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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 18 juin 2020 20 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSécuritéEurope & international

L'invité de Bourdin Direct : Robert Ménard - 18/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:57OuverteRéponse partielle

    Franchement, Robert Ménard, est-ce que cette escapade n'a pas été un fiasco ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    C'est quoi ? C'est une posture gaullienne de la part de Marine Le Pen ?

  • 3:22OuverteRéponse directe

    En fait, est-ce qu'elle a voulu, là, engager le match avec Emmanuel Macron ?

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Louis Alliot est en marge du Rassemblement National.

  • 6:23OuverteRéponse directe

    Mais quel rassemblement faut-il à vos yeux pour battre Emmanuel Macron, puisque c'est votre objectif ?

  • 9:05OuverteRéponse directe

    quelle alliance avec qui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « quand même, d'aller piétiner, d'aller piétiner la gerbe déposée au monument mort, je trouve ça un brin indigne pour ne pas être pire que ça. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « De Gaulle, décolonisateur. De Gaulle, qui s'est appuyé sur l'Empire en 40 et qui le décompose, qui le détruit 20 ans plus tard. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « Elle est la garantie, l'assurance-vie de M. Macron. Elle est la certitude pour M. Macron qu'il sera chef de l'État. »
  • 4:15Invité politiquePromesse
    « aujourd'hui, un candidat du Rassemblement National, comme ça, étiqueté Rassemblement National, je vous garantis qu'il ne sera pas chef de l'État. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « Les finances, ça existe. Les comptes, ça existe. Vous ne pouvez pas toujours être pour des augmentations de salaires. Vous ne pouvez pas toujours être pour la retraite à 60 ans. »
  • 6:32Invité politiqueChiffre
    « 68% des voix, je suis le maire le mieux élu de tous les maires français d'une ville de plus de 75 000 habitants. »
  • 6:41Invité politiqueChiffre
    « 40% des gens qui ont voté Mélenchon qui votent pour moi maintenant. »
  • 10:41Invité politiqueFait
    « dans tout un tas de villes, il n'y a pas des scènes comme Dijon tous les matins. »
  • 11:45Invité politiqueFait
    « C'est l'État. C'est les préfets, les sous-préfets qui demandent à leur police de ne pas aller dans ces quartiers-là. »
  • 13:16Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, vous avez vu, vous les avez diffusés. Aux Etats-Unis, ce sont des gestes de soumission ? »
  • 14:28Invité politiqueFait
    « Ça n'a rien à voir. L'histoire des Etats-Unis et l'histoire française, elles n'ont rien à voir. »
  • 15:03Invité politiqueFait
    « C'est des racistes. C'est des racistes. »
  • 17:13Invité politiqueFait
    « on devrait leur donner la légion d'honneur pour faire ça. »

Temps de parole

  • Robert Ménard83 %
  • Présentateur17 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité ce matin, Robert Ménard, bonjour. Bonjour. Maire de Béziers, ancien journaliste, on l'oublie parfois, Robert Ménard, 30 ans, 30 ans. Le 18 juin, nous sommes le 18 juin, aujourd'hui tout le monde est gaulliste, tout le monde rend hommage à Charles de Gaulle. Marine Le Pen, par exemple, qui est restée hier deux heures sur l'île de Sein, d'où sont partis de nombreux compagnons de la libération, on ne va pas refaire l'histoire, 128 habitants à l'époque qui ont rejoint de Gaulle, l'Angleterre, au péril de leur vie.

Alors, deux heures hier, le 17, des habitants qui ne voulaient pas qu'elle vienne, qui lui ont tourné le dos, les habitants de l'île de Sein qui ont été traités parfois, pas parfois, par Marine Le Pen, de militants d'extrême gauche antifascistes. Franchement, Robert Ménard, est-ce que cette escapade n'a pas été un fiasco ?

1:03
Robert Ménard

Écoutez, moi je vais d'abord vous dire, avant de faire un commentaire sur l'escapade, quand même, d'aller piétiner, d'aller piétiner la gerbe déposée au monument mort, je trouve ça un brin indigne pour ne pas être pire que ça. Ensuite, bien sûr que tout ça est de la politique politicienne, mais alors, pardon, je suis pied noir, donc, sur De Gaulle, je suis prudent, vous avez compris, parce qu'en même temps, je souris, je souris à cet unanimisme qui fait que, attendez, on peut dire que Marine Le Pen fait de la politique, mais Macron, il fait quoi, quand en ce moment, il est gaulliste ?

