L'interview de Stanislas Guerini en intégralité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05RelanceRéponse directe
Est-ce que vous appartenez ce soir à un gouvernement empêché ?
- 0:26RelanceRéponse directe
Citation d'Elisabeth Borne sur la loi immigration : « si on y va maintenant, on va dans le mur ».
- 0:53RelanceRéponse directe
Pourquoi est-ce que vous n'auriez pas de majorité à l'automne ?
- 1:45RelanceRéponse directe
Pourquoi est-ce que vous en auriez une à l'automne ?
- 3:15OuverteRéponse partielle
La plupart des sujets égrenés par Elisabeth Borne étaient déjà connus.
- 3:32RelanceRéponse directe
Pourquoi Emmanuel Macron n'a jamais réussi à avoir un projet clair sur l'immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Invité politiqueFait
« J'appartiens à un gouvernement qui veut avancer, qui veut avancer avec ses et ceux de bonne volonté, à qui on tend la main, très clairement. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Je pense qu'on appréhende cette question de façon trop idéologisée, en en faisant un totem. »
- 4:13Invité politiqueFait
« Je crois qu'en matière d'immigration, on peut faire du en même temps. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Le en même temps, c'est d'assumer un équilibre entre un enjeu de protection, un enjeu régalien, et puis un enjeu d'intégration. »
- 7:41Invité politiqueChiffre
« Avoir baissé les impôts comme jamais dans la Ve République. »
- 7:48Invité politiqueFait
« Avoir recréé des emplois industriels pour la première fois depuis 20 ans dans notre pays. »
- 8:00Invité politiqueFait
« Les extrêmes ont reculé. »
- 18:44Invité politiqueFait
« Nous sommes le pays le plus attractif d'Europe pour réinvestir. »
- 20:12Invité politiqueFait
« Nous avons adopté un décret qui va faire qu'au 1er mai, on va augmenter les salaires minimums dans la fonction publique. »
- 20:29Invité politiqueChiffre
« C'est 420 millions d'euros pour cette année, pour les traversants de la fonction publique. »
Temps de parole
- Invité politique56 %
- Invité22 %
- Présentateur6 %
- Invité 26 %
- Invité 35 %
- Invité 45 %
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Bonsoir Stanislas Guérini. – Bonsoir. – Merci d'être avec nos ministres de la Transformation et de la Fonction publique. Est-ce que vous appartenez ce soir à un gouvernement empêché ? – Non. – Ou simplement empêché ?
– Non, j'appartiens à un gouvernement qui veut avancer, qui veut avancer avec ses et ceux de bonne volonté, à qui on tend la main, très clairement, et je crois que ça ressortait beaucoup de l'intervention de la Première ministre. On a envie de trouver des majorités, on a envie de bâtir des accords, on a envie de régler des problèmes concrets de la vie des Français.
– Je cite Elisabeth Borne sur la loi immigration, citation reprise ce soir par le Parisien, « si on y va maintenant, on va dans le mur ». Ça devait être la grande loi dans les prochaines semaines, cette loi sur l'immigration.
– Je crois que c'est une citation qui ne faisait pas partie de son intervention.
– Non, non, non, absolument, ça n'a pas été dit en direct sur la télé, c'est ce qu'elle dit d'après le Parisien, ses collaborateurs, juste avant ou juste après son discours. « Si on y va maintenant, on va dans le mur ». Ça devait être la grande loi, la loi sur l'immigration, vous ne pouvez pas la faire.
– C'est annoncé il y a trois jours par le Président. – Oui, c'est ça. – Par soi, il y a trois jours par le Parisien.
– La grande loi, c'est une loi qui est utile, qui est je crois nécessaire, je parle des vrais problèmes de la vie des Français, ils nous attendent sur ces sujets-là, régalien, de protéger les Français, la question de l'immigration est importante. On a bâti un projet de loi, il a été présenté, il a été présenté au Sénat, il a été bâti par Gérald Darmanin, par Olivier Dussot, c'est un projet de loi qui est équilibré, qui veut à la fois mieux protéger les frontières, faire en sorte que les règles s'appliquent, notamment sur la reconduite, et qui veut aussi mieux intégrer celles et ceux qui, par exemple, travaillent dans notre pays.
