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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 février 2021 25 min

Aides à la jeunesse, suppression d'emplois dues à la crise sanitaire, engagement à gauche pour 2022... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Anne Hidalgo, il y a exactement un mois vous tiriez à boulet rouge sur le gouvernement accusé d'avoir complètement raté le début de la campagne de vaccination en France. Mauvaise logistique, manque de transparence, tout y passait à l'époque, est-ce que ça va mieux aujourd'hui ?

0:13
Anne Hidalgo

D'abord tirer à boulet rouge est peut-être un mot un peu fort, je joue mon rôle d'élu qui intervient dans une grande ville pour mettre en place la vaccination et faire en sorte que ce soit efficace. Donc vous savez tout n'est pas polémique, il faut prendre aussi les paroles des acteurs comme nous, les maires, les collectivités locales, comme autant de contributions à essayer de faire en sorte que ça aille mieux.

0:38
Présentateur

Avec des résultats que vous voyez aujourd'hui ?

0:39
Anne Hidalgo

Il y a en fait sur la vaccination un point que j'ai trouvé très positif qui est que c'est l'Europe qui d'abord a négocié pour l'ensemble des pays, que chaque pays ne se retrouve pas concurrent du voisin pour négocier le nombre de doses. Ce qui ne va pas c'est que ce qui a été négocié est quand même très très faible comparé à la population européenne, même si depuis l'Europe a relancé de nouvelles commandes. Donc il y a quand même un retard à l'allumage, c'est vrai, mais pas simplement pour l'ensemble, pour tous les pays. Ensuite, il y a eu un deuxième, je crois, retard à l'allumage qui a été notamment dans, non pas le choix des populations.

Là-dessus, moi je suis très claire et ce sont les autorités de santé, le gouvernement qui doit décider de cela, c'est une politique nationale. Le fait que d'abord on aille vacciner dans les EHPAD, ce que l'on a fait, pour Paris on est à plus de 75% de vaccination déjà dans les EHPAD. Ensuite, les personnels soignants. C'est vrai qu'il y a eu au début une difficulté, puisqu'on avait mis, enfin le gouvernement avait mis en place une mesure de 10 jours pour le consentement des personnes, ce qui a fait prendre du retard. Ensuite...

1:50
Présentateur

Le gouvernement a expliqué que ce chiffre était faux.

1:52
Anne Hidalgo

Oui, mais sauf qu'il nous avait été...

1:53
Présentateur

Il n'avait pas eu de délai de 10 jours et qu'aucun papier n'avait été demandé aux résidents des EHPAD.

1:55
Anne Hidalgo

Il nous avait quand même... Ah non, non, je ne parle pas de papier, mais enfin on nous avait demandé d'attendre un délai de 10 jours. Le directeur général de l'ARS d'Île-de-France me l'a dit directement en réunion devant des dizaines de personnes. Donc ça, ça a été un retard à l'allumage. Les collectivités ont été là, mes collègues, nous-mêmes à Paris. On a ensuite mis en place, puisque la vaccination des plus de 75 ans était le troisième public prioritaire, a été mise en place. Donc on a travaillé, par exemple, à Paris avec tous les maires d'arrondissement pour mettre en place dans chaque mairie d'arrondissement des centres.

On a vu que le nombre de doses, c'est vrai pour Paris, c'est vrai pour d'autres territoires, était quand même très faible proportionnellement à la population. Par exemple, les plus de 75 ans, c'était 10 000 doses ces semaines dernières, alors que normalement, avec ce rythme-là, ça veut dire qu'on mettra 6 à 8 mois pour vacciner tous les plus de 75 ans à Paris. Donc évidemment, ma demande, comme celle de tous les maires de France, a été de dire qu'il faut accélérer. En même temps, on prend acte des réalités. S'il n'y a pas plus de vaccins, on ne va pas non plus nous les inventer.

Donc, juste, je termine, je pense que c'est très important aussi ce qui est en train d'être fait, à savoir se donner des libertés, en tout cas des marges de manœuvre pour que de la production de vaccins soit faite en France et qu'on puisse accélérer. Je ne doute pas que dans les mois qui viennent, les semaines qui viennent, je l'espère, on aura beaucoup plus de vaccins. En tous les cas, nous, on est prêts, Paris est prête, mais je sais que les autres maires aussi, nous sommes prêts à rentrer dans une phase de vaccination beaucoup plus massive dès qu'on aura les doses.

