Les Matins de France Culture - Proust de « A » à « Z »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
il en va des livres comme des personnes certains se révèle être de très bonne et d'excellentees compagnie et bien le Dictionnaire amoureux de Marcel prou signé Jean-Paul et Raphaël antoven père et fils il fallait le souligner chez plan est Grassé et justement de cela vous le prenez en main et puis vous ne le lâchez plus non pas parce que vous vous obstinez à vouloir le lire absolument dans l'ordre alphabétique c'est un dictionnaire mais parce que justement tout d'un coup tout de même discipliné démarrant par a les œuvres qui finalement arrivent et se superposent et puis qui vous renvoient à d'autres vous donent envie de lire le livre de définition en définition mais finalement dans le désordre à la lettre D par exemple voyez quand vous arrivez à obépine vous êtes encore au début du livre sagement vous le lisez vous attendez de voir ce qui va se passer mais à obépine vous pépine vous invite à lire catlea vous lisez catlea et puis catlea vous envoie à fleur et puis fleur vous envoie alors là à Chapel datura ou dîné sandam tiens Que Choisir ben finalement plus rien au bout d'un moment vous compulser le livre dans tous les sens en vous disant comment vais-je faire pour arriver au bout bref c'est un tourbillon paperolien tantôt longue vue ou microscope en fait rien du tout c'est une sorte de caléidoscope que ce dictionnaire amoureux de de l'œuvre de prou caléiddoscope qui vous conserve au fond au final quand vous avez lu déjà un très bon bout tout le mystère de l'œuvre de cel prou mais surtout on révèle aussi beaucoup son humour est-ce que vous pensiez faire un ouvrage aussi drôle le père ou le fils Raphaël Jean-Paul anen allez qui commence je commence ben c'est un peu inévitable parce que prou vous le savez sans doute est un grand auteur comique et et à l'idée de se régler sur sa sur sa façon de voir les humains de de les comprendre de les pas de les juger mais de les peser c'est c'est chaque fois extrêmement drôle et par conséquent on a pas toujours dit ça quand même c'est pas toujours l'image que ça a donné oui mais c'est c'est surtout ceux qui n'ont pas lu qui qui n'ont pas toujours dit çaou mais si si on même si on avait voulu faire un livre ennuyeux on a'urait pas réussi en fait avec un sujet comme celui-là tellement il y a de matière comique dans la recherche du temps perdu et alors ce qui est drôle c'est que c'est une matière comique quasiment à à défricher tellement on a peu attiré l'attention des lecteurs sur cette dimension de l'œuvre qui est vraiment considérable oui alors vous-même vous rajoutez une petite couche de temps en temps comme par exemple comme par exemple cette faci prou inventeur de Skype oui mais écoutez rapaë vous exagérez làand même je reconnais bien le chronicker qui est venu au matin tous les mardis a une époque oui Lady Gaga tant que vous y êtes mais écoutez il y a il y a à voir entre Prost et Lady Gaga on en parlera h an Marc mais en revanche non Skype je je dis l'histoire en peu de mots quand le narrateur de la recherche du temps perdu entend la voix de la femme qu'il aime Albertine immédiatement il lui associe son visage même quand elle parle dans son dos il voit son visage son visage lui apparaît dès qu'il entend sa voix et il dit cela et il dit je je je fonctionnais ainsi que le fra le photo téléphone de l'avenir écoutez c'est dans la recherche du temps perdu il a écrit ça il y a très exactement 100 ans il parle du photo téléphone de l'avenir il n'a pas dit skype enfin c'est à peine tiré par les cheveux d'une manière générale Prost passe son temps à associer des sons à des images donc ça tombe sous le sens en fait c'est pour ça que c'est d'où cette prédiction vous vous avez découvert comment vous prou Jean-Paul antoven et bien en le en le en le lisant à quel moment comment ça s'est passé vous savez on commence toujours par lire un amour de Swan quand on passe son bac après on on on va plus loin on lit la grande lecture de prou c'est après le premier chagrin d'amour euh et puis et puis voilà et puis une fois qu'on est tombé dedans on n' sort plus est-ce que vous avez pleuré à prou pleurer non je je je je pleure jamais dans dans mes lectures je je je conis je sais bien le mot de Wild sur le jour le plus triste de sa vie quand Lucien rubinpré est mort euh moi je ne pleure pas quand je lis les livres ça les livres me rendent meilleurs euh dans les les grands cas ou euh plus intelligents mais ils me font jamais pleurer donc vous Raphaël vous n'êtes pas comme lino Visconti découvrant euh cette œuvre parce qu'il voit ému son père encore plus ému que lui pleurit à la lecture de prou non ça s'est pas fait comme ça mais il est vrai que j'ai j'ai j'ai grandi dans un environnement où le syntagme la recherche revenait très souvent j'entendais ce mot très souvent sans trop savoir ce qu'il voulait dire et il m'a laissé l'impression d'une espèce d'univers rappeux floral lointain propre aux adultes et en même temps familier et et de sorte que quand j'ai lu La la la recherche plus exactement en amour de Swan parce que j'ai commencé par là aussi en première j'avais un peu l'impression de de de visiter comme un un appartement témoin que j'avais acheté sur plan si vous voulez donc j'étais préparé juste à vous vous faites allusion aux larmes de Visconti plus exactement un jour Visconti voit son père qui pleure et pourquoi son père pleure-t-il parce qu'il lui dit qu'il est en train d'achever la recherche du temps perdu il lui reste que quelques pages et il est triste à l'idée de n'en avoir pas davantage à lire ce qui est