Il y a 70 ans, le mariage de Rainier et Grace Kelly
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Que se passait-il à Monaco à ce moment-là ? Absolument. Et bien cette heure très précise.
Anthony Monaco est déjà en ébullition. En fait, depuis plusieurs jours, la principauté ne dort plus. Elle est littéralement assiégée par les journalistes du monde entier.
On compte plus de 1500 accréditations. C'est-à-dire qu'il y a plus de journalistes sur le rocher que d'habitants eux-mêmes. Du jamais vu.
À 8h du matin, les terrasses sont déjà pleines à craquer. Les objectifs sont déjà braqués vers le palais d'où va sortir la blanche marière. On est déjà en mode duplexe.
Alors, on ne dit pas encore vraiment duplexe, hein. Ce n'est pas encore très à la mode. On parle toutes les langues du monde et surtout il y a cette attente immense, le Times qui sort plutôt évoque l'événement le plus romantique depuis Roméo et Juliette.
Car ce mariage c'est pas seulement une princière, vous l'avez dit, c'est un événement mondial. La cérémonie sera retransmise en Eurovision, ce qui est une première, une prouesse technique. Et pour les pays qui ne peuvent pas capter le signal en direct, les bandes filmées seront envoyées directement par hélicoptères afin d'être diffusé dans les heures qui suivent aux quatre cois du monde.
Il y a 70 ans jour pour jour, donc à l'heure où nous nous parlons, Anthony, tout était fin prêt. Les cloches de la cathédrale Notre-Dame Immaculaire vont bientôt s'envoler. Alors avant cette journée, il y a aussi eu cette arrivée spectaculaire, celle de Graskelli.
Oui. Et là encore, tout est déjà du cinéma. Grâce qu'Ellie a quitté les États-Unis à bord du pack le Constitution pour traverser l'Atlantique.
On voit ici son départ. Ça a duré près d'une semaine. C'était un peu comme un passage symbolique entre deux vies.
À bord, il y avait ses proches, ses bagages, des dizaines de malditon et surtout une fameuse caisse en acier presque mystérieuse qui contient sa robe de marié. Un secret sous très haute surveillance. Quand quand le navire arrive à Monaco, on est alors le 12 avril 1956.
On le voit ici, c'est un choc visuel. Toute la principauté est massé sur le port. Rigné est là et leur première rencontre publique est un peu mal à droite.
Il y a du vent, il y a des fleurs qui s'envolent, il y a une certaine jeune. Rien n'est encore parfaitement en place mais déjà les caméras tournent car tout cela est pensé comme un film et d'une certaine manière son étant, c'est le dernier rôle de Gras Kelly. Et ce 19 avril justement Bertrand tous les regards se tournent vers Gr et vers sa robe.
Absolument. Mais cette robe, elle est essentielle parce que c'est pas une simple robe de mariée. C'est une pièce de légende.
Elle est offerte par la MGM qui a versé une somme très importante pour contrôler l'image et avoir une main sur la cérémonie. Parce que ce mariage est une super production. C'est le dernier film de sa star.
Elle est dessinée cette robe par Hélène Rose qui est la costumière en chef de la MGM. Tout a été pensé pour la caméra. Corsage en dentelle ancienne, colle montant, manches longues couvertes de perles, jupe ample en forme de cloche pour être visible de partout.
La majesté de la robe ne vient pas d'un effet spectaculaire mais d'une ligne parfaite et d'une élégance retenue. Et puis il y a ces chiffres de la dentelle de Valencienne en pleurer. 46 m de tafta de soie, 90 m de tulle.
Le matin même, il faut la réajuster d'urgence parce que grâce à perdu du poids, on resserre au dernier moment quand elle apparaît, elle ne marche pas, elle glisse et cette robe devient instantanément une référence mondiale. Et alors, au moment de la cérémonie, que se passe-t-il réellement derrière derrière ces images de perfection ? C'est là que le myth devient humain parce que sous les voûtes de la cathédrale, tout est somptueux.
Il y a des milliers de flores blanches, il y a les plus grands invités du monde et du go au cinéma. On parle d'Ava Gartner, de Gloria Swenson, de David Niven et d'Alfred Schcot qui est venu dire adieu à sa muse en quelque sorte. Mais au cœur de cette perfection, il y a des failles aussi.
Il y a des journalistes frustrés de ne pas pouvoir être entrés qui se sont déguisés en homme d'église pour tenter d'assister à la cérémonie. Le petit page manque de faire tomber les alliances. Régia a du mal à faire passer la BAC au doigts de Grâce.
Elle l'aide discrètement et puis il y a cette apparition presque réelle sous les voûtes. Grass avance. Elle est blanche d'une blancheur absolue.
Blanche dans la lumière des sierges, blanche sous le voile, blanche dans le silence qui l'entoure comme effacé derrière le symbol qu'elle est en train de devenir. À cet instant, elle n'est plus seulement une femme, elle n'est plus une actrice, elle est une image et surtout il y a ce moment incroyable, le oui de grâce est si ténu que les micros ne parviennent pas à l'enregistrer comme un souffle. Comme si au cœur de ce type tumulte mondial, la voix de la future princesse restait un peu suspendue, presque intime.
Et pourtant, Et pourtant, plus de 30 millions de téléspectateurs assistent à la scène. Pour la première fois, un mariage princier entre en direct dans les salons du monde entier. Et pourquoi 70 ans plus tard, ça continue de nous fasciner ?
Parce qu'il raconte quelque chose de très rare en fait. La rencontre entre deux mythologies Hollywood d'un côté et la monarchie, le rêve américain et les vieilles dynasties européennes. Ce jour-là, une actrice au sommet de sa gloire abandonne tout pour devenir princesse.
Et un petit état Monaco change de dimension sous les yeux du monde. Mais ce qui touche au fond, c'est pas seulement le fast, c'est ce qu'on devine derrière. C'est cette légère fragilité sous la dentelle.
C'est ce moment suspendu où une femme dit adieu à sa première vie. Et puis il y a cette évidence. Sans ce mariage, Monaco ne serait pas Monaco, ne serait pas cette vitrine du glamour, pas ce théâtre du luxe, pas ce mythe suspendu entre mer et cinéma.
Ce 19 avril 1956, c'est pas seulement le mariage d'un prince et d'une étoile, c'est aussi c'est surtout la naissance d'une légende.
Xavier Bertrand