1:35
Présentateur

Je vous ai dit, tout le monde est gaulliste. On est d'accord.

1:37
Robert Ménard

Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron. Et vous ne trouvez pas ça un peu ridicule ? Enfin, je veux dire, ça discrédite même la parole politique, quand vous savez l'histoire, le passé, les analyses des uns et des autres. Et puis, moi, je vous le redis, comme pied noir, je fais la différence entre l'appel du 18 juin et puis... De Gaulle, décolonisateur. De Gaulle, qui s'est appuyé sur l'Empire en 40 et qui le décompose, qui le détruit 20 ans plus tard.

2:04
Présentateur

Alors, c'est quoi ? C'est une posture gaullienne de la part de Marine Le Pen ?

2:08
Robert Ménard

Justement, c'est quoi ? Je pense, d'abord, c'est une façon de se démarquer une nouvelle fois de son père, je pense, et de la vieille garde du Front National, puisqu'elle, c'est le Rassemblement National. Je crois qu'il y a ça. Et puis, évidemment qu'il y a des calculs. Il y a aujourd'hui, si tu n'es pas gaullien, gaulliste, je ne sais pas comment il faut dire, qui paraît comme une espèce de bizarreté. Je crois que c'est ça. Alors, on peut en sourire, mais de là, de là, à s'en prendre à elle comme ça, honnêtement, je trouve que ce n'est pas bien. Puis, ça dit du débat politique des choses qui commencent par finir à être désagréables.

2:41
Présentateur

C'est un coup politique qu'elle a voulu faire. C'est ironie de l'histoire, disait Robert Baninter dans cet avou hier soir. Ironie de l'histoire. Attendez, attendez. C'est une ironie de l'histoire.

2:51
Robert Ménard

Bien sûr, quand on connaît l'histoire du RN, vous avez compris que moi, par rapport à ça, je fais attention. Mais encore une fois, Macron à Londres, c'est quoi ? C'est quoi ? Il incarne l'indépendance, la souveraineté, les forces de la nation. Mais vous plaisantez ou quoi ? Deux minutes ? Je veux bien qu'on critique l'un. Et moi, je ne suis pas à défendre qui que ce soit. Mais pas pour dire que le chef d'État, lui, il aurait, je ne sais pas quelle posture gaullienne. Ça fait doucement rire quand même.

3:19
Présentateur

C'est le match qui est engagé. En fait, est-ce qu'elle a voulu, là, engager le match avec Emmanuel Macron ?

3:25
Robert Ménard

Encore une fois ? Oui, c'est ça. Et c'est à ce match-là qu'il faut s'opposer, je vous le dis. Vous vous opposez à ce match-là ? Attends, mais moi, je ne veux pas, comme Emmanuel, mon époux, je suppose qu'elle dit la même chose. Je dis d'elle parce qu'elle est députée aussi. Moi, je ne veux pas me résoudre, me résigner à une défaite annoncée de Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce que s'il y a le match en 2022, elle va perdre. Mais bien sûr, elle est la garantie, l'assurance-vie de M. Macron. Elle est la certitude pour M. Macron qu'il sera chef de l'État. Et je ne veux pas ça, mais vous plaisantez. Mais pourquoi ? Parce qu'elle va perdre. Mais pourquoi elle va perdre ?

Parce qu'elle n'incarne pas une opposition. Elle incarne une opposition protestataire. Mais en même temps, quand vous aspirez à être chef de l'État, sur un certain nombre de terrain économique, sur un certain nombre de postures, il faut être réaliste. Aujourd'hui, un candidat du Rassemblement National, comme ça, étiqueté Rassemblement National, je vous garantis qu'il ne sera pas chef de l'État. Mais regardez, son ex-compagnon, Louis Allion. Moi, je suis allé le soutenir, Louis. Je suis copain avec lui. Donc, c'est pour vous dire que ce n'est pas de la politique que je fais là. Louis Allion, je suis allé le soutenir à Perpignan. Qu'est-ce qu'il fait ?

