Sciences Po forme les élites de demain ? - 3 jeunes face au directeur
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Sciences Po est-il de gauche ?
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On ne peut pas accepter n'importe qui au nom du pluralisme à Sciences Po.
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Le moindre propos contraire à la loi, je fais un article 40.
- 0:18RelanceÉludée
Tu es venu régler tes comptes sur les élections syndicales ?
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Y a-t-il trop de copinages dans les grandes écoles ?
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Présentation des étudiants
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Sciences Po est-il de gauche ? Oui, Sciences Po est de gauche, Sciences Po a toujours été de gauche. »
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« Je pense qu'on ne peut pas accepter n'importe qui au nom du pluralisme à Sciences Po. »
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« Non, juste pas ceux d'extrême droite. »
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« Sciences Po est-il de gauche ? Vrai. Ou je dirais que vrai aussi ? Factuellement vrai. Absolument vrai. »
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« Sciences Po est l'école qui forme le plus de nos dirigeants politiques. »
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« Sciences Po est une école de bon joie. »
- 1:33InvitéFait
« Vrai, on a encore une surreprésentation d'étudiants qui viennent de classes sociales favorisées. »
- 1:52InvitéFait
« Sciences Po est la meilleure école de France. »
- 2:14InvitéFait
« Il y a des sujets dont on ne peut pas débattre à Sciences Po. »
- 2:41PrésentateurFait
« Moi je pense que tout ce qui relève d'un cadre juridique et républicain doit pouvoir être débattu à Sciences Po. »
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« On donne 75% en plus de la bourse Crous aux élèves concernés. »
- 9:36InvitéFait
« C'est les cas de Zemmour ou de Finkelkraut qui n'ont finalement pas pu donner de conférences à Sciences Po. »
- 11:40PrésentateurFait
« Je suis dans la logique du pluralisme. »
- 18:24PrésentateurFait
« Sciences Po est-il de gauche ? Oui, Sciences Po est de gauche. Sciences Po a toujours été de gauche. »
- 30:14PrésentateurFait
« j'ai souhaité que dans la commission de déontologie sur tout Sciences Po il y ait un étudiant qui siège »
- 37:34PrésentateurFait
« on a endurci notre politique anti-plagiat à Sciences Po qui était jusqu'ici un peu laxiste »
- 38:00PrésentateurFait
« dans le cadre d'un courrier général nous avons indiqué notamment qu'il était interdit sans référence sans mention d'utiliser le tchat GPT »
- 38:16PrésentateurFait
« nous nous considérons que tchat GPT est un objet de recherche »
- 38:20PrésentateurFait
« on va avoir un grand séminaire sur le sujet avec plein de scientifiques le 9 mars prochain »
- 46:17InvitéChiffre
« 20 ans plus tard la même étude a été faite et ce taux est maintenant de 70% »
- 48:07PrésentateurChiffre
« c'est passé de 3 à 14% »
- 48:27PrésentateurChiffre
« on est passé de 25% en flux à 30% de boursiers »
- 48:39PrésentateurFait
« on augmente de 50% le nombre d'élèves qui viennent des conventions d'éducation prioritaire »
Temps de parole
- Présentateur48 %
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Sciences Po est-il de gauche ? Oui, Sciences Po est de gauche, Sciences Po a toujours été de gauche.
Je pense qu'on ne peut pas accepter n'importe qui au nom du pluralisme à Sciences Po.
Le moindre propos, contraire à la loi, je fais un article 40, moi comme directeur.
Enfin, je ne sais pas si tu es venu ici pour régler tes comptes sur comment se sont passées les élections syndicales à Sciences Po cette année. Vous voudriez que tous les candidats à la présidentielle n'aient pas le droit, en fonction de leur programme, de rentrer dans l'enceinte de Sciences Po ? Non, juste pas ceux d'extrême droite. Sciences Po est-il de gauche ? Vrai. Ou je dirais que vrai aussi ? Factuellement vrai. Absolument vrai. Y a-t-il trop de copinages dans les grandes écoles ?
Ça dépend lesquelles et pas à Sciences Po.
Je pense que ça a été un problème un jour et qu'aujourd'hui Sciences Po a pris la mesure de la chose et qu'en tout cas Sciences Po, c'est plus un fait. Alors bonjour, je m'appelle Lou, j'ai 18 ans et je suis en deuxième année à Sciences Po ainsi qu'à Sorbonne Université en histoire. Sciences Po est l'école qui forme le plus de nos dirigeants politiques. Sciences Po ne forme pas que les dirigeants politiques. Je pense que c'est une écrasse en majorité, effectivement. Une bonne partie d'entre eux et notamment des personnalités politiques qui aujourd'hui sont très connues. Vrai, mais je pense de moins en moins et d'autant plus si la droite disparaît à Sciences Po.
Alors moi, c'est Anissa, je suis en deuxième année du bachelor à Sciences Po et j'ai 19 ans. Et à côté de ça, je suis élue aussi au sein du conseil de la vie étudiante et de la formation de Sciences Po et au sein de la section disciplinaire de Sciences Po encore. Sciences Po est une école de bon joie. Alors, ça a été historiquement vrai. Ça avance, mais ça reste vrai pour moi. Vrai, on a encore une surreprésentation d'étudiants qui viennent de classes sociales favorisées. Vrai si on compare à l'université. Faux si on compare aux autres grandes écoles et même à ce qu'a pu être Sciences Po il y a quelques années.
Bonjour, je m'appelle Mathias Vichra, j'ai 44 ans et je suis directeur de Sciences Po Paris depuis un peu plus d'un an maintenant.
Sciences Po est la meilleure école de France. Vrai, évidemment, vrai à tout point de vue. Dans sa catégorie, je pense qu'elle boxe parmi les leaders. J'en ai pas testé d'autres, donc je sais pas. Vrai. Bonjour, j'appelle Benjamin, je suis étudiant en cédure à Sciences Po et je finis également mon master en finance en stratégie à l'Union Business School à Lyon. Il y a des sujets dont on ne peut pas débattre à Sciences Po. Faux, en tout cas depuis que je suis là, faux. J'ai l'impression par exemple qu'il y a des choses qu'on ne peut pas trop aborder sans se faire catégoriser assez rapidement parfois, donc je dirais plutôt vrai.
Faux, on peut débattre de tout, on peut le faire, on est autorisé à le faire, mais on risque la mort sociale. Il y a des sujets dont on ne devrait pas débattre à Sciences Po.
Moi je pense que tout ce qui relève d'un cadre juridique et républicain doit pouvoir être débattu à Sciences Po.
Cela va devenir de moins en moins important de faire des études supérieures. Faux. Faux, même si la connaissance acquiert en ligne, on a dans les écoles quand même je trouve la transmission, parfois même une relation de mentor avec certains enseignants, certains responsables de pôle qu'Internet ne pourra pas t'apporter. Complètement faux aussi, d'abord parce que les recruteurs cherchent à avoir des profils de personnes qui ont fait des études supérieures. Donc forcément, c'est un peu signer sa propre mort professionnelle si on décide de s'arrêter malheureusement au bac. Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit, absolument faux.
Je pense en revanche, comme vous l'avez dit, que ça ne suffira plus dans le futur, qu'il faut à la fois développer un engagement et les soft skills dont tu parlais, mais aussi mettre l'accent sur la professionnalisation dès la fin des études et pas attendre d'être diplômé par des stages, une alternance, etc. Mais ce qui est proposé à Sciences Po. Tous les étudiants devraient travailler pendant leurs études.
Moi, je pense que tous les étudiants devraient avoir des expériences diverses. Je ne sais pas si on dit travailler derrière. Alors parfois, ça peut être pour des raisons financières. Mais en tout cas, le fait d'avoir, que ce soit le parcours civique, par exemple à Sciences Po, qui permet d'une expérience dans une association de solidarité ou contact des publics, que ce soit les stages ou l'apprentissage que Sciences Po développe, et que j'ai souhaité que dans tous les masters, dans toutes les écoles, on puisse avoir une possibilité d'apprentissage, ça, je pense que c'est très important.
Alors vrai, avoir une expérience pro, même pendant ses études, personnellement, c'est la meilleure chose qui me soit arrivée. J'ai monté deux ou trois sociétés il y a quatre ans. Tout le monde devrait avoir l'opportunité d'avoir des expériences. Malheureusement, ça dépend dans quel paradigme on se place. Tous les étudiants précaires, à l'heure actuelle, travaillent déjà pendant leurs études, mais ce n'est pas forcément des expériences qui vont être valorisées sur leur CV, parce que ça va être des métiers qui vont être pénibles. Donc dans un monde idéal, bien sûr, on pourrait faire des études et en parallèle, avoir des expériences professionnelles valorisantes et prestigieuses.
