Bruno Le Maire et la grève de la SNCF : "Nous tiendrons"
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France Inter Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité est jusqu'à 13h, c'est l'un des hommes clés du gouvernement. De son action dépend largement le succès ou non du quinquennat d'Emmanuel Macron. Le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, viendra nous rejoindre dans quelques instants. Vos questions, vos commentaires sont bien sûr les bienvenus. Et pour intervenir, vous connaissez le mot clé, Question Paul. Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali.
Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour Françoise. Bonjour Ali. Et Laurence Perron de France Inter, bonjour Laurence. Bonjour Ali. Avant d'accueillir Bruno Le Maire, rapide tour de table pour commencer, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ? On démarre avec vous Nathalie. Alors d'abord une chose positive, je me suis retrouvée à 1h30 du matin devant les Jeux Paralympiques et je me suis dit, oh c'est pas très intéressant, il fiche une maman, je suis restée scotché pendant 1h. C'est très addictif.
Bah oui, ça n'a pas l'air, mais on voit des gens qui sont tellement formidables, qui ont vraiment du mérite parce que c'est tellement compliqué, j'étais dans des fauteuils roulants, faire des choses absolument épouvantables que moi-même j'oserais même pas faire, alors je suis valide. Donc je pense que ça donne un signal très positif à la société et que ça donne du courage à ceux qui sont également handicapés et qui ne font pas ça et qu'en une dizaine d'années, grâce à ça, on ne change totalement l'image du handicap. Alors ça, c'était pour la pensée positive. La pensée négative, c'est l'EHPAD, les EHPAD, et la façon dont j'ai l'impression qu'on traite mal les personnes âgées.
Alors évidemment, elles ne peuvent pas bloquer un pays, elles ne peuvent pas empêcher les trains de circuler, mais on a vu des gens qui travaillent dans ces EHPAD qui sont des gens qui traiteront nos parents, nous, dans une dizaine d'années, peut-être un peu plus, on l'espère. Et il faudrait, je pense, alors je sais qu'il n'y a pas de cagnotte, je sais qu'il n'y a pas de marge de manœuvre et tout, mais peut-être mettre le paquet quand même sur ça.
Et quand je lis hier dans Le Monde aussi, que dans les enquêtes sur l'hôpital, les infirmières sont obligées d'utiliser un seul gant de toilette pour nettoyer, qu'on leur refuse les deux autres, je me dis qu'il y a peut-être du sens à donner à la politique et des priorités à choisir. Merci Nathalie. Françoise ? Le sujet de la semaine pour moi, c'est l'accumulation des réformes et cette interrogation, est-ce qu'Emmanuel Macron n'est pas en train de tomber à pieds joints dans le piège du quinquennat ? Le quinquennat, c'est cinq ans pour réformer.
Autant dire rien, car toujours les ministres le disent, entre le moment où un projet de loi est élaboré, celui où il entre en application, il se passe deux ans. Deux ans, c'est très long. Alors, tout charge la barque. Il y aura sept réformes d'ici l'été, parmi lesquelles celle de la SNCF, dont on sait qu'elle va entraîner des grèves et des blocages. C'est un agenda d'enfer qui met tout le monde sous pression, les Français, les syndicats, les parlementaires, alors même que les résultats ne sont pas encore là, le risque, c'est qu'à un moment, ça craque, la société se braque sur une réforme, la réforme de trop. Prenez par exemple la révision constitutionnelle.
En principe, c'est un texte extraordinaire pour le Président de la République, qui n'est pas pour la réduction du nombre des parlementaires. Simplement, depuis une semaine, les débats ont changé de nature. On s'interroge sur la réduction des droits du Parlement, sur cette volonté de porter atteinte aux droits d'amendement du Parlement. Et alors, on entend les parlementaires dire Emmanuel Macron, c'est César. Emmanuel Macron, c'est l'antidémocrate. Ils le mettent face à sa contradiction. À quoi bon aller si vite, si c'est pour risquer de se mettre tout le monde à dos ? Merci Françoise. Tiens, question piège.
Vous savez combien de réformes ont été lancées, initiées, engagées depuis le début du quinquennat ? Plus d'une dizaine. Beaucoup plus. 16. Plus encore. Mais on demandera le chiffre précis. C'est une question pour un champion. On se préparera mieux la prochaine fois. Laurence, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ? C'est un petit coup de fouet aux médias. Je trouve qu'on a donné énormément de place, notamment le week-end dernier, au congrès du Front National, à ce changement de nom.
Et très peu de place à ce qui s'est passé au PS, où on a eu droit à une élection assez exemplaire, même si, au final, on a triomphé quelqu'un de grande qualité, Olivier Faure, mais qui est sans doute exactement le vœu des apparatchiks du PS. Et je trouve que, dans tout cet exercice de dépeçage de cadavres, qui est plus mort que l'autre, le PS a prouvé qu'il était quand même assez vivant. En revanche, on aurait pu s'interroger sur l'idée qu'il n'y ait pas de second tour sur la démocratie interne au PS. Est-ce qu'il est normal que Stéphane Le Foll, qui est arrivé deuxième, ait donné comme ça l'élection à Olivier Faure, alors qu'il aurait dû y avoir un second tour ?
Je trouve que, plutôt que de parler à fond du Front National et d'escamoter complètement cette élection au PS, on aurait pu avoir un traitement un peu plus balancé et aussi un peu plus critique. Merci Laurence. Vous avez rendu justice aux socialistes aujourd'hui. Et pour lui, quel est le fait marquant de la semaine ? On va le demander tout de suite à notre invité. Il est en charge de quelques-unes des réformes les plus importantes du quinquennat.
Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, va s'installer dans un instant dans le studio 221 de la maison de la radio avant de filer pour un séminaire gouvernemental autour du Premier ministre et de décoller en fin de journée pour l'Argentine et pour le G20. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Ali Badou. Et bienvenue. Beaucoup de questions à vous poser. Vous vous en doutez. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité de la semaine ?
Un chiffre et une image. Le chiffre, c'est les créations d'emplois dans le secteur privé l'année dernière. 277 000, plus de 277 000, dont plus de 6 000 dans le secteur industriel. C'est la preuve que notre industrie est capable de créer des emplois, quel a son avenir devant elle, et surtout que notre économie est capable de créer de l'emploi privé. Et puis une image qui m'a bouleversé, qui est l'image colorisée de cette jeune fille qui a été déportée à Auschwitz à l'âge de 14 ou 15 ans.
Je pense qu'il n'y a rien de plus fort pour montrer que ce qui s'est passé il y a quelques décennies, pendant la Seconde Guerre mondiale, est en réalité quelque chose de très présent et qui doit continuer à nous concerner tous aujourd'hui.
Et on parlera évidemment de la construction européenne qui a été l'une des réponses aux grandes déchirures de l'Europe de ces dernières décennies avec vous, Bruno Le Maire. Mais tout de suite, le zapping politique. Il est signé et le dit Forêt.
Monsieur le Président, est-ce que vous pourriez me donner votre définition du mot privé ? Puisqu'hier, il y avait beaucoup de caméras, beaucoup de photographes pendant votre visite privée du Taj Mahal.
Je tiens à vous remercier de l'intérêt de votre question après une visite de trois jours dans un pays comme l'Inde. Je tiens vraiment à vous remercier pour la grande qualité dont vous venez de faire preuve. S'il y a des questions de fond, je les prends toutes.
C'est sur ce recadrage en règle d'Emmanuel Macron contre une journaliste de quotidien que cette semaine a commencé. Un tacle sévère et une injonction lui posaient, s'il vous plaît, des questions de fond. Ok, alors en voici une. C'est quoi le courage politique ?
Oui, la situation à Mayotte est grave.
La parole est à Gérard Collomb. Et je veux remercier Madame Girardin
d'y être allée immédiatement et d'être et d'être aller voir les manifestants et la fait preuve d'un grand courage et d'une grande détermination.
Le grand courage pour le ministre de l'Intérieur,
c'est donc qu'une ministre des Outre-mer se rende à Mayotte après plusieurs semaines de contestation sociale. Mais le courage, répond l'opposition, n'est-il pas du côté des Mahorais qui souffrent au quotidien ? N'est-il pas du côté de ceux qui luttent, des cheminots et de ces retraités descendus dans la rue jeudi contre la hausse de la CSG ?
Tiens, c'est le fond de la bouteille,
ça y est, nous voilà vieux, ma vieille.
Vous avez passé beaucoup de temps à argumenter et à l'impression
qu'il y a besoin de répondre à une colère des retraités, du monde rural. C'est pour ça que vous avez passé la journée avec moi parce que je n'ai pas senti de colère.
La semaine passe et l'on se demande toujours ce qui définit ce fameux courage politique. En pleine crise diplomatique entre Londres et Moscou, se cacherait-il dans cette décision du chef de l'État de boycotter le pavillon russe du Salon du Livre à Paris ? Pas vraiment, non, répond la professeure de littérature russe Anne Koldefi-Faucard.
Là, il y a un mélange que je ne comprends pas très bien. Qu'on ait des motifs politiques, je peux très bien comprendre mais là, il s'agit de littérature, il s'agit de culture et je trouve que par simple politesse vis-à-vis des auteurs qui étaient là, ça aurait été bien que le président passe.
Et au PS alors,
courageux ou non, Stéphane Le Folle qui après le premier tour a préféré se retirer de l'élection du premier secrétaire, laissant la victoire à Olivier Faure arriver largement en tête.
Le résultat est sans appel. Olivier Faure a obtenu le meilleur score. Je considère qu'il a maintenant la responsabilité d'être le prochain premier secrétaire de ce parti socialiste puis en même temps de remettre ce parti au travail.
Olivier Faure, nouvelle figure de proue du parti socialiste, les pas dans ceux de Jean Jaurès qui définissait ainsi le courage,
c'est de chercher la vérité et de la dire. Au PS comme ailleurs, il y a du pain sur la planche. Merci Elodie Faure. Une réaction Bruno Le Maire. Que retenez-vous de cette semaine politique ?
Je trouve qu'on mélange beaucoup de colère, d'inquiétude qui n'ont pas grand-chose à voir dans ces présentations un peu rapides. Mayotte, c'est un problème très ancien. On le sait bien qui est lié à l'immigration venue des Comores qui touche massivement Mayotte. Donc il faut y apporter une réponse. Il y a une inquiétude réelle de sécurité. Il faut y apporter une réponse. C'est ce que fait le ministre intérieur. Annick Girardin effectivement a été courageuse d'aller sur place. Je pense qu'elle a apporté des premières réponses. Vous avez des retraités, l'augmentation de la CSG. Bien sûr qu'il y a une inquiétude et je pense qu'on va en parler.
Et puis de l'autre côté, vous avez la grève à la SNCF. Je ne vous cache pas que j'ai un peu de mal à comprendre qu'au moment où nous sommes en train de discuter de l'avenir de la SNCF, la grève soit un préalable. Je trouve qu'il faut donner sa chance à la discussion entre le gouvernement et les syndicats. Il y a eu des ordonnances qui n'étaient pas du tout
prévues au programme et c'est peut-être ça aussi qui a déclenché la colère.
Aujourd'hui, il y a des discussions sur l'avenir de la SNCF, sur les modalités de cette réforme, sur le statut avec l'idée très simple que de toute façon la suppression du statut ne s'appliquera qu'aux nouveaux cheminots, pas aux anciens. Donc ça ne fera absolument aucun perdant. Donc pourquoi lancer immédiatement une grève qui pour le coup va pénaliser lourdement les usagers ? Et moi je pense à tous ces usagers du train qui se disent mais comment est-ce qu'on va faire dans les semaines qui viennent alors même que les discussions ne sont pas encore achevées ? Moi je trouve que ça ce sont des réactions datées. Cette idée de faire grève pour menacer. Il y a une culture de la grève à la SNCF ?
Ce que je constate c'est qu'il y a une pratique de la grève plus qu'une culture de la grève. Et je le regrette parce que ces discussions elles doivent aller jusqu'au bout. Si au bout du compte on est dans un blocage et que certains ne sont pas d'accord la grève c'est un droit constitutionnel on réagit on fait grève c'est absolument légitime mais que ce soit un point de départ moi je ne vous cache pas mon étonnement ma surprise et surtout ma déception en pensant à tous ces usagers qui vont être pénalisés alors même que les discussions se poursuivent.
Vous qui aimez beaucoup l'Allemagne où il y a une très forte tradition de négociation avec les syndicats notamment quand on voit Laurent Berger être dépité par vos méthodes par les vôtres personnellement est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a un petit problème et que dire que justement les ordonnances c'est le mieux pour faire de la concertation ce n'est pas un peu se moquer du monde.
Je crois que Laurent Berger n'a aucune raison d'être dépité. Prenez un sujet aussi important que la place des entreprises dans la société ça fait des années que Laurent Berger à juste titre demande qu'on redéfinisse la place de l'entreprise dans les sociétés. J'ai annoncé il y a quelques jours qu'à la suite du rapport Senar Nota nous allons modifier l'article 1833 du code civil qui porte définition de l'entreprise nous allons prendre en considération les enjeux environnementaux essentiels nous allons permettre aux entreprises nous allons permettre aux entreprises qui le souhaitent d'avoir un statut particulier pour définir ces enjeux environnementaux et sociaux.
Je crois que c'est une réponse à des attentes fortes de la SNDT et de Laurent Berger.
C'est possible là globalement c'est un syndicat réformiste qui était plutôt prêt à travailler avec vous et manifestement au bout de quelques mois ce n'est pas du tout le cas.
Alors, court-circuiter les syndicats les corps intermédiaires nous souhaitons travailler avec la CFDT travailler avec les syndicats discuter mais nous n'oublions pas une chose c'est que s'il y a des impatiences des français c'est que ça fait des décennies que nous n'avons pas obtenu les résultats que voulaient les français c'est que nous vivons avec un chômage de masse depuis 30 ans c'est que nous appauvrissons petit à petit les français à force de dépenses publiques et d'aggravation de la dette et qu'il y a urgence à répondre à tout cela on discute nous échangeons nous échangeons les points de vue de chacun mais au bout d'un certain temps je crois que le président de la république et cette majorité à laquelle j'appartiens nous avons été élus pour décider
donc les ordonnances sont là pour décider trancher il n'y a plus de discussion quand les syndicats sont d'accord avec vous vous dites que c'est la concertation et la loi je ne suis pas d'accord avec vous Ali Badou quand les syndicats ne sont pas d'accord je ne suis pas d'accord avec vous
ma conception de la démocratie c'est que nous discutons nous échangeons nous regardons tous les points de vue et c'est ce que je fais depuis 9 mois sur la loi que je prépare sur la croissance la transformation des entreprises mais la responsabilité politique absolue c'est de décider vous parliez tout à l'heure d'Europe si vous voulez mon avis profond je pense que si les populismes et les extrémistes montent tant en Europe aujourd'hui c'est faute de décision les peuples veulent des politiques qui décident Françoise
puis votre portrait Bruno Le Maire par Laurence Perron vous dites il faut réformer on a été mandaté pour ça mais est-ce qu'il n'y a pas une accumulation de réformes aujourd'hui qui rend la situation beaucoup plus risquée qu'il y a quelques mois
je crois que les temps sont risqués tout court Françoise Fresseuse je crois que si on prend un tout petit peu de recul sur la situation nationale la situation européenne on n'est plus dans les vieux affrontements entre la droite et la gauche nous avons d'un côté la montée des nationalismes des extrémismes du protectionnisme de l'autre ceux qui croient qu'il faut réussir dans la mondialisation croire dans la construction européenne et affirmer le rôle de la France en Europe cet affrontement il est quotidien c'est tous les jours vous voyez bien qu'à l'échelle planétaire nous avons un durcissement des positions qui est sans précédent depuis des années le président chinois qui installe son pouvoir quasiment à vie le président Trump vous ne répondez pas à Françoise Fresseuse
vous ressentez comme ministre mais moi ce dont je vous parle c'est des français qui sont face à des réformes
ce que je veux expliquer aux français en disant cela c'est que si nous n'allons pas au bout des décisions la transformation économique dont j'ai la responsabilité la transformation de la zone euro dont j'ai aussi la responsabilité qui m'a été confiée par le premier ministre et par le président de la république mais au bout du compte vous aurez les extrêmes qui diront mais vous voyez ils ont été incapables d'améliorer votre situation incapables de vous protéger incapables de créer des emplois et c'est maintenant que ça se joue après il sera trop tard si nous attendons encore un an un an et demi deux ans pour prendre les décisions nécessaires nous allons nous retrouver à la vitesse de la lumière à la fin du quinquennat et les français diront tout ça pour ça c'est justement ce que nous voulons éviter
il y a aussi la pédagogie des réformes tiens puisque c'est la question composée en ouverture des missions savez-vous combien de réformes ont été engagées depuis le début du quinquennat Bruno Le Maire ?
je dirais plusieurs dizaines mais je n'ai absolument aucun regret là-dessus j'ai plutôt de la fierté qu'il y ait autant de réformes qui étaient engagées vous le saurez peut-être au sein de la gouvernementale tout à l'heure vous avez employé un mot qui est juste il faut sans relâche expliquer ce que nous voulons faire moi ma responsabilité c'est transformer
il y a un déficit d'explication très clairement
c'est bien pour ceci que je viens chez vous ce matin vous savez c'est très simple je souhaite qu'on crée de l'emploi et du travail en France et je souhaite que l'Europe protège nos concitoyens vous voyez ces deux objectifs très simples et toutes les décisions que je prends s'inscrivent dans ces deux objectifs-là
le ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire est notre invité ce dimanche France Inter Alibadou questions politiques et avant de revenir à l'actualité votre portrait signé Laurence Perron Bruno Le Maire vous êtes à n'en pas douter de ces premiers de cordée devant lesquels c'est ce baudit ce que la méritocratie républicaine a forgé parfois que souvent
les mécanismes de reproduction sociale continuent de choyer une ascendance maternelle dont le fief est neuillis sur scène c'est votre mère
qui vous fait étudier chez les jésuites élève brillant vous faites hippo-cagne cagne à Louis-le-Grand normal sup une agrégation de lettres modernes un mémoire sur la statuaire dans la recherche du temps perdu
de Proust mais que diable vous prend-il de vouloir faire de la politique avec l'appétit littéraire et la plume
dont vous êtes doté musique absolue notamment est une fulgurance et je le recommande ardemment alors est-ce que c'est l'envie de devenir une sorte de nouveau Romain Garry diplomate et écrivain c'est une vraie question alors vous passez l'ENA en nuit mortelle ça vous l'avez confié à tous vos biographes éphémères à longueur d'interview genre trop facile voire trop vulgaire cette fabrique cette fabrique de technocrates qui se rêve président de la république ça c'est peut-être un peu paresseux de ma part mais sans doute cette scolarité formatée n'étant rien adaptée à votre talent littéraire celui auquel vous n'avez jamais renoncé vous trouvez même le moyen d'écrire sous pseudo un ou plusieurs je ne sais pas romans harlequins qu'un jour c'est sûr un ou une thésarde
en littérature comparée débusquera vous sortez de l'ENA en 1998 promotion Valmi ça vous va d'ailleurs assez malotin
cette bataille et victoire de la révolution qui fait encore aujourd'hui les grandes pages de la liturgie marxiste mais qu'importe en sortant de l'ENA vous courez chez Dominique de Villepin alors secrétaire générale de l'Elysée pour aller lui proposer vos idées de réformes déjà de la société française vous allez le suivre dans son ascension jusqu'à Matignon et c'est vous qui paraît-il l'avez convaincu en 2003 qu'il ne fallait pas faire la guerre à l'Irak que le pays n'avait pas d'armes de destruction massive vous vous émancipez en 2007 la victoire de Nicolas Sarkozy votre première députation dans l'heure vous devenez ministre l'agriculture c'est pas mal vous auriez déjà préféré l'économie et bien c'est fait grâce à cet homme dont vous disiez en juin 2016 Emmanuel je le connais bien il a du talent mais ça ne suffit pas s'il se lance ce sera un méga crash comme vous êtes vraiment visionnaire
commentaire Bruno Le Maire le méga crash il était pour moi vous voyez reconnaissons-le bien à la primaire des républicains et ensuite si nous avions plus de temps on va parler de sujet d'actualité vous avez employé un mot qui est important qui est celui de reproduction sociale je ne vais pas vous dire que je suis bourdieusien mais simplement je crois que l'un des défis peut-être plus que vous ne le pensez parce que je pense qu'un des défis majeurs de la société française c'est de faire de la place à tous les talents sans considération de la reproduction sociale et si je me suis engagé en politique alors que j'aurais pu effectivement choisir d'autres voies peut-être plus simples et moins violentes c'est justement pour me mettre au service des autres et faire en sorte que tout le monde puisse réussir en France quelle que soit son origine sociale et Dieu sait qu'il reste du travail pour y arriver
Alors il y a donc la semaine prochaine cette tension avec la grève prévue à la SNCF à la RATP à Air France également l'État est actionnaire et vous nous direz quelle est la position de l'État justement dans ce conflit mais question de Nathalie Saint-Cricq sur cette mobilisation C'est vraiment un blocage du pays à la suite de tous ces mouvements de grève ou est-ce que vous êtes relativement confiant ?
Moi je suis relativement confiant parce que je suis toujours confiant dans les Français et que je crois qu'ils sont parfaitement lucides sur l'État de la SNCF ils voient bien qu'une entreprise qui perd 3 milliards d'euros par an ça ne peut pas continuer comme ça
C'est pas le statut des cheminots qui va permettre de dégager de l'argent pour des endettés
Non mais je ne suis pas tout à fait d'accord ça va permettre de réussir l'ouverture à la concurrence ça va permettre de faire des économies chaque année ça va permettre d'avoir de la polyvalence dans les métiers ce qui est une clé absolue du redressement de la SNCF et je pense que tout le monde voit bien que nous sommes attachés aux services publics nous sommes attachés à la SNCF que nous aimons les trains que nous aimons la SNCF que nous aimons le travail qui est fait par les cheminots et simplement comme on veut que ça continue et parce que nous sommes attachés à ces services publics nous voulons les transformer alors c'est vrai qu'on a reculé depuis des années devant ces décisions difficiles mais aujourd'hui il faut les prendre et ce qui me laisse confiance c'est que je crois que les français sont tout aussi lucides que nous sur la nécessité de cette transformation il n'y a pas d'amour
sans preuve d'amour Bruno Le Maire et vous savez que l'opinion peut se retourner ça s'est produit par le passé mais vous pensez avoir gagné la bataille de l'opinion sur la réforme de la SNCF
non je serais très présomptueux de dire cela mais je pense que si nous sommes capables jour après jour d'expliquer les enjeux de continuer la discussion avec les syndicats au bout du compte qu'est-ce qu'on peut avoir une SNCF qui marche mieux qui devient compétitive et qui reste ce grand service public qui fait la fierté de tous les français Française Fresseuse
Alain Juppé en 1995 avait essayé de tenir très longtemps et on voit comment ça s'est terminé est-ce que vous vous êtes sur l'optique quelle que soit la grève et quelle que soit la durée de la grève on tiendra ?
Oui nous tiendrons oui nous tiendrons et je rappelle qu'il y a des vraies différences par rapport aux choix qu'avait fait à l'époque Alain Juppé qui était des choix courageux je tiens à le dire nous avons décidé de laisser de côté la question des retraites pour ne pas alourdir la charge et qu'on se concentre bien sur la transformation de ce service public nous avons accepté et j'ai accepté comme ministre des finances de prendre en considération la dette de la SNCF c'est plus de 40 milliards d'euros aujourd'hui et nous savons qu'au bout du compte à la fin de ce processus de transformation nous sommes prêts à examiner cette question de la dette c'est-à-dire que l'Etat
le reprendrait
c'est-à-dire que l'Etat est prêt à étudier cette question de la dette je ne vais pas vous dire qu'on va la reprendre tout de suite ça est plus compliqué c'est bien selon que les questions
c'est technique mais dans l'ensemble c'est ce qui va se passer
mais Alibadou ça veut dire que pour la première fois l'Etat accepte de prendre en considération cette question de la dette de la SNCF et dire bon il faut regarder toutes les options au lieu de mettre ça sous le tapis en disant ça n'existe pas les conditions sont réunies pour que cette transformation soit réussie et qu'on ait d'ici quelques mois une SNCF qui se porte mieux
donc l'Etat va reprendre la dette
mais si je vous disais dès aujourd'hui que l'Etat va reprendre la dette je serais un piètre négociateur je vous dis que ça fait partie des sujets qui sont sur la table c'est déjà beaucoup Laurence Perron
cette journée du 22 mars de jeudi ça n'est pas que la SNCF on parle d'une sorte de coagulation des luttes voire d'une convergence des luttes comme on dit en langage très marxiste aussi mais il y a aussi les EHPAD
il y a les fonctionnaires
qui ne sont pas contents avec le jet de leur point d'indice etc les retraités qui sont dans la rue est-ce que vous ne craignez pas vous qui avez connu 2006 le CPE vous étiez à l'époque derrière Dominique de Villepin qu'à un moment donné cet agrégat comme ça de mécontentement ne finisse pas par faire reculer le gouvernement alors pas nécessairement sur la SNCF mais qu'au bout du compte comme le disait aussi Françoise à un moment donné les français vous disent on n'en peut plus
je ne suis pas marxiste et je ne crois pas une seconde à la convergence des luttes vous voyez et d'ailleurs le CPE était quelque chose de très différent mais c'est aussi un mérite d'avoir de l'expérience politique et de savoir qu'il ne faut jamais prendre les gens par surprise ce qu'on avait fait sur le CPE et ne jamais dépasser une limite au-delà de laquelle effectivement les français ne comprennent plus ce que vous voulez faire et je crois que nous sommes parfaitement dans le cadre de ce qu'a défini le président de la république et de ce qu'il avait expliqué pendant sa campagne prenez la question des retraités je comprends leurs inquiétudes je comprends que certains retraités se disent mais pourquoi est-ce qu'on nous demande cet effort la simple raison pour laquelle nous leur demandons cet effort c'est la survie de notre système de retraite par répartition car je rappelle que c'est ceux qui travaillent aujourd'hui qui payent les retraites de ceux qui sont à la retraite maintenant mais eux considèrent
qu'ils ont déjà payé du coup et pourquoi repayer à nouveau
moi je considère que nous aidons les retraités les plus fragiles nous allons augmenter le minimum vieillesse de 30 euros par mois à compter du 1er avril de 100 euros par mois au bout du compte je refuse d'entendre que nous laissons les retraités les plus fragiles de côté ça n'est pas vrai et je considère que cette idée forte qui consiste à dire aux retraités oui nous vous demandons un effort ne le nions pas mais c'est pour les gens qui travaillent c'est pour que tous ceux qui travaillent soient mieux rémunérés
mais à partir de ce seuil Bruno Le Maire seuil que personne n'arrive à comprendre le seuil de 1200 euros à partir duquel on paiera plus de CSG
il y a toujours un seuil puis ça dépend de l'âge en dessous de 65 ans et au dessus de 65 ans c'est pas le même seuil justement parce qu'on n'est pas dans la même situation on n'est pas exposé de la même manière à la dépendance un seuil est un seuil et forcément il génère des incompréhensions mais la logique c'est des injustices mais non pas des injustices parce que ce qui est juste c'est de dire aux retraités l'effort que nous vous demandons c'est pour que les gens qui travaillent est une meilleure rémunération à la fin du mois et la plus grande injustice je vais vous dire à Libadou la plus grande injustice dans notre pays c'est le chômage la plus grande injustice c'est ces jeunes qui ne trouvent pas d'emploi la plus grande injustice c'est la personne de 50 ans qui est licenciée et qui sait que parce qu'on n'a pas transformé l'économie de notre pays qu'on n'a pas aidé la création d'emplois il ne retrouvera pas de travail et moi c'est contre cette injustice-là que je veux lutter donc il y a un principe philosophique
si je puis me permettre d'employer ce terme c'est-à-dire vous n'avez pas à vous plaindre vous avez eu du boulot ce qui n'est pas totalement vrai parce qu'il y en a quand même qui ont connu les périodes de chômage la deuxième philosophie c'est soyez heureux il y a des gens qui sont dans un état pire que vous et de toute façon c'est à prendre relais c'est ça qui me gêne un peu c'est un côté double peine c'est un des retraités qui ne peuvent pas travailler en plus
il y a quelque chose de philosophique mais je ne décrirai pas la philosophie comme vous l'avez fait Nathalie Saint-Cric et je ne dirai jamais à qui que ce soit en France c'est comme ça circulé
on dit qu'ils aident leurs enfants qu'ils aident leurs petits-enfants ce sont des gens qui ont travaillé toute leur vie il y avait un reportage l'autre soir sur France 2 avec une dame qui disait mais attendu moi j'ai travaillé deux fois plus j'ai essayé d'avoir de l'argent
et maintenant je vais être puni je le comprends parfaitement mais je redis
c'est pas dans la philosophie macronienne ça des gens qui essaient toute leur vie d'avoir
la philosophie que nous portons c'est celle de la rémunération du travail c'est faire en sorte que ceux qui travaillent soient mieux payés et c'est vrai que c'est cet effort-là que nous demandons aux retraités ce travail qui paye plus c'est la baisse des charges un meilleur salaire net et ça se verra davantage à la fin de l'année parce que la mesure aura pris toute son ampleur c'est le développement de l'intéressement et de la participation et nous annoncerons d'ici quelques semaines avec le président de la République un déblocage massif des mesures qui permettront de développer l'intéressement et la participation
sur la philosophie sur ce qu'on dit aux retraités qui travaillent
et se dire je serai mieux rémunéré et le Premier ministre l'a annoncé nous envisageons aussi de retirer les charges sur les heures supplémentaires attendez ça
c'est très intéressant vous l'envisagez pour 2019 pour 2020
je dis que 2020 ça me paraît le bon horizon parce qu'il y a des pressions
vous avez entendu par exemple Manuel Valls qui dit il y a un problème de pouvoir d'achat il faut le faire en 2019
si on peut le faire plus tôt nous le ferons bien volontiers plus tôt ça dépendra simplement de l'état de nos finances publiques mais mettez bout à bout toutes les mesures dont je viens de parler la baisse des charges l'exonération de charges sur les heures supplémentaires le développement l'intéressement et la participation le cap c'est qu'au bout du quinquennat en France enfin une personne qui travaille se dira
j'en ai pour mon argent
pour mon travail j'en ai pour mes sacrifices parce que pour avoir fait une campagne de primaire comme vous l'avez rappelé combien j'ai vu de français qui en avaient ras-le-bol et que vous disiez écoutez moi j'ai l'impression de travailler pour rien que je ne suis pas suffisamment payé et que je ferais mieux de rester chez moi et bien ça c'est un des problèmes sociaux majeurs de notre pays à la fin du quinquennat nous l'aurons traité
mais à la fin du quinquennat est-ce que vous imaginez possible une mesure de compensation pour les retraités que vous avez touché aujourd'hui où vous vous dites non ça fait partie du deal du quinquennat les vieux vont payer pour les jeunes
ça fait partie des choix philosophiques pour reprendre l'expression de Nathalie Saint-Cric du quinquennat nous veillons nous veillons aux retraités qui sont les plus fragiles nous augmentons je le rappelle le minimum vieillesse de 100 euros d'ici la fin du quinquennat c'est quand même pas rien nous avons mis en place un crédit d'impôt pour les services à la personne qui vont bénéficier principalement aux retraités qui ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu c'est-à-dire les retraités qui ont le niveau de revenu le plus faible donc on ne laisse pas tomber les gens c'est pas vrai mais en revanche nous avons fait un choix il a été présenté pendant la campagne et nous le mettons en oeuvre aujourd'hui et c'est pas temporaire
comme bien demande François
c'est pour toujours ce serait totalement illogique ce serait incohérent la cohérence c'est de dire le travail va payer nous demandons un effort à certains retraités mais je rappelle que 40% des retraités qui sont autoréduits de CSG ne seront pas concernés par cette mesure et nous tiendrons cette ligne là pendant la durée du quinquennat
mais pour cela il faut qu'il y ait une contrepartie c'est-à-dire que effectivement comme cette dame qui parlait au journal de France 2 il faut qu'à un moment donné ses enfants ou ses petits-enfants et eux-mêmes du travail quand aujourd'hui on leur propose je suis tout à fait d'accord avec ça des faux jobs avec lesquels ils ne peuvent pas nécessairement louer un appartement parce qu'aujourd'hui vous parlez de transformation de la société française aujourd'hui pour louer un appartement il faut avoir une super garantie parentale il faut avoir des fiches de paye et plus ou moins être en CDI vous avez fait une réforme du code du travail qui fait qu'aujourd'hui le CDI n'est plus la norme et qu'on va aller vers des contrats un petit peu plus souples plus flexibles on va dire voilà donc il faut qu'il y ait une contrepartie vous avez parfaitement
défini ce qu'est la contrepartie de l'effort qu'est demandé aux retraités la contrepartie c'est pouvoir dire vos enfants vos petits-enfants vivront dans une France qui ne sera plus la France du chômage de masse et c'est ça mon engagement politique de ministre de l'économie et des finances c'est ça l'engagement le travail je le redis va rémunérer beaucoup plus grâce aux mesures dont j'ai parlé et le CDI a vocation à rester la norme je rappelle que nous envisageons une taxation des contrats courts et des CDD qui est une manière de dire attention nous nous croyons au CDI moi je crois à la stabilité vous savez quand vous avez une famille que vous rentrez dans la vie que plus tard vous avez des enfants vous voulez de la stabilité mais la meilleure des stabilités c'est sortir du chômage de masse
sans faire une spéciale le retraité au fin de vie c'est des sujets
Nathalie Saint-Cré moi je peux passer le temps que vous traitez c'est des sujets qui sont essentiels la fin de vie c'est un sujet majeur les EHPAD c'est un sujet majeur
les EHPAD justement la question portée sur les EHPAD on a vu on a entendu des gens qui travaillent qui ont une demi-heure par jour à consacrer aux personnes qui sont souvent gravataires qui ne peuvent pas se laver qui ne peuvent pas se distraire comment est-ce qu'on peut laisser la France dans cet état-là alors ce n'est pas la pire forcément c'est vrai qu'il y a eu des progrès qui ont été faits depuis 20 ans qu'on trouve plus de place est-ce qu'on ne pourrait pas alors je ne parle même pas de la cagnotte qui n'existe pas comment on ne peut pas consacrer un peu plus d'argent juste pour que les gens meurent ou continuent de vivre dans la dignité minimum et que ces gens-là que ceux qui travaillent dedans ne soient pas confrontés à ce qui est le plus horrible on a des cas de maltraitance parce que les gens ne tiennent plus des cas de burn-out tout ça est-ce que ce n'est pas une priorité nationale ?
Si c'est une priorité nationale
et c'était donc ?
La dignité des personnes âgées des personnes en EHPAD le bon fonctionnement de manière plus générale de nos hôpitaux j'en parlais encore ce matin avec Agnès Buzyn c'est une priorité absolue du gouvernement sur les EHPAD il y a des efforts financiers qui ont été annoncés par le Premier ministre mais je rappelle que 70 à 75% des dépenses des EHPAD c'est d'abord les départements et les particuliers donc on va réfléchir tous ensemble le rapporteur du budget il avait dit
on peut donner un petit peu d'argent il y a tout le débat sur la cagnotte c'est-à-dire il y a des sous et il faut les donner aux EHPAD
ça qu'on trouvera des solutions de long terme c'est beaucoup plus compliqué que ça c'est quoi le premier problème des EHPAD ?
ça a un nom c'est Alzheimer c'est ça le premier problème des EHPAD c'est que vous avez dans les EHPAD des personnes âgées qui sont encore valides qui sont encore parfaitement pleines de possession de leurs moyens intellectuels et puis vous avez Dieu sait que j'en ai visité dans mon département de l'heure des EHPAD vous avez des personnes en proie à la démence qui sont parfois violentes qui souffrent d'Alzheimer avec un besoin de médicalisation extraordinairement important donc avant de dire tiens on va ouvrir tout grand la cagnotte puis on va mettre 100 millions d'euros ici 100 millions d'euros là j'aimerais juste qu'on pose sereinement les problèmes c'est ce que fait Agnès Buzyn et après on trouvera les solutions mais d'abord posons sereinement les problèmes regardons les besoins qui sont dans les EHPAD c'est une priorité du gouvernement c'est une priorité d'Agnès Buzyn elle l'a dit c'est une priorité du Premier ministre Françoise Presseuse
sauf qu'il ne faut pas que ça craque d'ici là et tout le monde dit l'hôpital est en tension les EHPAD sont en tension ça vous en êtes conscient aussi il y a des grèves qui durent
vous savez il se trouve que pour des raisons personnelles je passe beaucoup de temps dans les hôpitaux dans un hôpital parisien actuellement je vois ce que c'est que la situation des hôpitaux je vois la situation de souffrance de fatigue personnelle de beaucoup d'aides-soignantes de beaucoup d'infirmières je vois les difficultés d'organisation tout le monde les connaît enfin tout le monde a une famille des amis des proches des enfants qui sont touchés par la situation dans les hôpitaux mais je pense que la méthode qu'a retenue le Premier ministre Agnès Buzyn est la bonne c'est-à-dire aller au fond des difficultés regarder pourquoi l'organisation ne marche pas quels sont réellement les besoins ça n'empêche pas de faire du structurel
et du conjoncturel on peut réfléchir à long terme
je pense que le conjoncturel c'est comme à chaque fois de l'argent jeté par les fenêtres parce qu'on ne règle pas la réalité des problèmes si vous ne traitez pas le problème de l'hôpital sans regarder de l'autre côté le problème de la médecine de ville avec le manque de médecins de ville que nous avons aujourd'hui qui font que les personnes vont vers les urgences alors qu'elles devraient être devant un médecin de ville vous ne réglez pas le problème Agnès Buzyn s'est saisie du sujet elle a dit qu'elle rendrait ses conclusions d'ici deux à trois mois d'ici l'été laissons-la faire son travail elle fait un travail remarquable
Laurence Perron
vous avez eu cette phrase la semaine dernière vous avez dit ça n'est pas le rôle de l'Etat d'engranger les dividendes vous pensez que ça n'est pas au rôle de l'Etat
d'engranger les dividendes et que du coup des entreprises qui font du profit autant entre guillemets les privatiser vous parlez de cession d'actifs moi je me pose la question je me dis qu'en 2008 on a renfloué les banques c'était l'argent des contribuables pour renflouer les banques et on a considéré que c'était normal de le faire donc à un moment donné on pourrait aussi avoir notre monnaie BAC aussi
s'agissant des banques je considère justement que ça n'est pas aux contribuables de renflouer les banques c'est ce qui s'est passé oui mais si je me bats tant pour l'union bancaire et pour ce fameux paquet bancaire européen qui est une espèce de sabir auquel personne ne comprend rien je voudrais juste expliquer que ce qu'il y a derrière c'est faire en sorte que s'il y a une nouvelle crise financière ce soit les banques qui payent et pas le contribuable c'est un enjeu majeur je le dis parce que très souvent on voit union bancaire paquet bancaire que ce que ça veut dire si je me bats avec autant de vigueur avec le président de la république pour obtenir ce paquet bancaire et faire l'union bancaire en Europe c'est pour stabiliser nos banques et pour faire en sorte que s'il y a une nouvelle crise financière le contribuable il paye rien c'est les banques qui payent s'agissant des actifs de l'état moi je vous confirme que nous ferons un certain nombre de privatisations dans les mois qui viennent pourquoi ?
parce que nous voulons non seulement redéfinir la place de l'entreprise de la société c'est la modification du code civil mais modifier aussi la place de l'état actionnaire dans la société française et dans notre économie moi je considère que le rôle de l'état effectivement c'est pas de percevoir régulièrement des dividendes parce qu'il y a des recettes d'aéroports de Paris par exemple ça permettrait
de financer d'autres les EHPAD par exemple l'hôpital mais non
parce que ces dividendes par définition et bien ils vont servir à la modernisation d'ADP la modernisation des pistes ils vont pas aller vers les EHPAD ou vers les hôpitaux ce que je souhaite c'est que l'état prépare l'avenir des français le rôle de l'état c'est quoi ?
c'est les services publics la SNCF la poste voilà pourquoi nous les réformons stratégiques les actifs militaires l'énergie nucléaire des choses qui sont très sensibles et puis c'est la capacité à intervenir pour réguler quand c'est nécessaire ce que j'ai fait par exemple sur Apple ou sur Google pour tenir l'ordre public économique mais pour le reste moi j'estime que l'argent de l'état est beaucoup mieux employé sur un fonds pour l'innovation de rupture on va mettre 10 milliards d'euros et on va financer des recherches sur l'intelligence artificielle ou sur le stockage de données ou sur le stockage d'énergie renouvelable plutôt que de toucher des dividendes régulièrement Françoise Fresseuse
philosophiquement c'est quoi votre définition de l'entreprise
Bruno Le Maire l'entreprise c'est un lieu qui réalise des profits et je n'hésite pas à en parler ce mot parce qu'une entreprise qui n'est pas profitable c'est une entreprise qui ne peut pas tourner mais c'est aussi aujourd'hui un lieu de vie un lieu de réalisation de soi un lieu de projet collectif qui a un impact direct sur l'environnement sur la qualité de notre environnement et sur la société et je voudrais que tous les entrepreneurs de France qui sont en général en pointe sur ces sujets-là comprennent que la reconnaissance de la dimension environnementale et sociale de l'entreprise c'est dans leur intérêt Est-ce que c'est un lieu
de co-gestion l'entreprise ?
Non ce n'est pas un lieu de co-gestion en revanche je suis favorable je l'ai dit à ce que les salariés soient d'abord plus associés aux décisions que les initiatives dont ils font preuve par exemple pour améliorer une chaîne de production soient davantage reconnues je pense que ce n'est pas suffisamment le cas en France et je suis favorable à ce que la présence des salariés dans les conseils d'administration qui est aujourd'hui réservée à certaines entreprises demain grâce à la loi que je présenterai ce soit dans toutes les entreprises y compris par exemple le secteur mutualiste qui n'est pas concerné l'objectif final c'est quoi ?
c'est réconcilier les salariés les entrepreneurs comme c'est le cas d'ailleurs dans une immense majorité d'entreprises françaises vous parliez de marxisme sortons une bonne fois pour toutes de la lutte des classes sortons une bonne fois pour toutes de la logique de confrontation en France et comprenons que nous avons chacun à gagner de l'autre que le chef d'entreprise a à gagner du salarié et que le salarié a à gagner de connaître la gestion de l'entreprise c'est comme ça je pense que notre pays progressera
le ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire qui n'est pas marxiste est l'invité de questions politiques questions politiques sur France Inter question sur les privatisations et on va changer de sujet Laurence j'aimerais savoir quelles entreprises alors là il y a ADP les aéroports de Paris après
dites nous non je ne peux pas vous dire pour une raison qui est simple c'est que si vous le dites avant vous faites perdre de la valeur aux entreprises et je pense que là encore ce serait être un mauvais gestionnaire que donner la liste avant je vous confirme simplement que nous ferons des privatisations que nous ferons des privatisations importantes pour une raison simple c'est que nous voulons que l'état dégage des moyens financiers pour investir dans les technologies de rupture sur lesquelles nous sommes en train de prendre du retard
il y a maintenant un gouvernement en Allemagne Angela Merkel est donc reconduite une nouvelle coalition et donc de très nombreux chantiers qui vont pouvoir enfin être discutés voire engagés entre la France et l'Allemagne Françoise Fresseuse qu'est-ce qui peut avancer très concrètement d'ici les prochaines élections européennes qui vont être un moment important du quinquennat d'Emmanuel Macron
pour les sujets dont j'ai la responsabilité moi je souhaite que nous ayons réalisé le plus vite possible le paquet bancaire l'union bancaire l'union des marchés de capitaux c'est un peu technique pour les Français ça a l'air d'être très technique les enjeux sont majeurs l'union bancaire comme je le disais tout à l'heure c'est l'assurance que s'il y a une nouvelle crise financière le contribuable ne paiera rien c'est les banques qui paieront parce qu'on aura mis des systèmes prudentiels qui seront plus importants c'est en deuxième lieu la possibilité pour nos entreprises de se financer plus facilement on reproche toujours à nos entreprises de ne pas avoir de taille suffisante de ne pas avoir accès suffisamment au financement l'union bancaire favorisera leur financement l'union des marchés de capitaux
enfin favorisera l'Allemagne n'en veut pas et vous parlez au futur alors qu'il faudra employer un conditionnel très prudent j'essaie juste de répondre
à la question de Françoise Fresso et surtout de traduire les termes barbares qui sont trop souvent employés en Europe l'union des marchés de capitaux ça veut dire quoi ?
ça veut dire qu'au lieu d'avoir un marché de 65 millions de consommateurs vous aurez un marché de 450 millions de consommateurs il n'y aura plus de règles différentes il n'y aura plus d'obstacles au développement de vos entreprises parce que les règles seront les mêmes le droit des faillites par exemple sera le même donc vous pourrez développer votre entreprise à une échelle beaucoup plus importante donc c'est un surcroît de puissance économique pour notre pays il y a un deuxième sujet sur lequel je souhaite que nous ayons abouti d'ici au plus tard le début de l'année 2019 c'est la taxation des géants du numérique Pierre Moscovici devrait présenter d'ici quelques jours une proposition de taxation des géants du numérique vous savez que c'est la France le président de la République qui ont été à l'initiative depuis plusieurs mois nous avons sorti ce sujet de l'ornière c'est une question de justice parce que je ne peux pas accepter qu'une PME paye des impôts en France et lorsqu'elle utilise Amazon elle sait qu'Amazon paye moitié moins d'impôts en France
oui mais il faut lui la limiter pour le coup comment convaincre ceux des pays européens qui n'en veulent pas de cette idée
au début il n'y avait personne quand la France à Tallinn est ressortie sur ce sujet elle dit que vous êtes bien gentil laissez l'OCDE faire son travail on verra on est arrivé à convaincre l'Allemagne puis 5 pays puis 19 au bout du compte oui l'Irlande sera contre nous c'est très probable il faudra convaincre l'Irlande que l'intérêt supérieur européen
parce que c'est l'unanimité qu'il faut parce que c'est l'unanimité
que l'intérêt supérieur européen c'est d'avoir une juste taxation des géants du numérique c'est une question de justice par rapport à toutes les autres entreprises européennes qui payent rubis sur long leurs impôts et puis c'est une question d'efficacité demain comment est-ce que vous allez faire pour payer vos hôpitaux dont on parle vos crèches vos EHPAD vos services publics si ce qui produit le plus de valeur c'est-à-dire la donnée n'est pas taxé ça c'est un enjeu absolument clé
sauf que là vous êtes modeste c'est une taxe de 2 peut-être pour cent ça rapporte moins de 10 milliards d'euros 2-3% c'est très très modeste
qui va piano va sain je considère qu'en la matière il faut y aller progressivement mais que l'essentiel c'est une fois encore la décision de même qu'au niveau national il faut décider et là pour le coup une décision extrêmement improbable par moment oui mais par moment si le découragement pouvait me guetter mais ça n'est pas mon tempérament et bien il suffirait d'aller à une réunion des conseils des ministres des finances des ministres de l'économie européenne on discute on discute on discute mais à un moment donné il faut ne pas hésiter à taper du poing sur la table et dire écoutez maintenant nous décidons parce que nous avons nous avons des millions de nos concitoyens qui nous disent quand est-ce que vous allez rétablir la justice fiscale en taxant Google Amazon et Facebook autant que vous taxez ma propre entreprise je redis à quel point juste pour terminer là-dessus aujourd'hui le risque de déchirement en Europe entre ceux qui croient à l'avenir européen et les nationalismes n'a jamais été aussi élevé et bien le rôle de ceux qui croient à l'Europe c'est de montrer qu'elle est capable de décider et de protéger ses concitoyens en parlant de justice fiscale
vous avez suivi cette enquête
qui est sortie vendredi dernier indiquant que le groupe français de Lux Kering aurait soustrait depuis 2002 environ 2,5 milliards d'euros d'impôts pour l'essentiel au préjudice des Italiens mais aussi des Français
il y a une enquête et l'enquête ira jusqu'au bout et c'est vrai pour n'importe quel groupe qu'il soit petit qu'il soit important moi je ne me prenne jamais sur une enquête en cours mais toutes les enquêtes iront jusqu'au bout et le principe de justice fiscale il sera défendu dans ce cas-là comme dans tous les autres cas est-ce que ça passe aussi
par faire sauter le verrou de Bercy excuse
non moi je ne suis pas favorable à ce qu'on fasse sauter le verrou de Bercy je considère que c'est un moyen qui est utile on peut peut-être l'améliorer Gérald Darmanin a fait un certain nombre de propositions là-dessus notre majorité a fait des propositions que nous allons examiner mais je ne suis pas favorable à ce qu'on fasse sauter le verrou de Bercy tel quel Nathalie
Emmanuel Macron pendant la campagne a mis toujours l'Europe en avant très fortement il va y avoir des élections européennes qui doit prendre la tête de cette campagne européenne en sachant que tout ce que vous nous avez dit là ce sont peut-être des vœux pieux et qu'il faudra rendre l'Europe aimable aux français sachant que vous aurez contre vous un Laurent Wauquiez qui n'a pas l'air d'être un fanatique absolu de la construction européenne une Marine Le Pen ou quelqu'un d'autre enfin un rassemblement national un Jean-Luc Mélenchon et qu'en gros vous serez le parti pro-européen qui doit mener ce combat ?
Bruno Le Maire si je le savais ce n'est pas moi qui décidera Pierre Mosquell ici ce n'est pas moi qui décidera une fois encore ce sera le Président de la République ce sera Christophe Castaner ce que je sais c'est que le sujet n'est pas de rendre l'Europe aimable parfois j'entends des
aux français en tout cas
non mais il ne s'agit pas de rendre les choses aimables il s'agit de rendre l'Europe efficace il s'agit de montrer à nos concitoyens qu'elle nous protège
qu'on ait envie de l'aimer pas aimable si vous voulez
qu'on ait envie de l'aimer mais on l'aimera si elle est tout simplement capable d'apporter des résultats aux gens qu'elle est capable de les protéger vous voyez quand je me bats par exemple pour cet projet de texte européen pour la protection des investissements étrangers en Europe pour qu'un investisseur étranger ne puisse pas racheter n'importe quoi n'importe quelle technologie n'importe quel savoir-faire comme ça comme si on était ouvert et alenquant en Europe et que j'entends encore certains de mes partenaires dire mais non c'est du protectionnisme je dis mais non c'est de la protection ce n'est pas du protectionnisme c'est la défense de nos intérêts stratégiques plus on croit au libre-échange plus il faut être capable de protéger nos intérêts les plus stratégiques la Chine le fait les Etats-Unis le font
il est temps que l'Europe
le fasse aussi et bien il faut des résultats vous dites
que ce n'est pas du protectionnisme mais on est quand même dans un contexte protectionniste avec Trump notamment qui prend des mesures pour défendre l'acier américain jusqu'où il faut aller dans la riposte et comment éviter justement qu'on tourne la page du libéralisme et qu'on entre dans une nouvelle ère qui serait chacun défend ses intérêts
la principale menace qui pèse aujourd'hui sur une croissance européenne et une croissance française retrouvée et retrouvée d'abord grâce à la qualité du travail des français je tiens à le dire à leur professionnalisme à leur engagement c'est le protectionnisme et c'est pour ça que je plaide depuis plusieurs jours avec le président de la république en rencontrant mes homologues américains en leur téléphonant en rencontrant la commissaire européenne en charge de ce dossier Cécilia Malmström pour une réponse coordonnée et forte de l'union européenne parce que donc taxer les jeans et les harley Davidson parce qu'on a vu
la réaction de la commission européenne elle est extrêmement faible par rapport à ce qu'avaient décidé les américains et puis la contre-réaction des chinois par exemple je plaide
pour une réponse forte une réponse coordonnée parce que le protectionnisme et les mesures que prend Donald Trump ne mèneront nulle part qu'elles sont une menace directe sur nos intérêts économiques et sur nos emplois j'étais à Dunkerque il y a quelques jours j'ai vu dans la sidérurgie d'ArcelorMittal j'ai rencontré les salariés les ouvriers leurs inquiétudes légitimes parce que tout ce qui ne rentrera pas aux Etats-Unis va se déverser ou pourrait se déverser en Europe et faire baisser le prix de l'acier de 5% environ donc il faut une réponse forte des mesures de sauvegarde pour éviter que l'acier se déverse en Europe des mesures de riposte dont parlait à Libadou portez le sujet à l'OMC et je le ferai dès lundi et mardi prochain au G20 pour dire à nos amis américains vous êtes la mauvaise voix
mais vous avez un espoir parce que vous dites sans arrêt il faut il faut il faudrait on est tous d'accord sur le fait qu'il faudrait
je reprends l'exemple de la taxation des GAFA avant que nous nous saisissions nous français du sujet il n'y ait pas de texte aujourd'hui il y a un texte et il y aura une décision donc c'est bien la preuve que lorsque la France se mobilise ça donne des résultats nous allons le faire aussi sur cette guerre commerciale parce que la guerre commerciale ne fera que des victimes et que les victimes ça va être très concret ça va être nos entreprises ça va être notre croissance ça va être nos emplois ça va être notre capacité à nous redresser donc je crois qu'il faut dire les choses très franchement très directement et très sereinement à nos alliés américains Laurence Perron
la crise avec la Russie Emmanuel Macron est allé au salon du livre et a refusé de s'arrêter devant le stand des écrivains russes est-ce que vous pensez que c'est discourtois et est-ce que c'était vraiment nécessaire parce que pour le coup ça ne va pas changer
grand chose à nos relations diplomatiques avec la Russie on va aller faire la coupe du monde comme tout le monde
Bruno Le Maire je pense qu'il est bon là aussi de savoir marquer les limites et dire attention il y a des limites qui ont été franchies
vous pensez que Poutine a tremblé
je pense que le président russe a parfaitement reçu le message et que la diplomatie c'est parfois aussi affaire de messages et que le message qu'a voulu adresser le président de la république c'est que la Russie actuelle dépassait certaines limites et que avec nos amis britanniques avec nos alliés nous n'étions pas prêts à laisser la Russie dépasser certaines limites après continuer à travailler avec la Russie comme nous le faisons moi je le fais en matière économique c'est très important mais il faut savoir marquer des limites boycotter la coupe du monde
de foot
en tout cas le signal qui a été envoyé vis-à-vis de la Russie et je crois a été reçu on peut boycotter
un stand au salon du livre mais certainement pas une compétition comme celle on peut boycotter un stand
au salon du livre surtout quand on connaît la force la profondeur de la littérature russe
à propos de limites est-ce que vous considérez que Laurent Wauquiez a franchi un certain nombre de limites et dans l'orientation du nouveau parti Les Républicains qui a l'air de se droitiser vous les avez bien connus comment vous jugez ça de l'extérieur maintenant depuis En Marche
c'est pas une question d'abord je ne juge rien de l'extérieur parce que je suis un responsable politique totalement engagé mais ce que je vois c'est une recomposition politique qui poursuit sa marche à grande vitesse au niveau national comme au niveau européen et je dirais même au niveau mondial également Alors c'est-à-dire ?
Et cette recomposition elle met d'un côté ceux qui sont pour le protectionnisme pour le nationalisme pour le repli sur soi et qui d'ailleurs l'assument et qui parfois de droite et de gauche sont très surpris de voir comment chez les Républicains on entend parfois des remarques qui sont exactement les mêmes avec les mêmes mots que ce qu'on peut entendre le plus à gauche notamment sur les questions de commerce et sur les questions de protectionnisme C'est-à-dire qu'il y a du Mélenchon
chez Laurent Wauquiez c'est ça ?
Ah ben il y a parfois du Mélenchon dans les positions qui sont prises par les Républicains c'est-à-dire je constate que régulièrement à l'Assemblée nationale certaines questions posées par les groupes de gauche sont applaudies Et est-ce qu'il y a du Front National chez Laurent Wauquiez aussi ? Ça montre une recomposition dans laquelle personnellement j'ai fait un choix qui est le choix de faire réussir la France de la mondialisation parce qu'elle peut y arriver le choix européen Est-ce que vous trouvez
que les Républicains se droitisent à l'excès ou s'extrême-droitisent ?
Je vous dis je ne crois pas je ne crois plus en tout cas à ces catégories de droitisation ou de gaugisation ce que j'entends c'est beaucoup de violence verbale et je crois que cette violence verbale est la réponse la moins adaptée aux questions et surtout aux problèmes des Français C'est pas dans la violence que vous trouverez la réponse aux problèmes des Français Il y a aussi
une tactique de la part de Laurent Wauquiez c'est de récupérer tous les mécontents fabriqués par Emmanuel Macron une partie des retraités ce qu'on appelle la France des campagnes Est-ce que là vous avez conscience d'un danger et comment éviter qu'il y ait quand même à un moment une coalition de mécontents contre vous
Bruno Le Maire Il y a des déchirures en France que nous connaissons tous moi je suis élu d'un territoire rural j'ai été trois ans ministre de l'agriculture vous pensez que je suis pas conscient des déchirures qui existent dans la France d'aujourd'hui entre ceux qui réussissent la mondialisation et ceux qui ont le sentiment d'être frappés touchés fragilisés par la mondialisation mais je considère que la vraie réponse à ça c'est pas de monter les Français les uns contre les autres comme certains s'ingénient à le faire notamment chez les républicains la vraie réponse à ça c'est de l'emploi c'est des entreprises qui tournent bien c'est de la croissance c'est de la prospérité pour tous les Français et la transformation économique que nous portons elle va y arriver la réponse à cela c'est d'avoir une Europe qui vous protège qui vous garantisse la stabilité dans un monde de plus en plus brutal et de plus en plus instable c'est ce que nous portons également
on a l'impression Nicolas Sarkozy revient un peu sur le terrain vous avez toujours de bons rapports avec lui excellent excellent rapport il vous donne des conseils Nicolas Sarkozy
je le vois régulièrement
vous croyez qu'il veut revenir ?
on lui posera la question
vous le souhaitez ? merci Bruno Le Maire bon dimanche bon séminaire et bon voyage puisque vous partez pour l'Argentine ce soir merci à toutes les trois merci à Mathilde Clatte et Alexandre Gillardi qui ont préparé cette émission je vous retrouve juste après le journal pour le grand face-à-face de France Inter à tout de suite
Bruno Le Maire