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interviewFrance Inter (sur YouTube)· 19 décembre 2023 24 min

Jordan Bardella : "On ne peut pas faire de "En même temps" avec l'immigration"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin le président du Rassemblement National, député européen, dans le grand entretien du 7-10. Vos questions et réactions au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour.

0:14
Jordan Bardella

Bonjour, merci de votre invitation.

0:15
Présentateur

Oui, bienvenue sur Inter. Commençons par l'actualité politique du jour et le projet de loi immigration. Encore une journée, disons, particulière à l'Assemblée Nationale. Hier, à peine avait-elle commencé que la commission mixte paritaire interrompait ses travaux pendant 4 heures en raison d'un désaccord avec les LR sur les conditions d'accès des étrangers à certaines aides sociales, les APL en l'occurrence. Les travaux de la commission ont repris vers 21h avant une nouvelle suspension pour la nuit et un nouveau rendez-vous ce matin à 10h30. Avant d'entrer dans le fond des choses, dites-nous, quelle est votre analyse de cette journée hier à l'Assemblée Nationale ?

0:53
Jordan Bardella

Que la victoire idéologique du Rassemblement National est de plus en plus forte chaque jour. On est passé d'un texte que nous avons mis en échec à l'Assemblée Nationale qui prévoyait des mesures d'accélération de l'immigration avec cette ouverture d'une nouvelle filière d'immigration via la régularisation des travailleurs sans papier qui constitue en soi une prime à l'illégalité. Un texte durci sur les conditions d'octroi des aides sociales, notamment aux étrangers, sur le rétablissement du délit de séjour irrégulier.

Pour que les gens qui nous écoutent comprennent, parce que je ne sais pas si c'est très lisible dans l'esprit des Français, ce texte n'est pas encore adopté, il n'est pas encore voté. Il y a des discussions aujourd'hui en commission mixte paritaire.

1:31
Invité

Oui, ce n'est pas fini, ça bloque sur certains points.

1:32
Jordan Bardella

Je ne vois pas, pour être très concret, comment l'aile gauche et la jambe gauche d'Emmanuel Macron à l'Assemblée Nationale pourraient voter un texte qui offre en fait une victoire idéologique au Rassemblement National. Mais en fait, mon analyse, c'est qu'on a là la conséquence concrète du Rassemblement National à 30% dans les sondages. On nous parle maintenant de préférence nationale, on évoque le regroupement familial, on rétablit le délit de séjour irrégulier, ce qui veut donc dire qu'il n'y a que les mesures que nous proposons qui permettraient de juguler l'immigration en France, même si elles ne sont pas encore votées, c'est un premier pas idéologique.

2:05
Invité

Et puis, Jordan Bardella, en l'occurrence, vous pouvez vous féliciter de votre victoire idéologique, mais là, ceux qui sont à la manœuvre, ce n'est pas vous, c'est les LR qui sont à la manœuvre. Oui, avec nos idées. Ce sont eux qui durcissent le texte. Est-ce que vous reconnaissez pour le coup, la gauche disait même hier soir en sortant de la CMP, le gouvernement écrit sous la dictée d'Éric Ciotti, est-ce que vous le saluez, son travail, Éric Ciotti, Bruno Retailleau, c'est eux qui sont en train de faire changer la loi ?

2:29
Jordan Bardella

D'abord, ce n'est pas eux, puisque je vous rappelle que ce sont les voix du Rassemblement National qui ont permis aussi de mettre en échec cette première version du texte beaucoup plus laxiste à l'Assemblée Nationale.

2:38
Invité

Vous avez tous voté contre le Rassemblement National.

2:39
Jordan Bardella

Que nous avons, pardonnez-moi, 88 députés, 3 sénateurs, et que nous avons également un député, Johan Gillet, qui siège à la commission mixte par éternet. Que les Républicains, à 6 mois d'une élection, reprennent et parlent comme le Rassemblement National, pour le coup, ça c'est de l'histoire ancienne. Ça fait 15 ans que c'est comme ça. Donc, je n'ai pas d'inquiétude là-dessus. Tout ce qui va dans le sens d'un renforcement de nos frontières, de la lutte contre l'immigration légale et illégale, va incontestablement dans le bon sens.