3:37
Auditeur

Vous dites, je n'ai pas tiré à boulet rouge contre le gouvernement, sur le gouvernement, mais pourtant, vous avez eu cette formule, avec de telles carences, le débarquement de juin 1944 aurait échoué. Est-ce qu'il vous a valu en retour cette réponse du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal ? Vous savez, si le débarquement avait été géré comme Anne Hidalgo a géré les Vélib, les bateaux n'auraient jamais quitté l'Amérique.

Je suis assez surpris d'entendre des leçons de logistique de la part d'une élue qui n'a pas su gérer le Vélib, qui n'a pas su gérer l'autolib, qui a montré que, s'agissant de la logistique, elle savait transformer l'or en plomb, alors même qu'il y a plus de fonctionnaires à la ville de Paris qu'à la Commission européenne. Vous n'allez pas le chercher, le gouvernement ?

4:15
Anne Hidalgo

Oui, écoutez, je ne vais pas répondre. Vous voyez, c'est très bien. Je suis maire de Paris, une élue qui, en fait, est maire de Paris, et qui a été élue maire de Paris. Donc, si vous voulez, je pense qu'il faut, en fait, envisager les choses en partenariat. Il faut arrêter de s'envoyer des choses comme ça à la figure. Vous avez une association des maires de France, avec les 36 000 communes, qui est présidée par François Baroin. Vous avez une association des maires des grandes villes de France, qui est présidée par la maire de Nantes. Nous sommes unanimes.

Vous savez, mes propos sur ce que nous pourrions faire pour être plus efficaces, pour venir en aide à nos concitoyens, ce sont des propos qu'il faut prendre, non pas comme des critiques, mais simplement des contributions. Oui, quand même.

4:59
Présentateur

Vous êtes allé fort aussi. On aurait raté le débarquement.

5:00
Anne Hidalgo

C'est très fort. En effet, c'est très fort. Et d'ailleurs, je précise juste que les bateaux ne sont pas partis d'Amérique. Et que le Vélib, aujourd'hui, fait beaucoup plus d'abonnés que peut-être de vacciner, donc, voilà, et de trajets. Bon, donc, je conclue là-dessus.

5:17
Présentateur

Non, quand même, pour vacciner un peu plus de monde en France qu'il y a d'abonnés.

5:19
Anne Hidalgo

D'abonnés peut-être, mais de trajets, vous pouvez en compter beaucoup. En tous les cas, ça fonctionne bien aujourd'hui. Simplement sur le fond, ce que je veux vous dire...

5:30
Auditeur

Est-ce qu'il y a pas eu des élus qui ont ouvert trop de centres de vaccination, qui ont pris trop de rendez-vous ?

5:33
Anne Hidalgo

Mais personne n'a ouvert trop de centres de vaccination, Madame. Nous avons ouvert les centres de vaccination qui ont été autorisés. À Paris, c'est le préfet de police qui a autorisé l'ouverture des centres de vaccination. Et ça s'est fait en bonne intelligence, en tous les cas en dialogue, avec l'ARS. Donc, vous savez, je crois qu'il faut arrêter d'opposer les élus locaux et le gouvernement. Il faut que tout le monde travaille ensemble. C'est le sens, d'ailleurs, de toutes nos propositions. Simplement, il faut aussi nous écouter. Vous savez, aujourd'hui, nous sommes dans un pays qui a connu, fort heureusement, une décentralisation ces 30 dernières années.

Sauf qu'on n'est pas allé complètement au bout. Aujourd'hui, l'État, notamment dans les départements, dans les régions, n'a plus la logistique du dernier kilomètre. Cette logistique du dernier kilomètre, ce sont les communes, les départements qui l'ont. Donc, il faut travailler intelligemment en partenariat entre l'État qui, sur une question de santé publique, doit fixer, évidemment, le cadre. Et nous, on doit s'y tenir. Moi, je ne viendrai pas dire au gouvernement que je ne suis pas d'accord sur telle ou telle stratégie vaccinale. En revanche, ce que je peux dire, c'est que pour que ça marche mieux, voilà comment on pourrait s'y prendre.

