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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 4 mars 2022 22 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & familleDéfense

Adrien Quatennens : "La lettre d'Emmanuel Macron laisse un sentiment désagréable de profonde continuité"

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Ce que dites-vous, enfin ?

  • 2:31RelanceRéponse partielle

    La baisse du chômage, c'est une réalité, Adrien Quatennens ?

  • 3:17RelanceRéponse directe

    Mais le chômage baisse au prix de la précarité, c'est ce que vous dites.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron dit dans sa lettre qu'il faudra travailler plus.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Vous appelez au débat, vous demandez à ce que le chef de l'État descende dans l'arène, mais cette campagne, elle est évidemment très délicate pour vous, Adrien Quatennens.

  • 5:15RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'abîmer l'image du Président de la République dans ce contexte international qu'on connaît ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « cette lettre est assez fade et donne un sentiment désagréable de profonde continuité. »
  • 2:24Invité politiqueChiffre
    « Quand il dit « notre industrie a pour la première fois à recréer des emplois ». »
  • 2:29Invité politiqueChiffre
    « 38 000 emplois industriels de moins depuis le début du quinquennat. »
  • 2:50Invité politiqueFait
    « On nous présente une baisse de 7% du chômage, qui en réalité cache pour l'essentiel une explosion de la précarité de l'emploi. »
  • 3:09Invité politiqueChiffre
    « Les 107 000 emplois nets créés, je crois, au dernier trimestre 2021, deux tiers, c'est de l'intérim, c'est des emplois courts. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « un chômeur sur deux n'est pas indemnisé. »
  • 4:14Invité politiqueChiffre
    « Ce pays produit 2300 milliards d'euros par an. »
  • 4:32Invité politiqueChiffre
    « Vous avez 70 milliards d'euros versés aux actionnaires. »
  • 4:38Invité politiqueChiffre
    « 5 personnes, 5 milliardaires dans ce pays, possèdent autant que 27 millions de Français, 40% de la population. »
  • 6:19Invité politiqueChiffre
    « C'est 400 000 personnes sous le seuil de pauvreté, en plus, en un quinquennat. »
  • 6:22Invité politiqueChiffre
    « 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté. »
  • 6:25Invité politiqueChiffre
    « 8 millions de personnes qui dépendent de l'aide alimentaire en France. »
  • 7:05Invité politiqueChiffre
    « l'OTAN, qui est l'alliance qui dépense 1031 milliards d'euros de dépenses militaires, dont 700 sont le fait des seuls Américains. »
  • 13:05Invité politiqueChiffre
    « les sanctions économiques [...] ça a coûté au total 8 milliards à nos propres agriculteurs. »
  • 16:22Invité politiqueChiffre
    « 240 milliards d'accroissement du patrimoine des milliardaires pendant la crise d'accord ? »

Temps de parole

  • Invité politique79 %
  • Présentateur15 %
  • Invité5 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bonjour Adrien Quatennens. Bonjour Jérôme Cadet. Vous êtes député du Nord, coordinateur de la France Insoumise. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Les auditeurs d'Inter peuvent vous interroger au 01 45 24 7000 ou via les réseaux sociaux et l'application France Inter. Nous allons évidemment parler de la situation de la guerre en Ukraine. Le pire a semble-t-il été évité cette nuit tout près de la plus grande centrale nucléaire d'Europe qui a été bombardée. Mais je voudrais qu'on commence avec la campagne présidentielle. Emmanuel Macron officiellement candidat. Il le dit dans une lettre que publient ce matin les journaux de la presse quotidienne régionale.

Vous avez lu cette lettre, Adrien Quatennens. Ce que dites-vous, enfin ?

0:36
Invité politique

Il était temps qu'Emmanuel Macron soit candidat. Il nous a plutôt habitué, souvenez-vous-en, en 2017, à être audacieux, on le disait même disruptif. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette lettre est assez fade et donne un sentiment désagréable de profonde continuité. Alors, s'agissant d'une lettre, on aurait préféré avoir une lettre d'excuse de la part d'Emmanuel Macron pour l'état dans lequel il a mis le pays après 5 ans de quinquennat. Plus globalement, ce que j'ai envie de vous dire, c'est que les circonstances du moment, qui sont graves, ne doivent pas transformer l'élection présidentielle en formalité administrative de reconduction du sortant.