Louis Allion veut chercher sur ses affiches le logo du Rassemblement National. Il n'y a pas l'ombre d'un logo. Et d'ailleurs, il me demande à moi de venir le soutenir. Parce que je ne suis pas au Rassemblement National. Tout le monde connaît, mais des accords avec eux et tout. Mais en même temps, on incarne...

4:45
Présentateur

Louis Allion est en marge du Rassemblement National.

4:48
Robert Ménard

Il s'y met parce que sinon, il ne sera jamais élu. Il ne sera jamais élu maire de Perpignan. Enfin, vous êtes du milieu. Vous savez bien qu'il n'y aura pas un maire étiqueté Rassemblement National. Pourquoi ? Mais pourquoi, Robert Ménard ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, autour du Rassemblement National, vous ne pouvez pas faire... Vous ne réunissez pas une majorité de gens. Parce qu'ils incarnent sur le terrain économique une vision folle de l'économie. Mais pareil que... Mais quelle vision folle ? Enfin, attendez sur la... Ils sont systématiquement, systématiquement à côté de la réalité. Peut-être que j'ai appris en étant maire qu'il fallait être réaliste.

Les finances, ça existe. Les comptes, ça existe. Vous ne pouvez pas toujours être pour des augmentations de salaires. Vous ne pouvez pas toujours être pour la retraite à 60 ans. Ça ne tient pas debout. Tout le monde le sait. Alors, je veux bien que dans l'opposition, on dise n'importe quoi. Et M. Mélenchon, il est un spécialiste comme le Rassemblement National, de dire n'importe quoi sur ce terrain-là. Mais enfin, les gens savent bien au fond d'eux-mêmes, même si ça vous fait plaisir. Si je vous dis qu'on va tripler votre salaire, vous allez dire qu'il est un peu démago. Et c'est ça. Moi, la démagogie, je ne veux plus entendre parler.

Ce que j'ai appris 6 ans à la mairie, à Béziers, c'est que tu peux dire n'importe quoi quand tu es dans l'opposition. Quand tu es dans l'opposition. Il y a une très belle phrase de Raymond Aron, c'est Alain Finkielkraut qui le disait. Je disais ça, je cite peu le genre. Mais je trouvais que c'était bien. Il disait, Raymond Aron, il disait, chaque fois, avant toute plaidoirée ou tout réquisitoire, il faut se poser une question. Qu'est-ce que je ferais à leur place ? Qu'est-ce que je ferais ? Sérieusement, qu'est-ce que je ferais ? Et que ce soit leur Rassemblement national ou que ce soit Mélenchon, ils ne se posent jamais cette question-là. Ils ne diraient pas les conneries qu'ils disent.

6:23
Présentateur

Mais quel rassemblement faut-il à vos yeux pour battre Emmanuel Macron, puisque c'est votre objectif ?

6:30
Robert Ménard

Regardez ce que j'ai fait à Bézé. 68% des voix, je suis le maire le mieux élu de tous les maires français d'une ville de plus de 75 000 habitants. Il y a 40%, ce n'est pas moi qui le dis, c'est un sondage, 40% des gens qui ont voté Mélenchon qui votent pour moi maintenant. Pourquoi ? Parce que j'essaie à mon niveau. On pourrait peut-être essayer à d'autres niveaux, ce sera un débat. Vous pourriez essayer, vous, à d'autres niveaux ? Il faudra essayer. Vous pourriez essayer, par exemple, à la présidentielle ? Écoutez, on verra. On ne verra pas pour moi, on verra pour cette sensibilité. Moi, je ne resterai pas insensible à ça. Je ne resterai pas à l'écart de ce débat-là.

Avec Emmanuel, on ne restera pas, on pèsera de tout notre petit poids.

7:10
Présentateur

Vous pèserez avec Emmanuel Ménard, votre épouse, vous pèserez Robert Ménard. Ça veut dire quoi ? Que vous pourriez ou qu'elle pourrait être candidate à la présidentielle ?

