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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 24 avril 2017 64 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprises

Macron, 39 ans, déjà président ? #cdanslair 24-04-2017

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:09FerméeRéponse partielle

    Est-ce que ce second tour, Brice Tinturier, est plié ?

  • 3:22OuverteRéponse directe

    La grande différence par rapport à 2002, c'est quoi ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Comment s'affronter dans cet entre-deux-tours ?

  • 5:21OuverteRéponse directe

    Sur le contenu, on a parfois reproché à cette campagne de ne pas suffisamment parler du fond, là on va entrer dans le dur.

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Dans les livres d'histoire, on se souviendra de ce premier tour-là parce qu'au fond, c'est un second tour sans clivage droite-gauche.

  • 8:17OuverteRéponse directe

    On va revenir sur la structure du vote d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:17InvitéChiffre
    « Dans l'enquête qu'on a réalisée juste après les résultats du premier tour, on obtient un 62% d'intention de vote pour Emmanuel Macron, 38% pour Marine Le Pen. »
  • 2:27InvitéChiffre
    « En 2002, on était quand même au résultat final de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen dans un rapport plutôt de 80-20. »
  • 12:26InvitéFait
    « Je souhaite dans 15 jours devenir votre président. Le président des patriotes face à la menace des nationalistes. »
  • 16:11InvitéFait
    « Il peut très bien dire par rapport à Marine Le Pen qu'elle est dans le paysage politique depuis longtemps, que sa famille Le Pen est connue et que lui, à 39 ans, il n'a jamais été élu. »
  • 23:31InvitéChiffre
    « Marine Le Pen a 800 000 voix de retard. »
  • 23:43InvitéChiffre
    « Elle a grimpé jusqu'à plus de 7,5 millions de voix. »
  • 32:28InvitéChiffre
    « Elle est à 7 619 493 voix. »
  • 32:50InvitéChiffre
    « Le record, c'est 2012. C'est 6 400 000 suffrages exprimés. »
  • 33:23InvitéFait
    « Jamais le Front National n'avait été aussi haut. »
  • 34:56InvitéFait
    « Ben voilà, je renvoie ma décision à plus tard une fois que j'aurai consulté la base des 450 000 personnes qui m'ont accordé... »
  • 37:33InvitéFait
    « Si dans sa base de 450 000, 80 000, 100 000, 120 000 disent il faut voter Le Pen, ne serait-ce que par votre révolutionnaire pour faire péter le système, il sera bien embêté. »
  • 37:49InvitéFait
    « On voit bien comment la dimension extrêmement anticapitale, anti-élite, montant à l'assaut de la caste qui a ponctué toutes les étapes importantes de la campagne extrêmement réussie de Jean-Luc Mélenchon ont laissé des traces. »
  • 38:07InvitéFait
    « On a à peu près un partage en deux. Autant d'électeurs de Mélenchon disent eh bien il ne faut pas prendre position qu'il y a des électeurs de Mélenchon qui disent voilà, il faut se prononcer en faveur d'Emmanuel Macron. »
  • 38:18InvitéChiffre
    « 62% qui finalement se disent il faut aller voter pour Emmanuel Macron et 9% seulement pour Marine Le Pen. »
  • 40:05InvitéFait
    « J'ai écrit que Marine Le Pen ne pouvait pas être élue présidente de la République en 2017 pour les raisons qu'on a évoquées là, on ne passe pas de 7 600 000 voix à 14 millions comme cela. »
  • 41:09InvitéChiffre
    « 7 600 000 suffrages exprimés par rapport à 6 400 000 c'est une vraie progression. »
  • 41:16InvitéFait
    « Elle est réelle, elle ne suffit pas pour l'instant pour opérer une bascule a priori mais la progression est indéniable. »
  • 45:05InvitéFait
    « J'ai échoué à déjouer le désastre qui s'annonçait depuis plusieurs mois et peut-être plusieurs années. »
  • 45:13InvitéFait
    « J'en assume pleinement la responsabilité sans me défausser sur les circonstances du quinquennat ni les trahisons. »
  • 45:50InvitéFait
    « Malgré tous mes efforts, malgré ma détermination, je n'ai pas réussi à vous convaincre. »
  • 46:00InvitéFait
    « Il n'y a pas d'autre choix que de voter contre l'extrême droite. »
  • 46:04InvitéFait
    « Je voterai donc en faveur d'Emmanuel Macron. »
  • 47:46InvitéChiffre
    « Ça lui a coûté sa deuxième place. Il a 400 000 voix de retard sur Marine Le Pen. »
  • 48:06InvitéFait
    « Sans la polémique Pénélope, sans la polémique sur les costumes, François Fillon sur la base de son programme et de son énergie aurait eu sans problème une place au second tour. »
  • 48:20InvitéChiffre
    « Avec 20% des suffrages exprimés François Fillon dans cet état fait le score que faisait Jacques Chirac en 88 en 95 et en 2002 au premier. »

Temps de parole

  • Présentateur39 %
  • Invité18 %
  • Invité 217 %
  • Invité 317 %
  • Invité 44 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il a déjà fêté sa victoire. Emmanuel Macron a réussi un coup de force, se hisser en tête du premier tour face à Marine Le Pen. Celui qui était encore un inconnu il y a trois ans se retrouve grand favori au lendemain d'un scrutin historique qui va bouleverser le paysage politique français. Un scrutin qui met à terre les clivages traditionnels. Marine Le Pen promet d'incarner le peuple quand droite et gauche, président de la République compris, se dressent désormais contre l'extrême droite.

François Hollande qui vient en effet d'annoncer aujourd'hui qu'il voterait pour Emmanuel Macron pour faire barrage au Front National. Le candidat d'En Marche fait le plein de soutien au PS et chez les Républicains. Deux partis exsangues où certains sont déjà tentés par l'aventure Macron. Macron, 39 ans et déjà président, c'est une question et c'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste à l'Ebdomadaire L'Express à la une du prochain numéro. Emmanuel Macron, il a gagné son pari, l'histoire secrète d'une incroyable campagne.

Enfin citons vos deux derniers livres, deux présidents pour rien coédités par les presses de la Cité et L'Express. Et les derniers jours de la gauche publiés aux éditions Flammarion. Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, spécialiste de la sociologie électorale en France et en Europe. Vous étudiez par ailleurs les mouvements populistes. Citons le livre que vous avez co-dirigé avec Luc Rouban, La démocratie de l'entre-soi, édité aux presses de Sciences Po. Françoise Fressos, vous êtes journaliste, éditorialiste au journal Le Monde. Votre édito dans le journal daté de demain est intitulé Les nouveaux clivages. Nous y reviendrons.

Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Vous enseignez à Sciences Po Paris, je cite votre dernier livre qui est intitulé « Plus rien à faire, plus rien à foutre, les vraies crises de la démocratie » publié aux éditions Robert Laffont. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On va quand même se poser la question que tout le monde se pose à l'heure où on se parle. Est-ce que ce second tour, Brice Tinturier, est plié ?

2:12
Invité

Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a quand même un avantage très considérable pour Emmanuel Macron. Dans l'enquête qu'on a réalisée juste après les résultats du premier tour, on obtient un 62% d'intention de vote pour Emmanuel Macron, 38% pour Marine Le Pen. Il faut avoir à l'esprit ce que c'était en 2002. En 2002, on était quand même au résultat final de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen dans un rapport plutôt de 80-20. Donc il y a incontestablement un Front National fort, il y a incontestablement aussi une arithmétique et des ralliements et une dynamique plutôt favorable à Emmanuel Macron.

Et puis ensuite, il faut regarder aussi un certain nombre d'enjeux idéologiques qui peuvent compliquer malgré tout la route d'Emmanuel Macron. Il ne faut pas, par exemple, qu'il se retrouve enfermé dans un clivage où il incarnerait ceux d'en haut versus une candidate qui serait celle du peuple. Dans un clivage où il incarnerait la mondialisation, l'ouverture et où Marine Le Pen accaparerait la position de la protection.

3:08
Présentateur

Ce qu'elle a commencé à faire.

3:08
Invité

Ce qu'elle a commencé à faire. Donc il y a quand même beaucoup d'embûches qui restent importantes d'ici le scrutin pour Emmanuel Macron. Il a un avantage indéniable, ne racontons pas d'histoire, mais l'élection malgré tout doit être là encore suivie.

3:22
Présentateur

François Stresseuse. La grande différence par rapport à 2002, moi, que je ressens, c'est que les deux finalistes avaient en quelque sorte théorisé le clivage sur lequel ils se rencontrent. C'est le clivage ouverture-fermeture. Donc ce qu'avait beaucoup joué chez Jacques Chirac, c'est-à-dire cette espèce de rassemblement anti-Front national, peut être atténué par le fait que, éposé pour la première fois, et sans doute lors d'un débat télévisé qui va être passionnant, le débat en France sur est-ce qu'il faut plus d'Europe, moins d'Europe, quelle est notre position par rapport à la mondialisation. Et on voit, selon les résultats électoraux, deux Frances face à face, extrêmement clivées.

Et donc ça, ça peut atténuer tout le rassemblement dont avait bénéficié Jacques Chirac en 2002. Donc c'est vrai qu'il y a un avantage pour Emmanuel Macron, mais il y a aussi un débat assez difficile, assez délicat, à mener entre ceux qui se sentent oubliés par la mondialisation et ceux qui sont très contents d'être dans le monde d'aujourd'hui. Christophe Barbier, c'est vrai que depuis qu'on connaît les résultats dans le détail, on parle de ces deux Frances-là. – Oui, oui, bien sûr. – Comment s'affronter dans cet entre-deux-tours ?

4:24
Invité

– Ce sont deux Frances qui se sont articulées autour du fameux combat, le système d'un côté, l'antisystème de l'autre. Quand on regarde les cartes, on a l'impression que les centres-villes sont macronistes et qu'ils sont assiégés comme autant de forts à la mot par une France périphérique qui, elle, serait sur l'eupéniste.

C'est sans doute un peu plus subtil que ça, mais on voit bien la France de la colère d'un côté, qui avait deux candidats possibles, Mélenchon et Le Pen, c'est Le Pen qui est en finale, et la France de la gestion raisonnable, modérée, qui se retrouve avec Macron par élimination de la droite et de la gauche et rassemblement autour de Macron d'une partie de la droite modérée, d'une partie de la gauche raisonnable. Mais le deuxième tour, si Macron a pour lui l'arithmétique et la dynamique, parce qu'il est monté en quelques mois de 8 à 24 pendant que Marine Le Pen descendait de 27-28 à 21, il a aussi pour lui quelque chose qui, je crois, a joué. C'est l'optimisme.

C'est que François Fillon nous vendait un remède de cheval en lui expliquant que sinon ça serait terrible. Jean-Luc Mélenchon nous vendait de la colère. Et Macron a été le seul à dire que les lendemains peuvent chanter un petit peu si on fait un peu d'efforts. Et je crois que ça a joué et que ça peut lui donner un fil à tirer aussi pour le second tour.

5:21
Présentateur

Mais ça veut dire que sur le contenu, alors pour le coup on a parfois reproché à cette campagne de ne pas suffisamment parler du fond, là j'allais dire qu'on va entrer dans le dur.

5:27
Invité

Ah oui, parce que Marine Le Pen, dans l'un des événements de l'Entre-deux-tours que sera le débat télé, ne va absolument pas faire de cadeau à Macron sur la lutte antiterroriste, l'immigration, Schengen. Elle va évidemment venir sur ces terrains qui sont les siens. Et Macron ne va pas faire cadeau à Marine Le Pen sur les points faibles de son programme, l'économique, le social et notamment cette fameuse sortie de l'euro. On voit bien dans les motivations de vote lepéniste, c'est les votes protestataires, identitaires, sécuritaires qui dominent. Les lepénistes n'adhèrent pas à Marine Le Pen pour la sortie de l'euro.

Alors que pour Fillon et pour Macron, les thèmes économiques et sociaux étaient dominants.

5:59
Présentateur

C'est intéressant ce qui se passe avec ce scrutin. On rappelle que les sondeurs ne se sont pas trompés, que vous aviez vu cette qualification d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen au second tour. Donc on est presque déçus parce qu'il n'y a pas eu de coup de théâtre, il n'y a pas eu de surprise. Pourtant, Pascal Perrineau, dans les livres d'histoire, il n'y a pas eu de surprise jusqu'au premier tour, vous avez raison de le préciser. Dans les livres d'histoire, on se souviendra de ce premier tour-là parce qu'au fond, c'est un second tour sans clivage droite-gauche.

6:26
Invité

Bien sûr, c'est ça l'élément essentiel. Toutes les élections précédentes, les neuf qui ont précédé cette dixième élection, étaient des élections où il y avait peu ou prou la plupart du temps un grand affrontement bipolaire gauche contre droite avec quelques ratés 2002-1969. Mais enfin, à chaque fois, il y avait au moins une grande force de droite ou de gauche qui était là. Là, on a la fin du clivage gauche-droite. La gauche et la droite sont out, puisqu'on a deux candidats qui revendiquent la non-appartenance à la gauche et à la droite. On parle beaucoup d'Emmanuel Macron qui est dans une position centrale, qui se dit et de gauche et de droite.

Et Marine Le Pen est sur une ligne ni gauche ni droite français. Donc on voit bien que l'on est en train de sortir du clivage gauche-droite et que l'on va vers un clivage d'un nouveau type entre un Emmanuel Macron qui prône une société ouverte pour aller vite et une Marine Le Pen qui prône une société du recentrage national. Mais il faut bien voir que ce clivage-là n'est pas simplement un clivage politique. Ça renvoie à un clivage social, les fameux deux Frances dont on parle. C'est vrai que plus on est en bas de l'échelle sociale, de l'échelle des diplômes, plus on vote massivement Marine Le Pen. Il suffit de regarder la dynamique de Marine Le Pen.

Ce sont dans des départements en pleine souffrance. Le Pas-de-Calais, l'Aisne, les Ardennes. Là, elle est déjà au premier tour au-dessus de 30%. Et puis ça renvoie à un clivage territorial. Alors attention quand un clivage politique s'articule aussi fortement à un clivage social et un clivage territorial parce que ça prend du sens pour les électeurs. Au bout de leur bulletin de vote, il y a l'expression d'intérêts sociaux, de demandes, d'inquiétudes et d'intérêts portés par des territoires. Ça n'est pas rien.

8:12
Présentateur

Ce sera du coup un second tour avec un vrai enjeu de contenu. Ça, on l'a compris. On va revenir sur la structure du vote d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Mais d'abord, il a été le dernier à parler hier soir. Emmanuel Macron n'a pas hésité à afficher sa confiance dans le second tour. Des images avec Brigitte, son épouse, un dîner dans un restaurant parisien pour fêter ce premier tour à un moment du cœur, comme il l'a dit lui-même avec quelques amis. Dans son entourage hier soir, les premiers de ses soutiens, les politiques expérimentées l'incitaient plutôt à la prudence, même si les sondages font de lui le grand favori de ce second tour.

On l'a compris face à Marine Le Pen, Barbara Steck et Stéphane Lopez. Devant son domicile, Emmanuel Macron prend le temps d'un petit bain de foule. Il est midi, le finaliste quitte son appartement parisien et le voilà déjà reparti en campagne.

9:09
Invité

Non, non, pas gagné.

9:13
Présentateur

Direction le QG, où l'état-major se réunit.

9:17
Invité

Non, mais Sir Macron parle très bien.

9:20
Présentateur

Pour préparer l'entre-deux-tours.

9:22
Invité

On va organiser un peu les 15 jours qui viennent pour pouvoir conclure heureusement et faire en sorte qu'il soit élu président.

9:31
Présentateur

Gérard Collomb fait partie du premier cercle, un parrain bienfaiteur. Il a été l'un des premiers à miser sur l'ex-ministre de l'économie. Alors hier soir, quand les premières estimations tombent, sur le chemin des plateaux télé, c'est aussi un peu sa victoire.

9:48
Invité

Il y a encore six mois, même trois mois, tout le monde disait qu'il va forcément y avoir un moment donné où Emmanuel Macron va aller dans le mur et donc il ne pourra pas réaliser ce dont il rêve pour notre pays.

10:05
Présentateur

Le maire de Lyon est dans la retenue, mais il est ému. Il est 19h40, les résultats ne sont pas encore officiels, mais il se confirme. Emmanuel Macron, son poulain est qualifié en tête du premier tour.

10:21
Invité

C'est incroyable, hein ?

10:24
Présentateur

Dans les coulisses de France 2, des sourires polis, beaucoup de tensions. Car la qualification d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen est une onde de choc politique.

10:40
Invité

Les deux grands partis qui structuraient la République jusqu'à présent ont des problèmes fondamentaux avec les Français. Je crois qu'il y a un changement d'époque qui est en train de se produire. On y va maintenant.

10:56
Présentateur

Ça va, c'est bien.

11:04
Invité

Si vous voulez, j'ai trouvé que le Front National était en dessous, évidemment, parce qu'il s'attendait au départ à faire, comme on le disait, autour de 30%. Et là, se retrouver à un niveau aussi bas, derrière Emmanuel Macron, c'est quasiment une défaite pour eux.

11:20
Présentateur

Chassé-croisé, Gérard Collomb cède sa place grâce à l'autre parrain d'Emmanuel Macron, qui lui aussi a gagné son pari.

11:27
Invité

C'est un moment très important parce que tout bascule. La vie politique française telle qu'elle était depuis 40 ans, eh bien la page se tourne. C'est donc très important naturellement pour l'avenir.

11:39
Présentateur

Vous avez le sentiment que c'est un peu grâce à vous quand même ?

11:40
Invité

J'ai fait ce que j'ai pu.

11:49
Présentateur

Porte de Versailles, où se déroule la soirée du vainqueur. C'est la fête. Il est plus de 22 heures quand Emmanuel Macron fait enfin son entrée sur scène, accompagné de sa femme Brigitte. Alors que François Fillon et Benoît Hamon ont déjà appelé à voter pour lui, Emmanuel Macron appelle au rassemblement le plus large et entame son bras de fer avec le Front National.

12:26
Invité

Je souhaite dans 15 jours devenir votre président. Le président des patriotes face à la menace des nationalistes.

12:41
Présentateur

Alors que cette tournée médiatique s'achève, Gérard Collomb imagine déjà son candidat au pouvoir. Pour lui, plus qu'une victoire dans deux semaines, Emmanuel Macron devra réussir son quinquennat pour faire reculer le Front National.

12:53
Invité

Dans cinq ans, si nous perdons ce quinquennat, c'est effectivement Marine Le Pen qui sera au pouvoir. Et là, ce sera grave pour la France, pour notre démocratie, pour simplement la paix civile, la concorde entre les Français.

13:11
Présentateur

Minuit à Paris, Gérard Collomb va enfin retrouver Emmanuel Macron dans un restaurant pour une soirée très privée et fêter leur premier succès. Et nous reprenons notre discussion avec cette question. C'était trop long d'attendre 15 jours pour fêter la victoire. Christophe Barbier, elle passe mal ces images ou pas ?

13:29
Invité

Oui, je pense qu'il fallait avoir un peu plus de retenue dans le camp Macron. Ce n'est pas tant d'apparaître un peu triomphal devant ses militants. Personne n'est dupe, on connaît les arithmétiques. On voit bien qu'il est archi-favori du second tour. Les fausses pudeurs où on s'abrite derrière son petit doigt en disant non, non, il y a un vrai suspense, ne nous démotivons pas, ça n'aurait trompé personne et ça serait passé de la même manière pour un comportement faux. Mais la petite soirée privée derrière, sans se rendre compte que désormais Macron est vu comme le quasi-prochain président et que donc tous ces signes sont des signes politiques et sociaux, ça c'est une erreur.

Ce n'est pas qu'une erreur de communication, je pense que c'est une erreur de lecture politique et sociale de ce qu'est maintenant le statut de l'archi-favori du second tour. C'est une brasserie qui n'est pas le Fouquet's, c'est une brasserie familiale, excellente, certes cossue, mais qui n'a pas le même sens que le Fouquet's avait pour Sarkozy, c'est-à-dire ce sens bling-bling. Donc de ce côté-là, il n'y aura sans doute pas les mêmes dégâts. Mais il faut que les macronistes fassent attention à s'adresser à tous ceux qui n'ont pas voté pour leur champion au premier tour et qui doivent trouver des raisons de le faire au second et pas seulement les raisons anti-Le Pen.

14:27
Présentateur

Je sais que les temps ont changé, mais si on se souvient du visage de Jacques Chirac lorsqu'il prenait la parole pour dire que le FN était au second tour, c'est vrai qu'il y avait de la gravité, Françoise Presseuse. Alors c'est 15 ans plus tard, on s'est presque habitué, puisque les sondeurs annonçaient une présence de Marine Le Pen au second tour. Il a raté une occasion de montrer un peu de présidentialité, on le dirait comme ça. Je pense qu'il a voulu marquer l'optimisme et le fait qu'il était dans la dynamique de la victoire. Je pense qu'il a fait une erreur en faisant monter sa femme sur la tribune et en faisant le cortège de voitures noires, parce que c'était un peu trop tôt.

Il n'a pas fait d'erreur en revanche avec les drapeaux. Vous avez remarqué à quel point il y avait des drapeaux bleus, blancs, rouges dans la salle. Et je pense que ça, c'était une façon de ne pas laisser à Marine Le Pen l'idée de « je suis la candidate du peuple ». Parce que c'est ce qu'elle a dit exactement. Et donc il a utilisé « patriote ». Donc il y avait un peu d'erreur dans sa communication, mais sur l'élément central de surtout ne pas apparaître comme le candidat de l'élite face au peuple, je pense que là, il n'a pas raté la séquence. Comment il va faire ? Comment il va faire pour contourner cet obstacle-là ? Alors il dit « je suis le candidat des patriotes ».

C'est important les mots, dans ce moment-là, ça raconte quelque chose. Mais comment expliquer, alors même qu'on vient d'apprendre que François Hollande annonce qu'il vote pour Emmanuel Macron, ce qui n'est pas rien, on va y revenir, il a des ralliements depuis 20h hier soir. Comment expliquer qu'il n'est pas le candidat du système ? Il a eu une phrase hier soir qui dit « j'irai jusqu'au bout du renouvellement politique ». Donc je pense qu'autant que possible, il va tenir à l'écart ce qu'il rallie en disant que les législatives pour lui, ça doit être le grand parti en marche, quelque chose de nouveau. Alors on verra après l'élection s'il a suffisamment de dynamique pour jouer cette partie.

Mais je crois qu'il va jouer jusqu'au bout de l'affaire du renouvellement politique. Et après tout, il peut très bien dire par rapport à Marine Le Pen qu'elle est dans le paysage politique depuis longtemps, que sa famille Le Pen est connue et que lui, à 39 ans, il n'a jamais été élu. Donc ça, il peut jouer ceci. Après le débat, moi je pense que le débat essentiel, c'est la mondialisation, l'Europe. C'est un débat qui a été mal tranché par le référendum de 2005, puisque le non avait gagné et on a fait comme si le oui, elle l'avait emporté. Et donc je pense que ça va être ça, le moment crucial.

C'est est-ce qu'une majorité de Français se reconnaissent dans la mondialisation et dans le libéralisme qu'assume ouvertement Macron ? Ou est-ce qu'il y a une condamnation de ça ? Brice Tinturier.

16:44
Invité

Je crois qu'il y a un enjeu derrière ça qui est quand même celui des catégories populaires, une fois de plus. Parce qu'il ne suffit pas de dire le peuple, les classes moyennes, les catégories populaires, les catégories supérieures, forment le peuple français. Mais à l'intérieur du peuple français, vous avez malgré tout des différences sociales entre des milieux plus populaires et d'autres qui sont plus aisés. Et ça se voyait très bien, j'ai trouvé, dans les reportages qu'on avait hier soir, dans les différents meetings de Marine Le Pen, d'Emmanuel Macron. Et ce qui manque à Emmanuel Macron, c'est l'électorat populaire. Il peut dire qu'il est le peuple, il peut revendiquer d'être un patriote.

En revanche, il n'a pas l'électorat populaire. L'électorat d'Emmanuel Macron, c'est un électorat qui est confiant dans l'avenir, qui est plus aisé, qui est plus possédant, qui effectivement n'a pas peur de la mondialisation. Et on le voyait dans les images, et c'est un vrai enjeu. C'est-à-dire que s'il est enfermé dans simplement cette idée qu'il serait celui qui est peut-être patriote, mais malgré tout le représentant des gens insérés, des gens aisés, il ratera quelque chose. Et c'est là où il y a un véritable enjeu, je crois, pour lui.

17:44
Présentateur

Et on voyait passer la carte rapidement de cette France qui vote Marine Le Pen et de cette France qui a voté Emmanuel Macron. Il y a aussi une fracture géographique.

17:53
Invité

Oui, tout à fait. Il y a une fracture géographique que l'on voit de manière presque caricaturale. On n'avait jamais vu ça, ce point-là. Vous prenez toutes les grandes villes, Paris, Lyon, Toulouse, Rennes. Emmanuel Macron est à 30, 35. Marine Le Pen, parfois, disparaît dans ses centres-villes. À Paris, elle n'atteint même pas le seuil de 5%. Et puis, vous faites 10 km autour de ces centres urbains et vous voyez là un paysage politique totalement bouleversé avec très souvent une Marine Le Pen qui fait la course en tête dans les périphéries urbaines et dans ce monde parfois de transition qui annonce les zones rurales. Et donc, un président ne peut pas gagner avec une France contre l'autre.

Un président, comme le disait le général de Gaulle, c'est l'homme de la nation. Et l'homme de la nation, il parle aux deux Frances. Et là, on est en train de se mettre en place, en effet, un candidat et une candidate qui campent bien dans leur camp. Il faudra être très attentif dans les deux semaines qui viennent à la capacité de cette femme et de cet homme à parler à l'autre France afin de faire en sorte que la France ne s'enferme pas dans un clivage qui est un clivage délétère, qui est un clivage qui rendra très difficile la mise en œuvre des réformes sociales, économiques, dont est porteur.

19:17
Présentateur

Mais comment il fait Emmanuel Macron pour parler à cette France-là ?

19:22
Invité

Il y a deux manières de parler. Il y a la manière cosmétique. On va simplement la voir. Marine Le Pen, elle a commencé ce matin par aller voir la France de Mélenchon. Elle était dans le Nord, dans un terrain très social. On va le voir tout à l'heure. Emmanuel Macron, Emmanuel Macron, il peut aller la voir cette France-là. Mais que va-t-il lui dire ? Qu'il va faire des cadeaux sociaux ? Qu'il va faire de la dépense publique ? Il doit aussi ménager l'électorat de François Fillon. Un électorat libéral qui a peur de l'augmentation des impôts. Donc c'est assez compliqué. Alors bien sûr, pour Macron, travailler sur la mondialisation et sur l'Europe, c'est plus facile.

Et Marine Le Pen, ça sera difficile pour elle de venir dire finalement je garderai l'euro pour rassurer l'autre France, la France des inclus. Donc c'est très compliqué dans cette campagne pour eux d'aller sur le territoire de l'autre. Ça sera plus facile de culpabiliser l'autre. Et Macron élu, comme c'est probable, s'il échoue au gouvernement, on aura très très vite la révolte de la France non-macronienne dans la rue et puis au plus vite dans les urnes.

20:09
Présentateur

C'est juste comment on fait, lorsqu'on a fait la campagne qu'il a faite, en assumant, comme vous l'avez dit, une ligne libérale, le marché ne nous fait pas peur, la mondialisation est une chance pour à un moment donné aller discuter avec les salariés de chez World Pool à Amiens où il était attendu, rassurer sur toutes les thématiques identitaires, l'islam, etc., sans changer le logiciel. Il va falloir qu'il soit souple. Vous avez tout à fait raison. Les deux grands partis de gouvernement ne sont pas parvenus à faire la synthèse sur laquelle ils avaient réussi à prospérer. Et à mon avis, le point de départ, c'est 2002.

C'est le premier coup de tonnerre où Jean-Marie Le Pen est au deuxième tour, alors que je ne se pagnais pas. Il y avait eu toute une réflexion au Parti Socialiste pour créer la nouvelle alliance, vous savez, nouvelle alliance entre électorat populaire, classe moyenne. Et en fait, ils avaient buté là-dessus. Et depuis, le Parti Socialiste n'a pas reconquis les milieux populaires majoritairement. Et à droite, c'est la dernière véritable tentative, c'est Nicolas Sarkozy en 2007. Et ça a échoué avec la crise. Et donc, on en est arrivé à une impasse qu'avait théorisé Emmanuel Macron en disant les compromis, ça ne marche plus. Maintenant, il faut assumer.

Donc, on en est dans cette période où il faut assumer. Alors, peut-être qu'il y arrivera en faisant passer deux ou trois réformes qui débloquent et qui peuvent rendre l'optimisme. Mais c'est un pari risqué, effectivement. Elles sont où, ces réserves de voix ?

21:29
Invité

Alors, elles sont en partie dans l'électorat de François Fillon. Là, il prend déjà une partie substantielle des électeurs de François Fillon du premier tour. Également, mais le gâteau de départ est moins important, également chez Nicolas Dupont-Aignan. Et puis, peut-être aussi chez des abstentionnistes du premier tour. Parce que la difficulté actuelle qu'on est en train d'évoquer, elle provient du fait qu'on a une France qui est divisée en cinq blocs, en réalité. On a les cinq blocs équivalents à 20%. Si vous prenez les abstentionnistes, la gauche, le centre, la droite traditionnelle et le Front National, tout cela est à peu près à 5 fois 20%.

Et du coup, la difficulté d'Emmanuel Macron, on cherche à savoir comment il peut rassembler cette France, mais c'est que, aussi bien lui que Marine Le Pen, d'ailleurs, ou que François Fillon, ou que l'aurait été Jean-Luc Mélenchon, ce sont des potentiels présidents de la République, faibles dès le départ. Pour la raison qu'on est en train d'évoquer.

22:18
Présentateur

Pourquoi faibles ? Parce qu'il ne parle pas à tout le monde.

22:19
Invité

Parce que le pays est tellement fragmenté autour de visions tellement radicalement différentes et opposées qu'on ne peut pas les rassembler de manière aussi forte que quand on était dans le système qu'évoquait Pascal Perrineau, bipolaire, avec une gauche ou une droite qui drainaient des visions communes. Là, les visions sont morcelées. Et c'est pour ça qu'on bute sur cette difficulté. Comment peut-il aller au-delà de sa structure électorale ? Parce qu'on voit bien qu'on a deux autres électorats dont on ne parle pas. Alors, l'électorat libéral-conservateur de François Fillon n'est pas vraiment représenté ni chez Marine Le Pen, ni chez Emmanuel Macron. Donc il s'abstiendra ? Il est partagé.

Il va à 40-45% semble-t-il plutôt chez Emmanuel Macron, à 30-32% chez Marine Le Pen, et le reste dans l'abstention. L'électorat de Jean-Luc Mélenchon qui voulait aller à 50% seulement sur Emmanuel Macron avant le premier tour, et puis beaucoup dans l'abstention, là, semble un peu plus propice. On a 60% pour aller voter pour Emmanuel Macron. Mais on voit bien que ça racle, quelque part. Il y a des pans entiers qui ont du mal à se retrouver dans ces deux candidats à cause de la fragmentation initiale. Oui, ça racle, mais avec 40% des fillonistes, mais plus que ceux qui vont vers Le Pen, et avec 50-60% des mélenchonistes, mais beaucoup plus que ceux qui vont vers Le Pen. Il a gagné.

Marine Le Pen a 800 000 voix de retard. Elle doit donc dépasser Macron dans les reports de voix, à moins qu'il y ait un réservoir d'abstentionnistes pour voter Marine Le Pen. Mais honnêtement, elle a dédiabolisé le parti. Elle a grimpé jusqu'à plus de 7,5 millions de voix. Qu'est-ce qu'il peut y avoir encore dans la France des abstentionnistes comme réservoir de voix pour Marine Le Pen ? Plus grand-chose. Mais ce n'est pas tant une question, parce que je suis tout à fait d'accord avec ça, de réserve de voix. A priori, encore une fois, arithmétiquement parlant, pour Emmanuel Macron, ça aboutit à du 60-62%.

En revanche, c'est un 60-62% avec une certaine fragilité, parce qu'ils ne drainent pas, ils ne rassemblent pas, comme autrefois un Chirac ou un Mitterrand pouvaient rassembler derrière eux.

24:10
Présentateur

Un mot quand même sur François Hollande, qui a annoncé qu'il soutiendrait, qu'il voterait Emmanuel Macron pour faire barrage au Front National. Dans ces conditions, c'est un soutien qui passe assez tranquillement. On redoutait que ce soit le baiser de la mort. C'est-à-dire que le soutien de François Hollande en ce moment, ce n'est pas forcément... Mais dans ce contexte-là, ça passe, c'est ça ?

24:29
Invité

Ça passe, je dirais, ça passe tout juste. Je serais la place d'Emmanuel Macron, je me serais peut-être passé de ce soutien. Parce que quand vous regardez toutes les enquêtes, même aujourd'hui, le président de la République en poste reste extrêmement impopulaire. Et tout ce qui fait réexister, de manière directe ou indirecte, l'idée que, voilà, il y aurait un héritier Emmanuel Macron, un héritier du quinquennat sortant, n'est pas en faveur d'Emmanuel Macron. Certes, le président représente plus qu'un courant politique, mais enfin, je ne crois pas que ça soit une très bonne nouvelle pour Emmanuel Macron.

Mais c'est habillé aussi des oripeaux du soutien républicain, du Front républicain, comme Cazenevière, qui l'a dit tout de suite. C'est quand même un immense soulagement pour François Hollande. Macron a toutes les chances de gagner, donc Hollande va passer le pouvoir à son ancien secrétaire général adjoint. Donc c'est une forme de rupture dans la continuité. Certes, il l'a trahi, mais enfin, il l'a formé. C'est un peu comme quand Chirac a passé la main à Sarkozy. Ça, c'est le joli roman que vous racontez après. Non, c'est ce que Hollande va raconter.

Hollande va expliquer qu'il avait évidemment ourdi tout cela et que finalement, c'était le scénario de sortie, un des scénarios qu'il avait envisagé.

25:40
Présentateur

François François François a raison de rappeler que ce n'était pas du tout ce qu'il avait prévu. Non, ce n'était pas du tout. C'était plutôt un François Hollande qui jouait de Manuel Vaz, d'Emmanuel Macron et qui, au bout du compte, renonçait. Et on va voir les conséquences plus tard que ça pour le parti de François Hollande, à savoir le parti socialiste. Alors, elle se pose en challenger. Marine Le Pen sait bien que les forces politiques ne jouent pas en sa faveur, mais elle est repartie dès ce matin en campagne sur ses terres dans le Nord. La présidente du FN veut se présenter en candidate du peuple face à Emmanuel Macron.

On l'a compris qu'elle range dans la catégorie candidat des élites, candidat du système. D'autant qu'il engrange depuis hier soir les soutiens en masse en provenance de la droite et de la gauche, ce qu'elle a appelé aujourd'hui le front républicain tout pourri. Ce sont ses mots. Reportage de Léa Baraco, Elisa Coudray, Clément Voyer et Pierre de Horn. Méthode Coué pour Marine Le Pen. Deux semaines, deux petites semaines pour convaincre et rassembler. Alors autant ne pas perdre de temps. Ce matin, la candidate FN repart en campagne sur ce marché de Rouvrois, dans le Nord.

26:50
Invité

Déjà de retour sur le terrain, après une soirée historique.

27:04
Présentateur

Je vous en prie.

27:05
Invité

Bon courage. Un plaisir. Merci.

27:08
Présentateur

La Marine, elle est à combien sur l'ensemble des bureaux de voies dépouillées ? Hier, au siège du Front National, peu avant 19h. D'accord. Et qui est en tête ?

27:18
Invité

C'est Marion.

27:20
Présentateur

C'est Marine qui est en tête. Le secrétaire général du parti, Nicolas Bay, ne quitte plus son téléphone.

27:28
Invité

En Outre-mer, je ne sais pas si tu as vu, mais c'est assez spectaculaire la promotion. Partout, hein ? Oui, voilà. La tendance partout, c'est deux fois, deux fois et demi quasiment. C'est assez spectaculaire. Et les premières tendances qu'on a à La Réunion, parce que là, les bureaux de vote sont... Ok. Oui, Mélenchon est assez haut. Dans pas mal d'Outre-mer. Pas en Calédonie et en Polynésie, non.

27:47
Présentateur

D'après les premières remontées de terrain, Et Timothée, tu es à Guichinville.

27:52
Invité

Tu es à Guichinville. C'est à côté d'aujourd'hui, ça.

27:56
Locuteur

Oui.

27:57
Présentateur

Les résultats sont serrés.

28:02
Invité

On piaffe un peu d'impatience, quand même. On aimerait bien avoir les résultats plus vite qu'ils ne vont arriver, parce que ça prend toujours un peu de temps, finalement. Tant que l'information remonte, qu'on croise des informations, c'est le verdict, quoi. Donc forcément, c'est un moment intense où on n'est pas forcément stressé, mais on est évidemment avec une acuité maximale, quoi.

28:25
Présentateur

Bientôt 20 heures. Début du marathon médiatique pour Nicolas Baie.

28:34
Invité

Oui.

28:36
Présentateur

Au bout du fil, Marion Maréchal-Le Pen. Premier élément de langage.

28:41
Invité

Si c'est Macron-Marine, ça a le mérite de la clarté du débat. Macron, il assume la disparition de toute forme de protection, la ligne ultra-libérale, la ligne aussi immigrationniste. Et puis, c'est quand même la continuité du hollandisme. Et voilà, il y a quand même une majorité de Français, notamment ceux qui ont voté à la droite et sans doute qui ont voté Fillon ce soir, qui ne veulent pas avoir cinq années de hollandisme supplémentaire. Je pense que ça, c'est quand même un des points importants à développer, quoi.

29:13
Présentateur

Plus que quelques minutes avant les premières estimations. À Hénin-Beaumont, au QG de la soirée, les sympathisants FN exultent. Un jour. Maintenant encore pire. Plus de 7 millions et demi de voix. Un record pour le FN. Mais pas la première place tant espérée pour lancer une dynamique. Derrière ses sourires, Marine Le Pen le sait, le second tour sera difficile. Je lance les tours à me rejoindre.

30:06
Invité

Je les appelle à sortir des querelles périmées, des a priori et des ressentiments parce qu'il y va de l'intérêt supérieur du pays.

30:16
Présentateur

Retour à Paris pour la deuxième émission de la soirée.

30:21
Invité

C'est un peu tout sauf Marine Le Pen pour le second tour d'ores et déjà 47 minutes après qu'on connaisse l'affiche. Oui, bien sûr, mais ça n'est pas une surprise. Voir ceux qui ont échoué lamentablement quand ils étaient aux affaires et François Fillon le premier appeler à voter Emmanuel Macron ce soir, ce n'est pas une surprise.

30:37
Présentateur

Des réserves de voix limitées et des appels à un front républicain. Mais pas de quoi décourager Nicolas Bay.

30:45
Invité

Je crois qu'il y a beaucoup qui ne suivront pas ces consignes d'appareil qui sont d'abord dans leur forme très désuète et qui manifestent même un certain mépris pour les Français. On n'est pas propriétaire de ces voix.

30:57
Présentateur

Pour l'emporter, le FN mise sur les souverainistes à droite et les antisystèmes à gauche. Stratégie du grand écart pour cette dernière ligne droite vers l'Elysée. Et nous allons revenir sur ces histoires de consignes de vote. Mais d'abord cette question. Jean-Marie Le Pen qui monte au créneau dans les médias pour défendre sa fille. N'est-ce pas une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron ?

31:22
Invité

Ça rediabolise un petit peu mais le spectacle du schisme au sein de la famille Le Pen, la division, les querelles avec Jean-Marie Le Pen, avec Marion Maréchal Le Pen serait plus préjudiciable encore à Marine Le Pen.

31:33
Présentateur

On entendait Nicolas Bay dire de toute façon les consignes de vote ça ne sert plus à rien. Ça n'est pas suivi. Il dit ça pour se rassurer.

31:41
Invité

Quand même, le nini à droite avait soulevé tellement de polémiques que là, ce n'est pas la même chose.

31:46
Présentateur

Oui.

31:47
Invité

Non, je ne pense pas que les électeurs effectivement suivent les consignes de vote. En revanche, il est important que les responsables donnent une indication parce que ça, ça dit beaucoup de choses sur la ligne politique du parti, de la formation qui est défendue. Alors les citoyens sont loin d'être des automates qui vont mécaniquement suivre ce qu'on leur dirait de faire. Mais ça trace des lignes et ça du coup crée des clivages ensuite autour des positions des principaux leaders.

32:09
Présentateur

Alors on en revient au score de Marine Le Pen qui avait l'air très enjouée. On a vu qu'elle avait visiblement... Elle est gourmande. C'est ça à l'approche de cette entre-deux-tours et cette campagne d'entre-deux-tours. Quand on regarde les résultats définitifs désormais de cette présidentielle, Christophe Bardier, elle a quand même considérablement augmenté son score.

32:27
Invité

Oui, bien sûr. Elle est à 7 619 493 voix. Ça lui fait quand même un petit million de retard sur Emmanuel Macron. C'est beaucoup, mais c'est beaucoup plus, évidemment, que le total des voix qu'avait fait Jean-Marie Le Pen en 2002. C'est plus aussi que le record qui devait être les régionales de 2015 où il y avait eu une forte abstention, plus forte qu'aujourd'hui, mais où le total des voix était quand même assez impressionnant. Le record, c'est 2012. C'est 6 400 000 suffrages exprimés. En 2015, en pourcentage, c'est plus, mais comme l'abstention est plus élevée, c'est 6 21 000. Donc 6 4, 7 6. Et un petit réservoir du côté de Dupont-Aignan.

Là aussi, 1 6, avec les petits candidats très souverainistes, très anti-Europe, il y a un bloc de 2 millions qu'elle peut espérer siphonner. Ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas suffisant.

33:11
Présentateur

Pascal Périnot.

33:11
Invité

En termes de racinement, en tout cas, c'est un record puisque jamais le Front National n'avait atteint tel niveau par rapport aux inscrits. Donc, c'est ça qui mesure l'enracinement. Voilà, c'est ça qui mesure l'enracinement. Et jamais le Front National n'avait été aussi haut. Alors, on voit en effet une présidente du Front National libérée parce qu'au fond, c'est le combat dont elle rêve. C'est le combat, en effet, pour reprendre sa terminologie entre les mondialistes ou les cosmopolites et les patriotes ou ceux qui s'auto-définissent comme tels.

Et on a vu qu'Emmanuel Macron a compris le danger et revendique maintenant lui-même ce vocable de patriote en rejetant Mme Marine Le Pen dans le camp des nationalistes. La politique, ce sont aussi des combats de mots. Mais on voit bien que c'est au fond, et je crois que dans la campagne d'entre-deux-tours, elle va retrouver certainement une aisance qu'elle avait perdue dans la campagne de premier tour parce que c'est le combat dont elle rêve. C'est quelque part le prolongement du combat de 2005 autour du traité constitutionnel européen où là, rappelons-le, le rejet du traité constitutionnel européen avait été majoritaire et elle rêve de reconstituer ce bloc majoritaire.

Mais pour reconstituer ce bloc majoritaire, il faudrait non seulement qu'elle arrive à rassembler tous les souverainistes de droite et de gauche, et ça n'est pas évident, et qu'elle arrive également à rassembler l'immense majorité de cette protestation anti-système qui est incarnée par l'électorat de Mélenchon. Et là, la tâche est plus difficile même si une petite fenêtre s'est ouverte hier soir pour Marine Le Pen puisqu'on a vu tout de même le leader de la France insoumise dire « ben voilà, je renvoie ma décision à plus tard une fois que j'aurai consulté la base des 450 000 personnes qui m'ont accordé... »

35:02
Présentateur

C'est une décision que vous comprenez, que vous expliquez

35:04
Invité

de ce qu'il y a à Rénaud ? Bien sûr, que l'on voit, mais par rapport à son point de vue, si vous voulez, quand vous regardez l'itinéraire de Jean-Luc Mélenchon, le fait qu'il a déplacé son combat politique de plus en plus sur les gens d'en bas, le peuple par rapport à la caste, il reprend cette terminologie qui est très sensible dans la gauche de la gauche espagnole. Il y a là une grande cohérence et il y a là une similitude des combats entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Donc, elles sont là

35:32
Présentateur

ces réserves de voix. C'est ça qu'elle doit penser Marine Le Pen ?

35:34
Invité

C'est difficile à mobiliser parce que, tout de même, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon restent des électeurs de gauche et même de gauche identitaire.

35:43
Présentateur

Moi, je pense que c'est l'un des moments forts de la soirée. C'est effectivement Jean-Luc Mélenchon qui est incapable à titre personnel de donner une consigne de vote parce que, sans doute, il est furieux de s'être laissé capter par Marine Le Pen ce qu'il pensait avoir réussi, c'est-à-dire la fin du clivage gauche-droite et le nouveau clivage peuple-élite et ça, il pensait vraiment l'avoir incarné.

Donc, le fait quand même qu'il refuse de donner une consigne de vote, je pense que c'est à la fois un ressentiment profond par rapport à ce qui lui est arrivé et en même temps une bourde par rapport à la gauche parce qu'il pouvait très bien se dire que, vu le très faible score de Benoît Hamon, il aurait pu représenter la totalité de la gauche radicale contestataire. Or, au même moment, Benoît Hamon, lui, appelle sans ambiguïté à voter contre Marine Le Pen pour Emmanuel Macron. Et on voit bien qu'il va avoir beaucoup de mal à re-rassembler la gauche radicale autour de sa position qui est beaucoup plus ambiguë.

Donc, il est un peu en l'air et c'est un peu compliqué à comprendre son attitude dans la mesure... Il avait quand même théorisé à un moment une grande opposition à Marine Le Pen et là, on a l'impression que finalement, il lui tend la perche ou en tout cas qu'il ne la combat pas autant qu'il le devrait. Donc, je pense qu'il a un peu raté sa soirée. Mais ça veut dire, du coup, si on met de côté ce qu'il pourrait faire de ce très beau score, c'est un très beau score de Jean-Luc Mélenchon, ça fera l'objet d'un autre sédant l'air. Mais est-ce que dans cet entre-deux-tours, son attitude peut changer la donne, peut libérer d'une certaine manière un vote de gauche radical pour Marine Le Pen ?

37:07
Invité

Libérer, je ne sais pas, mais c'est risqué ce qu'il fait. Non seulement, en effet, après une fin de campagne remarquable, c'est une soirée électorale un peu de mauvais perdant, jusqu'à contester les résultats, expliquer que c'est les médiacrates qui ont donné de faux résultats à 20h, c'était vraiment le mauvais perdant. Par ailleurs, consulter la base, quand il s'est lancé il y a un an dans la campagne, il ne l'a pas fait. Il s'est lancé tout seul et il a incarné le leader qui était suivi par le peuple. Là, il n'est pas du tout dans cette figure-là, il veut au contraire suivre la base.

Et si dans sa base de 450 000, 80 000, 100 000, 120 000 disent il faut voter Le Pen, ne serait-ce que par votre révolutionnaire pour faire péter le système, il sera bien embêté.

37:40
Présentateur

On l'a entendu, hier soir.

37:42
Invité

Il sera bien embêté pour construire ce qu'apparemment il veut construire, un mouvement, son en marche à lui pour réconcilier, pour remettre ensemble, recoller tous les morceaux de la gauche radicale. Oui, mais on voit que ce n'est pas simplement les hésitations et le partage de Jean-Luc Mélenchon lui-même. Quand on regarde les données d'hier soir du sondage Ipsos et que l'on interroge par exemple les électeurs de Mélenchon sur ce que devrait faire Mélenchon, eh bien on a à peu près un partage en deux. Autant d'électeurs de Mélenchon disent eh bien il ne faut pas prendre position qu'il y a des électeurs de Mélenchon qui disent voilà, il faut se prononcer en faveur d'Emmanuel Macron.

On voit bien comment la dimension extrêmement anticapitale, anti-élite, montant à l'assaut de la caste qui a ponctué toutes les étapes importantes de la campagne extrêmement réussie de Jean-Luc Mélenchon ont laissé des traces pas simplement chez Jean-Luc Mélenchon dans sa base électorale.

38:42
Présentateur

Donc la stratégie j'allais dire payante, gagnante pour Marine Le Pen c'est d'essayer de récupérer ceux-là qui peuvent se retrouver sur des thématiques que ce soit l'Europe notamment ou d'aller chercher ceux qui sont chez François Fillon comment est-ce qu'elle peut jouer cet entre-deux-tours ? Elle a très bien joué vis-à-vis d'Emmanuel Macron vous l'avez expliqué tout à l'heure en disant je serai la candidate du peuple il est le candidat du système et du front républicain au-delà de ça.

39:09
Invité

Mais en jouant sur les deux leviers ce qui a fait le succès d'un Trump aux Etats-Unis c'est de jouer à la fois sur ce qu'on appelait le nativisme et la critique du système donc jouer sur l'immigration ça, ça draine une partie de l'électorat de François Fillon qui était sensible à cette dimension et jouer également sur la critique du système et la dimension au bas ou peuple élite et je pense que c'est ce qu'elle va faire. Alors est-ce qu'elle va pour autant attirer un nombre substantiel des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?

Rien n'est moins sûr parce que dans la même enquête c'est vrai que cet électorat dit qu'il ne faut pas forcément prendre position mais on en a 62% qui finalement se disent il faut aller voter pour Emmanuel Macron et 9% seulement pour Marine Le Pen. Donc on voit que l'écart est important ce qui me paraît très différent quand même par rapport à 2002 c'est qu'il n'y a pas de peur de Marine Le Pen de peur qu'elle accède au pouvoir comme si l'ensemble du corps électoral avait intériorisé l'idée que ce n'était pas possible.

Alors c'est assez vrai quelque part moi j'ai écrit je ne fais pas brogner j'ai écrit que Marine Le Pen ne pouvait pas être élue présidente de la République en 2017 pour les raisons qu'on a évoquées là on ne passe pas de 7 600 000 voix à 14 millions comme cela il faut aller les trouver et il y a là une grande difficulté donc ne racontons pas d'histoire.

Maintenant une fois qu'on a dit ça c'est très frappant de voir à quel point le climat est différent de 2002 et à quel point on a l'impression que là on est dans un deux tours où il n'y aurait pas d'enjeu comme si Emmanuel Macron était à l'évidence devenu président de la République dès maintenant et ça ça peut libérer soit d'autres forces soit congeler des électeurs qui vont rester à la maison en se disant de toute façon je ne suis pas tellement pro Macron et il n'y a pas de risque Marine Le Pen l'emporte.

40:45
Présentateur

Et comme si on avait intégré, accepté cette carte qu'on vient de voir. Est-ce que vous nous avez expliqué tout à l'heure sur cette progression cet enracinement du Front National et qui raconte quand même quelque chose ?

40:56
Invité

Parce que juste un mot on a comparé le résultat de Marine Le Pen par rapport à des anticipations électorales ce qu'il ne faut jamais faire. on compare un résultat par rapport au résultat précédent et par rapport au résultat précédent c'est un très bon score pour Marine Le Pen 7 600 000 suffrages exprimés par rapport à 6 400 000 c'est une vraie progression elle est réelle elle ne suffit pas pour l'instant pour opérer une bascule a priori mais la progression est indéniable

41:21
Présentateur

et le score est bon. Et elle se verra peut-être aux législatives et ça aussi on aura l'occasion d'en reparler. Pascal Péhéno

41:25
Invité

Et ce qui est intéressant c'est que vous savez on parle très souvent des deux fronts nationaux le front national du sud plus bourgeois et le front national du nord plus populaire. C'est dans le nord et l'est là où il y a une substance populaire que la progression est extrêmement importante. En revanche dans les milieux urbains bourgeois elle stagne et même parfois elle régresse. C'est le cas à Paris et dans la région parisienne.

41:46
Présentateur

Alors c'est historique on l'a bien compris les deux partis de gouvernement sont à terre. Un double 21 avril François Fillon n'avait pas d'autre choix. Hier soir il a assumé personnellement la défaite depuis ce matin la droite sonnée d'avoir laissé passer une élection qu'elle pensait acquise règle déjà ses comptes et prend la mesure de la fracture idéologique laissée par cette campagne à droite. Pas mieux au Parti Socialiste avec un score à un chiffre une défaite morale pour la gauche comme l'a dit hier soir Benoît Hamon. Ce matin les plaies étaient trop vives pour tirer les leçons du scrutin Ruth Solferino Marie-Lauriant Miriam Zéard Gladys Laffitte et Marie-Charlotte Duluc.

Un lendemain au goût amer pour le porte-parole de Benoît Hamon Jérôme Gage comme si le cœur du Parti Socialiste Ruth Solferino s'était arrêté de battre quelques heures après sa défaite historique.

42:42
Invité

Les jours d'après on prend la pelle la pioche et on mène les batailles les unes après les autres donc la première c'est d'abord faire en sorte que Marine Le Pen fasse le plus petit score possible je n'ai pas d'état d'âme sur cette question-là.

42:55
Présentateur

Le bureau national se réunit au chevet d'un parti moribond victime pense-t-il du vote utile et quand le premier secrétaire apparaît c'est pour un appel à voter Macron la fin d'une époque.

43:09
Invité

C'est une lourde défaite nous l'assumons dû tout autant à un contexte qu'un essoufflement d'un projet politique l'analyse de cette défaite prendra du temps car elle vient de loin mais pas maintenant.

43:25
Présentateur

Priorité du moment faire barrage à l'extrême droite même si en coulisses les règlements de compte ont commencé bien avant les résultats.

43:38
Invité

C'est quand même dommage que sur le canadolande il n'y ait pas eu d'unité et que derrière on se retrouve dans des situations compliquées. D'accord avec vous j'aurais tellement préféré que François Hollande soit le candidat si les choses s'étaient passées normalement. La politique c'est une affaire de famille et en l'espèce dans la famille quand on se tire la bourre les torts sont en général partagés.

43:57
Présentateur

Un frondeur qui en vient à regretter le retrait de François Hollande

44:03
Invité

voilà qui en dit

44:05
Présentateur

l'on sur l'état psychologique des socialistes.

44:09
Invité

Il y a un grand écran

44:10
Présentateur

arrivé à la mutualité direction le cinquième étage où Benoît Hamon a réuni sa garde rapprochée dans ce haut lieu de la gauche militante où le candidat avait fêté en janvier son éclatante victoire à la primaire à mesure que les résultats locaux tombent l'échec prend des airs de descente aux enfants.

44:43
Invité

A 20h

44:44
Présentateur

c'est l'humiliation et la colère.

44:51
Invité

L'extrême droite est au second tour de la présidentielle voilà donc on a en distance 15 ans après et ça recommence. Benoît Hamon acte très rapidement la sanction par une formule qui rappelle étrangement le 21 avril 2002. J'ai échoué à déjouer le désastre qui s'annonçait depuis plusieurs mois et peut-être plusieurs années. j'en assume pleinement la responsabilité sans me défausser sur les circonstances du quinquennat ni les trahisons. Vous attendez une renaissance. Ce soir elle est douloureuse. Demain elle sera féconde. Je ne vous la promets pas je vous la demande.

45:37
Présentateur

Au quartier général de François Fillon les militants applaudissent Pénélope mais le deuil est tout aussi douloureux.

45:45
Invité

Mes chers compatriotes malgré tous mes efforts malgré ma détermination je n'ai pas réussi à vous convaincre. Cette défaite est la mienne et c'est à moi et à moi seul qu'il revient de la porter. Il n'y a pas d'autre choix que de voter contre l'extrême droite. Je voterai donc en faveur d'Emmanuel Macron.

46:06
Présentateur

La droite et le centre se retrouvent orphelins et éliminés du second tour pour la première fois sous la 5ème République.

46:13
Invité

Ce qui est d'autant plus navrant c'est que alors qu'il avait tout pour pouvoir être le leader le premier il se retrouve le placard. On marche dans l'inconnu et avec un vote qui a exprimé un désir de se plonger dans des choses qu'on ne connaissait pas jusqu'ici.

46:29
Présentateur

Et l'inconnu sème la pagaille au sein de la famille.

46:32
Invité

Il est là il est sans appel il est clair

46:34
Présentateur

A l'entrée du comité politique réuni en urgence ce matin l'appel à voter Macron ne passe pas toujours les divisions exposées au grand jour. Cette élection en voulant aller jusqu'au boutiste a été quasi un suicide de notre famille politique je ne vais pas participer à l'enterrement.

46:51
Invité

Cette fois les tabous les interdits c'est terminé donc on va se parler très franchement et essayer de voir à quoi peut ressembler une reconstruction profonde de l'ensemble de notre famille politique.

47:04
Présentateur

Lui voulait incarner une autre droite sacrifiée sur l'autel de la primaire. Face à la déroute le rival malheureux de François Fillon met en cause la personnalité de l'ex-candidat et la ligne politique du parti.

47:15
Invité

Je crois que c'est question de savoir si demain il y aura à droite une composante humaniste libérale et européenne qui pourra peser pleinement de son poids.

47:26
Présentateur

Au bureau politique des républicains qui a lieu en ce moment même François Fillon vient d'affirmer qu'il n'avait plus la légitimité pour mener le combat des élections législatives. Et François Fillon qui a ajouté qu'il resterait un militant de cœur. Christophe Barbé cette question combien de points les affaires ont-elles coûté à François Fillon ?

47:46
Invité

Ça lui a coûté sa deuxième place. Il a 400 000 voix de retard sur Marine Le Pen.

47:50
Présentateur

Ça ce sont dans les résultats définitifs.

47:51
Invité

Oui elles sont dans les affaires. Elles sont évidemment dans les affaires. Il franchit la barre des 20 il franchit la barre des 7 millions il lui manque ces 400 000 voix qui sont parties dans l'abstention peut-être un peu aussi chez Dupont-Aignan qui a bien joué sur ce côté je suis une droite de remplacement mais il est évident que sans la polémique Pénélope sans la polémique sur les costumes François Fillon sur la base de son programme et de son énergie aurait eu sans problème une place au second tour. Peut-être qu'il aurait d'ailleurs dépassé Macron plutôt que Le Pen on ne sait pas mais en tout cas il aurait eu cette place.

Vous vous rendez compte qu'avec 20% des suffrages exprimés François Fillon dans cet état fait le score que faisait Jacques Chirac en 88 en 95 et en 2002 au premier.

48:29
Présentateur

Vous voulez dire

48:29
Invité

que c'est un bon score ? C'est un score qui n'est pas si mal parce que oui on compare toujours à des sondages mais là aussi il faut se méfier quand vous regardez dans la chaîne des élections présidentielles avec 20% Jacques Chirac s'est invité trois fois au second tour et l'a emporté deux fois. Alors cela montre si vous voulez parce que là votre reportage met en parallèle la situation du PS et la situation des LR ce sont deux très mauvaises situations mais il y en a une qui est nettement plus déplorable que l'autre parce que vous avez un parti socialiste qui est en train de sortir des écrans radars avec 6% des suffrages exprimés.

Les LR avec 20% restent dans le jeu d'ailleurs on voit toute leur stratégie et maintenant de dire voilà on a perdu la partie présidentielle on va jouer maintenant le moment des législatives on va se refaire on va se refaire le législatif

49:19
Présentateur

juste pour le score pour bien comprendre ce que disait Pascal Perrineau sur est-ce que c'est quand même un bon score pour un candidat qui a quand même passé une campagne un peu rude moi j'ai lu qu'il avait perdu 2,7 millions de voix par rapport au dernier scrutin de Nicolas Sarkozy c'est quand même beaucoup 2,7 millions de voix

49:37
Invité

en fait on voit très bien quand il est après la primaire il est à 29-30% d'attention de vote avant l'affaire Pénélope comme on l'a dit il y a les critiques sur ses propositions en matière de protection sociale et là il perd déjà 4 à 5 points et il les perd dans l'électorat de François Bayrou mais également on ne l'a pas assez souligné massivement dans l'électorat de Nicolas Sarkozy l'électorat de Nicolas Sarkozy de 2012 il vote pour François Fillon à 75% juste après la primaire et ça baisse très vite dans ce premier palier et puis ensuite il y a la deuxième lame du rasoir où là il va passer effectivement de 25% à 18,5% et c'est l'effet direct des affaires donc il perd 40% de son électorat mais avec ces deux étapes il y a les affaires mais il n'y a pas que les affaires il y avait aussi sa ligne et c'est tout le débat d'aujourd'hui chez les LR est-ce que la défaite est due à l'homme ou est-ce qu'elle est due à la ligne politique et sincèrement je pense qu'il y a à l'évidence les deux il y a un projet on le voyait bien dans les enquêtes aussi il y a un projet qui a été perçu comme trop libéral par une partie de la droite française et puis trop conservateur aussi sur les valeurs par une autre partie et puis il y a eu ensuite l'homme donc du coup c'est cette difficulté à élargir à rassembler qui fait que François Fillon est resté encalminé dans la zone des 19, 18, 20 à l'arraché il a grignoté un petit peu en reprenant un peu d'électorat de Nicolas Sarkozy mais il n'a jamais réussi à élargir et à rassembler

51:03
Présentateur

en tout cas les deux principaux partis qui ont fait cette vie politique sous la 5ème république sont aujourd'hui alors à terre peut-être pas disait Pascal Perrineau pour les républicains qui ont quand même un score et un socle pour repartir mais enfin pas très en forme oui et je trouve qu'il y a quand même un parallélisme entre les deux c'est à dire qu'ils ont vécu le même drame c'est à dire qu'à un moment ils ont eu beaucoup de mal à mettre à la tête du parti quelqu'un de consensuel vous vous souvenez il y a eu la bataille entre Martine Aubry et Ségolène Royal et puis il y a eu la bataille entre Jean-François Copé et François Fillon ils ont essayé de traiter cette difficulté avec la primaire et aujourd'hui on tire la conclusion que la primaire ça ne sert à rien puisque ça n'a pas donné le bon candidat ils sont en difficulté aussi il y a quand même 7 points de moins pour François Fillon par rapport à Sarkozy qui avait perdu l'élection en 2012 donc c'est quand même un rétrécissement et il y a la présence très forte du Front National même si elle n'est pas élue elle va être quand même assez forte dans l'opposition donc on voit bien que la droite a une difficulté à se positionner sur quelle ligne se positionner une droite républicaine qui a quand même fait une campagne très dure contre Juppé contre Le Sand contre François Bayrou et donc je pense qu'il y a effectivement un problème François Fillon et un problème de ligne qu'est-ce que doit être aujourd'hui la droite républicaine quand vous êtes pris en sandwich entre Emmanuel Macron et l'extrême droite un mot sur les deux hommes parce que c'est aussi une affaire d'hommes c'est pas des moments agréables de les voir comme ça assumer une défaite aussi lourde c'est fini pour Benoît Hamon c'est fini pour François Fillon

52:30
Invité

Benoît Hamon a une législative difficile à trappe donc ça va dépendre beaucoup de ce score de cette capacité à être élu député parce que je pense qu'à gauche celui qui aura la main mise sur le groupe parlementaire celui qui aura les amis les plus nombreux dans le groupe parlementaire socialiste pourra essayer d'incarner la suite et de reconstruire la suite c'est encore plus compliqué pour François Fillon puisqu'il avait décidé de transmettre sa circonscription à Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris il peut difficilement revenir sur sa parole donc il va se retrouver sans mandat par ailleurs il a quelques rendez-vous avec la justice il va devoir les assumer puisqu'il n'a plus le privilège de juridiction du président de la république et puis il n'a plus le même âge non plus ça ressemble quand même à une fin de carrière pour François Fillon

53:05
Présentateur

je voudrais vous montrer une carte pour terminer c'est la carte qui illustre l'effondrement du parti socialiste elle est assez spectaculaire regardez-moi ça les communes où le candidat socialiste est arrivé en tête au premier tour c'est la carte de gauche et voici la carte de droite pour Benoît Hamon là aussi il y a un effondrement on parlait des deux points des sept points en moins par rapport à l'électorat de Nicolas Sarkozy pour le parti socialiste c'est par quoi peut passer la reconstruction

53:30
Invité

du parti socialiste cette carte est intéressante parce que c'est une disparition par double vampirisation il faut bien voir que l'électorat socialiste a été happé dans un premier temps par Emmanuel Macron la moitié de l'électorat de François Hollande de 2012 vote à voter Macron et puis dans la deuxième partie de la campagne il y a eu la vampirisation de ce qui restait d'électeurs qui voulaient voter absolument à gauche et ils ont découvert tout d'un coup qui avait quelqu'un de beaucoup plus à gauche encore que Benoît Hamon et qui s'appelait Jean-Luc Mélenchon donc sous le coup de cette double vampirisation il ne reste on le voit à peu près dans cette carte rien donc il est dans la situation au fond qui était celle de Gaston Deferre en 1969 ça s'était traduit par quoi ?

et bien par la fin de la SFIO et le début de la reconstruction d'un nouveau parti socialiste

54:19
Présentateur

c'est pas la première fois qu'on annonce la fin du parti socialiste ils vont peut-être réussir à se sauver cette fois-ci

54:23
Invité

non c'est la fin du parti socialiste de Mitterrand en 71-2017 ça avait pris deux ans entre 69 et 71 puis dix ans pour revenir au pouvoir ce qui est assez court finalement sauf qu'à l'époque il n'y avait pas le Front National et donc il n'y avait pas cette concurrence-là il y avait le Parti Communiste qui était très fort mais qui dialoguait avec le PS là il y aura le Front National pour récupérer la colère populaire si une gauche ne se reconstruit pas vite

54:42
Présentateur

et nous passons maintenant à vos questions alors elle n'est pas facile cette question quel est le profil des gens qui ont besoin de consignes de vote ?

