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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 4 décembre 2019 9 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & international

OTAN - Déclaration à l'issue d'une réunion de coordination entre Européens et Turcs

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quelle a été l'ambiance de l'entretien avec Erdogan et avez-vous obtenu les clarifications demandées ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment se passe votre relation avec M. Erdogan ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez pu améliorer la situation très tendue ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Et sur les accords de fond, l'YPG avec la Turquie ?

  • 8:00FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il est d'accord sur ça, M. Erdogan ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment définir les vraies menaces avec Poutine quand l'OTAN n'arrive pas à se mettre d'accord ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00E. MacronFait
    « Nous avons besoin de travailler avec la Turquie. »
  • 5:00E. MacronFait
    « La France condamne le PKK comme terroriste. Elle en poursuit d'ailleurs les membres lorsqu'ils sont sur son territoire, sans aucune complaisance. »
  • 6:00E. MacronFait
    « Certains groupes politiques avec lesquels la coalition s'est battue peuvent avoir des accointances avec ces groupes terroristes et c'est ça qu'il faut démêler. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-M. le président, vous venez de vous entretenir avec le président Erdogan il y a quelques minutes. Quelle a été l'ambiance, la tonalité de cet entretien dans le contexte dont on a parlé, évidemment, les propos du président Erdogan ?

Et avez-vous obtenu les clarifications que vous lui avez demandées ? -E. Macron : Pour partie.

En tout cas, nous avions souhaité qu'il y ait une réunion de coordination qui puisse se tenir, je pense que c'était très utile, entre Européens et Turquie. Et donc avec le Premier ministre Johnson, la chancelière Merkel et avec le président Erdogan, nous avons pu tenir cette réunion de discussion, de concertation, en particulier sur la situation en Syrie, au nord-est syrien. Toutes les clarifications n'ont pas été obtenues et toutes les ambiguïtés ne sont pas levées, mais je retiens quelques points importants et structurants.

Le premier : il y a une claire volonté réaffichée, rediscutée, de dire que la priorité absolue dans la région est la lutte contre Daesh et le terrorisme et que rien ne saurait la divertir, ce qui est, à mes yeux, un élément important de notre engagement collectif au sein de la coalition et aussi des priorités que nous nous donnons à nous-mêmes. La deuxième, c'est la poursuite de la coordination et du travail ensemble en matière, justement, de suivi des refugiés. Vous le savez, la Turquie a beaucoup de réfugiés liés à la crise syrienne.

Je pense aussi au Liban et à la Jordanie. Donc sur ce sujet, nous souhaitons poursuivre et continuer d'intensifier la coopération qui existe déjà depuis plusieurs années. Le troisième, c'est aussi l'engagement très fermement réaffirmé de poursuivre le travail politique comme étant la sortie de crise en Syrie.

Il avait pu y avoir des doutes émis par certains, en tout cas des interrogations. Là, très clairement, chacun a réaffirmé sa volonté d'avancer sur le comité constitutionnel et le suivi du processus de Genève, la coordination que nous avions faite aussi entre le processus de Genève et d'Astana comme la France d'ailleurs l'avait souhaité, à travers le petit groupe d'Istanbul réuni il y a maintenant un peu plus d'un an. Ces trois priorités ont fait l'objet d'un accord entre les parties qui étaient ici présentes.

Nous avons pu aussi échanger sur la Libye et la nécessité, là aussi, de finir avec les interactions venant de l'extérieur, de respecter la souveraineté des pays voisins. Je pense en particulier aussi à la Grèce dans le cadre des accords qui avaient pu être signés sur le plan maritime. J'ai pu souligner l'importance aussi des intérêts de nos amis et justement partenaires grecs.

Et la volonté là aussi que les prochains mois soient utiles pour régler, sur le plan de la communauté internationale comme de la réconciliation interlibyenne le sujet. Voilà. On a surtout parlé de Syrie et de Libye.

Mais je veux retenir de cette réunion de concertation une convergence très forte sur les trois priorités que j'évoquais en Syrie. -Comment se passe votre relation avec M. Erdogan ?

Est-ce que vous avez pu parler seul avec lui ? -E. Macron : Bien sûr. -Est-ce que vous avez pu améliorer un peu la situation très tendue ? -E.

Macron : Ecoutez, moi, j'ai toujours été très clair. D'abord, je suis respectueux avec tout le monde. Vous ne m'avez jamais entendu manquer de respect à l'égard de qui que ce soit.

Je pense qu'après, chacun prend ses responsabilités. Je considère que la Turquie est un grand pays, avec aussi des intellectuels, des universitaires, des journalistes, une vitalité culturelle et intellectuelle et historique très forte. Et c'est un peuple que je respecte très profondément.

Et donc nous avons besoin de travailler avec la Turquie. Donc nous avons pu parler. Il y a des désaccords qui existent.

Il y a des choix qui, parfois, ne sont pas les mêmes. Mais il y a la nécessité d'avancer. Cette réunion de coordination a permis d'avancer sur les 3 points.

Moi, je suis un pragmatique. Je suis très clair sur les positions que la France doit tenir. Je suis très clair sur les intérêts de la France et de l'Europe.

Je les exprime clairement, je les défends. Je le fais toujours dans un cadre respectueux des autres. Et ensuite, je cherche les résultats. -Et sur les accords de fond, l'YPG avec la Turquie ? -E.

Macron : Nous en avons reparlé. Là-dessus, il appartiendra, de toute façon, à une discussion d'avancer sur ce point. Nous connaissons ces désaccords.

Ils existent, d'ailleurs, depuis fort longtemps. Nous n'avons aucune ambiguité à l'égard du PKK. La France condamne le PKK comme terroriste.

Elle en poursuit d'ailleurs les membres lorsqu'ils sont sur son territoire, sans aucune complaisance. Par contre, il est clair que certains groupes politiques avec lesquels la coalition s'est battue peuvent avoir des accointances avec ces groupes terroristes et c'est ça qu'il faut démêler, ces situations qu'il faut clarifier, mais ils ne sauraient être qualifiés en totalité de groupes terroristes. -Est-ce qu'il est d'accord sur ça, M.

Erdogan ? -E.Macron : Non.

Il n'est pas en accord sur ce point. Vous le savez bien. Et donc nous n'avons pas levé le désaccord aujourd'hui.

Et j'ai compris d'ailleurs qu'il avait fait savoir dans les enceintes de l'OTAN que c'était un point de blocage sur les conclusions. Mais nous ne saurions être incohérents dans l'OTAN. Et donc nous sommes contre tous ceux qui mènent des attaques terroristes.

Nous sommes soucieux de la sécurité du territoire turc, évidemment. Mais nous ne souhaitons pas tout confondre et en particulier oublier aussi qui a su se battre contre Daesh et nous savons faire le distinguo entre les uns et les autres. -J'ai une question sur le président Poutine.

Il vient de dire qu'il est prêt à coopérer avec l'OTAN sur de vraies menaces. Comment est-ce que vous allez pouvoir définir les vraies menaces avec le président Poutine quand l'OTAN, de son côté, n'arrive pas, entre alliés, à se mettre d'accord sur la menace ? -E.Macron : Alors...

Vous avez tout à fait raison, ce qui montre que l'interpellation que j'ai pu proférer il y a quelques semaines avait tout son intérêt. C'est pas moi qui ai rendu la situation pas claire. J'ai justement dit qu'elle ne l'était pas et soudain, ça se révèle.

Je pense que nous, on doit être très clair sur quelles sont les menaces. Je pense qu'il n'y a pas d'ambiguïté pour dire que la menace terroriste est présente. Et c'est ce qui fait d'ailleurs que nous avons des points de coopération avec la Russie.

Soyons très clairs. La réunion d'Istanbul que j'évoquais il y a un peu plus d'un an a été un lieu de ce travail conjoint. Le comité constitutionnel avance sur le sujet syrien parce qu'il y a un travail conjoint de puissances comme la nôtre avec la Russie et le groupe dit d'Astana.

Donc elles sont possibles. Maintenant, il y a un processus de dialogue qui existe entre l'OTAN et la Russie. Il n'est pas nouveau.

Celui-ci est suspendu du fait de l'incursion sur le territoire ukrainien et du choix fait par la Russie. Et donc l'une des préconditions pour rétablir sur ces sujets un dialogue normal, c'est évidemment qu'on arrive à trouver une solution à la crise ukrainienne. Et à cet égard, le sommet Normandie du 9 décembre prochain à Paris est évidemment une rencontre importante qui, je l'espère, nous permettra d'avancer utilement.

Mais il est clair qu'aujourd'hui, il est indispensable qu'entre membres de l'OTAN, nous clarifions bien le cadre de la paix européenne, en particulier après la fin du traité FNI, c'est pour moi un des points très importants, le cadre d'une discussion sans complaisance avec la Russie et qu'on clarifie très clairement la nature de notre ennemi, de nos ennemis et des modes de coopération. -Le président Trump a estimé tout à l'heure à vos côtés que pour ce qui est du terrorisme, c'était l'ennemi commun. Est-ce que vous y voyez une évolution ? -E.Macron : Je crois qu'il y a plutôt une constance sur ce sujet.

Et après, il faut ensuite s'en donner les moyens et le faire dans la durée. Ce qui est très important, c'est de définir les voies de coopération, mais aussi de définir pour nous, Européens, une autonomie stratégique qui nous permet d'agir de manière, si je peux dire, pleinement souveraine avec un allié américain mais sans dépendre en totalité de lui. Une alliance, elle se fait entre partenaires égaux et avec chacun son autonomie.

C'est cette position que je défends avec beaucoup de constance depuis 2 ans. Ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un renforçant l'autre. Plus de défense européenne, plus de souveraineté européenne pour avoir une OTAN plus sûre de ses choix, c'est-à-dire moins déséquilibrée.

Je crois que c'est ce vers quoi nous devons aller. En tout cas, c'est la position que je continuerai de défendre avec force. Je constate que durant ces 2 dernières années, on a fait beaucoup de progrès.

On a avancé sur la défense européenne, sur les coopérations, sur les investissements. Il y a aujourd'hui une clarification stratégique entre nous et à l'égard de certains membres. C'est pour ça que cette discussion avec la Turquie était très importante.

Voilà. Mais donc, on continue ce travail d'échanges, de discussions, de concertations, on ne lève pas toutes les malentendus, toutes les difficultés, mais je crois c'est utile pour, en tout cas, avoir des résultats concrets. Je vous remercie. (Propos inaudibles) J'ai toujours été très clair là-dessus.

Il y a des sujets sur lesquels nous nous opposons. On sait qu'il y a des sujets d'agression et qu'il y a des attaques cyber. Il ne faut pas avoir de naïveté.

On sait aussi qu'il y a des conflits gelés où nous avons des désaccords. Et donc on a des sujets de conflictualité, mais c'est un voisin et c'est sur certains sujets aussi un partenaire. Et si on veut une paix durable en Europe, on a besoin de savoir régler nos points de conflit, de définir peut-être des points de convergence, en tout cas de bâtir ce que j'ai appelé une architecture de confiance et de sécurité nouvelle parce qu'on a cette géographie.

Merci à vous. Merci.