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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 26 mars 2026 34 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTransportsInstitutions & électionsSolidarités & famille

Présidentielle 2027 : Les LR se déchirent sur la primaire

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 62 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'elle représente cette raffinerie pour votre commune ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Vous avez accueilli cette annonce du Premier ministre qui demande à la raffinerie de Gravenchon d'augmenter ses capacités de production.

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Vous parlez des emplois, Virginie Lutreau. Ça veut dire que c'est aussi une bonne nouvelle ?

  • 9:05OuverteRéponse partielle

    Témoignage de consommateurs de protoxyde d'azote.

  • 9:45OuverteRéponse partielle

    Martine Vassal, après sa défaite au municipal, elle devra céder normalement son siège à la métropole d'Aix-Marseille.

  • 10:34OuverteRéponse partielle

    Les écologistes ont gardé la ville de Lyon. Quels sont les enjeux de cette élection à la métropole ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:59InvitéChiffre
    « Depuis maintenant trois semaines, les prix du carburant augmentent presque chaque jour de quelques centimes. »
  • 2:36InvitéChiffre
    « Les stations des Ardennes affichent pour la plupart des tarifs à plus de 2 euros le litre pour l'essence et le gazole. »
  • 2:50InvitéChiffre
    « La station Esso de Mouzon a déjà perdu 20% de ses clients. »
  • 3:24PrésentateurFait
    « Sébastien Lecornu demande à cette raffinerie qui est la deuxième plus grande du pays d'augmenter rapidement sa capacité de production. »
  • 3:58Locuteur non identifiéChiffre
    « Cette raffinerie qui a été achetée récemment par Nord-Atlantique a effectivement reçu l'ordre d'augmenter ses capacités de 10%. »
  • 7:15Locuteur non identifiéChiffre
    « C'est 50 % de nos importations sur le gasoil et sur le kérosène. »
  • 11:15Locuteur non identifiéChiffre
    « Un budget de 4 milliards contre seulement 1 milliard à la ville de Lyon. »
  • 26:55InvitéFait
    « On regarde ce qu'on appelle les gros rouleurs. »
  • 28:18PrésentateurFait
    « La France n'a plus d'argent. Son budget est à l'aise. »

Temps de parole

  • Présentateur55 %
  • Locuteur non identifié20 %
  • Locuteur non identifié 213 %
  • Locuteur non identifié 36 %
  • Invité2 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. C'est l'heure de notre reportage en région. On reparle des prix du carburant à inquiétude, évidemment, chez les Français. Les prix qui s'envolent, ça commence à peser sérieusement sur le porte-monnaie des automobilistes et pour ne pas exploser son budget essence, quelles sont les solutions pour limiter sa consommation quand on est, comme beaucoup de Français, obligé de prendre sa voiture ? Une des solutions, c'est adapter et adopter une conduite plus économique. On regarde ce reportage de Val-de-Loire TV. Il est signé Gabriel Diaz.

0:36
Invité

Des chiffres qui ne cessent de grimper. Depuis maintenant trois semaines, les prix du carburant augmentent presque chaque jour de quelques centimes. Un surcoût qui, une fois le réservoir rempli, peut rapidement peser sur le portefeuille. Alors pour économiser, chacun a sa solution. Moi, je réduis ma vitesse au maximum et tous les trajets que je peux effectuer en vélo, autour de chez moi, j'utilise le vélo. J'ai opté pour la conduite économique, mais on y fait plus attention, effectivement. Vu le prix actuel du carburant. Cet après-midi-là, parmi les automobilistes rencontrés, un mot revient sur toutes les lèvres. L'éco-conduite. L'éco-conduite, oui, effectivement.

Je fais attention à la façon de rouler un petit peu moins vite, un petit peu moins brutalement pour justement avoir une conduite plus en douceur et qui consomme moins. Alors concrètement, comment adopter l'éco-conduite et réduire sa consommation ? Pour répondre à cette question, retour aux bases avec Boris, moniteur d'auto-école, qui nous explique les bons gestes à adopter. On va essayer d'insister, de faire au maximum de la vitesse constante, d'essayer d'éviter les grosses variations de vitesse. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on ne va pas hésiter à accélérer de manière relativement dynamique si on est arrêté à un feu, par exemple.

Réduire sa consommation, c'est aussi être plus attentif sur la route. On va pouvoir aussi insister sur toutes les notions de distance de sécurité. Si vous avez des distances de sécurité suffisantes, vous allez pouvoir beaucoup plus anticiper le trafic. Enfin, le moyen le plus simple pour limiter sa consommation de carburant reste un entretien régulier du véhicule chez un garagiste.

2:16
Présentateur

Et Clémentine, les hausses des prix du carburant, ça fait la une ce matin de nos quotidiens régionaux, des prix du carburant qui s'envolent. Oui, 27e jour de conflit au Moyen-Orient. Et les prix à la pompe font fuir les automobilistes. Titre ce matin, l'Ardennet, ça va bientôt être plus cher que le Ricard. Ça alarme un automobiliste à la station de Vrignes-au-Bois. Les stations des Ardennes affichent pour la plupart des tarifs à plus de 2 euros le litre pour l'essence et le gazole. Résultat, les automobilistes cherchent la meilleure offre près de chez eux, font aussi des demi-pleins avec l'espoir que les prix redescendent. La station Esso de Mouzon a déjà perdu 20% de ses clients.