Et ce que font d'ailleurs tous mes collègues, de ce point de vue, c'est assez unanime, quel que soit d'ailleurs le bord politique.

6:50
Présentateur

On va laisser les vélibres, on va laisser le débarquement de côté. Premier, Anne Hidalgo, pour s'intéresser à vos propositions pour la jeunesse, pour la relance également dans la capitale, qui est l'une des villes, mais pas uniquement la seule, les plus touchées par le manque de touristes, notamment ces derniers mois. On s'interrompt quelques instants, si vous voulez bien, le temps du Filinfo à 8h40 avec Stéphane Milhomme.

7:08
Invité

L'opération entre Veolia et Suez ne peut réussir que si elle est amicale. C'est l'avis de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances. Après ce nouvel épisode, ce matin, dans le bras de fer entre les deux géants français de l'eau et des déchets, le tribunal de commerce de Nanterre ordonne en référé à Veolia de suspendre le lancement de son OPA sur Suez. Veolia est prêt à racheter pour près de 8 milliards d'euros les 70% des actions de son concurrent qui lui manque. La France vaccine les moins de 65 ans avec AstraZeneca. Depuis samedi, l'Afrique du Sud ne veut plus utiliser les doses de ce fabricant. Le vaccin AstraZeneca est-il si efficace que cela ?

Réunion aujourd'hui de l'Organisation Mondiale de la Santé pour évoquer ce vaccin anti-Covid. A Sainte, le fleuve Charente doit atteindre les 6,20 mètres dans la journée. Situation qui reste préoccupante dans ce secteur. Sept départements toujours en vigilance orange face au risque de crues inondations. Les Parisiens ont leur revanche sur les Marseillais. Défaite au match allé. Victoire du PSG 2-0 hier soir pour le centième classico de foot.

8:13
Présentateur

France à faute. Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, vous venez de réclamer la mise en place d'une aide d'urgence de 500 euros pour les jeunes. Aide mensuelle qui serait valable sur 3 ans. Sur quels critères ?

8:29
Anne Hidalgo

D'abord, je pense qu'il faut vraiment très largement, vous le savez, Paris est une ville très universitaire et partout en France, on voit bien ce désarroi des jeunes, des étudiants et aussi des autres qui ne peuvent pas se projeter, qui sont coupés de leurs contacts, qui ont le sentiment d'être une génération sacrifiée et qui vivent une précarité très grande. Nous avons, à Paris, mais c'est vrai aussi dans d'autres villes, mis en place des aides alimentaires. Nous avons aujourd'hui, par exemple, une distribution de 3000 paniers par semaine et des fils très très longs. Donc, il y a cette situation-là. Face à cette situation, qu'est-ce que ça nous dit ?

Beaucoup de jeunes ont perdu leur boulot, leur petit boulot, notamment ceux qui étaient étudiants et qui travaillaient en même temps. Il faut mettre en place une aide. Cette aide, ça doit être une aide d'urgence, une aide exceptionnelle. Universelle ? Universelle, je pense qu'elle doit être universelle.

9:24
Présentateur

Pour tout le monde ? Un fils de millionnaire comme un...

9:27
Anne Hidalgo

En tous les cas, tous les jeunes qui en feront la demande et qui en ont besoin, parce qu'évidemment, vous avez des jeunes de la classe moyenne qui ne sont pas forcément boursiers, qui vivent des galères énormes, que les parents ne peuvent pas aider. Ils ne peuvent pas être exclus de cela. Donc, moi, je pense que cette aide, en tous les cas, elle doit être très très large et concerner tous les jeunes, notamment de la classe moyenne, et pas simplement s'appuyer sur les revenus des parents. Peut-être qu'il faut des critères, évidemment, pour que ceux qui n'en ont vraiment pas besoin ne viennent pas la chercher.

Mais un objectif, vraiment qu'elle soit accessible à la classe moyenne, ce qui n'est pas toujours le cas pour un certain nombre d'aides.

10:07
Auditeur

Ce que vous proposez, Anne Hidalgo, c'est l'équivalent du RSA Jeunes. Plusieurs associations, plusieurs personnalités politiques le demandent depuis quelques semaines.