7:19
Robert Ménard

Ou qu'on pourrait soutenir quelqu'un. On pourrait soutenir quelqu'un. Mais vous, vous pourriez ou pas ? Aujourd'hui, ce n'est pas d'actualité. Aujourd'hui, ce n'est pas d'actualité. Il y a un certain nombre de gens qui aujourd'hui, je pense par exemple à tous les gens autour de Michel Onfray, vous savez, de Sardu. Il y a tout un courant aujourd'hui qui se dit qu'on ne peut pas laisser faire un face-à-face, je l'aurais dit, entre Marine Le Pen. Et moi, attendez, Marine Le Pen, je la trouve courageuse, je la trouve opiniale, je lui trouve une énergie. Mais elle ne sera pas le prochain chef de l'État. Et moi, je ne veux pas que ce soit M. Macron. Mais elle a des limites ou quoi ?

C'est pourquoi elle ne sera pas ? Non, mais ce qu'elle représente, les idées qu'elle représente, elles ne sont pas aujourd'hui majoritaires. On ne peut pas avoir ces postures-là tous vos protestants. Il faut être un minimum consensuel. Il faut réunir un certain nombre de gens. Dieu sait, Dieu sait, que je suis critique sur un certain nombre de situations et sur un certain nombre de problèmes. Et j'ai les mêmes positions qu'elle sur l'immigration et tout. Mais ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas pour convaincre. Il faut convaincre une partie de la droite. Attendez, moi, dans ma ville, je ne sais pas, les Républicains, ils ont fait moins de 5% des voix.

Pourquoi ? Parce que cet électorat-là qui pense à peu près la même chose que nous sur tout un tas de points, en revanche, en revanche, sur l'Europe, sur les questions économiques. Vous êtes Européen. Vous êtes mondialiste, d'une certaine manière. Je ne suis pas mondialiste, mais je suis Européen. Attendez, l'Europe, pendant la crise de coronavirus, ça n'a pas été terrible. Mais enfin, vous ne pouvez pas imaginer que sur un certain nombre de... sur la scène internationale, la France, elle va peser ça en Europe. Comment c'est que vous n'êtes jamais promé dans le monde ? Enfin, moi, j'ai passé ma vie avec Reporters Frontières dans le monde.

Vous savez bien que la France, sa voix n'est pas suffisante. Alors,

9:05
Présentateur

quelle alliance avec qui ?

9:06
Robert Ménard

Avec les Républicains, vous voulez les trouver. Avec les Républicains ? Pas avec le Parti Républicain. On ne fera jamais d'alliance entre les États-majors. Mais vous n'avez pas de leader. Il n'y a pas de leader. Quel leader ? Attendez, c'est ça. Où est votre leader ? Moi, je le cherche. Et eux, leurs leaders, François Baroin, Xavier Bertrand, Jacob. Bon, enfin, c'est le vieux monde. Ils ont tous été ministres. On n'en veut plus de ces gens-là. On sait s'ils avaient fait leur preuve, ils n'avaient qu'à les faire quand ils étaient ministres. Enfin, vous rigolez, vous ne croyez pas que je vais voter pour eux. Et il y a tout un tas de Français qui ne veulent plus de ça.

On veut un visage nouveau. Un visage qui n'a pas été... Vous avez une petite idée ? Comment ? Oui, j'ai des idées, mais on verra. On verra. Robert Ménard. J'ai été 30 ans journaliste, alors vous ne me ferez pas dire ce que je ne veux pas dire. Non, là, c'est raccord. Mais vous avez quelques idées ? Mais bien sûr qu'on a des gens, des noms en tête et tout. Maintenant, il faut les transformer. Tiens, donnez-moi un nom. Non, je ne donnerai pas ça. Ça ne fait pas comme ça. Non, mais comment ? La seule chose que je ferai, la seule chose à vous dire, c'est que je ne resterai pas étranger à ce débat-là.

Et aujourd'hui, je n'irai pas me ranger derrière ni les Républicains, ni le Rassemblement Social, bien entendu pas à la gauche. Il faut faire apparaître quelqu'un un nouveau exemple.

10:19
Présentateur

Et Louis Alliot sera dans votre sillage avec vous ou à côté de vous ?

10:22
Robert Ménard

Il faut le demander à Louis Alliot. Moi, je m'entends bien avec lui. Je pense qu'il est... Ce qu'on a fait à Béziers, s'il m'invite chaque fois, c'est parce que ça lui sert un peu de modèle, à lui de prendre son importance par rapport à son propre parti.

10:36
Présentateur

Le communautarisme, est-ce que la République est en danger ? Bien sûr qu'elle est en danger.

10:41
Robert Ménard

Mais je vais vous dire quelque chose. Jean-Jacques. Oui. Abbé à Béziers, dans tout un tas de villes, il n'y a pas des scènes comme Dijon tous les matins. Bien sûr. Dieu merci. Ce n'est pas l'image de la France. Mais ce qui fait Dijon, ce qui fait Dijon, le sous-bassement est le même partout. Il y a un abandon des choses. Mais avec des vraies raisons. Moi, je vois, attendez, je vois des représentants de l'État, un sous-préfet, un préfet m'expliquer, mais comme ils le font ailleurs, attendez, on ne va pas envoyer la police dans ces quartiers-là parce que ça va être le souk. Enfin, ils ne disent pas le souk. Ils vous disent que ça va être les meutes.

Alors, on se tient tranquille, on les laisse faire leur petit trafic et on n'intervient pas tous les matins pour ne pas les gêner. C'est ça, concrètement. Et sur place, dans un certain nombre de quartiers, la police, c'est elle qui est victime de violences. C'est elle qui est victime de violences. C'est elle, de temps en temps, qui est victime aussi de racisme. C'est ça, la réalité. Et Dijon, c'est que le plus spectaculaire. on a abandonné ça. On n'a abandonné pas ces quartiers. Ce n'est pas la police qui a abandonné ces quartiers. C'est l'État. C'est les préfets, les sous-préfets qui demandent à leur police de ne pas aller dans ces quartiers-là.

Aujourd'hui, la politique de la ville, attendez, les quartiers, j'entendais le maire...

11:54
Présentateur

Votre police municipale va dans ces quartiers-là ?

11:56
Robert Ménard

Non, elle n'y va pas. Elle n'y va pas. On ne peut pas y aller sans l'autorisation de l'État. Et vous avez bien entendu, on ne peut pas y aller sans l'autorisation du préfet ou du sous-préfet. C'est ça la réalité. Les gens, ils ne le savent pas. Ils nous reprochent de ne pas envoyer la police municipale. Mais moi, je ne peux pas l'envoyer sans l'autorisation du sous-préfet. C'est ça la réalité. Et les gens en face, vous croyez qu'ils n'ont pas compris que c'était ça ? Ils n'ont pas compris. Alors, on me dit... Nous, on détruit, par exemple, l'achetée en début de semaine. On a détruit plein de logements. On met plein d'argent dans ce quartier.

Vous avez vu à Dijon tout ce qu'ils ont mis comme argent dans ce quartier. Ça ne marche pas. La bonne question, c'est pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi ça ne marche pas malgré tout l'argent qu'on met dans les quartiers ?

12:36
Présentateur

Bien. Robert Ménard, le régalien, les questions de sécurité, c'est la faiblesse d'Emmanuel Macron, selon vous ?

12:41
Robert Ménard

C'est surtout, d'abord, la faiblesse d'un type qui s'appelle Castaner. Enfin, vous entendez ? Vous avez vu ? Et gardez Castaner dans son gouvernement. Vous avez même dit

12:51
Présentateur

que Castaner peut même se coucher entièrement. Il sera dans son état normal. Attendez,

12:56
Robert Ménard

le type, il est mini... Attendez, pardon, le maître est ministre de l'Intérieur et il dit ça ne me gênerait pas de me mettre à genoux mais de mettre à genoux un genou à terre devant qui ? Devant qui ? On n'est pas aux Etats-Unis. C'est pas... On ne renvoie pas Martin Luther King. C'est un geste de soumission. Aujourd'hui, vous avez vu, vous les avez diffusés. Aux Etats-Unis, ce sont des gestes de soumission ? Mais bien sûr, aujourd'hui, c'est devenu un geste de soumission. Si je vous demande de vous mettre à genoux comme on l'a vu en France, comme on l'avait en France... Moi non plus, que de vendre le bon Dieu, c'est tout.

Quand vous vous mettez, quand on demande à des gens de mettre un genou à terre, à des policiers de mettre un genou à terre parce que, pour demander pardon, demander pardon à quoi ? Vous êtes responsable, vous, de la colonisation ? C'est votre histoire ? Bien sûr que non, la France, elle n'est pas réductible à ça. La France, elle n'est pas réductible à ça. Je trouve ça scandaleux. Et ce ministre, il me sort par les yeux, honnêtement. Il me sort par les yeux. Je le trouve absolument d'un grotesque, incroyable. Aujourd'hui, il a bien senti qu'il faisait une connerie. Moi, je suis allé soutenir au commissariat à Béziers la police qui était outrée de cette position.