une vraiment c'est l'anecdote qu'il faut rappeler à ceux qui comme Anatole France pensent que la la vie est trop courte et prou trop long dites d'ailleurs ça permet de dire que votre dictionnaire amoureux de Marcel prou il parle bien sûr de l'œuvre de Marcel prou il fait même parfois une sorte de psych psychobiographie de Marcel prou qui aurait bien déplu à Marcel Prost hein le contre saintbuf tout de même mais il fait aussi le tour de tout ce qui a tourné évidemment autour de Prost c'est pour cela que je voulais citer Visconti l'article est magnifique cette œuvre que Visconti aurait dû faire avait mis en place mais de façon extrêmement plus précise que ce que je pensais le casting était fait les les costumes étaient quasiment réglés tout était mis en route mais évidemment les querelles entre garçons hmutberger fait capoter le projet c'est ça qui s'est passé al il y il y a il y a une raison anecdotique elmou burger devait jouer le rôle de Morel et ce n'était pas le principal c'était Alain de long qui jouait le rôle du narrateur et donc Almou berger préférait que Visconti tourne immédiatement Ludwig où il avait le rôle titre mais ça c'est une raison anecdotique la raison profonde c'est que Visconti pensait que après avoir fait après avoir tourné la recherche il n'aurait plus rien à dire il avait l'impression que la mort l'attendait ben c'est si s'il avait fait le film est-ce que le film l'aurait tué comme peut-être au fond l'œuvre de Marcel prou l' fin d'une certaine façon du coup il a il a il a proustifié l'ensemble de ces films le guépard violence et passion sont des grands films proustiension y compris dans ludwiig d'ailleurs est-ce qu'il y a une manière aussi quand même alors d'autoportrait de la famille antoven dans ce dictionnaire il y a l'article Raphaël par exemple on se dit qu' l'article Raphaël correspond à une à une réalité objective du dictionnaire je veux dire c'est que la la la légende de l'ange Raphaël qui soigne qui guérit la cécité de Toby euh est un est reprise à plusieurs reprises enfin est mentionné à plusieurs reprises par le baron de Charlus euh pour décrire son propre rapport à à son jeune amant donc cette il y avait un sens à ce qu'il à ce que l'ange guérisseur s'y trouve alors le dictionnaire commence tout de même parce que vous avez respecté l'ordre par la lettre A a comme agonie toute la nuit nous avons travaillé tous les deux il m'a il m'a dicté et il m'a dit à minuit si je passe cette nuit demain c'est je prouverai au médecin que je suis plus fort que mais si je passe pas c mais il y a cette nuit à passé je suis restée dans cette chambre glacée toute la nuit on a travaillé toute la nuit et puis à 3h il m'a dit je vais un peu écrire parce que ça me fatigue de vous dit alors je lui dis ah bien et puis il m'a dit Oh je ne peux pas je n'en peux plus je suis fatiguée céleste n'oubliez pas n'oubliez pas de bien placer à telle page ce que je vous ai dicté ce que j'ai écrit alors je lui dis bien monsieur reposez-vous est-ce que je peux vous faire quelque chose de chaud non mais alors il a étouffé là il sufoqué alors le lendemain matin il m'a dit c'était vers 7h il me dit s'il y avait du café au lait tout chaud tout près je le prendrai tout de suite pour vous faire plaisir à vous et à mon frère voilà céleste albaré qui fut la gouvernante de prou c'est au cours d'un portrait souvenir que consacrit Roger Stéphan à Marcel prou en 1962 extraordinaire document s'ilit de cette voix de cette gouvernante qui d'ailleurs après deviendra la gouvernante de Maurice Ravel excusez du peu euh ce qui éit fascinant là c'est qu'on se dit quand même puisqu'il y a a comme agonie et V comme voix on sent bien que là il n'y a pas loin le mystère que tout le monde se demande de que l'on entend la voix de Marcelle vous savez qu'il y a un immense débat sur quelle était la voix de Marcel il y a mêmeticleopilant il y a même eu une une réunion chez Madame mant prou où tous les gens se sont rassemblés pour savoir quel était vraiment la voix de Marcel évidemment personne ne s'est entendu les uns l'a pensé juger d'autres waté d'autres voix de velours bref ils se sont je crois qu'Emmanuel Berle et je ne sais quel autre ah non faut en renir au main oui oui ils sontevenus au main oui bien sûr oui parce qu'il seement mais là la voix on entend quasiment la voix ça c'est la voix c'est la voix de Céleste c'est la voix de Céleste mais c'est pas la voix de Marcel nous n'avons pas d'enregist raphaë mais ce qu'elle raconte c'est très émouvant parce que ce qu'elle raconte Marcel prou lui-même le raconte c'est la première page de la recherche du temps perdu il parle d'un d'un malade qui voit un raai de lumière sous sa porte et qui se dit quel bonneheur c'est le matin on va enfin pouvoir venir prendre soin de moi il entendait pas dans le couloir il s'apprête à être soulagé au fond dans sa douleur et puis soudain la lumière disparaît il s'aperçoit qu'en réalité il est minuit qu'on a éteint le dernier bec de gaz et qu'il doit traverser la nuit comme un long désert jusque jusqu'au lendemain et en fait c'est ce que céleste raconte et le c'est comme si prou avait décrit la nuit de son agonie avant de la avant de l'expérimenter cela dit il y a un moment qu'on aimerait avoir vécu ou entendu c'est quand un matin il a dit à céleste céleste j'ai fini h j'ai écrit le mot fin alors au mot fin qui est dans le dictionnaire il faut s'en méfier de ce mot fin il faut s'en méfier parce que finir un livre c'est facile mais en finir avec un livre c'est beaucoup plus complexe et prou dont l'écriture procède par rajou et par intégration et prolifération interne du livre a fini son livre