54:56
Invité

voilà je... je n'ai pas ce profil

54:59
Présentateur

voilà vous n'avez pas ce profil

55:01
Invité

je suis incapable de répondre et de dire d'ailleurs s'il y a un propre type comme ça sociologique ou qui aurait besoin qui qu'émanderait des consignes de vote je ne crois pas d'ailleurs que ça existe de cette manière entre les deux tours de la présidentielle de 81 Valéry Giscard d'Estaing avait appelé au QG de Jacques Chirac se faisant passer pour un militant RPR demandant enfin RPR demandant une consigne de vote et on lui avait dit il faut voter Mitterrand comment sont perçus

55:24
Présentateur

ces résultats au Royaume-Uni l'élection de Macron pourrait-elle poser sur les négociations du Brexit ? ben dis donc

55:28
Invité

non je ne pense pas que les négociations du Brexit puissent être impactées elles sont enclenchées elles iront à leur terme l'ambiance européenne va changer si Macron est élu c'est un candidat qui a mis le projet européen au coeur de son programme qui a cité deux fois l'Europe hier dans son discours et qui s'il est élu va immédiatement raviver un dialogue avec Berlin avec le coup franco-allemand mais je pense qu'elle sera plutôt pour construire l'Europe d'après Brexit que pour essayer de limiter la casse avec le Brexit le vrai impact sur Londres il n'est pas sur le Londres politique mais sur le Londres de la City on a vu ce matin les bourses asiatiques couvraient très tôt avoir un bond avant la bourse parisienne parce que Macron rassure ou plutôt parce que l'idée que Le Pen ne puisse pas gagner rassure moi je n'ai pas juste pour l'anecdote je n'ai pas vécu depuis 92 ce que j'ai vécu en institut de sondage à l'occasion de cette campagne présidentielle à savoir des demandes mais incessantes de milieux étrangers d'investisseurs qui n'étaient obsédés que par une question Marine Le Pen peut-elle devenir présidente de la République comme en 92 il y avait la question de l'euro avec le référendum de Maestrich et ensuite on a eu la crainte du face-à-face Mélenchon-Le Pen donc effectivement là il y a un effet de réassurance à travers la qualification d'Emmanuel Macron

56:37
Présentateur

alors une femme ou un homme de Lille visiblement quelle est la consigne de Martin Domry pour le second tour

56:41
Invité

je pense qu'elle va être dans la ligne de Hamon

56:44
Présentateur

elle a voté Emmanuel Macron mais elle ne l'a pas dit personnellement ne va-t-on pas vers une abstention record au second tour à qui profitera-t-elle ? il faut se mouiller en 2002 ça s'était obtenu

56:59
Invité

en 69 ça s'était beaucoup abstenu au deuxième tour le blanc bonnet bonnet blanc du communiste Duclos à l'égard du duel Poir-Pompidou avait fait monter l'abstention alors là probablement pas ce qu'on peut dire je crois sans quand même trop se tromper c'est que l'abstention sera plus élevée qu'en 2002 en 2002 il y a eu une sur-mobilisation il y a eu une mobilisation très importante contre Jean-Marie Le Pen là on voit bien qu'on a des morceaux d'électorat on a évoqué celui de Jean-Luc Mélenchon mais il y en a d'autres qui peuvent être tentés par l'abstention et par l'idée que bon même si on n'est pas un adepte de Marine Le Pen il n'y aurait pas de danger donc on n'ira pas voter forcément pour Emmanuel Macron

57:36
Présentateur

alors ça ce sera différent par rapport à 2002 c'est qu'en 2002 il n'y avait pas eu alors là je peux vous répondre il ne craint pas il le souhaite parce qu'il estime que la vie politique justement a manqué de cette confrontation sur savoir où le peuple français en est par rapport au libéralisme par rapport à l'Europe et par rapport à la mondialisation et il a très envie de ce débat il y aura-t-il des manifestations anti-FN comme en 2002 ?

57:58
Invité

il y aura des manifestations FN puisque Jean-Marie Le Pen le premier maire réunit ses petites troupes à l'endroit habituel place des pyramides et Marine Le Pen doit tenir un meeting à Villepinte le même jour donc ces manifestations FN peuvent attirer des manifestations virulentes anti-FN pas les manifs populaires de crainte sur l'arrivée du fascisme comme on l'avait un peu surjoué en 2002 mais plutôt des manifs militantes d'agite propre avec peut-être des violences on en a vu quelques exemples hier dans la soirée

58:23
Présentateur

je crois que le patron de la CFDT avait envie de faire un rassemblement unitaire contre les syndicats et qu'il a du mal à rassembler notamment FO qui ne veut pas donner de consigne de vote un nouvel attentat pourrait-il faire tout changer ? alors c'est toujours la question qu'on se pose maintenant avant un scrutin

58:40
Invité

je pense que ça dépend malheureusement de l'ampleur de l'attentat ce qu'on a vu c'est que l'attentat de jeudi soir n'a pas fait changer grand chose peut-être un peu sur la mobilisation pas en tous les cas sur les rapports de force qu'on avait enregistré avant et ce n'est pas la même chose si vous avez un massacre de grande ampleur dans la population civile ou un attentat un peu limité la société française encaisse aussi au fur et à mesure ces attentats et ne réagit pas de la même manière après le deuxième le troisième ou le quatrième qu'à l'issue évidemment du premier

59:08
Présentateur

avec une France aussi divisée ne risque-t-on pas des conflits sociaux à répétition ?

59:13
Invité

ça c'est une question en effet évidente parce que dans ce premier tour on voit bien qu'il y a des protestations qui s'accumulent derrière Jean-Luc Mélenchon il y a bien sûr une gauche qui est la gauche du mouvement social que l'on a vu se mobiliser extrêmement fortement contre la loi par exemple El Khomri qui réformait le code du travail derrière l'électorat de Marine Le Pen qui est un électorat dans lequel la composante populaire est de plus en plus importante il y a une protestation populaire cette protestation elle s'exprime pour l'instant dans les urnes le jour où les réformes commenceront à être mises en oeuvre il y aura bien sûr ce que l'on appelle le fameux troisième tour troisième tour social qui d'ailleurs là sera peut-être le cinquième tour parce qu'il faudra rajouter aux deux tours de la présidentielle les deux tours des législatives et le cinquième tour aura lieu

1:00:02
Présentateur

On rajoute les primaires aussi ? Les tours des primaires ? Non, on en reste là Allez François La première réforme que veut faire passer Emmanuel Macron c'est celle sur le marché du travail donc le prolongement de la loi El Khomri qui mobilise effectivement l'électorat Mélenchon et l'électorat de Benoît Hamon aussi donc il y a un danger dès le début du quinquennat La droite va-t-elle réussir à résister à rester unie

1:00:24
Invité

Non, c'est mal parti C'est mal parti parce qu'il y a une, deux ou trois droites qui se disputent sur la stratégie de second tour qui se disputent sur la responsabilité de ce qui est arrivé et qui ne m'ont pas l'air en train de prendre le chemin d'une espèce de bloc qui pourrait se dire avec le découpage des circonscriptions et notre assise électorale on va imposer une cohabitation à Emmanuel Macron Ils sont plutôt en train de prendre le chemin de la débandade C'est vrai que n'importe quel candidat qui mettra sur son affiche avec Emmanuel Macron candidat d'En Marche si Macron est président de la République aura un vrai bonus Mais la droite me semblait-il avait un socle sociologique qui aurait dû lui permettre d'affronter cela et de mettre la majorité macronienne sous condition si ce n'est sous cohabitation Elle m'a l'air aujourd'hui de se détourner de cet objectif Et puis vous savez pour emmener un camp à la victoire au plan législatif il faut un homme ou une femme qui incarne ce camp Le problème la guerre des chefs est tellement vive à droite que pour l'instant il n'y a aucun chef ou alors ça sera un chef de la vieille génération c'est pas ce qu'il faut On sent que le peuple de droite et du centre a envie que le renouvellement générationnel opère mais c'est dur douloureux difficile Et puis une troisième difficulté c'est que si vous appelez à voter pour Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle ce que la plupart des ténors à droite sont en train de faire il est difficile juste après d'appeler à voter contre en marche et pour les LR ou les législatives

1:01:38
Présentateur

Quel rôle pour François Bayrou durant ces 15 jours ? Alors il était très content on l'a vu tout à l'heure dans le reportage c'est le projet de sa vie qui est en passe de se concrétiser qu'est-ce qu'il peut faire pendant les 15 jours ? Il faut qu'il se montre ou qu'il se cache ?

1:01:49
Invité

D'abord il faut rappeler que son ralliement à Macron a été très utile dans un moment où Macron marque quel pas après sa polémique sur la colonisation qu'ensuite il y a quand même au coeur du programme Macron beaucoup des idées qui étaient les idées fortes du centre mais du centre-uni de l'ancien temps avant l'UMP quand il y avait cet UDF bloc notamment l'Europe maintenant François Bayrou est une figure rassurante pour la gauche il a appelé à voter Hollande en 2012 c'est quelqu'un qui a montré qu'il pouvait être dans la tolérance vis-à-vis de ce camp-là donc ça peut aider Macron à récupérer des voix harmonistes qui auraient pu être marquées par une certaine aigreur

1:02:19
Présentateur

Pourquoi n'avons-nous pas encore entendu Nicolas Sarkozy ? Alors Nicolas Sarkozy on l'entend pas mais il n'est pas inactif puisqu'il a tenu un déjeuner aujourd'hui qu'est-ce qu'il essaye de faire ?

de faire en sorte qu'au moins la famille les républicains reste unie au moins jusqu'au deuxième tour de la présidentielle qui n'est pas cette débandade que vous évoquez il va essayer de peser d'une certaine façon mais je pense que vraiment ce qui lui tient à cœur c'est que la famille reste le plus soudée possible pour essayer de peser face à une extrême droite qui est très forte et face à un Macron qui joue vraiment le rôle d'aspirateur Ne doit-on pas s'attendre à une cohabitation si Macron est élu ?

1:02:59
Invité

C'est un des risques c'est une des possibilités soit il y a un état de grâce et puis une vague macroniste un peu comme Mitterrand avait eu une très forte majorité en 1981 soit les premiers jours du gouvernement sont difficiles la figure du Premier ministre n'accroche pas deux trois maladresses et on peut se retrouver tout à fait le 18 juin avec soit une majorité introuvable et Macron texte par texte négociera à la rocard des majorités de circonstances soit une vraie cohabitation ou peut-être Macron proposera-t-il une co-gestion c'est-à-dire d'élargir encore sa majorité

1:03:25
Présentateur

Merci à tous les quatre c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25 on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite c'est à vous bonne soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada