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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 2 novembre 2024 25 min

Infrapolitique : comment le RN impose ses idées

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] alors que l'extrême droite est arrivé en 3e position lors du second tour des élections législatives de juillet dernier il semble que son influence sur la politique du gouvernement sur les politiques publiques en général sur l'imaginaire que nous avons en partage sur notre langage que cet influence là n'a jamais été aussi important c'est que ce que montre entre autres la proposition d'une nouvelle loi immigration demandée quelques jours plutôt par l'ancienne candidate du rassemblement national alors comment expliquer et comprendre cette victoire de l'ex ême droite dans le champ des idées alors que ce camp politique n'a jamais remporté une victoire nationale est-ce que la lecture traditionnelle de la guerre culturelle reste pertinente et quel rôle a joué une autre dimension plus souterraine l'infrapolitique pour en parler deux chercheurs ce soir Michel Fessel bonsoir bonsoir vous êtes philosophe professeur à l'École polytechnique et avec vous Étienne olion bonsoir bonsoir vous faites paraître tous les deux cet ouvrage aux éditions du Seuil intitulé une étrange victoire l'extrême droite contre la politique merci à tous les deux d'être présents ce soir dans question du soir [Musique] c'est une Europe forteresse avec une ligne de plus en plus dure qui se dessine des solutions qu'il y a quelques années étaiit encore complètement tabou sont aujourd'hui discutés ouvertement comme par exemple l'idée de créer des espèces de centres de déportation pour migrants des centres qui seraient situés en dehors de l'Union Européenne et où on expulser TR des migrants déboutter du droit d'asile une manière pour l'Europe de sous-traiter en quelque sorte la gestion des migrants un peu comme ce que fait déjà l'Italie avec la banie dans la gestion des demandes d'asile le sommet européen à Bruxelles qui se tenait hier soir un son issu de la RTBF Michael fessol est-ce que peu à peu pas à pas l'extrême droite en Europe en France a gagné la bataille des idées alors sur le champ qui vient d'être évoqué de celui de qui est celui de l'immigration ça paraît évident puisqueen effet bien au-delà maintenant de de l'extrême droite partisane ou médiatique ce thème est apparu dans le discours gouvernemental on vient de le voir avec le journal et votre sonore il est apparu comme absolument fondamental et déterminant avec cette idée que finalement l'immigration était d'une certaine manière la cause exclusive de la délinquence cette espèce de d'équation entre immigration et délinquence elle est aujourd'hui dans l'opinion publque certainement devenu majoritaire quoi qu'il faille noter aussi que l'immigration n'est pas généralement le premier thème qui est avancé dans l'imig dans la dans l'opinion publique ou dans les sondages généralement il est plus question de question économique ou de de lien visiblement à la sécurité ce par quoi il faudrait peut-être préciser les choses c'est que l'immigration tel qu'ils en parlent d'une certaine manière est devenue un thème qui s'accorde aussi d'où peut-être la question de l'infrapolitique à des expériences en particulier le mot d'ordre de l'extrême droite aujourd'hui c'est on est chez nous et avec Étienne olon on a voulu réfléchir au fond au sousbassement non politique de cette on est chez nous cette espèce d'évidence après tout que nous soyons chez nous peut-être ressenti comme une évidence par quantité de gens en France y compris d'ailleurs des des personnes issues de l'immigration voire des étrangers mais tout ne se joue pas seulement au niveau je dirais politique de l'immigration on est chez nous dans le discours de l'extrême droite ça veut dire vous n'y êtes pas vous ceux qui êtes étranger ou vous qui êtes migrant ou même vous d'ailleurs qui êtes issu de génération issu de l'immigration c'est d'abord une phrase d'exclusion c'est d'abord une phrase d'exclusion mais qui se présente sous les atours de l'évidence et au fond l'infrapolitique cela veut dire réfléchir à ce qui rend ce type de phrase dans sa dimension d'exclusion