On pourrait faire des stages, de l'alternance à côté, etc. Mais voilà, aujourd'hui, ce n'est pas accessible à tout le monde, parce qu'il y a d'autres facteurs extérieurs qui rentrent en jeu aussi. Vrai, je pense que c'est exactement ça. C'est l'idée de compléter la formation académique et que toute expérience, qu'elle soit prestigieuse ou non, apporte un vrai plus. Est-ce qu'il y a un gros problème aujourd'hui entre justement la liberté d'entreprendre ou de mener ses propres projets et le fait de mener des études ?
C'est un retour qu'on a eu de gens qui étaient à HEC, qui étaient à l'ESCP, qui étaient dans d'autres écoles de commerce, d'autres écoles de communication, parfois des écoles d'ingénieurs. Sciences Po, de loin, a l'air de souvent être une école qui est citée comme justement étant plutôt ouverte à ce que les élèves aient des vies à côté de l'école. Est-ce que c'est un problème global de société en France ?
Alors oui, d'abord c'est un problème. C'est un problème lié à la situation financière et économique de beaucoup, beaucoup d'étudiants et d'étudiantes. Mais ce que je crois, c'est que d'abord, et Benjamin l'a dit quand même à travers son expérience en école de commerce et à Sciences Po, nous nous aidons comme aucune autre école, nos étudiants en matière financière. Aucune autre école ne fait ça.
C'est-à-dire que non seulement quand vous êtes boursier du supérieur, vous ne payez pas votre scolarité, ce qui n'est pas le cas, y compris dans les écoles de commerce, où vous avez en fait des rabais, entre guillemets, ou des diminutions de frais scolarités, mais il n'y a pas de zéro pour tous les boursiers, nous, quelle que soit l'échelle de bourse. Et en plus, on donne 75% en plus de la bourse Crous aux élèves concernés. Donc ça veut dire que l'aide financière, en réalité, est inégalée. Inégalée.
Donc ce qui permet, même si on peut dire qu'il y a des situations difficiles, il y a d'ailleurs un budget d'urgence pour ça, que sur le plan économique, on est quand même une école qui prenons vraiment soin de nos étudiants qui sont le plus en difficulté financière. Après, il y a la question de la compatibilité des activités, des passions avec la scolarité. La première chose, c'est qu'on a été aussi, parmi les premiers, pardon, je suis un peu le VRP de l'école, donc je dis tout ce que fait magnifiquement l'école, et puis après, il y aura tout ce qu'on doit améliorer. Mais d'abord, on a été les premiers à le faire sur les sportifs de haut niveau.
C'est-à-dire les sportifs de haut niveau qui conjuguent pratiques de haut niveau et Sciences Po, on aménage, on a un programme prévu pour aménager leur scolarité. On le fait, dans quelques semaines, on va lancer ça avec les artistes. Parce qu'on a aussi, on lance la maison des arts et de la création, on sait que la pratique artistique peut être aussi un sujet. Je souhaite qu'on le lance aussi de manière plus systématique sur l'entrepreneuriat.
Parce que j'ai eu plein de cas de vos collègues, le Média Positif aussi m'avait alerté là-dessus, parce que ce sont des étudiants de Sciences Po qui le tiennent, sur le fait qu'il peut y avoir aussi pour l'entrepreneuriat des sujets proches de ceux que vous évoquez qui peuvent concerner les artistes ou les sportifs de haut niveau, c'est-à-dire un rendez-vous pour un deal, etc., voir comment on peut aménager. Donc, d'un côté, d'une certaine manière, on aide vraiment les élèves et donc pour éviter les activités annexes qui ne seraient pas totalement nécessaires, budgétairement parlant. Et puis, par ailleurs, on adapte quand même les agendas. Alors après, il y a plein de choses à améliorer.
Je ne dis pas qu'on est l'alpha et l'oméga, mais je vous mets au défi de me donner une université ou une école qui, autant que Sciences Po aide ses étudiants, financièrement, c'est un tiers de l'ensemble de notre budget qui est consacré aux aides sociales aux étudiants. Un tiers. En tout, si on globalise. Et par ailleurs, qui commence à tester des dispositifs d'aide à la cohérence des agendas, etc. Donc voilà, on a des choses à améliorer. Et notamment, merci de l'avoir cité, parce que je souhaite qu'on avance là-dessus, sur les entrepreneurs.
Ce ne serait pas intéressant aussi d'étendre ça aux activités associatives et syndicales aussi, un étalement de scolarité ?
En fait, le sujet, moi je suis prêt à tout. Le sujet, c'est que les activités associatives et syndicales font partie, d'une certaine manière, de la scolarité de Sciences Po, en vrai. Moi, j'ai été responsable syndical, associatif à Sciences Po. Je n'ai pas demandé d'aménagement de scolarité. Je jonglais, j'avais des... Après, il y a le sujet de l'activité annexe, qui est vraiment une activité très importante, et qui est soit artistique, sportive, etc. Et qui prend vraiment beaucoup de temps, et qui est à côté de Sciences Po. Donc, s'il y a une responsabilité particulière, moi je suis prêt à regarder tous les cas.
Mais je ne peux pas commencer à dire toute activité associative ou syndicale, parce que sinon, on va avoir un nombre de demandes absolument dingue, et on ne pourra pas gérer des agendas individualisés pour chacun, etc. Il faut quand même qu'on soit responsable. Et moi, je suis quand même à la tête d'une institution avec 15 000 élèves, et si on se met à gérer 15 000 agendas, ça va être compliqué, parce que chacun peut dire « Oui, mais moi, je fais ci, moi, je suis là, etc. » Donc, on va évidemment prendre les trois blocs, d'abord, sportif, artiste et entrepreneur, et regarder comment on fait.
Et ensuite, s'il y a des demandes particulières, moi je suis prêt, de manière pragmatique, à les regarder.
J'aimerais revenir sur le sujet du débat qui a été évoqué tout à l'heure. Je voulais citer deux cas, et avoir vos avis là-dessus, et pas seulement votre avis, Mathias. C'est les cas de Zemmour ou de Finkelkraut qui n'ont finalement pas pu donner de conférences à Sciences Po.
C'est ce qui est faux, mais je le dirais. Faut-il qu'ils puissent ? Alors, la première chose, c'est que pour la présidentielle à Sciences Po, toutes les associations étudiants, j'ai demandé à pouvoir les réunir, notamment le Parlement des étudiants, et leur dire quels sont vos souhaits. De manière générale, il y avait des oppositions sur l'invitation de certains, et certaines, je pense notamment à M. Zemmour, à Mme Le Pen, pour dire les choses de manière assez directe, et de l'autre, il y avait le souhait d'avoir vraiment une pluralité. Moi j'ai dit, je ne suis pas portier de boîte de nuit, je ne dis pas, toi tu rentres, toi tu ne rentres pas.
Donc moi, le principe, c'est tout candidat à la présidentielle peut venir à Sciences Po. Simplement, simplement, le vrai sujet, c'est que je ne veux pas que Sciences Po soit un lieu de meeting. On n'est pas une salle, on n'est pas la mutualité, on n'est pas le trocadéro, et il y a d'autres endroits pour ça. Donc moi, ce que je souhaite, c'est que les candidats à la présidentielle, quand ils viennent à Sciences Po, ils acceptent, ils et elles acceptent, ça a été fait à partir du moment où je suis arrivé, il y en avait d'autres qui étaient arrivés avant mon arrivée, ça n'était pas le cas, qu'il y ait un contradictoire scientifique.
C'est-à-dire qu'il y ait, on est dans un lieu de savoir, qu'il y ait un prof d'économie qui challenge le programme économique, qu'il puisse y avoir un historien éventuellement quand il y a des sujets historiques qui sont posés, qu'il puisse y avoir un sociologue, bref. Donc ce que j'ai dit, c'est qu'à cette condition, tous les candidats pouvaient venir. Et il se trouve que M. Zemmour, qui devait venir finalement, a décidé de ne pas venir, mais ce n'est pas moi, ce n'est pas Sciences Po qui ai demandé à ce que M. Zemmour ne vienne pas. Qu'on soit bien clair là-dessus, ce n'est pas le cas.
Parce que ça s'inscrivait dans un cadre qui était pour moi un cadre de pluralisme, mais un cadre aussi du savoir. En ce qui concerne M. Finkielkraut, M. Finkielkraut est venu à Sciences Po il y a quelques semaines. Il est venu à Sciences Po dans le cadre d'un séminaire sur Milan Kundera. Alors il a dit, je suis venu, on m'a donné un itinéraire particulier, etc. On a simplement fait en sorte, au niveau des services, de faire en sorte que sa venue se passe bien. Parce qu'il peut y avoir des opposants, M. Finkielkraut. Mais moi, je vous le dis, je suis dans la logique du pluralisme. Je suis dans la logique du pluralisme.
Et la lettre de Charb sur l'islamophobie a été lue à Sciences Po au moment de mon arrivée. La question de ce que je pense de M. X, de Mme Y, de tel bouquin, importe peu. On s'en fiche de ça, ce que je pense, moi. Ce qui compte, c'est de se dire qu'il doit y avoir un cadre de pluralisme de pensée. Alors c'est vrai que c'est exigeant. Mais pour moi, quand on est dans une monopensée, quand on n'est qu'avec des gens qui pensent comme soi, la réflexion et l'intelligence s'atrophient. Et je pense que Sciences Po, dans son histoire, a toujours mêlé des gens qui pensaient différemment. Et que ce soit au niveau des enseignants ou des initiatives étudiantes, moi, je suis pour le pluralisme.
Ça, c'est clair. Sinon, je pense... Alors c'est difficile, évidemment. C'est compliqué. Parfois, on me traite de je ne sais pas quoi parce qu'il y avait eu Jean Messia qui était venu pendant la campagne et donc il y avait eu une manifestation, etc. Mais moi, j'assume le fait que le pluralisme, c'est une bonne chose pour notre institution et c'est une bonne chose pour la pensée.
Je trouve juste que c'est un peu dangereux au nom du pluralisme, de tout justifier par le pluralisme quand il s'agit en réalité de discours de haine, de discours d'extrême droite. La pluralité des opinions, elle peut se traduire par des hommes ou des femmes politiques de droite qui viennent débattre avec des hommes ou des femmes politiques de gauche. Et là, on va avoir un débat qui va se faire de personnes qui ne partagent pas les mêmes positions politiques.
En revanche, quand on parle de Zemmour ou de Finkielkraut qui tiennent des discours de haine, qui tiennent des discours islamophobes, racistes, xénophobes, forcément, ça va faire du bruit et forcément, on va s'insurger d'abord parce qu'il faut aussi penser aux principaux concernés, aux concernés par ces attaques-là qui forcément vont se sentir blessés par leur venue, qui ne vont pas vouloir que ces paroles-là se propagent dans leur école, dans une école qui est la leur aussi, dans une école qui est celle dans laquelle ils se rendent tous les jours pour aller étudier.
Donc, je pense qu'on ne peut pas accepter n'importe qui au nom du pluralisme à Sciences Po et on ne peut pas accepter d'entendre n'importe quel discours, surtout quand ça propage des idées aussi dangereuses.
Pardon, je veux juste rebondir là-dessus en quelques secondes. N'importe quel discours, je suis d'accord. Moi, ce que j'ai dit, c'est que si dans l'enceinte de Sciences Po, et les cours sont, les interventions sont enregistrées, il y a des gens qui sont là, il y a le moindre propos, le moindre propos contraire à la loi, je fais un article 40.
Donc, la question, c'est le premier point et le deuxième point, c'est que je suis désolé, mais là, moi, je suis en opposition là-dessus parce qu'il y a un moment où interdire ne fait pas avancer d'abord le pluralisme et ensuite entraîne aussi une forme de martyrologie, c'est-à-dire qu'il y a un moment où vous interdisez et vous avez l'effet exactement contraire de ce que vous souhaitez. Parce qu'une conférence qui est interdite pour 20 personnes à Sciences Po à un moment, ça va faire une espèce médiatiquement de nuée absolument dingue et ça va justement alimenter encore plus l'image que Sciences Po n'est pas ouverte, que Sciences Po interdit, etc.
Donc moi, je pense que c'est un pluralisme, mais un pluralisme encadré. Ce n'est pas un pluralisme open bar, tout le monde vient, tout le monde dit ce qu'il veut, etc. C'est dans un cadre, je l'ai dit, avec un contradictoire la plupart du temps parce que je pense que le contradictoire, c'est important. Et la deuxième chose, c'est que tout propos de la nature que vous évoquez, je prenais mes responsabilités en indiquant dès au début que je ferais un article 40. Et ça, pour moi, c'est ce qui permet d'avoir un cadre de débat serein.
Mais ces personnages, c'est un peu la... En tout cas, pour ce qui est de Zemmour ou même des personnalités d'extrême note, ce sont la personnification de ces idées-là, de ces discours-là, même si explicitement, ils ne vont pas venir le dire à Sciences Po. Ils les représentent, ils les incarnent. Donc, leur simple présence, leur simple venue représente aussi des discours qu'ils ont pu avoir dans le passé ou des propos, des programmes aussi qu'ils tenaient pendant les élections présidentielles et qui comportaient ces effectuels. Vous voudriez que tous les candidats à la présidentielle n'aient pas le droit en fonction de leur programme de rentrer dans l'enceinte de Sciences Po ?
Non, juste pas ceux d'extrême droite. Oui, c'est ce que je viens de dire. Mais regardez ça, dans ce cas-là,
ça veut dire que les médias publics reçoivent tous les candidats à la présidentielle, par définition. Les instances de la République considèrent un candidat à partir du moment où il est déclaré éligible, qu'il a les 500 signatures, etc. Au nom de quoi, Sciences Po, université publique, s'arrogerait le droit de dire, moi, en tant qu'institution, je considère que tel ou tel candidat n'a pas le droit de citer à Sciences Po. Moi, je trouve que, en tout cas, ce n'est pas ma conception du pluralisme, notamment dans un cadre républicain.
Vous avez parlé d'instaurer un cadre de débat serein et de pluralisme à Sciences Po. Et toi, tu parlais... Excuse-moi, vous, vous parliez... Je suis en train de... Non, je préfère que vous voyez. Ouf ! D'instaurer un débat entre les personnalités de droite et de gauche plutôt que de faire des meetings politiques, ce qui, en effet, le Sciences Po n'est pas le lieu pour faire ça.
Je voudrais quand même rappeler les conditions dans lesquelles se passe ce type de débat à Sciences Po, notamment à Poitiers pendant la campagne présidentielle où l'association Voix Centre-Droit, donc qui n'est pas une association d'extrême droite, c'est Voix Centre-Droit, avait invité un représentant LR, un représentant de Reconquête et un représentant de Jean Lassalle. Et il y avait eu d'énormes manifestations. On avait tenté d'interdire par une pétition la venue de ces trois représentants mais à forcer a priori du représentant de Reconquête.
Et là, je voudrais saluer l'administration qui a refusé tout d'abord de céder à cette pétition, ensuite qui a assuré la protection policière mais qui a quand même dû fermer la salle à clés pour que les protestations n'empêchent pas la tenue de la conférence. Les gens étaient venus avec des casseroles, avec des...
L'institution ne peut pas être comptable des manifestations d'opposition. L'institution est comptable du fait de donner un cadre qui permette le pluralisme. Je pense que ces manifestations,
ce n'est pas seulement de l'opposition, c'est de la volonté d'interdire certains discours à Sciences Po et on voit qu'il n'y a pas de pluralisme puisqu'il y a des gens qui ne peuvent tout simplement pas s'exprimer. Il y a un climat très lourd pour certaines personnes
à Sciences Po. Oui, il peut y avoir des tentations comme ça mais pour moi, ce n'est pas vrai aujourd'hui. La réalité, c'est qu'il y a, quand il y avait eu, par exemple, tous les responsables de réseaux sociaux de tous les candidats à la présidentielle qui avaient débattu en bout de mi, tous, qui étaient présents et il n'y a pas eu de... La réalité, c'est qu'il y a cela. La réalité, c'est qu'il y a toutes les semaines des intervenants, des intellectuels, des enseignants, etc., qui ne sont pas, avec des guillemets, marqués à gauche et qui interviennent à Sciences Po sans que ça fasse le moindre bruit.
Donc, moi, ce que je veux, c'est, par rapport à ce qu'on s'était dit, Sciences Po est-il de gauche ? Oui, Sciences Po est de gauche. Sciences Po a toujours été de gauche. Il y avait une enquête il y a 20 ans, Sciences Po était de gauche.