10:14
Anne Hidalgo

Oui, c'est vrai. Et le gouvernement dit non. Oui, et je pense qu'il faut cette aide-là, qu'on se donne au moins trois ans, parce que cette crise va durer, il va falloir accompagner nos jeunes, et puis qu'on réfléchisse, mais ça, c'est l'objet des échéances nationales à venir, qu'on réfléchisse vraiment à la façon dont on accompagne notre jeunesse dans la vie, à la fois par l'éducation, mais aussi par... Vous savez, il y a des pays qui ont, par exemple, des allocations données aux jeunes pour qu'ils puissent suivre leurs études.

Le maire de Dunkerque, récemment, me disait, lui, dans sa commune, a mis en place une structure qui part du principe qu'aucun jeune ne doit arrêter ses études parce qu'il n'aurait pas d'argent pour pouvoir se les financer. Donc voilà, il faut qu'on réfléchisse vraiment à partir de toutes ces situations qui sont la réalité de ce que nous vivons, de ce que vivent les Français aujourd'hui, et qu'on aille sur des dispositifs de plus long terme. Mais là, dans l'urgence, 500 euros, qui est à peu près l'équivalent, évidemment, du RSA, et qui puisse permettre vraiment à ces jeunes de s'en sortir, de survivre. C'est de l'aide à la survie.

11:20
Présentateur

Au-delà, Nidalgo, de la question de la jeunesse, il y a celle de la relance de l'activité économique.

11:24
Auditeur

Oui, vous lancez aujourd'hui une grande conférence pour dessiner les contours d'un plan de relance pour Paris. Quels sont les impacts économiques de la crise sanitaire dans la capitale ?

11:32
Anne Hidalgo

D'abord, ils sont très lourds. Vous savez, c'est vrai dans toutes les grandes capitales, ces capitales qu'on dit des villemondes, c'est-à-dire qui ont, en fait, une dépendance, une attractivité, mais une dépendance aussi à l'international, au tourisme. Et donc, on a, par exemple, sur Paris, du mois de septembre au mois de janvier dernier, nous avons perdu environ 40 000 emplois salariés. Le chômage est en train d'augmenter. Définitivement, je n'en sais rien, mais en tous les cas, le chômage est en train d'augmenter. Il a progressé de 15% sur Paris. On était presque au plein emploi.

On revient à une situation qui est une situation très difficile, avec des secteurs, le secteur du tourisme, de l'événementiel, tout ce qui tourne autour de la culture, qui est quand même, pour Paris, vraiment un support économique très, très important. Et donc, un peu dans l'état d'esprit de ce que je vous disais sur les vaccins, l'idée, là, en tant que ville, en tant que maire de Paris, mais aussi avec mes collègues des autres villes de France, l'idée, c'est de dire qu'il faut qu'on travaille ensemble, qu'on ait vraiment une forme de contractualisation entre l'État et les communes, les départements et les régions.

12:49
Auditeur

Il y a déjà le plan de relance de l'État, le 100 milliards.

12:51
Anne Hidalgo

Mais ce plan de relance, d'abord, nous ne sommes pas associés au plan de relance.

12:56
Présentateur

Il n'y a pas un euro qui va indirectement arriver à Paris.

13:00
Anne Hidalgo

Alors, indirectement, il y a forcément l'argent qui va aux entreprises, via, je pense, au soutien économique, au chômage partiel, ou des mesures d'investissement. Bien sûr que ça rejaillit sur le territoire. Mais là où on peut être efficace et aller très vite, c'est que les villes, les communes, nous avons nos plans d'investissement. Toutes les villes sont en train de voter ou ont déjà voté leur budget. Donc, on a nos plans d'investissement. On a des lignes qui sont déjà prêtes avec des projets identifiés. Par exemple, faire la pérennisation de nos coronapistes. Par exemple, travailler sur les infrastructures pour les transports en commun.