Et face à ces hausses, plusieurs pays comme l'Espagne ont décidé de baisser temporairement les taxes sur les carburants. Mais le gouvernement français refuse d'utiliser ce levier pour l'instant. il préfère miser par exemple sur les capacités de raffinage par exemple à Gravenchon en Seine-Maritime. Et justement, on va parler de la raffinerie de Gravenchon puisque vous le dites, face à la hausse des prix de l'énergie, Sébastien Lecornu demande à cette raffinerie qui est la deuxième plus grande du pays d'augmenter rapidement sa capacité de production pour sécuriser l'approvisionnement énergétique du pays. Bonjour Virginie Lutrault, merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes maire sans étiquette de Port Jérôme sur Seine. C'est là où se trouve cette raffinerie de Gravenchon. D'abord un mot, qu'est-ce qu'elle représente cette raffinerie pour votre commune ?

3:43
Locuteur non identifié

L'histoire de la commune tout simplement puisqu'elle s'est installée il y a 100 ans sur le site pour pouvoir raffiner en France. Et à l'époque, il y avait une loi très intelligente qui disait que si vous vouliez vendre votre essence sur le sol français, il fallait raffiner sur le sol français. Et cette raffinerie qui a été achetée récemment par Nord-Atlantique a effectivement reçu l'ordre d'augmenter ses capacités de 10%.

4:05
Présentateur

Vous avez accueilli cette annonce du Premier ministre qui demande donc à la raffinerie de Gravenchon d'augmenter ses capacités de production.

4:13
Locuteur non identifié

Pour nous, c'est une bonne nouvelle. Une bonne nouvelle pour l'emploi local. Vous savez, c'est un territoire qui a organisé la transition et la décarbonation de ces unités industrielles depuis toujours. L'augmentation des capacités qui n'est pas une solution en soi, j'ai envie de dire, qui va permettre de faire baisser le prix de l'essence tel que vous l'évoquiez dans votre reportage précédent. Elle est là pour pouvoir détendre le marché de 2 à 3%. Donc c'est forcément une solution temporaire. Mais ça marque quand même l'intérêt de l'État quant à notre souveraineté industrielle et énergétique. Et pour nous, c'est une bonne nouvelle. Nord-Atlantique vient d'acheter le site.

Il faut savoir que les marges qui vont être dégagées pendant cette crise énergétique et qui nécessitent une augmentation des capacités va permettre aussi au site d'engranger des bénéfices pour pouvoir organiser et continuer sa décarbonation telle qu'il s'était lancé sur l'électrification de certaines unités. Mais aussi sur des sites qui ont été fermés. Je vous rappelle que la chimie de la plateforme a fermé en 2024 et des sites libres d'occupation peuvent être intéressants pour produire demain du carburant d'aviation durable pour produire d'autres produits qui nous permettraient de garantir cette souveraineté. Pour nous, il est hors de question d'opposer aussi l'environnement et l'emploi.

On travaille à une convergence de ces deux priorités et nous sommes vigilants avec la sous-préfecture pour faire en sorte que cette augmentation de capacité ne nuise pas les rejets en termes environnementaux. On ne travaille pas comme en Australie où on enlève à peu près toutes les barrières. Le site est parfaitement conscient qu'il a une responsabilité en la matière. Et pour nous, c'est aussi une bonne nouvelle pour l'écosystème. Vous savez, c'est des entreprises qui travaillent ici d'ingénierie, de tuyauterie, de soudure qui permettent d'entretenir le site et de développer aussi des nouvelles unités sur ce site.

Donc dans tous les cas, pour l'emploi, pour l'environnement, puisque les normes sont très strictes et nous les surveillerons, mais aussi pour la souveraineté industrielle énergétique, c'est une très bonne nouvelle. Ça veut dire que l'État vraiment a pris conscience que cette dépendance de l'énergie fossile était une problématique. Et ce site est aussi une solution pour les énergies de demain.

6:19
Présentateur

Vous parlez des emplois, Virginie Lutreau. Ça veut dire que c'est aussi une bonne nouvelle ? Ça vous rassure ? Ça permet de sécuriser les emplois, cette demande du Premier ministre ?

6:27
Locuteur non identifié

Alors déjà, North Atlantic, qui ne fait pas partie du groupe ExxonMobil, a la nécessité de recruter une centaine de personnes sur le site pour pallier au manque de services support. Donc déjà, ça, c'était pour nous une forme d'indépendance qui nous intéressait. Le deuxième sujet, c'est effectivement l'augmentation de capacité va nécessiter des travaux. D'ailleurs, en ce moment, il y a un arrêt sur les unités Pégase du site qui fabriquait pour l'unité mobile qui a fusionné avec Exxon il y a quelques années. Ça veut dire que c'est les entreprises du coin qui vont travailler sur ce site.

Ça veut dire qu'il va y avoir aussi des embauches opérateurs parce qu'elles vont tourner plus souvent, de manière continue. Pour nous, ce sont des bonnes nouvelles parce que ce savoir-faire industriel, il ne faut pas qu'il quitte le territoire. Il ne faut pas qu'il quitte la France. Il ne faut pas qu'on soit dépendant des pays importateurs. C'est 50 % de nos importations sur le gasoil et sur le kérosène. Demain, ce sont des vrais projets financés pour le carburant d'aviation durable que j'évoquais tout à l'heure. Mais ce sont aussi des partenariats forts avec les unités industrielles que l'on construit sur le territoire, sur le recyclage de plastique moléculaire.

Là aussi, c'est la fin de l'indépendance de l'importation du PET pour l'utilisation et la fabrication du plastique. C'est aussi un site qui a déjà engrangé beaucoup de révolutions industrielles, notamment sur la production d'hydrogène, puisque l'hydrogène est fabriqué ici par Air Liquide pour décarboner complètement le process industriel. Tout cela met en lumière ce site-là pour pouvoir faire en sorte que cette décarbonation soit une réalité.

7:56
Présentateur

Merci beaucoup Virginie Lutroux. Merci d'avoir été avec nous, maire de Port, Jérôme, sur Seine. C'est là où se trouve donc cette raffinerie de Gravenchon. On passe aux autres titres, à la Une de la presse régionale. On en parlait il y a quelques instants avec Julien Lécuyer. C'est la Une de la Voix du Nord qui consacre ce matin une double page. Clémentine, témoignage de consommateurs de protoxyde d'azote. Oui, j'ai peur pour ma génération. C'est la Une ce matin de la Voix du Nord et c'est le témoignage d'une consommatrice qui nous explique avoir commencé à inhaler du protoxyde d'azote alors qu'elle avait 14 ans et depuis elle n'a plus réussi à arrêter.

Elle explique enchaîner les ballons puisque c'est comme ça que ça se consomme plusieurs par jour jusqu'au jour de trop où elle n'arrive plus à arrêter et elle n'arrive plus à se lever et c'est une des conséquences gravissimes de la consommation de protoxyde d'azote, une paralysie des jambes et ce témoignage fait écho aux mesures annoncées par le ministre de l'Intérieur il y a deux jours qui annonçaient la création de trois nouveaux délits sur la consommation et le transport de bonbonnes de protoxyde, des mesures qui sont inscrites dans un projet de loi intitulé Riposte et qui vise à renforcer la réponse de l'État face à plusieurs formes de délinquance.

On reste dans le Haut-de-France mais on va en Picardie. Les maraîchers craignent un coup de froid. Oui, parce que le printemps a été particulièrement doux cette année et un coup de gel est attendu ce matin jusqu'à moins 3. Or, les cerisiers et les pruniers sont déjà temps fleurs et sont particulièrement sensibles à ces coups de froid. Pour y faire face, pardon, excusez-moi, Vincent, dont j'ai oublié le nom de famille et que je vais retrouver à l'instant, Vincent Liénard, pardon, maraîcher à Saint-Gracia, a prévu de déployer 350 bougies par hectare sur ces 3 hectares. C'est pour éviter le gel et lui observe des printemps de plus en plus doux et donc qui mettent en danger ces cultures.

Coup de froid mais politique cette fois. On va dans la métropole d'Aix-Marseille. Martine Vassal, après sa défaite au municipal, elle devra céder normalement son siège à la métropole d'Aix-Marseille. Oui, l'ex-candidate d'Hiverdouette est aussi présidente aujourd'hui de la métropole d'Aix-Marseille, mais plus pour longtemps. Martine Vassal ne se représentera pas. La bataille est donc lancée. Titre ce matin, la Provence. Les nouveaux 238 élus de l'intercommunalité devraient désigner le ou la présidente de la métropole le 7 avril prochain. Et d'ici là, les alliances vont bon train.

Après la victoire de la gauche à Marseille, pour conserver le pouvoir, la droite devra choisir ses alliances, soit avec la gauche, soit avec l'extrême droite. Merci beaucoup, Clémentine. On continue à parler des métropoles. On était sur la métropole d'Aix-Marseille. Autre métropole, c'est celle de Lyon, où on vous retrouve, Mathias Arraes. Bonjour, Mathias. On est ravis de vous retrouver dans cette émission. Alors, les écologistes, ils ont gardé la ville de Lyon. Mathias, mes petits séismes, ils ont largement perdu la métropole au profit du camp de Jean-Michel Lelasse.

10:53
Locuteur non identifié

Oui, c'est un peu une victoire en trompe-l'œil pour les écologistes et Grégory Doucette. Les pouvoirs, les véritables pouvoirs, se trouvent à la métropole. Les compétences, que ce soit la voirie, la circulation, les mobilités, avec, vous le savez, des dossiers épineux, comme celui du méga-tunnel ou encore la création d'un nouveau métro. L'argent aussi se trouve à la métropole. Un budget de 4 milliards contre seulement 1 milliard à la ville de Lyon. La véritable question sous cette future cohabitation qu'on va découvrir ici à Lyon, c'est la gouvernance. Dans le dernier mandat, la droite a beaucoup reproché aux écologistes de gouverner contre les maires.

