Sébastien Chenu : "Il y a une submersion migratoire en France !" (France Info)
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Bonjour Sébastien Chaudu. Bonjour Monsieur.
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Qu'est-ce que ça signifie que vous n'allez pas le censurer ?
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Moi j'ai d'autres chiffres. Des chiffres de l'assurance maladie, vous savez, qui se basent sur cette population clandestine qui touche l'AIM, l'aide médicale d'État.
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Donc vous choisissez vos chiffres en fait ?
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Sébastien Chenu, certains parlent d'un calcul politique de la part de François Bayrou, en utilisant ce terme de subvention migratoire, pour que, justement, vous n'utilisiez pas la censure à son encombre.
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Et, en même temps, de nombreux restos en France ne tourneraient pas sans cette immigration de travail.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« en un siècle, l'immigration est passée dans notre pays de 4 à 11%. »
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« Donc évidemment, c'est visible avec un pic d'ailleurs en 2015. »
- 0:51PrésentateurChiffre
« Des chiffres de l'assurance maladie, vous savez, qui se basent sur cette population clandestine qui touche l'AIM, l'aide médicale d'État. C'est à peu près un peu moins de 500 000 personnes, soit entre 0,5 et 1% de la population. »
- 1:09PrésentateurChiffre
« Et sur la population étrangère en France, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas la nationalité française, mais qui sont en situation régulière, c'est à peu près 7 à 8%. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Non, parce qu'en fait, vous avez deux difficultés. Vous avez une augmentation du nombre d'étrangers réguliers. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« qui vous dit qu'en un siècle, on est passé de 4 à 11%. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Moi, je pense qu'il faut travailler sur les salaires. La hausse des salaires. »
- 5:14Invité politiqueChiffre
« je vois qu'il y a 640 millions d'euros en moins, par exemple, pour la recherche. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Je vous rappelle que les 7 heures de travail gratuits, visiblement, ils ont reculé, parce qu'on a râlé. »
- 5:38Invité politiqueFait
« La taxation sur les retraités, c'est nous qui l'avons fait reculer. »
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« Vous savez qu'il y a un certain nombre de départements en France qui n'ont pas d'unité de soins palliatifs. »
- 7:44Invité politiqueFait
« Bon, d'abord, Mme Borne nous avait dit en étant nommée qu'elle n'était pas une spécialiste de sujet. »
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« C'est important que les jeunes soient au courant de l'éducation sexuelle. »
Temps de parole
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Bonjour Sébastien Chaudu. Bonjour Monsieur. François Bayrou persiste et signe. François Bayrou, le Premier ministre, a maintenu hier le terme de submersion migratoire. C'était à l'Assemblée nationale. Vous l'avez applaudi, vous personnellement, chaleureusement. Vos collègues députés du RN également. Qu'est-ce que ça signifie que vous n'allez pas le censurer ?
Ça n'a rien à voir avec le budget. Ça signifie simplement que François Bayrou a ouvert les yeux sur une réalité. Vous savez, en un siècle, l'immigration est passée dans notre pays de 4 à 11%. Donc évidemment, c'est visible avec un pic d'ailleurs en 2015. Depuis 2015, un pic évidemment d'arrivée d'étrangers sur notre territoire. Donc François Bayrou fait un constat. Il est un peu d'ailleurs le spécialiste des constatations, souvent d'ailleurs stériles, parce qu'on est dupe de rien, parce qu'il fait des constats, qu'il dit ce que nous disons depuis des années et qu'il en tirera les conséquences.
Alors Sébastien Chaudu, moi j'ai d'autres chiffres. Des chiffres de l'assurance maladie, vous savez, qui se basent sur cette population clandestine qui touche l'AIM, l'aide médicale d'État. C'est à peu près un peu moins de 500 000 personnes, soit entre 0,5 et 1% de la population. Et sur la population étrangère en France, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas la nationalité française, mais qui sont en situation régulière, c'est à peu près 7 à 8%. On est loin de la submersion migratoire là.
Non, parce qu'en fait, vous avez deux difficultés. Vous avez une augmentation du nombre d'étrangers réguliers. Moi, je vous ai cité les chiffres de l'Observatoire de la Société, qui vous dit qu'en un siècle, on est passé de 4 à 11%. Mais vous avez aussi différents types d'immigration, avec des immigrations qui s'assimilent de moins en moins, pour deux raisons. Nous n'avons pas de capacité assimilatrice dans notre pays. Nous ne les avons plus.
Donc vous choisissez vos chiffres en fait ?
Non, non, des chiffres, mais je vous explique qu'il y a des immigrations aussi qui n'ont pas la volonté de s'assimiler. Aujourd'hui, évidemment, on ne parle pas d'une immigration intra-européenne, on parle d'une immigration extra-européenne, avec laquelle des difficultés d'assimilation sont évidemment bien plus grandes. Donc de toute façon, ça crée une difficulté dans la société. Ne pas le voir, c'est ne pas voir l'éléphant au milieu du salon. Et se dire que ça va s'arrêter, c'est être particulièrement naïf. Avec les problématiques, notamment, évidemment, climatiques, on sait très bien qu'il y a des millions de personnes qui souhaitent quitter, migrer.
