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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 26 avril 2021 12 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesSanté

Déclaration conjointe avec Frank-Walter Steinmeier, Président de la République fédérale d’Allemagne.

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Chapitres

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  • 0:10Emmanuel MacronFait
    « l'Europe a montré ce visage et je n'oublie pas non plus les patients qui ont pu être transférés outre-Rhin, en particulier lors de la première phase de cette crise »
  • 0:45Emmanuel MacronFait
    « Nos plans de relance sont nationaux mais ils participent d'une stratégie européenne qui est de préparer le nouveau modèle de croissance : plus vert, plus digital, plus inclusif »
  • 1:15Emmanuel MacronPromesse
    « le 9 mai prochain, lors de la Journée de l'Europe, l'ensemble des Européens seront invités à contribuer au débat européen »
  • 2:00Frank-Walter SteinmeierFait
    « la France, bien évidemment, c'est pour l'Allemagne le partenaire le plus important et nous, ensemble, les Allemands et les Français, nous n'avons pas d'autre projet commun plus important que celui d'avoir une Union européenne forte »
  • 3:00Frank-Walter SteinmeierFait
    « ce que nous avons, en Europe et aussi dans les relations entre nos deux peuples, réussi à construire n'est pas quelque chose qui va de soi »
  • 4:00Frank-Walter SteinmeierFait
    « l'Allemagne, la France et les autres pays de l'Union européenne sont prêts, dans la lutte contre la pandémie, à agir au plan international, à apporter leur aide »
  • 4:15Frank-Walter SteinmeierChiffre
    « Nous contribuons financièrement à l'initiative COVAX par laquelle certains pays dans le monde peuvent recevoir, grâce à cette initiative COVAX, un accès au vaccin »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Mesdames, Messieurs. Bonjour à toutes et tous. Je voulais vous dire le plaisir de recevoir Monsieur le président de la République fédérale d'Allemagne, cher Frank-Walter et son épouse, heureux de vous accueillir aujourd'hui à Paris.

Évidemment, nous allons évoquer la pandémie qui aujourd'hui frappe nos pays, notre continent et plus largement l'international, et nous savons combien nous avons été, de part et d'autre du Rhin, endeuillés par ces derniers mois. Et je veux d'ailleurs vous dire dans ce contexte à nouveau le remerciement pour la solidarité parce que l'Europe a montré ce visage et je n'oublie pas non plus les patients qui ont pu être transférés outre-Rhin, en particulier lors de la première phase de cette crise. Et donc ensemble nous oeuvrons et l'un et l'autre nous croyons très profondément à l'action européenne et j'ai plaisir à vous accueillir aujourd'hui à Paris, quelques jours après que vous ayez pu signer le plan de relance allemand et donc la déclinaison de ce que nous avons dessiné en juillet dernier à Bruxelles tous ensemble.

Nos ministres des Finances, d'ailleurs, auront cette semaine l'occasion de présenter ensemble des plans de relance de l'Allemagne, de la France, et cette déclinaison de notre volonté européenne c'est, je crois, vraiment un moment historique. Nos plans de relance sont nationaux mais ils participent d'une stratégie européenne qui est de préparer le nouveau modèle de croissance : plus vert, plus digital, plus inclusif. Cette Europe, nous souhaitons aussi la bâtir en réponse aux voeux formés par les citoyens européens et je connais votre attachement, cher Frank-Walter, au processus de consultation citoyenne, tout particulièrement dans votre pays en Allemagne, nous avons eu l'occasion aussi de les conduire ici en France.

Et en fin de semaine, le 9 mai prochain, lors de la Journée de l'Europe, l'ensemble des Européens seront invités à contribuer au débat européen pour réfléchir sur cette Europe de demain. C'est un des engagements pris lors du discours de la Sorbonne et que nous avions acté ensemble en Européens et que nous allons pouvoir décliner au-delà de ce que nos institutions ont commencé de faire. Nous nous retrouvons aussi au lendemain de la Journée nationale du souvenir de la déportation et nous échangerons évidemment sur ces importantes questions mémorielles qui lient nos pays et qui ont eu l'occasion, à travers le temps, de chaque fois nous rassembler.

Nous l'évoquions la dernière fois que vous êtes venu en France, c'était à Strasbourg, pour ensemble évoquer cette mémoire commune. Nous avions ensemble été au Vieil Armand, dans les tranchées, et je me souviens aussi de mon déplacement à Berlin à vos côtés, en novembre 2019, pour le 30ème anniversaire de la chute du Mur. Enfin, nous aborderons naturellement les grands enjeux géopolitiques car je n'oublie pas que Monsieur le président continue d'agir activement sur la scène internationale mais a aussi longtemps agi activement comme diplomate et chef de la diplomatie allemande et avec aussi un attachement profond à ce qui se passe à l'est de l'Union européenne et dans beaucoup d'endroits qui nous lient.

Et donc, au-delà de l'amitié qui suffirait à occuper beaucoup déjà de nos déjeuners, il y a le plaisir de se retrouver et d'évoquer tous ces sujets aujourd'hui. Merci infiniment, cher Frank-Walter, d'être avec votre épouse aujourd'hui à Paris. Cher Emmanuel, merci de nous accueillir ici si chaleureusement à Paris, à l'Élysée.

Je suis très heureux de me retrouver avec vous et ce n'est pas une surprise si mon premier déplacement à l'étranger, après des mois où je n'ai pas pu voyager, je me rends en France. C'est parce que la France, bien évidemment, c'est pour l'Allemagne le partenaire le plus important et nous, ensemble, les Allemands et les Français, nous n'avons pas d'autre projet commun plus important que celui d'avoir une Union européenne forte, à l'intérieur comme à l'extérieur. Cher Emmanuel, on a parlé, toutes ces certitudes que nous avons découlent des enseignements que la France et l'Allemagne ont tiré de la Seconde Guerre mondiale et des catastrophes qui ont suivi la Shoa.

Et je sais qu'hier vous avez commémoré la déportation et ce jour nous rappelle à nous aussi, cher Emmanuel, que ce que nous avons, en Europe et aussi dans les relations entre nos deux peuples, réussi à construire n'est pas quelque chose qui va de soi. C'est quelque chose qu'il a fallu élaborer, construire, et cette Europe maintenant il ne faut pas la céder et l'abandonner à ses détracteurs. C'est notre mission commune de la faire vivre et nous deux nous y travaillons, nous y avons travaillé et nous y travaillerons.

Monsieur le président, vous l'avez dit, la pandémie et la lutte contre la pandémie dominent, dans nos deux pays, l'actualité. C'est toujours le cas depuis des mois mais, malgré tout, nous devons garder le regard tourné vers l'avenir. Mais je crois que l'Europe a besoin plus que tout d'un signal de renouveau, de reprise, et c'est toujours la même vérité, ce sont nous, les Européens, qui devons et pouvons reconstruire l'Europe si nous ne voulons pas que l'Europe soit le jouet d'autres puissances sur la scène internationale.

Et je pense qu'en Allemagne comme en France nous regardons bien sûr tous les jours, de très près, les taux d'incidence, le nombre de morts. Nous suivons l'évolution des courbes, nous comparons, évaluons les chiffres de nos deux pays et d'autres pays européens. C'est bien compréhensible et c'est nécessaire, mais nous ne devons pas oublier, et je l'ai dit d'ailleurs dans mon discours de commémoration des morts de la Covid à Berlin, derrière tout cela il y a des êtres vivants, des personnes en deuil.

Et tout cela nous relie, Français et Allemands, par-delà les frontières. L'expérience de cette douleur partagée nous incite à agir plus que jamais ensemble, en Europe et dans le monde. Monsieur le président, j'utilise cette occasion aussi pour exprimer mes condoléances à la famille et aux proches de la policière qui a été abattue la semaine dernière et je tiens à vous dire, au nom de tous mes compatriotes aussi, que nous sommes bien sûr aux côtés de la France dans tous ces moments difficiles de terrorisme.

L'Europe, comme nous le constatons maintenant, ce n'est pas uniquement l'Europe des institutions bruxelloises. C'est aussi ce que les pays-membres et les citoyennes et citoyens de ces États en font, c'est-à-dire que chacun doit apporter sa contribution. Et ceux qui croient, et nous l'observons constamment, que c'est le moment rêvé pour faire de l'Europe un bouc émissaire, ces gens-là nous portent tort à tous et se portent tort à eux-mêmes.

Monsieur le Président, mon cher Emmanuel, tu as rappelé que, dans cette période de crise, de pandémie, la solidarité financière entre les pays européens est juste et qu'elle est essentielle. Après la décision de la Cour constitutionnelle allemande, je suis très heureux d'avoir pu parafer la loi permettant la mise en place du plan de relance. Et il y a d'autres ratifications qui sont en cours et je pense donc que nous allons pouvoir enfin donner ce signal de relance dont nous avons vraiment besoin.

Mais, et c'est notre conviction permanente à tous les deux depuis longtemps, nous avons besoin non seulement d'avoir des comptes bien remplis mais nous avons besoin aussi d'une idée européenne qui nous associe, qui nous unisse et nous relie et, comme tu l'as souligné, cela ne va pas sans l'action conjointe des citoyennes et des citoyens de nos deux pays. L'idée de la conférence sur l'avenir de l'Europe, l'idée que tu as lancée, est très importante. On va pouvoir parler de l'avenir de l'Europe avec tous les citoyens et citoyennes de nos pays et je pense que cela renforcera l'idée européenne dans toute l'Europe.

Et enfin, et ce sera mon dernier point, je crois que nous ne devons pas être satisfaits de ce que nous avons fait jusqu'ici et je crois que l'une des valeurs de l'Europe, c'est de toujours penser à ce qu'elle a à donner au reste du monde, et je crois que c'est plus que ce que nous avons fait jusque là. Et peut-être le remarque-t-on davantage pendant cette pandémie, mais l'Allemagne, la France et les autres pays de l'Union européenne sont prêts, dans la lutte contre la pandémie, à agir au plan international, à apporter leur aide. Nous contribuons financièrement à l'initiative COVAX par laquelle certains pays dans le monde peuvent recevoir, grâce à cette initiative COVAX, un accès au vaccin.

Nous agissons ensemble, l'Europe avec le reste du monde, dans le cadre du Pacte vert, en réduisant les émissions de CO2, en nous engageant sur des objectifs, et je pense que l'Europe ne parle pas seulement de multilatéralisme, elle agit en ce sens. Cher Emmanuel, je me réjouis de notre discussion. Merci beaucoup.

Merci à vous. Merci.