Julien Odoul : "Le système est obsédé par la progression du RN !" (BFM business)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse partielle
Est-ce que Sébastien Lecornu, il est RN compatible ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Mais vous ne censurez de fait, vous ne commencez pas par dire je censure, vous dites j'attends.
- 3:26OuverteRéponse partielle
Puisque vous êtes constructif, allons-y, on prend le budget à François Bayrou, qu'est-ce qu'on garde ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Et vous êtes d'accord sur la situation économique du pays ?
- 4:06OuverteRéponse directe
La retraite à 62 ans ?
- 5:12OuverteRéponse directe
Est-ce que ce sont des mesures que vous voulez imposer dans le budget 2026 ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Locuteur non identifiéFait
« Il est surtout Macron compatible puisque c'est le dernier des fidèles du président de la République. »
- 0:24Locuteur non identifiéFait
« C'est la dernière cartouche d'ailleurs du macronisme. »
- 0:31Locuteur non identifiéFait
« Les Français ont voulu une rupture. »
- 0:44Locuteur non identifiéFait
« qui n'ont pas écouté les 11 millions d'électeurs du RN »
- 2:36Invité politiqueFait
« ils ne sont pas devenus républicains. »
- 2:53Locuteur non identifiéChiffre
« On a 10 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté. »
- 2:56Locuteur non identifiéChiffre
« On a un Français sur trois qui n'arrive pas à soigner pour des raisons économiques. »
- 4:36Locuteur non identifiéChiffre
« C'est près de 50 milliards d'euros si on s'en tient au rapport parlementaire. »
- 4:48Locuteur non identifiéChiffre
« C'est 60 milliards d'euros aussi également par an. »
- 4:59Locuteur non identifiéChiffre
« qui permettrait notamment d'économiser 18 milliards d'euros par an »
- 5:33Locuteur non identifiéPromesse
« Pas d'augmentation d'impôt. Nous voulons un moratoire fiscal. »
- 5:44Locuteur non identifiéChiffre
« On a 150 milliards de déficit à combler. »
- 6:02Locuteur non identifiéChiffre
« on allait avoir une augmentation de près de 7 milliards d'euros pour l'année prochaine. »
- 7:16Locuteur non identifiéChiffre
« nous continuons à verser 140 millions d'euros »
- 9:27Locuteur non identifiéChiffre
« aujourd'hui, quand vous avez un Français sur deux qui demande la démission du président de la République »
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Le grand entretien aujourd'hui, notre invité c'est Julien Audoul, bonjour. Vous êtes invité RN de Lyon, membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation. C'est donc allé très vite, Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre. Il est chargé de consulter les partis pour former un gouvernement s'il y arrive. Est-ce que Sébastien Lecornu, il est RN compatible ?
Il est surtout Macron compatible puisque c'est le dernier des fidèles du président de la République. C'est la dernière cartouche d'ailleurs du macronisme. Et ce choix est assez curieux puisqu'on avait besoin de rupture. Les Français ont voulu une rupture. Ils l'ont souhaitée au moment des législatives en 2024, des européennes également. On voit bien le blocage qu'il y a eu avec des premiers ministres, que ce soit Michel Barnier ou François Bayrou, qui n'ont pas écouté les 11 millions d'électeurs du RN, qui ont continué sur la même politique qui est rejetée par les Français. Donc là, est-ce que ce fidèle des fidèles va pouvoir rompre avec le macronisme ?
On peut avoir de sérieux doutes. C'est un fidèle des fidèles, Julien Audoul, qui quand même a reçu, a traité Marine Le Pen. Libération avait révélé en juillet dernier, en 2024, qu'il y avait eu un dîner, notamment chez Thierry Solaire. Est-ce que les canaux de discussion sont ouverts, toujours ouverts, entre Sébastien Lecornu et le Rassemblement National ?
Vous savez, en démocratie, en République, il est normal que les dirigeants politiques échangent entre eux, discutent entre eux, même s'ils ne partagent pas les mêmes idées et les mêmes orientations. M. Lecornu est quelqu'un de tout à fait ouvert, quelqu'un qui n'est pas sectaire, plutôt affable d'ailleurs. Mais le problème, ce n'est pas la personne de M. Lecornu, c'est la politique qu'il va mener. Et c'est vrai que, comme il est l'un des plus proches, peut-être même le dernier fidèle de M. Macron, dans le dernier carré élyséen, on a du mal à croire qu'il va engager la rupture avec la politique de son mentor.
Mais vous ne censurez pas de fait, vous ne commencez pas par dire je censure, vous dites j'attends.
On n'a jamais été dans la censure cosmétique, la censure de carnaval. Nous, ce qu'on veut, c'est l'intérêt des Français. Nous, ce qu'on veut, c'est que le pays avance, c'est que l'économie reparte, c'est que le pouvoir d'achat des Français soit renforcé. Et effectivement, il y a des mesures que nous pourrions soutenir, mais nous souhaitons surtout que le gouvernement écoute nos propositions et les reprenne pour aller dans le sens du redressement national.
On va revenir sur les mesures. Simplement, un mot, vous dites que Sébastien Lecornu est la doublure du président de la République. Emmanuel Macron a reçu quelques journalistes hier soir à l'Elysée, après l'annonce de la nomination. C'est nos confrères politico qui le révèlent ce matin. Et Emmanuel Macron a dit qu'il fallait démasquer Marine Le Pen, qui veut nous dégager, il veut la démasquer, car, je cite le président, ils ne sont pas devenus républicains. Évidemment, une référence aux propos tenus par Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Quelle réponse vous lui donnez aujourd'hui ?
C'est assez lamentable, compte tenu de la crise sociale et économique que traverse notre pays. On a 10 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté. On a un Français sur trois qui n'arrive pas à soigner pour des raisons économiques. Et vous avez une obsession qui est celle du système, du gouvernement, des partis du Bloc central, qui est de faire barrage au Rassemblement national. A chaque fois, c'est leur seul projet. Ils n'ont pas d'autre intention. C'est-à-dire que les difficultés du pays, les crises, l'endettement, les difficultés de pouvoir d'achat de fin de mois, ça ne les intéresse pas. Leur obsession, c'est empêcher le RN d'avancer et d'arriver aux responsabilités.
Ce qui arrivera d'ailleurs.
Puisque vous êtes constructif, allons-y, on prend le budget à François Bayrou, qu'est-ce qu'on garde ? C'est quoi les lignes rouges ? Qu'est-ce qu'on enlève ? C'est quoi ces jours fériés ? Qu'est-ce qu'il faut enlever pour que ça passe ?
Marine Le Pen a été très claire, vous le savez, elle a envoyé un courrier à François Bayrou le 25 juillet dernier, où elle lui a rappelé que les dispositions qu'il avait annoncées, notamment en suppression de jours fériés et années blanches, étaient intolérables. Et qu'on ne pouvait pas se permettre, dans la période, de faire porter des efforts supplémentaires, notamment aux Français qui travaillent.
Et vous êtes d'accord sur la situation économique du pays ?
Ça fait des années que nous le disons, mais cette situation économique, encore une fois, elle est le fait de mauvais choix.
Oui, mais vous proposez souvent de dépenser plus, donc du coup, ce n'est pas très clair.
On propose de dépenser mieux, c'est ça la nuance ?
La retraite à 62 ans ?
Excusez-moi, notre retraite est tout à fait financée. On voit bien d'ailleurs que la retraite Macron est totalement inefficace d'un point de vue économique, mais nous souhaitons surtout réduire la voilure, rendre de l'argent aux Français, notamment sur les gaspillages, train de vie de l'État, comité Théodule, on l'a chiffré à 60 milliards d'euros, cet enchevêtrement de normes, de strates, le millefeuille territorial. Vous avez aussi la fraude sociale qui nous coûte un pognon de dingue et qui n'est jamais attaquée à sa juste mesure. C'est près de 50 milliards d'euros si on s'en tient au rapport parlementaire.
Et puis vous avez un éléphant dans le couloir qui n'est jamais évoqué, qui n'avait pas été évoqué par le gouvernement précédent, qui est le coût de l'immigration. C'est 60 milliards d'euros aussi également par an. Et nous avons une mesure très concrète qui permettrait notamment d'économiser 18 milliards d'euros par an, qui est de reverser, de réserver les prestations sociales non contributives aux étrangers qui ont cotisé au moins 5 ans.
Mais ça coûtera la croissance économique. Regardez aux États-Unis, moins d'immigrés, c'est moins de gens qui travaillent.
Non, pas du tout, parce que contrairement aux États-Unis, nous n'avons pas une immigration de travail. Nous avons une immigration de regroupement familial qui nous coûte extrêmement cher.
Est-ce que ce sont des mesures que vous voulez imposer dans le budget 2026 ou pas ? Parce qu'on n'y est pas du tout. C'est orthogonal avec la politique du bloc central. On ne peut pas partir sur des bases de discussion à ce niveau-là. Quelles sont vraiment, un, vos lignes rouges, et deux, les mesures sur lesquelles vous ne lâcherez pas pour 2026 ? Les priorités... Les lignes rouges, elles sont très claires.
Pas d'augmentation d'impôt. Nous voulons un moratoire fiscal. Pas d'augmentation d'impôt, que ce soit pour les riches, pour les moyens riches, pour les classes moyennes, pour les classes populaires. On a 150 milliards de déficit à combler. On n'en peut plus, et ce n'est pas en augmentant les impôts qu'on va réduire ce déficit. Nous, ce que nous voulons, c'est... Donc des baisses de dépenses. C'est une lutte contre les gaspillages. Les suppressions d'agences et de comités théodules sont indispensables. Nous pouvons voir également, comme je vous l'ai dit, sur la lutte contre la fraude sociale.
Aussi, pour revenir sur les augmentations au budget européen, on allait avoir une augmentation de près de 7 milliards d'euros pour l'année prochaine. Oui, mais il faut que les gens aient les échelles, Julien Ocule.