à ce point évidente qu'elle touche au bon sens finalement et qu'il soit à ce point difficile de la remettre en cause on va revenir sur cette notion de bon sens elle est elle est au cœur de de votre ouvrage mais abord mais d'abord une question de définition l'infrapolitique c'est quoi exactement Étienne olon et même dans le champ intellectuel d'où vient la notion bah la FR politique elle a une longue histoire dans le champ intellectuel on pense général aux travaux de James C Scott he l'anthropologue qui avait montré dans ses travaux sur décéd au printemps dernier décédé au printemps dernier qui avait montré dans ses travaux que il y avait des formes de luttes qui pouvaient être des luttes nonorganisées parce que elle mettaient en jeu la vie des gens en fait qui pourraient vouloir s'opposer et que pour se faire ces personnes-là n'allaient pas faire des luttes collectives mais de la de la Résistance locale et donc c'est de l'infrapolitique alors c'est pas exactement dans cette filiation là queon s'est inscrit même si évidemment Scott est une influence et quelqu'un qui nous invite à regarder la la politique où elle ne se joue pas toujours nous quand on a pensé à infaoltique c'était plutôt par opposition à cette métapolitique ce terme qui était souvent évoqué par les théoriciens d'extrême droite depuis les années 1970 pour expliquer que si on voulait si l'extrême droite voulait gagner la bataille il allait falloir non pas qu'elle mène de la lutte du quotidien dans les urnes dans la rue mais qu'elle allait devoir aussi gagner la bataille des idées et qu'elle s'imposerait de manière évidente c'est les grandes théories d'Alain de Benoît et qui ensuite ont été largement reprises et il nous a semblé que de ce point de vue-là l'extrême droite n'avait pas gagné la bataille métapolitique comme on l'entend souvent on dit souvent qu'elle a aussi gagné pour un autre terme la bataille de l'égémonie culturelle le terme de gramchi notamment qui est le terme en effet d'Antonio gramchi ce qui évidemment ne manque pas d'une certaine ironie puisque gramchi était évidemment un communiste et ce qu'on a cherché à voir et ce qu'on a démontré aussi hein c'est que bah l'extrême droite n'a pas gagné cette bataille des idées au sens des idées programmes he elle l'a évidemment gagné dans le cadre de l'immigration et de du lien d'implication entre immigration et insécurité mais sur tout un tas d'autres domaines l'extrême droite au contraire c'est beaucoup plus ajusté à l'opinion publique dominante prenez les valeurs qu'on appelle classiquement du libéralisme culturel l'IVG la PMA de ce point de vue-là l'extrême droite en fait le le mariage homosexuel l'extrême droite c'est plutôt à basculer pour venir sur la position dominante sur l'Europe il faut rappeler que il y a à peine 10 ans l'extrême droite endait la sortie du marché unique elle a des positions maintenant qui sont beaucoup plus et de la monnaie unique elle a des positions qui sont maintenant beaucoup plus proches et donc si elle n'avait pas et on pourrait multiplier les exemples donc elle n'a pas gagné la bataille des idées au sens programmatique alors si elle n'a pas gagné la bataille des idées au sens programmatique il faut quand même expliquer pourquoi est-ce qu'elle arrive à arriver très haut dans les il faut quand même expliquer son succès dans les urnes qui ne peut pas s'expliquer uniquement par l'abstention et la motivation seulement d'une partie de la population puisqu'on a vu lors de la dernière élection que près de 4 80 % des personnes étaient allé voter et c'est là qu'on mobilise contre cette métapolitique l'idée que l'extrême droite a gagné en développant une infrapolitique je voudrais revenir sur l'une des notions je le disais qui traverse votre livre c'est la notion de bon sens et je vous cite cette notion là c'est imposé c'est si cette notion là s'est imposée c'est bien plus en nehémisant ses propositions en brouillant les lignes c'est aussi et surtout en s'attaquant aux thèes des autres ou à ce qu'elle représente et présente comme tel wisme véganisme théorie du genre l'extrême droite a mené les batailles cont re des fantasmes des idées de la gauche qu'elle a ainsi pu facilement critiquer au nom d'un bon sens