on peut le dire mais il n'en a pas fini puisqu'il passait son temps à rajouter un trait de caractère à bloc à Swan à Odet et et donc c'est un travail la recherche du temps perdu est un grand livre inachevé mais c'est c'est on peut faire la même chose avec le lecteur quand on fini le livre on n a pas fini avec lui il se passe la même chose quand on le lit donc il faut rassurer ceux qui regrettent que ce livre soit trop court et il faut rappeler que la fameuse céleste que l'on vient d'entendre il y a quand même sa part dans cette œuvre immense c'estàdire que c'est elle qui était chargée d'organiser alors queelle d'ailleurs ne pas confondre PAP Rols et bqué oui bien sûr alors alors c'est dites-nous la différence et bien normalement normalement le béquet est quelque chose de plus modeste le la PaPeRo est un long développement il y a une paperole qui mesure 1,47 ce qui ressemble à un accordéon et et et je dois dire que je c'est des ajouts de correctionout Corou sû la phrase de prou grossit de l'intérieur ce qu'on comprend quand on garde les carnets comme la phrase de Montaigne elle grossit de l'intérieur elle enfle de l'intérieur et en vérité le livre lui-même même à enfler de l'intérieur entre les deux syllabes long et temps la première syllabe du livre c'est long la dernière c'est temps or le premier mot du livre c'est longtemps le livre est une grande enflure si j'ose dire qui a grossi entre les entre les deux syllabes de ce mot au départ prus penser faire deux volumes le temps perdu le temps retrouvé et puis c'est ajouté le cycle d'Albertine c'est ajouté la guerre et ainsi de suite donc le livre c'est c'est un cas très unique de livre qui grossit par par le dedans alors d'ailleurs puisquon était sur la question not de la voix et que il y a eu les querelles sans fin sur ces questions de voix écoutez peut-être celui qui nous restitue alors la voix au plus près de Marcel prou c'était son grand habit celui qu' l' sans doute le mieux connu ceux qui l' le mieux connu Paul Morand la phrase par laquelle avec laquelle il entra je me suis amusé à la reconstitué je le dis n'y voyez pas d'irrévérence mais je suis un des derniers à avoir bien connu prou et je veux vous donner une idée de ce qu'était euh sa conversation bien que ces livres en donnent tout à fait une idée car sa phrase écrite ressemble étonnamment à sa phrase parler voici par exemple ce que je disais vous arrivez de Paris vous trouverez avec raison je vous prie Monsieur recouchez-vous vous allez attraper froid j'étais en pyjama et toujours dans l'antichambre vous jugerez sans doute malséant qu'on vous réveille à cette heure-ci mais je ne sors guerre de chez moi je me lève tard et j'ai d'ailleurs tort de me le lever car je pèe là le lendemain par des souffrances atroces et par un excès de soins ridicules et infinis qui sont pourtant une nécessité car il faut vivre avec sa maladie on ne guérit jamais et la maladie chronique est une vieille dame qui adore qu'on est pour elle des égards vous auriez le droit de vous plaindre vous aussi bien que vous soyez un jeune homme et non une vieille dame que je manque d'égards pour vous en sonnant à votre porte à minuit si j'ai pris cette liberté c'est parce que j'avais le vif désir de connaître quelqu'un il s'agit de vous qui a émis sur moi on me l'a rapporté je ne vous connais pas encore assez pour qu' me rapporte de vous autre chose que des propos qui me soient agréable et même délicieux à entendre qui a émis sur moi ou plus exactement sur mon livre des jugements je n'aurais pas l'audace de dire les plus pertinents dans le style de notre ami du boss mais les plus délicats voilà sans doute parlait-il comme ça Marcel Prous par Paul Morant toujours dans C extraordinaire document de de Roger Stéphane en 1962 pour terminer cette première partie il faut parler d'un article qui je trouve est sans doute un des plus géniaux objectivement c'est celui qui é à tbre parce qu'il explique le malentendu qu'il y aurait eu entre g et prou sauf que vous révélez à la tout sans doute une question de nœud de paquet et de colis qui serait la véritable affaire de pr cette histoire est infinie on peut il faut la faire très brève bon vous savez que Gide refuse le manuscrit en prétendant que être tombé sur un passage où tante Léonie aurait des vertèbres sur le front en vérité il avait d'autres raisons de vouloir écarter prou qui fréquentait les mêmes établissements pour garçon que lui et il ne voulait pas de de de de cette homosexuelle à la NRF qui était une avec était beaucoup plus comment dire hdoniste tandis que l'homosexualité de prou était douloureuse et cetera et puis euh en vérité les vertèbres si on regarde le tapuscrit il on peut voir que vertèbre est une erreur de frappe c'est parce qu'il y avait les tante Léonie avait des cheveux postiches qui se mêlaient à ses véritables cheveux ve du front donc le T le E et cetera ça fait véritable ébertè mais le vrai mystère c'est pas ça c'est que quand le manuscrit arrive chez galimar prou avait un secrétaire qui s'appelait Nicolas Cottin qui avait fait des qui avait travaillé dans la marine et qui faisait des nœuds extrêmement savants or quand le manuscrit est reven oui bien fistelé quand le manuscrit est revenu ça céleste le le confirme avec les mêmes nœud donc à moins de supposer qu'il y avait des marins à la NRF de l'époque le manuscrit a-il ouvert ais ça c'est non mais c'est quand même une question assez extraordinaire 8h17 18 bris couturier votre chodique bonjour à vous bonjour Marc bonjour les anovenes bonjour salut bris chaque génération a ses raisons particulières de lire prou léand doet dans le frère Lucien était un