Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 janvier 2025 27 min

Cessez-le-feu à Gaza, réforme des retraites, divisons au sein du NFP... Le "8h30 franceinfo" de Marine Tondelier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marine Tandelier. Bonjour et merci à vous de l'invitation. Bonne nouvelle. Un accord a été trouvé entre Israël et le Hamas pour une trêve dans la guerre à Gaza. Un accord qui prévoit un échange d'otages israéliens contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël. Pour vous aussi, c'est un soulagement ?

0:18
Marine Tondelier

C'est un soulagement immense. Enfin, j'ai envie de dire. Il y a eu des hauts, des bas. On nous a annoncé plusieurs fois qu'une trêve ou même un cessez-le-feu était imminent. Et puis, on n'en entendait plus parler. On ne savait pas trop ce qui se passait. Donc, c'est un soulagement immense, mais avec aussi beaucoup d'incertitudes. Déjà parce que cette nuit, il y a encore eu une attaque qui a fait 20 morts à Gaza entre l'annonce de ce prochain cessez-le-feu et sa mise en œuvre. Parce que sur tous les otages, les 96 qui manquent encore à l'appel, on se dit qu'il y en a peut-être une quarantaine qui sont décédés. On ne sait pas trop qui. On dit qu'il y en aura peut-être 30 là libérés.

On ne sait pas trop non plus la liste. Donc, j'imagine à quel point pour les familles, c'est long et douloureux. Et puis pour les prisonniers palestiniens, c'est la même chose.

0:59
Présentateur

Concernant les otages, pas de certitude sur les deux otages français. C'est ce que dit ce matin le ministre des Affaires étrangères.

1:06
Marine Tondelier

J'imagine à quel point c'est terrible pour les familles qui attendent. Et puis, on voit bien aussi qu'on nous annonce là un cessez-le-feu, mais on ne sait pas la durée. La grosse incertitude, c'est la durée de ce cessez-le-feu. Ce qui là risque d'être aussi très éprouvant, parce qu'il y a cette réjouissance. J'ai vu les images hier à Gaza, les photos de joie, et c'est extrêmement touchant. Mais j'imagine que l'épée de Damoclès continue à peser au-dessus des Gazaouis. Ça fait des années, je ne sais pas si... 15 mois de conflit. Oui, mais c'est 15 mois de conflit, mais c'est aussi plus de 16 ans de blocus.

Et donc, il y a une grosse majorité de la population qui n'a pas vécu de période hors blocus, en réalité. C'est-à-dire un approvisionnement normal, en eau, en nourriture, en médicaments. J'imagine à quel point la normalité n'existe pas, en fait, pour énormément de Gazaouis. Et c'est ça qu'on doit leur offrir comme perspective. La reconstruction des droits, et puis une paix durable au Proche-Orient.

2:01
Invité

L'aide humanitaire qui s'apprête à entrer à Gaza. Des journalistes aussi, peut-être, à l'occasion de cette trêve. Qu'est-ce que vous attendez ? Puisqu'il faut le rappeler, La presse peut difficilement, très difficilement, a quasiment pas accès à Gaza depuis des mois maintenant. Qu'est-ce que vous attendez ? Puisque c'est un trou noir pour nous tous pour faire la vérité sur ce qui s'est passé à Gaza ces 15 derniers mois.

2:25
Marine Tondelier

Vous avez prononcé un mot très important, à mes yeux, la vérité. La vérité, et j'ajouterai la justice. Vous savez, les écologistes, au début des incursions terrestres à Gaza, avaient demandé une chose qui nous paraissait pas anodine, mais facile à faire. L'entrée d'inspecteurs de la Cour pénale internationale dans Gaza. Pourquoi ? C'est pas eux qui auraient...

Ils sont pas casques bleus, ils auraient pas arrêté le conflit, mais leur simple présence aurait empêché l'impunité, aurait empêché le fait que certains soldats israéliens, manifestement, se sont permis des choses atroces, parce qu'ils savaient que personne ne pourrait jamais les poursuivre, savoir qui c'était, ou quand, comment, que la vérité ne pourrait pas être faite.

Et le fait que la France n'ait pas porté cette proposition, le fait que peu de monde, en fait, les portait sur la scène internationale, fait que probablement, on ne saura jamais, et qu'on sait bien que dans les conflits armés, il y a à la fin une guerre de récits, de contre-récits, le fait qu'il n'y ait quasiment plus de journalistes, qu'ils ont été, pour certains, tués parce qu'ils étaient journalistes, voilà, fait obstacle à ça, à la vérité. Vous avez plein de ce qu'on va trouver. Le procès qui va avoir lieu au niveau international, voilà, on voit bien que ça va être difficile d'attester certaines choses. Donc ça, je le regrette.