3:08
Invité

Je vous entends dire que ce texte va dans le bon sens. Jordan Bardella, dans votre sens, en tout cas, vous félicitez... En tout cas, les mesures qui sont ressorties de cette CMP sont les nôtres. Je rappelle juste que ce qui a changé dans le texte, par exemple, c'est la première ministre qui s'est engagée par écrit à réformer l'AME. C'est-à-dire ? Elle a envoyé une lettre.

3:28
Jordan Bardella

Oui, réformer l'AME, ça ne veut rien dire. L'aide médicale d'État, c'est l'ensemble de la palette de soins gratuite qui est aujourd'hui offerte à quelqu'un qui vient dans notre pays et qui peut, dans les conditions actuelles de l'AME, être présente de manière clandestine. Moi, je suis en désaccord avec cela et je suis pour la suppression de l'aide médicale d'État, étant entendu qu'on souhaite la remplacer par une enveloppe d'urgence, parce qu'évidemment que si quelqu'un est sur le bord du trottoir, on ne va pas regarder sa nationalité.

Mais le simple principe d'offrir toute la palette de soins gratuite aux clandestins, alors qu'un retraité sur trois renonce à se soigner parce que le reste à charge est trop important, m'apparaît être une pompe aspirante de l'immigration que je souhaite supprimer et non pas réformer.

4:04
Invité

Patrick Stéphanini est un gauchiste, Jordan Bardella ? Non, je pose la question.

4:08
Locuteur non identifié

Patrick Stéphanini, ce n'est pas sa réputation.

4:11
Invité

Il a écrit un rapport sur l'AME, ils ont fait un rapport, commandé par la Première Ministre, qui conclut que l'AME est utile.

4:19
Jordan Bardella

Mais je pense que l'aide médicale d'État, Madame, comment vous pouvez expliquer aux millions de Français qui ont de plus en plus de mal à se soigner, qui y renoncent parce que le reste à charge est trop important, ça représente un Français sur trois, près de 27% des Français. Comment vous pouvez leur dire que quelqu'un qui vient en France, qui viole la loi en étant présent de manière clandestine, va pouvoir bénéficier de l'ensemble de la palette de soins gratuite sans condition de ressources, de revenus, ou sans condition particulière de maintien sur le sol français ? Ce n'est pas possible.

4:54
Invité

La question qui se pose à vous ce matin est très claire, Jordan Bardella. Vous avez changé d'avis sur le projet de loi immigration au Rassemblement National. Il y a deux mois, Marine Le Pen disait que c'est des petites mesures, mais ça va dans notre sens, on pourrait voter ce texte.

5:06
Jordan Bardella

Parce que le texte a changé, Mme Salamé.

5:08
Invité

Non, non, non. A l'origine, quand il a été présenté par Gérald Darbanin, elle a dit, oui, il y a certaines mesures qui vont dans notre sens, on pourrait voter le texte. Ensuite, vous avez décidé de ne pas voter le texte. Il y a encore deux jours, vous disiez vous-même sur LCI, on votera contre ce texte. Alors, avez-vous changé d'avis cette nuit ? Jordan Bardella, la question est simple. Est-ce que ce texte tel qu'il est en train de sortir de la CMP vous convient ? Est-ce que vous le voterez ?

5:31
Jordan Bardella

A partir du moment, moi j'ai toujours été très clair, je n'ai jamais varié. Nous avons dit depuis le départ que ce texte ne suffirait pas à contrôler la politique d'immigration en France, mais qu'il y avait dans le fond du texte des petites mesures qui permettaient d'accélérer un certain nombre de procédures. Sur la version initiale du texte, j'ai toujours dit, comme président du Rassemblement National, que la ligne rouge du Rassemblement National serait les mesures de régularisation des clandestins.