ami très intime de Marcelle et qui lui fit obtenir le goncour en 1919 disait de lui vous êtes le SaintSimon de la République salonarde ce monarchiste antidréfusard espérait bien l'avir finir la gueuse alors que la victoire de 1918 l'a conforté une fois pour toute il est troublant de constater que prou publie du côté de chez Swan en 1913 la veille du cataclysme et année de créativité extraordinaire jugaisant alcool d'apolinaire la colline inspiré de Barest le grand Moune d'Alain Fournier barnabous de Valérie larbeau pour s'en tenir à la littérature donc on peut très bien chercher dans la recherche un tableau de société celui du déclin de l'aristocratie du faubourg Saint-Germain une espèce de tombeau d'IER don pas celui dépint par Stéphan SIG mais celui d'avant l'autre cataclysme la guerre de 14 car la guerre va consacrer l'accession sociale de la bourgeoisie et des industrieux sur les esthètes qui aurait prédit à Madame Verdurin le destin d'une future princesse de guerme en ce qui me concerne la première fois que j'ai tenté l'ascension de la recherche du temps perdu c'était en Cagne à la Canale en livre de poche ça va de soi à cette époque j'étais hypnotisé je ne me souviens plus pourquoi par Maurice Blanchot vous avez bien fait d'ailleurs de ne pas l'abriter dans votre dictionnaire amoureux les anantovenes ce qui m'amenait chez prou et bien c'était l'absence dimension blanchotienne par excellence ce motif récurrent chez prou de la disparition nécessaire des contextes pour que l'essentiel se manifeste enfin c'est toujours sur fond de vide que la vérité des êtres et des choses apparaî au narrateurs de la recherche comme ces trois arbres détachés du paysage lors de la descente vers udimesnil d'où le reproche adressé par prou à son époque elle a dit-il je le cite la manie de ne montrer les choses qu'avec ce qui les entoure dans la réalité et par là de supprimer l'essentiel l'acte de l'esprit qui les Isola d'elle car la véritable réalité je le cite encore doit être dégagée par l'Esprit nous ne connaissons vraiment que ce que nous sommes obligé de recréer par la pensée et cette réalité supérieure nous est en effet cachée par la vie de tous les jours la deuxième fois la deuxième fois que j'ai échoué aller jusqu'au bout de la recherche c'était dans la pliade lors des années 80 d'ailleurs vous remarquerez que j'ai apporté les deux premiers volume parce que le troisème je ne l'ai pas fini mes moyens s'étent améliorés donc puisque je lisais dans la playéade et vous voyez que j'ai cherchais j'ai cherché la confirmation d'une théorie qui était très en vogue alors dans les années 80 selon laquelle l'amour n'était qu'une disposition de notre propre esprit un désir de rester amoureux comme dit prou et le désir lui-même n'était qu'une forme donc d'intransitivité à l'ombre des jeunes filles en fleurs je le cite en étant amoureux d'une femme nous projetons simplement en elle un état de notre âme par conséquent l'important n'est pas la valeur de la femme mais la profondeur de l'État vous relatez la fameuse colère de prou contre le jeune Emmanuel Berle venu confier au grand écrivain son bonheur d'avoir séduit Sylvia il me dit qu'il craignait que Sylvia ne me fit beaucoup souffrir maintenant qu'elle allait s'interposer entre moi et mon amour pour elle c'est pourquoi l'amour homosexuel lui paraît le plus authentique parce qu'il est aussi le plus décevant je cite Berle il avait la conviction prou que seul l'homosexualité fait saisir dans sa dureté dans sa pureté la douloureuse évidence du vrai Prost confirme dans Sodome et gomor je le cite pour des hommes comme Monsieur de Charlus l'amour mutuel en dehors des difficultés si grandes parfois insurmontabl qu'il rencontre chez le commun des êtres leur en ajoute de si spécial que ce qui est toujours très rare pour tout le monde devient à leur égard à peu près impossible fin de citation donc plus c'est impossible meilleur c'est Prost révolte Berle en lui disant qu'il e mieux valu pour son amour que Sylvia soit morte aujourd'hui aujourd'hui j'ai renoncé à relire prou je suis trop occupé de déficit budgétaire de flexis curité et d'Arc de criseat ce que je fais tous les matins pour vous Marc mais si je devais conseiller ça va être de ma faute attendez mais si bah c'est inviter davantage d'antoven et un peu moins d'économiste mais si je devais conseiller aux jeunes gens disposant de loisirs de se lancer à leur tour dans la recherche je leur dirai qu'ils y trouveront un Brévière de l'esprit français avec Montaigne Pascal beaumarchet Duma ou encore debusi vous ne me contredirez pas prou me paraît incarner au plus haut point la tournure spécifique d'une C dont il faut admettre qu'elle a beaucoup brillé autrefois car contrairement à Hugo ou à Balzac il n'a pas d'équivalent dans les autres patrimoines européens la chronique de brise couturier sur franceculture.fr tiens je précise d'un mot à propos de sodomé gomor Raphaël le 6 novembre prochain à la salle gavo vous lirez des des intermittances du cœur qui est la section centrale de sodomé gomor avec au piano l'improvisateur Carole Beffa 6 novembre du commentaire à l'interprétation avec ce livre en fait il y a un moment il faut se contenter de le lire alors réaction à la crique de bris cout Jean-Paul anoven c'est parfait c'est c'est c'est juste la scène que bris rappelle entre Berle et prou est merveilleuse puisque à la fin ber voulant être amoureux d'une femme réelle et non morte prou finira par le chasser en lui jetant sa pantoufle et je dois dire que cette scène là le fait que Berle l'ai vécu a été pour beaucoup dans la dans la gloire démarrante de de du jeune Emmanuel Berle