Or, on a l'impression, quand on regarde ce courrier, qu'on a finalement la feuille de reconduction du sortant dont il ne manquerait plus que le talon réponse en bas en demandant aux Français, vous savez, de cocher la case « oui » et de signer. Ça n'est pas possible. Il va falloir de la confrontation, du débat d'idées, quelles que soient les circonstances particulières dans lesquelles se tient cette élection. Vous craignez qu'il esquive ce débat ? Écoutez, en tout cas, on a l'impression qu'on en prend le chemin. Alors, on espère qu'Emmanuel Macron va participer au débat. Parce que, si vous voulez, l'élection présidentielle est dans moins de 40 jours maintenant.

Et sur tous les grands sujets qui nous occupent, qu'il s'agisse de la question internationale, parce qu'on rappelle que le chef d'État est aussi le chef des armées, et que c'est lui qui impulse la politique que la France mène sur la scène internationale. On a eu, la semaine dernière, un rapport du GIEC qui est extrêmement alarmiste sur le climat. On considère, nous, que ce quinquennat est un quinquennat de perdus pour le climat. Emmanuel Macron a été condamné à deux reprises pour une action climatique. L'État a été condamné à deux reprises. Et puis, il y a surtout la situation d'urgence sociale qui s'aggrave en France sur fond de hausse des prix et d'inflation.

On a toutes les raisons de penser que ce qui se passe, y compris en Ukraine, va aggraver ces tensions. Alors après, vous savez, il y a dans cette lettre d'Emmanuel Macron de véritables mensonges et des orientations qui ne sont pas acceptables, qui apparaissent comme indiscutables dans la tonalité qu'il prend. Par exemple, quand il dit « notre industrie a pour la première fois à recréer des emplois ». Donc, quand vous regardez la réalité, c'est 38 000 emplois industriels de moins depuis le début du quinquennat. Quand il nous dit aussi...

2:31
Présentateur

La baisse du chômage, c'est une réalité, Adrien Quatennens ?

2:33
Invité politique

J'y viens. La baisse du chômage, si on peut s'attarder un instant là-dessus. Ça fait des semaines qu'on nous dit « il y a une baisse historique du chômage ». Et en effet, qui serions-nous pour ne pas nous en réjouir ? Simplement, voyez-vous, dans tout tour de magie, il y a un truc derrière. Et en ce qui concerne la baisse du chômage qui est affichée, le truc n'est pas très enthousiasmant. Je m'explique. On nous présente une baisse de 7% du chômage, qui en réalité cache pour l'essentiel une explosion de la précarité de l'emploi. C'est-à-dire que ce qui permet à Mme Borne et à M.

Le Maire de venir plastronant sur vos plateaux de radio et de télé dire que le chômage baisse, malheureusement, ce n'est pas la création d'emplois pérennes, c'est une explosion de la précarité de l'emploi. Les 107 000 emplois nets créés, je crois, au dernier trimestre 2021, deux tiers, c'est de l'intérim, c'est des emplois courts.

3:17
Présentateur

Mais le chômage baisse au prix de la précarité, c'est ce que vous dites.

3:19
Invité politique

Statistiquement, c'est-à-dire que, Jérôme Cadet, demain, vous acceptez un emploi d'une journée, par exemple. Vous sortez des statistiques du chômage, et quand on vous présente la baisse du chômage, en réalité, vous y êtes retourné. D'ailleurs, je veux vous dire qu'avec la politique qui a été menée pendant 5 ans par Emmanuel Macron, où d'un côté, on a diminué les droits des travailleurs, où de l'autre côté, on a fait des chômeurs les responsables de leur chômage, avec la réforme de l'assurance chômage, alors qu'un chômeur sur deux n'est pas indemnisé. Cette politique-là ne peut pas relancer l'emploi et l'activité.