Mais ce que je voulais dire aussi, c'est que les Palestiniens, ce n'est pas que Gaza. Alors bien sûr que Gaza, c'était tellement la quintessence de l'horreur que tous les regards ont été braqués. Mais il y a aussi des choses très compliquées qui se passent en Cisjordanie. La colonisation qui continue, très agressive, du harcèlement, des paysans qui sont chassés de leurs terres, etc. Et que ce qui s'est passé au mois d'octobre, c'est qu'à la Knesset, il y a deux lois qui ont été votées pour interdire l'UNRWA. L'UNRWA, c'est quoi ? C'est un office de l'ONU qui, depuis 75 ans, est en charge des Palestiniens qui sont encore au Proche-Orient.

Il gère 58 camps de réfugiés, il gère 770 centres de santé, il gère l'éducation, l'accès à l'école de plus de 350 000 enfants palestiniens. Et la Knesset a décidé d'interdire l'UNRWA. Ça prend effet 90 jours après, c'est-à-dire, là, à la fin du mois de janvier.

Il y a une délégation d'écologistes, dont le président de notre groupe au Sénat, Guillaume Gontard, dont Sophie Bussière, la porte-parole du parti, Marie Pochon, Jean-Claude Rau, Jean-Louis Romégas, qui sont députés, et Raymond de Poncet, qui est sénatrice, qui sont allés, tout début janvier, sur place, pour s'entretenir avec les responsables de l'UNRWA, pour prendre mesure de la gravité, pour pouvoir en parler, ici en France, de ce que ça allait avoir comme impact.

C'est-à-dire, c'est la vie de 1 million de Palestiniens qui est menacée, si l'activité de l'UNRWA s'arrête, parce que derrière l'UNRWA, c'est beaucoup d'associations, d'ONG, dont Médecins Sans Frontières, qui, pour agir sur le terrain, ont besoin aussi du bac office de l'UNRWA. Mais Marine Tondelier,

5:00
Présentateur

quel poids de la France, quel poids de l'Europe dans ce qui se passe aujourd'hui ? C'est bien la question, vous avez raison. Vous voyez bien, là, est-ce qu'aujourd'hui, vous avez envie de dire merci aux Américains, merci aux Qataris, qui, grâce à eux, qui ont joué les intermédiaires, l'accord a pu être scellé ? Je vais plutôt vous dire

5:13
Marine Tondelier

que j'aurais aimé remercier la France. J'aurais aimé que la France, oui, soit la première à saisir la Cour pénale internationale sur le cas de ce qui se passait à Gaza. J'aurais aimé que Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, réponde à notre courrier, car en rentrant de Cisjordanie, la délégation écologiste et moi-même lui avons demandé un rendez-vous parce que c'est une course contre la monde. C'est le 28 janvier, l'interdiction d'UNRWA.

Et donc, on voit bien que la France, à force de démantèlement de son réseau diplomatique, à force aussi de politiques et de lignes complètement illisibles, Emmanuel Macron, je vous rappelle qu'au début de l'incursion terrestre, a réussi à se fâcher avec Israël, avec tous les pays autour d'Israël. C'était à peu près la seule chose sur laquelle il s'était d'accord, c'était qu'il n'était pas d'accord avec ce qu'avait dit Emmanuel Macron et qu'on s'est ridiculisé.

5:57
Présentateur

Il parle de calvaire injustifiable.

6:00
Marine Tondelier

Justement, il a changé beaucoup. Il a beaucoup zigzagué. Il n'a jamais vraiment fait preuve de courage. Et puis tout d'un coup, il faisait un peu. Alors du coup, ça énervait quand même ceux qu'il avait essayé de préserver. Ça n'a servi à rien. Et moi, ça m'attrige. J'espère que la France sera à la hauteur sur la reconstruction, sur l'appui au déploiement de l'aide humanitaire. Et surtout, on va pouvoir mesurer son pouvoir d'action sur l'UNROA. Est-ce que oui ou non, la France et d'autres pays vont faire pression sur Israël et gagner pour que l'UNROA puisse continuer à protéger la vie et j'ai envie de vous dire la survie des Palestiniens qui restent réfugiés dans ce secteur de la planète ?

6:33
Invité

Marine Tondelier, notre débat. Franco-Français, ce sont les retraites, bien sûr. On va baisser d'un niveau. Tout de suite, on va parler de la politique française.

6:40
Marine Tondelier

Merci de m'avoir laissé parler de la politique internationale. On a rarement l'occasion de le faire bien.