Maintenant, il change son fils d'épaule. Il est plus crédible. Il est plus crédible. Il a donné tellement de signes, même pas de relâchement, d'abandon face à cette violence de ces espèces de petits voyous. Juste, il faut qu'il s'en débarrasse.

14:15
Présentateur

Vous parliez de George Floyd des Etats-Unis. La comparaison faite entre George Floyd et Adama Traoré est faite en France par certains. C'est inacceptable. C'est stupide. C'est ce que dit

14:26
Robert Ménard

Manuel Valls. Vous êtes d'accord avec lui ? Bien sûr qu'il a raison. Ça n'a rien à voir. L'histoire des Etats-Unis et l'histoire française, elles n'ont rien à voir.

14:35
Présentateur

Et l'idée de l'existence

14:38
Robert Ménard

d'un privilège blanc ? Vous n'avez pas remarqué ? Oui, vous l'avez remarqué. C'est des gens qui sont obsédés par la race. Vous parlez de la race tous les matins en vous réveillant ? Non. Vous jugez que les gens sont sur la couleur de leur peau ? Non. Aujourd'hui, il y a tout un courant racialiste qui ne juge et qui ne vous demande de juger les gens qu'à partir de la couleur de leur peau. C'est des racistes. C'est des racistes. Moi, c'est une question que je ne me pose jamais et que je ne me suis jamais posée. Et attendez, on se connaît depuis 30 ans. Je me suis battu pour des gens dans le monde entier. Je ne me suis jamais demandé quelle était leur religion et la couleur de leur peau.

15:15
Présentateur

Je n'ai pas m'excusé en tant que blanche, dit Marion Maréchal. Elle a raison. Bien sûr qu'elle a raison. Mais personne ne lui a demandé de s'excuser.

15:21
Robert Ménard

C'est pas vrai. Aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, aux Etats-Unis, c'est autre chose. Oui, mais attendez. Est-ce que vous n'avez pas remarqué que tout ce qui se dit aux Etats-Unis, dix ans après, il y a une espèce de, en particulier d'une gauche, d'une gauche française qui le reprendra sans hésitation. Mais écoutez Mélenchon. Écoutez ce qui dit Mélenchon. J'ai repris juste un mot de Mélenchon parce qu'il ne faut pas déconner de temps en temps. Il dénonce, je le cite, il parle des syndicats de policiers et il dit que c'est pour les syndicats qu'ils réclament le droit d'étrangler les gens. Parce que les syndicats de policiers, les policiers, ils réclament le droit d'étrangler les gens.

Enfin, comment vous pouvez dire un truc pareil ? Vous avez, vous, le sentiment ? Enfin, vous le savez. La différence entre un pays démocratique et un pays qui ne l'est pas, moi, je ne sais pas si ma vie dans des pays qui n'étaient pas démocratiques, c'est qu'un flic dans un certain nombre de pays non démocratiques et de petites tyrannies, c'est un type qui vous met en danger. Pourquoi vous vous sentez en danger, vous, quand vous croisez un policier ? Bien entendu que non. Bien entendu que non.

16:21
Présentateur

Mais peut-être que je ne suis pas en danger parce que je suis blanc, que je vis dans un quartier favorisé, vous, Robert Ménard, parce que vous êtes maire de Béziers, mais peut-être que si j'habitais dans une banlieue difficile de la région parisienne, par exemple, je me sentirais peut-être en danger, non ? Et peut-être que si vous étiez flic, vous vous sentiriez un peu moins en danger. Mais je me sentirais aussi peut-être en danger, effectivement, dans un quartier en question. De la même manière.

16:45
Robert Ménard

Attendez, moi, je me mets à la place spontanément de la police. Je suis toujours éveillé. Tout à l'heure, je regardais les images juste avant, dans le journal. Vous savez ce que je vous dis ? Je vais vous dire quelque chose des policiers. Je les trouve héroïques de ne pas s'énerver plus que ça. Vous avez vu le type qui s'est fait casser la figure et tout. Que ses copains à côté, que ses copains à côté, ne foutent pas une trempe aux types qui viennent de faire ça à leurs potes, honnêtement, je les trouve, on devrait leur donner la légion d'honneur pour faire ça. Parce que je ne sais pas si j'aurai ce calme-là.

Alors, les policiers, plutôt qu'on nous montre, bien sûr qu'il peut y avoir des erreurs, bien sûr qu'il peut y avoir des dérapages. Mais quand même, l'immense majorité des policiers, d'abord, ils nous protègent. Ils nous protègent de ces petits voyous. Ils nous protègent de la délinquance. Et ils font preuve d'un stoïcisme. Vous ne seriez qu'à pas, vous, si votre pote, il était roué de coups sous vos yeux, de dire, je le dégage et je n'en fais pas plus. Et en prenons la mesure de ça.

17:41
Présentateur

Vous niez tout acte violent de la part de policiers ? Mais bien sûr que non. Ou tout comportement raciste, tout propos raciste

17:48
Robert Ménard

de la part de policiers ? Mais bien sûr qu'il y a... Attendez, mais il y a des journalistes qui doivent être violents, il y a des journalistes qui doivent être racistes, pardon, il y en a. Est-ce que vous diriez qu'il y a un racisme systémique, enfin, ce mot à la pote-là, parmi tous les journalistes ? Non, il n'y a pas un racisme chez les policiers. Mais comment l'imaginer ? Comment l'imaginer ? Je vous rappelle, pour la petite histoire, parce que je ne suis pas sûr que tous les gens entêtent, dans l'affaire Traoré, sur les trois policiers, je regrette de le dire. Deux centiers. Deux centiers, c'est-à-dire sont noirs, il faut parler clairement. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire, eux, ils sont racistes, détestent les noirs. Mais enfin, il faut arrêter de dire des conneries, quand même.

18:26
Présentateur

Robert Ménard, j'en reviens à la politique. Vous allez créer un parti, un nouveau parti ? Non, il ne faut pas créer des partis, les gens, ils n'en peuvent plus. Oui, d'accord, mais il faut bien structurer un mouvement, si vous voulez agir. Il n'y a que l'élection présidentielle qui compte en France, vous le savez bien. Est-ce que Macron,

18:42
Robert Ménard

il a créé un parti quand il a été candidat ? Non. Il faut refaire la même chose. La droite, elle est nulle, notre droite. Elle n'a pas retenu un certain nombre de leçons. Les gens, ils ne veulent plus de partis. Moi, j'ai été élu.

18:54
Présentateur

Vous êtes un homme de gauche, vous, Robert Ménard.

18:57
Robert Ménard

Oui. Et alors ? Devenu quoi ? Je n'ai pas un reproche, devenu un homme de droite. Deux, trois. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que sur une certaine nombre de points, on peut se retrouver d'accord. Pardon, moi, il y a un certain nombre de choses qui me donnent envie de pleurer, de vomir le matin. Quand je sais dans ma vie le malheur d'un certain nombre de gens, ce malheur, vous savez, de droite, de gauche, blanc, de noir,

19:21
Présentateur

d'origine maghrébine,

19:23
Robert Ménard

ou peu importe. Je m'en contrefous. Il y a des gens modestes et pauvres dans votre ville comme ailleurs en France. Comme ailleurs. Et il y a sur ma liste des gens qui viennent de tous les pays, de tout un tas de pays, de tout un tas de couleurs. Et je ne m'en inquiète pas. La seule chose, c'est moi qui les ai choisis, en plus, la seule chose que je veux, c'est qu'on se retrouve pour changer ce pays. Or, aujourd'hui, la classe politique et les partis politiques, les partis politiques, c'est le premier empêchement de cette évolution, de cette révolution, je dirais même. Les partis politiques, il faut s'en débarrasser.

Il faut qu'enfin, qu'enfin, on imagine qu'on puisse réunir un certain nombre de gens autour d'un, d'une figure d'un, d'un homme ou d'une femme qui soient capables de réunir ces gens-là. Au-delà des partis politiques, au-delà des partis politiques, on ne fera rien avec eux. Ils nous plomberont et on perdra.

20:10
Présentateur

Bien, merci Robert Ménard d'être venu nous voir ce matin.