Or, il y avait dans le texte initial l'article 3, qui est devenu dans la version du Sénat l'article 4 bis, qui s'apparente d'ailleurs un peu à la circulaire valse qui avait été mise en place par les socialistes à l'époque, des mesures qui permettent d'accélérer la délivrance de titres de séjour à des gens qui viendraient travailler dans notre pays, y compris en étant présents de manière clandestine. Ça, ce n'est pas possible, parce que ça, c'est une prime à l'illégalité, et ça va constituer évidemment un nouvel appel d'air tout aussi important que le regroupement familial.

Donc j'ai toujours été clair, on a dit, s'il n'y a pas d'article 3, d'article 4 bis, c'est-à-dire s'il n'y a pas de mesures qui visent à régulariser les clandestins, on vote ce texte.

6:28
Présentateur

Le 4 bis durcit considérablement le 3, c'est non plus la régularisation de plein droit pour tous les travailleurs des métiers en tension, mais seulement une régularisation exceptionnelle laissée à la main des préfets. Ce sera du cas par cas, on est loin de la submersion migratoire.

6:47
Jordan Bardella

Oui, excusez-moi, c'est toujours comme ça, c'est-à-dire que c'est toujours une ou deux exceptions, et puis ensuite les gens qui vont venir grâce aux jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'homme dont nous souhaitons nous séparer, pourront bénéficier de ce qu'on appelle le droit à la famille, c'est-à-dire concrètement du regroupement familial. Et puis dans ce texte, il y a énormément d'angles morts, je suis désolé, il n'y a rien sur le droit du sol, sur l'acquisition quasi automatique de la nationalité, il n'y a rien sur les mineurs étrangers et il n'y a rien sur la maîtrise de nos frontières.

7:11
Invité

Soyez honnête, vous dites ce matin que vous allez voter contre ce texte ? Vous avez commencé l'interview en disant que c'est une victoire de nos propositions, donc vous n'allez pas les voter ? Vous allez expliquer à vos électeurs que vos convictions, qu'un texte aujourd'hui qui va très largement dans votre sens, vous ne le votez pas ? Madame... Juste pour mettre en échec le gouvernement ?

7:31
Jordan Bardella

Non, ma position n'a pas varié. Si dans ce texte, les mesures qui visent à régulariser les clandestins... On ne peut pas faire de « en même temps » sur l'immigration. Le problème de ce texte, c'est qu'il y a « en même temps » Si, on ne peut pas avoir « en même temps » des mesures qui visent à simplifier la régularisation des clandestins et en même temps des mesures qui sont reprises du programme du Rassemblement national qui visent à restreindre les aides sociales. Ça, c'est dû « en même temps ». Donc, je le dis, si les mesures qui visent à faciliter la régularisation d'immigrés clandestins sur le sol français sont retirés, nous pourrions voter ce texte. Je l'ai dit depuis le départ.

Et sinon, si ça reste le cas de 10... Si ces mesures sont à l'intérieur, c'est une lignure rouge, eh bien, on s'abstiendra ou on votera contre ce texte. On est cohérent.

8:08
Invité

Vous n'avez pas décidé si c'est l'abstention ou le vote contre ?

8:10
Jordan Bardella

Nous n'en avons pas décidé pour une raison très simple, c'est que, vous l'avez souligné au début de cet entretien, le texte évolue quand même à vitesse grand V, que la CMP doit reprendre ce matin à 10h30 et qu'elle n'est pas terminée. Encore une fois, on a toujours été très clair.

8:24
Invité

Pour être très clair, vous expliquerez à vos électeurs que vous avez voté contre ou vous êtes abstenus sur le rétablissement du délit de solidarité qui a été adopté, sur l'obligation de déposer une caution pour les étudiants étrangers, sur la déchéance de nationalité pour les binationaux auteurs de crimes contre les forces de l'ordre, sur la préférence nationale appliquée aux prestations sociales également, puisqu'on est en train d'y aller, sur les APL, c'est en train... Aujourd'hui, on peut toucher les APL quand on est un étranger en situation régulière, quand on est resté 6 mois sur le territoire. Ça risque de passer à 2 ans et demi, 3 ans ou 5 ans, si la droite l'emporte.

Tout ça, sur tous ces points-là, vous allez expliquer à vos électeurs que le Rassemblement National a voté contre tous ces points-là.

8:57
Jordan Bardella

Non, Madame, il n'y a pas que ça dans ce texte. C'est bien beau de prendre les quelques mesures qui ne seront pas adoptées, parce qu'on peut refaire le match.

9:03
Invité

Comment ils ne seront pas adoptés ?

9:04
Jordan Bardella

Vous pensez que l'aile gauche... Est-ce que M. Houlié et les députés de l'aile gauche de la majorité d'Emmanuel Macron vont voter en faveur de ces mesures qui sont reprises du programme du Rassemblement National ? Moi, c'est la question que je pose. Donc, je dis à mes électeurs, les yeux dans les yeux, que je ne soutiens pas un texte qui va accélérer l'immigration dans notre société, sous couvert de mesures qui, en apparence, restreignent l'octroi d'un certain nombre de prestations sociales. Il faut aller beaucoup plus loin. Nous, on est favorable à la priorité nationale.

Je pense qu'en France, les aides sociales ne doivent pas être restreintes, mais réservées aux gens qui ont la nationalité française. Sans aucun autre critère, sans aucune autre condition. Mais je pense que la solidarité nationale pour laquelle reste nationale, elle doit être réservée aux nationaux. Même s'ils sont en France, de manière régulière,

9:45
Invité

même s'ils résident en France depuis 5 ans, ils n'ont pas le droit aux allocations adultes handicapés, aux allocations logements, c'est ce que vous dites ?

9:51
Jordan Bardella

Nous avons défendu, sur les allocations, l'idée d'un temps de travail de 5 ans sur le sol français. C'est-à-dire que partir du moment où vous avez travaillé pendant 5 ans, temps plein, sur le sol français, on peut commencer à vous ouvrir des droits d'accès à certaines dépressations. C'est la proposition des droits d'Anne Bardella, précisément. Mais, oui, c'est très bien. Les ALR reprennent quasi intégralement ce que défend Marine Le Pen et ce que défend le Rassemblement nationale.

C'est très bien, ce qui veut donc dire que demain, s'il y a une dissolution de l'Assemblée nationale, que nous n'avons qu'une majorité relative et pas de majorité absolue, on proposera à ces gens des Républicains, que j'espère sincères, de venir travailler à nos côtés et ils seront évidemment les bienvenus.

10:28
Présentateur

Puisqu'on est sur l'immigration, parlons de l'Italie, vous vous étiez réjouis à notre micro il y a un an de l'élection de Giorgia Meloni à la présidence du Conseil italien. Elle avait promis de régler le problème de l'immigration quitte à recourir, vous vous en souvenez évidemment, à un blocus naval. Comme vous, Jordan Bardella, qui nous dit, vous verrez, avec nous, ce sera différent. Eh bien, un an après, on l'a vu, elle est confrontée aux principes de réalité.

L'Italie en manque absolu de main d'œuvre à tel point que les organisations professionnelles ont demandé 800 000 permis de travail sur trois ans et Giorgia Meloni a décidé par décret de rouvrir les frontières fermées depuis 2011, d'accueillir 450 000 travailleurs réguliers d'ici deux ans. Le principe de réalité, Jordan Bardella, il vaut pour l'Italie, il vaudra aussi pour la France.

11:19
Jordan Bardella

Je crois que la situation est assez différente, si vous me le permettez. L'Italie est un pays qui, effectivement, n'a plus d'enfants et n'a plus d'argent. Voilà, c'est un pays qui est en situation économique, qui est délicate. Permettez-moi de vous rappeler que les personnes... Notre taux de natalité aussi baisse, je vous signale. C'est d'ailleurs très inquiétant et c'est l'une des raisons pour lesquelles je pense que la politique nataliste et la politique familiale devaient être réservées aux familles françaises. Mais d'abord, les 400 000 personnes qui sont accueillies par Mme Meloni n'ont pas vocation à rester. Je vous rappelle que le droit du sol ne s'applique pas en Italie.

Et encore une fois, Mme Meloni prend ses responsabilités devant ses électeurs. L'allié du Rassemblement national, je l'avais dit à votre micro, c'est Matteo Salvini. Ce n'est pas Giorgia Meloni, c'est Matteo Salvini avec lequel Giorgia Meloni travaille dans une logique de coalition au gouvernement. Donc je suis en désaccord avec ces choix, je suis en désaccord avec cette politique. Mais permettez-moi de vous rappeler que l'Italie dépend aujourd'hui en grande partie du plan de relance européen.

Et que par définition, sa nécessité de s'accorder avec l'agenda de la Commission européenne est beaucoup plus forte que la France à partir du moment où elle est censée bénéficier d'argent, d'un plan de 400 milliards, je crois, me semble-t-il, ce qui est évidemment 4 ou 5 fois plus que le plan de relance qui a été accordé à la France à l'issue de la crise sanitaire. Donc c'est des situations qui sont très différentes. Moi, je crois que nous avons aujourd'hui 350 000 métiers qui sont des métiers en tension, dans lesquels il faut évidemment faire un effort de revalorisation des salaires, de formation professionnelle.

Mais que si on est contraint aujourd'hui, dans ces métiers en tension, de faire venir des médecins ou de faire venir des soudeurs des Etats-Unis, c'est parce qu'on a considérablement affaiblit les moyens de la filière nucléaire ou de la filière médicale par le numérique.

12:55
Invité

Puisque vous parlez de vos alliés au Parlement européen, Jordan Barrella, vous allez porter la liste du Rassemblement national pour les élections européennes, d'ailleurs, liste qui est donnée très largement en tête dans les sondages. Mais avec qui vous alliez, vous allez siéger, vous alliez dans votre groupe Identité et Démocratie au Parlement européen, sont notamment... Alors, vous parlez de Matteo Salvini. Matteo Salvini, il parle de l'Union européenne. Il parle de l'Union européenne comme d'une bureaucratie maçonnique. Vos alliés sont aussi l'AFD allemande.

Sur la liste de l'AFD allemande, pour les européennes, certains candidats dénoncent, je cite, les gangs musulmans qui contribuent à la décadence de l'Europe et prônent la remigration. D'autres qualifient les homosexuels et les personnes transgenres de baisards d'enfants tolérés par l'Etat. Dans vos alliés, il y a aussi... Qui est l'islam, madame ? Plusieurs candidats qui sont sur la liste de l'AFD allemande.

13:45
Jordan Bardella

Parce que j'ai entendu cette phrase sur vos antennes la semaine dernière lors de l'interview d'un de nos députés. J'ai vérifié, cette phrase n'a jamais été prononcée.

13:54
Invité

Écoutez, on va vous la retrouver. Elle a été sur la liste parce qu'on l'a pour le coup citée. La candidate en question

13:59
Jordan Bardella

n'a pas été prise sur la liste de l'AFD.

14:01
Invité

On va revérifier. Mais en tout cas, cette femme qui fait partie de l'AFD qui sont dans vos alliés parle de personnes transgenres et des homosexuels comme des baisards d'enfants tolérés par l'Etat. Il y a aussi ce que vous avez rencontré vous-même en décembre dernier, le bulgare, M. Kostadinov ouvertement homophobe qui qualifie les Roms de parasites ou encore le roumain Simion ouvertement anti-vax. C'est avec eux que vous allez siéger la grande alliance que vous souhaitez.

14:22
Jordan Bardella

Madame, je vais vous dire... Non, parce que c'est important

14:24
Invité

aussi de savoir avec qui sont vos alliés, Jordan Bardella.

14:26
Jordan Bardella

Je suis l'avocat du Rassemblement National de mes propres idées et de mes propres convictions. Donc, je ne me sens pas obligé d'être l'avocat de députés européens qui sont élus en Bulgarie ou en Roumanie si vous me le permettez et qui siègent au sein du Parlement européen. Nous cherchons au sein du Parlement européen des gens qui sont élus par les peuples. Pardon, on compose aussi avec les gens qui sont démocratiquement choisis par les peuples en Roumanie ou en Bulgarie. Et il y a entre les mouvements politiques de toutes les tendances politiques au sein du Parlement européen des tendances majeures.

Les socialistes français, ils siègent au Parlement européen avec les populistes pro-Poutine en Slovaquie, par exemple. Est-ce à dire que les députés européens et mes collègues socialistes au Parlement européen épousent les thèses de ce mouvement avec lequel ils travaillent dans le cadre de leur travail parlementaire à l'Assemblée nationale ? Donc, encore une fois... Je ne vous dis pas du tout que vous épousez les thèses de ces gens-là qui le disent,

15:20
Invité

mais tout de même, vous siégez dans... Je veux dire, c'est nos alliés, vous les rencontrez, ces gens-là, vous travaillez avec eux.

15:25
Jordan Bardella

Ce sont des gens qui, en l'occurrence, sont portés aux responsabilités. Monsieur Salvini, Matteo Salvini, je suis allé tenir meeting à Florence il y a quelques jours, à son invitation. Il est le numéro 2 du gouvernement italien. Il est le numéro 2 du Conseil des ministres italiens.

15:44
Invité

Mais ce n'est pas lui qui donne la direction. La direction, c'est celle de Mélodie et elle est en désaccord.

15:50
Jordan Bardella

J'ai été invité par un ministre du gouvernement italien. Nos alliés du FPO, ils sont donnés en tête aujourd'hui des élections européennes en Autriche et ils seront probablement amenés à remporter les élections législatives dans quelques mois. Nos alliés flamands sont donnés en tête des élections européennes en Flandre. Nos alliés aux Pays-Bas viennent de remporter les élections. Donc, on ne peut pas tirer, si vous voulez, une phrase, si tant est qu'elle soit vraie, du sous-responsable de canton de l'arrière-grande-tente d'un député de l'AFD et venir dire « Vous avez un tiers des Allemands, un tiers des Autrichiens qui sont des fachos, qui sont des gens d'extrême droite, etc. »

16:26
Invité

Puisque vous parlez du FPO autrichien, on aurait pu vous sortir ce qui a durci sa ligne depuis la reprise en main par M. Herbert Kickel, promoteur de la théorie du grand remplacement habitué des manifestations anti-vax.

16:37
Jordan Bardella

C'est ça le FPO ? Mais du grand remplacement, M. Kickel considère qu'il y a un problème d'immigration aujourd'hui en France et en Europe. Je partage cette thèse. M. Kickel, il sera peut-être chancelier d'Autriche dans quelques mois. Donc à ce moment-là, peut-être qu'Emmanuel Macron ne le recevra pas à l'Elysée. Mais vous voyez que la devise de l'Europe, c'est « unie dans la diversité » et ça doit aussi être « unie dans la diversité » avec des gens qui ne pensent pas comme nous. Et évidemment que les équilibres aujourd'hui en Europe sont complexes, mais si vous avez des phrases, des convictions ou des idées à me reprocher, je les assumerai s'agissant de mon mouvement politique.

Je ne suis pas l'avocat du peuple bulgare ou du peuple romain.

17:09
Présentateur

Sur l'Ukraine, le sommet européen de la semaine dernière a donné le feu vert aux négociations d'adhésion du pays à l'UE. Victor Orban bloc l'enveloppe de 50 milliards d'euros de soutien à l'Ukraine. Dans la situation militaire où se trouve le pays, est-ce que vous comprenez sa décision ? Est-ce que vous le soutenez ?