Mais est-ce que eux-mêmes, l'union de la droite et du centre, pourra gouverner contre sa ville-centre et voire même contre plus de la moitié de sa population, puisqu'on le rappelle, entre Lyon, Villeurbanne, Vanvelin et Vénitieux, c'est plus de la moitié de la population qui habite dans des villes de gauche. La théorie qui domine ces derniers jours, c'est celle de l'immobilisme, tout simplement l'impossibilité de se mettre d'accord sur des gros dossiers. Véronique Sarcelli, qui est la candidate à la présidence pour la droite et le centre, a répondu en disant qu'elle ne laisserait aucun maire sur le bord de la route. Maintenant, c'est à elle de donner des gages dans ce sens.

12:10
Présentateur

Vous l'avez dit, Véronique Sarcelli, c'est la présidente de la droite et du centre pour cette métropole. Est-ce que cette présidence peut lui échapper ? Est-ce qu'il peut y avoir des coups de trafalgar ?

12:21
Locuteur non identifié

Alors effectivement, pendant la campagne, c'était des bruits qui couraient. Il y a Sébastien Michel, le maire d'Écully, qui est un proche de Laurent Wauquiez, Alexandre Vincendez également, maire de Rieux-la-Pape, très proche d'Édouard Philippe. On disait que Véronique Sarcelli, qu'elle ne faisait pas l'unanimité au sein même de son camp. Depuis dimanche soir, toutes ses voix ne s'élèvent plus contre elle. Elle a bien gagné. Elle a remporté 10 circonscriptions sur 14. C'est d'ailleurs elle, dans sa circonscription de l'ouest de Lyon, qui a été le mieux élu. Alors évidemment, on peut toujours avoir une surprise.

Vous savez, le mode de scrutin dans cette métropole, c'est un vote à bulletin secret. D'ailleurs, c'est déjà arrivé dans le passé. Gérard Collomb avait été élu alors qu'il était minoritaire en siège en 2001 et en 2014. La fin du suspense, c'est pour cet après-midi, Ariane.

13:13
Présentateur

– Merci, merci Mathias d'avoir été avec nous, Mathias Arez, pour nous parler des enjeux de cette élection à la métropole. Et vous l'avez dit, élection cet après-midi. On en parlera demain avec François-Noël Buffet, sénateur élu du Rhône, élu à la métropole, qui sera avec nous depuis Lyon. Merci beaucoup Mathias Arez. Et on va revenir sur ces postes municipales, ces enjeux métropolitains et politiques avec vous, Aurore Malval. Merci d'être notre invitée, grand reporter. Marianne, Mikaël Darmon est avec nous comme tous les jeudis. Bonjour Mikaël. Merci également d'être là.

Alors, on a entendu, parce que c'est vrai qu'on a beaucoup évidemment parlé, des municipales, des élections à la tête des villes, mais il y avait aussi des élections à la métropole. Et le cas de Lyon, il est assez typique. Grégory Doucet sauve la ville de Lyon pour les écologistes, mais les écologistes perdent largement la métropole. Ça va compliquer la tâche du maire de Lyon. Tout à fait. En fait, Lyon, c'est une métropole unique en France, parce que c'est la seule structure, la seule métropole qui est élue, dont les conseillers sont élus au suffrage universel direct. Il y avait trois votes à Lyon et non pas deux, comme à Paris ou Marseille.

Et effectivement, la métropole, on l'a vu, ça, c'est pas propre à Lyon, les métropoles ont pris ces dernières années de plus en plus de pouvoir, de plus en plus de compétences. Évidemment, il y a celle des transports qu'on connaît tous, parce que ce serait un petit peu stupide de raisonner un réseau de transport à l'échelle de la commune. Mais les métropoles, elles investissent aussi des politiques sociales, des politiques culturelles. Et en fait, il y a quelque chose, je pense, qui est déterminant. En France, si on veut savoir à quel point un projet est sérieux, c'est quel est son budget.

Et c'est vrai qu'on voit dans les budgets que c'est davantage, d'ailleurs, dans les grandes villes, les métropoles qui ont les clés des cordons de la bourse. Et ça, effectivement, si Grégory Doucet doit affronter une opposition très dure à la métropole, eh bien, ça peut bloquer un certain nombre de projets, un certain nombre de choses dans son programme. Alors après, il y a quand même quelque chose à souligner, c'est que les métropoles, longtemps, ont été des espaces plutôt dépolitisés. Déjà, le fait que leur élection ne soit pas, sauf exception, au suffrage universel direct, c'est aussi des accords entre maires.

Et d'ailleurs, ça a été rappelé par notre collègue tout à l'heure, Gérard Collomb avait réussi, même lorsqu'il n'était pas majoritaire, à gouverner. Parce qu'il avait négocié avec des maires, justement, parfois contre d'autres, de sa couleur politique, pour construire un petit peu cet espace de négociation. Donc ça, c'est particulièrement vrai à l'échelle des métropoles. Donc parfois, on peut assister à des alliances objectives, un petit peu curieuses, à cet échelon-là. – Oui, alors à Lyon, effectivement, la ville sera écologiste, la métropole sera à droite. À Marseille aussi, la ville est à gauche, la métropole devrait rester à droite.

Et ce n'était pas toujours simple entre Benoît Payan et Martine Vasselle.

15:54
Locuteur non identifié

– Non, justement, et c'est pour ça que ces répartitions entre ces assemblées, entre la mairie et la métropole, entre le conseil municipal et le conseil de métropole, qui représentent effectivement l'ensemble des maires de la région, montrent bien à quel point le tissu politique est beaucoup plus fin, beaucoup plus granulé que l'on veut bien à chaque fois le raconter ou le montrer lorsqu'on parle de polarisation, d'étiquette politique, d'ambiance idéologique. On voit bien à quel point c'est beaucoup plus nuancé.

Et ça permet de comprendre aussi à quel point, effectivement, les projections sur le scrutin à venir, puisqu'on est tous maintenant entrés dans la préparation de l'après-présidentiel, les PRE, eh bien, ce point de vue-là montre que ça va être très nuancé.

16:45
Présentateur

– Allez, dans le cap vers la présidentielle, l'après-municipale. On a vu cette semaine les divisions à gauche, les divisions à droite, justement. Alors, ces dernières heures, ça tangue un peu du côté des Républicains. David Lissnard qui a annoncé quitter le parti. Et puis ce matin, quelques cacophonies, divisions autour de la primaire. On a Bruno Retailleau qui dit qu'un candidat macroniste ne pourra pas être élu président de la République, que la primaire est une usine à gaz. On a Gérard Larcher qui dit qu'il faut un candidat unique de la droite et du centre, et ce, en novembre. C'est compliqué. – Oui, c'est compliqué.

C'est intéressant de voir que chacun, avec évidemment des enjeux, des lignes de fracture un petit peu différentes, mais on voit que le PS et LR, qui ne font pas, enfin, qui sortent l'un et l'autre pas tellement asséblis, même si c'est plutôt des bonnes élections municipales, même s'il y a des pertes de part et d'autre, même s'il y a eu des freins. Mais le récit qui est en train d'être fait autour de ces deux partis, c'est ceux des partis qui doivent clarifier leurs lignes, qui doivent justement sortir quelque chose de plus efficace en vue de l'élection présidentielle.

Alors effectivement, Bruno Retailleau, lui, de toute façon, il poursuit un objectif, il s'est déjà déclaré candidat, il veut être le candidat de la droite, possiblement d'ailleurs de cet espace qui irait jusqu'au centre en s'imposant, encore une fois, le récit médiatique, dans les sondages qui iront jusqu'à l'élection. Donc c'est vrai qu'il essaie de pousser cette ligne-là. Gérard Larcher, lui, on voit bien que ce n'est pas quand même Bruno Retailleau son candidat. Lorsqu'il pousse Édouard Philippe, c'est évidemment aussi parce que Bruno Retailleau ne lui apparaît pas comme celui pouvant gagner un second tour aussi face au Rassemblement national.

Et ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, on voit que ces élections municipales, elles ont quand même laissé des traces chez les LR. Et je pense notamment à Nice. Le fait que Bruno Retailleau n'ait pas soutenu dans un premier temps et soutenu quand même tout bout des lèvres en revenant sur cette ambiguïté, le candidat horizon Christian Estrosi, alors qu'il avait d'ailleurs, alors que c'était un accord national entre les deux parties, alors qu'il avait sur sa liste Christian Estrosi la sénatrice LR, Dominique Estrosi-Sassonne, qui était la chef de file d'ailleurs des LR pour cette élection, eh bien on voit bien que ça a laissé plus qu'une petite ambiguïté vite balayée.

C'est véritablement aussi ce désir de clarification. Est-ce que les LR regardent à droite, vers l'extrême droite, ou est-ce qu'ils regardent vers le centre ? Et on va écouter ce que dit Agnès Évren, porte-parole des Républicains, de ce qui est en train de se passer dans son parti. Elle était notre invitée il y a quelques minutes.

19:41
Locuteur non identifié

Bon, ce que je constate, c'est que malheureusement, la droite est rattrapée par le syndrome d'autodestruction. Je crains tout simplement la cacophonie. Je crains tout simplement que le meilleur ennemi de la droite, c'est elle-même, c'est-à-dire le poison de la division.

19:54
Présentateur

La droite est rattrapée par l'autodestruction, Michael ?

19:58
Locuteur non identifié

Elle n'a jamais vraiment quitté. Ça a toujours été, on le sait. Malheureusement, on est obligé de dire, malheureusement, comme nous l'avions dit, comme on le disait depuis des mois, à partir du moment où les municipales seront terminées, on entrera dans une zone de turbulence, parce que tout ce qui est enfermant, tout ce qui est déjà intégré dans les tensions à droite, ne feront que se révéler maintenant au grand jour et maintenant, c'est bas les masques. C'est-à-dire qu'il y a une incapacité de pouvoir s'entendre. Alors, on a beaucoup dit depuis dimanche dernier et au lendemain, ici même d'ailleurs, des municipales, c'était un peu l'école des fans, tout le monde a gagné.

Alors, on va reprendre le même système. Tout le monde est stupide. La droite, la plus bête du monde. La gauche, la plus bête du monde. On se prépare dans le cadre de leur qualité respective à l'élection présidentielle et ça va donner un carnage politique. C'est évident, parce que non seulement ce qu'on entend et ce qu'on voit à droite se passe également du côté du PS, on va certainement l'évoquer, et on voit bien qu'il y a une incapacité à créer de l'intelligence collective, à savoir ce qui va se passer et à aller quand même dans le mur en klaxonnant.

21:09
Présentateur

Donc, ça veut dire qu'à gauche, ça paraît à peu près à qui, qu'il y aura Jean-Luc Mélenchon et au moins un autre candidat. À droite, vous dites aussi, ils n'arriveront pas à se mettre d'accord, les Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, personne ne lâchera.

21:20
Locuteur non identifié

Là, on assiste à un phénomène très étrange, on assiste à la prolifération des désirs de primaires. C'est-à-dire qu'avant, c'était une primaire pour désigner un candidat et maintenant, vous allez avoir plusieurs primaires pour désigner plusieurs candidats et décréter l'unité, mais tout le monde derrière moi. Donc, Xavier Bertrand n'était pas au bureau politique, Laurent Wauquiez non plus, David Lisseterre claque la porte. Bon, pour l'instant, on n'est pas vraiment dans la capacité de pouvoir respecter ou en tout cas s'aligner sur le conseil très avisé de Gérard Larcher, mais qui, malheureusement, à cette heure-là, a l'air d'un peu pieux.

21:57
Présentateur

– Effectivement, on a à la fois aujourd'hui dans les sondages un ticket d'accès au second tour qui est assez bas, c'est-à-dire situé entre 16 et 18 %, et en même temps, trop haut encore pour les candidats putatifs, qu'ils soient d'ailleurs chez les LR ou au sein de l'espace de la social-démocratie élargie. Donc, c'est vrai que pour un Bruno Retailleau et aussi pour, je dirais, ses adversaires, ou en tout cas, ses adversaires locaux au sein des LR, eh bien, tout le monde s'y voit, tout le monde se dit, finalement, la route est encore longue. Est-ce que ça veut dire que ça durera jusqu'au bout ?

Je ne suis pas persuadée, je pense que c'est très long, un an et un peu plus jusqu'à l'élection présidentielle, il peut y avoir encore beaucoup de surprises, beaucoup de négociations, et peut-être un principe de responsabilité qui prévaudra à la fin, où certains se désisteront, certains le disent d'ailleurs quand même, un petit peu en off, en disant, bon, un tel, s'il voit que sa candidature ne prend pas, eh bien, il se rangera derrière. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, comme tout semble ouvert, eh bien, on assiste à cette course des petits chevaux à l'intérieur des écuries.

– Ça sera le cas aussi à gauche, on le voit, c'est compliqué au PS pour Olivier Faure avec Boris Vallaud, patron des députés socialistes qui menacent de partir. Est-ce que c'est un peu paradoxal ? Parce que l'ELR et l'EPS, ce sont quand même les deux partis qui remportent ces municipales, qui ont en tout cas le plus d'élus locaux, et finalement, ce sont les deux qui se fracturent le plus post-municipales.

23:28
Locuteur non identifié

– Oui, parce qu'une fois de plus, les scrutins ne se ressemblent pas, et que la capacité de pouvoir organiser un pouvoir local ne dit rien de la capacité de pouvoir conquérir le sommet de la Ve République. C'est absolument différent, parce qu'il s'agit de personnalité, il s'agit d'incarnation. C'est une personne qui, finalement, s'installera dans le bureau de l'Elysée, et pas deux. On peut bien voir les évolutions putatives sur les tickets, mais une personne aura le bouton nucléaire, pas deux. Donc, de ce point de vue-là, oui, bien sûr, ça fait en sorte que tout le monde est dans cette espèce d'émulsion et d'effervescence.

24:08
Présentateur

– Mais est-ce que, par exemple, à gauche, Michael, un Olivier Faure peut encore être candidat à la présidentielle pour l'EPS après ce qu'il s'est passé autour des alliances PS-La France-Internet ?

24:16
Locuteur non identifié

– Mais il va tenter de l'être, parce que, pour lui, il considère qu'il détient une forme de vérité. Il a encore su répondre à tous ses opposants et ses détracteurs lors de la réunion au Parti Socialiste où il a été mis en minorité. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle il n'a pas voulu mettre ce texte au vote parce qu'il aurait été minoritaire, parce que les alliances, les mêmes alliances ont été dénoncées. Je retiens, parmi tous ceux qui se sont exprimés, la personne qui m'a le plus impressionné, on l'évoquait déjà dès le lendemain des élections municipales, c'est Catherine Trottmann qui a adressé une leçon ces jours-ci dans la presse à Olivier Faure, magistrale.

24:54
Présentateur

– La nouvelle maire de Strasbourg.

24:55
Locuteur non identifié

– La nouvelle maire de Strasbourg, revenu, donc, effectivement, à la mairie après l'avoir dirigée il y a 20 ans et avec toute sa... – Qui a été fustigée par Olivier Faure d'un coup de tour pour avoir passé un accord avec Corée. – Et qui dénonce, effectivement, des alliances qui sont avec un parti qui, de toute façon, naît et qui est une petite réalité. le LFI, c'est l'impressario du RN. Et de ce point de vue-là, elle a absolument raison et les événements, malheureusement, j'espère, n'ont pas le prouvé.

25:25
Présentateur

– Oui, alors c'est vrai qu'on voit quand même au PS cette révolte anti-Fort, notamment des courants, alors évidemment celui de Nicolas Maillard-Rossignol, qui est le plus à droite du PS, qui est un opposant, je dirais, de longue date d'Olivier Faure. Pour Boris Vallaud, je trouve qu'il y a quand même quelque chose de très politicien, parce que finalement, des maires faisant partie du mouvement, du courant de Boris Vallaud, ont passé des accords techniques avec la France insoumise. Je pense notamment au maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi.

Donc c'est vrai qu'aller reprocher cette tactique très solférinienne, effectivement, d'Olivier Faure, tout en en ayant bénéficié et en n'ayant pas barré la route à ces accords, c'est vraiment de la pure politique.

26:10
Locuteur non identifié

– Absolument, là vous avez entièrement raison, c'est l'hypocrisie. Mais juste, quand ça s'est bien passé, c'était la gauche plurielle de Lionel Jospin. Et regardez comment ça s'est terminé, 21 avril, parce que Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement ont maintenu leur candidature.

26:26
Présentateur

– Le son médité, c'est ce que vous dites. – Allez, Lucille, on va passer à l'autre actualité du jour et c'est l'inquiétude. L'inquiétude face à la hausse des prix du carburant. Sébastien Lecornu était hier devant le Parlement. Pas de politique du chèque, elle est inefficace, selon le Premier ministre. Mais ce matin, le ministre de l'Économie a fait des annonces rôlant les sures sur des mesures ciblées dans les prochains jours. On l'écoute.

26:49
Invité

– Dans les tout prochains jours, on sera en mesure d'annoncer des mesures nouvelles. Mais on a déjà fait des choses. – Pour qui ? – On regarde ce qu'on appelle les gros rouleurs. Mais on va le faire, là encore, de manière ciblée. un, pour éviter de gâcher de l'argent que demain, il faudra retrouver, rembourser. Et deux, en intégrant ce qu'on a déjà fait. – C'est qui les gros rouleurs ? – C'est exactement ce qu'on est en train de regarder. Je ne peux pas vous faire les annonces qu'on fera dans les tout prochains jours. – C'est quand les prochains jours ? – Les tout prochains jours.

27:12
Présentateur

– Voilà, annonce dans les prochains jours, il y a un teasing, il y a un suspens sur ces annonces. Mais Aurore, est-ce que politiquement, le gouvernement se retrouve un peu coincé ? Il y a des inquiétudes chez les Français, il y a des attentes chez les Français face à la hausse des prix du carburant. Et puis, budgétairement parlant, compliqué de faire la politique du chèque. Il se retrouve un peu sur une ligne de crête, Sébastien Lecornu ? – Je dirais même, oui, coincé, c'est la bonne expression. Ils sont complètement coincés. D'ailleurs, là, on voit bien dans l'interview, si on avait une question à poser à Roland Lescure, il ne fallait pas lui demander, en fait.

Et c'est vrai qu'on a eu une communication, au début, très offensive. Roland Lescure qui parle de choc pétrolier. Et en fait, on a vu ensuite, tout de suite après, ce rétro-pédalage et qui, pour moi, est totalement lié au fait qu'on n'a rien à mettre en face. C'est-à-dire qu'on peut dramatiser l'enjeu ou en tout cas, est-ce que c'est dramatisé ou est-ce que c'est finalement être lucide sur la situation, mais il n'y a pas de mesure d'ampleur, en tout cas, il n'y a pas de mesure qui est programmée à la hauteur de la communication qui a, dans un premier temps, été déployée. Et effectivement, vous l'avez dit, la France n'a plus d'argent. Son budget est à l'aise.

D'ailleurs, si jamais le budget, si une loi de finances rectificative était votée, il y a potentiellement un risque qu'elle dépasse l'objectif, justement, des 5% de PIB, réclamé d'ailleurs par l'Europe, et dont nos voisins allemands sont extrêmement soucieux. Donc, c'est quelque chose que le gouvernement veut veiller à respecter. Et donc, il se retrouve totalement bloqué. Le bouclier tarifaire avait quand même coûté extrêmement cher à l'État et surtout a eu un effet assez pervers. C'est-à-dire qu'on a du mal, lorsqu'on ouvre comme ça un roubinet des aides, lorsqu'on fait cette politique du chèque, on a du mal à les couper.

Donc, ce sont des dispositifs qui, finalement, se prolongent beaucoup plus longtemps que la période où ils sont censés durer, parce qu'effectivement, il y a de l'inflation, parce que la vie paraît, enfin, paraît, même pas paraît, la vie est toujours plus chère pour les Français. Et donc, c'est très difficile de revenir en arrière. Donc là, effectivement, le gouvernement est un petit peu dans une impasse. Il va falloir quand même qu'il trouve autre chose que de la communication, surtout quand il est anxiogène. Et puis, il y a l'inquiétude des Français. Il y a aussi l'opposition qui réclame des mesures et certains, le Rassemblement national, qui parle d'un État profiteur de crise.

Est-ce que ça, ça va nuire à Sébastien Lecornu, à son gouvernement ?

29:35
Locuteur non identifié

Non, il n'y a pas besoin de ça. Il y a déjà beaucoup d'ennuis. Ce n'est pas la phrase un peu classique et démagogique du RN qui va l'embêter plus que ça. Le gouvernement est déjà bien ennuyé. Moi, je reviens, au fond, à ce qu'a dit au mot du ministre Lescure. Il y a comme une sorte de vibration particulière dans ce fauteuil de ministre de l'Économie, dès qu'on parle des géopolitiques, on dit des bêtises. Il faut se souvenir de Bruno Le Maire qui avait dit à ce même poste, il faut mener une guerre totale à la Russie pour rétropédaler trois heures plus tard. Et c'était la même mécanique. La phrase forte, l'onde de choc, trois heures plus tard, je regrette, je n'aurais pas dû dire ça.

Et le lendemain, une matinale pour dire, non seulement j'ai fait une erreur, mais enfin bon, j'ai quand même des choses très importantes à vous dire. C'est sidérant, mais ça veut bien effectivement dire, je suis d'accord, qu'il n'y a rien d'autre. Et qu'au lieu de dire, on ne va rien faire, on ne peut rien faire, parce que la situation budgétaire étant ce qu'elle est, on invente des discours, des propos pour exister dans les médias. Bon, il est temps qu'effectivement, une forme de lucidité revienne, mais là aussi, ça paraît être pour l'ordre de la science-fiction.

30:46
Présentateur

Oui, discours plus clair chez Édouard Philippe. Il était au 20h de France 2 cette semaine. Il a dit clairement, si on avait fait des économies, si on s'était attaqué plutôt au déficit, on aurait pu aider les Français. Là, on ne peut pas. Oui, après, c'est toujours facile d'être à l'extérieur et de faire l'inspecteur des travaux finis. Que n'était-il là pour justement négocier le budget avec son groupe en ce sens ? Je crois que certains députés, les députés en tout cas à Horizon, n'ont pas censuré le gouvernement, jugeant que c'était un mauvais budget et qu'on ne faisait pas les économies là où il fallait. Donc, oui, évidemment.

Après, à la décharge du gouvernement, cette crise et le fait qu'elle soit aussi violente et aussi forte n'étaient pas forcément anticipables. C'est-à-dire que personne ne l'avait vu venir. Même d'ailleurs, il y a quelques semaines encore, au début de cette guerre, on parlait des augmentations légères sur le prix du pétrole. Plus important, d'ailleurs, on pensait sur le prix du gaz, qui était tout de suite une ressource, en tout cas moins équitablement répartie, pensait-on, et qui aurait un impact plus fort sur la flambée des prix directement. On nous disait que le pétrole, finalement, on pourrait gérer les flux, notamment avec le Venezuela, etc.

Il se trouve que Donald Trump lui-même, le grand Donald Trump qui avait toujours tout anticipé, dit qu'il a été surpris. Donc, c'est difficile d'en vouloir au gouvernement et à Roland-les-Cur de ne pas avoir vu ça venir. Mais c'est vrai que face à cette crise qui doit durer, eh bien, il va falloir qu'il se passe quelque chose. – L'inaction, l'immobilisme, ce n'est pas possible ? Ça va être mal perçu par les Français ?

32:17
Locuteur non identifié

– Ça l'est déjà mal perçu. Il suffit de voir, je dirais, la cartographie politique qui ressort de ces élections municipales. Vous avez quand même une France, dites des sous-préfectures, des villes moyennes, qui se sentent abandonnées, loin des dispositifs, pas intégrées dans la mondialisation, dans l'ensemble, je dirais, de tout l'écosystème contemporain qui a clairement, soit s'est maintenu du côté de la droite, soit a basculé du côté du RN, parce que, justement, il y a un vote de colère. Donc, oui, les Français perçoivent, bien évidemment, mal cette situation. Mais, je dirais, ça vient rajouter de la crise à la crise.

Peut-être qu'en ce moment, ce qui se passe au Moyen-Orient joue un peu le même rôle qu'a joué la guerre d'Ukraine en 2022 dans la campagne présidentielle, alors qu'elle était beaucoup plus engagée. Donc, il est clair que c'est en train de rebattre les cartes et de faire en sorte qu'effectivement, il y ait des positionnements qui soient peut-être plus entendus que d'autres.

33:22
Présentateur

Merci beaucoup. Annonce dans les prochains jours. On est transis. Voilà, de la force du gouvernement. Merci beaucoup, Mickaël Darmon. Merci encore, Malval, d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. L'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.