Qui a été refaite récemment par ailleurs.
qui a été refaite il y a 20 ans. Et toutes les universités en sciences sociales de France et de Navarre sont de gauche. Donc ça, on pose ça. Ce n'est absolument pas un souci. Le problème... Pardon. Ce qu'il faut poser, après, c'est la capacité à faire en sorte qu'il puisse y avoir une véritable discussion, un véritable débat. Parce que pour moi, c'est l'ADN de l'université, c'est l'ADN de Sciences Po. Dans cette étude qui a été faite, une jeunesse engagée par Martial Foucault et Anne Muxel. Les étudiants et les étudiantes, surtout du reste, à Sciences Po sont indéniablement à gauche. Il y a 20 ans, c'était la gauche socialiste. Aujourd'hui, c'est la gauche plus radicale.
Pour moi, il y a un chiffre que je trouve fondamental et sur lequel je suis hyper optimiste pour la suite. C'est qu'il y a 86% des étudiants qui considèrent que le débat ou le respect des idées contraires au leur est une valeur fondamentale. 86%. Donc quand on dit cancel culture, etc., la réalité, c'est que 86% des étudiants, alors peut-être qu'ils déclarent ça et qu'après, ils ont des pratiques différentes pour une partie d'entre eux, mais 86% considèrent que le débat et le respect des convictions contraires au leur est une valeur fondamentale.
Et heureusement, parce que si on ne peut plus débattre, si on essentialise l'autre, parce qu'on est quand même dans une société, et je ne parle pas à Sciences Po, je parle de manière plus générale, où quand on a une idée contraire, on essentialise l'opposition et c'est l'individu même qu'on veut, j'allais dire, annihiler. Il y a 20 ans, quand on dialoguait, on pouvait considérer l'individu, le respecter, combattre ses idées et continuer à respecter l'individu.
Aujourd'hui, on est dans des formes de débat, une hystérisation d'un débat qui devient en fait une cacophonie, et les médias sont extrêmement responsables de ça, et notamment plein de chaînes d'information continue qui y vont du débat essentialiste, qui raconte n'importe quoi, qui en plus, pour une partie d'entre elles, diffuse des fake news à tout va avec une fabrique de l'information complètement dysfonctionnelle.
Il faut regarder le crayon.
Comment ?
Il faut regarder le crayon.
Il faut regarder le crayon pour ça, pour remettre du fact-checking, du rationnel, je le dis face à la caméra, il faut regarder le crayon pour avoir un média responsable avec une fabrique de l'information robuste, et ça, je pense que c'est extrêmement compliqué. Quand on commence à vouloir interdire, quand on commence à ne plus vouloir même que l'autre s'exprime, je pense que c'est une société qui est malade. Et moi, je ne souhaite pas ça.
Je ne sais pas si vous avez conscience qu'à Sciences Po, il y a quand même une stigmatisation très forte de tous les étudiants qui sont plus à droite qu'Emmanuel Macron et qui sont considérés, excusez-moi le terme, comme des fachos. Je veux dire, il y a des étudiants qui demandent des cours après avoir été absents sur les groupes de promo qui ne sont pas engagés en politique et à qui on répond qu'on ne sympathise pas avec l'extrême droite. Il y a beaucoup d'étudiants qui disent que personne ne veut faire des exposés avec eux parce qu'ils sont considérés comme de droite.
Moi-même, je me suis déjà fait suivre par Anissa et une de ses collègues dans le hall avec une pancarte marquée fachos et une flèche sur ma tête. C'était l'Uni. Oui, alors attendez, j'ai un tract de l'Uni si vous voulez pour regarder, vous allez m'expliquer ce qu'il y a de fachos.
Je pense que ce qu'on peut se dire c'est que d'abord l'Uni existe, l'Uni est représentative et l'Uni est dans les instances et notamment au conseil de l'Institut.
La pancarte n'était pas marquée l'Uni était un fachos, c'était quand même très adressant à voir ma personne.
Moi, ce que je veux dire c'est que d'abord en plus on va lancer on a fini les travaux un groupe sur les discriminations avec un dispositif sur les discriminations et les discriminations en vertu et vous avez été auditionné au nom de l'Uni l'Uni a été auditionné notamment sur ce groupe-là. Mais je vous ai dit très reconnaissance
et je sais que l'administration agit.
C'est que moi je ne souhaite évidemment pas qu'il y ait de discrimination au regard des opinions. Ça c'est absolument anormal. Et donc, encore une fois, moi je ne peux pas maîtriser tout ce qui se passe dans la péniche la péniche étant l'endroit de rassemblement à Sciences Po dans le jardin ce que les étudiants peuvent se dire les uns les autres. Moi je ne suis pas dans une cour d'école. En revanche, ce que je veux c'est faire en sorte qu'il y ait ce cadre qui permette d'avoir vraiment toutes les opinions qui puissent s'exprimer. Et pardon mais l'association Reconquête a été élue représentative. L'association Reconquête a existé à Sciences Po. Quelle meilleure preuve d'un pluralisme ?
Et puis par ailleurs ce plateau-là aujourd'hui, vous trois, tous les trois représentatifs de Sciences Po et tous les trois vous avez des opinions, des parcours, des idées différentes, etc. Donc ça montre quand même qu'on peut faire vivre le pluralisme. La question c'est effectivement de faire en sorte que le cadre et les outils puissent permettre de rendre ce pluralisme plus robuste.
Je trouve ça quand même assez culotté si on parle de stigmatisation et de harcèlement et on parle de Reconquête et de l'Uni. Reconquête et l'Uni stigmatisent des catégories d'étudiants, stigmatisent des couleurs de peau, stigmatisent des religions. Donc oui, bien sûr, oui. Là, prendre l'exemple du tract de l'Uni, je ne sais pas si tu es venu ici pour régler tes comptes sur comment se sont passées les élections syndicales à Sciences Po cette année, mais il n'y a pas de stigmatisation des étudiants de droite à Sciences Po, il y a juste une conscientisation et un refus d'accepter l'intolérance de l'extrême droite et leur discours de haine, leur discours raciste, homophobe, islamophobe.
mais je trouve ça quand même assez fou qu'on en vienne à reprocher aux étudiants de refuser les discours d'extrême droite que ce soit à Sciences Po ou dans le cadre universitaire. Comment tu aimerais que ça fonctionne, Anissa ? Moi, je ne veux pas qu'il y ait des discours d'extrême droite qui soient présents dans une école où on étudie. Il doit y avoir un climat où on se sente accepté peu importe son genre, peu importe son orientation sexuelle, sa couleur de peau, sa religion. On doit pouvoir être à l'aise, on doit pouvoir étudier dans des conditions d'études.
Mais c'est le cas à Sciences Po.
C'est le cas à Sciences Po et c'est pour ça que pour moi on ne doit pas accepter l'extrême droite dans nos lieux d'études parce que c'est contraire à des bonnes conditions d'études pour toutes et tous. Je ne te parle pas d'accepter ou non des propos politiques, je te parle d'une intolérance à Sciences Po qui... Envers l'extrême droite ? Non, envers tous les étudiants qui refusent l'opinion majoritaire bien pensante. Notamment, j'ai des témoignages en tête de personnes sur le campus de Menton qui disent qu'on ne peut pas assumer à Sciences Po pour qui on vote sereinement si on ne vote pas tout ce qui est comme j'ai dit au plus à droite Emmanuel Macron.
Qu'est-ce que tu en penses d'un œil extérieur à ces questions politiques puisque c'est moins ton créneau Benjamin ? Qu'est-ce que tu en penses ? Moi, de base, je viens d'école de commerce où les gens s'en fichent de la politique très clairement. Ils sont plutôt d'extrême gauche en école de commerce ? Non, en école de commerce très clairement, on est majoritairement soit à politique soit un peu plus à droite éventuellement parce qu'on part tous en banque d'affaires, en conseil en stratégie, etc.
Bon, l'orientation est assez évidente mais moi, quand je suis arrivé à Sciences Po, c'est vrai que j'ai ressenti surtout que dans une école de commerce c'est vrai qu'il y avait un climat assez à gauche et que j'avais du mal parfois à assumer peut-être des positions de droite.