Si vous me permettez d'un mot, avec Jean-Luc Mélenchon, nous avons un plan pour le plein emploi qui consiste, un, à dire que la productivité a beaucoup augmenté ces dernières décennies. Il faut reprendre le mouvement interrompu de la baisse du temps de travail. Quand vous voyez les sommes considérables...

4:00
Présentateur

Emmanuel Macron dit dans sa lettre qu'il faudra travailler plus.

4:02
Invité politique

C'est un désaccord total. C'est-à-dire que dire aujourd'hui aux Français, comme M. Macron le fait, il faudra travailler plus, ça veut simplement dire que M. Macron n'a pas l'intention de faire l'essentiel de ce qui doit être fait, partager la richesse produite. Ce pays produit 2300 milliards d'euros par an, et cette valeur est extrêmement mal répartie. Enfin, regardez, je sais que c'est banal, même peut-être à votre micro sur France Inter, de recevoir des responsables politiques de gauche qui fustigent les dividendes versés aux actionnaires. Mais tout de même, dans la période que nous vivons, ça a été record. Vous avez 70 milliards d'euros versés aux actionnaires. Le bilan de M.

Macron, c'est le fait qu'aujourd'hui, 5 personnes, 5 milliardaires dans ce pays, possèdent autant que 27 millions de Français, 40% de la population. Donc, dire qu'il faut travailler plus longtemps, c'est dire qu'on ne va pas partager les richesses. Eh bien, nous ne sommes pas d'accord avec ça. Nous allons, nous, au contraire, nous occuper de partager les richesses pour éradiquer la pauvreté, et relancer l'emploi par d'autres bases que l'emploi précaire que développe Emmanuel Macron.

5:00
Présentateur

Vous appelez au débat, vous demandez à ce que le chef de l'État descende dans l'arène, en quelque sorte, mais cette campagne, elle est évidemment très délicate pour vous, Adrien Quatennens. Vous l'avez dit, il est aussi chef des armées. Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'abîmer l'image du Président de la République dans ce contexte international qu'on connaît ? Est-ce que vous pouvez taper pour vous parler clair ?

5:17
Invité politique

Disons qu'il y a incontestablement une précaution. C'est qu'évidemment, dans ce contexte où, y compris la France est engagée dans des discussions diplomatiques, il faut essayer d'être, disons, sobre dans ses interventions. Mais par contre, ça ne doit pas nous exonérer de dire ce que l'on ferait et d'analyser les erreurs des dix dernières années passées qui nous ont conduits à la situation que nous avons sous les yeux. On va en parler. Mais par exemple, le fait que la France soit toujours dans cette alliance de l'OTAN, ce qui fait que quand M. Poutine reçoit M. Macron, il sait qu'il a en face de lui quelqu'un qui ne tient pas les clés entre les mains.

Il sait qu'il n'a pas quelqu'un qui est en capacité de débloquer la situation. Quand nous appelons à une France non alignée, indépendante, au seul service de la paix, c'est pour faire en sorte que, quels que soient nos interlocuteurs, ils nous considèrent comme fiables. Voilà. Donc, ces questions-là, elles sont aussi importantes dans l'élection présidentielle. Et de ce point de vue, l'élection arrive à point nommé. Donc, il faut qu'on puisse débattre de cela, mais aussi de tout le reste. Parce qu'il ne faudrait pas que, derrière le statut de chef de guerre, M. Macron soit exonéré, d'assumer son bilan sur la pauvreté qui a monté dans ce pays.

C'est 400 000 personnes sous le seuil de pauvreté, en plus, en un quinquennat. 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté. 8 millions de personnes qui dépendent de l'aide alimentaire en France. Mais il a aussi... On a l'impression, quand on lit ce courrier, que depuis sa tour de verre, Emmanuel Macron nie complètement la souffrance profonde

6:34
Présentateur

qu'il y a dans ce pays. Les gens souffrent. Mais il a aussi, à Emmanuel Macron, un bilan diplomatique et en matière internationale. Comment est-ce que vous jugez son action, en ce moment, au sujet de la guerre en Ukraine ?

6:44
Invité politique

Écoutez, on peut dire qu'il a eu des mots tout à fait raisonnés quand il est intervenu l'autre soir à la télévision. Par exemple, en rappelant que nous ne faisons pas la guerre à la Russie, en saluant le peuple russe, y compris qui manifeste contre les choix détestables de Vladimir Poutine. Pour le reste, nous le disons, tant que la France restera arrimée à cette alliance qui est l'OTAN, qui est l'alliance qui dépense 1031 milliards d'euros de dépenses militaires, dont 700 sont le fait des seuls Américains, eh bien, nous ne serons pas vécus sur la scène internationale comme ce que la France devrait être, c'est-à-dire une puissance médiatrice au service de la paix.

7:20
Présentateur

La France assurera seule sa sécurité si Jean-Luc Mélenchon est élu président de la République ?

7:25
Invité politique

En tout cas, elle retrouvera une indépendance pleine et entière pour pouvoir ne dépendre, en effet, de personne, être non-alignée.

7:31
Présentateur

Mais elle sera seule pour assurer sa sécurité sur la scène internationale, face aux menaces ?

7:35
Invité politique

En tout cas, elle créera les conditions de pouvoir être indépendante, en effet. C'est une nécessité. Vous savez, aujourd'hui, par exemple... Indépendante, mais seule. L'appartenance à l'alliance, aujourd'hui, et ce n'est pas seulement Jean-Luc Mélenchon qui le dit, écoutez, par exemple, ce qu'a pu dire le général Desportes, l'appartenance à l'alliance de l'OTAN, aujourd'hui, explique, par exemple, que les budgets de défense nationaux fondent comme neige au soleil. C'est un problème. Et en plus, avec des alliés dont on voit bien qu'ils ne sont pas aussi fiables qu'ils n'y paraissaient.

Le général Desportes disait lui-même, dans les colonnes d'un journal, que l'existence de l'OTAN est finalement une organisation qui maintient, voire développe, les tensions en Europe.

8:09
Présentateur

C'est un avis, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, disait-il il y a quelques jours, sortir de l'OTAN ? C'est insensé, débile. Cela tombe au pire moment. Fin de citation. Ça veut dire plus de solidarité aussi avec les pays de l'Est, de l'Europe ? Mais écoutez, bien sûr que si, une solidarité,

8:23
Invité politique

mais pas arrimée dans cette alliance. Pas automatique. Et puis qu'il y a quand même des objectifs particuliers. Si vous voulez, l'état du monde que nous avons aujourd'hui, c'est d'un côté des Etats-Unis, une puissance économiquement déclinante qui tient sur la scène internationale avec le fait, un, que le dollar reste à cette heure la principale monnaie de réserve et d'échange. Deux, terres tous azimuts qui fait que les Etats-Unis ont des dépenses militaires considérables et embarquent le monde entier, en tout cas leurs alliés. Tous azimuts, c'est-à-dire ? Écoutez, voyez bien que l'avancée de l'OTAN toujours plus avant à l'Est a participé du conflit que nous avons sous les yeux.

Ne pas le dire, c'est ne pas voir la réalité. Ce n'est pas le seul sujet, mais il y a au moins deux enjeux sur place. La question de l'extension de l'OTAN et ensuite la question des frontières dont Jean-Luc Mélenchon dit depuis dix ans. Quoi que vous en pensiez, il y a une dizaine d'endroits sur le vieux continent où régulièrement la question des frontières revient et fait naître des tensions. Soit vous en parlez de manière diplomatique dans le cadre, par exemple, d'une conférence internationale des frontières comme nous l'avions proposé, soit vous prenez le risque de voir sans onimer des tensions. Le peuple ukrainien n'a pas le droit

9:26
Présentateur

de défendre ses frontières.

9:27
Invité politique

Mais évidemment que si. D'ailleurs, attendez, ça c'est une évidence absolue et c'est tout le problème.

9:31
Présentateur

Il faudrait sur un coin de table renier un peu de l'Ukraine ?

9:34
Invité politique

Surtout pas, surtout pas. Si c'est ce que vous comprenez de mon développement, il faut que je m'y reprenne. Le caractère intangible des frontières est non négociable. Dès l'instant où Vladimir Poutine envahit l'Ukraine, passe les frontières, il viole le droit international, il choisit en plus un mode de règlement des conflits qu'on n'avait pas vu en Europe depuis des décennies, la guerre. Alors que pour nous, la seule boussole doit être la paix et tout doit aller à la diplomatie. Il n'y a pas d'issue militaire à ce conflit. L'issue doit être diplomatique. Sinon, on met le doigt dans le risque d'une guerre nucléaire totale dont personne ne peut raisonnablement vouloir.

Vous savez, les effets de manche sur les plateaux de télévision et les guerriers de plateaux télé, ça, ça va très bien. Mais attention à l'escalade. Il faut être extrêmement vigilant. Notre boussole doit être la paix et on doit tout faire pour y concourir.

10:19
Présentateur

Il n'y a pas que ça, Adrien Quatennens. Quand on lit, quand on entend les témoignages d'Ukrainiens, ils appellent à l'aide. Ils appellent à l'aide pour qu'il n'y ait plus de bombardements dans leur ciel et sur leur tête. Qu'est-ce qu'on fait ?

10:29
Invité politique

Vous avez raison. Alors, ce qu'on fait, c'est que d'abord, on prend des initiatives qui peuvent augmenter la pression sur Vladimir Poutine et la petite clique d'oligarques qui l'entourent parce que ce n'est pas au peuple de payer pour quelques dirigeants qui prennent ces décisions. Et donc, on doit accroître la pression sur les oligarques. Par exemple, saisir, réquisitionner les biens et les avoirs, y compris en France.

10:50
Présentateur

Un yacht a été saisi à la Ciota hier.

10:51
Invité politique

Ce qu'on a commencé à faire. Mais il ne faut pas être dupes. Parfois, si c'est frustrant et que quand on voit la souffrance du peuple ukrainien qu'il faut saluer et la résistance du peuple ukrainien, on aurait envie, en effet, de les aider plus avant. Mais il faut être extrêmement vigilant dans tout ce qu'on fait parce que notre seule boussole doit être de concourir à la désescalade et d'éviter l'embrasement général. Donc, en l'espèce, il nous faut, oui, exiger un cessez-le-feu, le retrait des troupes russes de l'Ukraine où elles n'ont absolument rien à faire.

Et nous appelons, Jean-Luc Mélenchon appelle la France, Emmanuel Macron, à prendre une initiative diplomatique radicale, par exemple, en convoquant une session extraordinaire de l'organisation de sécurité et de coopération en Europe pour revenir à la table des négociations.

11:32
Présentateur

Vous avez entendu Vladimir Poutine hier. Il a parlé de nazis à dix reprises. Il estime que l'Ukraine est une anti-Russie créée par l'Occident. Il ne va pas s'arrêter parce qu'il y a une réunion de l'OSCE ou parce qu'on a un peu élargi les sanctions ? Jérôme Cadet,

11:46
Invité politique

vous êtes d'accord avec moi pour dire qu'en l'espèce, la seule solution que nous ayons, c'est d'accroître la pression sur lui et sur les dirigeants qui l'entourent d'un point de vue économique. Et je vois d'ailleurs que ça produit ses premiers effets. Mais nous devons être extrêmement vigilants pour ne pas nous-mêmes mettre le doigt dans un embrasement général qui pourrait nous mener à la guerre nucléaire. Vous avez vu ce qui s'est passé cette nuit ? Des bombardements à proximité c'est 15 réacteurs nucléaires.

Donc il faut être extrêmement vigilant et la France a une parole singulière à tenir sur la scène internationale et nous, nous avons, avec Jean-Luc Mélenchon, cette intention de bâtir, de construire la paix. Vous devez entendre que la paix, ce n'est pas un état de fait, une constatation. La paix, c'est une construction politique et tout doit aller

12:31
Présentateur

à la diplomatie. Cette guerre, Adrien Quatennens, elle a des conséquences économiques concrètes pour les Français, notamment sur les prix de l'énergie qui s'envolent dans plusieurs stations-services du pays. Ce matin, le litre de sans-plomb dépasse les 2 euros. Alors ça n'est rien du tout par rapport aux souffrances endurées par les Ukrainiens, évidemment, mais c'est le quotidien des Français. Jean-Luc Mélenchon, élu dans 5 semaines, que ferez-vous ?

12:53
Invité politique

Écoutez, il faut bien avoir en tête que les sanctions économiques, si elles sont nécessaires et si nous souhaitons en particulier les appuyer sur les oligarques, elles vont avoir des conséquences également pour nous. Je rappelle que les Russes se sont beaucoup préparés depuis 2014 à amortir ces sanctions économiques et que quand on parle par exemple de couper la Russie du système international SWIFT, on doit avoir en tête que les Russes et les Chinois ont mis en place un système alternatif. Avons-nous intérêt à la constitution d'un bloc chino-russe qui, en quelque sorte, viendrait derrière contrevenir à nos propres intérêts ? La question mérite mérite d'être posée.

Je rappelle que la dernière fois, les sanctions économiques, ça a coûté au total 8 milliards à nos propres agriculteurs. Mais en effet, il va falloir amortir le choc et pour ça, Jean-Luc Mélenchon propose déjà dans un contexte d'inflation avant même le conflit qui va sans doute l'aggraver, la question du blocage des prix. Vous savez, jusqu'au milieu des années 80, les prix étaient régulés en France. Et à l'heure où on se parle, dans les Outre-mer, il y a aussi cette régulation des prix. On doit pouvoir faire la même chose ici en France hexagonale, c'est-à-dire faire en sorte de pouvoir bloquer les prix des biens de première nécessité. Je pense par exemple au prix de l'énergie.

On a proposé aussi le prix de 5 fruits et légumes parce que chaque jour, les Français ont des injonctions à prendre soin d'eux en en mangeant. Mais personne ne se pose la question de savoir s'ils ont les moyens de se les payer. Donc oui, réguler, bloquer les prix. Ce n'est pas nécessairement une mesure pérenne. En tout cas, c'est une mesure qui permet de répondre à l'urgence. Qui paye la différence voulait dire, regardez, dans le cas de l'énergie, c'est simple.

Plutôt que de verser des chèques de 100 euros et de mener des politiques à coups de petits chèques qui sont financés par le contribuable en quelque sorte et les impôts, enfin regardez, Total qui vient d'annoncer un résultat net de 15 milliards qui est également un record. Ne peut-on pas les mettre à contribution si nous le pouvons ? Il est temps de dire que le capital s'est beaucoup servi. Maintenant, c'est l'heure du travail et nous, nous allons rééquilibrer tout cela. Et la priorité, c'est de soulager les gens.

Et par exemple, le fait de dire on va augmenter les salaires, augmenter le SMIC à 1 400 euros net, faire en sorte que dans une même entreprise, l'écart ne soit pas supérieur à 1 à 20 ou créer cette garantie dignité qui fait que plus personne ne devrait vivre en France sous le seuil de pauvreté. Nous avons l'intention, voyez-vous, de porter les minimas sociaux au niveau du seuil de pauvreté, c'est-à-dire 1 063 euros. Et ça se finance assez simplement par exemple avec le fait qu'on instaure l'impôt universel pour aller récupérer l'argent de celles et ceux qui se sont évadés fiscalement.

15:15
Présentateur

Vous entendez les patrons de petites et moyennes entreprises notamment qui disent nous les négociations salariales là dans le contexte avec le renchérissement des coûts de l'énergie, ça ne sera pas possible, on ne pourra pas les mener à terme.

15:26
Invité politique

Les petites et moyennes entreprises doivent être évidemment accompagnées et y compris il y a des questions de solidarité entre grandes entreprises et petites qui doivent être pensées parce que tout de même vous avez vu qu'en pleine pandémie, on a versé des dividendes de manière record. 70 milliards de dividendes versés l'année 2021. Mais là vous repartez sur les grands groupes. Oui mais tout ça est lié parce que vous savez que les PME, les TPE, elles sont extrêmement dépendantes de l'écosystème qui est mené par les grands groupes.

Donc nous avons besoin en effet de réguler tout cela et y compris d'en appeler à une taxe sur les profiteurs de crise, celles et ceux qui se sont beaucoup enrichis pendant cette période de pandémie. Sur la fiscalité, vous savez, à chaque élection présidentielle c'est la même rengaine. On a le grand patronat de ce pays qui vient avec sa sébile nous dire s'il vous plaît baissez nos impôts de production etc. Ils oublient aussi de rappeler que la France est un des pays qui dépense le plus d'argent public pour accompagner ces entreprises. Juste deux chiffres éclairants. Et après nous accueillons les auditeurs.

C'est 240 milliards d'accroissement du patrimoine des milliardaires pendant la crise d'accord ? 240 milliards. Il se trouve que peu ou prou c'est le même montant qui a été dépensé par l'Etat en aide Covid. On a 140 milliards de déficit dans ce pays déficit public 140 milliards c'est à peu près le montant des aides publiques sans contrepartie qui ont été versées aux entreprises. Le CICE le crédit d'impôt recherche nous on a besoin de faire autre chose que cette politique de l'offre de gouverner par les besoins. De quoi le pays a besoin ? Comment on crée les conditions d'y répondre ?

Et notamment ce grand défi devant nous qui est la question climatique dont le rapport du GIEC nous rappelle combien nous ferions bien de nous emmêler.

17:00
Présentateur

Nous accueillons Gilles au standard de France Inter qui nous appelle de Nice. Bonjour Gilles.

17:04
Invité

Oui, bonjour. Sur le plan national j'ai beaucoup plus de convergence que de divergence avec les insoumis. Néanmoins de la même façon qu'on ne peut pas échapper au climat on ne peut pas échapper à la géopolitique internationale. Et effectivement le président français a des pleins pouvoirs en quelque sorte sur l'international. Or je suis très très très dubitatif sur la position de M. Mélenchon président dans ses conditions. On l'a vu il n'y a pas longtemps dire que le gros responsable c'était pas Poutine mais qu'il avait raison d'essayer de défendre ses limites. Il y a dix ans dans la base si j'y suis une dizaine d'années à peu près M.

Mélenchon défendait avec une grande cinophilie les attitudes des Chinois de la Chine pardon pas des Chinois de la Chine du pays de la Chine vis-à-vis du Tibet aujourd'hui comment convaincre des gens que moi dans un éventuel second tour si c'était lui le candidat d'Oge qui était là comment faire abstraction de l'importance de la géopolitique moi j'aurais des gros gros doutes quant à ma capacité à franchir ce pas.

18:12
Présentateur

Merci Gilles réponse d'Adrien Quatennens

18:13
Invité politique

Bonjour Gilles bon d'abord je tente de vous convaincre je vous redis qu'en toute circonstance toujours la boussole de Jean-Luc Mélenchon a été comment concourir comment construire politiquement la paix et ça passe y compris par le fait d'assumer la discussion avec des régimes avec lesquels nous n'avons rien à voir et avec lesquels nous ne pouvons pas être confondus quand j'entends par exemple madame Hidalgo reprendre quasiment la terminologie de l'extrême droite contre Jean-Luc Mélenchon en parlant d'agent pro-russe elle devrait se rappeler que Jean Jaurès quand il voulait éviter la guerre face à l'Allemagne il était traité d'agent allemand nous n'avons jamais été par exemple pro-Poutine pour la raison que ça n'est pas dans nos moyens Jean-Luc Mélenchon il est écologiste anticapitaliste il ne peut d'aucune manière être confondu avec le régime russe qui est un régime d'autocrate d'ailleurs quand Jean-Luc Mélenchon va à Moscou il rencontre des dirigeants de l'opposition qui ont fait de la prison sous Vladimir Poutine voilà en revanche ce que nous disons c'est que

19:04
Présentateur

il y a des phrases qui restent dans l'oreille lesquelles par exemple mars 2012 je considère que ce sont les Etats-Unis qui sont dans la position agressive

19:10
Invité politique

et non pas la Russie Jérôme Cadet il y a encore très peu de temps François Hollande disait la Russie n'est pas une menace il y a encore quelques jours avant l'invasion le président Zelensky lui-même dont il faut saluer le courage dans ce qui est en train de se passer disait qu'il n'y avait pas d'invasion imminente M. Macron lui-même c'est pas la même chose ce que je veux dire c'est que voyez l'extrême droite française la droite française a des accointances idéologiques de fond avec M. Poutine quand par exemple M.

Zemmour dit il nous faut un Poutine français et en plus j'accueille pas les réfugiés là on peut dire qu'ils sont dans le même panier Mme Le Pen qui l'a rencontré en d'autres circonstances également en revanche Jean-Luc Mélenchon d'aucune manière ne peut être lié à ce régime nous n'avons strictement rien à voir avec eux par contre dire que oui l'avancée de l'OTAN toujours plus à l'est pose un problème et est vécu comme un problème de sécurité pour les russes je veux dire ne pas le dire c'est simplement ne pas voir la réalité et si vous ne supportez pas que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui le dise écoutez ce que raconte en effet un Dominique de Villepin un Hubert Védrine est-ce que ça peut être

20:07
Présentateur

un handicap électoral Adrien Quatennens Gilles nous dit moi j'ai des accords avec vous sur beaucoup de sujets bien sûr mais sur ce sujet là et bien c'est un blocage mais écoutez je crois que

20:17
Invité politique

si c'est un blocage c'est que les choses sont mal entendues mal comprises et je vous demande dans tous les cas à celles et ceux qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon je le dis haut et fort à ce micro ce matin vous n'avez aucune raison d'aucune manière de douter des positions qui ont été les nôtres nous voulons construire le camp de la paix et nous savons par quoi cela passe ça passe d'abord en effet par une analyse claire de la situation qui consiste à dire que ce qui nous a mené au désastre que nous avons sous les yeux c'est à dire le retour de la guerre en Europe outre la folie de Vladimir Poutine qui a fait ce choix de la guerre pour régler les conflits alors que nous en appelons à des règlements des conflits par la diplomatie il y a la question des frontières des accords de Minsk qui n'ont pas été respectés d'une part et évidemment oui la question de l'extension de l'OTAN dans cette alliance dans laquelle la France n'a normalement plus rien à faire pour pouvoir jouer son rôle à l'international j'en profite pour vous appeler ce dimanche 6 mars à Lyon à 15h sur l'esplanade du gros caillou à un grand meeting que nous allons faire avec Jean-Luc Mélenchon pour la paix

21:13
Présentateur

le rendez-vous est pris et noté Adrien Quatennens dernière question de beaucoup d'auditeurs d'Inter ce matin notamment Charlie à l'instant allez-vous contacter Sandrine Rousseau afin de la rapprocher de votre parti de la France Insoumise Sandrine Rousseau qui a été exclue de la campagne de Yannick Jadot elle qui était la finaliste malheureuse à la primaire des Verts

21:31
Invité politique

vous savez Sandrine Rousseau pour ce que l'on connait d'elle est un personnage qui sait précisément ce qu'elle a à faire et qui n'a je crois pas besoin qu'on lui donne quelques conseils elle sait ce qu'elle a à faire et en toute hypothèse elle le fera rien de particulier je pense que certaines de ses convergences avec Jean-Luc Mélenchon sont nettes et qu'elle le dit depuis un certain temps je la laisse faire ses choix librement parce que je crois que Sandrine Rousseau de toute façon nécessairement fait cela et rien d'autre que cela mais j'attire votre attention juste d'un dernier mot sur le fait que dès lors que Jean-Luc Mélenchon est devant Valérie Pécresse dans de nombreux sondages la question qui est aujourd'hui posée à moins de 40 jours du premier tour de l'élection c'est face à monsieur Macron que voulez-vous est-ce qu'on rejoue 2017 avec l'extrême droite face à lui où est-ce qu'on y envoie le camp de la rupture démocratique, sociale, écologique que nous incarnons voilà le second tour

22:18
Présentateur

est possible merci Adrien merci de m'avoir invité député de la France insoumise député du Nord invité de France Inter ce matin France Inter qui est-ce qu'on est

22:29
Locuteur

le camp de la France Inter qui est-ce qu'on est le camp de la France qui est-ce qu'on est le camp de la France