qui a il y a beaucoup de rentiers de prou dans la littérature française vous savez Berl en est un Paul Morant en a été un autre voilà il est entouré de grands écrivain mineur en vérité voilà et Jean cocto que vous Jean cocto l'affaire avec cocto est différente Jean cocto c'était tout un cérémonial pour rentrer chez Marcelle parce que on était arrêté dans le vestibule par céleste céleste vous demandait beaucoup plus tard quand elle m'a connu Monsieur Jean est-ce que vous n'avez pas rencontré une dame donner la main à une dame qui aurait touché une fleur parce que Marcel vivait dans dans un noise de poudre antiasthmatique il avait peur des crises d'asthme et il craignait même l'approche d'une personne qui aurait approché une personne ayant respiré une fleur on entrait dans une véritable noage de poudre antiasmatique et alors il était couché tout habillé sur son lit un lit de cuivre et le lit de cuivre était enfermé dans une sorte de guérite en liège qu'il protégeait contre les bruits extérieurs et il portait des gants blancs pour éviter ce tic qu'il avait de se ronger les ongles et il ressemblait avec Barbe à carnau mort ou à à Ronald ratschiild ou et et ou au capitaine Nemo avec la sa chambre ressemblait pas mal au Nautilus et quand il n'avait pas de barbe il ressemblait au fameux portrait de jacqu Émile blanche où il a l'air d'un œuvve de Pâque quand il nous le soir nous lui demandions quelque fois de nous lire des passages de son œuvre et c'était très difficile de de le de l'écouter parce que il lisait en riant en se barbouillant le se riz sur la figure et avec sa barbe sous sa main gantée et il il coupait sa lecture de cet idiot cet idiot et et il il nous expliquait que un geste n'aurait de signification que dans le le 15e volume qui était sous TR sous la pile pour qu'il le cherche et c'était c'était des lectures qui étaient plutôt des Rouis amical voilà toujours dans ce formidable document P lui-même rier ou alors pousse lui-même rier alors on peut d'ailleurs on peut quand même rire de Prous he parce que le coup de faire attention ne pas avoir touché le gant d'une dame qui aurait touché une fleur évidemment ça fait quand même beaucoup de conditions pour ce qui est extraordinaire c'est de penser que cet homme asthmatique précautionneux attentif au parfum des fleurs qui vivait comme un reclu était le meilleur ami du gen humain c'est-à-dire c'était celui qui le connaissait le mieux c'est un écorchet vif sa tour d'ivoir c'était la condition de possibilité de de de de donner le jour à un roman qui parle le mieux des hommes c'est c'est comme ça qu'il a fonctionné c'est-à-dire qu'il avait besoin de se réfugier pour sentir le monde et donner à ce qu'il sentait la la forme d'un roman d'où le thème de l'olfaction qui est récur justement quand on ne peut pas voir les fleurs on est contraint de les imaginer et on en parle d'autant mieux et on en parle d'autant mieux d'ailleurs vous réglez un sort un peu parfois au stobisme qu'il y a autour de prou et qui selon vous fait que l'on découvre ce qui l'ont lu ou ceux qui ont fait semblant de le lire ne pas confondre obépine catlea gardeniaou oui bien sûr enfin le snobisme d'abord quand les gens disent que le Pr est un roman est un roman de de snob c'est absurde parce que comme Raphaël me le faisait remarquer il y a pas longtemps il y a tellement de snobisme chez prus il y a autant de snobisme dans l'aristocratie que dans les cuisines entre les les laqué les gouvernantes et cetera donc première premièrement deuxièmement euh c'est vrai que les gens se souviennent de certains mots par exemple catlea ils se souviennent de ça faire catlea faire catlea si on leur demande vraiment 9U fois sur 10 ils vous répondront quand ils sont un peu ignorants faut reconnaître que c'est une position du kamasoutra mais mais mais ou c'est peut-être devenu vrai c'est peut-être devenu vrai d'ailleurs mais disons pour nos auditeurs que le catleya est une variante de d'orchidée l'orchidée qui a un statut très particulier il y a la fleur catholique qui est l'obépine virginal pur et le catlea c'est-à-dire l'orchidée dont le nom même est très sexuel puisque ça vient de orchist et cetera bon bref passons là-dessus et la fleur vénéneuse des cocottes des des mondains des impures oui il y a il y a des centaines de fleurs il y a des centaines de fleurs dans la il y a 367 sortes de fleurs dans la dans la recherche je rend je rends hommage à un livre de Claude Meunier qui les a compté et de même qu'il n'a pas à boutonnière un camélia mais un Gardenia oui mais la la différence la vraie différence c'est vrai mon père a raison si j'ose dire guit mon père avait raison ça c'est plutôt guitri oui mais pourquoi Pasin c'est un très bon titre euh il y a parmi ces 367 fleurs il y a vraiment le le monde se divise entre les quatre las c'est-à-dire la fleur sexuelle la fleur obsène qui est également la fleur de Odette le personnage d'Odette et l'obépine l'arbuste catholique et délicieux qui lui est associé à la fille d'Odette c'est-à-dire Gilbert voilà et il y a une partition ici fondamentale dans la recherche mais qui sait si le plus de plaisir n'est pas à chercher dans le dans l'obépine plus encore que dans le le catleard voilà et puis mais en fait tout de même Gilberte c'est aussi celle à qui est dédié le livre c'est Gilbert oui c'est une autre Gilberte en effet le livre est dédié à ma mère et à la grand-mère de Raphaël grande proustienne et qui poussait le proustisme jusqu'à avoir un prénom proustien puisqu'elle se prénommait Gilberte et la bonté et l'amour des fleurs aussi bris couturier moi ce qui me fascine chez prou et je pense que ça c'est