Et si l'avenir, c'est le déménagement du continent africain sur le continent européen, ça va poser des problèmes.
Sébastien Chenu, certains parlent d'un calcul politique de la part de François Bayrou, en utilisant ce terme de subvention migratoire, pour que, justement, vous n'utilisiez pas la censure à son encombre.
Non, mais nous, on ne s'achète pas avec des mots. Si le Parti Socialiste, lui, s'achète avec des mots, eh bien, il en paiera.
Ils ont obtenu des gages, hein ? 4 000 enseignants, postes d'enseignants non sous-primés.
Moi, je vous dis, je dénonce le manque de 88 enseignants dans les Hauts-de-France, par exemple, à la rentrée prochaine. Donc, si le Parti Socialiste se fait acheter pour pas cher, c'est pas notre cas. Nous, on n'est pas dupes. François Bayrou fait un constat. On est d'accord avec le constat. On applaudit le fait qu'il ouvre les yeux sur ce constat. Mais, en réalité, on entend aussi le ministre de l'Économie et des Finances qui dit qu'on a besoin d'une immigration de travail, ce à quoi nous nous opposons. Donc, les socialistes, évidemment...
Et, en même temps, de nombreux restos en France ne tourneraient pas sans cette immigration de travail. Non, mais ça, c'est aussi un peu un fantasme. Les gens qui font le ménage dans les entreprises...
Non, mais c'est aussi un peu un fantasme. Il y a une différence entre les grands centres urbains, dans lesquels c'est très difficile d'avoir une population, une embauche, des embauches dans les restaurants, parce que c'est dur de se loger, c'est dur de se transporter et qu'on est mal payé. Et puis, en province, donc, une immigration de travail, si elle vient, si elle est légale, d'abord, si elle est légale et qu'elle vient aider, notamment en matière de santé avec des médecins, on peut regarder. Mais, je veux dire, aujourd'hui, on a 5 millions de chômeurs, on a des gens qu'il faut former pour des vrais métiers, on a des besoins, on a une problématique de salaire dans notre pays.
Moi, je pense qu'il faut travailler sur les salaires. La hausse des salaires. Et ensuite, on verra ce qu'on est capable de faire. Mais on n'est plus capable d'assimiler des centaines de milliers de gens qui viennent du bout du monde.
Sébastien Chenu, vous disiez à l'instant, nous, au RN, on ne nous achète pas avec des mots, contrairement aux partis socialistes, ce sont vos termes, c'est votre expression. Quelle est la stratégie désormais du Rassemblement national ? Elle n'est pas très claire, on ne sait pas trop ce que vous voulez faire. Est-ce que vous êtes, comme avec Michel Barnier à l'époque, on impose nos lignes rouges, et s'il les accepte, ok, il n'est pas censuré ? Vous êtes sur quelle stratégie désormais ?
Il faudrait savoir quel budget on va nous proposer. Moi, je suis désolé, mais vous ne pouvez pas savoir, ni nous, ni vous, ce que François Béroux va nous proposer comme budget. On le saura demain à l'issue de la commission exparitaire. Il y a un texte au Sénat qui, la ministre du Budget l'a dit, n'est pas le texte du gouvernement. Il y a la volonté de passer un coup de rabot général. Ça ne fait pas une politique, le coup de rabot. Nous, nous posons des questions. Quid du coût de l'immigration et de la volonté de faire baisser les dépenses liées à l'immigration ? Vous avez parlé de l'aide médicale d'État ? C'est plus d'un milliard d'eux. C'est exponentiel. Chaque année, ça monte.
Donc, quid du coût de l'immigration ? Est-ce que le gouvernement, après les propos de François Béroux, va s'attaquer au coût de l'immigration ? Quid du coût de l'Union européenne ? Notre contribution ? Là encore, on est attentif à ça. Et puis après, il y a des choses très concrètes. On voyait qu'il voulait baisser l'indemnisation des jours d'arrêt maladie. Où en sont-ils ? Donc, on va regarder tout ça.
Si tout ça ne figure pas dans le budget,
ce sont vos lignes rouges, vous censurez François Béroux. On est d'accord ? En tous les cas, on ne votera pas le budget. Ce budget qui ne s'attaque pas au grand tabou de notre société, au grand totem, qui fait des choix d'austérité à coup de rabot et qui surtout handicap la France de demain, puisque je vois qu'il y a 640 millions d'euros en moins, par exemple, pour la recherche. On devrait miser à fond sur la recherche, l'intelligence artificielle, etc. On devrait être vraiment sur ces sujets-là. Ils ne le font pas. De toute façon, on ne votera pas le budget. Est-ce qu'on censurera ? Ensuite, on va voir ce que le gouvernement... Vous savez qu'en général, on fait bouger les lignes.
Je vous rappelle que les 7 heures de travail gratuits, visiblement, ils ont reculé, parce qu'on a râlé. La taxation sur les retraités, c'est nous qui l'avons fait reculer.
Vous dites qu'on ne votera pas le budget du côté de la Rassemblement nationale. Est-ce que c'est vraiment responsable ? Vous répétez à longueur de journée que vous êtes un parti qui se normalise, qui est responsable, qui respecte les institutions. Si vous ne votez pas le budget, ça veut dire que la France... Il faut voter n'importe quel budget, en fait.
Il faut voter n'importe quel budget pour le plaisir de voter un budget. Il faut voter le budget que Michel Barnier préparait, qui assassinait les collectivités, qui assassinait les retraités, qui assassinait le pouvoir d'achat des Français. Il faut voter n'importe quel budget. Non, monsieur. Nous, on a été élus sur des idées. Je sais que ça paraît, en général, un peu fantasque de défendre des idées en politique aujourd'hui. Mais nous, on a été élus sur des engagements, des idées. Le pouvoir d'achat défendre la France qui travaille ou qui a travaillé. Et on continuera à défendre ces idées.
Un mot sur la fin de vie, ce texte que François Bayrou souhaite scinder en deux parties. D'un côté, les soins palliatifs, de l'autre côté, l'aide d'activa à mourir. Est-ce que vous êtes favorable à ce qu'en effet, deux textes soient examinés à l'Assemblée nationale ?
Oui, je pense que c'est plus utile. Je pense que c'est plus intéressant. D'abord, la problématique des soins palliatifs. Vous savez qu'il y a un certain nombre de départements en France qui n'ont pas d'unité de soins palliatifs. Moi, je suis évidemment favorable. Là aussi, je pense qu'il faut dégager des moyens. Il faut aller à fond sur les soins palliatifs. Et quand on traite ce sujet, on traite en réalité 80% du problème de la fin de vie. Puis après, un texte sur la fin de vie, évidemment, un texte difficile qui fait appel aux sciences, aux sensibilités.
Quelle est la position de votre parti de l'Assemblée nationale sur la fin de vie ?
Sur la fin de vie, c'est un sujet de société. On a la liberté de vote. Ça fait appel à des sensibilités. Ça fait appel à des histoires. Ça fait appel à des histoires personnelles, bien souvent. Donc chacun est libre. Moi, je ne suis pas hostile à voter un texte sur la fin de vie à titre personnel.
Alors aujourd'hui, la ministre de l'Éducation nationale, Elisabeth Borne, présente devant le Conseil supérieur de l'éducation un programme pour relancer dans les écoles, les collèges et les lycées, le principe d'une éducation à la vie affective et sexuelle. Est-ce que c'est quelque chose qu'il faut relancer en effet ? Est-ce que c'est quelque chose qu'il faut imposer ? Quelle est votre position au Rassemblement national ?
Bon, d'abord, Mme Borne nous avait dit en étant nommée qu'elle n'était pas une spécialiste de sujet. Elle est en train de nous le prouver. Moi, je pense qu'on attend d'abord la ministre de l'Éducation nationale, qu'elle dégage des moyens, qu'elle aide les professeurs à retrouver de l'autorité, qu'elle travaille sur des sujets de fond, l'enseignement des matières, évidemment, fondamentales, les atteintes à la laïcité, qu'elle s'investisse dessus. Je veux dire, c'est ça qu'on attend d'abord. Elle peut lancer ça et faire le reste aussi. Oui, mais enfin, visiblement, elle est beaucoup moins investie sur le reste. Moi, je pourrais trouver ça intéressant à plusieurs conditions.
D'abord, que ce soit des professionnels et non pas des associations militantes qui viennent délivrer un message politique, des professionnels qui encadrent ça. Donc, on va voir de quoi c'est fait. Mais je crois que le gouvernement a reculé par rapport au texte de la ministre précédente. Et que ce ne soit pas bercé d'idéologie. Si vous voulez, moi, je pense que... C'est important que les jeunes soient au courant de l'éducation sexuelle. Je vous dis qu'il ne faut pas que ce soit idéologique. Il faut que ce soit fait par des professionnels et pas des gens qui arrivent avec un prisme idéologique, la théorie du genre, etc. Je trouve ça, pour le coup, je suis totalement d'accord.
La théorie du genre ne figure pas dans ce programme.
Non, mais c'est pour ça que je souligne que le gouvernement a reculé là-dessus. On va regarder ce qu'il y a dedans. Nous n'avons pas été informés de ce qu'il y a dedans. Mais je rappelle qu'on attend du ministre de l'Éducation nationale, de Mme Borne, de trouver des moyens de soutenir les profs, de restaurer l'autorité, de travailler sur les savoirs fondamentaux. On attend d'abord ça de la ministre de l'Éducation nationale.
Merci beaucoup, Sébastien Chenu. Merci d'avoir répondu à nos questions.
Sébastien Chenu qui nous précise qu'on ne nous achète pas avec des mots. C'est votre phrase à propos des termes de François Bayrouillère qui parlait de ce sentiment de submersion et l'EPS qui a donc claqué la porte des négociations. On suivra ça la CMP jeudi et la motion de censure probablement la semaine prochaine. Merci à tous les deux.
Sébastien Chenu