que toute personne raisonnable devrait soutenir fin de citation Michel fessul comment le bon sens on est tenter de nous expliquer ce que ça veut dire comment le bon sens est-il mobilisé par l'extrême droite ben il est mobilisé en particulier pour s'opposer aux idées qui sont celles des ennemis affichés que vous avez cité de l'extrême droite les ennemis c'est le wokisme c'est le véganisme c'est une conception LGBT de genre et cetera et donc ce qui nousarut intéressant c'est de voir que quand on dit de manière peut-être un peu trop simple que l'extrême droite a gagné la bataille des idées on oublie non seulement ce que nous avons déjà dit c'est-à-dire qu'il s'agit plutôt de bon sens que d'idées développé car les idées il faut évidemment avoir cela en mémoire les idées de l'extrême droite historique sont des idées qui évidemment nationalisme intégral xénophobie racisme ne peuvent plus être mis en avant aujourd'hui par conséquent ces idéeslà ne sont pas ou rarement revendiqué à part peut-être dans la frange la plus radicale qui n'est pas la frange partisane celle qui gagne en tout cas les élections ou en tout cas qui ne les perd pas en France en revanche les idées dont parle souvent l'extrême droite sont des idées qu'ell emprunte disons à la gauche pour les caricaturer et de ce point de vue le le wisme est un bon exemple puisque ce qui nous a paru le plus intéressant ce n'est pas tellement le fait que l'extrême droite traditionnellement s'oppose à cette alerte à l'égard de toutes les injustice en particulier raciale ou de genre donc le wisme mais la manière dont elle sur des termine en réalité ces notions jusqu'à faire du wisme un danger pour la société or quoi que l'on pense du wokisme à supposé qu'un tel une telle doctrine existe il y a peut-être des attitudes d'éveil mais il n'y a certainement pas de doctrine politique du wokisme en tous les cas on ne peut pas dire que la gauche à travers cette cette manière de se rapporter au réel domine l'espace culturel et donc de deux choses l'une ou bien on envisage simplement cette espèce de surdétermination de de l'hégémonie culturelle de la gauche qui est un peu anachronique c'est comme si le discours qu'on entend dans les médias d'extrême droite ou ou dans les parties d'extrême droite nous ramène en quelque sorte aux années 80 à un moment où effectivement euh la la les idées de gauche en tout cas dans le champ sociétal plutôt que dans le champ social étaiit dominante donc il y a un anachronisme mais un anachronisme qui bizarrement marche puisque il y a des individus des citoyens parfois qui pensent alors qu'ils ne sont en rien liés à ce genre de doctrine que le wokisme est une sorte de force obscure qui travaille à remettre en cause leur vie donc on s'est intéressé à la question de savoir finalement pourquoi ce genre d'attitude ce genre de de conception ou des idée de la gauche un peu dénaturée apparaissent pour une partie importante du public comme la cause de leurs mots mais je reviens quand même un instant à cette notion de bon sens et là il faut en revenir aussi à gramchi en quoi le bon sens porte-il en lui-même une forme de conservatisme oui c'est en fait quelque chose qu'on s'est dont on s'est aperçu et c'est là que le croisement des disciplines était aussi important parce que les les sciences sociales ont bienent montré que cette notion de bon sens euh est largement mobilisée à l'extrême droite il faut rappeler par exemple que Matthéo Salvini donc le l'ancien le le le le le le ministre de l'Intérieur et le soutien de Georgia Meloni dans la coalition actuelle en Italie coalition de droite et d'extrême droite avait fait une campagne entière en ventant le choix du bon sens alors pourquoi est-ce que le bon sens est d'un point de vue intellectuel intéressant à à mettre en avant parce qu'en fait le bon sens c'est quelque chose qui d'une certaine manière s'autorise à ne pas débattre pourquoi est-ce qu'on débattrait puisque c'est évident c'est un peu l'équivalent du bainvoyon d'éic Zemour qu'on a beaucoup entendu pendant la campagne et gramchi le le rappelait bien en fait qui disait que le bon sens donc cette espèce de d'expression de l'expérience du moment est quelque chose de néophobe néophobe pourquoi il n'aime