Quand le hip-hop s’empare de Vivaldi avec Amalia Salle
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:55OuverteRéponse directe
La pièce s'appelle Vivaldin. Elle explore les tensions entre contraintes et liberté, notamment les contraintes sociales imposées aux femmes. Et la chorégraphe, c'est vous, Amélia Sale. Bonjour.
- 1:14OuverteRéponse directe
Entre psy et chorégraphe, vous avez hésité ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Ce sujet des codes sociaux imposés aux femmes, il trouve sa source dans un univers d'ado, d'enfant, chez vous ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Dans tous vos déplacements, vous avez finalement atterri à Paris. Pourquoi ? Comment ?
- 2:44OuverteRéponse directe
Cette forme chorégraphique courte, Vivaldin, naît en 2021. Et contrairement à beaucoup d'artistes, la crise Covid a été une période fructueuse pour vous.
- 3:20OuverteRéponse directe
Sur votre compte Instagram, il y a toujours des extraits de Vivaldin en pleine rue, dans Paris, dans cette période-là ?
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur38 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est question d'hybridité et de métissage au Festival Paris l'été cette année jusqu'au 2 août. C'est sur différents sites à Paris et en banlieue. Et forcément, c'est cinq danseuses qui mêlent hip-hop et danse contemporaine au son des quatre saisons de Vivaldi. À certains moments, revisitées d'ailleurs par Max Richter, ces cinq danseuses y avaient toute leur place. La pièce s'appelle Vivaldin. Elle explore les tensions entre contraintes et liberté, notamment les contraintes sociales imposées aux femmes. Et la chorégraphe, c'est vous, Amélia Sale. Bonjour. Bonjour. Et merci de passer par les matins d'été sur France Culture.
Ça ne s'entend pas, mais vous êtes née en Argentine dans les années 80 avec un peu de sang français. Mais vous avez grandi en Italie, formation en danse, chant, théâtre, acrobatie et psychopédagogie. Entre psy et chorégraphe, vous avez hésité ?
De base, je voulais être médecin. Puis finalement, le corps se présentait à moi autrement. Et c'était celui artistique et pas scientifique.
Ce sujet des codes sociaux imposés aux femmes, il trouve sa source dans un univers d'ado, d'enfant, chez vous ?
Il trouve sa source surtout en conscientisant à l'âge adulte ce qui était une rage profonde sans savoir d'où est-ce qu'elle venait. Et je m'en suis aperçue grâce à tous les mouvements féministes, notamment le Female Rage et le mouvement MeToo. Et en fait, dès que la parole s'est libérée, j'ai compris pourquoi dans ma danse, j'y mettais autant de rage et pas forcément dans mon comportement social de tous les jours. Et Vivaldin est née un petit peu comme ça, sans avoir conscience de ce qu'on était en train de créer, mais en le créant en même temps.
Dans tous vos déplacements, vous avez finalement atterri à Paris. Pourquoi ? Comment ?
Paris parce que le niveau culturel de la danse hip-hop est brillant. En Europe, j'imagine qu'entre les meilleurs danseurs et danseuses hip-hop sont à Paris, en France en tout cas. Et les chorégraphes aussi, ils sont très forts. Et du coup, je voulais m'en inspirer.
Alors, cette forme chorégraphique courte, Vivaldin, naît en 2021. Et contrairement à beaucoup d'artistes, d'ailleurs, la crise Covid, vous, a été une période fructueuse. Absolument.
C'est vraiment le Covid qui m'a permis de me détacher justement du fait de devoir créer pour plaire et d'une manière très conséquente et très rapide. Donc, tout s'était arrêté. La seule chose qui me restait, c'était qu'est-ce que j'avais envie vraiment de créer au profond de moi ? Quelle musique j'avais envie d'utiliser ? Je me suis vraiment détachée du monde plus commercial de la danse. Et en fait, j'ai créé ce que mon corps avait envie de créer.
Et sur votre compte Instagram, il y a toujours des extraits de Vivaldin en pleine rue, dans Paris, dans cette période-là ? Oui, tout à fait.
En fait, c'est comme ça que tout a commencé. On nous appelait déjà à l'émission Culture Box et c'est là où le premier tableau de Vivaldin est né. Et par la suite, en fait, vu qu'on ne pouvait pas se produire dans des salles, on a décidé de le faire dans la rue. Et c'est vraiment là où le concept est né. Et c'est là où on s'y retrouve à nouveau aujourd'hui.
C'est une série de créations vidéo qui ont été présentées aux Sobanova Dance Awards qui vous ont fait lauréate d'ailleurs. Exactement. Voilà. Pourquoi Vivaldi ?
Moi, j'ai grandi dans la culture de la musique classique. Mon père, au lieu de me faire faire des balades à vélo, m'a fermée dans le salon et me faisait écouter la musique classique. Et il me faisait faire des blind tests. Donc, il fallait que je devine l'auteur, la période et du coup le style. Et pourquoi Vivaldi ? Parce que je trouve qu'avec sa puissance, sa musique, elle accompagne, je trouve, très très bien la thématique. Et puis, c'est l'expression de la nature, une nature libre, une nature très spontanée. Et c'est vraiment ça que je voulais donner.
Sauf que pour trouver le rythme du hip-hop dans Vivaldi, il faut y aller quand même.
Oui. Et en fait, ça semble si étrange, mais ça ne l'est pas. Il faut savoir que dans la culture hip-hop, on écoute tout dans le son. On écoute tous les instrus, on les sépare vraiment dans notre cerveau. On écoute la mélodie. Et en fait, chaque instru peut amener un mouvement. Et bien, la musique classique est tellement riche d'instruments qui nous donnent une richesse d'expression qui est presque unique. Et je me suis trouvée vraiment de manière très naturelle à être très inspirée par cette musique-là.
Parce que là, on entendait, c'est l'hiver, ce n'était pas de bêtises. Oui. Il y a des mouvements lents dans les quatre saisons. Oui. Et là, pour le coup, le hip-hop, il faut le chercher aussi.
Oui. Heureusement que... Alors déjà, le hip-hop, je pense que c'est un art qui est tellement riche et tellement ample qu'on peut tout faire avec. Et en plus de ça, je viens du hip-hop, mais je viens d'un métissage aussi. Je ne viens pas du tout que du hip-hop. Et je mélange beaucoup la danse contemporaine et moderne. Voilà. J'ai ma propre écriture qui vient un peu de tout plein de danse.
Oui. Puis alors, il y a cette rage dont vous parliez. On a entendu au tout début le cri qui fait exploser l'orchestre, en fait, en même temps. C'est un moment qui illustre parfaitement votre philosophie, si on peut dire. Et vous dites, ne pas être gracieuse, plutôt impétueuse. C'est vraiment impétueuse.
Oui, c'est vraiment ça. En fait, la rage a été interdite aux femmes depuis très, très longtemps. Une femme enragée est une femme hystérique. C'est presque pathologique pour une femme d'être enragée, alors que pour un homme, c'est courageux, c'est fort. Et moi, j'ai envie de casser ça. Et les femmes, surtout aujourd'hui, sont tellement légitimes d'être enragées. Et c'est ce que j'ai envie de mettre en avant dans cette pièce.
Alors, je découvre grâce à vous que Vivaldi, à son époque, a beaucoup travaillé avec des femmes, des orphelines notamment. Absolument. Absolument.
En fait, Vivaldi était prêtre et travaillait dans un couvent pour Féline et leur apprenait la musique classique, leur apprenait à jouer, à chanter. Et elles étaient tellement fortes, ces jeunes femmes, qu'il créait exprès pour elles des pièces extrêmement virtueuses. Et le monde entier, en tout cas l'Europe, s'est déplacée pour venir les écouter, alors qu'elles étaient cachées derrière des rideaux ou au fond d'une cour, derrière un grillage, parce qu'à l'époque, on ne pouvait pas trop voir des femmes et des orphelines jouer à être aussi vertueuses. Donc, pour moi, c'était un peu un féministe de l'époque, parce qu'il mettait en avant et il donnait des clés à ces jeunes femmes.
Comment ? Tout prêtre qu'il était. Absolument. Et alors, il y a comme un fil conducteur, quand on regarde votre parcours, autour de l'idée de donner de la force à une parole réduite, si on peut dire comme ça. Et je voulais dire qu'on dise un mot de votre création précédente, avant que j'oublie, qui est d'inspiration autobiographique, puisqu'il est question de votre papa, qui a exploré la maladie d'Alzheimer. C'est vraiment un fil comme ça qui vous tient sur toutes les créations.
Pour moi, c'est très, très important que chaque pièce vienne toucher des choses très importantes dans la société. Et j'ai besoin aussi que le public puisse s'y reconnaître, il puisse ressentir des émotions, il puisse s'en sortir enrichie d'une vision nouvelle, peut-être. Et moi, la création artistique, elle me touche grâce à ça. Et c'est ça qui me fait créer cette envie de faire bouger, à ma manière, un petit peu les choses, les consciences.
Vous jouez, vous dansez en extérieur, là, pour le festival Paris l'été. Quai d'Ousterlitz, à l'hôpital Charles-Foy à Ivry-sur-Seine, il y a toutes les dates sur le site de Paris l'été. C'est compliqué, ça ? C'est particulier, en tout cas ?
C'est particulier, mais nous, on adore, on adore ce challenge, déjà, d'être tout terrain. On peut vraiment jouer partout. Et le fait d'aller à la rencontre de publics qui n'ont pas l'habitude ou qui ne peuvent pas se déplacer en théâtre ou qui ne peuvent pas même économiquement se permettre d'aller au théâtre, ça, il ne faut pas l'oublier. Donc, ça, c'est gratuit ? Là, c'est gratuit, exactement. Et c'est génial parce qu'en fait, on va rencontrer un public autre. Et en général, ça se passe super bien.
Je ne résiste pas à l'envie de vous demander, vous, l'Argentine, je sais qu'on parle de toutes ces émotions et d'inspiration. Il y a les larmes d'un homme, d'un Argentin, Lionel Messi, dimanche soir, qui perd en finale de Coupe du Monde, ça vous a touché ?
Non, pas trop, j'avoue, c'était pas très grave pour moi.