17:28
Jordan Bardella

Écoutez-moi, j'ai été sans ambiguïté sur mon soutien à l'Ukraine suite à l'invasion et l'attaque de la Russie. J'ai toujours estimé que la Russie n'avait plus rien à gagner en Ukraine et qu'il fallait évidemment un soutien à l'Ukraine. Ce soutien aura toujours été dans les positions qui ont été les nôtres de l'ordre matériel.

Nous avons toujours été favorables à l'envoi de matériel défensif à l'Ukraine et je pense que le rôle de la France, en plus de promouvoir une initiative de dialogue et de paix, était de placer des lignes rouges et d'être vigilante à ce que l'envoi de matériel offensif de longue portée n'entraîne pas une escalade dans la région parce que je crois qu'en Europe, le terme d'escalade s'agissant de la guerre a une résonance particulière.

18:10
Présentateur

Donc quand vous disiez en février dernier le soutien moral, politique, matériel à l'Ukraine relève pour moi de l'évidence, vous le redites ce matin ?

18:18
Jordan Bardella

Oui, je ne suis pas favorable en revanche et je le dis, je l'assume à ce que l'Ukraine entre dans l'Union Européenne pour une raison très simple c'est que je suis opposé par principe à toute nouvelle forme d'élargissement de l'Union Européenne. Je pense que l'élargissement de l'Union Européenne qu'elle soit vers l'Ukraine ou vers les Balkans où la Moldavie entraîne un affaiblissement du pouvoir des Etats fondateurs et surtout crée les concurrences d'une concurrence économique très forte.

L'Ukraine est une puissance agricole et son entrée dans l'Union Européenne viendrait placer l'Ukraine comme premier bénéficiaire des subventions de la PAC ce qui évidemment affaiblirait considérablement la souveraineté agricole de la France. Donc en la matière comme sur beaucoup d'autres sujets, je défends l'intérêt de mes compatriotes Mais votre position

19:00
Présentateur

sur l'Ukraine est-elle partagée dans le parti un de vos collègues au Parlement Européen Jean-Paul Garraud disait d'ailleurs au même journal l'opinion il y a trois jours de monumentales aides ont été apportées à l'Ukraine ces montants sont impossibles à supporter pour nos concitoyens français alors dites-nous quelle est la ligne qui croire la vôtre la sienne

19:19
Jordan Bardella

La ligne c'est le soutien à un état ami qui est agressé premièrement deuxièmement c'est l'envoi de matériel défensif en Ukraine et troisièmement moi je me suis abstenu sur les aides financières qui ont été votées par le Parlement Européen pour une raison très simple c'est que dans le même temps les institutions européennes et notamment la Cour des Comptes européenne a rappelé le niveau de corruption abyssale de l'Ukraine qui dans les classements d'ailleurs de corruption internationale est très loin derrière des états européens par exemple d'Europe de l'Est qu'on a pu évoquer tout à l'heure et donc je crois effectivement que là encore en la matière il faut être vigilant avec les données publiques

19:52
Invité

Jordan Bardella vous faites une percée dans les sondages en cette fin d'année une percée de popularité et pour les sondages pour les européennes et vous vous dites prêt à être Premier ministre de Cohabitation vous demandez d'ailleurs la dissolution aujourd'hui de l'Assemblée nationale et vous dites si Emmanuel Macron dissout si on gagne les législatives je suis prêt à être Premier ministre vous avez 28 ans vous n'avez pas d'expérience de ministre ou de maire d'une ville vous avez commencé une licence de géographie que vous avez préféré arrêter pour faire de la politique d'après l'opinion vous vous mettez en ce moment à l'anglais sans vous faire offense vous pensez et c'est vraiment une question pour le coup n'y voyez pas Malice vous pensez jamais vous pensez qu'à 28 ans vous êtes prêt à diriger la 7ème puissance économique mondiale

20:43
Jordan Bardella

madame je suis en toute humilité président du premier parti d'opposition j'ai été élu j'ai eu mon premier mandat à l'âge de 19 ans j'ai été élu député de l'âge de 23 ans député européen et je crois que les idées que nous représentons et que les solutions sur lesquelles nous avons travaillé depuis très longtemps avec Marine Le Pen et avec mon mouvement politique sont plébiscitées aujourd'hui par une majorité de français par conséquent j'ai dit qu'en cas de dissolution de l'Assemblée nationale si le Rassemblement national devait obtenir une majorité j'assumerais ma responsabilité et nous serions prêts si tel était le cas à conduire la politique de la nation vous savez on est très humble et on apprend chaque jour aux côtés des français et je pense que les solutions que nous prenons aujourd'hui pour le pays sont partagées par des millions de français on peut avoir toujours un doute en disant mais est-ce qu'ils seront aptes à diriger est-ce qu'ils seront aptes à gouverner

21:35
Présentateur

avec qui

21:35
Jordan Bardella

moi je veux dire aux français que nous y sommes prêts et que si les français nous font confiance nous aurons la détermination la sincérité et l'autorité nécessaires pour réparer le pays ça ne sera pas simple ça sera difficile je ne vais pas mentir aux gens mais à 28 ans

21:51
Invité

vous vous sentez prêt

21:52
Jordan Bardella

oui je ne sais pas je ne crois pas que ce soit une question d'âge c'est aussi une question d'âge

21:56
Invité

c'est aussi une question d'âge la vie c'est une évolution

21:59
Jordan Bardella

oui on grandit vite sur le champ de bataille et on apprend et on continue d'apprendre et encore une fois être leader c'est aussi être à la tête d'une équipe sur l'équipe Olivier Véran pose la question

22:12
Locuteur non identifié

il met qui c'est vrai que les Mozart de la finance la peuvent donner des leçons

22:17
Présentateur

alors permettez-moi de le citer on met monsieur de Fournasse ministre de la mer parce qu'il disait qu'il retourne en Afrique en réponse à un député qui était d'origine nord-afriquaine on met Julien Audou le ministre de l'agriculture qui demandait si la corde avec laquelle un agriculteur s'était pendu était bleu blanc rouge on met Fabien Engelmann maire de Hayange ministre des solidarités qui a coupé l'électricité aux secours populaires en plein hiver on met monsieur Rachelin ministre des transports parce qu'il aime bien faire des blagues sur Hitler quand il est dans des voitures allemandes fin de citation d'Olivier Véran qu'est-ce que vous lui répondez ?

22:52
Jordan Bardella

j'ai même pas envie de répondre à monsieur Véran je pense que les français sont fatigués d'être insultés en permanence par des gens qui ont des résultats économiques pitoyables qui en matière d'insécurité et d'immigration ont probablement le pire bilan de la décennie qui s'achève et qui manifestent à chaque fois qu'ils en ont l'occasion une forme d'outrance et de brutalité à l'égard des français et en réalité si on en est là aujourd'hui sur le texte immigration dont nous avons parlé au départ c'est parce que à force d'utiliser le 49-3 ils ont oublié qu'ils étaient minoritaires et je pense que ils payent aujourd'hui leur arrogance et leur dédain en permanence à l'égard des français moi je me pose une question c'est est-ce que les français est-ce que la France qui est probablement le plus beau pays du monde va se choisir enfin à la tête de l'état des gens qui les aiment qui les respectent et qui les considèrent

23:47
Invité

merci Jordan Bardella je précise qu'on a vérifié c'est bien un colissier de la liste de Maximiliane Kras de la Vité qui a prononcé cette phrase

23:56
Jordan Bardella

et bien non la phrase qui avait été évoquée l'autre jour c'est celle de votre confrère il n'a pas été retenu sur la liste et encore une fois si une phrase de ce type a été tenue par un sous-responsable de canton de l'AFD je suis en désaccord évidemment avec cette phrase mais je ne suis pas l'avocat des allemands si vous me le permettez

24:13
Présentateur

merci Jordan Bardella

24:14
Jordan Bardella

d'avoir été au micro d'interview