pas sans écho dans votre dans votre ouvrage c'est le passage d'un extrême à l'autre je pense le passage de l'extrême de la frivolité du dendisme et de la perte de soi dans les les soirées mondaines qui caractériseent la première partie de la vie de prou il passe pour un raté un fils de famille qui ne fera jamais rien de bon et la deuxième partie qui est celle d'une assè incroyable où le type s'enferme dans sa chambre travaille la nuit en permanence ne sort plus ne voit plus personne et et se consume véritablement dans la rédaction de cet intermin C interminable ouvrage si vous me permettez c'est un c'est un partage un peu rétrospectif parce qu'en vérité prou commence à écrire C susement entre 1905 1908 mais jusque là il a quand même écrit Jean senteuil un contre sain bu ce qui va devenir un contre saint buv 30000 lettres 30000 lettres oui qui on il aurait tweé qui ont été religieusement classé par l'archiviste proustien Philippe Kolb des traductions de Ruskin donc c'est un homme qui n'a quand même pas arrêté de travailler il faut ajouter une chose à ça c'est que cet homme qui sort cet homme qui ce Mondin d'apparence est un entomologiste c'est un homme qui va étudier les insectes humains c'est-à-dire qu'il va faire une provision d'information tirer de la réalité pour les mettre ensuite dans son livre c'est un homme qui a déjà l'intuition que tout ce qu'il vit n'est pas incurablement effémère et qu'on va pouvoir le sauver qu'on va pouvoir le conserver et que 100 ans plus tard en lisant ces passages on on on sentira le grain de la peau le parfum la présence d'êtres qui ne sont plus déjà des enfin qui ne sont que des fantômes déjà dans le livre lui-même quand quand il part euh dans une soirée au rit ou dans un dans un raou mondain céleste qui lui donne sa canne et son chapeau lui dit ah ce soir monsieur se fait pèlerin de ces personnages je trouve ça très beau Daniel Salnave oui à propos de Gilbert une petite anecdote j'ai bien connu et d'autres à Paris l'écrivain polonais Casimir brandiss il est venu est resté à Paris au moment de de concer en Pologne mais sa femme qui était avec avec lui je lui dis à jourzv Maria vous êtes contente d'être à Paris elle me répond avec un accent polonais à cause de Gilbert et je trouver ça merveilleux il faut dire que le début des jeunes filles en fleur la première moitié au fond se passe à Paris quasiment sur les Champs-Élysées c'est l'histoire d'amour qui n'aboutit pas c'est-à-dire une histoire d'amitié en vérité entre le narrateur et Gilbert qui est sa sa première déception sa première déception son premier chagrin amoureux effacé tôt effacé par l'apparition gbert résumait en quelque sorte l'idée qu'elle se faisait de la France et serèit intéressant c'est intéressant tout Gilbert comme Albertine on ont une racine commune qui est berth et berth c'est le prénom de la fille de Madame Bovary or Madame Bovary a la propriété comme Gilberte et comme Albertine d'avoir les yeux qui changent de couleur c'est un mystère les yeux de Madame Bovary sont alternativement bleus et noirs sous les yeux de son mari et Gilberte et Albertine ont également les yeux qui passent pour l'une du bleu au noir et pour l'autre du noir au bleu et ce qui m'a beaucoup frappé en lisant votre dictionnaire amoureux c'est qu'il répète ou reproduit un geste qui est très cher à tous les proustiens c'est c'est-à-dire ceux qui contrairement à Briss sont allés au bout et ont même recommencé ont pris l'habitude de le commencer par n'importe quel endroit de leux dit très bien que lui commence à partir de Sodom et gomor et qu'après il fait toute une lecture j'ai fait la lecture la manière de del je pense qu'il faut pas je crois qu'il vaut mieux commencer par le commencement mais peu importe dans votre dictionnaire c'est la même chose on retrouve cette joie immense qu'on a à relire Prous par des entrées différentes mais qu'on a dès qu'on est un lecteur assidu parce qu'on l' pousse pendant toute sa vie les paperoles c'est nous nous sommes les paperoles de de l'œeuvre de Prost alors il y a un point sur lequel il y a deux points vrais vous intéresser je trouve formidable que vous ayez fait un article caca je trouve merveilleux vraiment merveilleux pourquoi parce que une PHR qui qui qui est tellement symbolique c'est celle où charlu dans une de ses colère dit que j'aille faire pipi chez la baronne caca ou caca chez la baronne pipi c'est la même chose c'est cette noblesse là moi qui suis d'avant les Valois je n'ai pas grand chose à entendre d'eux et je trouve ça très bien parce que vous en tirz peut-être l'un des deux par je ne sais pas quel est l'aur de cet article pourra tirer ce fil que que si je dire c'est évidemmentv moi je n'ai pas d'évidence je les écoute les vous me connaissez mieux que moi-même le le ce qui se passe ce qui est étonnant dans la recherche c'est tout tout est merveilleux dans la recherche et le caca est un exhausteur de goût en fait dans la recherche la façon dont il en parle la façon dont il raconte comment les asperges transforment son pot de chambre en un vase de parfum dans des farces poétiques et grossières la face façon dont il décrit le le pavillon trayissé de verre où Françoise se soulage et qui est gardé par une dame qu'on appelle la marquise le plaisir profond que procure chez lui l'odeur rance trouble humide et cetera et cetera des des excréments de du du du pavillon à quelque chose c'est le c'est le premier stade de la métaphore en fait qu'il met en œuvre avec ça sans compter vous vous l'avez cité les diatribes boueuses coprofil extraordinaire du baron de Charlus qui compare Sarah Bernard et mounetulli à du caca à côté de