Il faut que les gens aient les échelles, par rapport à ce que vous dites, d'accord, mais c'est peanuts. C'est-à-dire que par rapport au poids de la retraite, par rapport au poids des dépenses de santé, on est sur des échelles qui sont totalement différentes. À un moment donné, si vous voulez rentrer dans les clous, rentrer au 3%, comme le propose désormais Jean-Sébastien Tanguy, Jean-Philippe, pardon, il va falloir s'attaquer à des sujets bien plus compliqués, bien plus gros en termes d'échelles. C'est rien ce dont vous parlez, par rapport à ce dont on a besoin.
Je ne suis pas sûr que ce soit rien. Là, je vous ai fait...
Supprimer l'ARCOM, si vous voulez, ça n'a pas réglé le problème des finances publiques du pays.
Non, mais là, je vous ai présenté deux budgets principaux, c'est 120 milliards d'euros. L'immigration et train de vie de l'État. 120 milliards d'euros. Et encore une fois, nous ne savons pas tout. Il faudra expliciter comment vous trouvez 120 milliards d'euros sur l'attreur de l'État et l'immigration. Mais encore une fois, regardez, je me mets à la place de nos concitoyens. On leur dit, faites des efforts, on leur dit, vous dépensez trop, on leur dit, notre pays est endetté. Mais comment peuvent-ils entendre qu'on déverse de l'argent à l'international, notamment via l'aide publique au développement ?
Comment peuvent-ils comprendre qu'aujourd'hui, alors que nous sommes dans un bras de fer avec l'Algérie, nous continuons à verser 140 millions d'euros ? Alors on va dire, oui, c'est une goutte d'eau, mais on verse 140 millions d'euros avec un pays qui aujourd'hui est dans une francophobie, une hostilité assumée.
Est-ce que vous êtes d'accord avec la trajectoire simplement de rétablissement des comptes publics ? C'est-à-dire, est-ce que vous êtes d'accord avec 44 milliards d'efforts pour 2026 ? Le plan Bayrou.
Encore une fois, on peut discuter du montant. Ce n'est pas forcément le montant qui compte, c'est la nature des efforts qui sont demandés et l'orientation. Nous, nous disons que ce n'est pas aux Français de payer et notamment aux Français qui supportent depuis des années... L'argent public, c'est de l'argent qui est prélevé et redistribué auprès des Français. Le poids de l'incompétence et des mauvais choix qui ont été faits. Et notamment les classes moyennes. Parce qu'aujourd'hui, on a une classe moyenne qui se désespère, qui tient le pays à bout de bras et qui voit sa situation se dégrader année après année.
Donc on dit, ce n'est pas à ces Français qui aujourd'hui sont dans une situation difficile à faire les efforts qui n'ont pas été faits avant. Et nous disons, en revanche, qu'il faut faire des économies sur tout ce qui est accessoire. Nous avons des domaines prioritaires qu'il faut sanctuariser. Vous en avez évoqué quelques-uns, que ce soit la santé, que ce soit la justice, que ce soit la sécurité. Mais il y a, encore une fois, des domaines qui sont totalement accessoires.
Vous n'êtes pas prêt à faire une forme de fonds, si je comprends bien. Parce que vous n'attaquez aucun sujet qui potentiellement touche à l'ensemble des finances publiques. La fraude sociale, ce n'est pas un sujet.
Le gaspillage d'État, ce n'est pas un sujet. Le millefeuille territorial, ce n'est pas un sujet. L'immigration, ce n'est pas un sujet. Ça, encore une fois, ce sont des domaines extrêmement importants qui ne sont jamais évoqués par nos adversaires.
Il y a une enquête du Cevipov qui a été faite en février dernier sur le sentiment des Français vis-à-vis des politiques. 79% considèrent qu'ils sont des personnalités négatives. Il y en a un quart qui confesse et prouvez du dégoût vis-à-vis de la classe politique. C'est trois fois plus qu'en Allemagne. Qu'est-ce que vous voulez dire aujourd'hui aux Français ? Parce que cette scission, elle est démocratiquement très négative.
Mais je les comprends totalement. Je les comprends puisque le système politique a dégoûté les Français depuis des années. Et d'ailleurs, les a poussés vers l'abstention. Aujourd'hui, quand vous avez un Français sur deux qui demande la démission du président de la République, ce qui est totalement inédit dans la Ve République, c'est qu'il y a une véritable défiance et même une fracture. Mais je dis aussi aux Français que le Rassemblement National, qui est le premier parti de France en termes de voix, 11 millions d'électeurs, n'est en rien responsable de cette situation. Il n'est pas comptable de la gestion de notre pays et de son affaiblissement économique et social.
Donc aujourd'hui, le seul parti qui n'a pas de responsabilité doit pouvoir arriver au pouvoir, doit pouvoir montrer ce qu'il sait faire, comme nous l'avons fait d'ailleurs dans les différentes collectivités que nous avons redressées un peu partout en France.
Merci Julien Andouille. Merci Julien Andouille. On est maintenant sur BFM Business.
Julien Odoul