pas la nouveauté bah justement parce qu'il vient de notre histoire personnelle de notre passé et dû vote des femmes dans la première moitié du 20e siècle au droit des personnes homosexuelles et à T changement d'une certaine manière le bon sens c'est-à-dire l'expérience de ce qu'on a l'expression de ce qu'on a jamais vécu est quelque chose qui est conservateur puisqu'il va finir par rappeler en permanence à ce qui était avant et donc empêcher d'envisager des avenirs fustil plus juste meilleur donc le bon sens selon vous selon gramchi en l'occurrence participe à reproduire des formes de domination et de pouvoir bah le bon sens est de manière évidente quelque chose par définition presque qui est est conservateur puisque il cherche simplement il il n'est que l'expression de la socialisation et de l'expérience des individus jusqu'à in tenté et donc de ce point de vue-là il est quelque chose qui maintient l'ordre du monde Michel Fessel l'autre levier qui est très très souvent mobilisé par l'extrême droite c'est cette idée selon laquelle la gauche elle serait hégémonique depuis 40 ans et notamment dans le champ médiatique comment vous avez abordé cette questionl on l'a abordé d'abord avec une certaine surprise parce qu'effectivement il fut un temps peut-être où en France on peut le dater à peu près de 68 aux années années 90 ou une certaine gauche plutôt libérale disons mais une gauche effectivement qui sur les questions d'égalité entre les hommes et les femmes d'égalité aussi évidemment entre les personnes selon leur origine ethnique cette gauche était dominante dans le la classe médiatique or aujourd'hui effectivement l'un des ressorts fondamentaux de la ça renvoie d'ailleurs au bon sens de la victoire idéologique de l'extrême droite c'est de présenter cette hégémonie comme toujours puissante et comme d'ailleurs toujours puissante accordée ce qui est une autre un autre motif de de surprise à une certaine hégémonie aussi de l'université parce que généralement ce qui est discuté dans euh la la la l'hégémonie supposée de la gauche c'est une espèce d'universitarisme qui travaillerait sur des sujets on l'a cité le hawisme le véganisme les études de genre qui auraiit en quelque sorte envahi euh les le l'espace public et même changé profondément les mentalités parce que ce qu'il y a un petit peu de de très fautif dans cette interprétation à notre avis métapolitique c'est que tout se jouerait au niveau des mentalités intellectuelles en qu s des grandes idées des visions du monde comme on le disait autrefois or il nous semble que l'infrapolitique c'est justement ce qui se situ au niveau des expériences et la la grande la grande réussite de l'extrême droite c'est d'avoir transformé euh le bon sens qui en fait n'est quoi d'autre le bon sens ça n'est rien d'autre que des habitudes qui sont présentées comme devenu naturels ce sont des acquis culturels ou des transformations euh de nos manières de voir que l'extrême droite présente comme absolu et de ce point de vue-là effectivement il nous a semblé assez paradoxal et Anach chronique de présenter l'université et la gauche c'est peut-être aussi lié à une certaine influence américaine ou effectivement l'université productrice de sens pour la politique les présenté aujourd'hui en France comme absolument absolument dominante je voudrais vous faire entendre la voix du chercheur politiste Vincent Tibéri il était l'invité de France interre le 3 septembre dernier quand on parle de droitisation effectivement il faut il y a un avant et il y a un après puis il y a différentes dimensions très clairement la scène politique elle s droitisée une partie de la scène médiatique S droitisée la question c'est est-ce qu'il y a une droitisation chez les citoyens et là il faut réfléchir il faut regarder et plutôt que de regarder chacun ses réseaux chacun ses envies chacun ses sériies le but du jeu pour moi est de reprendre l'ensemble des enquêtes d'opinion qui ont pu être faites par l'Ifo par l'psos par les institutions européennes les institutions françaises et à partir de ça quand vous mettez ensemble des séries de questions sur le racisme sur l'homosexualité sur les rôles de genre sur le rôle de l'État vous vous rendez compte que c'est