lui-même se battant lui propre descendant du connettable se battant en duel Daniel oui je alors il y a un un un point qui m'a formidablement intéressé qui est difficile sur le plan philosophique mais je crois qu'il faut l'éclairer vous avez une entrée autour de Clément Rosset et cette entrée se termine par une phrase que je voudrais retenir parce qu'elle est formidable le Temps retrouvé n'est pas un rêve de pierre mais la coïncidence éternellement fugace de l'être et du savoir dans cette forme savante de d'élaboration se cache vraiment à mon avis le secret de PR P nous aider à y entrer c'est très simple on croit souvent que la recherche du temps perdu c'est l'histoire d'un homme qui mangeant un morceau de madeleine se retrouve dans son enfance en vérité ce qu'il découvre en mangeant la Madeleine c'est au présent la possibilité d'éprouver une sensation parfaitement identique à celle qu'il éprouvait dans son enfance c'est pas un voyage dans le recherche du temps perdu c'est un voyage dans le présent c'est une manière de regarder les choses vous savez l'intérêt qu'on les choses quand on les voit avec un une impression de déjà vu et bien Marcel prou est quelqu'un qui donne au présent aux objets qu'on a la valeur d'un déjà vu c'est dire c'est pas un souvenir du passé c'est un souvenir du présent et il y a une je le dis à à contrecœur mais un tout petit peu fautif de Clément Rosset qui donne un peu le sentiment que au fond la recherche du temps perdu voudraitou ressusciter le passé en vérité ce qu'il fait c'est qu'il ressuscite le présent il transforme la vie de tous les jours en vie de chaque instant et il passe pour cela par le biais de la mémoire involontaire de la Madeleine et de toutes ces séquences pétrifiantes oui on peut dire que au fond et ça c'est ce qu'on voit très bien à travers votre dictionnaire c'est que au fond la vie de prou n'est pas scindée d'une manière forcément étange qu'on pourrait le croire un moment frivole et un moment monacal pour écrire c'est même au contraire pour au fond continuer de d'être frivole qu'il devient monacal c'est un écrivant au fond une vie ancienne et pas si ancienne que ça il la prolonge et comme le dit rap il continue de la vivre dans un dans un présent qui est un are présent mais dans un présent mais en vérité Marcel P ne savait pas quel livre il voulait écrire et et tout s joué là-dessus est-ce que ça serait un livre sur Baudel un livre sur saintbu est-ce que ça serait un essai est-ce que ça serait une histoire de la peinture ou de la musique il ne savait pas quel livre il voulait écrire et et ça c'est très c'est très magique de voir comment d'ailleurs beaucoup de ces contemporains ont cru que c'était un livre de mémoire et puis il y a le coup de génie l'invention du narrateur qui n'est pas prou qui n'est pas Prost qui n'est pas prou parce qu'il est ni homosexuel ni d'ailleurs c'est un des rares personnages à ne pas devenir homosexuel et il n'est pas asthmatique c'est les deux caractéristiques de Marseille il est moyennement de rfusard alors et moyenementavant mais il s'appelle Marc le prénom Marcel apparait à tro reprises dans le livre mon père soutient et je crois à juste titre que c'est la signature de l'auteur en bas du tableau si vous voulez je pense que la signature si vous me permettez elle est ailleurs quand pr on pe ntoyer maintenant tu sais on se connait ass pardon pardon je t'en prie c'est pas à toi que voyais c'est à notre compagnie je c'est quand il écrit petite madeleine dans la première occurrence avec un P majuscule et un M majuscule il il inscrit le nom prou Marcel dans la recherche euh comme les peintres se peignent que dans un petit coin du tableau il y a beaucoup d'ailleurs de choses qui sont euh très éclairantes et qui sont sur des des détail sans forcément être sur euh on va dire l'hommage généticien qui est parfois est fait à Prous ou guticien qui est fait à Prous mais tout de même il y a des choses que vous relevez et qui avait été relevé par d'autres que vous rappelez mais comme par exemple le le l'amour des consonances en en yeu ou là ou le tout toutes les consonances en r évidemment oui alors l'histoire des consonances en r C'est cet effit dient prou meurt en dis en prononçant le nom de son frère qui était à son chevet mon mon mon petit Robert bon euh voilà un asthmatique qui meurt en prononçant une syllabe qui fait allusion à ce qui lui a fait le plus défaut dans sa vie à savoir l'air de plus l'air se retrouve à peu près dans tous les noms proustiens Cambremer guerment Verdurin Albertine Gilbert Robert recherche du temps perdu bref euh alors là-dessus il y a eu 18 colloques et un livre magnifique d'ailleurs de Michel schneeder Michel schneeder schneeder pardon c'est lui qui l'a remarqué mais je ne sais pas s'il a remarqué ça il faudrait lui demander et par ailleurs cela dit vous par moment alors même si vous vous amusez beaucoup à travailler sur ces questionsl vous vous méfiez des fameux généticiens oui parce que prou rend toujours les gens intelligents c'est une c'est le coup de génie d'un écrivain quand un écrivain réussit à à à à rendre les critiques intelligent il il a gagné la partie alors je vrais vous faire écouter la voix d'un homme qui lui s'est attelé à quelque chose de de compliqué de pas forcément évident au départ c'est Pierre aléchanski qui en et qui a orné et qui sort chez galimar dans un très grand format un amour de Swan et Pierre alchenski faut-il rappeler le grand artiste qu'il est Pierre alchenski a failli même au fond refuser la commande de chez galimar écoutez donc pierre aléchaskii qui vient d'illustrerom de Swan chez galimar au micro d'Antoine