Moi, je suis plutôt, je ne m'intéresse pas plus que ça à la politique politicienne, je m'intéresse beaucoup à l'histoire de la politique, etc., ses implications au quotidien mais c'est vrai que je ne fais pas de la politique pure mais c'est vrai qu'à Sciences Po, ce que j'ai senti effectivement c'est que je pense que je suis assez d'accord avec toi dans le sens où tu ne peux pas totalement assumer tes opinions si elles ne sont pas conformes en fait à un espèce de mouvement sociétal de Sciences Po, en gros très clairement une gauche assez prononcée mais je veux dire moi par exemple dans mon cas personnel je suis à Sciences Po pour venir finir mes études, pour venir prendre beaucoup de sciences humaines, finir mon diplôme et pour quelqu'un qui n'est pas forcément politisé à votre échelle par exemple à votre point c'est vrai qu'on peut sentir quelque chose assez pesant
mais moi je pense qu'il y a aussi des miroirs grossissants et des impressions parce que moi je ne peux pas être sur la logique de dire qu'on va être derrière chaque étudiant en disant il ne faut pas faire ci il ne faut pas faire ça ce n'est pas mon rôle mais franchement quand on voit le nombre d'initiatives la représentativité la présence notamment de l'Uni dans les instances les invités etc.
moi je ne peux pas dire on ne peut pas laisser dire que la droite n'a pas voie de cité à Sciences Po que y ait un poids majoritaire des étudiants qui sont à gauche c'est un fait statistique que y ait dans ce moment là j'ai été étudiant comme vous et j'avais des batailles aussi idéologiques avec certains de l'Uni qui étaient mes potes mais avec lesquels je me battais sur le plan des idées mais ça restait mes potes par ailleurs moi je considérais qu'on pouvait dissocier des combats qui étaient de nature politique syndicale etc. et puis une amitié parce qu'on se retrouvait sur autre chose est-ce que vous trouvez
que ça a changé à notre génération ?
je pense que ça a un peu changé moi franchement j'ai toujours considéré qu'y compris alors pardon vous parlez un tout petit peu de moi trois secondes mais que dans les amitiés on est dans des amitiés souvent qui nous complètent c'est-à-dire que moi les amitiés qui reproduisent exactement ce que l'on est ou ce que l'on pense etc. ça peut être très bien ça peut être très confortant mais c'est pas forcément ce qui fait le plus avancer
et puis c'est pas suffisant
et c'est sans doute pas suffisant et c'est pour ça que moi dans ma trajectoire notamment politique j'ai été très investi à gauche j'ai monté à TAC à Sciences Po j'étais à l'UNEF j'ai travaillé avec Jean-Luc Mélenchon après j'étais à la ville de Paris etc. mais j'ai toujours eu tout en m'opposant politiquement des amis c'est pas mon ami de droite mais vraiment des amis de droite et en grand nombre et je considérais que les discussions etc.
étaient nourries et étaient vraiment intéressantes je comprends le climat général des deux côtés d'ailleurs je respecte vos deux positions parce que je pense qu'elles participent de logique de perception donc de participe d'une réalité une réalité qui est pas la même perçue mais à partir du moment où vous le ressentez ça existe et ce que je souhaite moi c'est pas vous dire avec un coup de baguette magique tout le monde va s'aimer tout va bien aller c'est que je veux juste poser un cadre qui permette d'être juste et un cadre qui permette à une forme d'éthique du débat de se retrouver parce qu'en fait ça a été très bien dit Sciences Po est aussi à l'image en réalité de manière plus forte parce qu'on est plus engagé à Sciences Po on est plus passionné sur ces sujets mais à l'image de la société et de la jeunesse et en fait Sciences Po n'est pas à l'écart de la société c'est juste plus fort parce que les étudiants et les étudiants de Sciences Po sont d'une certaine manière j'allais dire plus au fait parce que c'est des problématiques qu'ils traitent y compris dans leurs études et donc d'une certaine manière avec une véhémence peut-être plus forte qu'ailleurs mais c'est un problème qui concerne toute la société et je crois que retrouver cette éthique du débat retrouver cette possibilité du dialogue on avait un programme que vous n'avez pas connu mais qui était formidable de Bruno Latour qui s'appelait Forecast et qui était sur comment on gère les controverses et comment la controverse peut être même source de connaissances et comment on va encer c'est la cartographie des controverses exactement cartographie des controverses moi j'aimerais retrouver avec l'école de journalisme avec d'autres la possibilité y compris dans les cours de montrer de proposer que Sciences Po fasse un peu figure encore une fois d'avant-garde sur l'éthique du débat parce qu'on a besoin de ça honnêtement on est dans une société moi je suis effaré quand j'allume la télévision quand je vois les débats politiques du niveau du niveau de haine du niveau de où l'autre on ne conteste pas simplement son idée on conteste ce qu'il est on essentialise l'opposition à l'autre c'est pas possible on peut pas être comme ça et moi je souhaite pas que Sciences Po accompagne cette dérive au contraire je souhaite qu'on se saisisse de cette situation de l'intelligence de nos étudiants et nos étudiantes qui est extraordinaire qui est plurielle qui est avec une diversité sociale environ enfin sociale géographique internationale etc.
et qu'on saisisse de ça c'est une espèce d'écosystème de comment on essaie de faire en sorte qu'il y ait du débat possible pour moi c'est indispensable parce que la société va très mal
Est-ce qu'il y a un risque que les étudiants prennent de plus en plus le contrôle aussi des écoles et des universités pas spécialement Sciences Po en particulier forcément mais comme ce qui s'est passé notamment à l'université d'Evergreen aux Etats-Unis
Non en fait à l'inverse à l'inverse moi depuis que je suis directeur je fais en sorte j'espère que vous pouvez en attester qu'on donne beaucoup plus de poids aux étudiants dans plein d'instances il y a le comité des dons par exemple sur les dons et le mécénat j'ai souhaité il n'y en avait pas qu'il y ait un étudiant qui y siège j'ai souhaité que dans la commission de déontologie sur tout Sciences Po il y ait un étudiant qui siège dans la recherche du numéro 2 du provost dans le comité de recherche il y avait un étudiant ce qui n'avait jamais été fait etc donc moi je suis plutôt à dire parce qu'à Sciences Po c'était un peu moins le cas que dans certains universités au contraire moi je veux plus d'étudiants qui participent on met même en place sur le suivi budgétaire pour qu'il y ait un suivi budgétaire avec les étudiants au cours de l'année donc franchement on part plutôt d'une logique où moi je veux que les étudiants s'investissent davantage après chacun dans son rôle chacun dans son rôle moi je ne vais pas me laisser dicter par aucune communauté que ce soit d'ailleurs que ce soit les étudiants pour moi je suis d'une certaine manière un point d'ensemble des différentes communautés les enseignants-chercheurs les étudiants les salariés et on compose pour moi il n'y a pas une communauté qui doit être dictée
vous en pensez quoi vous de cette idée Evergreen pour ceux qui ne connaissaient pas c'est une université américaine qui s'est fait plus ou moins prendre d'assaut par des étudiants même contre l'avis des professeurs et de la direction de l'école en réalité moi je pense que ça dépend aussi de la vision qu'on a de tout ça vous le disiez monsieur Vichra mais en réalité il s'agit plus de travailler main dans la main avec les étudiants avec les élus syndicaux et moi je suis moi-même élue dans des instances à Sciences Po et je peux le voir en réalité pour qu'on mène un travail qui soit le plus constructif possible et parce qu'on est directement concerné parce qu'on est nous-mêmes étudiants à Sciences Po il est indispensable de mener des travaux de réflexion avec ces élus-là étudiants avec ces représentants étudiants et il ne s'agit pas de savoir qui va dominer sur l'autre mais plus vraiment de mener un travail de co-construction et de travailler main dans la main pour que Sciences Po s'améliore à chaque fois un peu plus Moi je trouve qu'à Sciences Po l'administration joue bien son rôle d'arbitre entre les différentes comités étudiantes des professeurs et des employés simplement pour plutôt revenir à ta question par rapport à Evergreen je pense que le risque ne vient pas tellement d'une submersion des différentes instances par les étudiants notamment parce que ce que je déplorais au niveau de la stigmatisation idéologique et de l'uniformisation qui est un risque d'uniformisation idéologique à Sciences Po est aussi malheureusement véhiculé par certains professeurs donc je pense que les étudiants ne sont pas à eux seuls le danger que ce serait un petit peu ridicule de remettre la faute sur la communauté étudiante je pense qu'il est important que l'administration conserve un rôle d'arbitre neutre qui aujourd'hui pour moi est assuré et peut-être le serait encore mieux avec des dispositifs tels qu'un je sais qu'il y a un référent à l'égalité par exemple femmes-hommes il y a aussi un référent à l'égalité sur les discriminations qu'elles soient raciales les VSS ce genre de choses et je pense que peut-être réfléchir à un référent au niveau des discriminations politiques ça pourrait être intéressant
en fait on a ouvert
c'est plutôt positif ou négatif qu'il y ait des profs politisés
moi ça ne me gêne pas à partir du moment où ils sont robustes scientifiquement c'est-à-dire que ce qu'il faut c'est des profs qui soient robustes scientifiquement après ce qu'ils pensent
lorsque vous voyez je crois que l'UNEF nie ce fait-là mais j'en ai eu la confirmation avant de venir lorsque vous voyez qu'un prof de deuxième année de sociologie du genre sur le campus de Paris valorise sur des copies d'examens finales de 0,5 points supplémentaires de bonus une copie qui utilise l'écriture
c'est totalement interdit
c'est totalement faux surtout alors attendez
dans ce cas-là vous me faites passer le nom parce que qu'on soit très clair il y a une interdiction absolue de valoriser pour des raisons d'équité l'écriture inclusive et je vais vous dire je sais que vous êtes contre mais je le sais quand même il faut me le faire remonter parce que je vais vous dire pourquoi sans même rentrer sur le sujet subjectif ou idéologique parlement ça fait du bien juste de regarder une chose du côté pragmatique on a 50% d'étudiants internationaux 50% d'étudiants internationaux dont une bonne part ne parlent pas français si on ajoute le point médian dans les évaluations c'est une inéquité c'est une inégalité que l'on pose je ne parle même pas du sujet je suis pour je suis contre je ne parle même pas de ça je parle juste que nous on est certifié français langue étrangère c'est à dire avec des choses qui nous sont imposées sur le plan international notamment sur le fait que l'on soit accessible pour les étudiants qui ne parlent pas français et donc il a été très clair et c'était même avant mon arrivée qu'il y avait une circulaire qui indiquait qu'il était interdit de valoriser donc moi sans faire de la télation si c'est le cas le prof sera recadré très rapidement
mais encore une fois je pense qu'on n'a pas du tout le même point de vue parce que moi des témoignages que j'ai pu avoir d'autres étudiants il y a limite une peur d'utiliser l'écriture inclusive de la part de certains par peur parce que c'est devenu aussi un symbole politique et parce qu'ils ont peur d'être stigmatisés d'être pénalisés par l'utilisation de cette écriture et en fait ce qui se passe à Sciences Po c'est qu'il n'y a ni valorisation il n'y a pas de pénalisation sur ce fait là mais il y a quand même plein de fake news qui se sont construits autour de l'écriture inclusive parce que je pense qu'une certaine partie des étudiants une certaine partie de la classe politique aussi a du mal à accepter que l'écriture a évolué et que oui certains utilisent cette écriture inclusive
non mais attendez il y a deux choses il y a la première non mais attendez il y a deux choses il y a un principe qui est la liberté académique moi je ne peux pas imposer à un prof d'écrire d'une manière ou d'une autre dans son cours dans l'intitulé de son cours c'est la règle c'est la liberté académique c'est un principe juridique on en pense qu'on veut je ne peux pas dire à un prof en revanche je peux lui imposer de ne pas valoriser parce que là c'est le principe d'équité entre les élèves qui utilisent ou non l'écriture inclusive ça je peux le faire c'est mon rôle de directeur d'établissement et je le referai s'il y a besoin de le refaire en revanche ça je le dis si un prof un enseignant-chercheur souhaite dans l'intitulé de son cours utiliser l'écriture inclusive je ne peux pas m'y opposer c'est la règle de la liberté académique en revanche là où j'ai mon rôle c'est dans les documents officiels où il y a une circulaire notamment de de quelques années qui date de 2019 je crois et qui rappelle effectivement les règles dans ce domaine et moi simplement on applique parce qu'on est université publique on applique les règles de cette circulaire pour moi c'est très clair après si on me sort un cas une exception etc c'est bien pour qu'on puisse corriger les choses mais voilà
je vais changer un peu de sujet ça a été commenté assez récemment mais par l'arrivée du terrifiant pour les écoles chat-GPT que vous avez interdit pour les
c'est pas interdit mais on va en dire
justement je vais poser la question naïvement et grossièrement et vous préciserez mais pourquoi avoir interdit ou limité l'utilisation de chat-GPT alors qu'il semblerait bien quand même qu'on soit en face d'une révolution qui va perdurer
bien sûr alors je vous rassure pour le calcul on n'interdit pas la calculette à Sciences Po on n'en est pas à revenir à une forme d'âge de pierre etc la manière dont ça s'est passé et c'est encore la fabrique de l'information et du coup revenons sur un peu plus de nuances et en enrichissant le propos la manière dont ça s'est passé c'est qu'on a endurci notre politique anti-plagiat à Sciences Po qui était jusqu'ici un peu laxiste pour dire les choses de manière un peu directe et que du coup on veut renforcer nos outils pour lutter contre le plagiat et c'est bien normal parce qu'il n'est pas normal que l'on ait la possibilité pour des étudiants et des étudiantes de plagier et sans être sanctionné parce que moi je souhaite qu'il y ait des sanctions hyper sévères contre le plagiat dans ce cadre là dans le cadre d'un courrier général nous avons indiqué notamment qu'il était interdit sans référence sans mention d'utiliser le tchat GPT sans mention ce qui a été oublié évidemment dans la polémique qui a été lancée sur Sciences Po interdit tchat GPT ce n'est pas comme ça que ça se fait et d'ailleurs nous nous considérons que tchat GPT est un objet de recherche on va avoir un grand séminaire sur le sujet avec plein de scientifiques le 9 mars prochain et que par ailleurs ça peut être dans le cadre d'un travail qui est réalisé avec un esprit critique parce qu'il y a quand même beaucoup d'erreurs quiconque a été allé sur le tchat GPT moi j'ai vu par exemple qui disait que j'étais traiteur général de l'Elysée donc je l'ai appris par le tchat GPT donc il y a des erreurs et donc du coup ça peut être un objet à partir duquel avec un esprit critique on se sert de l'outil mais avec évidemment un esprit critique Sciences Po ne va pas interdire ce tchat GPT ça ne veut rien dire ce tchat GPT existe ce tchat GPT se développe ce tchat GPT va même s'améliorer on ne va pas l'interdire en revanche ce que l'on a dit c'est qu'il était interdit dans le cadre des preuves d'utiliser le tchat GPT sans le mentionner et sans le référencer parce que ça ça s'apparente à du plagiat c'est tout ce qu'on a dit
oui l'enjeu maintenant c'est d'apprendre à utiliser cet outil là qu'est-ce que vous en pensez est-ce que vous pensez que ça va changer beaucoup de choses pour les études comment vous vous recevez l'arrivée de tchat GPT même plus globalement que ce soit dans vos études ou même dans les perspectives ça dépend un peu des matières ça dépend des matières et des exercices par exemple quand on me dit que tchat GPT il peut faire une une dissertation tout seul du coup je suis beaucoup dans le milieu de la prépa et puis je dis beaucoup des profs de prépa des profs de prépa qui corrige des dissertations ils sentent très bien qu'il y a quelque chose de pas humain derrière donc il y a comme des limites et il y a aussi d'ailleurs des outils qui sont développés pour contrer tchat GPT et en gros pour directement vérifier si c'est de l'IA ou si c'est de l'humain donc je pense en fait c'est comme toute technologie c'est un bon complément mais ça remplacera jamais je pense un prof un enseignement et puis une vraie réflexion personnelle par exemple je vais prendre un espèce de parallèle un peu grossier à HEC il y a une épreuve de culture générale du coup une dissertation il y a ce qu'on appelle la maître de la dissertation parfaite en fait c'est à prendre sur un thème une dissertation que tu vas plaquer sur plein de sujets différents et bien il y en a plein qui l'essayent en fait ça ne marche pas forcément il n'y a rien qui remplace je trouve une vraie réflexion de problématisation des sujets que je pense un algorithme ne pourra que difficilement faire en tout cas en 2023 à ma connaissance mais je pense qu'il ne faut pas l'interdire effectivement chaque GPT il faut que les profs en fait aussi le comprennent ce qui n'est pas forcément le cas de tous les profs on a tous eu des profs un peu boomers qui ne savent même pas allumer mais on va leur parler de chaque GPT tu leur parles de Mars de Vénus donc je pense que c'est important