pas aussi simple et voir même la France a considérablement progressé notamment sur la question de genre et de minorité sexuelle mais c'est pas que ça c'est aussi la tolérance à l'endroit du multiculturalisme de la diversité et c'est également les questions socio-économiques quand on demande est-ce que l'État doit intervenir dans l'économie ça continue bon là est-ce que Étienne olion ces résultats contredisent vos recherches du moins on a bien l'impression que l'extrême droite sur le plan des idées même du point de vue de l'infrapolitique n'a pas totalement totalement gagné encore ah non pas du tout je pense pense que ce que montre Vincent tibéry et c'est un livre qui est vraiment très intéressant et sur lequel on s'est appuyé c'est que la thèse justement de l'hégémonie culturelle de l'extrême droite est une thèse fausse puisque quand on va regarder en tout cas au niveau des électeurs et Vincent Tibéri fait cette distinction entre les électeurs et les producteurs d'opinion politique entre l'offre et la demande politique entre l'offre et la demande politique euh la la celle du haut et celle du bas Vincent tibéry montre bien que du côté des électeurs il y a pas d'hégémonie culturelle il y a pas eu de leupénisation des esprits comme on le disait à une certaine époque donc de ce point de vue-là les deux livres sont parfaitement euh raccord et disent à peu près la même chose là où il y a une petite différence mais c'est normal chacun aussi travaille dans son domaine et chacun aussi se donne un objet c'est peut-être quand euh euh on cherche nous à savoir pourquoi finalement l'extrême droite arrive aussi près du pouvoir et qu'elle a failli remporter les élections de juillet 2024 euh ce qui n'est pas l'objet de Vincent tiberry Michel fessul que peut-on dire du d'une autre expression celle-ci euh on ne peut plus rien dire c'est aussi expression qu'on entend un peu partout comme si moralement on était empêché de dire certaines choses et notamment d'ailleurs des vérités on peut d'abord dire que cette expression elle est contradictoire du point de vue performatif comme on dit c'est-à-dire qu'au moment où on s'apprête à dire des horreurs évidemment on précise qu'on ne peut plus rien dire et donc évidemment il y a là quelque chose qui apparaît aussi comme étrange he d' le titre l'étrange victoire ce que l'on peut en dire aussi qui me paraît important quand cette formule ce qui arrive souvent se retrouve dans la bouche de de personnes qui se réclam de l'extrême droite ou de la droite extr extrême c'est que le on ne peut plus rien dire il faut être attentif aussi à chaque mot mais en particulier au plus au plus rien dire c'est-à-dire qu'on nous serion arrivés aujourd'hui ce qui est tout de même paradoxal une époque où le rassemblement national est au porte du pouvoir à une période où finalement nous érionss en quelque sorte l'impossibilité linguistique de dire des choses relatives alors à l'immigration à son rôle dans la dans la délinquence dans la criminalité alors que cela fait tout de même l'essentiel de l'agenda en tout cas une grande partie de l'agenda politique aujourd'hui et l et donc le on ne peut plus rien dire cela veut dire qu'avant il y avait une sorte d'âge d'or de la liberté de parole hein autrefois on pouvait parler alors quand on interroge cette autrefois on se rend compte assez facilement que cette autrefois c'était celui qui renvoie à l'avant 68 ou à l'avant années 80 où effectivement là il y avait un certain une certaine forme de politiquement correcte sur les questions qui n'est d'ailleurs pas déplaisant ce politiquement correct sur les questions raciales ou de genre autrement dit on ne peut plus rien dire veut dire aujourd'hui où d'autres ont pris la parole des minorités les femmes des minorités ethniques des minorités de genre ou des minorités d'orientation sexuelle et bien il faudrait revenir à cette espèce d'âge d'or où au fond n'avait le droit de parler que ceux qui se trouvaient du fait de leur naissance du fait de leur habilitation culturelle ou social se retrouvai à cet âge d'or où ne parlit finalement que les hommes généralement les hommes au sens d'ailleurs genré du terme qui avait la parole et donc le on ne peut plus rien dire dis en réalité