Emmanuel Macron au Royaume-Uni: son discours en intégralité devant le Parlement britannique
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le Premier ministre, madame, honorable ministre, monsieur le Président, monsieur le Lord Speaker, honorable membre du Parlement, membre de la House of Lords, mesdames et messieurs. J'aimerais premièrement vous remercier, monsieur le Président de l'Assemblée, pour votre accueil au nom de ma femme Brigitte, moi-même et ma délégation. Merci du fond du cœur. C'est un grand honneur de m'exprimer devant les deux chambres du Parlement anglais, à la fois la Chambre des députés et la Chambre des Lords, qui est un lieu historique où l'histoire d'ailleurs continue de se faire. Un lieu où la démocratie moderne se base sur la représentation démocratique, et où la démocratie d'ailleurs est liée.
Votre peuple nous a inspirés, et notamment a inspiré mes compatriotes, et nous vous regardons avec respect et avec admiration. En France, Montesquieu, Rousseau, se sont inspirés des travaux de Locke, de telle mesure que les lettres philosophiques de Rousseau, auxquelles je fais souvent référence, comme les lettres aux Anglais dans mon pays. Mais ne me méprenez pas. Je ne vais pas jusqu'à dire que l'Angleterre a donné naissance à la Révolution française. Toutefois, je dois avouer que nous aimons la monarchie, mais surtout quand ce n'est pas chez nous.
Et je crois profondément que depuis la Magna Carta jusqu'à la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776, puis la déclaration des droits de l'homme et du citoyen en France en 1789, le même chemin s'est tracé vers l'ordre démocratique et l'État de droit. Et tant de fois, ce chemin a été tracé par la France, par exemple dans les Ardennes, dans les Vosges, en luttant contre les forces allemandes, par exemple de 1914 à 1918. Tant de fois, nous nous sommes éloignés de ce chemin. Il a fallu reconquérir les côtes normandes comme nos ancêtres, centimètre par centimètre. Et il y a eu aussi le débarquement de 1944.
Et j'aimerais remercier le Premier ministre Starmer ici pour avoir assisté aux célémonies du 8 novembre de l'année dernière pour honorer nos soldats morts au combat, qui était le Premier ministre anglais qui a passé l'armistique à Paris en 80 ans. Merci beaucoup. Le peuple français n'oubliera jamais les sacrifices réalisés par le peuple britannique pour protéger l'Europe et le monde lors des deux guerres mondiales et pour faire respecter avec une détermination la promesse de notre entente cordiale. Nous n'oublierons jamais le soutien aussi de vos ancêtres aux forces françaises dans leur combat contre la barbarie des nazis.
Et Winston Churchill était l'un des visionnaires qui a su voir l'intérêt d'une alliance transatlantique force et une alliance dans laquelle nous croyons profondément encore aujourd'hui. Il a transmis cette vision d'un ordre mondial qui est basé sur la loi, la justice et le respect pour l'intérité territoriale. Un ordre qui aujourd'hui est attaqué tous les jours. Comme nous le voyons, il y a des attaques de direction sur nos démocraties. Il y a le retour aussi de la guerre sur notre continent, la résurgence de l'impérialisme et des pouvoirs qui déstabilisent le monde et qui ne respectent pas les droits internationaux et qui essayent de déstabiliser le monde à leur avantage.
Monsieur le Président, vous et vos prédécesseurs sont devenus célèbres, je dois dire, même en France, par la manière avec laquelle vous avez restauré l'ordre dans vos cours, avec votre manière de dire toujours ordre, ordre, pour appeler les gens à l'ordre. Et aujourd'hui, nous voulons aussi dire ordre avec vous pour mettre un peu d'ordre justement dans le monde. En tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, nous sommes pleinement engagés en faveur du multilatéralisme. Et la France et le Royaume-Uni doivent une fois encore montrer au monde que notre alliance peut faire toute la différence.
Cela est clair et nous devons travailler ensemble pour défendre un multilatéralisme efficace,
mais aussi pour protéger l'ordre international tel que nous l'avons forgé après la Deuxième Guerre mondiale.
Et premièrement, dans notre soutien à l'Ukraine, qui a été attaquée illégalement,
et où nous nous sommes coordonnés avec les États-Unis pour créer les conditions nécessaires pour une paix durable et robuste. Je veux vraiment féliciter votre pays. Dès le premier jour et même avant le premier jour, vous avez fait partie des alliés les plus étroits, les plus solides de l'Ukraine. Vous avez formé leur armée, vous êtes là depuis le premier jour à protéger le président Zelensky, son gouvernement. Et à permettre aux forces simplement de résister, comme vous l'avez fait il y a déjà des décennies avec mon pays. Et ensemble, nous avons travaillé dur ces dernières années pour résister auprès du peuple ukrainien, pour les aider eux-mêmes à résister. Nous avions...
C'était le bon choix à l'époque et c'est toujours le bon choix. Et comme les forces de Poutine avancent encore aujourd'hui en Ukraine, c'est une menace qui pèse sur nous tous. Et nous n'accepterons jamais que ce soit la loi du plus fort. Et je veux dire clairement que nous sommes là ensemble, avec vous, monsieur le Premier ministre. Eh bien, ensemble, nous avons lancé en février cette coalition que vous venez de mentionner, cette coalition des volontaires qui signale que les Européens n'abandonneront jamais l'Ukraine.
Et quelles que soient les décisions qui seront prises ailleurs, nous nous battrons jusqu'à la dernière minute pour nous assurer qu'il y aura un cessez-le-feu et commencer des négociations pour bâtir cette paix robuste et durable. Car c'est aussi notre sécurité et ce sont aussi nos principes qui nous unissent et c'est ce qui est en jeu en Ukraine. C'est la possibilité de cette Europe en paix. Notre génération a profité de cette paix et c'est cela qui est en jeu en Ukraine, rien de moins. Et ensemble, nous allons poursuivre ces efforts.
Nous avons aussi résisté ensemble pour demander un arrêt des hostilités et une paix au Moyen-Orient, depuis que la spirale de la violence a été lancée après les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas. Ensemble, nous lançons un appel pour la libération de tous les otages. Ensemble, nous appelons aussi à un cessez-le-feu à Gaza.
C'est une question d'urgence absolue
de mettre fin à la souffrance des otages et des Gazaouis. Une guerre sans fin et sans stratégie, sans objectif, pose une menace immense à la région et à notre sécurité collective. Aujourd'hui, la démonisation a lieu et ne peut jamais être justifiée.
Ensemble, nous sommes conscients que trouver une issue politique est cruciale
et je crois qu'à l'avenir, une solution à deux États sera la base de l'architecture de la sécurité et cela permettra à Israël de vivre en paix et en sécurité à côté de ses voisins. Mais je dois le dire clairement, appeler aujourd'hui à un cessez-le-feu à Gaza sans aucune condition. C'est simplement dire au reste du monde que pour nous, en tant qu'Européens, il n'y a pas de double standard. Et comme nous sommes attachés à la vie humaine, mais aussi à l'intégrité territoriale, nous souhaitons se cesser le feu, tout simplement.
Aujourd'hui, travailler ensemble pour reconnaître l'État de Palestine et pour mettre en place ce dynamisme politique, je pense que c'est le seul moyen d'avancer vers la terre. Car depuis les accords d'Oslo en 1993, avec le problème de Gaza, mais aussi avec la césure d'un nazi attaqués tous les jours, eh bien la perspective de l'État palestinien n'a jamais été mise en danger comme c'est le cas encore aujourd'hui. Et donc l'objectif de cette reconnaissance n'est pas simplement pour remplir notre devoir, c'est aussi un moyen de rouvrir, de redonner une perspective politique et de refuser une réponse, un non qui serait simplement basé sur la sécurité.
Et c'est pourquoi la solution à deux États et la reconnaissance de l'État de Palestine est pour moi le seul moyen de bâtir la paix et la stabilité pour tous dans l'ensemble de la région.
Cette approche s'aligne sur notre refus commun
de tolérer les menaces posées par l'Iran, qui pourrait avoir des armes nucléaires. Car nous savons si bien quelles sont les limitations des solutions basées sur la force et la tentation de vouloir apporter un changement de régime. Et la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, en coordination avec toutes les parties prenantes, ont le devoir d'imposer des négociations strictes qui garantiront un suivi international du programme nucléaire de l'Iran sur le long terme, de manière à préserver le cadre de non-prolifération nucléaire dans le monde comme base de la sécurité collective. Et c'est avec cette même cohérence et cette même fermeté que nous devons agir pour défendre l'ordre mondial.
En Afrique, nos deux pays ont un passé particulier
qui nous permet aujourd'hui d'envoyer un message de conciliation et de refuser de l'influence des étrangers et de respect de la souveraineté territoriale et économique.
Dans l'Indo-Pacifique, notre histoire nous donne aujourd'hui
cette position de surveillance de la navigation et de faire respecter le droit international.
L'alliance donc entre la France et le Royaume-Uni
n'a jamais failli malgré tous ces défis. Elle ne fait que devenir plus forte. Et ces dernières années, d'ailleurs, cette alliance s'est vraiment renforcée. En matière de défense et de sécurité, le traité de Lancaster-Hars a montré que nous sommes disposés à coopérer sur tous les sujets les plus épineux liés à notre souveraineté, notre sécurité. Et nous avons continué notre entente cordiale, même si certains l'ont appelé une entente frugale. Et cela fait 15 ans que nous continuons donc à poursuivre nos efforts.
À ce sommet bilatéral aujourd'hui, nous allons commencer une nouvelle étape qui va encore renforcer cette coopération dans les deux pays qui sont les deux États européens qui ont l'arme nucléaire et qui représentent 40 % du budget militaire européen vont assumer la responsabilité de la sécurité européenne. D'autant qu'il y a de plus de menaces aujourd'hui avec de nouvelles puissances nucléaires, les nouvelles alliances et les retours de grands conflits sur notre continent.
C'est pourquoi aujourd'hui notre sommet est si important
et que l'annonce que je vais faire est historique. Les capacités identifiées il y a 15 ans à Lancaster-Hars doivent être augmentées dramatiquement en proportion aux menaces. Notre coopération industrielle doit aussi avancer au niveau supérieur et notre relation avec l'Europe doit changer, même dans le domaine de la souveraineté. Il y a une attente en Europe et face à nos voisins révisionnistes, nos deux pays doivent assumer une responsabilité spéciale en matière de sécurité pour notre continent. Et il est temps d'articuler cette volonté de sécurité et pourra paraphraser ce qui a déjà été dit
pour nous assurer que nos deux pays
vont sauver l'Europe aussi par leur exemple et par leur solidarité. Mais je vous donnerai davantage de détails sur ce sujet jeudi lors de notre sommet. Mais en tout cas, il faut vraiment s'engager pour atteindre 3,5% de dépenses, de dépenses de dépenses pour les années à venir. Et ce n'est pas simplement dépenser de l'argent, mais c'est vraiment augmenter notre coopération ensemble. C'est aussi réduire notre dépendance et bâtir un pilier européen plus solide dans l'OTAN. Nous devons travailler ensemble pour coopérer comme nous l'avons fait il y a déjà quelques années au Sahel.
Nous devons coopérer pour bâtir un nouveau programme de commande
pour accroître la coopération entre nos industries
et pour avoir une Europe de la défense
qui va plus indépendance et plus solide. Deuxièmement, en ce qui concerne le climat et la biodiversité, ensemble nous sommes engagés en faveur de la planète face à une nouvelle vague réactionnaire dans le monde. Nous défendons aussi la mise en œuvre de nos ambitions climatiques, par exemple en éliminant les carburants fossiles, en défendant les forêts, avec une coalition que nous allons créer pour la prochaine COP30 à Belém.
Nous travaillons ensemble à la ratification d'un nouveau programme pour la protection des océans, en mobilisant différents secteurs d'activité, en réformant le système d'aide publique au développement de manière à mieux respecter les personnes et la planète, là où nous travaillons. Et nous travaillons très activement, main dans la main, sur les questions de la biodiversité et des crédits de biodiversité. Le rapport que nous avons commandé ensemble, un rapport franco-britannique, lors de la visite du roi Charles en France, est excellent et nous allons d'ailleurs l'approuver et le mettre en œuvre. Et nous allons continuer de travailler ensemble pour faire avancer ce travail.
Maintenant, ce qui concerne la migration, et je crois qu'ici, dans votre pays, vous attendez de savoir ce que j'ai à dire ici. Il y a bien sûr le désir d'aller chercher une meilleure vie ailleurs et légitime. Mais nous ne pouvons pas pour autant accepter qu'il y a des réseaux criminels qui exploitent ces migrants avec si peu de respect pour la vie humaine. La France et le Royaume-Uni ont une responsabilité commune
pour traiter la migration avec humanité,
solidarité et fermeté. Les décisions que nous prendrons lors de notre sommet bilatéral répondront à nos besoins de coopération
et nous devons atteindre des résultats tangibles
sur ce sujet. Nous avons demandé nos deux ministères de travailler ensemble, nos deux ministères de l'Intérieur, et je salue d'ailleurs la coordination étroite. mais notre objectif, clairement,
c'est d'atteindre encore la meilleure coopération
qu'il n'y a jamais entre nos deux pays pour vraiment résoudre ce problème aujourd'hui qui pèse si lourd pour nos deux pays. Mais je vous rappellerai aussi
qu'alors que nous faisons ces efforts bilatéraux
et que nous accélérons notre coopération, qu'un tiers des personnes qui rentrent dans la zone Schengen légalement essayent de traverser la Manche. Et nous ne trouverons qu'une solution durable et efficace uniquement s'il y a aussi une action au niveau européen et s'il y a une coopération entre les pays, notamment les premiers, les premiers arrivés sur le sol européen. En travaillant aussi avec les pays de départ et de transit, en essayant de limiter les routes de migration et en résolvant les autres facteurs également. Mais soyons clairs, nous allons atteindre des résultats ensemble, car c'est une question qui accable nos deux pays. Maintenant, l'économie.
Nos échanges commerciaux ont été ravivés et ils sont revenus au niveau pré-Brexit. Les 3 500 entreprises françaises qui sont présentes au Royaume-Uni sont le deuxième employeur étranger dans votre pays et vice-versa. Et nous voulons faire plus. Nous allons multiplier nos efforts lors de notre sommet. Nous allons apporter plus d'investissements, notamment des investissements stratégiques dans les domaines de l'espace et de l'énergie, où notre coopération date depuis longtemps. Et nous voulons ouvrir encore une nouvelle ère. Depuis la dernière fois qu'un président français a été exprimé devant vous, en 2008, le monde a changé.
Premièrement, bien sûr, car le peuple britannique souverain a choisi de quitter l'Union européenne en 2016, une décision que nous respectons, même si nous la trouvons particulièrement regrettable. Je suis conscient que je suis le premier chef d'État européen à réaliser une visite d'État depuis que le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne. Et je m'en compte de l'importance de ce moment aujourd'hui.
Il nous a fallu quelques années pour y parvenir,
mais nous avons maintenant bâti de nouvelles bases pour notre relation avec des accords de coopération, de commerce qui ont été renforcés par le cadre de Windsor. Et certains d'entre nous, d'ailleurs, ont travaillé dur sur ces textes. Moi, j'en ai de très bons souvenirs. Je soutiens les efforts du Premier ministre Starmer pour garantir la conformité avec les accords qui ont été conclus et renforcer ce cadre par le biais d'une coopération ciblée dans notre intérêt commun. J'accueille aussi favorablement que le 19 mai, nous avons pu définir une feuille de route pragmatique entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur la défense, l'énergie, le climat et d'autres questions.
Mais alors que quitter l'Union européenne n'a pas signifié que le Royaume-Uni a quitté l'Europe, eh bien, répondre à tous les défis de l'Europe ne doit pas se limiter à l'Union européenne uniquement. Ce qui est en jeu aujourd'hui en Europe,
c'est notre capacité à assumer toutes nos responsabilités
pour garantir la sécurité de notre continent. Et ce qui est en jeu aussi aujourd'hui en Europe, c'est notre capacité d'investir dans des technologies clés pour l'avenir, l'intelligence artificielle, les technologies quantiques, l'aérospatiale, les sources décarbonisées et d'autres types d'énergie encore, pour éviter les dépendances stratégiques et le désengagement qui posera des risques pour nous et notamment le risque d'une mort lente.
car en effet, nous devons limiter les risques
dans notre économie et dans nos sociétés. Premièrement, le risque de manque d'innovation que nous avons d'ailleurs connu ces dernières décennies si nous comparons nos pays aux États-Unis. Mais nous devons aussi limiter les risques pour nos propres pays. Par exemple, nous avons cette dépendance excessive vers les États-Unis et la Chine. Même si ce ne sont pas deux pays égaux pour nous, nous avons une forte alliance d'un côté et parfois nous avons un partenaire qui peut aussi poser des défis, qui est la Chine. Mais en tout cas, soyons réalistes.
Si les Européens, si le Royaume-Uni et la France
ne travaillent pas ensemble
de manière à bâtir des chaînes logistiques solides
et de manière à réduire nos dépendances dans ces domaines critiques que je viens de mentionner, si nous dépendons toujours à la fois des États-Unis et de la Chine, eh bien, je crois que nous voyons clairement quel sera notre avenir et l'avenir de nos enfants. D'un côté, des surcapacités et des subventions excessives qui sont des menaces vis-à-vis d'échanges commerciaux justes. Et cela crée de nouvelles dépendances commerciales. Et d'un autre côté, ça peut être une guerre commerciale qui est aussi une décision explicite, c'est-à-dire de ne plus respecter l'OMC. Et ce doux commerce que nous aimions tant jusqu'à aujourd'hui.
Nous n'avons donc pas d'autre choix si nous voulons être lucides, si nous voulons bâtir un avenir durable pour nos enfants. Nous devons réduire les risques qui sont posés à nos économies, à nos sociétés, de ces deux types de dépendance. Nous voulons un monde ouvert, bien sûr. Nous voulons coopérer. Mais nous ne voulons pas dépendre des autres. Et dès qu'il y a une dépendance, dès que nous ne sommes pas capables de décider pour nous-mêmes ou de ne pas être d'accord, c'est le début de notre problème. Nous avons un problème.
Et c'est pour ça que nous devons travailler dur ensemble sur ces domaines technologiques et économiques de manière à renforcer nos chaînes de valeurs ensemble et réduire notre dépendance. Mais ce qui est en jeu aussi en Europe aujourd'hui, c'est la défense du modèle démocratique alors qu'il y a des interférences étrangères, la domination des esprits par l'addiction des réseaux sociaux et de mauvaise influence.
C'est le même défi que nous voyons aussi
à l'ère numérique en général, avec des restrictions en ligne, nous devons la protection des enfants contre les réseaux sociaux et les écrans, qui était d'ailleurs brutalement mis en lumière par la série britannique Adolescence il y a juste quelques mois. Et c'est un autre type de risque d'être vulnérable face à des algorithmes qui sont conçus aux Etats-Unis, être vulnérable face à des algorithmes qui sont conçus en Chine, avec des réseaux sociaux qui ne sont même pas permis, que les adolescents chinois ne peuvent même pas regarder. Cela, c'est intolérable. Et cela nous laisse ouverts à des interférences de la Russie et d'autres endroits.
et la force de nos démocraties dépendent de notre capacité à créer de nouvelles réglementations de manière à mieux protéger nos enfants et notre démocratie et nos débats démocratiques, notre relation avec la science et la vérité.
Sinon, notre avenir sera décidé
par les autres personnes, par ceux qui construisent ces algorithmes. Nos deux pays sont parmi les plus anciennes nations souveraines d'Europe et la souveraineté veut dire beaucoup de choses pour nous. Et tout ce que je viens de vous dire est lié à la souveraineté. Décider pour nous-mêmes, choisir nos technologies, notre économie, notre diplomatie et décider des contenus que nous voulons partager, les idées que nous voulons partager et les controverses que nous voulons partager aussi.
Et le Royaume-Uni,
même s'il ne fait pas partie de l'UE, ne doit pas rester sur le côté. Car la défense et la sécurité, la compétitivité, la démocratie, qui est vraiment le cœur de notre identité, c'est quelque chose qui nous connecte à travers toute l'Europe, dans l'ensemble du continent. Et vous m'avez compris. Ce qui compte, c'est surtout de ne pas nous éloigner. Et donc, il faut avancer côte à côte sur ces choix stratégiques qui nous attendent pour éviter le risque d'effacement, de division ou d'oubli. Une certaine idée de l'Europe doit continuer de nous connecter encore aujourd'hui.
Et c'est aussi le sens
de la communauté politique européenne qui a montré sa capacité à réunir la famille européenne dans l'ensemble du continent européen pour répondre aux questions liées à la stabilité, la sécurité et la coopération entre les États de manière très concrète. Et le Royaume-Uni joue son rôle complet ici, comme il l'a déjà démontré il y a un an au sommet de Manheim.
Et je crois que nos deux pays
vont continuer d'être les moteurs du changement, les moteurs de cette Europe élargie et de cette convergence.
Nous devons pouvoir compter
sur notre économie, nos relations culturelles, nos relations universitaires pour faire face à tous ces changements. Et j'accueille favorablement tous les accords qui ont été passés entre nos universités, nos recherches d'institutions, nos musées et qui vont aussi être signés en marge de ces visites et qui participeront à nos programmes respectifs pour réindustrialiser nos pays, pour renforcer notre indépendance stratégique dans des secteurs clés, que ce soit l'intelligence artificielle ou la culture, par exemple. Nos deux pays sont des leaders en Europe
en ce qui concerne justement
l'intelligence artificielle. Mais la concurrence des États-Unis et de la Chine est féroce et l'Europe ici doit multiplier ses investissements. C'est pour ça aussi que nous devons travailler ensemble.
Alors que le tunnel sous la Manche
c'est 30 ans cette année, faisons un souhait ici, aujourd'hui,
un vœu.
Il ne faut pas que la Manche devienne plus large. Au contraire, car même s'il y a 300 000 Français qui vivent au Royaume-Uni
et plus de 150 000 Britanniques
qui vivent en France,
il y a eu un déclin
des relations ces dernières années en matière d'école, de recherche universitaire, d'échange scolaire universitaire. Et aujourd'hui, il y a ce risque que nos sociétés s'éloignent et que les jeunes ne se connaissent pas aussi bien qu'ils le faisaient par le passé, que l'on finisse par être des étrangers. À un moment où les courants internationaux nous rappellent chaque jour que nous devons lutter pour notre avenir commun. Donc, travaillons ensemble de manière à faciliter l'échange des étudiants, de chercheurs, d'intellectuels, d'artistes.
Cela est très important.
Permettons à nos enfants d'avoir les mêmes opportunités que ceux des périodes passées.
Chers membres du Parlement,
chers lords, demain, au British Museum, nous allons annoncer officiellement un échange historique.
Alors que s'approche
le millième anniversaire de la naissance de Guillaume le Conquérant,
la France prêtera au Royaume-Uni la tapisserie de Bayeux. Je dois dire que ce projet
a fallu plus d'années pour mettre en place ce projet que le Brexit lui-même, car nous l'avons lancé
avec Theresa May
lors d'un sommet il y a déjà plusieurs années. Mais bon, nous y sommes finalement arrivés. Et donc, cette tapisserie va être
exhibée à Londres
alors que les musées de Rouen et de Caen vont recevoir aussi des trésors britanniques
en prêt.
Et je crois que ces échanges de prêts
de trésors nationaux fascinants seront particulièrement positifs
pour notre futur en ce qui concerne la culture. Et je crois que cet échange qui aura lieu entre l'été 26 et l'été 2026, je crois qu'il sera le début de cette nouvelle ère d'échange, de cette réouverture de ces alliances mutuelles. L'époque de Guillaume le Conquérant est finie, tant mieux. Et les règles de la cavalerie aussi. Notre entente cordiale qui a été signée il y a 126 ans
a permis à nos pays
de rapprocher ses avenirs pour protéger les équilibres stratégiques européens et de mettre en place une époque de coopération qui a remplacé nos champs de bataille par des terrains de foot
et de rugby.
À l'invitation de Sa Majesté le Roi Charles III
que je remercie profondément
pour son hospitalité et sa relation très spéciale et de très longue date avec mon pays, eh bien je suis venu ici
pour renouveler
le message d'admitié et de fraternité du peuple français. Oui, enfin nous nous réunissons de nouveau
et nous devons
nous assurer que nous nous rencontrerons encore pendant de nombreuses années et décennies
car nous sommes reliés
par notre géographie, par notre passé, mais nous sommes aussi reliés
par notre avenir commun. et le seul moyen
de surmonter les défis qui nous accablent, les défis de notre époque,
sera
d'avancer ensemble, main dans la main et pour le contre-épaule car c'est notre destinée
commune.
Longue vie à l'amitié de la France et du Royaume-Uni. Vive le Royaume-Uni et vive la France.
Emmanuel Macron