pas. Et je respecterai leur choix.

18:46
Présentateur

Sur le diesel, on a bien compris que vous estimez que Total a volé avec des méthodes mafieuses, voire même du racket. Mais est-ce que sur la question du prix de l'essence, est-ce que, comme Emmanuel Macron, vous estimez qu'il doit faire un geste sur le diesel ?

18:57
Fabien Roussel

Il doit bloquer les prix, mettre en place une taxe flottante qui fonctionne. On m'a dit, à l'époque, quand j'ai proposé ça, ça coûte cher. Quand on voit les dizaines de milliards d'euros que l'État met, c'est notre argent quand même, un coup par-ci, un coup par-là. Dixaines de milliards d'euros que se font les profiteurs de guerre, les Total et autres. Alors oui, oui, il y a du gras, il y a de l'argent là-bas qui devrait servir à baisser le prix de l'essence. Et d'ailleurs, je me permets de m'adresser aux automobilistes qui vont, en plus du prix de l'essence, souffrir des ZFE, les zones à faible émission dans les grandes métropoles.

Je salue la ville de Lyon qui a fait le choix de reporter d'un an. Et notamment, grâce à la pression de maires, dont Pascal Picard, la maire de Vénitia, la maire communiste. Donc, comme quoi, on est utile. Et je souhaite que dans toutes les ZFE, aujourd'hui, on recule la date de mise en œuvre de cette réforme car beaucoup d'automobilistes...

19:57
Présentateur

Vous appelez toutes les agglomérations à faire une pause dans la mise en place des ZFE.

20:01
Fabien Roussel

de la bombe sociale. J'en rends compte, vous savez que je fais mon tour de France, c'était à Metz encore lundi. Non mais on les entend sur RMC tous les matins parce qu'ils n'ont pas les moyens de changer de voiture. On n'a pas de voiture de critère 1 et 2, on a une voiture de critère 3 et 4.

20:11
Présentateur

Même à Paris, il faut arrêter les ZFE.

20:13
Fabien Roussel

Les primes du gouvernement ne sont pas suffisantes. Partout ? Il faut donc les repousser. Il faut que l'État mette une prime à 10 000 euros et il faut que l'État bloque aussi les prix des véhicules parce que Renault a profité de la dernière prime de reconversion Macron pour augmenter les prix de ses véhicules. Pause sur toutes les ZFE de France. Je l'ai bien entendu. La France est en souffrance. Il faut pouvoir réconcilier et protéger les Français.

20:37
Présentateur

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste et député du Nord. Merci d'avoir répondu à mes questions. 8h à 53 sur RMC BFM TV.