aussi de former les profs à ça tout en formant les élèves en encadrant mais non en fait on ne peut que se réjouir de cet outil-là et de l'encadrer tout à fait c'est un peu comme tout outil informatique chaque GPT c'est une révolution du monde informatique des intelligences artificielles maintenant l'enjeu c'est vraiment d'apprendre à l'utiliser d'abord parce qu'on peut en faire une force et ne pas en effet sanctionner directement les étudiants qui l'utilisent mais plus vraiment les accompagner leur apprendre à en faire une utilisation qui serait optimale et oui je te rejoins complètement sur ce point-là Lou un petit et bien rapide sur le sujet moi je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit auparavant je pense que l'enjeu c'est pour Sciences Po de ne pas vivre à l'écart du progrès technologique puisque en fait nier que Child GPT existe ça serait s'exposer à des situations de plagiat et donc il va falloir apprendre à l'intégrer à l'utiliser à détecter quand il est utilisé et même à l'améliorer parce qu'actuellement Child GPT fait quand même des textes qui ne sont pas dignes de certaines copies de Sciences Po mais je pense aussi que c'est nécessaire d'interdire tout simplement Child GPT pour les examens écrits les examens finaux même les dissertations à rendre affaire à la maison puisque c'est contraire à l'excellence qu'essaye de développer Sciences Po
et à l'honnêteté intellectuelle
Oui mais comme c'est comme c'est interdit de plagier un article qui est entièrement rédigé sur Wikipédia c'est un outil on peut se servir de ça on peut le référencer mais bien sûr on peut on n'a pas le droit mais comme c'est le cas avec tous les autres sites internet de ne s'appuyer que sur cette référence là et de copier coller ce que ça va nous dire
Il y a une citation de Bernano ce que je trouve intéressante c'est ne devenons pas les outils de nos outils
J'aimerais aborder un autre sujet qui est un sujet qui n'est pas du tout seulement de Sciences Po j'aimerais qu'on globalise et notamment toi Benjamin qui bosse aussi avec des grandes écoles de commerce il y a souvent cette critique et je le dis en tout cas à titre personnel moi je l'ai beaucoup vu auprès d'amis de proches qui ont fait différents types d'écoles une culture très classique dans les études supérieures alors même qu'aujourd'hui la culture dominante c'est la pop culture voire même la culture internet quelle place pour la pop culture et la culture internet dans l'éducation supérieure est-ce qu'on doit la mettre au rang de la culture classique comment l'intégrer est-ce qu'elle n'est pas si légitime que ça en fait comment vous vous positionnez et pas seulement vous Mathias mais comment vous positionnez vous par rapport à ça
moi je pense d'abord c'est un peu comme quand on fait de la peinture abstraite d'abord on maîtrise la peinture figurative et après on passe à l'abstrait moi je pense qu'il faut d'abord maîtriser les fondamentaux il ne faut pas directement passer à la pop culture ou à une culture de l'événement et internet etc d'abord on maîtrise ces fondamentaux c'est-à-dire le droit l'économie l'histoire la science politique ça c'est absolument fondamental et de manière j'allais dire assez classique mais ça suffit pas dans le monde complexe dans lequel on est être interdisciplinaire c'est être vraiment beaucoup plus fort dans la compréhension des enjeux parce que être monodisciplinaire aujourd'hui franchement quand on voit la complexité du monde ne pas avoir de connaissances en droit en économie en sciences politiques en relations internationales c'est franchement même quand vous allez arriver dans une boîte on vous demande d'être assez spécialisé enfin ça Benjamin le sait pour le côté école de commerce ça suffit pas de faire de la compta et de la strat pour être bon dans une entreprise moi j'ai été chez Danone dans une boîte internationale je peux vous dire que ce que j'ai fait à Sciences Po ce que j'ai fait de manière à m'éclairer avec une méthode de travail une espèce de curiosité parce que Sciences Po c'est aussi ça c'est apprendre une forme de curiosité sur toute une série de sujets et bien ça aide dans la compréhension du monde et ça aide y compris dans son job dans son business
je suis tout à fait d'accord je pense qu'il y a une image encore que certaines personnes ont de Sciences Po qui est l'image où il y avait encore 70% de personnes parisiennes que tout le monde arrive habillé en costume en lisant des livres avec même un restierre aujourd'hui Sciences Po il suffit d'y mettre les pieds pour se rendre compte que c'est plus du tout ça que même au niveau des cours qui sont enseignés on a une base mais on a aussi des cours qui sont vraiment ancrés et qui ont des liens avec la vie réelle c'est pas une école étanche et pour être à l'université à côté justement en fac d'histoire je vois que la culture là-bas est plus classique finalement que les livres que lisent les gens ce sont vraiment des classiques alors qu'à Sciences Po il y a des associations qui enfin je pense à l'association par exemple la TRAC qui parle de rap il y a des associations qui font du théâtre très moderne de l'art aussi contemporain on n'est plus du tout sur de la culture classique enfin il y en a mais plus seulement il y a vraiment un dialogue pour moi il y a une diversité ça se développe mais ça n'empêche que je trouve que les grandes écoles sont toujours vecteurs de reproduction sociale et je pense qu'il y a toujours quand même une culture de classe sociale dominante qui domine que ce soit dans les grandes écoles que ce soit dans les grandes écoles ou à Sciences Po pour réussir on doit quand même avoir certaines habitudes comportementales qui t'as un exemple peut-être Anissa pour qu'on vous situe mieux dans la manière de parler tout simplement il y a des discriminations qui se font il y a des discriminations qui se font sur l'accent mais il y a des discriminations aussi qui se font sur la manière de parler sur le vocabulaire qu'on emploie sur l'éloquence qu'on a et qui sont qui ne sont pas on n'a pas tous le même niveau sur ces aspects-là en fonction de la classe sociale de laquelle on vient et tu disais aujourd'hui on a une diversité sociale un peu plus développée à Sciences Po mais en 1998 je crois 90,5 ou 85,5% des étudiants science-piste avaient des parents de classe sociale favorisées 20 ans plus tard la même étude a été faite et ce taux est maintenant de 70% donc c'est pas une baisse qui est radicale on n'a pas non plus une diversité une grande diversité sociale à Sciences Po il y a toujours une surreprésentation des étudiants qui viennent de classes sociales favorisées mais la question c'est est-ce qu'on pourrait pas aller au-delà de ça comment faire pour diversifier encore plus ces profils sociaux d'étudiants qu'on a à Sciences Po et je sais que par rapport aux grandes écoles on a fait de grandes avancées mais par rapport aux universités on a toujours beaucoup plus d'étudiants qui viennent de classes sociales favorisées qu'on a une grande différence entre les grandes écoles et Sciences Po et entre l'université donc comment faire est-ce qu'on pourrait pas aller au-delà de ce que nous impose l'horizon des possibles et être un peu plus ambitieux sur cet aspect là aussi
alors d'abord juste très rapidement d'abord moi je pense pas que du tout que l'on évalue en fonction de codes sociaux je pense qu'il y a un moment la structuration de la pensée et la manière de parler c'est aussi une discipline sur soi moi je viens pas du tout d'un milieu social favorisé mais je sais ce que ça a été aussi de me configurer non pas à une espèce de dogme culturel sur un milieu d'origine mais juste à une structuration de la pensée donc je pense que je suis assez d'accord avec vous sur l'idée qu'il peut y avoir quand même dans certaines écoles et même parfois à Sciences Po mais c'était beaucoup plus le cas avant mais ces aspects un peu de codes qui peuvent être présents mais dans l'évaluation c'est surtout la structuration de la pensée en ce qui concerne l'ouverture sociale d'abord faire en fait une baisse de plus de 10 points en 20 ans de l'origine sociale c'est quand même assez inédit et il y a un autre chiffre qui est extrêmement important c'est que dans le même temps on est passé on a multiplié par 16 par 16 le nombre d'élèves dont les parents sont soit ouvriers soit employés c'est passé de 3 à 14%
Mais vous êtes d'accord sur le fait qu'il y a quand même une sur-représentation de ces études
par rapport au reste de la société Dans l'enseignement supérieur j'allais dire grandes écoles c'est un fait Sciences Po est la grande école la plus ouverte socialement avec la réforme des admissions on est passé de 25% en flux à 30% de boursiers donc ça prouve bien qu'y compris dans les modes d'admission Sciences Po s'adapte et j'ajoute que j'ai pris la décision parce que ça fonctionne très bien que pour les conventions d'éducation prioritaire on augmente de 50% le nombre d'élèves qui viennent des conventions d'éducation prioritaire dès l'année prochaine on va passer de 180 à 250 donc donc on continue à s'ouvrir simplement moi je ne voudrais jamais que ça se fasse au détriment de l'excellence donc c'est en fait un équilibre et on peut être dans une diversité sociale géographique internationale tout en maintenant l'excellence et même j'allais même dire que la diversité peut être la garantie de l'excellence
j'avais une dernière question une avant-derrière question parce qu'on va rapidement aller vers la fin mais c'est Sciences Po s'est trouvé être depuis 5 ans 10 ans quasiment être une des écoles qui a propulsé le plus d'influenceurs créateurs de contenu médias pense à Hugo Décrit My Better Self Le Média Positif Planète Grande École le crayon je sais que c'est probablement une conséquence heureuse de l'écosystème mais ma question elle est plus sur est-ce un levier d'influence énorme est-ce du coup Sciences Po une des formes de tête pensante de la construction médiatique et donc intellectuelle du pays dans la nouvelle génération
alors c'est comme les vrais faux je vais répondre oui et on peut passer à la question d'après mais je vais évidemment étayer mon propos je pense que c'est pas si étonnant que ça parce que si on voit d'abord la formation qui est interdisciplinaire ensuite si on voit comme ça a été rappelé toutes les initiatives les conférences les événements le nombre d'assos on a tout l'écosystème qui permet de faire fleurir ce genre de profil très connecté très engagé parce que c'est des profils aussi engagés c'est-à-dire qu'on parle de médias mais qui sont engagés alors ça veut pas dire engagés politiquement mais en tout cas engagés contre la désinformation sur l'écologie on a des formes d'engagement assez nettes et par ailleurs avec une agilité sur les médias contemporains et c'est vrai qu'à Sciences Po de manière générale vous le verrez notamment en master quel que soit le master l'analyse des médias la capacité des réseaux sociaux est partie prenante de la formation et des enseignements donc c'est pas étonnant et moi je m'en réjouis et je suis d'ailleurs très heureux du coup de faire en sorte d'allier la théorie à la pratique en étant invité par le crayon aujourd'hui
Qu'est-ce que vous vous en pensez de ça du fait que Sciences Po par le fait qu'ils se sont là où sont passés les créateurs de beaucoup de médias et d'influenceurs portent comme influence sur la France ? Moi je pense que il y a deux choses d'une part à Sciences Po il y a de plus en plus d'opportunités de déboucher avec de plus en plus de masters
Oui c'est vrai c'est ce que j'aurais dû dire aussi c'est très juste il y a des masters qui préparent à ce genre d'activité c'est très juste
Voilà et ensuite hier on a pu faire de grands journalistes donc c'est aussi normal qu'aujourd'hui on fasse des influenceurs qui sont engagés enfin c'est des influenceurs comme vous l'avez dit qui sont engagés qui ont un lien avec la vie qu'elle soit pas forcément politique mais la vie sociétale aujourd'hui en France c'est pas enfin on peut pas tout type d'influenceurs non plus et je pense que c'est lié tout simplement à une modification de la manière dont se fait l'information aujourd'hui du fait de la place prépondérante des réseaux sociaux je pense que c'est pas seulement lié à Sciences Po mais aussi à une transformation plus générale
c'est très juste merci d'avoir complété mon propos parce que c'est très juste hier c'était beaucoup des journalistes aujourd'hui c'est des journalistes toujours mais aussi des influenceurs parce que c'est une nouvelle forme de média c'est très juste
en fait les canaux ont changé mais c'est positif parce que en fait Sciences Po à Sciences Po on retrouve beaucoup d'étudiants qui sont engagés qui voilà pour la cause climatique féministe enfin pour plein de causes et en fait c'est positif qu'ils puissent transmettre leurs connaissances leur savoir-faire qu'ils puissent transmettre aussi leurs informations via des moyens de communication qui ont évolué qui ont changé et qui sont aujourd'hui les réseaux sociaux et donc s'ils deviennent influenceurs en transmettant des informations qui découlent de leur engagement moi je trouve que ça peut être que positif et que ça ça vient élever aussi un peu le niveau qu'on peut avoir dans le milieu de l'influence aujourd'hui oui
c'est vrai qui en a besoin le milieu de l'influence d'élever le niveau c'est vrai
je vois que sur le plan de grandes écoles en tout cas je vous avais envoyé un mail à ce sujet dès qu'on fait un article sur Sciences Po sur Facebook on est genre 200-300 commentaires les gens ils se bataillent là-dedans et on sent qu'il y a une effervescence autour de Sciences Po Sciences Po c'est une école qui est très médiatisée c'est pour ça aussi je pense que tout à l'heure on débattait vachement en interne sur est-ce que les étudiants ils guident ou non la direction ou pas parce qu'en fait moi si j'étais à la place de Mathias Fichera je serais comme ça des fois c'est que du coup tu te dis le moins de petits trucs tu sais que ça peut sortir et que t'as 15, 20, 30 médias qui vont vouloir faire leur vue leur SEO là-dessus sans forcément
recouper l'information en plus
exactement sans checker l'information donc en fait Sciences Po c'est à la fois une école pour les médias mais ceci c'est à la fois une école très médiatisée du coup je pense que vous pouvez dormir de manière pas tout à fait paisible tout le temps mais effectivement je trouve que les médias et Sciences Po c'est intrinsèquement lié malheureusement c'est ce qui conduit aussi à avoir beaucoup de fake news sur Sciences Po parce que c'est une école très médiatisée on va chercher à trouver la moindre polémique sur ça sans chercher à vérifier toujours l'information et juste pour que ça fasse un bel article qui sera beaucoup visionné ou lu et c'est malheureux mais le directeur de Sciences Po est-il un homme politique ?
il y a qu'elle sur Wikipédia et puis on voit la réponse mais non je pense que moi effectivement oui parce que je pense que Sciences Po tellement l'école forme des hommes politiques à travers les années je pense que même quand il y a des délégations françaises à l'étranger je pense que Sciences Po est toujours aux premières loges pour discuter de nouveaux partenariats pour discuter de nouvelles tendances même en offre de cours donc je pense que oui et puis même de par aussi les anciens étudiants de par toutes les connaissances que vous avez eues peut-être à l'ENA etc je pense que forcément on ne peut pas être directeur de Sciences Po sans être aussi à la fois un homme politique mais à savoir un homme engagé pour la société tout est politique donc je considère aussi que le directeur de Sciences Po l'est et en réalité la politique et Sciences Po sont intrinsèquement liés donc il faut savoir de temps en temps enlever sa casquette partisane et je pense que le directeur de Sciences Po ne doit pas être partisan mais doit être politique parce que oui comme tu le disais c'est une cause sociétale on parle d'enseignement supérieur il y a un ministère de l'enseignement supérieur et c'est pas pour rien c'est parce que c'est des domaines qui requièrent des compétences politiques c'est aussi une école qui est très avec des étudiants qui sont très politisés qui fabrique des hommes et des femmes politiques donc oui le directeur de Sciences Po doit prendre en compte cela et ça fait de lui un homme politique mais voilà tout est dans dans le fait enfin tout est dans la façon dont il va utiliser cette posture là et comme je le disais il faut juste ne pas avoir de casquette partisane mais en soi il n'y a aucune honte à dire que oui le directeur de Sciences Po est politique oui je suis d'accord avec ce qui a été dit le directeur de Sciences Po est inéluctablement un homme politique dans la mesure où déjà ses étudiants comme vous l'avez dit sont politisés beaucoup plus que dans d'autres universités ou qu'en école de commerce et également parce que les étudiants qui sortent de Sciences Po sont quand même destinés pour une grande majorité à occuper des postes avec des responsabilités importantes sur la société que ce soit dans le privé ou dans le public même si aujourd'hui beaucoup vont dans le privé ça reste des postes qui influent sur la société civile et donc il y a une forme de responsabilité d'être un arbitre politique comme on a pu l'évoquer précédemment et je pense qu'aujourd'hui c'est bien fait et donc c'est un homme politique oui mais dans le bon sens du terrain
j'ai rien à ajouter ils sont excellents mais franchement je pourrais pas dire mieux que ce qu'ils ont dit donc merci
merci à tous les quatre d'être venus merci à tous les quatre d'avoir pris le temps merci beaucoup merci beaucoup merci merci à tous les deux
merci à tous les deux