Beauchamp illustrer Prost ce n'est pas possible mais je pouvais faire quelque chose je ne sais pas quoi j'ai hésité finalement je me suis dit au bout d'un mois c'est très honorifique qu'on me demande ce genre de choses mais j'ai pris mon téléphone et pour dire j'ai galimar qu'au fond je renonçais et pendant que la sonnerie se déclenchait déjà je d'une main j'avais un crayon et j'ai dessiné un tout petit peu dans la marge de quelques pages de maquette qu'on m'avait proposé et je n'ai pas entendu qu'on décroche j'ai raccroché et j'ai continué à dessiner à griffonner dans les marges un peu comme un élève distrait et je me suis dit qu'il y avait peut-être là une une façon de toucher à un livre sans y toucher et ça s'est enchaîné c'est venu assez rapidement et ensuite j'ai trouvé cette idée dans la marge côté droit du livre ouvert d'introduire un tout petit élément qui est un crypto s de Swan de le faire tourner de page en page de faire une sorte de d'essin animé primitif comme un yoyo qui va de haut en bas qui est une allusion au temps comme un balancier de haut en bas de de la colonne tout en tournant les ement cette petite pastille en bleu et noir avec un point noir de manière à ce qu'on puisse comprendre facilement que ça tourne c'est dire c'était il y a quelque chose de décentré dans ce dessin qui permet de voir ce mouvement et de l'autre côté simplement quelque chose au crayon presque sans technique sans appara alors que dessiner encore pour continuer l'aventure de cet ornement d' our de Swan pierre leschanski on trouve au fil de certaines pages des portraits qui jaillissent un petit peu de ces lignes à quoi correspondent ces profils ces figures qui viennent en regard du texte mais de même qu'on peut parler entre les lignes on peut dessiner entre les lignes je commence par des lignes et si j'y découvre quelque chose qui m'incite à infléchir ces lignes vers un visage féminin ou vers la courbe une courbe qui me rappelle la courbe d'un dos et que ça humanise ses ses lignes je ne m'en prise pas il y a dans ce livre parce que tout de même euh il s'agissait de trouver une solution pour euh 180 oh 194 pages de temps en temps il y a un personnage qui apparaît ou une allusion très directe à un amour de Swan les par exemple les orchidées les les catleas par exemple tout d'un coup euh la canne de Charlus ou un profil qui peut être madame de garmante pourquoi pas mais d'une manière assez diffuse pour ne pas embêter le lecteur ne pas être distrait non plus par les dessins ce qui est très agréable c'est d'avoir pu faire cette grande édition de galimar c'est c'est C grand format parce que je l'ai expérimenté une fois fait une fois imprimé quand j'ai reçu le premier numéro je me suis couché sur un divan et j'ai appuyé le livre sur mon estomac je l'ai lu j'ai trouvé ça extrêmement agréable de pouvoir lire ce livre coucher parce que quand vous vous endormez le livre est tout de même assez grand il vous réveille et il vous rappelle à l'ordre qu'il faut continuer à lire un petit livre on s'endort on s'en aperçoit pas pierre alanssk en amour de Swan che Galim orné par Pierre alenssk vous lisez dans quelle position je Marc magnifique évidemment évidemment allongé ça se lit allongé le début de ça écrit allongé ça se lit allongé et surtout les les premières pages racontent un homme enfin c'est un homme qui se décrit lui-même qui ne sait pas s'il dort ou s'il est encore éveillé et qui raconte comment il devient lui-même le personnage de ses livres donc c'est une c'est une entrée somptueuse c'est une entrée qui dit tout le livre en vérité il raconte comment le personnage devient lui-même la rivalité de François 1er et de charlesquin il se métamorphose il transmu en devenant lui-même le le personnage de son livre sans savoir s'il rêve ou s'il est éveillé ce qui une façon de se demander s'il est vivant ou s'il est mort Daniel sal oui j' oui je suis heureuse de vous annoncer que Marc nous autorise à continuer la matinée entière à débattre et je suis prête à rester avec vous il y a deux choses je voudrais vous dire d'abord vous êtes les premiers à avoir trouvé l'origine du salahisme qui est cet étrange compagnon qui qui arrive de d'Italie avec Léonard vieillissant en France c'est la seule valeur ajoutée de de notre livre la question je concerne l'entrée Sartre pourquoi je vous la pose oui c'est pas pour discuter le jugement que voustez pas du tout mais je pense que Sartre nous aiderait à à comprendre peut-être ce qui est le tragique profond de prus que d'ailleurs tout à l'heure Briss a bien soulevé c'est que l'amour est tout entier dans le sujet qu'il aime et Sartre répondrait que l'amour est tout entier dans l'objet qu'on aime parce que l'objet est aimable et je trouve que cette confrontation là elle aurait pu être intéressante bon mais c'est juste un petit d'autant que le le les mots les mots de Sartre chef-dœuvre de Sartre à mon sens en tout cas euh décrivent le le la façon dont Annemie fait la lecture à Poulou alors que la recherche raconte comment Jeanne fait la lecture à petit loup il y a beaucoup de points communs entre ces deux livres dans le rapport à l'enfance dont il témoigne l'un et l'autre mais Sartre a toujours eu des relations coupables et malheureuses il s'est cru obligé de dire du mal de prou en le traitant de représentant de la bourgeoisie finissante et cetera mais en fait comme vous savez Sartre était un un Marane de ses religions littéraire et de la même façon qu'il lisait prou en cachette de la mêmeç il écrivait sur Flobert mais il n'en parlait pas au gauchiste quand il distribu la cause du voil c'est ça merci Jean-Paul et Raphaël
Franck Proust