6:44
Invité

Ce qui est important aussi, bien sûr, c'est la stabilité politique, la question des retraites. Et devant les sénateurs hier, le Premier ministre François Bayrou a de nouveau fait un pas vers vous, vers la gauche, pour ce qui concerne la réforme des retraites qui doit être renégociée par les partenaires sociaux. Écoutez. Des accords, on en reste au texte actuel. Accords complets, on fait un texte de loi. Accords partiels, on traduit l'accord partiel dans un texte d'amélioration de notre système de retraite. C'est la voie la plus franche, la plus transparente, la plus honnête qu'on pouvait trouver sur ces sujets-là.

Même un accord partiel entre les partenaires sociaux pourrait être traduit dans un texte examiné par les parlementaires. Est-ce que c'est un nouveau pas que vous saluez ?

7:30
Marine Tondelier

Nous, on est là. Elisabeth Borne était là. Il était là. Et maintenant, il est là.

7:34
Invité

Alors, je le dis pour nos auditeurs parce qu'on a aussi beaucoup d'auditeurs. Vous faites des gestes avec vos mains et on comprend bien qu'on est encore loin.

7:41
Marine Tondelier

Je vous explique pourquoi. Certes, moi, je me réjouis que ce débat des retraites soit réouvert parce qu'on nous avait expliqué qu'il était cadenassé, verrouillé à triple tour, qu'on ne pourrait plus jamais en reparler sauf pour faire pire. Là, il se trouve, et je mesure parce qu'il y a une incompréhension entre le camp de François Bayrou et le nôtre. Ils disent, mais on vous a tous aidés. Vous ne vous rendez pas compte du symbole de ce que ça nous coûte. Donc, OK, ça leur coûte quelque chose et merci pour ça. C'est un incapable de le dire. Non, ce n'est pas un acquis du tout.

Je leur dis merci pour ça parce que j'ai compris que ça leur coûtait mentalement beaucoup parce que c'est un sacro-saint truc auquel il ne fallait pas toucher. Et j'ai mesuré que pour Elisabeth Borne qui lisait, en même temps que François Bayrou parlait à l'Assemblée nationale, et qui lisait son discours mot pour mot au Sénat, comme c'est la tradition, quand elle a dû lire ces phrases-là, j'imagine que pour elle, c'était difficile. Mais vous avez bien que l'enjeu, ce n'est pas seulement l'honneur ou le déshonneur de Mme Borne. Le sujet, c'est les retraites. On n'a jamais tenu compte des revendications.

C'était aussi difficile pour les députés qui étaient majoritaires à ne pas vouloir cette réforme et sur qui on a roulé dessus à coup de 49-3 d'obstructions sur la niche parlementaire qui auraient permis d'abroger ce texte à l'Assemblée. On voit bien que ça n'a pas été légitime comme manière de faire. Vous parlez du passé, le présent. Il faut quand même le donner, le passé. Alors, le présent, c'est qu'on nous vend ça comme une grande opération, on va tout rediscuter. La réalité, quand même, c'est que la manière dont s'y prend François Bayrou, c'est qu'il place le patronat et le MEDEF en particulier en position de force. Pourquoi ?

Parce qu'il dit qu'on peut rediscuter de tout, sauf qu'en gros, si vous n'êtes pas d'accord, on garde la loi Borne, mais la loi Borne, c'est quand même la loi du MEDEF. Donc, eux, en fait, face, ils ne perdent rien et puis ils gagnent. C'est-à-dire que s'ils n'ont pas envie de faire une concession, rien ne les oblige à faire, rien ne les incite même à faire. Vous prévugez de l'échec

9:22
Invité

de ces négociations ?

9:23
Marine Tondelier

Peut-être qu'il y a des sujets à la marche sur lesquels on tombera d'accord et j'en serais ravie. Mais vous voyez bien que le MEDEF n'a aucun intérêt à bouger sur rien puisqu'il est acté que s'il ne bouge pas,

9:36
Présentateur

il garde la réforme qu'ils ont souhaitée. Sauf que la ministre du Travail, Astrid Panos-Chambeauvet qui était à votre place hier, elle dit arrêtez de dire ce genre de choses parce qu'elle disait en gros, il faut comprendre que le patronat veut à tout prix de la stabilité, notamment de la stabilité politique parce que sinon, ce n'est pas bon pour les affaires. Donc arrêtez effectivement de préjuger qu'il n'y aura pas d'accord parce qu'eux aussi, ils sont dans l'obligation de faire un effort. Marie-Élise Léon, syndicate, donc à la tête de la CFDT, elle dit ce matin, elle salue une opportunité inédite pour négocier.

10:04
Marine Tondelier

Tout en disant que les règles du jeu soient un peu pipées aussi. Elle ne le dit pas de la même manière que Sophie Binet, mais elle le dit quand même. Mais elle dit

10:11
Présentateur

que ce serait de trahir les travailleurs

10:12
Marine Tondelier

de ne pas aller négocier. Ça, c'est sûr. Attendez, je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas y aller. J'ai dit que les règles du jeu étaient pipées. Mais je vais vous dire, malheureusement dans ce pays, les règles du jeu pipées, on en a l'habitude. On fait des cahiers d'oléances, ils ne sont pas lus. On fait des textes de loi, il y a de l'obstruction. On manifeste, tout le monde s'en fiche et on vote et on arrive en tête des élections. On n'est pas à Matignon. Oui, les règles sont pipées. On ne va pas pour autant rester sur le banc de touche à dire, nous, on attend que les règles soient justes. Oui, on va se battre.

C'est pour ça que je suis allée voir François Béroux, c'est pour ça que je suis allée voir Emmanuel Macron, c'est pour ça que je suis allée voir Éric Lombard, Agnès Pagnol-Rinaché, Amélie de Montchalin. On va continuer à faire ce qu'on peut, mais sans promettre aux gens que c'est de grands soirs. Ça n'est pas vrai et les règles du jeu comme souvent dans ce pays sont pipées. Peut-être même qu'un jour il faudra les changer.

10:53
Invité

Vous allez voter la censure cet après-midi, ça veut dire que vous voulez la...

10:55
Marine Tondelier

Alors moi non, parce que je ne suis pas parlementaire, mais les écologistes, les écologistes, ils ont mon entier soutien sur le sujet.

11:00
Invité

Voilà, ça veut dire que vous, les écologistes, vous souhaitez la chute du gouvernement même s'il est très très peu probable que ça survienne cet après-midi.

11:06
Marine Tondelier

On n'en retire aucun plaisir, aucune certitude. Bien sûr,

11:08
Invité

mais que deviendraient des négociations que vous appelez de vos voeux sur les retraites si un deuxième gouvernement devait chuter dans les prochaines semaines. À quoi ça servirait ?

11:18
Marine Tondelier

Non, mais j'ai compris qu'ils allaient être en conclave enfermée. Donc peut-être qu'ils ne seront même pas au courant, voyez-vous, que le gouvernement a chuté. Non, là, on fait de l'humour. Non, non, mais moi, je pense que ce qui est lancé doit continuer maintenant. La vraie question, c'est sur quoi ça peut déboucher. Alors, en fait, ce qu'on comprend, c'est que ça retournera à l'Assemblée nationale que s'il y a un accord. Un accord partiel ? Oui, mais un accord partiel, ça veut dire que quand même les gens sont d'accord. C'est-à-dire qu'en fait, l'Assemblée nationale ne pourra se prononcer que ce sur quoi le MEDEF est d'accord et le MEDEF, encore une fois, n'aura qu'un intérêt à bouger.

Moi, ce qui m'importe, une fois que j'ai dit ça, c'est qu'on puisse arriver sur des choses plus justes. Parce que je rappelle que dans ce pays, il y a une espérance de vie de 13 ans entre les 5% les plus pauvres et les 5% les plus riches. Et donc, il va falloir le prendre en compte. Il va falloir prendre en compte le fait qu'Emmanuel Macron, qui manifestement n'a jamais approché de près ou de loin ces métiers, avait supprimé des critères de pénibilité de manière complètement hallucinante en disant, bon, ça, port de charge lourde, ça, ça, c'est plus pénible. On décide que du jour au lendemain, ça n'est plus pénible.

Moi, j'étais allée cet été à Duralex avec Lucie Casté, avec Olivier Faure, avec plusieurs parlementaires du Nouveau Front Populaire. Et on s'était retrouvés dans cette salle, vous savez, où ils fabriquent les bols dans lesquels vos téléspectateurs et vos auditeurs sont peut-être en train de prendre leur petit déjeuner. Ils faisaient plus de 60 degrés à l'intérieur. Ils faisaient déjà très chaud à l'extérieur. Au bout de 15 minutes, on étouffait et on leur disait, mais voilà, il y en a qui travaillaient là depuis 20, 30 ans et on leur disait, mais est-ce que le fait que vous travaillez dans ces conditions est pris en compte, notamment pour votre retraite ?

Ils disaient, non, non, pas du tout, ça n'est pas un critère de pénibilité. Je peux vous dire qu'en 15 minutes, ça va pouvoir être renégocié. En 15 minutes, ça va pouvoir être renégocié.

12:53
Présentateur

On avait bien vu que c'était pénible. Donc, si on résume, en fait, il vous dit quoi, François Bayrou ? Il vous dit, en fait, les négociations, c'est quoi ? Je fais un pas vers vous. On va pouvoir tout remettre sur la table. Ce sont les partenaires sociaux qui vont pouvoir négocier et en cas d'accord partiel, on reprend tout du côté des parlementaires. Non, mais j'ai un petit doute. On promis, c'est chacun fait des pas.

13:11
Marine Tondelier

Ce que vous n'évoquez pas et que je vais me permettre d'évoquer parce que c'est quand même important et que chacun le comprendra, c'est qu'il dit, par ailleurs, ça ne doit pas coûter plus d'argent. Bon, ça va être un problème parce que je vois quand même que quand il s'agit de faire des cadeaux fiscaux aux plus riches, plus de 40 milliards par an à des gens qui n'avaient pas besoin de cadeaux fiscaux, clairement, là, ils ne se sont pas posé cette question-là de ce que ça allait coûter ou faire perdre comme argent au budget de la France.

13:34
Invité

Eux vous répondront et c'est leur lecture des choses que ça a permis à l'emploi de se tenir...

13:39
Marine Tondelier

Ce n'est pas vrai. Il y a un rapport de la Cour des comptes qui est sorti hier qui montre que ce n'est pas vrai et la Cour des comptes a toujours dit que la situation budgétaire et vous avez raison de le dire extrêmement préoccupante de la France est due en grande partie et même en majeure partie aux cadeaux fiscaux qui ont été faits par Emmanuel Macron aux plus riches et c'est à un moment il faudra qu'il l'admette c'était une erreur et c'était injuste.

13:57
Invité

Marine Tondoli on vous retrouve juste après le Fininfo il est déjà 8h47 Maureen Fignard.

14:02
Présentateur

Avant le début d'une trêve de 6 semaines dimanche les bombardements israéliens se poursuivent dans la bande de Gaza ce matin en moins 7 morts accord entre le Hamas et Israël qui doit encore être formellement validé par le gouvernement israélien aujourd'hui il prévoit notamment la libération de 33 otages enlevés par le Hamas ce matin le chef de la diplomatie française affirme qu'il n'y avait pas de certitude sur le sort des deux otages franco-israéliens les débats autour de la motion de censure contre le gouvernement vont commencer à 15h à l'Assemblée nationale les socialistes hésitent toujours à la voter le Premier ministre a fait deux nouvelles concessions hier pas de suppression de postes dans l'éducation nationale et un vote sur la réforme des retraites au Parlement si les partenaires sociaux se mettent d'accord sur une nouvelle mouture par ailleurs la ministre de l'éducation nationale annonce la création de 2000 postes d'AESH les personnes qui accompagnent les élèves en situation de handicap la profession est justement en grève aujourd'hui pour demander de meilleures rémunérations et puis c'est l'exploit de la soirée Bourgouin-Jalieu club de national 3 élimine l'Olympique lyonnais en 16e de finale de la coupe de France de football le PSG se qualifie difficilement contre les amateurs du FC Espali Rennes a été sorti par 3 France Info

15:17
Invité

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Bracchia

15:22
Présentateur

Toujours avec Marine Tondelier la secrétaire nationale des écologistes on résume les insoumis vont censurer le gouvernement les écologistes aussi le PS au moment où l'on parle hésite donc sur la censure vous leur dites quoi si vous n'êtes pas avec nous vous êtes contre nous

15:35
Marine Tondelier

Moi je n'ai pas l'habitude des menaces des oucazes et j'essaye quand j'ai des partenaires politiques déjà à réserver mes mots les plus durs à ceux qui sont en face à la droite et à l'extrême droite d'essayer de comprendre les positions les problèmes qui peuvent se poser aussi en interne les corps collectifs qui ne sont pas non les mêmes au parti socialiste et chez les écologistes par exemple et de respecter les positions

15:54
Présentateur

Vous ne comprenez pas la stratégie des socialistes ces derniers jours vous avez pourtant décidé vous de les suivre dans les négociations qu'est-ce que vous ne comprenez pas aujourd'hui ?

16:00
Marine Tondelier

Nous on ne suit personne il faut arrêter avec ça Vous êtes allé ensemble ?

Non non mais quand on vote la censure ce n'est pas pour suivre la France insoumise et quand on va à une réunion avec le Premier ministre ce n'est pas pour suivre le parti socialiste on prend nos décisions en fonction de nos valeurs des causes qu'on nous défend et des personnes que l'on doit protéger c'est aussi simple que ça et là pourquoi vous ne comprenez pas et cette lecture de toujours dire ah il se rapproche du LFI ah c'est du PS en fait ce n'est pas comme ça qu'on décide chez les Verts c'est très mal de reconnaître d'ailleurs parce qu'on a une psychologie vous savez très contrariée et suffirait qu'on nous dise ça d'ailleurs il faut qu'on ait envie de faire l'inverse mais plus sérieusement nous on décide en fonction de l'écologie et de la justice sociale ça a toujours été comme ça oui il y a un fait politique majeur qui se passe là c'est que la France n'a pas de budget au 31 décembre qu'on commence l'année 2025 sans de budget que les appels à projets culturels, sociaux, environnementaux ne peuvent pas être lancés et que ceux que ça met en première ligne ce sont les plus vulnérables que ce soit des citoyens ou des petites entreprises on est très clair là-dessus ça a exigé de notre part que oui nous aillons essayer de discuter et faire tout notre possible et aussi parce que sur le plan environnemental excusez-moi c'est la catastrophe à tous les étages on en parlera sûrement après et donc que dans ces cas-là quand on vous propose de discuter ce serait incompréhensible de dire non nous on ne discute même pas mais là pourquoi vous ne comprenez plus la stratégie des socialistes qui essaie de trouver encore un compromis donc nous allons discuter après on entend le discours de politique générale de François Bayrou qui excusez-moi était déjà très très général il portait bien son nom je ne pense pas qu'il y ait un seul français de ce pays qui s'est dit en écoutant François Bayrou waouh ma vie va changer je vais vivre mieux grâce à lui personne et puis surtout c'était enfin il y a eu beaucoup de gages donnés à la droite sur par exemple l'immigration il en a fait un sujet phare de son discours là où l'écologie il en a parlé sans parler de loi immigration

17:42
Invité

par exemple sans parler de loi immigration

17:44
Marine Tondelier

oui mais vous voyez c'est ça le problème en ce moment c'est qu'on en est rendu à se réjouir quand ils ne font pas n'importe quoi on dit ouf en fait on ne dit jamais chouette on dit ouf

17:53
Invité

je vous dis c'est votre point de vue mais à droite par exemple ils diront il y a eu des notamment chez François Bayrou ils diront qu'il y a eu au moins trois ouvertures dans votre direction c'est à dire la réouverture de négociations sur le retraite on en a parlé la suppression des 4000 suppressions de postes dans l'éducation nationale et l'arrêt du déremboursement des médicaments qui étaient prévus vous avez déjà promis la fois d'avant oui mais qui étaient prévus dans le budget et il l'a acté c'était une demande de la gauche ces trois points ça ne vous suffit pas

18:21
Marine Tondelier

bah non ça ne suffit pas le compte n'y est pas on l'a toujours dit et puis je vais vous dire on a discuté énormément on a aussi demandé des choses très fortes sur la justice fiscale on en a parlé juste avant on ne peut pas continuer dans ce pays à faire robin des bois à l'envers où les riches qui sont de plus en plus riches payent moins d'impôts et les pauvres qui sont 9 millions dans ce pays chaque jour un peu plus nombreux et chaque jour un peu plus pauvres eux n'ont aucune concession mais là dessus il a donné une réponse il a dit qu'il réfléchit à une taxe anti-optimisation et bien vous savez ce qu'on a appris hier qui ne pourrait pas la faire et qu'il n'allait pas la faire et donc c'est pour ça que moi je suis comme Saint-Thomas je ne crois que ce que je vois il y a aussi beaucoup de choses dont nous avions discuté dont nous avions l'impression qu'elles étaient actées qui n'ont pas été annoncées et donc on attend de voir aussi ce qu'il en est de quoi vous parlez ?

bah non mais sur plein de mesures sociales vous voyez sur le ticket modérateur sur là on a parlé de l'éducation nationale mais on a parlé beaucoup des services publics on a parlé des finances des collectivités qui sont en première ligne et qui n'y arrivent pas sur l'environnement

19:16
Invité

là aussi il a reculé par rapport au premier projet de budget on était à 5 milliards d'économies on n'est plus qu'à 2,5

19:21
Marine Tondelier

je vais expliquer pour vous que les spectateurs comprennent bien par exemple sur l'environnement il y a un fonds qui s'appelle le fonds vert c'est pas un fonds pour les verts le fonds vert c'est un fonds pour par exemple faire empêcher les inondations dans votre ville faire que vos territoires soient mieux adaptés aux changements climatiques etc bon ce fonds vert il a été créé par Elisabeth Borne en 2023 très récent et elle dit je mets autant d'argent puis tous les ans ça va augmenter bon là 2025 moins 60% sur le sujet dont même Jean Pisani Ferry qui a écrit le programme de Macron dit il faut investir et on sait que le coût de l'inaction climatique coûte 5 fois plus cher que si on agit et si on fait la transition et si on met l'argent pour faire la transition donc économiquement c'est une aberration il baisse de 60% on hurle on va en rendez-vous alors le premier rendez-vous il dit ah oui oui bon on va regarder deuxième rendez-vous ils disent ah on n'a pas eu le temps de regarder sur ce point précis bah c'est du manque de respect déjà parce que si quand ils voient les écologistes avec les socialistes et les communistes ils se disent pas tiens ils vont sûrement nous poser une question sur le fonds vert dont ils parlent depuis 3 mois en alertant soit c'est de l'amateurisme soit c'est se moquer de nous et dans les 2 cas c'est un problème à ce niveau là de responsabilité ensuite ils finissent par nous dire non mais en fait vous savez dans tous les appels à projets de France comme le budget il va être sur 10 mois et pas sur 12 mois il y aura la règle des 10-12ème c'est-à-dire que tous les appels à projets de France on va enlever 2-12ème en disant bah il y a déjà 2 mois de passé donc voilà et nous on vous offre une grosse concession le fonds vert en fait c'est comme s'il augmentait de 10% parce qu'on va pas faire la règle des 10-12ème sur le fonds vert et donc ça augmente j'ai dit attendez ça augmente par rapport à quoi par rapport à l'année dernière ou par rapport au budget Barnier ah non par rapport au budget Barnier donc vous voyez le budget Barnier il a sabré partout c'était un budget de sabre sur tous les domaines en particulier sur ceux que je défends c'est le texte de base pour nouveau budget ah bah on réaugmente il baisse de 60% on va peut-être réaugmenter de 10% réjouissez-vous camarades et bien non parce que c'est une politique de moins 10 ans on joue clairement en défense on est en train d'essayer de faire de l'interposition sociale et environnementale entre Macron ce gouvernement et les français c'est ça qu'on fait c'est on essaye d'activer le freinage d'urgence de l'austérité mais il n'y aura pas de quoi se réjouir je vous l'annonce d'ores et déjà et les socialistes le savent on essaie juste de faire en sorte que ce soit main pire ce ne sera pas un budget chouette bien réjouissant enthousiasmant ça va être terrible et on pèse de tout notre poids sur la balance pour que ça le soit le moins possible mais en ayant malheureusement assez peu d'espoir

21:34
Présentateur

donc revenons à la politique politicienne pardon parce que ça vous concerne avec le nouveau Front Populaire Jean-Luc Mélenchon qui dit carrément que ceux qui ne voteront pas la censure s'excluent de même du NFP et il va même plus loin il dit qu'il met carrément une option sur une option LFI sur les circonscriptions pour les élections à venir là-dessus vous êtes aligné ?

21:53
Marine Tondelier

On voit que ça marche sa méthode parce que résultat c'est qu'il y a des députés socialistes qui étaient très mal à l'aise à l'idée de voter de ne pas voter la censure qui trouvent voilà ils voient bien qu'en fait il faut la voter et qui sont exaspérés que Jean-Luc Mélenchon se comporte comme s'il est tené en laisse et comme s'il est menacé et comme s'il votait la censure en fait il se couchait face à Mélenchon parce que c'est ça aussi que vous du coup vous racontez ce que Mélenchon on raconte rien on dit ce qu'il dit et non mais du coup vous voyez on est prisonnier de ce truc-là tout le temps et moi j'en ai marre c'est Jean-Luc Mélenchon qui dit ça c'est pas nous donc en fait il y a une réaction après de votre côté j'en ai pas marre que de vous parfois

22:30
Invité

vous lui dites ça Jean-Luc Mélenchon

22:31
Marine Tondelier

oui mais je trouve ça fatiguant parce qu'en fait tout en France ça a été valable sur plein de sujets devient non pas un débat pour ou contre les français mais pour ou contre Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc Mélenchon n'est pas le sujet de cette motion de censure demain le sujet de la motion de censure d'aujourd'hui d'ailleurs c'est est-ce qu'on a confiance ou pas dans ce gouvernement c'est comment on fait pour avoir le meilleur budget possible plutôt vous avez compris le moins pire donc nous on estime que là maintenant il faut dire que ça suffit que ça ne nous empêche pas de continuer à discuter parce que moi je vais vous dire on a eu des textos de ministres qui ont dit franchement sur l'environnement on est désolé vous avez raison d'être scandalisé c'est scandaleux bon et ben on va voir ce qu'ils vont faire mais nous on estime que en votant la censure on dit stop et qu'on voit s'ils se remettent dans le bon sens les socialistes estiment qu'en ne votant pas la censure je ne sais pas comment ce qu'ils vont inventer comme mot ils vont dire je ne sais pas c'est une non censure d'avertissement avant dernière sommation pour renégocier ils vont trouver un truc eux ils estiment qu'ils ont plus de poids en ne votant pas ça c'est votre pronostic ce matin

23:26
Invité

vous pensez qu'ils ne vont pas voter la censure ?

23:28
Marine Tondelier

je pense que la plupart d'entre eux ne la voteront pas

23:30
Invité

vous pensez qu'ils seront divisés

23:32
Marine Tondelier

vous vous parlez je vois qu'ils sont divisés oui on se parle tout le temps et je crois d'ailleurs que les discussions chez eux vont continuer jusqu'au dernier moment parce que c'est difficile c'est difficile vis-à-vis de leurs militants c'est difficile au niveau du parti dans les discussions du parti c'est difficile au niveau du groupe mais franchement quand Jean-Luc Mélenchon dit rentrez tous à la niche tous à la maison en plus c'est un vocabulaire à chaque fois soit viriliste soit humiliant ça n'aide pas les gens à se prononcer sereinement donc voilà et vous le dites aux insoumis ça ?

23:56
Présentateur

quoi ?

23:57
Marine Tondelier

vous le dites aux insoumis

23:58
Présentateur

qu'il y a un problème de vocabulaire ?

23:59
Marine Tondelier

moi j'ai tendance à dire tout le temps entre partenaires ? qu'il y a un problème de vocabulaire entre partenaires je crois que je l'ai souvent dit y compris sur votre plateau une dernière question le respect c'est important en politique à commencer par ce partenaire mais en fait c'est mieux avec tout le monde par ailleurs

24:10
Présentateur

Marine Tourdelier l'investiture de Donald Trump aura lieu lundi il n'y a vraiment

24:13
Marine Tondelier

que des bonnes nouvelles ce matin vraiment

24:15
Présentateur

c'est de pire en pire il prendra officiellement les reines des Etats-Unis lundi plusieurs français sont invités Eric Zemmour Sarah Knafo donc de Reconquête Marion Maréchal Le Pen mais pas Emmanuel Macron comment vous traduisez ça ?

24:29
Marine Tondelier

c'est assez clair et logique finalement je pense que tous les gens qui ne sont pas invités déjà doivent le prendre comme un honneur et puis surtout ça va être un mauvais moment à passer mais ça va être que le début des problèmes parce que monsieur Trump revient en pouvoir avec Elon Musk à ses côtés que pour l'Europe pour la paix dans le monde pour la lutte contre le changement climatique pour le progressisme tout simplement c'est-à-dire pour les femmes pour les personnes qu'on appelle les minorités de genre ou les personnes LGBT QIA plus c'est terrifiant moi je me mets à chaque fois à la place des personnes qui vivent dans ce pays qui se sentent menacées par ce monsieur qui va être leur président et avoir des pouvoirs immenses c'est terrible Elon Musk

25:08
Présentateur

que vous avez cité qui va faire partie de l'administration Trump c'est aussi le patron du réseau social X X devenu une véritable machine de désinformation une arme de destruction massive de la réalité factuelle et la caisse de résonance des courants d'extrême droite c'est ce que dit votre collègue Sandrine Rousseau elle vous appelle

25:26
Marine Tondelier

elle n'est pas la seule à le dire tout le monde le dit

25:27
Présentateur

à tous quitter oui mais alors c'est la seule à proposer à ce que vous quittiez tous en même temps le 20 janvier

25:32
Marine Tondelier

Sandrine Rousseau a écrit à tous les députés du NFP et moi j'en ai parlé à mes collègues chefs de parti donc on l'a fait toutes les deux j'en ai parlé beaucoup dans les médias la semaine dernière et il y a un vrai débat c'est-à-dire est-ce qu'on doit quitter X ou est-ce que c'est X qui doit nous quitter c'est-à-dire qu'à un moment moi je pense que si vraiment quelque chose est problématique alors oui s'il continue d'exister il faut partir mais la mer de toutes les batailles c'est que ce réseau soit fermé s'il ne respecte pas la loi Elon Musk a trafiqué l'algorithme de X pour qu'il mette en valeur des informations mensongères il favorise les propos haineux des propos qui font du mal aux gens qui poussent des gens au suicide qui attaquent ce qu'ils sont donc c'est dangereux et c'est illégal encore une fois et donc en Europe on doit faire appliquer la loi je précise très rapidement

26:17
Invité

on est déjà en retard comment ? ah bon ? c'est une passion chez moi

26:20
Marine Tondelier

non non mais je trouve qu'il y a beaucoup d'hypocrisie chez des personnes qui se prétendent patriotes à tous les étages tous les jours chaque semaine et qui tout d'un coup n'ont aucun problème à ce que monsieur Musk parce qu'il est leur ami puisse faire de l'ingérence dans la vie politique européenne moi peut-être que je ne crie pas patriote tous les matins mais je pense l'être beaucoup plus que ces personnes-là

26:37
Invité

qui se reconnaîtront Marine Tondelier vous étiez l'invité de France Info ce matin merci d'avoir été avec nous