l'inverse de ce qu'il veut dire il veut dire on ne peut plus rien dire ça veut dire il faut mettre un terme à la libération de la parole qui a eu lieu depuis un certain nombre d'années pour ces minorités précisément dans la progression é lion de l'extrême droite au niveau infrapolitique quelle est la responsabilité des médias en général et des journaliste politique en particulier oui c'est quelque chose qui nous a intéressé aussi parce que ce qu'on a regardé c'est évidemment les qu'on dit en anglais les Usual Suspect les suspects évidents que serait les quelques chaînes et radios qui ont été racheté récemment par des milliardaires et qui diffusent du matin au soir des idées d'extrême droite mais il nous semblait que l'analyse serait peut-être un petit peu courte si on s'en arrêtait là et que on on ne verrait pas en fait que plus de 90 % en fait des autres titres et de du lectorat ou de l'audience reçoit un contenu différent et c'est là que on a été amené et à regarder comment dans des endroits qu'on ne peut pas soupçonner d'être favorable en tout cas explicitement aux idées de l'extrême droite on a eu des manières d'écrire des normes professionnelles dans le journalisme politique qui peut-être hein et c'est des hypothèses qu'on pose ont favorisé sinon sa montée en tout cas le fait de ne pas le soumettre à la à lui poser la question l'interroger sur ce qu'il ferait donc une des enquêtes qu'on a mené et qu'on cite rapidement dans dans le livre mais qui s'appuie sur bien d' d'autres travaux c'est de montrer que par exemple on a une montée du traitement politique par les journalistes dans la plupart des tipes titre une montée de ce qu'on pourrait appeler une narration coulisse et bataill on va raconter les coulisses de la politique on va raconter les clashes on va raconter les stratégie les personnalités également on va personnaliser on va aussi faire éventuellement de l'entertainment et ce faisant ce qu'on ne fait pas c'est qu'on n pas en train de parler ni du programme ni du contenu ni des implications on ne demande pas par exemple à l'extrême droite comment est-ce qu'elle va renvoyer telle ou telle catégorie de population on ne demande pas combien va coûter telle ou telle mesure ne demande pas comment elle va financer et donc en ne posant pas cette question parce qu'on est focalisé sur cette idée de raconter les coulisses les batailles les tensions parfois en pensant qu'on est en train d'apporter un coup fatal hein à ces parties j'imagine les gens qui racontent les tension au sein du rassemblement national pour prendre telle ou telle position à l'intérieur du parti bah pendant qu'on fait ça on n'est pas en train de les d'interroger l'extrême droite sur ce qu'elle ferait une fois arrivé au pouvoir je voudrais vous faire entendre la voix de Géraldine maillet elle est chroniqueuse de l'émission TPMP Touche pas à mon poste et elle était interviewée le 16 octobre dernier par un journaliste belge je trouve que c'est débile le système qui dit l'extrême droite l'extrême droite l'extrême droite est-ce queil y a touche pas mon poste en Belgique est-ce queil y a touche pas mon poste dans tous les pays européens l'extrême droite monte partout donc en fait arrêtons de croire que c'est Touche pas à mon poste ou nous autres pauvres chroniqueurs c'est pas pour autant qu'il faut donner la parole aussi souvent mais en fait il faut donner la parole à tout le monde mais en fait on chez nous pas par exemple pardon chez nous pas nous on dans ce qu'on appelle un cordon sanitaire on donne pas la parole à l'extrême droite ici en Belgique francophone c'est quelque chose qui existe chez nous et et du coup dans les Ies ça donne quoi justement Belgique francophone on a pas l'extrême droite on l'a beaucoup de l'autre côté du pays du côté flamand en fait ça veut dire que vous donnez pas la parole à tout le monde à tous les à tous av tout à faitme chez nous ouai tout à fait médiatique géraline maillet Michel Fessel soulève un point important c'est vrai qu'il est compliqué de ne pas inviter l'extrême droite quand elle fait de tels scores aujourd'hui notamment électoraux lorsqu'elle semble à ce point présente dans dans la société française est-ce que cette question du cordon sanitaire