Mais le constat qui a été fait, c'est que pour l'instant, il n'y a pas de majorité autour de ce texte. Et donc, nous, notre ligne de conduite, et la Première Ministre l'a très bien dit, c'est de l'efficacité. On veut une loi qui trouve une majorité au Parlement et qui puisse être appliquée. Et le constat qu'on a fait pour l'instant,
c'est que si vous n'avez pas de majorité aujourd'hui, pourquoi est-ce que vous en auriez une à l'automne ?
Parce que c'est ce qu'ont indiqué notamment les responsables des Républicains. Et je crois que la Première Ministre, elle était très transparente en présentant les choses. Elle a dit les choses, elle a échangé, puisque c'est la feuille de route que lui a confiée le président de la République avec les différents responsables politiques. Et elle a fait le constat qu'à ce jour, c'est ce qu'ont indiqué Gérard Larcher, les responsables des Républicains, il n'y avait pas de majorité. Alors on va continuer à essayer d'en trouver une, à la construire.
Et puis en tout état de cause, parce que cette loi est utile et nécessaire pour notre pays, je ne sais pas si c'est la grande loi, mais c'est une loi utile parmi d'autres priorités, eh bien on légiférera sur cette question à l'automne. Je crois que ça me semble assez sage, aujourd'hui, dans un moment de reculer, de l'angle de bois, on vient de traverser une période qui a été une période de conflit social, difficile pour tout le monde. Et donc c'est normal qu'on cherche à prioriser sur des sujets sur lesquels on peut rapidement trouver des majorités et surtout, surtout, avancer de façon très concrète.
Moi je crois que c'est ça qui ressort de l'intervention de la Première Ministre, c'est ça qui nous mobilise tous, les uns et les autres, traiter des questions qui sont dans la vie des Français, est-ce qu'on est capable de mettre un professeur motivé, bien payé devant des élèves, traiter la question du remplacement. Je participais avec le Président de la République tout à l'heure à une commission nationale sur le handicap, rembourser les chaises roulantes, investir pour l'accessibilité des bâtiments du numérique. Tout ça sont des vrais sujets de la vie des Français. Et bien voilà notre feuille de route.
Les sujets de la semaine de la feuille de route. La plupart des sujets égrenés par Elisabeth Borne étaient déjà connus. En réalité, il n'y avait pas d'annonce concrète et solante et trébuchante, notamment sur le pouvoir d'achat où on renvoie un peu chacun ses responsabilités. L'immigration, c'est quand même intéressant parce que depuis 2017, Emmanuel Macron n'a jamais réussi en fait à avoir un projet sur l'immigration qui soit clair. Pourquoi ? Parce qu'en même temps, sur l'immigration, qui est un sujet éminemment idéologique, ça ne peut pas fonctionner. C'est-à-dire que soit vous êtes avec la droite et vous avez un texte qui sera très dur.
Et d'ailleurs, les LR, vous allez dire humiliation suprême, vont proposer leur texte et d'une certaine façon, vont demander au gouvernement de se rallier à leur position. Et de l'autre côté, vous n'aurez pas la gauche. C'est-à-dire que le en même temps, sur l'immigration, ça ne peut pas fonctionner.
Moi, je suis... Pardon de vous le dire, je suis souvent d'accord avec vos analyses. Je suis en total désaccord avec ce que vous dites. Au moins sur deux points. Je pense qu'on appréhende cette question de façon trop idéologisée, en en faisant un totem. Je crois que ce que les Français attendent, c'est de régler les problèmes. C'est d'agir de façon extrêmement pragmatique. Et moi, au contraire, je crois qu'en matière d'immigration, on peut faire du en même temps. Et le en même temps, ce n'est pas de la gaudille sur des ambiguïtés. Le en même temps, c'est d'assumer un équilibre entre un enjeu de protection, un enjeu régalien, et puis un enjeu d'intégration.
Moi, je n'ai pas de mal à vous dire ça. Je viens de la gauche. Et je crois qu'on serait décalés. La gauche a été trop souvent, trop longtemps décalée sur les questions d'immigration parce qu'elle n'osait pas appréhender ces questions-là. Et à chaque fois qu'elle a fermé les yeux sur des réalités, elle a été battue. On l'a vu dans l'autre pays européen. Et j'ajoute un dernier point.
Plus à droite, plus à droite, plus à gauche.
C'est qu'à chaque fois que nous avons légiféré sur la question de l'immigration, à chaque fois, puisque nous l'avons fait dans le précédent quinquennat, on nous a toujours annoncé l'explosion de notre majorité, que le groupe allait se diviser. Ça n'est jamais arrivé. Parce qu'à chaque fois, nous avons trouvé les points décidés. Mais nous cherchons à bâtir. Il ne vous a pas échappé que nous sommes en majorité relative. C'est la nouvelle donne. On a quand même l'impression,
M. Guérini, qu'on atteint là les limites du macronisme et de ce discours qui, à mon sens, est quand même un peu hypocrite, pardon de vous le dire, qui consiste à dire que, finalement, on met les gens pragmatiques et raisonnables ensemble et puis on essaye de faire des choses bien. Vous dites que vous venez de la gauche. Vous venez défendre une loi ou en tout cas l'idée de cette loi sur l'immigration, qui ne sera évidemment pas une loi de gauche, de la même manière que cette réforme... Je ne sais pas ce que ça veut dire une loi de gauche sur l'immigration. Je vais vous répondre dans un instant. De la même manière que cette réforme des retraites n'était évidemment pas une réforme de gauche.
Il n'y avait que du sopte. M. Dussopt, pour penser ça, tout le monde a bien vu que c'était une réforme de droite. Même moi, j'ai défendu cette réforme. C'était évidemment... C'est un marqueur, c'est une réforme de droite. Je vous regarde de temps en temps. Je comprends ça. Et donc, mais bon, j'étais isolé à la défendre. Mais c'est dire... Et Rotaillot la défendait aussi. Et vous avez été chercher chez Ciotti des mesures sociales pour rendre votre réforme sociale. C'est dire si elle était de gauche. Sur l'immigration, ça va évidemment être une réforme de droite.
Vous allez vous retrouver avec une majorité, avec des gens soi-disant de gauche qui vont se mettre à expliquer qu'il faut durcir les conditions d'accueil, etc. Et moi, je trouve que, au fond, il n'y a plus de crédibilité dans ce que vous dites. Je finis par là. Oui, je ne vois pas très bien où vous voulez en venir, en fait. Regardez, c'est votre gouvernement, soit disant de droite et de gauche, soit disant humaniste, soit disant pragmatique, qui brutalise les migrants à Calais, par exemple. Et tout le monde a vu les images. Et moi, si j'étais de gauche en défense des luttes, excusez-moi, mais j'aurais démissionné de ce gouvernement en voyant ces images-là.
C'est vous aussi qui avez rallongé les durées de rétention possibles des étrangers dans les centres de rétention administratives. ce n'est pas exactement une mesure de gauche. Donc, je ne comprends pas. Est-ce qu'à un moment donné, vous ne vous dites pas est-ce que mes convictions ne sont au fond pas plus importantes que cette espèce de cirque que le président nous force à jouer pour continuer un peu à manipuler des foules qui, en fait, ont envie maintenant de vrais clivages politiques. Je crois que c'est ça quand même qui ressort aussi beaucoup. Ils ont envie de revenir à des vraies convictions fortes et pas à des numéros de claquettes. Vous savez, vous parlez
de numéros de claquettes, je serais peut-être gêné pour vous répondre si depuis 6 ans, derrière le président de la République, on n'avait pas obtenu des résultats. Avoir baissé les impôts comme jamais dans la Ve République, je ne sais pas si c'est droit tout de gauche, mais je crois que c'était attendu par les Français. Avoir recréé des emplois industriels pour la première fois depuis 20 ans dans notre pays, je ne sais pas si c'est droit tout de gauche, mais je crois que ça crée de la richesse, ça règle des problèmes et ça fait reculer des extrêmes dans notre pays. Avoir fait baisser... Les extrêmes ont reculé.
À chaque fois qu'on réouvre une usine, à chaque fois qu'on apporte des solutions, oui, je crois... Marine Le Pen baisse des extrêmes. Moi, je suis derrière un président de la République qui l'a battu deux fois, Marine Le Pen. Donc, les leçons, vous pouvez les garder. Vous avez été candidat à une... Il y a 88 députés. Vous avez soutenu une candidat qui fait 5% à son présidentiel. Moi, je me suis engagé derrière un président de la République qui a battu deux fois Marine Le Pen. Je poursuis parce que je ne vous ai pas interrompu.
Vous savez, je crois que quand on baisse le chômage, comme jamais depuis des décennies, je ne sais pas si c'est de droite ou de gauche, mais je crois que c'est attendu par nos concitoyens. Il y a, dans cette élection présidentielle, des messages assez clairs, assez transpartisants, ne vous en déplaise, qui ont été portés par les Français. Faire en sorte que le travail paye. Protéger les Français. C'est la question régulière, c'est la question des services publics aussi. Peut-être qu'on pourra en parler. Accélérer sur la transition écologique. Je ne sais pas si tout ça s'est porté par les électeurs de gauche ou de droite.
Aucun service public ne s'est amélioré pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Si vous voulez
retrouver les clivages,
la meilleure démonstration, regardez l'Assemblée nationale que les Français ont produit par leur choix, par leur vote. Vos anciens clivages, ils ont totalement disparu. Le parti que vous soutenez, il a totalement disparu.
Au bénéfice de 89 députés rassemblement national. D'abord,
pardon de le rappeler.
89 députés rassemblement national, c'est historique, M. Guérin. Je le vis plus souvent
que vous. Mais le président de la République, c'est le constat que je fais, il a été réélu. Il a été réélu avec un premier tour où il a fait plus de voix et plus de pourcentage que le premier tour de 2017. Ça, c'est une réalité que beaucoup ne veulent plus voir par fantasme, par envie de voir. Est-ce que ça vous arrange ? Il faut qu'on avance un peu. La démocratie, il faut qu'on avance la géographie, c'est pas une fois tous les cinq ans. Il apporte des réponses et des solutions aux Français. Le reste, c'est de la littérature. Aujourd'hui, par un mot aujourd'hui,
les Charles, par un mot aujourd'hui sur les retraites dans le discours d'Elisabeth Borne. Pourtant, les opposants, l'opposition sont toujours là. Manifestation prévue le 1er mai, évidemment, ce sera lundi. Grosse manif prévue. Pauline Simonnet, d'après les services de renseignement.
Effectivement, on a eu les premières prévisions de ces services de renseignement territoriaux et il prévoit une mobilisation historique et une participation quasiment vengeresse. Ce sont les mots qui sont utilisés par les renseignements. La participation, on va voir en chiffres, elle est estimée entre 80 000 et 100 000 personnes qui sont attendues à Paris. C'est parmi les prévisions les plus hautes depuis le début de la mobilisation, dont 1 500 à 3 000 gilets jaunes et 1 000 à 2 000 éléments à risque.
Une journée marquée par une mobilisation historique selon les renseignements au vu de ces organisations syndicales qui sont toujours aussi unies et déterminées et en raison du climat social tendu et propice à une mobilisation significative, la mouvance contestataire radicale dans son ensemble devrait être déterminée et offensive. Donc, il y a vraiment les renseignements qui prévoient une journée sans précédent. C'est encore un mot qu'ils utilisent. La contestation contre le gouvernement devrait être sans précédent. et cette conclusion est intéressante. Il n'est donc loin d'être certain que cette contestation marque un essoufflement de la mobilisation.
Est-ce que vous êtes inquiet, Stanislas Guérini, de voir que ce 1er mai pourrait faire renaître cette mobilisation ?
Inquiet, non, respectueux, oui. Moi, j'ai toujours été respectueux de la mobilisation quand elle était encadrée et ça a été le cas à chaque grande journée de mobilisation par les organisations syndicales. Les organisations syndicales sont claires. Ils ont annoncé que ce 1er mai, ça serait une journée de très forte mobilisation, que l'intersyndicale serait unie. Moi, je respecte totalement ça.
Oui, mais vous parliez plutôt sur un essoufflement de cette mobilisation. Est-ce que là, vous êtes conscient que le 1er mai pourrait avoir un regain de cette mobilisation ?
Mon rôle, ce n'est pas d'avoir une boule de cristal et de faire le commentaire de ce que sera la semaine prochaine la mobilisation syndicale. C'est les renseignements territoriaux qui le disent,
ce n'est pas la boule de cristal.
Sans boule de cristal, on peut imaginer qu'il y ait une mobilisation forte parce que les organisations syndicales jouent leur rôle, appellent à la manifestation et tout ça, c'est dans la vie démocratique. C'est dans la vie démocratique. Et je préfère éminemment qu'il y ait un mouvement populaire qui dise son opposition à la réforme des retraites. C'est leur légitimité, c'est leur droit évident. – Mais en quoi ça changerait votre position ? – Ce qu'on a vu ces derniers jours, c'est-à-dire des coupures d'électricité, c'est-à-dire empêcher parfois le dialogue. Je crois que ça, c'est sain dans notre démocratie. – C'est sain,
mais ils ne seront pas écoutés, ces manifestants.
– Nous, on a envie effectivement d'avancer. Et je rencontre, j'étais sur le terrain hier, dans l'Hérault, beaucoup de Français qui ont envie que notre pays puisse avancer. Et des gens qui étaient contre la réforme des retraites. – Et qui le sont toujours. – Et qui le sont toujours. – Et qui nous ont dit, mais moi, je n'ai pas la réforme honteuse. Je crois que c'était une réforme qui est utile pour notre pays parce qu'elle va permettre de créer de la richesse, parce qu'elle va permettre de réinvestir dans nos services publics. Mais il faut qu'on puisse maintenant avancer avec celles et ceux qui veulent avancer. – On ne va pas faire le débat sur la réforme.
– Mais je ne le refais pas sur les sujets d'un mot très important, la question du pouvoir d'achat. C'est une question que notre Premier ministre n'a pas éludée sur les négociations qui devront avoir lieu dans les branches. Je le dis en tant qu'employeur public, j'ai appelé les organisations syndicales à ce que, de façon respectueuse, probablement après le 1er mai, on puisse se mettre à tard. – On va en reparler dans une seconde. – On va en reparler dans une seconde parce qu'elles vous mettent la pression ce soir. – Les vrais sujets qui sont les sujets
sur lesquels nous considérons la pression ce soir, Stalislas Guérini. On va en reparler dans une seconde, Pablo.
– En fait, je trouve ça assez extraordinaire tout ce que vous dites depuis tout à l'heure parce que là, vous êtes en train de nous dire que le 1er mai prochain, peu importe s'il y a 1, 2, 3, 4, 5, 10 millions de gens dans la rue. De toutes les façons, vous avez déjà dit voilà, c'est tout à fait respectable, c'est le débat démocratique, etc. Mais globalement, vous n'en aurez rien à fiche. Vous nous expliquez que depuis 6 ans, tout ce que vous faites c'est absolument génial. Vous avez baissé les impôts, les Français sont très contents. D'ailleurs, ils vous ont réélu en dynamique par rapport à 2017.
En fait, votre surdité absolue à ce qu'il se passe dans la société, à la fois dans le peuple, c'est-à-dire dans les gens qui manifestent, dans les gens qui ne sont pas contents, dans les gens qui sont en colère. Mais aussi, à travers tous les indicateurs, je veux dire, il y a très peu aujourd'hui de commentateurs, d'analystes, de politistes, d'universitaires, enfin tous les gens qui avant étaient autour de vous, les Rosanvallon et compagnie, il y a très peu de gens qui disent c'est super, la démocratie va très bien en ce moment.
Et là, vous êtes en train de nous dire, vous rajoutez une couche en disant la loi retraite, elle était hyper nécessaire, la loi immigration, elle est absolument géniale, c'est juste qu'on va encore prendre 6 mois pour essayer de convaincre les gens. Vous l'avez déjà essayé de le faire avec la réforme de retraite, vous n'avez même pas pu la voter, la loi. Vous l'avez adoptée, ça j'en conviens tout à fait, mais vous n'avez pas réussi à la voter. Est-ce que vous pensez qu'en 6 mois, vous avez changé ?
Au Parlement. Moi, je suis quand même frappé, pardon de vous le dire, mais parfois d'avoir le sentiment, et plus j'avance dans la vie politique, plus c'est mon sentiment qu'il y a un peu de monde. Il y a un monde des plateaux de télévision où on commente le commentateur et on est en boucle là-dessus. Et puis, ce n'est pas tout le temps sympa. On a des échanges. Il y avait des autres présents
qui étaient sur le plateau et qui renvoyaient un discours qui était ancré dans la réalité. Il était extrêmement critique. Si vous me laissez venir,
je ne suis pas en train de dire quelque chose de différent. Ce que je veux dire, c'est que quand on échange, on a des problèmes de désaccord. Moi, je les respecte. Vous ne m'avez jamais entendu être dédaigneux de ça ou arrogant sur ces questions-là. J'ai des convictions. On a le droit d'avoir des désaccords dans la vie démocratique. On a y compris le droit de proposer au vote des réformes qui ne sont pas majoritaires dans le pays quand on pense qu'elles sont nécessaires. Et quand il y a eu le suffrage qui est passé, tout ça, ça a de la valeur.
Je pense qu'aujourd'hui, il y a un jeu un peu dangereux à considérer qu'au fond, l'élection, ça n'a pas de valeur, que ce qui a été dit n'a pas de valeur pendant l'élection. Moi, je pense qu'il faut avancer sur les sujets de préoccupation. Hier, j'étais sur le terrain, j'étais dans l'Hérault. J'ai eu plus de sollicitations sur des questions de pouvoir d'achat, sur des questions parfois de conditions de travail. J'ai croisé des fonctionnaires qui m'ont interrogé sur cette question-là que de refaire le temps de la réforme des retraites. Et je peux vous dire une chose, parce que vous avez mentionné les casseroles. J'ai croisé 30 personnes qui avaient des casseroles hier. Des centaines de gens.
Et je ne vous dis pas que je n'ai croisé que les gens qui étaient contents et qui nous ont félicités. Il y en a qui nous ont dit d'avancer. Mais il y en a qui étaient aussi en désaccord. Mais eux, ils n'avaient pas de casseroles. Et ils étaient bien plus nombreux que ceux qui avaient des casseroles.
Je peux vous garantir. Les gens, moi, je n'ai pas de sympathie particulière pour ces casseroles. Mais en même temps, les ministres n'annoncent plus vraiment leurs déplacements. Ils sont obligés de les annoncer.
Vous semblez trouver
un peu goût quand même. Je vois votre sourire. Non, je souris, si vous voulez, parce que vous avez quand même infligé aux Français une forme. Je crois que même vous, maintenant, vous le reconnaissez. Je vois les deux éléments de langage ce soir. C'est on avance et on est humble. Donc on a bien compris une certaine arrogance. Et donc je pense, moi, qu'il est sain que le débat revienne. Je n'ai pas aimé, si vous voulez, l'espèce d'autoritarisme intellectuel qu'on a subi pendant 5 ans ou si on n'était pas d'accord avec vous. On était soit complotiste, soit fasciste, soit stupide, soit etc. Ça, c'est une parenthèse.
Donc je constate simplement, vous le verrez aussi, un ministre aujourd'hui ne peut pas faire 4 mètres sans être... Il y a un peu un truc étonnant. Après, peut-être, ça va trop loin.
Vous me dites que je suis ambigu. Mais excusez-moi, mais depuis le début, c'est vous qui êtes extrêmement ambigu. Je ne dis pas que vous êtes ambigu. Je ne suis pas pour les casseroles, mais en même temps, c'est quand même vous qui... Je dis que vous récoltez la bonne aide de votre pièce. Moi, j'essaie de dire des choses claires. Je crois que c'est plus important. Non, vous dites des éléments de l'orgage.
Vous répétez. Tous les 4 mots, vous répétez le verbe avancer. Vous nous faites croire que, en gros, la Macronie, c'est ceux qui avancent. Donc par hypothèse, ceux qui sont contre vous, ils reculent ou ils stagnent. Mais monsieur Parleur... Moi, ce que je constate, cher monsieur le ministre, c'est que, quand même, tous les Français ont le sentiment, en tout cas une très grande partie d'entre eux, que le pays est plutôt en train de se déclasser, de s'appauvrir. C'est quelque chose qui est vérifié par les classements. On n'est même plus, en France, dans le top 10 en termes de PIB par habitant. On n'est même plus dans les 10 pays... Pardon, mais... Je vous réponds d'un mot. Je ne sais pas.
Après, il faut qu'on parle des personnes en discours. Vos éléments de l'orgage sont une distorsion avec la réalité. Je termine juste avec un point. Il y a une interview... Vous voudrez pouvoir vous répéter. Non, mais il y a une interview aujourd'hui très intéressante. Je le signale à notre spectateur. Vous partez dans autre chose. Mais moi, j'aimerais vous répondre sur votre point. Non, non, non, je ne parle pas dans autre chose. De Jean Perlevade, qui est un mec remarquable, ancien patron de très grande boîte, très important, une autorité incontestée, Jean Perlevade. Peut-être que vous en conviendrez. Mais peut-être pas si vous avez lu l'interview. Qu'est-ce qu'il dit ?
Ça a l'air s'il n'est pas lui. Mais vous voyez, c'est exactement le commentaire du commentaire dont je parlais tout à l'heure. Non, mais ne soyez pas méprisés. Non, ça vous répond.
Dans trois minutes, c'est fini, Charles.
Alors, Perlevade, il dit, ce qui est certain, c'est qu'Emmanuel Macron n'est pas un homme de rigueur. Il est victime d'une forme de déni de réalité, que ce soit sur l'attractivité de la France, puisque la balance des paiements reste négative largement, ou sur les finances publiques, ce qui est encore plus grave. Je peux répondre ? Allez-y, répondez. Je suis désolé. Je n'ai pas pour remplacer une.
Allez-y, Charles. Moi, je crois qu'annoncer qu'on a investi 1,5 milliard d'euros pour rendre nos bâtiments publics plus accessibles, annoncer qu'on va rembourser à 100% les fauteuils roulants, faire les plus fortes hausses de rémunération des enseignants dans notre pays depuis 20 ans, ceux qui étaient en responsabilité dans les gouvernements de gauche. Pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas fait ça avant ? Ce ne sont pas des éléments de langage. Ce sont des éléments qui font avancer notre pays. Et pardon de dire cela, ce n'est pas un élément de langage, c'est des éléments extrêmement concrets.
Donc moi, mon obsession, ce n'est pas de commenter les commentateurs, de dire comme si c'était des vérités absolues parce qu'elles sont professées sur les plateaux de télévision. C'est d'apporter des réponses aux problèmes des Français. Voilà, M. Billis,
l'opposition à la réforme des retraites, on ne l'a pas inventée sur les plateaux de télé. Juste une question concrète. Pardon, donnez les interventions. Excusez-moi, mais il n'y en a pas un.
Vous nous dites que notre pays a perdu en attractivité. Moi, je constate que depuis maintenant 4 ans, nous sommes le pays le plus attractif d'Europe pour réinvestir. Ça, ce ne sont pas des slogans, ce ne sont pas des éléments de langage. Mais quand les autres étaient en responsabilité, on fermait des usines dans notre pays. Vous contestez qu'aujourd'hui, on en réouvre. On n'en ouvre pas tous les jours non plus.
Notre pays, c'est le plus attractif d'Europe.
Voilà, ça, ce sont des faits. Stanislas Guérini, une question très concrète. Ce soir, les 8 syndicats de la fonction publique vous mettent personnellement la pression en disant qu'on veut, avant lundi, des augmentations de salaires pour les fonctionnaires. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je leur réponds que ce matin, en Conseil des ministres, nous avons adopté un décret qui va faire qu'au 1er mai, on va augmenter les salaires minimums dans la fonction publique. Et donc, au 1er mai, il n'y aura pas un agent public qui sera rémunéré dans notre pays en dessous du SMIC. C'est bien normal. Ça sera des augmentations de salaires. C'est 420 millions d'euros pour cette année, pour les traversants de la fonction publique. Tous les fonctionnaires,
pas uniquement les plus bas salaires.
Et donc, vous m'avez mentionné sur le 1er mai qui fait référence à l'augmentation du SMIC. Donc, je vous l'annonce aujourd'hui, nous allons bien relever l'indice minimum de traitement dans la fonction publique pour qu'aucun fonctionnaire ne soit rémunéré en dessous du SMIC. Mais je l'ai dit très clairement, je l'ai dit très clairement, ça sera aujourd'hui pour le mettre juste au-dessus du SMIC, pour qu'aucun agent public soit en dessous du SMIC, c'est pour les plus bas salaires dans la fonction publique, 20 euros de plus par mois, c'est la cinquième fois qu'on augmente l'indice minimum de traitement parce que c'est la cinquième fois qu'on remonte le SMIC ces derniers mois.
On l'a remonté de plus de 10% sur à peu près l'année dernière. Donc, on va faire ça. Je le dis très clairement, ça ne peut pas être pour solde de tout compte. J'ai appelé clairement les organisations syndicales et d'une certaine façon, je me réjouis de cet appel parce que ça veut dire qu'on va se mettre autour de la table, qu'on va pouvoir discuter. et donc, on doit apporter des réponses à la question de l'inflation. Elle est en train de décélérer. Elle est, voilà encore un fait, la plus faible d'Europe. Mais oui, ça va bien l'inflation en France. Mais bien sûr. Mais d'ailleurs,
les gens se sont chauffés pour pas cher. Il n'y a eu aucun stress sur les légumes. Le France, moi, cher Cahier, on enlevait leur course. Pardon, et c'est ma cesse
sous-tête de le rappeler, il n'y a pas un pays en Europe qui a pris les mesures que nous ont prises pour justement protéger les Français.
Les Français se baladent les salaires augmentent. Pardon, c'est un discours. Les gens rajeunissent même, d'ailleurs. Non ? Comment ça se passe ? Les morts, ils réussitent. Non, mais il faut créer une religion à ce stade, M. Gagné. Non, mais M. Gagné, à ce stade, il faut créer un nouveau monothéisme.
Je vous laisse faire tout seul.
Emmanuel Macron, c'est un prophète. Il s'avère parce que moi,
je ne suis pas assis derrière un plateau de télévision, monsieur. Je suis ministre de la fonction publique qui a le plus augmenté le point d'indice. Moi, je fais tout ça. je suis derrière mon plateau télé, je ne fais rien d'autre, bien sûr. Je vous y vois plus souvent que je n'y suis. Moi, je suis en train de vous porter des éléments situés. Peut-être que j'intéresse plus les médias. Il s'avère, c'est peut-être, et vous avez beaucoup de chance dans ce cas-là, que j'ai augmenté le point d'indice l'année dernière. C'était la plus forte augmentation depuis le début du quinquennat de François Mitterrand. Mais très bien. Peut-être que ça vous déplaît. Non, ça me déplaît. Je vous répéterai.
Ça ne déplaît pas, mais on est au bout.
avec nous ce soir en direct dans 22h max. Merci à vous.