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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 3 janvier 2022 66 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Contre-Matinale #63 | Présidentielle 2022 : Macron peut-il être battu ? | Pierre Larrouturou

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 38 %Attaque 52 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron peut-il être battu ?

  • 4:40OuverteRéponse partielle

    Les années électorales sont-elles des temps d'arrêt pour les luttes sociales ?

  • 8:30OuverteRéponse directe

    Le Figaro parle de "camp nationaliste" pour l'extrême droite. Ça veut dire quelque chose ?

  • 14:24OuverteRéponse directe

    Les mesures gouvernementales contre Omicron vous semblent-elles à la hauteur ?

  • 22:17RelanceRéponse directe

    Emmanuel Macron ne voit-il pas un message explicite à l'institution judiciaire en octroyant la Légion d'honneur à Buzyn ?

  • 26:27OuverteRéponse directe

    Macron peut-il être battu en 2022 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:37Invité politiqueFait
    « La réponse est oui, il peut être battu, il doit être battu, sa politique est vraiment dangereuse pour des millions de gens, et je pense que si on se rassemble, on peut gagner. »
  • 5:09Invité politiqueChiffre
    « En Allemagne, par exemple, les socialistes et les écologistes se sont mis ensemble pour faire un gouvernement, et dans le contrat de coalition, il y a plus de 25% pour le salaire minimum. »
  • 6:27Invité politiquePromesse
    « Avec le projet qu'on porte, on pourrait créer 2 500 000 emplois. »
  • 9:16Invité politiqueFait
    « Dans les années où Thatcher était au pouvoir, le taux de pauvreté a triplé. »
  • 16:11Invité politiqueFait
    « Ça fait plus d'un an que l'Afrique du Sud et l'Inde et d'autres pays disent c'est bon, les entreprises pharmaceutiques ont découvert des vaccins très efficaces, mais elles ont fait des milliards de bénéfices. »
  • 27:57Invité politiqueFait
    « J'ai fait une grève de la faim, je suis député européen et rapporteur général du budget. »
  • 28:17Invité politiqueFait
    « J'ai là la preuve, j'ai là la preuve que c'est la lettre du ministre autrichien des Finances qui dit que l'Autriche veut relancer la négociation pour taxer la spéculation. »
  • 28:30Invité politiqueFait
    « Si c'est la vision française qui l'emporte, l'Autriche quitte la salle des négociations parce que la France veut qu'il y ait 99% des volumes financiers ne soient pas taxés. »
  • 31:26Invité politiqueFait
    « Et toutes les semaines, il y a des paysans qui se suicident. Donc ces gens-là ont du sang sur les mains. »
  • 31:53Invité politiqueFait
    « Bruno Le Maire dit oui, mais un accord à 12%. »
  • 34:50Invité politiqueChiffre
    « La taxe sur la spéculation, c'est 60 milliards chaque année. 60 milliards au niveau européen, ça fait 10 milliards pour la France. »
  • 40:35Invité politiqueChiffre
    « J'ai vu une enquête qui montrait que le total de ces cinq candidats d'après les sondages, c'était à peu près 31%. Il y a six mois et maintenant on est tombé à 24%. »
  • 45:05Invité politiqueFait
    « Il nous a clairement dit qu'après la présidentielle, il fera une réforme des retraites. »
  • 45:42Invité politiqueFait
    « Je crois que ce monsieur est vraiment dangereux. Il a une vision du monde qui est dangereuse. »
  • 50:29Invité politiqueChiffre
    « le fait de gagner la primaire l'a propulsé à 16%. Et puis il est redescendu. »
  • 50:32Invité politiqueFait
    « peut-être parce que sa campagne sur le revenu universel, lui-même ne savait pas, je ne sais pas s'il y croyait vraiment. »
  • 50:42Invité politiqueFait
    « Et à chaque fois qu'on lui demandait comment il le finançait, il changeait d'avis. »
  • 51:47Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, on n'a aucun ou aucune candidate qui est complètement à la hauteur. »
  • 51:56Invité politiqueChiffre
    « s'il y en a un ou une qui était génial avec un beau projet et une personnalité remarquable, il serait déjà à 20% dans les sondages. »
  • 52:01Invité politiqueFait
    « Léon Blum arrive au pouvoir en pensant que les congés payés, c'est une erreur, c'est stupide. »
  • 52:19Invité politiqueFait
    « le peuple demande les congés payés et Léon Blum accepte. »
  • 52:25Invité politiqueFait
    « il aurait envoyé l'armée pour tuer le peuple. »
  • 52:44Invité politiqueFait
    « J'ai fait une grève de la faim devant l'Assemblée nationale pour demander une autre politique. »
  • 54:30Invité politiqueFait
    « on peut avoir un niveau de violence monstrueux si Emmanuel Macron passe en force pour baisser les retraites. »
  • 57:22Invité politiqueFait
    « Laisser Macron pendant 5 ans au pouvoir ce serait dramatique. »
  • 57:42Invité politiqueFait
    « imaginez qu'on a une réforme des retraites que Macron a tous les pouvoirs pendant 5 ans. »
  • 57:50Invité politiqueFait
    « Si j'ai fait une grève de la faim pendant 18 jours pour taxer la spéculation je pense qu'il faut absolument taxer la spéculation pour avoir plus d'argent pour les hôpitaux. »
  • 58:00Invité politiqueFait
    « ils parlent du sida climatique ils vous disent que le dérèglement climatique va faire autant de morts que le sida. »

Temps de parole

  • Pierre Larrouturou64 %
  • Présentateur29 %
  • Locuteur 42 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur Le Média TV, notre premier rendez-vous de cette année 2022. 2022, une année politique par excellence, l'année durant laquelle la France choisira un nouveau président et une nouvelle majorité. Le Média est né en janvier 2018, il y a exactement 4 ans, et ce sera notre première grosse année électorale. C'est pour bien suivre ce feuilleton un peu particulier que nous avons décidé de créer cette quotidienne, disons cette quasi-quotidienne, et où vous avez été nombreux à la plébiscité et aussi à nous soutenir lors de notre campagne de fin d'année. Nous vous disons à toutes et à tous un grand et vigoureux merci.

Bien entendu, ceux qui parmi vous ne l'ont pas encore fait, vous pouvez toujours nous apporter de la force en allant sur la plateforme OKPAL. Vous pouvez aussi devenir abonné sociaux, c'est-à-dire membre de plein droit de notre société coopérative d'intérêt collectif, en allant sur le média tv.fr slash soutien. C'est en tout cas un plaisir pour toute l'équipe de renouer avec les bonnes habitudes, malgré le variant Omicron qui nous prive de deux de nos collègues techniciens de plateau. La contre-matinale du Média épisode 63, c'est parti ! Aujourd'hui, c'est lundi, et comme tous les lundis, c'est le zap politique du week-end avec l'invité du jour.

L'invité du jour, qui est d'ores et déjà à mes côtés, c'est Pierre Laroutourou, économiste et ingénieur agronome, député européen et fondateur de Nouvelle Donne. Pierre Laroutourou est aussi candidat à une candidature commune de la gauche pour la présidentielle de 2022. Il est par ailleurs un brasseur d'idées. Il a beaucoup plaidé pour la semaine de 4 jours avant l'adoption des 35 heures, pour un nouveau traité européen sur le climat légitimé par un référendum dans tous les pays de l'Union, et pour la primaire populaire, cette fameuse idée qui agite le spectre politique, surtout depuis qu'elle a été récupérée par Anne Hidalgo et aussi un peu par Arnaud Montebourg.

Nous parlerons de ces sujets avec lui pendant et après le zap politique, avec en toile de fond une sorte de question fil rouge. Emmanuel Macron peut-il être battu lors de la présidentielle qui vient et peut-il être battu par un candidat ou une candidate portant un projet de progrès social et environnemental ? Bonjour Pierre. Bonjour Théo. Bonjour à tous. Alors on ne va pas engager la discussion maintenant, mais j'aimerais vous voir répondre en deux, trois phrases à la question qui est également le titre de cette émission. Emmanuel Macron peut-il être battu ?

2:37
Pierre Larrouturou

La réponse est oui, il peut être battu, il doit être battu, sa politique est vraiment dangereuse pour des millions de gens, et je pense que si on se rassemble, on peut gagner. Vous en avez parlé l'autre jour au Chili, c'est un jeune de 35 ans, Gabriel Boric, qui a créé la surprise, qui a gagné très clairement les élections présidentielles. Il venait d'un mouvement populaire, il avait gagné la primaire de ce mouvement, et ça a permis de créer une dynamique. On voit comment en Allemagne, au Portugal ou ailleurs, les forces de gauche se rassemblent pour gagner. Donc je crois que c'est fondamental, fondamental de se rassembler pour gagner. Certains disent que c'est peut-être trop tard.

La réponse est non. On sait bien qu'une élection, ça se joue en février ou mars. Je me souviens, je suis plus vieux que vous, en 1995, une journaliste avait demandé en janvier à Jacques Chirac s'il n'allait pas renoncer, parce qu'il était complètement au bas dans les sondages, et Chirac finalement, quatre mois plus tard, a gagné la présidentielle. Donc il n'est pas trop tard pour se rassembler, il n'est pas trop tard pour gagner. On est des millions à vouloir une autre politique pour le système de santé, pour la politique du logement, pour l'éducation, pour le climat. On est des millions à vouloir une politique de justice sociale, de dignité.

Et je crois que si on se rassemble, on peut gagner.

3:39
Présentateur

On en parlera, on aura le temps d'en parler dans les minutes qui viennent. Mais comme le veut la tradition, commençons par le commencement, c'est-à-dire la titrologie. La rentrée sous Covid est à peu près le sujet unique évoqué à la une de nos quotidiens nationaux ce matin. Je vais donc commencer par les rares qui font un pas de côté. Il s'agit d'abord de l'humanité. Le quotidien d'inspiration communiste titre « revalorisation du SMIC » avec des guillemets qui encadrent le mot « revalorisation », le scandale. Pourquoi le scandale ? Eh bien parce que la hausse de 0,9% décrétée par le gouvernement est, et je cite l'humain, « ridicule » dans un contexte de flambée de prix.

Elle relance cette haute minimum, le débat sur la faiblesse des salaires, estime l'humain. L'humain qui nous indique par ailleurs que de nouvelles formules de son quotidien, de son site internet et de l'humain dimanche qui devient l'humain magazine, vont être dévoilées en ce début d'année. Pierre, est-ce que, au fond, les années électorales ne sont pas des temps d'arrêt bien dommageables pour les luttes sociales de terrain ? On a l'impression que cette minuscule « riquiqui » hausse du SMIC, dans cette période de hausse de prix, elle n'a pas eu la place qu'on pourrait imaginer dans l'agenda. Oui, vous avez raison, mais de toute façon,

4:58
Pierre Larrouturou

tant qu'on aura Emmanuel Macron et Bruno Le Maire au sommet, je crois qu'il n'y aura pas d'augmentation du SMIC. Alors que regardez en Allemagne, par exemple, les socialistes et les écologistes se sont mis ensemble pour faire un gouvernement, et dans le contrat de coalition, il y a plus de 25% pour le salaire minimum. Plus 25%, pas en trois semaines, mais sur un peu de temps. Au Portugal, il y a eu six forces de gauche qui se sont rassemblées. Tout le monde avait dit au Portugal « la droite a gagné, la droite a gagné ». Il y a six forces politiques qui se sont rassemblées, et ils ont augmenté le salaire minimum et les retraites.

Aux États-Unis, Bernie Sanders, Joe Biden, Kamala Harris ont été capables de faire une primaire, de se rassembler, de gagner, et le salaire minimum augmente pour des dizaines de millions d'hommes et de femmes. Donc évidemment, avec Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, si on les laisse pendant cinq ans de plus, ou encore plus avec Valérie Pécresse, ou Zemmour, il n'y aura pas d'augmentation des salaires, on va foutre en l'air les hôpitaux. C'est des choses très concrètes pour moi, comme pour vous. On a dans nos familles des gens qui sont à l'hôpital, des gens qui vivent avec le minimum vieillesse. Donc pour moi, la politique, ce n'est pas un truc théorique.

Je vois des visages de gens qui souffrent aujourd'hui de la politique antisociale de Macron, et je vais tout faire pour qu'on gagne. Et comme dans notre pays, en Allemagne, le salaire minimum va augmenter de 25%. Ça veut dire que c'est possible, et que c'est même bon pour la dignité des gens, et c'est bon pour l'économie, parce que des millions de familles vont gagner mieux leur vie et vont pouvoir consommer un peu plus. Donc il n'y a aucune fatalité à accepter cette évolution pour le salaire minimum, pour les politiques de santé ou pour les politiques de retraite. Quand Bruno Le Maire ou Macron nous disent qu'après la présidentielle, ils vont baisser les retraites, il n'y a aucune fatalité.

J'espère qu'on pourra en parler. Avec le projet qu'on porte, on pourrait créer 2 500 000 emplois. Si on relance la négociation sur la semaine de quatre jours, si on a un vrai pacte climat, on peut créer plus de 2 500 000 emplois. C'est 2 500 000 personnes qui vont gagner leur vie et qui vont cotiser pour les caisses de retraite. Donc il n'y a aucune fatalité à cette politique antisociale. Mais au lieu que chacun reste dans son coin à déprimer, il faut aller sur le site de la primaire populaire pour dire nous voulons ce rassemblement, nous voulons... Mais je le dis très sérieusement, parce que le mois d'avril, on va être tous dans une situation catastrophique.

Le 10 avril, on ne saura pas pour qui voter si la gauche est éparpillée comme ça. Et ça se joue en janvier. C'est en janvier qu'il faut imposer le rassemblement sur la primaire populaire.

7:04
Présentateur

Mais bon, en 81, qui était la grande victoire de la gauche, il n'y avait pas de primaire populaire. Mais le total de la gauche était bien...

7:10
Pierre Larrouturou

Vous êtes un très bon connaisseur de ces questions. Le total de la gauche était bien plus important. La gauche n'avait pas encore autant déçu. Là, on paye des années et des années de déception. Et on paye le fait que la droite nous a mis plein de bêtises dans la tête. Donc le total de la gauche, aujourd'hui, permet de gagner, permet d'arriver au deuxième tour. Si on est rassemblés, mais si on a 5 candidatures, ça désespère tout le monde.

7:28
Présentateur

On en parlera. On continue avec la titrologie avec Le Figaro. Le Figaro qui consacre sa grande une à la présidentielle et titre de manière assez factuelle « La bataille de la présidentielle 2022 est lancée ». Le Figaro écrit « Face à Emmanuel Macron, en quête d'un second mandat, les oppositions jouent gros ». Selon Le Figaro, la droite joue son existence et la gauche est face au spectre de la disparition. Pour évoquer l'extrême droite, Le Figaro a un mot atténué, un peu comme le vaccin et la forme atténuée du virus. Le quotidien contrôlé par la famille Dassault parle du camp nationaliste.

Une troisième défaite de la candidat du RN ouvrirait un nouveau chapitre dans le camp dit nationaliste, prophétise donc Le Figaro, un nouveau chapitre au sein duquel l'ancien salarié du Figaro, Éric Zemmour, serait appelé à jouer un rôle important, n'est-ce pas ? Alors, moi, j'ai été vraiment frappé par le fait que Le Figaro ne parle plus du tout de l'extrême droite, mais du camp nationaliste. Ça veut dire quelque chose ?

8:32
Pierre Larrouturou

Oui, oui, mais alors qu'il faut bien dire que c'est l'extrême droite, et là, à coup sûr, c'est deux visions de l'extrême droite, avec Mme Le Pen ou avec M. Zemmour. Le fait qu'ils soient divisés fait qu'on dit qu'ils ont moins de chances d'être au deuxième tour, donc raison de plus pour que la gauche se rassemble pour arriver au deuxième tour, mais je pense que l'extrême droite reste quand même très très dangereuse, reste absolument monstrueuse dans ce qu'elle propose, dans sa façon d'exclure les gens, de jouer sur les peurs des gens, de n'apporter aucune solution.

Donc je crois qu'il faut ne pas sous-estimer ce danger, parce que quand même dans les sondages, si Mme Le Pen est au deuxième tour, elle est à 46% dans les sondages. C'est quand même assez flippant de se dire que les courbes peuvent se croiser. Donc je le répète, les solutions, elles ne sont ni chez Macron, ni chez Pécresse, quand Valérie Pécresse dit que son modèle, c'est Mme Thatcher, mais je suis désolé, mais dans les années où Thatcher était au pouvoir, le taux de pauvreté a triplé. Le nombre de personnes qui vivent en dessous du sujet de pauvreté, le nombre de jeunes, de vieux, d'adultes qui vivaient en dessous du sujet de pauvreté a triplé dans les années Thatcher.

Donc avec Macron, on voit bien qu'il n'y a aucun problème qui a été réglé et qu'on a un niveau de violence et un niveau de mépris monstrueux. Avec Pécresse, ce seraient les années Thatcher, la casse des services publics, l'augmentation de la pauvreté, et avec Marine Le Pen ou Zemmour, un niveau de violence et d'inhumanité monstrueux. Donc je crois qu'il est temps qu'on se rassemble. Encore une fois, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Hidalgo, Taubira, on peut avoir une équipe géniale. Je suis désolé, mais moi je suis un bon copain de l'Iran Thuram, j'adore Mbappé, mais ils se sont des génies, mais aucun n'a jamais cru qu'ils pouvaient gagner tout seuls. Au Chili, ils ont fait un collectif.

C'est Gabriel Boric qui a été choisi comme chef d'équipe, mais c'est un collectif. En Allemagne, c'est un collectif qui gagne. Au Portugal, c'est six familles de gauche qui se sont rassemblées. Donc je crois qu'il faut qu'on prenne conscience du danger, qu'on prenne conscience aussi que ça peut être génial si on gagnait. Si on gagne les élections au mois d'avril, on peut immédiatement changer les politiques européennes. On peut avoir une vraie loi climat en juillet. L'autre jour, j'ai vu François Ruffin, je lui ai dit que son film était génial. Je vous conseille d'aller voir le film de François Ruffin si vous ne l'avez pas encore vu.

À la fin, il rêve d'une assemblée de femmes qui vote une loi contre la précarité dans tous les métiers de soins. Je lui ai dit, mais François, si on gagne en avril et si on gagne les législatives, dès le mois de juillet, on peut faire voter cette loi contre la précarité. Dès le mois de juillet, on fait une loi pour l'allocation d'autonomie des jeunes. Au Danemark, tous les jeunes ont 700 euros par mois. Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas pareil en France pour lutter contre la précarité ? Est-ce qu'on peut voir le plaisir qu'on aurait à gagner ensemble et à changer la vie des gens ? Est-ce qu'on peut voir la catastrophe qu'on aura pendant 5 ans si on ne fait rien ?

Je le redis à Jean-Luc Mélenchon, à Yannick Jadot, à Fabien Roussel, à Taubira, à Hidalgo, rassemblons-nous, faisons une équipe. À Montebourg ? Il faut en finir avec le système monarchique et mettre en place une république plus démocratique. Donc on se déchire pour savoir qui sera à l'Elysée. Du coup, aucun de nous ne sera à l'Elysée. Alors qu'on dit tous qu'il faut mettre en place un système parlementaire et une constituante. On est ridicule.

11:14
Présentateur

Bon, en fait, on va rentrer dans les détails de tout ça et on va se rendre compte que ce n'est pas aussi simple que ça pourrait en avoir l'air. Mais ce ne sera pas simple si Macron est au pouvoir pendant 5 ans, ce ne sera pas simple. Ce ne sera pas simple du tout. À propos du variant Omicron, la une de libération est la plus aguicheuse, rentrée sous Covid et surtout la santé, ironise le quotidien de centre-gauche, éducation, transport, campagne électorale, hôpitaux. En ce début d'année, tous les secteurs sont rattrapés par le variant Omicron et le pays risque la désorganisation. Comment éviter la désorganisation, justement ? C'est le titre du quotidien catholique La Croix.

À l'hôpital, on se prépare à laisser travailler les personnels positifs mais asymptomatiques. explique par exemple un médecin anesthésiste réanimateur et au sein de l'éducation nationale, on en est réduit à passer des annonces sur Pôle emploi ou sur le Boncoin mais les directions des grandes entreprises, des services de police ou de la SNCF se disent plutôt confiantes. Du côté du média indépendant en ligne Mediapart, on ausculte la stratégie de crise du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Isolement et école, le gouvernement précise les règles, quelques heures avant la rentrée, titre Mediapart qui fait un constat implacable comme en écho à une sourde front des enseignants relés par les réseaux sociaux. Mediapart écrit Nouvelles règles d'isolement pour les positifs et les cas contacts, nouvelles conditions pour le retour en classe des élèves du primaire. À la veille d'une rentrée désorganisée, les décisions du gouvernement ont été précisées à la dernière minute et par voie de presse.

Pierre, on va se lancer tout de suite dans le zap politique, c'est-à-dire le commentaire de l'actualité politique du week-end et puis on va parler un peu plus en profondeur de votre propre actualité. Alors, ce week-end politique a été plutôt dernier, disons, un week-end de fêtes et de sorties de fêtes. Mais nous avons retenu quelques faits d'actualité. On commence par un sujet qui a occupé donc la quasi-totalité des unes de la presse comme on l'a vu, la rentrée sous Covid. On regarde un tout petit magnéto et on en parle.

13:23
Locuteur 3

Et la première mesure, c'est le télétravail obligatoire, au moins trois jours par semaine pour les salariés qui le peuvent. Ce ne sera pas tout le monde en France. Dans les études, on estime qu'entre 5 et 9 millions de personnes peuvent aller en télétravail. Il y a aussi le retour des jauges. 2 000 en intérieur, 5 000 personnes en extérieur. Cette jauge permet à de nombreux établissements de ne pas fermer, par exemple, les cinémas. Autre mesure, fin des concerts, debout et du café au comptoir. Une mesure qui a beaucoup fait parler ces dernières semaines. Interdit également de boire et de manger dans les trains, les cinémas et les théâtres.

Et puis, la dernière mesure, cette dose de rappel qui est désormais possible trois mois après la dernière injection. ce qui ne veut pas dire que votre pass expire au bout de trois mois. Aux dernières nouvelles, selon la communication gouvernementale, le pass sanitaire expire au bout de sept mois.

14:15
Présentateur

Alors, Pierre, le variant Omicron, il est assez spécifique, manifestement très contagieux, même s'il serait moins létal, moins violent que les autres. Est-ce que les mesures gouvernementales vous semblent à la hauteur en cette rentrée des classes en ce début janvier 2022 ? Alors, d'abord,

14:31
Pierre Larrouturou

juste pour souligner ce que vous dites, on est dans une situation assez paradoxale où en même temps la pression sur les hôpitaux n'a jamais été aussi ou quasiment jamais été aussi importante et on doit déprogrammer des opérations importantes. Des gens qui avaient un cancer qui aspéraient depuis deux mois qu'ils allaient bientôt être opérés et les opérations seront décalées. On imagine leur tristesse et les risques qu'ils ont en cours. Donc, en même temps, et encore merci à ceux et celles qui tiennent bon dans les hôpitaux. Il y a trois ans déjà, les médecins et les infirmiers étaient en grève en disant on n'en peut plus.

Déjà, avant que l'arrivée du virus ne complique les choses, il y avait une tension parce qu'on était dans une logique libérale. On expliquait aux gens qu'il fallait faire plus avec moins. On donnait plus d'argent au CICE, on donnait plus d'argent en dividendes, on disait qu'il n'y avait pas d'argent pour l'hôpital. Donc, le virus est arrivé dans des hôpitaux qui étaient déjà en situation de fragilité. Donc, en même temps, on est vraiment dans un moment où l'hôpital peut craquer dans plein d'endroits où il n'y a jamais eu autant de suicides. Il ne s'agit pas telles que d'autres.

On voit en Afrique du Sud, ils avaient un mois d'avance sur nous peut-être, et on voit qu'ils ont réouvert les bars ce week-end pour dire ça y est, ça va mieux, le pic est passé et apparemment, il y a eu 30 fois moins de morts. 30 fois moins de morts en Afrique du Sud, c'est qu'il y a de la photo sur tout un pays qu'avec la vague précédente. Alors,

15:45
Présentateur

l'Afrique du Sud est plus jeune que la France.

15:47
Pierre Larrouturou

Vous avez raison. Je ne suis pas médecin, je ne suis pas spécialiste, mais ça veut dire qu'il est très contagieux. Vous l'avez dit dans votre équipe, ce virus a l'air très très contagieux, mais peut-être qu'il est effectivement moins dangereux que les versions précédentes. On paye aussi quand même, je voudrais le dire, je suis député européen et on se bat depuis très longtemps pour la levée des brevets.

Ça fait plus d'un an que l'Afrique du Sud et l'Inde et d'autres pays disent c'est bon, les entreprises pharmaceutiques ont découvert des vaccins très efficaces, mais elles ont fait des milliards de bénéfices, elles ont fait des milliards de bénéfices, donc on pourrait lever de façon temporaire les brevets pour permettre de faire plus de vaccins et pour qu'il y ait plus de gens qui étaient vaccinés.

Donc je me souviens, il y a une époque où on déposait des amendements au Parlement européen, j'étais en minorité et j'expliquais que pour sauver des millions de vies et pour éviter l'effet boomerang, on était quelques-uns et quelques-unes à dire que si on laissait le virus proliférer, c'était dangereux pour des millions d'hommes et de femmes et qu'on allait avoir un effet boomerang qui aurait un variant qui reviendrait. Et ce variant Omicron, c'est la caricature puisque l'Afrique du Sud est un des pays qui depuis plus d'un an demandent à lever des brevets et que cette variation s'est produit en Afrique du Sud. Donc est-ce que oui ou non, on lève enfin les brevets ?

Est-ce que oui ou non, on permet l'accès de milliards d'êtres humains à la vaccination ? Ça me paraît être un des combats fondamentaux. Et après ça, est-ce que le gouvernement en fait assez ? Le problème, c'est que ce gouvernement énerve tout le monde, ce gouvernement est incapable d'écouter. Le virus est arrivé dans un pays où déjà beaucoup de gens ne faisaient plus confiance à Emmanuel Macron. Je ne dis pas que c'est facile de s'occuper d'un virus comme ça, mais déjà on est dans un pays où beaucoup de gens ne faisaient plus confiance à Emmanuel Macron parce que dès le premier jour dès qu'il arrive au pouvoir, c'est moi-jeu, moi-jeu, moi-jeu, moi-jeu décide tout seul.

Les gilets jaunes, il n'y a eu aucune réponse politique, aucun dialogue. Quand j'étais tout petit, en mai 68, il y avait eu plein de monde dans la rue, mais De Gaulle et Pompidou avaient accepté de dialoguer. Il y a eu les accords de Grenelle, on s'était mis autour d'une table. Pompidou et De Gaulle avaient dit bon, les gens ne sont pas d'accord avec nous, on va dialoguer et il y a eu les accords de Grenelle, un progrès social. Tandis que là, la seule réponse d'Emmanuel Macron, c'est on envoie la police, on envoie la police, on envoie la police.

Donc le problème, c'est qu'avec ce niveau de violence et de défiance, le manque de confiance que Macron et son équipe ont installé, gérer une épidémie comme ça est encore plus compliqué. En Allemagne, les choses ne sont pas faciles, mais la plupart des gens font confiance au gouvernement parce que le gouvernement passe son temps à dialoguer.

18:07
Présentateur

Il y a des manifestations de rue aussi.

18:09
Pierre Larrouturou

Oui, mais beaucoup moins, pardon, vraiment beaucoup moins et beaucoup moins de violence. Mais on vient de le voir pour l'école. Tous les instituteurs, tous les professeurs ont appris hier soir en allant sur les réseaux sociaux ce que Jean-Michel Blanquer, le ministre, a décidé tout seul. Il a décidé tout seul et il a annoncé dans Le Parisien hier après-midi. Alors,

18:24
Présentateur

le Parisien qui était, en fait, c'était un média payant. En fait, on y a accès de manière payante sous format papier ou sous format numérique. Ces dernières heures, ils ont finalement mis l'article où Jean-Michel Blanquer annonce les mesures en accès gratuit. Mais pendant de nombreuses heures, il fallait quasiment être un abonné du Parisien ou alors acheter le Parisien qui appartient aux Français les plus riches quand même.

18:49
Pierre Larrouturou

Il y a ça et puis surtout le fait qu'il a décidé tout seul et on ne sait pas trop avec les éléments. Encore une fois, en Allemagne, en Espagne, au Portugal ou en Italie, celui ou celle qui est le chef, Angela Merkel ou Olaf Scholz ou Antonio Costa au Portugal, il aurait passé quatre heures avec les syndicats de profs, avec des médecins pour... On décide ensemble. Voilà, Jean-Michel Blanquer a un cerveau bien fait mais il n'est pas le seul. Il y a des milliers d'instituteurs, il y a des milliers de professeurs, il y a des gens dans les personnels des écoles qui ont aussi leur mois à dire.

Et donc cette façon de décider tout seul ou alors sur d'autres sujets, c'est uniquement avec le lobby bancaire ou le lobby pharmaceutique, cette façon de décider

19:23
Présentateur

devient insupportable. Alors certains reprochent à Emmanuel Macron et à son gouvernement une stratégie du tout vaccinal depuis assez longtemps, notamment ceux qui pensent qu'il fallait par exemple penser à équiper les écoles de masques FFP2, ceux qui pensent qu'il fallait peut-être mettre des purificateurs d'air, qu'il fallait organiser la société de roulement sur un mode plus structurel et faire avancer la cause du télétravail avant qu'on y soit quasiment obligé aujourd'hui avec le variant Omicron. Est-ce que vous êtes d'accord avec eux ?

19:55
Pierre Larrouturou

Je pense que la vaccination est quand même un élément fondamental. Il n'y a aucun doute sur le fait que ceux et celles qui sont vaccinés, sauf s'ils ont des problèmes par ailleurs, des problèmes de santé par ailleurs, le fait d'être vaccinés limite très très très fortement. Ce n'est pas la baguette magique, mais si on est vacciné, si on a eu ces deux doses ou ces trois doses de vaccin, on a quand même beaucoup moins de risques d'aller à l'hôpital. Donc le vaccin est quand même une avancée fondamentale et c'est pour ça qu'il ne faut pas mettre l'action au vaccin sur tous les continents et pas seulement dans les pays riches. Et après ça, effectivement, ce n'est pas la baguette magique.

Donc il faut quand même garder de distance. Il y a un quart d'heure, on avait tous les deux des masques. Il faut continuer à se laver les mains. Il faut faire du télétravail quand c'est possible. Il faut effectivement avoir des capteurs de CO2,

20:38
Présentateur

une des premières polémiques de 2022, c'est l'annonce de la présence d'Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé qui est partie dans des conditions particulières, en pleine première vague de Covid, dans la liste des récipiendaires de la Légion d'honneur promotion janvier 2022. On regarde un montage de nos camarades du compte Twitter. Qu'est-ce de grève ?

20:58
Locuteur 1

Le risque d'introduction en France de cas liés à cet épisode est faible et des affiches ont été disposées à l'aéroport de Roissy. Le risque d'importation de cas depuis Wuhan est modéré. Il est maintenant pratiquement nul puisque la ville, vous le savez, est isolée.

21:18
Locuteur 8

En février, elle sème le doute. En quittant son poste en pleurs pour la campagne des municipales de Paris, elle déclare un mois plus tard au Monde Je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. L'ancienne ministre de la Santé vient d'être mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui et placée sous le statut de témoin assisté pour abstention

21:38
Locuteur 7

de combattre un sinistre. Une toute autre colère mais ça concerne cette information, la distinction d'Agnès Buzyn qui s'est vue remettre la Légion d'honneur. L'ancienne ministre de la Santé, alors elle n'est pas la seule, il y a plus de 500 personnalités dont beaucoup qui sont appliqués dans la lutte contre la pandémie.

21:54
Locuteur 6

Le Président de la République, le gouvernement avait exprimé leur colère après cette mise en examen et avait soutenu Agnès Buzyn et certains dans l'opposition ce matin voient dans cette Légion d'honneur une forme de République des copains et au fond le Président de la République par une Légion d'honneur adresse un message à l'institution judiciaire.

22:14
Présentateur

Pierre Laroutereau, est-ce qu'en octroyant la Légion d'honneur à une ex-ministre mise en examen quand même par la Cour de justice de la République, Emmanuel Macron ne voit-il pas là un message explicite justement à l'institution judiciaire ?

22:30
Pierre Larrouturou

Oui, je fais partie des gens qui regrettent vraiment cette décision d'Emmanuel Macron. La Cour de justice elle surprotège. On dit souvent que la Cour de justice n'est pas très utile parce qu'elle protège beaucoup les ministres. Et donc là, si Mme Buzyn a été mise en examen pour mise en danger la vie d'autrui, ça veut dire vraiment qu'il y a des choses graves dans son dossier. Évidemment, on peut dire qu'elle est innocente tant qu'elle n'a pas été jugée. Elle est préjugée innocente. Mais si la Cour de justice en septembre dernier a décidé de la mettre en examen pour mise en danger la vie d'autrui, ça veut dire quelque chose de grave.

Et malgré ça, Emmanuel Macron lui donne la Légion d'honneur. Donc ça veut dire qu'il n'en a rien à faire de la Cour de justice. De même, quand le Conseil d'État dit attention, on ne fait pas ce qu'il faut pour le climat, il faut améliorer la loi climat, Emmanuel Macron n'en a rien à faire. Quand le Conseil constitutionnel dit attention, la situation des chômeurs est très très grave, il y a un niveau de précarité monstrueux, il faut décaler la mise en œuvre de la réforme du chômage, Emmanuel Macron, deux mois plus tard, remet en place cette politique de précarité.

Je rappelle quand même très concrètement, il y a un million d'hommes et de femmes qui étaient au chômage, qui cherchaient du boulot mais qui n'en trouvent pas, qui vivaient avec 800 euros par mois, 800 euros, ce n'est pas l'Eldorado, et bien on les fait tomber à 600 euros par mois.

Donc quand le Conseil d'État dit attention ça ne va pas, quand le Conseil constitutionnel dit attention ça ne va pas, quand la Cour de justice dit cette femme a fait quelque chose d'angereux, et bien Emmanuel Macron n'en a rien à faire et c'est moi, Emmanuel Ier, roi des Français, je décide tout seul et je n'en ai rien à faire du Conseil d'État, je n'en ai rien à faire du Conseil constitutionnel, je n'en ai rien à faire de la Cour de justice. Donc c'est pour ça, vraiment, je n'ai rien contre Emmanuel Macron comme personne, franchement sa politique est très dangereuse, sa façon d'être et sa politique sont très dangereuses et il faut se rassembler.

Quand c'est un point commun à toute la gauche, quand on veut une sixième république, quand on veut en finir avec un système monarchique, quand on veut un système plus démocratique où les citoyens à leur place ou le Parlement à sa place, et bien ce qui s'est passé ce week-end confirme qu'il faut une sixième république et c'est ni Macron, ni Pécresse, ni Zemmour qui vont mettre en place une sixième république. Donc on se rassemble, on se rassemble, on arrive au pouvoir, on fait une constituante et dans un an ou d'un an et demi, il y aura une sixième république, une république plus démocratique et plus sereine.

24:37
Présentateur

Alors Emmanuel Macron s'est adressé aux Français lors de l'allocution traditionnelle de fin d'année, il a vanté son bilan, mais il ne s'est toujours pas déclaré candidat et a même semblé entretenir le doute sur le fait qu'il soit candidat ou pas, sur ce qu'il ferait dans les années qui viennent. Il a semblé vouloir capitaliser sur la présidence française du Conseil de l'Union Européenne. On regarde un petit magnétisme.

25:00
Locuteur 4

2022 doit être l'année d'un tournant européen. Notre continent a été temps d'écrier ces dernières années. On l'a dit divisé, incapable de projets collectifs, en train de sortir de l'histoire. Et alors même que nous célébrons les 20 ans de la mise en circulation de l'euro, notre monnaie commune qui nous aura donné une stabilité monétaire, une place internationale inédite, la crise a démontré qu'uni notre Europe pouvait être non seulement utile, mais porteuse d'espérance pour tous. Sans l'Europe, nous n'aurions pas aujourd'hui de vaccins disponibles en nombre, y compris pour organiser des campagnes de rappel.

Sans l'Europe, nous n'aurions pas pu bâtir partout à travers notre continent des plans de relance parmi les plus ambitieux au monde et connaître les résultats économiques, croissance, création d'emplois que nous connaissons. Alors, à partir de minuit, la France prendra la présidence de l'Union européenne. Et vous pouvez compter sur mon engagement total pour faire de ce moment qui ne survient qu'une fois tous les 13 ans un temps de progrès pour vous.

Un temps de progrès pour la maîtrise de nos frontières, notre défense, la transition climatique, l'égalité entre les femmes et les hommes, la construction d'une alliance nouvelle avec le continent africain, le meilleur encadrement des grandes plateformes de l'Internet et la culture en Europe.

26:27
Présentateur

Macron peut-il être battu en 2022 ? En tout cas, selon toute évidence, il se pose en champion de la construction européenne qu'il part de toutes les vertus. L'Europe, c'est la paix. L'Europe, c'est la meilleure maîtrise des plateformes Internet. Bref, c'est un peu le viatique. Or, ses opposants ont des accords sur l'Europe, justement, à droite, où les Républicains ne savent pas très bien où ils habitent à ce sujet et où Zemmour et Le Pen jouent la carte patriote sans remettre en cause la monnaie unique, par exemple. Et aussi à gauche, où vous essayez de faire vivre l'idée de candidature commune. On voit que vous en parlez vraiment beaucoup.

La France insoumise a dénoncé la présence solitaire du drapeau européen sous l'arc de triomphe. C'était une des premières polémiques de l'année. Mais les Verts et le PS sont plutôt pro-européens. Vous-même vous présentez comme un fédéraliste européen. C'est un gros clivage qui peut-être explique au-delà des égaux, des leaders, les difficultés à faire union.

27:22
Pierre Larrouturou

Pardon de vous contredire sur ce point, Théo, mais je suis député européen depuis deux ans et demi. Et je peux dire que je travaille la main dans la main, vraiment dans la main, avec Manon Aubry, qui était la numéro 1 de la liste de Mélenchon, avec Yannick Jadot, avec d'autres, avec les socialistes. Voilà. Donc, il y a quelques semaines... Non, mais sur certains points, vous êtes en accord, mais sur les points institutionnels. Mais justement, même sur les points institutionnels, l'autre jour, Manon Aubry, donc je répète qu'elle était la numéro 1 sur la liste de Mélenchon, a fait par Internet un grand dialogue avec l'aile gauche des démocrates aux États-Unis.

Elle m'a demandé de venir et on a vu qu'on travaillait, qu'on était d'accord à 97%. Vous en avez dit, vous avez parlé tout à l'heure, j'ai fait une grève de la faim, je suis député européen et rapporteur général du budget. Il y a un peu plus d'un an, j'ai fait voter un rapport par le Parlement qui dit que pour avoir plus d'argent pour les hôpitaux et pour le climat, il faut créer une taxe sur la spéculation et toutes les forces dont j'ai parlé, les amis de Mélenchon, les amis de les sociodémocrates ou les écolos ont voté évidemment ce rapport mais même des gens de la droite et c'est Macron qui a bloqué la négociation.

J'ai là la preuve, j'ai là la preuve que c'est la lettre du ministre autrichien des Finances qui dit que l'Autriche veut relancer la négociation pour taxer la spéculation mais que si c'est la vision française, je ne sais pas si on peut faire un zoom, c'est marqué noir sur blanc, si c'est la vision française qui l'emporte, l'Autriche quitte la salle des négociations parce que la France veut qu'il y ait 99% des volumes financiers ne soient pas taxés.

Donc on a la preuve que toutes les forces politiques à part l'extrême droite sont d'accord pour taxer la spéculation pour avoir plus d'argent pour les hôpitaux et pour le climat et pour l'emploi et c'est Emmanuel Macron qui bloquent la négociation. Donc il y a plein de domaines où on est complètement d'accord avec les amis de Mélenchon et avec les écolos.

28:53
Présentateur

Pour ajouter un peu de l'eau à votre moulin sur la question aussi des plateformes comme Uber, etc. qui a fait un excellent travail.

29:03
Pierre Larrouturou

Voilà, exactement. Là aussi, une amie de Jean-Luc Mélenchon et une amie à titre perso qui a fait un excellent boulot et c'est un commissaire européen socialiste. C'est mon ami Nicolas Schmitt qui est un luxembourgeois qui a fait... Ils ont travaillé la main dans la main une française amie de Jean-Luc Mélenchon et un luxembourgeois socialiste. Chez les socialistes, il y en a qui ont oublié ce qu'était la justice sociale et puis il y en a comme Nicolas Schmitt ou Elisa Ferreira, la portugaise. Il y a deux commissaires pour que j'ai de l'estime et vraiment, c'était un plaisir Mélenchon et un luxembourgeois socialiste qui ont travaillé la main dans la main et qui c'est qui bloque ?

Qui c'est qui bloque ? C'est Emmanuel Macron. L'autre jour, le dernier jour où j'étais à Bruxelles avant les vacances de Noël, j'ai croisé Nicolas Schmitt, le commissaire européen. Il était très heureux de ce texte pour faire reculer la précarité d'abord chez les livreurs de pizza et tout ça. C'est d'abord 200 000... C'est quand même 200 000 personnes en France mais après ça, c'est plein d'artisans qui sont très inquiets pour leur avenir. C'est dans tous les métiers. C'est des avocats qui se disent qu'il y a eu un accord grâce à des forces de gauche, les amis de Mélenchon, les sociodémocrates, les écolos, les gens de Nouvelle-Donne. On a réussi à faire pousser les choses.

On a réussi à ce que la commission bouge. Même le Financial Times a dit que c'est la première fois que la commission européenne faisait autant pour faire reculer la précarité. Même le Financial Times a dit que c'était la proposition qui est sur la table est historique et qui c'est qui bloque ? C'est Emmanuel Macron et Bruno Le Maire. Donc c'est comme sur les questions agricoles. Pardon, mais à chaque fois, moi j'ai fait l'agro comme formation, je suis agronome. À chaque fois qu'il y a un agriculteur qui se suicide parce que le prix du lait a trop baissé, je pense à Bruno Le Maire. Pendant 30 ans, l'Europe a protégé le revenu des paysans. Il y avait ce qu'on appelait les quotas laitiers.

On évitait de faire trop de lait. Donc le prix du lait était correct. Il n'y avait pas un centime de subvention. Le but d'un agriculteur ce n'est pas d'avoir des subventions. Le but d'un agriculteur c'est de faire un métier qu'il aime, là où il aime et de vivre de son travail. Et donc grâce à ce qu'avait fait Michel Rocard, mon copain Rocard en 84, contre les Anglais, contre les libéraux, on avait mis en place un système qui protégeait la dignité des paysans, qui protégeait le revenu. Pendant 30 ans, ça a fonctionné. Et puis c'est Michel Barnier et Bruno Le Maire en 2005-2006 qui ont dit on fout en l'air les quotas laitiers.

Et tout le monde a dit mais ça va faire, le prix du lait va s'effondrer. Ils ont répondu c'est pas grave, on pourra exporter vers la Chine. Donc ce n'est pas l'Europe qui fout en l'air le travail des paysans. Ce n'est pas l'Europe qui précarise les paysans. Pendant 30 ans, l'Europe, avec d'autres dirigeants, a protégé le revenu des agriculteurs. Et c'est Bruno Le Maire et Michel Barnier qui ont décidé de le foutre en l'air. Et toutes les semaines, il y a des paysans qui se suicident. Donc ces gens-là ont du sang sur les mains. Bruno Le Maire, il est toujours bien habillé, il est toujours bien propre sur lui. Mais ses politiques sont dramatiques.

Un autre exemple, quand Joe Biden arrive à la Maison Blanche et dit qu'il faut trouver de l'argent pour un plan de relance, pour les hôpitaux, pour les services publics, et Joe Biden propose de faire un taux minimum dans tous les pays du monde à 21 %, en disant il n'y a jamais autant de bénéfices, on peut faire un taux minimum à 21 %, et bien Bruno Le Maire dit oui, mais un accord à 12 %. Et pendant un mois, la France... Ça veut dire que l'influence de cette équipe Emmanuel Macron-Bruno Le Maire, ils ont une influence très néfaste pour la France, pour notre pays. Ils ont une influence néfaste dans toute l'Europe. C'est eux qui bloquent la négociation pour taxer la spéculation.

C'est eux qui ne veulent pas lutter contre la précarité des salariés. Ceux qui ne veulent pas sortir des énergies fossiles. Mais même au niveau mondial, quand Joe Biden propose un taux minimum à 21 %, et bien Bruno Le Maire plante la négociation en disant ce sera à 12 %, et finalement c'est à 15. Donc il faut absolument... Vous avez dit que j'avais beaucoup parlé de la primaire populaire, mais ce n'est pas une fixette. C'est que le fait d'avoir cette équipe pendant 5 ans au pouvoir encore serait dramatique, et qu'il est possible, si on se rassemble, d'avoir une autre équipe avec une autre boussole, la justice sociale. En gros,

32:38
Présentateur

vu de Bruxelles, l'aile droite de la politique européenne, c'est plus les macronistes qu'Angela Merkel,

32:47
Pierre Larrouturou

par exemple. Oui, le conseiller d'Angela Merkel. Je vous dis, je suis rapporteur général du budget. Pendant un an, le Parlement m'a demandé, c'est une grande responsabilité, j'étais responsable pour de tout le budget européen, pour 2021, au nom de tout le Parlement. Et donc j'avais des rencontres, une fois avec Christine Lagarde à Francfort, à la Banque centrale, d'autre fois avec les conseillers de Merkel ou des ministres allemands. Et je me souviens ce conseiller d'Angela Merkel qui me dit Pierre, c'est pas la peine d'insister pour l'idée de taxer la spéculation. Il me dit je suis un fan, je suis un fan de l'idée d'une taxe sur la spéculation.

Il me dit je vous rappelle qu'Angela Merkel, en 2014, est allée à Londres pour demander aux Anglais d'arrêter leur veto parce qu'il fallait créer une taxe sur la spéculation. Et c'est la France qui bloque. Quatre responsables allemands en quelques semaines qui me disent Pierre, on est d'accord, mais est-ce que la France va changer d'avis ? Donc c'est à coup sûr. Un point important, il n'y a pas besoin d'unanimité. C'est un point important. Beaucoup de gens pensent que l'Europe s'est foutue parce qu'il faudrait que tous les pays soient d'accord. La réponse est non. Ce que dit le Parlement, ce que dit la Commission, ce que dit la Cour de justice, c'est qu'il n'y a pas besoin d'unanimité.

Il suffit qu'il y ait neuf pays, ce qu'on appelle une coopération renforcée pour taxer la spéculation ou faire une taxe sur les milliardaires. Mais par contre, si dans les quatre grands, si dans les quatre pays du cœur de l'Europe, il y en a un qui dit non, eh bien ça bloque tout. Et aujourd'hui, pour taxer la spéculation, l'Allemagne est d'accord, l'Italie est d'accord, on a été reçu par le pape et avant d'aller voir le pape avec Cyril Dion, on a été reçu par plusieurs ministres italiens qui ont dit qu'ils étaient d'accord pour taxer la spéculation. L'Espagne, le Portugal sont d'accord et c'est la France qui bloque. Ce n'est pas la France, c'est Emmanuel Macron et Bruno Le Maire.

Donc si on gagne en avril prochain, si on gagne avec Yannick Jadot, avec Jean-Luc Mélenchon, avec Anne Hidalgo, avec Taubira, si on gagne, on sera en plein dans la présidence française. Vous l'avez dit, pendant six mois, c'est la France qui prédit l'Union européenne. Donc si on se rassemble grâce à la première populaire, si on gagne en avril, dès le mois de mai, dès le mois de mai, on peut faire un sommet européen.

On invite tous les chefs d'État européens dans la maison de Jean Monnet, pas loin de Paris, et tous les sujets qui étaient bloqués par la France, la taxe sur la spéculation, la sortie des énergies fossiles, la lutte contre la précarité, et bien tout ça, la France débloquera la négociation. Ça veut dire qu'on saura qu'on a une taxe sur la spéculation dans un an. La taxe sur la spéculation, c'est 60 milliards chaque année. 60 milliards au niveau européen, ça fait 10 milliards pour la France. Donc si on arrive au pouvoir en avril, on fait un sommet européen au mois de mai, on débloque la négociation et on sait que dans un an, l'argent arrivera.

Donc on peut faire voter une vraie loi climat dès le mois de juillet si on gagne aussi les législatives. On peut faire voter une vraie loi climat parce qu'on sait qu'on aura de l'argent pour isoler nos maisons, faire des transports en commun ou aider les agriculteurs. Donc pour moi, qu'on va faire passer la loi de François Ruffin contre la précarité dans le métier de soins, qu'on va donner une allocation d'autonomie à tous les jeunes. Au Danemark, je le répète, il y a une allocation d'autonomie. Tous les jeunes ont 700 euros par mois et ça fonctionne. Ça fait reculer très fortement la précarité et la pauvreté et les jeunes peuvent se consacrer à leurs études.

Donc si on se rassemble et qu'on gagne, on peut faire voter tout ça au mois de juillet prochain.

35:36
Présentateur

Alors un autre petit sujet dans le grand thème de la possibilité d'une alternative progressiste à Emmanuel Macron, Christiane Taubira, La Grande Inconnue de la Gauche en ce début 2022 s'est exprimée ce week-end via une sorte de clip poétique dont nous allons regarder un extrait.

35:53
Locuteur 2

Vous qui, vous qui croyez tenir nos vies, qui vous jouez de nos ennuis, vous qui n'êtes que diversion dans ce monde en ébullition, vous les faiseurs ou les jouets de ces violences, de ces désordres, petits potentats impulsifs, oppresseurs vils et instinctifs, étrangers aux trésors enfouis, dans ces promesses qui vous dépassent, dans ces prodiges qui vous débordent. D'où nous vient cette volonté de refuser de nous soumettre, de ne rien céder à la force ni à vos intimidations, ne pas craindre vos ordalies ni sombrer en mélancolie. Buvons et nous danserons sur vos paniques de poltron, sur vos imprécations rancies, sur vos défaites et vos replis, sur vos angoisses, vos inepties.

Buvons et déjà dansons à nos vigueurs, à nos gaieté, à la vie, à ces brasillances, à nos exploits, à nous louper. D'où nous vient cette volonté ? Voilà, voilà ce qu'au grand jamais vous saurez. Voilà, voilà ce qu'au grand jamais vous n'aurez.

37:23
Présentateur

Alors, Pierre, je ne veux pas être vilain, mais je trouve que le clip de Christiane Taubira, dans son clip de début d'année, il m'a fait penser au clip d'Éric Zemmour, c'est-à-dire une association d'idées, une grande narration. Et vous commencez en disant, vous n'êtes pas vilain ? Non, non, non. C'est comment quand vous êtes vilain, alors ? Comment vous êtes quand vous êtes vilain ? Allez-y, pardon. Une association d'idées, d'images, une sorte de storytelling puissant, mais qui n'est pas tout à fait programmatique. Alors, quel regard vous portez sur la candidature Emmanuel de Christiane Taubira ? Éventuelle, parce que j'ai dit Emmanuel, la candidature éventuelle de Christiane Taubira ?

37:59
Pierre Larrouturou

Oui, ça n'est pas programmatique, mais je suis désolé, en général, je suis d'accord avec vos analyses, mais là, la comparaison avec Zemmour, elle me paraît bizarre. Non, je parle justement de cette... Parce qu'au contraire, c'est une France qu'on aime, pardon. Excusez-moi, mais vraiment, je trouve effectivement c'est la poésie. Oui, c'est une autre. Effectivement, c'est la poésie. J'ai l'impression de voir Barbara qui chante, voilà. Mais effectivement, j'espère qu'on va être en débat avec Christiane Taubira dans la primaire populaire, parce qu'elle a clairement dit qu'elle sera candidate dans la primaire populaire.

Et comme je suis candidat aussi, on va avoir des débats tout à fait intéressants et j'espère qu'on sera dans la même équipe dans un mois, à la fin de janvier. Mais je trouve, elle donne l'image d'une France qui en même temps est marquée par les attentats. On voit des gens qui mettent des bougies, en même temps, une France qui est joyeuse, en même temps, une France qui est dans la poésie et en même temps, on voit un homme qui travaille du métal. C'est très concret. En même temps, les danses traditionnelles de Bretagne et une France multicolore. Moi, c'est une France que j'aime. Moi, honnêtement, effectivement, ça ne fait pas un programme.

Elle ne dit rien de concret sur les retraites, sur la politique du logement ou sur comment financer les hôpitaux. Mais pour donner une vision de la France, j'allais dire, je préfère mille fois à Zemmour. Mais non, je déteste l'image de Zemmour et je trouve cette France-là et j'ai envie d'être dans l'équipe qui reconstruit cette France-là.

39:04
Présentateur

Mais justement, par un effet miroir, ça fait justement l'anti-Zemmour mais avec, disons, les mêmes techniques narratives selon moi. Enfin, bref, ce n'est pas très important vu que ce n'est que de la communication. Alors, j'ai aussi envie

39:18
Pierre Larrouturou

de vous demander... Excusez-moi, on ne va pas pinailler, mais la communication, ça dit quelque chose. Là, c'est en même temps... Oui, bien sûr, je suis en train de parler d'un point de vue technique et d'un point de vue... C'est une femme de Guyane qui parle. On voit que c'est effectivement... Elle aime la culture. Elle ne fait pas semblant. Il y a des gens quand ils lisent un texte, on voit que... Tandis qu'on voit qu'elle, elle aime effectivement. Elle sait que la culture c'est un élément de notre identité. En même temps, elle est de Guyane mais elle sait qu'il y a des gens qui sont de Bretagne et qui dansent comme en Bretagne. Et en même temps, c'est une France multicolore.

C'est une France qui a envie d'un avenir en commun joyeux et qui en même temps a été marquée par les attentats. Ce n'est pas dans le youp la boum, tout va bien. Mais après ça, ça ne remplace pas un vrai débat sur un projet. On a un mois, le vote de la primaire populaire doit être fin janvier. Donc je pense qu'on va très vite rentrer dans le débat.

39:59
Présentateur

Alors, j'ai aussi envie de vous demander ce que vous pensez des premières semaines de campagne des autres, ceux qui ne sont pas... Christiane Taubira, donc Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Anne Hidalgo, sa campagne est ratée. D'ailleurs, c'est peut-être pour ça qu'elle se rallie à l'idée de primaire populaire. Écoutez,

40:15
Pierre Larrouturou

on voit que ça fait tous en gros un an qu'ils nous ont dit qu'ils étaient candidats. Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg, on sait que ça fait un an. Ils nous ont tous dit ça y est, ça va décoller, ça y est, ça va décoller, ça va décoller. Ben non, ça ne décolle pas. Ils sont tous plutôt dans cette pente-là. Et l'autre jour, je les rencontre, je les rencontre tous et toutes pour aller pousser au rassemblement. J'ai vu une enquête qui montrait que le total de ces cinq candidats d'après les sondages, c'était à peu près 31%. Il y a six mois et maintenant on est tombé à 24%.

Donc non seulement il n'y en a aucun ou aucune qui décolle, mais on est plutôt en train de provoquer un très grand désespoir. Il y a plein de gens qui se disent si c'est comme ça, je n'irai pas voter, qu'ils aillent se faire voir. S'il y a cinq candidats qui disent tous ma priorité, c'est la 6ème République, ma priorité, c'est le climat et la justice sociale, mais qui sont cinq candidats, ça veut dire qu'on n'a aucune chance de gagner en avril. Et donc je vois plein de gens autour de moi qui disent si ça continue comme ça, je n'irai pas voter. Donc on est déjà plus de 300 000.

41:07
Présentateur

Les sondages en décembre... On voit bien

41:09
Pierre Larrouturou

qu'il n'y a aucune dynamique. Vous avez raison, les sondages peuvent se tromper. Mais on voit bien qu'il n'y a aucune dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon. Ils le disent. Il y a cinq ans, il y avait une dynamique beaucoup plus forte, il y avait plus de monde qui voulait se mobiliser. Ce n'est pas seulement les sondages. C'est pareil chez Yannick Jadot. Le directeur de campagne de Yannick Jadot me disait qu'ils espéraient être à 11% en octobre et à 13% à Noël. en même temps très ambitieux. Après 40 ans de libéralisme, il faut tout changer. On est face à la crise la plus grave. La crise climatique, c'est la crise la plus grave jamais.

Donc il faut en même temps qu'on soit très ambitieux collectivement et un peu de modestie. Aucun de nous n'a toutes les réponses. Aucun de nous ne sait en même temps ce qu'il faut faire en Afghanistan, en Syrie, sur les politiques du logement, sur l'éducation et sur la santé et pour financer les retraites. Par contre, en équipe, on peut avoir une équipe géniale et gagner en avril et changer la vie de millions de gens.

42:01
Présentateur

Alors moi, ce que j'aimerais savoir, c'est quand même est-ce que ces différentes propositions se ressemblent à ce point ? Par exemple, Anne Hidalgo, elle est parrainée, alors je ne sais pas si c'est un parrainage qui la gêne, mais elle est ouvertement parrainée par François Hollande. François Hollande qui est le papa d'Emmanuel Macron. Et est-ce que, justement, on peut considérer que justement, Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon ont fait des campagnes qui ont la même tonalité, qui ont le même fond au point de pouvoir se mettre ensemble ? Est-ce qu'il ne faut pas des clarifications ?

42:31
Pierre Larrouturou

Il faut des clarifications et c'est le but d'une primaire. Aux Etats-Unis, vous en avez parlé, Bernie Sanders, Kamala Harris, Joe Biden, ils n'étaient pas d'accord à 100%. Mais donc, il y a eu des débats et même les débats ont poussé Joe Biden à reprendre des idées de Bernie Sanders ou de reprendre des idées de Kamala Harris. Mais à la fin, il y a eu un vote, des millions de gens et c'est Joe Biden qui a gagné. À la fin,

42:49
Présentateur

en général, pour que ça fonctionne, il faut que l'aile la plus à droite des coalitions gagne.

42:59
Pierre Larrouturou

Gabriel Boric, un gars de 35 ans qui avait dit « Attendez, je suis un peu jeune » et il poussait une autre, une femme à être candidate. Et puis, cette femme ne voulait pas être candidate. Donc, Gabriel Boric a accepté d'être candidat. C'est lui qui a gagné la primaire, la primaire du bloc de la dignité. Et finalement, c'est lui qui a gagné le deuxième tour et qui est le nouveau président de la République au Chili. Donc, je trouve qu'une primaire, ça peut fonctionner. Et si on est d'accord pour dire que, vu la gravité de la situation, il faut clarifier le projet.

Et puis, s'il y a des points où on n'est pas d'accord, par exemple, sur la question du calendrier du nucléaire, c'est vrai qu'on n'est pas d'accord à 100 %, mais aucun de nous ne veut relancer une grande stratégie avec des nouveaux EPR. Tout le monde pense qu'il faut économiser l'énergie pour faire baisser les factures des gens et pour sauver la planète. Donc, je pense que tout ce qu'on a en commun pour sauver les retraites, pour sauver l'hôpital, pour créer des emplois, pour une Europe plus sociale, pour taxer la spéculation, tout ce qu'on a en commun est super important et mérite qu'on se rassemble pour gagner le pouvoir, que les quelques différences qu'on a ne justifient pas.

Aucune des différences qu'on a ne justifie qu'on laisse Mme Pécresse ou M. Macron au pouvoir pendant 5 ans. L'autre jour, j'étais dans une réunion avec Jadot, avec Hidalgo et avec tout le monde. Je leur ai dit, écoutez, nos enfants vont nous détester si on n'est pas capable de se rassembler. En plus, ils veulent tous un accord pour les législatives. Même le bras droit de Jean-Luc Mélenchon disait, je sais qu'il y a un accord qui se prépare pour les législatives et nous voulons en faire partie. Donc on va faire un accord pour les législatives du mois de juin mais on aura été dispersé au présidentiel et on va laisser le pouvoir à Macron ou à Pécresse.

Je leur ai dit, nos enfants vont nous détester, nos enfants vont nous jeter des cailloux si on n'est pas capable de se rassembler. Donc on a plein de choses en commun qui sont super importantes et là où on n'est pas d'accord à 100%, on fera des débats à l'Assemblée nationale où il y aura des référendums. Et puis surtout, on va mettre en place des politiques de justice sociale, des politiques sur la question du nucléaire. Si on n'a pas une vraie politique d'économie d'énergie et de développement des renouvelables, personne ne sait comment, quel est le calendrier crédible.

44:44
Présentateur

Ce qui m'amène à vous parler donc de la primaire populaire. Bonne idée, on n'en avait pas encore parlé Théo. Primaire populaire. Si vous deviez convertir les plus réticents de nos auditeurs à cette idée, quels seraient vos arguments ? Deux, trois arguments phares. Mais des arguments techniques.

45:00
Pierre Larrouturou

Cinq années d'Emmanuel Macron peuvent être absolument dramatiques. Quand on voit comment il veut passer en force sur les retraites, il nous a clairement dit qu'après la présidentielle, il fera une réforme des retraites. Si c'était une réforme positive, il la ferait tout de suite. L'autre jour, j'ai vu des syndicats de policiers qui m'ont dit que là, avec le virus, les gilets jaunes se sont calmés, mais que si Macron a de nouveau les pouvoirs pendant cinq ans et qu'il passe en force sur les retraites, on peut avoir un niveau de violence dans notre pays jamais vu. Donc il n'y a aucun sujet. Je suis quelqu'un d'honnête.

Je pensais que sur l'Europe et sur le climat, je serais d'accord avec Macron. Je pensais que je ne serais pas d'accord avec Macron sur les questions de fiscalité, que je ne serais pas d'accord avec Macron sur les questions sociales, mais je pensais que sur l'Europe et sur le climat, il allait faire des grandes choses. Or, je l'ai montré, sur l'Europe, c'est lui qui plante les négociations et sur le climat, il ne fait rien. Donc je crois que ce monsieur est vraiment dangereux. Il a une vision du monde qui est dangereuse. Sa façon d'être, moi, je, moi, je, moi, je, je n'écoute personne, est dangereuse.

Et que cinq années de Macron, cinq années de Bruno Le Maire en plus, cinq années de Darmanin, je suis désolé, mais ça ne sert à rien de pleurer quand il y a presque 30 personnes qui se noient dans la Manche ou quand il y a des milliers d'hommes et de femmes qui meurent dans la Méditerranée. Ça ne sert à rien de pleurer et de laisser Darmanin pendant cinq ans de plus. Donc je suis vraiment désolé, mais on est complice. Si on se divise et si on laisse cinq années de plus à Darmanin, à Bruno Le Maire, à Jean-Michel Blanquet ou à Macron, on est complice.

Et je le répète, par contre, même si on n'est pas d'accord à 100%, on est d'accord pour taxer la spéculation, on est d'accord pour avoir une réforme de la fiscalité, on est d'accord pour améliorer les retraites, traiter de l'Europe sociale pour lutter contre la précarité. Donc tout ce qu'on a en commun et ça peut être génial. Je le redis l'autre jour, j'ai déjeuné avec François Ruffin, son film est magnifique, Debout les femmes, et à la fin, il rêve d'une loi qui va faire reculer la précarité, qui va améliorer les salaires pour toutes ces femmes.

C'est parfois des hommes et surtout des femmes qui s'occupent de nos enfants, qui s'occupent des personnes âgées et qui vivent dans des conditions très pénibles. Eh bien, c'est ni Pécresse ni Macron qui vont faire passer la loi dont François Ruffin rêve. Et par contre, dès le mois de juillet prochain, on peut faire voter cette loi. On peut faire une vraie loi climat. On peut faire une loi pour donner plus d'autonomie à tous les jeunes de 18 ou 25 ans. Sur la politique du logement, on est un des pays d'Europe où les loyers sont les plus chers. Il n'y a pas de baguette magique.

Mais une des propositions de nouvelles donnes, c'est d'utiliser une partie du Fonds de réserve des retraites pour construire des logements, en rénover certains, pour faire baisser les loyers dans les grandes villes. Eh bien, ce n'est pas une baguette magique. Mais si en juillet, on fait passer une loi qui donne des moyens au logement, au bout de quelques années, on va voir le niveau des loyers qui diminue. Donc, essayons de voir, vraiment d'imaginer, pour nous et pour nos enfants et pour les gens qui sont à l'hôpital, pour ma belle-mère qui est retraitée, voyons ce que ça donne cinq années de plus avec Macron, cinq années de plus avec Pécresse qui idolâtre Mme Thatcher.

Ça peut être l'horreur. Et dans cinq ans, peut-être que l'extrême droite sera encore plus puissante. Ceux qui vous disent, les copains d'Europe écologique qui vous disent, OK, mais dans cinq ans, le rassemblement sera plus facile. Mais si ça se trouve, dans cinq ans, l'extrême droite sera encore plus forte et il n'y aura aucune chance d'arriver au pouvoir. Donc, ce serait vraiment... Je n'exagère pas. Ce serait catastrophique d'avoir Macron ou Pécresse ou Le Pen pendant cinq ans. Et par contre, si nous, on est au pouvoir, on peut changer la vie des gens très vite.

48:02
Présentateur

Oui, bien sûr. Mais bon, vous pensez que la seule manière d'arriver au pouvoir, c'est la primaire populaire. Mais contre cette idée, il y a l'argument du timing. Nous sommes en janvier 2022 et un tel processus ne peut pas se boucler avant au plus tôt, la mi-février, et moins de deux mois avant le premier tour. Déjà, les candidats sont en train de boucler ceux qui le peuvent avec les banques, leur négociation de financement. C'est des trucs très pratiques. Alors, deux mois avant le premier tour, sortir un candidat, même unitaire d'un chapeau, sachant que ça peut dérailler, ce n'est pas très réaliste. D'abord,

48:37
Pierre Larrouturou

ça ne les paraît honnêtement, aucun candidat aujourd'hui ne pense qu'il peut gagner. Je suis désolé, mais si vous demandez à Jean-Luc Mélenchon dans les yeux, Jean-Luc, est-ce que tu penses que tu peux gagner ? Il a répondu, il a dit que tu peux gagner par un trou de souris. Pour moi, ce n'est pas rigolo. Il y a toutes les semaines des paysans qui se suicident, il y a toutes les semaines des gens qui travaillent à l'hôpital qui se suicident. Oui, la réponse est non. Dans l'équipe de Jean-Luc Mélenchon, personne ne pense qu'il peut gagner dans quatre mois si on continue à avoir sa dispersion.

Dans l'équipe de Yannick Jadot, dans l'équipe de Hidalgo, de Taubira, personne ne croit qu'on peut gagner. La vérité, c'est qu'ils se battent tous pour être le leader de l'opposition pour préparer dans cinq ans ou dans dix ans. Et donc moi, ça ne m'amuse pas. Je fais partie des millions de Français qui, toutes les enquêtes montrent qu'on est des millions à se dire, mais purée, on s'en fout de savoir qui est le chef d'équipe. On veut une équipe qui gagne et mettre en place une sixième république. Donc le rôle de celui qui sera à l'Elysée va diminuer. Donc on s'en fout de savoir qui est numéro deux. L'autre jour, j'ai dit ça à l'un des grands chefs.

Je lui ai dit, mais ou bien tu rentres dans la primaire et tu peux la gagner. Et même si tu ne la gagnes pas, donc même si on est juste à Matignon ou juste président ou président de l'Assemblée nationale, on peut être utile au pays. Je trouve ça ahurissant que tous, ils veulent une sixième république, tous, ils veulent un système moins monarchique, mais tous, ils se battent pour savoir qui sera à l'Elysée.

49:49
Présentateur

On peut aussi imaginer qu'il serait partant pour la primaire populaire si elle était une martingale ou au moins une idée qui pouvait, qui avait beaucoup de fortes chances de prospérer. Alors que l'histoire récente nous montre qu'en 2017, les primaires, ça n'a pas porté chance à François Fillon ni à Benoît Hamon, alors que le processus qui a couronné Benoît Hamon ressemble vraiment à ce qu'on pourrait appeler une primaire populaire. C'est-à-dire, c'était une primaire de toute la gauche où finalement, tout le monde pouvait venir se présenter et tout le monde pouvait venir voter. Mais au final, qu'est-ce qui s'est passé ?

Toutes ces personnes qui avaient validé le principe, elles ont lâché Benoît Hamon qui a fait 5%. Mais je pense d'abord, non, Benoît Hamon,

50:29
Pierre Larrouturou

le fait de gagner la primaire l'a propulsé à 16%. Et puis il est redescendu. Oui, mais peut-être parce que sa campagne sur le revenu universel, lui-même ne savait pas, je ne sais pas s'il y croyait vraiment. Et toutes les semaines, il changeait le contenu. C'était sa principale promesse, le revenu universel. Et à chaque fois qu'on lui demandait comment il le finançait, il changeait d'avis. Et à la fin, sa conscience économique...

50:46
Présentateur

Mais celui qui va gagner la primaire populaire peut aussi être hésitant de la même manière.

50:49
Pierre Larrouturou

Oui, mais attendez, s'il y avait une baguette magique, je vous l'aurais dit, vous seriez en train de me baiser les pieds si j'avais trouvé la solution.

50:54
Présentateur

Il faut un bon candidat à la base.

50:55
Pierre Larrouturou

Oui, il faut un bon candidat. Mais surtout, il faut une équipe. Il faut une équipe. Excusez-moi, mais Gabriel Boric, encore une fois, c'est marrant. Celui qui a gagné au Chili, c'était un gars qui était un peu modeste. Au début, pendant plusieurs mois, il a refusé d'être candidat parce qu'il disait je suis trop jeune, je ne suis pas assez expérimenté, je demande à quelqu'un d'autre. Et après ça, il a dit si j'y vais, c'est dans le collectif et c'est par la primaire. Donc évidemment, ça ne marche pas à chaque fois. Mais on voit qu'au Chili, ça a fonctionné.

On voit qu'en Hongrie, toutes les oppositions se rassemblent dans une primaire pour essayer d'avoir une chance de gagner le pouvoir en Hongrie, de mettre en place un système plus démocratique. Aux États-Unis, la plupart des gens pensaient que Donald Trump allait être réélu et parce que Bernie Sanders, certains poussaient Bernie Sanders à faire une campagne en solitaire et Bernie Sanders, Kamala Harris, au début, ils étaient très critiques contre Joe Biden, mais ils ont poussé Biden à muscler sa politique et ils ont gagné tous ensemble. Et maintenant, Bernie Sanders est le patron de la commission des budgets et il passe son temps.

Après ça, ce que je voudrais dire d'important, c'est qu'évidemment, aujourd'hui, on n'a aucun ou aucune candidate qui est complètement à la hauteur. Parlons franchement, s'il y en a un ou une qui était génial avec un beau projet et une personnalité remarquable, il serait déjà à 20% dans les sondages. Mais donc, si on fait une équipe et après ça, ceux qui vous disent lui, il est trop mou, je le rappelle que Léon Blum, quand il arrive au pouvoir, il ne veut pas des congés payés. Léon Blum arrive au pouvoir en pensant que les congés payés, c'est une erreur, c'est stupide. Et le peuple a mis Léon Blum au pouvoir, mais le peuple ne va pas se reposer.

Le peuple reste dans la rue, le front populaire et par des manifestations et par des fêtes, le peuple demande les congés payés et Léon Blum accepte. Et c'était mieux d'avoir Léon Blum, si on avait mis un homme de droite qui était au pouvoir, il aurait envoyé l'armée pour tuer le peuple. C'est-à-dire qu'avoir Léon Blum, même s'il était un peu moulasson, Léon Blum s'est laissé convaincre. Donc je préfère... François Hollande

52:33
Présentateur

a été mis aussi au pouvoir par le peuple.

52:35
Pierre Larrouturou

Et je pense qu'on sait... Pardon, excusez-moi, mais je fais partie des gens qui ont critiqué François Hollande dès le début. Avec Stéphane Hesselle, avec Michel Rocard, on avait dit dès le début que la politique de Hollande n'était pas bonne. J'ai fait une grève de la faim devant l'Assemblée nationale pour demander une autre politique. Je pense qu'on a fait une erreur, y compris c'est pour ça qu'on a créé une nouvelle donne, parce que Europe Écologie, pendant deux ans, a été au pouvoir et s'est laissé endormir par le PS. Donc on ne va pas refaire l'histoire. Mais oui, je ne vous propose pas de voter pour Tartampion et de dire on va aller se reposer pendant cinq ans.

On est sûr qu'on peut lui faire confiance à 100%, on lui fait un chèque en blanc. Non, je vous propose qu'on se batte pour obtenir cette primaire populaire, qu'on se batte pour gagner l'élection et que derrière, on continue à argumenter pour... Voilà, même Roosevelt, je suis d'un parti qui s'appelle Nouvelle Donne, mais Roosevelt demandait aussi au syndicat d'aller dans la rue. Il y a des moments quand Roosevelt voulait faire la séparagement des banques, quand Roosevelt voulait taxer les gens les plus riches, le lobby bancaire était furieux et voulait bloquer Roosevelt et Roosevelt se demandait aux citoyens d'aller dans la rue pour l'aider.

Voilà, je ne vous dis pas que la primaire populaire va régler tous les problèmes. Je vous dis juste que si on a quatre ou cinq candidats différents, c'est foutu et on va décourager tout le monde.

53:35
Présentateur

Alors un sondage dont vous avez d'ailleurs publié les conclusions sur Twitter a démontré que le second choix d'électeurs PS, ELV et France Insoumise au cas où leurs candidats n'étaient pas en liste, ces second choix étaient assez évocateurs. À la France Insoumise, un grand nombre va vers Jadot, Roussel voire même Hidalgo mais au PS et à ELV, un grand nom préfère Macron à Mélenchon. Du coup, on peut douter d'un effet d'entraînement d'un candidat commun.

Ces électeurs, finalement, ne se ressemblent pas tellement parce que autant l'électeur classique de la France Insoumise ou du Parti communiste est un anti-macroniste quasi-primaire, autant un électeur de ELV, par exemple, on s'est rendu compte que ceux qui avaient voté Macron en 2017 lors des Européennes ont voté ELV. Est-ce que sociologiquement, ils se ressemblent tellement ces électeurs ?

54:23
Pierre Larrouturou

Je crois qu'il y a beaucoup de gens, y compris qui avaient voté Emmanuel Macron au cas parce qu'il ne savait pas trop la dernière fois, se rendent compte aujourd'hui que Macron n'a tenu aucune de ses promesses et qu'il est dangereux pour l'avenir du pays. Je répète, on peut avoir un niveau de violence monstrueux si Emmanuel Macron passe en force pour baisser les retraites.

54:37
Présentateur

sociologiquement, est-ce qu'un électeur ELV ressemble forcément à un électeur FI ? Est-ce qu'ils sont capables d'être enthousiastes à l'idée justement d'aller dans le même élan, voter pour le même...

54:48
Pierre Larrouturou

Si on explique bien que de toute façon ce sera une équipe et que c'est sur des propositions concrètes et qu'on ne va pas laisser tous les pouvoirs à une seule personne. Aujourd'hui, soyons clairs, ni Jean-Luc Mélenchon, ni Yannick Yadot, ni Anne Hidalgo, ni Christiane Taubira ne provoquent un espoir démesuré. Je n'ai pas envie de faire un chèque en blanc à aucun d'entre eux. Par contre, j'ai envie d'être dans une équipe qui gagne, qui fait des politiques concrètes sur le logement, sur les retraites, sur la santé, sur l'agriculture et pour changer l'Europe.

J'ai envie d'être dans cette équipe et je crois que tous ceux dont j'ai donné le nom ont leur place dans cette équipe et que comme tous on veut une sixième république et qu'on veut un système plus démocratique, c'est juste ridicule de se battre pour savoir qui est le chef alors que dans une équipe tout le monde est important.

55:23
Présentateur

Alors, est-ce qu'il n'y a pas un côté un peu professionnel autoréalisatrice ? C'est-à-dire qu'en 2017, on a vu qu'effectivement il aurait été possible que Jean-Luc Mélenchon arrive au second tour malgré la multiplicité des candidats. Ça tenait à quelques centaines de milliers de personnes peut-être à quelques semaines de campagne. Quand on dit aujourd'hui de toute façon sans union, en fait on va perdre sachant que effectivement la première populaire ce n'est pas forcément l'idée qui va gagner là, là, maintenant, est-ce qu'on ne nourrit pas le narratif de la droite et de Macron sachant que... Vous pouvez me faire beaucoup de reproches mais je ne suis pas là

55:58
Pierre Larrouturou

pour apporter de l'eau au moulin d'Emmanuel Macron. Mais quelque part est-ce qu'il n'y a pas un aspect professionnel ? Non, non, non, c'est juste que la politique réalité, la politique ça fait un an que chacune et chacun, ça fait un an que Jean-Luc Mélenchon, ça fait un an qu'Yannick Jadot, ça fait un an que Anne Hidalgo est son candidat et on voit qu'il n'y en a aucun, aucune qui ne crée de l'an.

56:14
Présentateur

Mais au final, par exemple, imaginons qu'on arrive au mois de...

56:16
Pierre Larrouturou

Non, non, il n'est pas trop tard du tout pour faire cette primaire populaire. Le vote est prévu pour la fin janvier et même s'il fallait le faire le 10 février, ça n'est pas trop tard. Tous les politologues disent que la dernière fois ça s'est joué vers le 20 février quand justement il y a eu une union de la droite quand François Bayrou a retiré sa candidature pour soutenir Macron. De mémoire, c'était vers le 22 février et que rien ne s'était cristallisé la dernière fois avant le 22 février.

Donc ça aurait été mieux qu'on se rassemble avant Noël, ça aurait été un très beau cadeau pour Noël, mais il n'est pas trop tard si on se rassemble le fin janvier ou le 10 février ça n'est pas trop tard pour gagner ensemble.

56:46
Présentateur

Imaginons que ça ne se fait pas. Est-ce que vous allez rentrer à la maison ou alors vous allez finalement choisir un des candidats ?

56:55
Pierre Larrouturou

Maintenant la primaire populaire elle aura lieu. Maintenant ça y est, il y a Anne Hidalgo, il y a Christiane Covira.

56:59
Présentateur

Mais si elle se fait sur la base d'un corps électoral faible et si elle foire... C'est pour ça, pardon,

57:06
Pierre Larrouturou

je pense qu'on est tous les deux pères de famille, pour nous la politique c'est même ceux qui n'ont pas d'enfance sont aussi responsables que nous de l'avenir de notre pays. Pour nous c'est pas de la blague. Un enfant de 5 ans fait la différence entre ce qui est pour de vrai et pour de rire. Eh bien laisser Macron pendant 5 ans au pouvoir ce serait dramatique. Pour moi c'est très concret, je vois dans mon quartier des retraités qui arrivent à peine à vivre. L'autre jour j'ai vu une vieille dame qui rassemblait des pièces jaunes et des pièces rouges pour s'acheter des carottes râpées. Voilà, ça m'a frappé quand on allait au réveillon.

Je vois dans le supermarché de mon quartier cette vieille dame qui rassemble des petites pièces rouges et des petites pièces jaunes pour s'acheter des carottes râpées ça va être son réveillon. Donc imaginez qu'on a une réforme des retraites que Macron a tous les pouvoirs pendant 5 ans. Pour moi la politique c'est pas de la blague, c'est pas un truc théorique. Si j'ai fait une grève de la faim pendant 18 jours pour taxer la spéculation je pense qu'il faut absolument taxer la spéculation pour avoir plus d'argent pour les hôpitaux et pour gagner la bataille du climat.

J'ai été invité à Bamako en Afrique et ils parlent du sida climatique ils vous disent que le dérèglement climatique va faire autant de morts que le sida. Il m'a fallu plusieurs semaines pour retrouver le sommeil quand je suis revenu de Bamako. Pour moi c'est pas des problèmes théoriques. Donc je veux évidemment la primaire populaire ne suffit pas mais si on a une équipe il y a plein de gens aujourd'hui qui en ont marre de Macron qui comprennent que sa politique est dangereuse qui l'a menti. C'était le grand européen l'ami de Paul Ricoeur l'humaniste l'ami de Michel Rocard et tout ça c'était faux.

Ça n'est pas un humaniste ça n'est pas un vrai européen ça n'était pas ce n'est pas un héritier quels étaient les combats fondamentaux de la socio-démocratie comme la semaine de 15 jours. Donc il faut absolument qu'on se rassemble et je le redis à Jean-Luc Mélenchon à Yannick Jadot et aux autres réfléchissez avec vos enfants. Avant de prendre une décision je sais que vous êtes tous en train d'hésiter. J'ai des contacts avec tout le monde en fait ils ne sont pas sûrs de leur stratégie tous ils hésitent. Donc j'aimerais au lieu d'en parler avec votre petite équipe de conseillers qui grenouillent dans votre parti parlez-en avec vos enfants.

Qu'est-ce qui est bon pour l'avenir de notre pays et venez dans une équipe. Purée on peut être explosé de joie si on fait une équipe on peut gagner au mois d'avril et on peut changer la vie des gens.

59:02
Présentateur

Alors le message est passé et je voudrais qu'on parle un peu de vous pour clore cette émission d'être historiquement un militant socialiste qui a cheminé avec EELV avant de créer une nouvelle donne. Vous vous présentez d'ailleurs vous en parlez comme un proche de Michel Rocard c'est-à-dire un peu l'incarnation de la deuxième droite de la deuxième gauche sociale-démocrate voire sociale-libérale. Emmanuel Macron et Emmanuel Valls ils revendiquent également l'héritage de Michel Rocard donc de cette deuxième gauche.

Alors au lieu de vous demander ce qui vous oppose à Emmanuel Macron je vous ai demandé mais est-ce que ce n'est pas justement en fait le concept même de deuxième gauche qui a permis l'infiltration de personnages ultra-libéraux dans cette galaxie parce que finalement Emmanuel Macron est le produit du parti socialiste.

59:51
Pierre Larrouturou

Oui et je pense qu'il a contribué à tuer le parti ou à affaiblir très fortement le parti socialiste.

59:55
Présentateur

Michel Rocard n'est pas le début d'Emmanuel Macron. Moi je n'ai pas toujours

59:59
Pierre Larrouturou

été d'accord avec Michel Rocard il a fait campagne pour le oui en 2005 moi j'ai fait campagne pour le non parce que vous voulez une Europe plus sociale plus démocratique et dans sa dernière interview pardon mais par contre j'étais effectivement un ami de Michel Rocard et très heureux de me battre avec lui en particulier sur la semaine de 4 jours. En 1993 ça ne nous rajeunit pas quand on a lancé le débat sur la semaine de 4 jours Michel Rocard est le premier homme politique de top niveau qui a dit oui la semaine de 4 jours sans baisse de salaire est un objectif digne, urgent, responsable.

Il a dit Michel Rocard dit publiquement je me suis trompé quand j'étais à Matignon j'ai cru que la croissance allait revenir allait régler les problèmes et Michel Rocard publiquement a dit la croissance ne reviendra jamais suffisamment la croissance n'est plus la solution il faut aller vers la semaine de 4 jours et 3 semaines avant de partir à l'hôpital il savait qu'il allait bientôt finir sa vie Michel Rocard a fait une grande interview où il a redit que la réduction du temps de travail la semaine de 4 jours était le combat fondamental pour donner du travail à tout le monde et pour permettre à tout le monde de lutter contre les burn-out de lutter contre la fatigue au travail contre le surmenage et pour avoir du temps pour vivre du temps pour soi du temps pour les gens qu'on aime Michel Rocard dans sa dernière interview dit c'est le combat fondamental l'arrêt du champ est en travail et il se moquait de Manuel Valls et de ce pauvre Macron qui n'avait pas compris ce combat donc il y a plein de gens très différents qui se disent être les héritiers de Michel Rocard moi je n'ai pas toujours été d'accord avec Michel Rocard mais c'est un homme qui agissait pour le bien commun qui essayait de réfléchir qui essayait de dialoguer et ça je pense que ce sont des qualités toujours importantes

1:01:23
Présentateur

alors j'ai un peu vous en avez parlé j'ai fouillé j'avais aussi fouillé les archives et vu que vous n'avez pas voté oui pour le référendum sur le traité constitutionnel européen alors que vous dites que vous êtes un fédéraliste européen pourquoi vous n'avez pas voté oui

1:01:35
Pierre Larrouturou

je ne sais pas si je dis que je suis un fédéraliste mais je pense qu'il y a des sujets je pense qu'il faut arrêter de dire que l'Europe quand on nous dit l'Europe 80% des règles viennent de l'Europe c'est faux il y a plein de choses très importantes qu'on peut faire au niveau français les questions d'éducation les questions de santé les questions de retraite

1:01:48
Présentateur

vous avez été contre

1:01:50
Pierre Larrouturou

le traité constitutionnel européen mais pardon parce que je pense qu'il faut une Europe plus sociale une Europe plus démocratique une Europe qui taxe la spéculation une Europe qui crée un impôt sur les bénéfices au lieu de continuer la concurrence fiscale et ce TCE était un traité néolibéral l'Europe qu'on nous proposait n'était pas assez démocratique la bonne nouvelle c'est que la gauche qui se rassemble en Allemagne les écolos et les sociodémocrates ont redit encore la semaine dernière qu'ils voulaient mettre en place un système beaucoup plus démocratique au niveau européen parce qu'aujourd'hui au niveau européen ce sont les chefs d'état qui ont le pouvoir et la règle d'unanimité continue à s'imposer par exemple

1:02:20
Présentateur

la coalition aujourd'hui au pouvoir en Allemagne elle est fédérale elle est pour une Europe fédérale et elle est également pour une arrivée très forte à l'OTAN mais pardon excusez-moi Théo

1:02:31
Pierre Larrouturou

l'Europe fédérale ça veut un peu rien dire parce qu'une Europe fédérale il y a des gens qui veulent une Europe fédérale avec un taux d'impôt sur les bénéfices à 0% et il y en a qui veulent un impôt utiliser l'Europe pour taxer un peu plus pour taxer la spéculation pour taxer les milliardaires donc moi je suis en disant aucun pays tout seul ne peut augmenter son impôt sur les sociétés aucun pays tout seul ne peut mettre en place une vraie taxe sur la spéculation aucun pays tout seul ne peut mettre en place une taxe sur les milliardaires mais par contre au niveau européen même si on n'est que 9 ou 10 pays on peut mettre en place une taxe sur les milliardaires on peut mettre en place une taxe sur la spéculation donc le mot je ne suis pas pour un voilà j'ai voté non j'ai voté non en 2005 parce que le traité qu'on nous proposait en 2005 n'était pas une Europe démocratique et n'était pas une Europe sociale mais la coalition allemande au pouvoir aujourd'hui elle est très pro-OTAN par exemple c'est encore autre chose non et en même temps ils veulent une capacité de défense européenne je pense qu'on peut rester mais ils veulent quand même

1:03:21
Présentateur

un arrimage à l'OTAN

1:03:22
Pierre Larrouturou

on peut rester dans l'OTAN on est dans l'OTAN on peut ne pas casser est-ce qu'on se fait plaisir en cassant ce qui existe ou est-ce qu'on se dit ce qui existe c'est pas génial mais je ne vais pas le casser je veux créer une force autonome en 92 quand c'était l'horreur à Sarajevo vous vous souvenez il y avait eu plus de 5000 morts c'était la barbarie à Sarajevo et les Etats-Unis ne sont pas intervenus déjà en 92 tout le monde a dit il faut que l'Europe ait une capacité d'action quand c'est la barbarie une capacité militaire pour agir quand c'est la barbarie une capacité pour construire la paix en 93 quand c'était les accords d'Oslo on pensait que la paix était possible entre Israël et la Palestine et la photo historique on l'a vu c'était à Washington mais si on les appelle les accords d'Oslo c'est parce que l'Europe a beaucoup aidé et en 93 on s'est dit l'Europe peut avoir un rôle diplomatique important pour faire la paix entre Israël et Palestine et aujourd'hui on est en 2022 et l'Europe n'a aucune capacité d'action donc moi le but à mon avis n'est pas du tout de sortir de l'OTAN le but est plutôt de créer une capacité autonome pour un certain nombre de pays d'Europe pour avoir une diplomatie une capacité d'action militaire et il n'y a pas besoin d'unanimité tous ceux qui vous disent l'Europe c'est foutu il faut sortir des traités parce que de toute façon on ne pourra pas changer parce qu'il faut l'unanimité c'est faux par exemple l'espace Schengen vous savez le fait qu'on peut aller de la France à l'Espagne sans avoir des barbelés et bien au début on n'était que 5 pays dans l'espace Schengen 5 pays puis l'année suivante 8 et maintenant on est 26 pareil pour la monnaie unique on n'a pas tendu l'unanimité donc ce que je voudrais c'est qu'on arrive au pouvoir avec une équipe où il y a Jean-Luc Mélenchon Anne Hidalgo Yannick Jadot tous on arrive ensemble au mois d'avril et on est capable de relancer la négociation européenne sur une Europe plus démocratique ce que veulent les Allemands une Europe plus sociale une Europe qui taxe la spéculation les Allemands qui arrivent au pouvoir les amis écolos et socialistes sont ensemble les écolos et les socialistes sont ensemble au pouvoir ils veulent augmenter le SMIC ils veulent trouver de l'argent pour tenter du charbon les libéraux sont aussi dans une coalition mais ceux qui sont majoritaires vous le savez ceux qui sont majoritaires ce sont les socialistes et les écolos et ils espèrent trouver des financements pour leur système de santé pour leur retraite et pour le climat

1:05:14
Présentateur

en tout cas le sujet Europe il est passionnant on aurait pu le développer plus longuement mais on le fera une autre fois parce que on arrive à la fin de cette matinale merci Pierre Larouturou d'avoir été notre invité fil rouge pour cette première contre-matinale de l'année 2022 merci à vous aussi de nous avoir écoutés je rappelle que le média est indépendant des puissances financières et des institutions et ne vit que des cotisations de ses sociaux et des dons de ceux qui l'aiment le média est fragile pour le rendre plus fort et pour vous rendre plus fort soutenez-nous par des petits pouces bleus des partages des dons et des abonnements si vous le pouvez revenez à 19h ce soir pour l'instant Thomas Porcher notre économiste maison et Lisa Lab feront une sorte de bilan 2021 et de prospectif pour 2022 nous nous sommes demandés avec Pierre Macron peut-il perdre et eux ils se posent la question et si Macron gagnait quant à moi je vous retrouve ici même demain et je vous dis à demain 1

1:06:13
Locuteur

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