Par exemple, faire de la rénovation thermique des bâtiments, les logements sociaux, les bâtiments publics, les écoles. Mais aussi aider les copropriétés privées à pouvoir se transformer. Dans toutes nos villes, nous avons des lignes budgétaires et des projets déjà identifiés. Il suffirait que l'on puisse contractualiser avec l'État et que cet argent du plan de relance puisse être utilisé rapidement, efficacement, dans les directions, notamment dans ce Green Deal qui est demandé au niveau européen.

Donc, ce que je propose, c'est un alignement entre le plan de relance européen, le plan de relance national et le plan de relance territorial, en associant tous les acteurs, puisque j'aurai évidemment les entreprises, les acteurs économiques.

14:25
Présentateur

Je suis prête à mettre 1,4 milliard d'euros sur la table de budget d'investissement. Je voudrais que l'État, pour chaque euro que je mets du budget de la ville de Paris, mette la même chose.

14:33
Anne Hidalgo

Ça, c'est vous qui le dites, je ne l'ai pas dit comme ça. Vous l'avez dit ce matin dans une interview aux écoles. Non, non, je ne le dis pas du tout comme ça. Vous n'avez pas la même somme à l'État ? Je dis que ce serait bien que l'État mette autant, en tous les cas, ou vienne sur ces projets-là. Je vous donne un autre projet.

14:46
Auditeur

Si l'État ne donne pas d'argent, vous augmentez les taxes, par exemple ?

14:50
Anne Hidalgo

Mais non. D'abord, on a voté notre budget. Donc, cette question des impôts, d'abord, je l'ai dit, on n'augmentera pas les impôts des Parisiens. On ne l'a pas fait sous le mandat précédent. On ne le fera pas sous ce mandat. Il faut se donner des marges de manœuvre. La question de la dette des collectivités est une vraie question qui, aujourd'hui, est un impensé de l'État. Ça aussi, c'est une demande, pas simplement de la maire de Paris, mais de toutes les villes et des associations d'élus.

15:16
Présentateur

La dette, Anne Hidalgo, depuis que vous êtes maire de Paris, a augmenté assez fortement. Elle a doublé depuis 2014. Est-ce que vous avez été une maire, si vous me passez cette expression, trop cigale quand ça allait bien et un peu dépourvue quand la bise du Covid arrive aujourd'hui ?

15:28
Anne Hidalgo

Écoutez, d'abord, la ville a bien géré. C'est ce qui a été, d'ailleurs, à la fois retenu par les Parisiens qui m'ont réélu et, deuxièmement, par les agences de notation qui ont considéré que nous avions bien géré. Nous avons investi au moment où il fallait investir. Aujourd'hui, vous savez, d'ailleurs, tout le monde le dit, même les anciens néolibéraux ont changé complètement de doctrine au sujet et de la dette, sans dire qu'il faut l'effacer, mais notamment de l'investissement public. Vous pensez qu'il faut l'effacer ou la dette Covid ? Non, je ne crois pas. Je pense qu'il faut, en tous les cas, la gérer.

Et il faut permettre aux collectivités, comme c'est le cas au niveau des États, parce que c'est ainsi que les pays européens se sont mis d'accord, il faut... Vous savez, la crise Covid est une crise qui est l'équivalent de ce qu'on a pu voir en termes d'économie qui se retrouve par terre après la Deuxième Guerre mondiale. Le plan d'investissement qui a été décidé... Tout nous ramène au débarquement, donc c'est pour ça qu'il faut être audacieux et penser un peu en dehors des cadres. Vous voyez ce que je veux dire ? Ceux qui ont imaginé le débarquement, ils étaient quand même assez audacieux. Et donc, au niveau européen...

16:38
Présentateur

Est-ce qu'une dette perpétuelle, comme l'ont suggéré certains Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire la Banque Centrale Européenne qui rachète la dette Covid des États, qui la bloque quelque part dans un coffre et on n'en rends jamais ? Est-ce que c'est une bonne idée ?

16:50
Anne Hidalgo

Aujourd'hui, ce que fait la Banque Centrale, permet justement de ne pas se focaliser sur la dette. La dette, c'est quelque chose qui se gère sur le très long terme. D'ailleurs, c'est ce que dit Christine Lagarde dans sa très bonne interview d'hier au JDD. Je dirais que ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui. Le sujet d'aujourd'hui, et tant mieux, puisqu'on est sorti de l'orthodoxie budgétaire...

17:11
Présentateur

Ça doit être un des sujets de l'élection présidentielle, ce qu'on fait de cette dette immense.

17:14
Anne Hidalgo

Non, ce qui est le sujet de l'élection ou le sujet de maintenant, du temps présent, mais évidemment des années qui viennent, si on ne veut pas que cette crise, et notamment ses conséquences économiques et sociales, durent trop longtemps, il faut en effet que le plan de relance, qui a été très justement décidé au niveau européen par l'ensemble des États et qui doit maintenant s'appliquer dans chaque État, soit effectif et rapide. C'est d'ailleurs ce que demande Bruxelles, ce que demandent tous les acteurs économiques.

C'est que cet argent qui est utilisable dans de l'investissement pour transformer, d'ailleurs, pas pour faire les bêtises du passé, mais pour transformer de façon durable notre économie, pour en faire une économie décarbonée et pour aller aussi, puisque c'est les deux volets du plan de relance, sur l'accélération de la révolution numérique. Ça, nous devons le faire maintenant, il ne faut pas perdre de temps. Et nous avons la possibilité, avec les villes, les communes qui viennent de voter leur budget, de pouvoir aller plus vite. Donc c'est ça le sens d'ailleurs de la demande de tous les maires, mais aussi de la conférence que je fais pour le plan de relance parisien.

18:26
Présentateur

Aujourd'hui à Paris, 8h51, le Filinfo Stéphane Milhomme, et on poursuit juste après.

18:31
Invité

Des étudiants de retour en amphi au moins une fois par semaine, et avec toutes les précautions sanitaires nécessaires face au coronavirus, les étudiants de première année ont déjà pu revenir sur les campus par demi-groupe, il y a maintenant deux semaines. Il n'y a pas de difficultés majeures entre la police et la population. Stanislas Godon, délégué général d'Alliance Police, l'affirme sur France Info. Les relations entre les forces de l'ordre et les citoyens, c'est le thème aujourd'hui de la première table ronde du Beauvau de la Sécurité.

Le syndicaliste aurait préféré que les débats commencent sur la question pénale et les agressions à l'encontre des policiers, la manière dont elles sont réprimées. Sept départements toujours sous surveillance face au risque de crue inondation, situation toujours très problématique dans les deux Charentes, et principalement à Sainte, le fleuve doit dépasser les 6 mètres dans la journée. En Birmanie, des dizaines de milliers de manifestants appellent maintenant à la grève générale. Une semaine après le coup d'État militaire, ils sont en train de défiler actuellement à Rangoun, capitale économique, après un week-end de mobilisation.

19:33
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

19:39
Auditeur

Toujours avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, vous avez dit à plusieurs reprises lors de la campagne municipale l'an dernier, que si vous étiez réélu, vous serez maire de Paris jusqu'au bout. Est-ce que vous dites la même chose aujourd'hui ?

19:51
Anne Hidalgo

D'abord, je suis maire de Paris, j'ai été réélue, j'en suis très heureuse, et je m'occupe des Parisiennes et des Parisiens. Vous l'avez vu, ce matin encore, nous avons eu l'occasion de parler de deux gros sujets. Mais je veux prendre ma part. Je vais prendre ma part dans le débat qui vient. Ce débat, il est important pour notre pays. Je pense qu'on ne peut pas faire l'impasse sur dans quel sens, quelle est l'orientation que nous voulons, dans quel monde voulons-nous vivre. Et moi, je ne comprends pas ce que ça veut dire, je vais prendre ma part. C'est ce que je suis en train de faire. Notre pays a besoin de beaucoup de réparation quand même.

La réparation des liens entre les Français, c'est quand même un vrai sujet. De réparation aussi et de réorientation de son économie vers une économie plus verte, vers plus de solidarité, parce qu'on atteint quand même, je dirais, des niveaux d'inégalité qui sont menaçants pour la cohésion du pays, pour le pacte républicain. Donc prendre sa part, c'est parler, agir. Et c'est aussi essayer de construire avec d'autres, évidemment, un chemin qui permette d'avoir une alternative. Une alternative à ce duel annoncé, à ce deuxième tour déjà, programmée, qui serait, je crois, extrêmement difficile pour notre pays. On ne peut pas faire l'impasse sur la façon dont nous voulons.

Nous ne pouvons pas continuer à faire l'impasse sur dans quel sens on veut aller. Voilà. Ce qu'on veut pour notre pays. Et ce débat doit être serein. Vous savez, je vais y revenir, mais quand, dans ce débat, on pose chacun des convictions, des valeurs, des orientations, ce n'est pas une critique vers les personnes. Moi, je suis très respectueuse des personnes. Mais simplement, il faut que ce débat puisse être posé sereinement. Et je vais prendre ma part à cela.

21:46
Présentateur

Alors, on entend ce que vous dites. Il faut réparer la France. Je vais parler. Je vais agir également. Vous entendez aujourd'hui les appels du pied. À gauche, les clins d'œil de certains de vos camarades. Vous lisez sans doute les sondages également. Vous vous dites quoi ? C'est trop tôt ?

22:00
Anne Hidalgo

D'abord, aujourd'hui, nous sommes en pleine crise sanitaire, avec une crise économique. Chaque chose en son temps. Vous avez vu, vous, des présidentielles qui démarraient un an ou un an et demi avant.

22:13
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon est candidat depuis des mois. Oui, peut-être. Jean-Luc Mélenchon est candidat aussi.

22:17
Anne Hidalgo

C'est vrai. Il y a déjà des candidats déclarés. Toujours est-il que je pense que la question est plus une question de destin collectif que d'ambition personnelle. La présidentielle, c'est une question d'incarnation aussi. Oui, après, à un moment donné. Mais qu'il faut quand même rassembler, se réunir. Moi, je vois dans notre pays beaucoup de gens qui ont envie de s'engager, qui sont dans des engagements, beaucoup associatifs d'ailleurs, sur la solidarité. Je vois beaucoup de jeunes qui pensent le monde qui vient à travers la crise climatique et le mur qui est devant nous sur cette question climatique.

Je pense qu'il nous faut travailler, rassembler et puis être en situation de proposer une autre offre politique qui, certains disent, social-écologique, humaniste.

23:05
Auditeur

Qu'est-ce qui va déterminer votre candidature à Indelgo ? Est-ce que c'est des sondages au mois de septembre ? Si vous voyez que vous êtes en avance par rapport à d'autres pressentis à la présidentielle à gauche, vous y allez ?

23:15
Anne Hidalgo

D'abord, vous savez, la politique, elle peut se déterminer comme ça pour certains. Pour d'autres, non. Et pour vous, alors ? Pour moi, ça a toujours été une affaire de conviction et de valeur. Je l'ai dit, si j'avais écouté les sondages il y a trois ans, je ne serais pas maire de Paris et je ne me serais peut-être même pas représentée. Donc voilà, ce n'est pas du calcul la politique, c'est de la dynamique, c'est du travail. Et c'est du travail d'abord collectif. Vous savez, il faut sortir de cette idée que la présidentielle, c'est simplement une affaire d'envie. Je pense que c'est d'abord une histoire de destin collectif.

23:57
Présentateur

Je vous pose la question autrement, Anne Hidalgo, et ce sera la dernière question, si vous voulez bien. Est-ce que vous pourriez ne pas être candidate ?

24:02
Anne Hidalgo

C'est possible, bien sûr, on verra. D'abord, je ne travaille pas pour moi, je travaille avec des idées, des valeurs. Ce n'est pas une question d'ambition personnelle, c'est une question de destin collectif. Après, il y a une incarnation. Mais avant de parler de l'incarnation, il faut, je crois, rassembler, réparer, montrer qu'il y a dans ce pays des forces, une envie humaniste, une envie d'écologie, une envie de transformation en profondeur de notre économie vers cette écologie, une envie aussi de réduire les inégalités qui sont absolument insupportables et de rester dans ce cadre républicain qui est le cadre qui nous unit, nous les Français. Vous viendrez nous l'annoncer sur France Info ?

Écoutez, je verrai s'il y a une annonce à faire.

24:50
Présentateur

Merci à vous, Anne Hidalgo, maire de Paris, qui veut réparer la France, c'était l'invité de France Info.

24:54
Anne Hidalgo

Merci à vous.