vous l'avez abordé et pensé euh nous ne sommes pas favorbles spécialement à cordon sanitaire pour la bonne et simple raison que le le taux maintenant de parti de de vote pardon pour l'extrême droite est tel que certainement c'est devenu incontournable cela dit cela rappelle aussi le fait que la popularisation des thèses de l'extrême droite présenté au fond comme des thèses parfaitement républicaines la neutralisation de la dimension politique et potentiellement antidémocratique de leurs idées joue évidemment un rôle dans euh dans leur succès et de ce point de vue-là on retrouve un peu le on ne peut plus rien dire c'est-à-dire cette idée selon laquelle au moment même où ces thèmes s'imposent ou cet infraapolitique aussi s'impose ce culte du bon sens national s'impose et bien se présenter encore dans une certaine victimologie si j'ose dire il y a une sorte de nationalisme W he si je peux le dire de ce point de vue-là consistant à dire finalement que le le le le l'extrême droite serait aujourd'hui l'objet de censure permanente au moment même où du point de vue du champ médiatique et du champ politique elle triomphe ou en tout cas elle engrange les succès donc la question du cordon sanitaire elle est on peut le regretter dépassé pour la France aujourd'hui simplement pourrait-on attendre effectivement Étienne olion le suggérait que l'extrême droite comme d'ailleurs d'autres partis hein politiques soit interrogé sur les conséquences politique de leur éventuel accès au pouvoir c'est la moindre des choses que l'on puisse demander au vainqueur potentiel de rendre compte de ce qu'il fera de sa victoire ce qui est arrivé euh dans la semaine que nous appelons dans le livre en hommage à à Ragon la semaine in c'estàd la semaine qui a séparé les de tours de l'élection législa et où pour la première fois en France un événement historique considérable l'extrême droite pouvait l'emporter dans les dans les urnnes et là la question si je puis dire a de nouveau été posée on l'a vu par exemple sur l'exemple des binationaux ou cette espèce de d'idée Surel laquelle il y aurait des Français à moitié ou des Français de papier la question s'est posée non pas simplement de l'idéologie xénophobe qui est derrière cette thèse mais de ce que ferait ce mouvement politique de ces binationaux si jamais il devait accéder au pouvoir et très vite on s'est rendu compte que et le RN lui-même a dû le l'avouer en renonçant à cette idée selon laquelle au fond constitutionnellement il serait possible du point de vue même de ce qu'est la République de distinguer entre des catégories de citoyens Étienne olon en quelques mots est-ce qu'on pas est-ce qu'on ne tire pas des liens causaux des liens de causalité un peu rapides entre allez le discours tenu dans les médias et ce que les gens vont penser voter est-ce que les électeurs sont si manipulable entre guillemets que cela non évidemment ils ne le sont pas et il est essentiel de rappeler que on ne peut pas imposer des idées aux gens ce qu'on dit souvent dans les travaux qui s'intéressent aux médias c'est que on ne peut pas dire aux gens ce qu'ils pensent mais on peut leur dire à quoi il faut penser sur quoi il faut débattre et c'est un petit peu là en fait que il est intéressant de de de porter justement le débat c'est-à-dire que à partir du moment où on va poser les termes du débat en disant que c'est évidemment sur l'immigration qu'il faudrait discuter quand on parle au lieu de parler de d'autres for de difficulté qui comme le rappelait Michael fossel tout à l'heure sont celles que les Français citent le plus souvent dans les sondages le pouvoir d'achat c'est le principal problème qui est mentionné depuis le pouvoir d'achat et la santé et le second c'est la santé et l'immigration joue entre 3 4 et 5 dans tous les baromètre d'opinion merci beaucoup à tous les deux Michel Fessel je rappelle que vous êtes philosophe professeur à l'École polytechnique Étienne olon sociologue au CNRS le titre de vot trouvages qui apparu au seuil une étrange victoire l'extrême droite contre la politique merci à vous deux d'être venu ce soci question du soir merci

Infrapolitique : comment le RN impose ses idées — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote