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InterviewJean-Philippe C· 24 novembre 2019 8 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & élections

Réaction des eurodéputés José Bové et Catherine Grèze à propos de Hasankeyf, Turquie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Que peuvent faire les eurodéputés pour convaincre la Turquie de renoncer au barrage d'Ilisu et protéger Hasankeyf ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:01Catherine GrèzeFait
    « Ce que nous avons découvert en allant à Belo Monte, c'est qu'on peut faire des barrages pour tout autre chose que de l'énergie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

J'aurais une question, cette fois, qui concerne la politique internationale de l'Europe, et qui concerne un dossier un peu similaire à celui du barrage du "Belo Monte", dans lequel s'était investi Mme Catherine Grèze. Il s'agit du projet de barrage d'Ilısu, près de la ville de Hasankeyf en Turquie. Il s'agit d'une ville très ancienne, qui est un des lieux qu'on considère comme le berceau de la civilisation.

Il faut savoir que c'est le seul site au monde à répondre à 9 des 10 critères pour être sur la liste du "Patrimoine mondial de l'humanité" Mais simplement la Turquie n'a pas fait la demande pour figurer sur cette liste, car elle a un autre projet pour cette ville, qui est de construire un barrage qui va noyer cette ville et la vallée qui l'entoure sous les eaux. Au-delà des graves conséquences culturelles et écologiques, il pourra aussi y avoir des répercussions diplomatiques et humanitaires, car le fleuve Tigre va voir son débit diminuer, et les populations en aval seront affectées. Et je me demandais ce que pouvaient faire les eurodéputés pour convaincre la Turquie de renoncer à ce projet de barrage, et de faire la demande pour mettre Hasankeyf sur la liste du "Patrimoine mondial" de l'Unesco.

Et peut-être s'il était possible d'encourager la Turquie à développer le tourisme, qui peut être une alternative économique pour Hasankeyf. [Réponse de Mme Catherine Grèze] Si la question m'est adressée, je vais tenter d'y répondre. Cette question des barrages est extrêmement intéressante, parce que, en réalité, elle soulève toute la question de l'énergie d'abord, et de quel type de développement on veut.

Je vous remercie d'avoir fait allusion à Belo Monte, parce que, ce que nous avons découvert en allant à Belo Monte, c'est qu'on peut faire des barrages pour tout autre chose que de l'énergie. Ce qui nous est vendu, c'est une question énergétique, par le Brésil, avec en plus tout un discours sur les énergies renouvelables. La réalité est tout autre.

Le barrage de Belo Monte, c'est : on détourne le fleuve "Xingu" de plus de 100 kilomètres, c'est à dire des travaux plus importants que le canal de Panama, non pas pour faire de l'énergie mais pour assécher un fleuve, parce qu'en-dessous il y a des mines d'or, il y a des mines de diamants. Et puis parce que, dans le consortium qui construit ce chantier qui s'étale sur plus de 600 Kilomètres de long, eh bien il y a tout le BTP qui a financé la campagne de Dilma Roussef. Donc on voit, que l'on soit au Brésil ou, si j'ose dire, plus près de chez nous en Europe, toutes les questions de conflits d'intérêts, les questions de détournement aussi d'un langage écologiste, ou de l'approche par rapport à ce qui serait des énergies renouvelables.

Dans notre région, on a vu aussi comme on a fait le lien avec des barrages comme celui de Sivens que j'évoquais tout à l'heure, sur quel type de développement on veut, quelle agriculture on veut, quels types de projets on veut. Pour ce qui est de la Turquie, je vous avoue très sincèrement que je ne connais pas ce dossier, mais qu'évidemment nous allons le regarder de près. Là, on a des "leviers", si j'ose dire, plus importants pour agir puisque évidemment il y a des discussions avec la Turquie, donc nous pouvons faire pression.

Et en tout cas, la "pression numéro un", si j'ose dire, c'est aussi la mobilisation citoyenne, et c'est aussi de faire connaître ces dossiers et d'éclairer sur le véritable langage qui est utilisé, et quel type de développement il y a à la clé derrière tout ça. [Réponse de Mme Françoise Alamartine] Pour répondre à cette question mais d'une manière un peu plus générale...

Je le fais parce que j'étais responsable, au bureau exécutif d'Europe Écologie - Les Verts de l'international jusqu'en décembre 2013, et je suis encore responsable de la commission transnationale. Par rapport à la question de l'eau (je vois Robert Kissous aussi qui est ici...) cette question de l'eau traverse un peu partout tous les pays, en particulier la Palestine en ce moment, on le voit bien On l'avait vu au moment du Golan, et on le voit avec le Jourdain, et on le voit avec la rétention d'eau, et caetera.

Donc je crois que c'est un des problèmes que l'Union européenne doit traiter, les "biens communs", arriver à intituler nos services... savoir ce qu'on va faire de tous ces biens communs.

Et par rapport à la Turquie, il y a effectivement eu le problème, mais ça José pourra le dire mieux que moi, de la non-intégration de la Turquie à l'Europe, qui à mon avis, les a repoussés vers un repli et une politique totalement anti-écologique, anti-sociale, etc. Mais là-dessus je pense que... nous risquons des guerres de l'eau, effectivement, et nous savons bien que par rapport à l'Irak il y avait eu le même problème au moment de... par rapport à la Turquie et l'Irak. [Réponse de M.

José Bové] Alors, la question d'Hasankeyf, c'est quelque chose qui m'intéresse... parce que j'y suis allé !

Je suis allé à Hasankeyf. Et de manière très claire, c'est effectivement un site, pour ceux qui n'y ont jamais été, absolument extraordinaire, avec des grottes, avec des ponts anciens. Vraiment c'est une vallée, où on a l'impression, quand on voit les pêcheurs jeter leurs filets dans la rivière, ce qu'on voit on devait le voir il y a déjà 5000 ans.

C'est vrai que c'est un lieu absolument magique, un des berceaux de l'humanité, et un des berceaux du blé, au niveau du Moyen-Orient, mais plus haut, au nord de l'Irak. Cette question, elle est liée en Turquie à la question kurde, de manière très claire puisqu'on est en plein Kurdistan. Et donc c'est cette question là qui est posée.

Avec une volonté de l'état et d'Erdogan d'imposer un mode de développement sur ce territoire. Donc je crois que c'est une question évidemment d'abord interne à la Turquie, et comment on va sortir, avec les élections qu'on connaît, etc. municipales, bon c'est leur problème interne.

Quels sont les moyens de pression de l'Union européenne ? Je pense qu'on a des accords économiques. La question de l'intégration de la Turquie, de toute façon, ne se pose pas actuellement, parce que Erdogan ne répond pas aux critères aujourd'hui.

Et les derniers évènements qu'on a vus se dérouler dans... que ce soit Istanbul ou dans les autres grandes villes, avec la répression, montrent que c'est aujourd'hui renvoyé les débats.

Pour autant, les textes économiques sont là. On a des relations économiques. Et on a surtout quelque chose qu'on oublie, c'est que la Turquie, comme 47 autres pays, fait partie de la Convention européenne des Droits de l'Homme.

Et que la Cour européenne des Droits de l'Homme a vocation aussi à remettre en cause des choix qui peuvent être faits par l'état turc. Et je dirais d'ailleurs, de manière très intéressante : une des jurisprudences qui ont été utilisées par nos avocats, notamment Marie-Christine Etelin, dans la lutte contre les OGM était une explication qui était liée à un texte, à une condamnation de l'état turc sur le droit "chacun a droit à la protection pour lui et sa famille", à une extension de ce droit sur les questions environnementales, liée à un problème de décharge qui avait eu lieu en Turquie. Et donc il faut savoir que le droit a l'environnement a été élargi au niveau de l'Union européenne grâce à une plainte portée par des citoyens, je ne sais plus si c'était à Istanbul ou Ankara mais peu importe, sur la question du droit à l'environnement sur une décharge qui avait détruit leur bidonville, même pas des maisons en dur.

Et ça a fait jurisprudence européenne. Le droit à un environnement sain pour soi et sa famille est aujourd'hui inscrit comme un des droits fondamentaux dans la Charte des Droits de l'Homme européens.

Réaction des eurodéputés José Bové et Catherine Grèze à propos de Hasankeyf, Turquie — Catherine Grèze · Pourquijevote