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interviewLe Figaro· 17 avril 2023 37 min

Réforme des retraites: l'allocution d'Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron

Comme vous le savez, ce vendredi 14 avril, le Conseil constitutionnel a validé, pour l'essentiel, la loi sur nos retraites, et je l'ai donc logiquement promulguée. Les évolutions prévues par cette loi entreront en vigueur progressivement à partir de cet automne. Adoptés conformément à ce que prévoit notre Constitution, ces changements étaient nécessaires pour garantir la retraite de chacun et pour produire plus de richesses pour notre nation. Car en effet, alors que le nombre de retraités augmente, que notre espérance de vie s'allonge, la réponse ne pouvait pas être de baisser les pensions. Elle ne pouvait pas être non plus d'augmenter les cotisations de ceux qui travaillent.

Et elle ne pouvait pas être, comme je l'ai beaucoup entendu, de ne rien faire. Car c'était alors laisser les déficits s'accumuler et notre date augmenter pour les générations futures. Ces changements étaient donc nécessaires et constituent un effort, c'est vrai. Mais il est accompagné de mesures de justice, d'améliorations concrètes pour ceux qui ont eu des carrières longues, exercer des métiers les plus durs ou qui perçoivent des petites retraites. Travailler tous progressivement un peu plus, comme l'ont d'ailleurs fait tous nos voisins européens, c'est aussi produire plus de richesses pour notre pays tout entier.

Et c'est ce qui nous permet d'être plus forts, d'investir pour notre quotidien et pour notre avenir. Et nous en avons besoin. Pour autant, cette réforme est-elle acceptée ? A l'évidence, non. Et malgré les mois de concertation, un consensus n'a pas pu être trouvé. Et je le regrette. Nous devons en tirer tous les enseignements. J'ai entendu dans les manifestations une opposition à la réforme des retraites, mais aussi une volonté de retrouver du sens dans son travail, d'en améliorer les conditions, d'avoir des carrières qui permettent de progresser dans la vie.

Plus généralement, c'est une colère qui s'est exprimée, colère face à un travail qui, pour trop de Français, ne permet plus de bien vivre face à des prix qui montent, qu'il s'agisse du plein, des courses, de la cantine. Car malgré une mobilisation de l'État inédite en Europe, l'augmentation des prix pèse sur nos vies quotidiennes. Cette colère, c'est aussi une colère parce que certains ont le sentiment de faire leur part, mais sans être récompensés de leurs efforts, ni en aide, ni en services publics efficaces. C'est toute cette colère que de très nombreux Français ont exprimé en manifestant, et pour l'immense majorité, dans le calme et le respect de nos institutions.

Personne, et surtout pas moi, ne peut rester sourd à cette revendication de justice sociale et de rénovation de notre vie démocratique, en particulier exprimée par notre jeunesse. La réponse ne peut être ni dans l'immobilisme, ni dans l'extrémisme. Face à ces colères, à ce sentiment de déclassement, d'abandon, nous devons agir ensemble, au-delà des clivages, comme j'ai toujours cherché à le faire, au service d'un cap clair, celui de notre indépendance et de la justice. Oui, notre indépendance d'abord pour la France et pour l'Europe. Nous sommes un peuple qui entend maîtriser et choisir son destin.

Nous ne voulons pas dépendre de qui que ce soit, ni des forces de la spéculation, ni des puissances étrangères, ni d'autres volontés que la nôtre. Et nous avons raison. Mais l'indépendance ne se décrète pas. Elle se bâtit par des ambitions, des efforts, au niveau national et européen, sur le plan du savoir, de la recherche, de l'attractivité, de la technologie, de l'industrie, de la défense. Et elle se finance aussi collectivement par le travail. Cette indépendance française et européenne est justement celle qui nous permettra d'obtenir plus de justice.

Que chacun récolte davantage de tous ses efforts, que les inégalités de départ soient mieux corrigées, que les vies soient moins empêchées, que les plus démunis soient davantage étés. C'est là le grand projet que je porte devant vous et avec vous. Reconstruire et retrouver l'élan de notre nation. Ne rien céder aux divisions. Et au contraire, tenir ce cap pour notre indépendance au service de cette idée de la justice si française. Et ouvrir ou reprendre pour cela trois grands chantiers. D'abord, le chantier du travail. Face au chômage, nous avons des résultats inédits et indiscutables. C'est le fruit des transformations de ces dernières années et de nos efforts à tous.

Oui, nous avons créé, en six ans, 1,7 million d'emplois pour notre paix. Après le succès de l'apprentissage pour nos jeunes, je veux désormais engager la réforme du lycée professionnel. Pour que le plus grand nombre de nos adolescents et de nos jeunes accèdent soit à des formations vraiment qualifiantes, soit à l'emploi. Nous redoublerons aussi d'efforts pour ramener vers le travail le plus de bénéficiaires du revenu de solidarité active. En les accompagnant mieux, de manière très concrète dans leur vie. Le travail doit aussi mieux payer. En six ans, nous avons décidé des hausses conséquentes du salaire minimum ou de la prime d'activité.

Mais face à la situation que je viens de décrire, aux colères que je viens de rappeler, nous devons agir de manière encore plus vigoureuse. C'est pourquoi j'ai proposé de recevoir les organisations patronales et syndicales dès demain matin, pour celles qui y sont prêtes. Et la porte sera toujours ouverte. Et cela afin d'ouvrir, sans aucune limite, sans aucun tabou, une série de négociations sur des sujets essentiels. Améliorer les revenus des salariés, faire progresser les carrières, mieux partager la richesse, améliorer les conditions de travail, trouver des solutions à l'usure professionnelle, accroître l'emploi des seniors et aider aux reconversions.

Ce nouveau pacte de la vie au travail sera construit dans les semaines et les mois qui viennent par le dialogue social et les accords très concrets, au niveau national, mais aussi au plus près du terrain, que les organisations syndicales et patronales seront trouvées. Plus largement, c'est par la réindustrialisation que nous retrouverons notre force et que nous créerons des emplois mieux payés. Là aussi, nous avons des résultats tangibles, inédits. En France, dans des vallées et des cantons, des usines ouvrent à nouveau 200 depuis deux ans.

Là où notre pays s'était habitué à la désindustrialisation, nous recréons de l'emploi industriel et nous sommes devenus, le pays le plus attractif en Europe pour les investissements. Notre nouvelle économie, plus verte, respectueuse de nos terres et de nos paysages, n'est pas un rêve, mais une réalité, qui nous permet de créer des emplois et de tenir nos engagements pour le climat. Grâce à la planification écologique qui sera dévoilée d'ici l'été, nous irons vers un nouveau modèle productif et écologique. Dans l'agriculture, le bâtiment, l'économie circulaire, les transports, l'énergie et les technologies.

Un cadre aussi avec lequel nous serons mieux parés face aux événements climatiques, comme la sécheresse estivale. Le deuxième chantier est celui de la justice et de l'ordre républicain et démocratique. L'État de droit est notre socle et il n'y a pas de liberté sans loi ni sans sanction envers ceux qui transgressent le droit des autres. Dans ce but, nous continuerons à recruter plus de 10 000 magistrats et agents, nous continuerons d'améliorer le fonctionnement de notre justice et nous sommes en train de créer 200 brigades de gendarmerie dans nos campagnes.

Lutter contre toutes les formes de délinquance, contre toutes les fraudes, qu'elles soient sociales ou fiscales, sera aussi au cœur de l'action du gouvernement, avec des annonces fortes dès le début du mois de mai. Nous renforcerons aussi le contrôle de l'immigration illégale, tout en intégrant mieux ceux qui rejoignent notre pays. Rénover l'ordre républicain et démocratique signifie également que nous devons lutter contre le sentiment persistant que voter ne serait plus décidé.

Je proposerai à cet égard, en lien avec la présidente de l'Assemblée nationale, le président du Sénat, le président du Conseil économique, social et environnemental, des grandes pistes pour que le fonctionnement de nos institutions gagne en efficacité, mais aussi en participation citoyenne, comme nous venons d'ailleurs de le faire avec la Convention citoyenne sur la fin de vie. Le troisième chantier, enfin, est celui du progrès. Progrès pour mieux vivre. Je veux que chacun d'entre vous retrouve la certitude que nos enfants pourront bâtir une vie meilleure. Et ce sont nos services publics qui devront porter cette espérance, de la petite enfance au grand âge.

Dès lors, l'éducation nationale doit renouer avec l'ambition d'être l'une des meilleures d'Europe. Dès la rentrée, notre école va changer à vue d'œil. Pour les enseignants qui seront mieux rémunérés, pour les élèves qui seront davantage accompagnés en français, en mathématiques, pour leurs devoirs et pratiqueront plus de sport à l'école, pour les parents qui verront le remplacement systématique des enseignants absents. Notre système de santé sera aussi profondément rebâti. Depuis 6 ans, 11 millions de Françaises et de Français ont pu bénéficier du reste à charge de zéro pour leurs lunettes, leurs appareils auditifs ou leurs prothèses dentaires.

Nous avons mis fin au numerus clausus et nous avons massivement investi dans notre hôpital. Mais il faut des résultats concrets et à court terme. D'ici la fin de cette année, 600 000 patients atteints de maladies chroniques, qui n'ont pas de médecin traitant, en disposeront. Et d'ici la fin de l'année prochaine, nous devrons avoir désengorgé tous nos services d'urgence. Et pour les quelques 10 millions d'entre vous qui vivez dans les quartiers les plus défavorisés, dans les zones rurales les plus en difficulté, dans nos territoires d'outre-mer, nous trouverons là encore des solutions concrètes pour améliorer la vie quotidienne.

Mes chers compatriotes, ensemble nous avons fait face à l'épidémie, à de nombreuses crises depuis 6 ans, à tant de périls. A chaque fois, j'ai cherché à libérer les énergies, à protéger les plus faibles, à tenir l'unité du pays, avec le seul intérêt de la nation comme guide. C'est le même esprit de responsabilité qui doit nous animer. Au moment où nous avons à relever sans attendre les défis du changement climatique, du vieillissement, des désordres géopolitiques, des révolutions technologiques comme l'intelligence artificielle ou les algorithmes. Je me rappelle, il y a 4 ans, presque jour pour jour, je m'exprimais sous cette forme devant vous. Notre-Dame de Paris venait de brûler.

Et je vous disais, dès le lendemain, que nous rebâtirions en 5 ans. Que n'avais-je alors entendu ? Et tous les commentateurs nous ont dit, impossible ! Pourquoi ce cap, intenable ? Eh bien, nous allons le faire. Nous allons le faire parce qu'une décision a été prise, mais surtout parce qu'il y a eu la volonté de chaque jour et la mobilisation de tous. Parce qu'il y a eu des milliers de femmes et d'hommes partout à travers le pays pour oeuvrer ensemble et rebâtir. Eh bien, il doit en être de même pour les grands chantiers de la nation. Et c'est pourquoi je sollicite toutes les forces d'action et de bonne volonté, nos maires, nos élus, nos forces politiques, nos syndicats, tous ensemble.

Je compte mieux les associer en relançant, dès le mois de mai, des coalitions et alliances nouvelles sur les bases solides du Conseil national de la refondation, au plus près du terrain. Et chacun d'entre vous avait un rôle à jouer. Il nous faut moins de lois, moins de bureaucratie, plus de liberté d'action, d'expérimentation, de pouvoir d'initiative, à l'échelle de nos vies. Oui, c'est cet élan national auquel je crois. Et ces trois chantiers prioritaires constituent la feuille de route du gouvernement que la Première ministre détaillera dès la semaine prochaine. Ces trois chantiers doivent nous rassembler, rassembler les principaux responsables de la nation, et je m'y impliquerai.

Et le 14 juillet prochain doit nous permettre de faire un premier bilan. Nous avons devant nous 100 jours d'apaisement, d'unité, d'ambition et d'action au service de la France. C'est notre devoir. Et je vous fais confiance, je nous fais confiance pour y arriver. Vive la République et vive la France.

13:29
Présentateur

Voilà, vous venez de l'entendre, Emmanuel Macron qui s'est exprimé sur cette allocution tant attendue, cette allocution qui intervenait juste après la décision du Conseil constitutionnel qui entérinait la validation de la réforme des retraites, de la réforme des retraites qui a été promulguée. D'ailleurs, on va parler de cette allocution. Bonjour, on est... Ah, voilà, vous allez nous retrouver. Bonjour, Benoît Vaillot. Merci d'être avec nous. Politologue, enseignant à l'université Paris-Nanterre. On va parler avec vous, on va débriefer un peu tout ce qu'on a vu, tout ce qui est passé et ce qu'a dit Emmanuel Macron.

Alors ça, ce sont des vieilles images, on va en parler aussi de ces déplacements. Mais déjà, qu'est-ce qu'il faut retenir de ce qu'a dit le président ce soir ?

14:10
Invité

Ce qu'il faut retenir, c'est que le président de la République, en fait, nous propose un programme. On a un programme politique pour les 4 ans, pour le reste du mandat. C'est assez intéressant, alors qu'on est dans une situation où il n'a ni majorité politique, ni majorité sociale, et où nous sommes dans peut-être une des plus graves crises de la 5e République, puisque là, on conjugue quand même une crise économique, rappelons-le, avec l'inflation et la vie chère de manière générale, une crise politique avec cette réforme des retraites qui est passée par 49-3 et qui est, le moins qu'on puisse dire, c'est refusée par la population, et une crise sociale par-dessus le marché.

Donc vraiment, c'est intéressant de voir ce président de la République qui développe un programme politique, un programme présidentiel, même je dirais, alors que bon, la présidentielle est terminée, il est élu. On est censé savoir pourquoi on l'a élu, Emmanuel Macron, mais en vérité, il est, je crois, sans majorité, et surtout, je ne suis pas certain qu'il ait compris la gravité de la situation, parce que même quand il parle de la colère des Français, il se trompe sur les raisons de cette colère.

15:14
Présentateur

Pourquoi, selon vous ?

15:16
Invité

Parce qu'en fait, il a mis en avant le fait que les Français étaient mécontents de ne pas pouvoir gagner suffisamment par rapport à leur travail, ce qui est vrai, je pense que c'est quelque chose qui, dans le pays, est partagé, sauf que là, actuellement, la crise, elle est contre sa personne. La colère est contre sa personne. Je veux dire, je crois même qu'on a dépassé la question de la réforme des retraites qui était quand même le point de départ de cette contestation, et on est sur une crise qui est plus globale et qui est contre sa personne, contre son pouvoir, ce qui est compliqué en début de mandat pour lui.

Moi, j'attends de voir les quatre années qui viennent, d'autant plus qu'il a, comme je le disais, présenté un programme, ma foi, pas inintéressant d'ailleurs, on peut en discuter, mais je me demande comment il pourra le lancer.

16:00
Présentateur

Oui, effectivement, les progrès. Alors, beaucoup de gens dans les commentaires n'y croient pas trop. Il n'a fait que 15 minutes, oui, c'était assez court comme discours, mais en tout cas, pas de surprise. On ne s'y attendait pas forcément, mais il n'allait pas retirer la réforme des retraites. Je crois que les Français n'attendent plus rien des allocutions présidentielles.

16:21
Invité

Je pense aussi qu'on a basculé dans une autre époque, mais au niveau de la communication, il n'y a plus d'attente sur les allocutions présidentielles, très franchement, et personne ne s'attendait à ce qu'il nous fasse, comme Jacques Chirac l'avait fait à l'époque de la loi du contrat premier rembauche, qui était aussi une loi qui était très contestée et qui était une loi qui soulevait beaucoup de questions économiques, sociales et politiques, encore que celle-là avait été votée par le Parlement, il faut quand même le dire, où effectivement Jacques Chirac n'avait pas promulgué la loi comme ses prérogatives présidentielles le permettaient.

Je voyais difficilement Emmanuel Macron en faire de même, dans la mesure où cette réforme, il l'a portée. Et assez surprenamment d'ailleurs, pour la première fois, il en a parlé officiellement de cette façon et il a même fait un petit peu, au début de l'allocution, un petit peu de pédagogie. Exactement. Ce qu'on a reproché au gouvernement de ne pas faire. Donc c'est assez amusant de voir que si tardivement, en fait, on a le président de la République qui intervient sur cette question fondamentale et qui en plus...

17:19
Présentateur

Il tombe dans les travers habituels, on va dire.

17:21
Invité

Exactement. Donc c'est assez surprenant en fait, ce début d'allocution particulièrement, j'avais même noté, si vous voulez, au début de l'allocution, il parle comme un premier ministre et pas comme un président de la République. D'accord. Heureusement, dans la deuxième partie, il est effectivement parti sur un grand programme qui annonce en fait des réformes à venir. Moi, je maintiens qu'il va être très compliqué pour lui de les tenir.

17:42
Présentateur

Oui, effectivement. Alors ce grand programme d'ailleurs, il nous a donné un petit rendez-vous la semaine prochaine avec Elisabeth Borne qui le présentera officiellement. Alors on ne sait pas sur quelle forme, mais en plus, ça la conforte finalement, ça conforte la position d'Elisabeth Borne de le fait de dire « Ma première ministre va vous annoncer ça la semaine prochaine. »

17:57
Invité

Première surprise, Emmanuel, il n'y a pas d'annonce de remaniement. Effectivement, on aurait pu s'attendre à une annonce de remaniement. La première surprise, c'est qu'Elisabeth Borne passe effectivement à travers, pour l'instant, pour l'instant, à travers cette crise et va donc continuer à mener des réformes. C'est-à-dire ce qu'elle a déclaré, sauf erreur de ma part, aujourd'hui même. Elle va continuer les réformes et les réformes, là, elles ont été annoncées par le président de la République à travers un programme politique assez intéressant où il convoque l'indépendance nationale avec la question de la réindustrialisation.

Et je trouve que c'est un sujet effectivement important, d'une grande gravité. Est-ce qu'il fallait le mobiliser à ce moment-là juste après avoir évoqué la réforme des retraites et dans ce contexte où il a très peu d'assentiments populaires ? Ça, on peut poser la question.

18:43
Présentateur

Il a dit qu'il regrette qu'il n'y ait pas de consensus sur cette réforme des retraites et qu'il recevra demain les syndicats patronaux et les autres syndicats, les organisations patronales et les syndicats également. Mais ce n'est pas sûr qu'ils se rendent là-bas. Et d'autant plus qu'à priori, le dialogue semble rompu pour l'instant. Et lui a dit, « Voilà, moi, ma porte sera toujours ouverte pour vous. »

19:06
Invité

Pour moi, c'est une erreur politique et de façon plus grave encore. C'est une atteinte même à la fonction présidentielle. Le président de la République, c'est un arbitre, mais c'est quelqu'un qui est aussi celui qui garantit l'unité de la nation et donc, on va dire, l'unité du peuple et des Français de façon plus générale. Appeler les partenaires syndicaux en sachant pertinemment que certains ne viendront pas et pour cause en raison de la crise actuelle, je trouve que c'est assez inconséquent de sa part et c'est dangereux pour l'avenir des institutions. Car qu'est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire qu'Emmanuel Macron, ce soir, nous a annoncé qu'il allait engager de nouvelles réformes sur le travail principalement avec les syndicats patronaux seuls puisque les autres partenaires syndicaux ont dit qu'ils ne participeraient pas en raison de la crise actuelle et du mépris qu'ils ont subi dans cette réforme des retraites qui, non seulement, n'a pas été négociée avec les partenaires syndicaux mais qui n'a pas non plus été votée démocratiquement. Donc, il y a un vrai problème de fonds dans cette annonce où il dit « Dès demain matin, nous commencerons le travail » en laissant, bien sûr, quand même, parce que ça ne mange pas de pain, en laissant la porte ouverte

20:16
Présentateur

Oui, comme il l'a dit. Effectivement, là, elle apporte tout à l'heure. Je lis vos commentaires. Voilà, vous n'avez pas été... On ne vous fera pas voter à la fin mais nous, on n'a pas l'impression que dans le commentaire du chat, vous avez été très convaincu. Mais ça, vous le disiez aussi. Il va peut-être un peu changer les allocutions présidentielles. Trois grands chantiers foncés par Emmanuel Macron. Le premier chantier, c'était le travail. Et il a tout de suite défendu son bilan en disant « Grâce à moi, ça va mieux. Regardez, on a créé 1,7 million d'emplois. » Alors, il y a un jeu de passe-passe sur les statistiques. Mais par contre, Emmanuel Macron

20:49
Invité

a bien fait de rappeler une grande réussite qui est l'apprentissage. Il fait partie des réussites d'Emmanuel Macron dans la mesure, en plus, où il l'avait inscrit à son programme de favoriser l'apprentissage. Il annonce aussi une réforme du lycée professionnel. En tout cas, pour les Français, il est certain que, de manière générale, cette réforme du travail n'augure rien de bon. Car il s'est engagé une nouvelle réforme sur le front social après la réforme des retraites dans le contexte actuel. C'est quand même... C'est dangereux pour la France, mais c'est même dangereux pour lui, politiquement. Mais après, Emmanuel Macron, il a 4 ans devant lui.

On se pose la question aujourd'hui comment il va être possible de gouverner et de tenir. Eh bien, lui, il ne se pose pas la question. Il sait qu'il va tenir. Il en a visiblement la certitude. Ou du moins,

21:36
Présentateur

il essaie de nous en convaincre. Effectivement. Deuxième chantier, la justice et l'ordre républicain et démocratique. Il a lancé la création de 200 nouvelles brigades de gendarmerie dans les campagnes et le recrutement de 10 000 magistrats. Oui, alors ça,

21:47
Invité

ces recrutements sont nécessaires. Je veux dire, lorsqu'on étudie la fonction publique liée à la répression, donc maintien de l'ordre et à la justice en France, on est frappé du sous-nombre de fonctionnaires en la matière. Donc ça, c'est plutôt bienvenu. Et je pense que ce sera apprécié. Mais une fois de plus, dans le contexte actuel où sa parole est complètement démonétisée, comment ne pas y voir que le renforcement des moyens de répression contre un mouvement social. Donc le président de la République, vous savez, quoi qu'il dise aujourd'hui, je pense que cela ne sera pas compris, même si tout n'est pas négatif. D'un point de vue, j'entends strictement objectif.

22:27
Présentateur

Oui, effectivement. Et alors le troisième chantier, c'est le progrès. Nos enfants doivent avoir, pouvoir vivre une vie meilleure. Il a terminé un peu son discours « L'espérance du futur ».

22:40
Invité

Là encore, ça ne mange pas de pain, au même titre que la planification écologique qu'il a annoncée. Pour l'été, nous attendons de voir, nous verrons bien. Mais je ne vois pas ce que ça peut recouvrer en l'État. Il a lié ça en plus à la réindustrialisation quand même du pays, en mettant en avant la création de 200 nouvelles industries sur le territoire français. Où est-ce qu'il veut aller avec ça ? Nous ne savons pas. En tout cas, ça fait partie de l'affichage depuis le coup, ce n'est pas d'aujourd'hui, c'est depuis le début de ce mandat où effectivement, il promettait une transition écologique, une planification écologique. On a le terme de planification ce soir.

Est-ce que c'est différent de transition qui avait été employée précédemment ? Je pense que dans son esprit, c'est assez flou et c'est la même chose. Mais en tout cas, il veut montrer qu'il est à la manœuvre, si vous voulez, dans le champ industriel et qu'il le fait de façon écologique, sachant que l'un et l'autre ne vont pas forcément nécessairement ensemble.

23:39
Présentateur

J'ai une petite idée de la réponse que vous allez avoir, mais est-ce que ça peut calmer le peuple français une allocution comme celle-ci ? Je ne crois absolument pas.

23:48
Invité

De manière générale, de manière générale, en mettant de côté Emmanuel Macron, je pense qu'aujourd'hui, une allocution présidentielle, sa portée, je la trouve relative. On est dans une autre époque, un autre temps et même, il faudra qu'on regarde aussi l'audimat de cette allocution, il n'est pas certain qu'elle ait été beaucoup suivie. C'est aussi important. Sachant qu'on sait qu'il y a eu le mouvement des casseroles qui refusait d'écouter Emmanuel Macron et qui voulait même faire du bruit avec des casseroles pour empêcher qu'ils soient entendus quelque part. Donc déjà, il y a cela, je pense qu'on est dans une autre époque.

Par ailleurs, je vois difficilement comment on peut sortir d'une crise dans la mesure où il refuse toute négociation et tout pas vers, on va le dire de façon globale, l'opposition à cette réforme des retraites. Le chef de l'État est le garant de l'unité nationale. Il y a des heurts graves dans notre société, il y a des oppositions graves. On est quand même sur une population qui est, selon les sondages, même avec les estimations les plus basses, à 80-85% hostile à cette réforme et de façon plus globale. Ça commence à entacher toute l'œuvre gouvernementale.

Je pense que le chef de l'État, pour garder une marge de manœuvre d'ici la fin de son mandat, il aurait dû, si ce n'est retirer cette réforme, du moins négocier. Mais on en est très loin aujourd'hui. C'est plus possible. Il est allé trop loin, il ne peut plus reculer. Et d'ailleurs, l'opposition, c'est la même chose. Elle est allée trop loin, elle ne peut plus reculer. Nous sommes dans une impasse. La crise politique continue, ce n'est pas cette allocution qui va y mettre fin.

25:22
Présentateur

On rappelle d'ailleurs des propos de Laurent Berger qui disait « Nous, on essaie de discuter, ça ne marche pas finalement, c'est quoi qui marche ? C'est que la violence avec les gilets jaunes ? » Est-ce que c'est un peu ça que l'image que renvoie Emmanuel Macron une fois de plus aujourd'hui en disant que la réforme des retraites, malgré tous les gens qui avaient dans la rue, ça ne compte pas finalement ?

25:40
Invité

Oui, moi je suis assez d'accord avec Laurent Berger sur cela parce que si vous prenez tous les mouvements sociaux importants des dernières années et je vais inclure vraiment de façon tout à fait volontaire la Manif pour tous par exemple, Nuit debout aussi, Place de la République et les gilets jaunes ensuite, mouvements qu'on ne peut pas tous qualifier soit de gauche soit de droite et qui sont tous divers. Ce que nous ont montré ces différents mouvements sociaux, c'est que la violence avait, quoi qu'on en pense, elle avait des effets politiques puisque il n'y a pas de négociation. Nous sommes dans un système où l'État refuse de négocier avec une opposition quand elle se manifeste dans la rue.

Certes, ce n'est pas la rue qui gouverne, mais quand vous avez 80% des Français qui sont hostiles à une réforme ou les gilets jaunes qui, je le rappelle, étaient soutenus dans ces proportions, on l'a oublié avec la crise du Covid, mais les gilets jaunes au pic de leur activité, de leur mobilisation ont été soutenus jusqu'à 80% de la population française. Et dans la mesure où il n'y a pas de négociation, la violence apparaît comme un recours. Et lorsque le président de la République a fait savoir, de façon officieuse, bien sûr, lorsque le président de la République a fait savoir que rien ne le ferait reculer hormis un mort, des violences ou un pays en feu, qu'appelle-t-il ? Qu'appelle-t-il ?

Pour moi, il y a une vraie responsabilité dans les violences que nous subissons actuellement et qui sont le fait, pour ce qui est de la réforme des retraites, de casseurs d'extrême-gauche qui sont bien connues. La violence, il faut bien comprendre qu'elle vient du sommet de l'État. Elle ne vient pas d'en bas. Évidemment, ils sont ravis, les casseurs, de se saisir de ces opportunités pour s'adonner. Mais c'est provoqué par une arrogance politique qui vient du sommet de l'État. Et ça, c'est important de l'avoir à l'esprit et de ne pas isoler, comment dire, par exemple, les violences qu'on a en marge de manifestation comme étant sui generis.

Non, il y a quelque chose, il y a une circulation, si vous voulez. Ça vient vraiment du sommet de l'État. Il y a une responsabilité pour moi qui est claire de la part du président de la République dans les violences actuelles. Je parle dans les manifestations contre les retraites, je ne parle pas des mouvements qui s'opposent, par exemple, aux grandes bassines

27:55
Présentateur

qui sont un autre sujet. Depuis tout à l'heure, vous voyez ces images, parce que ça, c'est intéressant aussi. Emmanuel Macron qui se déplace en France. Il y a eu deux déplacements récemment. C'était là, à Notre-Dame de Paris. Puis il y en a eu un au lac de Serpenson fin mars. Sinon, il est parti à l'étranger, aux Pays-Bas et en Chine. Est-ce qu'il va encore pouvoir se déplacer en France ? Parce qu'on a vu d'ailleurs que les dernières fois, le parvis de Notre-Dame a dû être évacué au moment où il est venu. Est-ce qu'il peut finalement être un président de la France public ?

28:23
Invité

Un chef d'État qui a un pouvoir exécutif fort comme le président de la République, il n'a plus l'assentiment de son peuple, il n'est plus crédible sur la scène internationale. Ça, il faut être très clair. Si le général de Gaulle, pour prendre des exemples historiques, ou Jacques Chirac à une autre époque, ont pu avoir une voix forte à l'international, alors que la France, hélas, est une puissance de moyenne impuissance, si le général de Gaulle ou Jacques Chirac ont pu avoir une voix à l'international, c'est parce qu'ils avaient un soutien populaire derrière eux, à minima, et d'autant plus sur la question internationale.

On voit qu'Emmanuel Macron est contesté maintenant jusque dans ses déplacements diplomatiques aux Pays-Bas. On en est quand même arrivé là, et ça, c'est extrêmement grave pour la crédibilité de la France à l'international, c'est certain, et pour sa voix qui porte. Vous savez, c'est très intéressant les propos qu'a laissés passer le président de la République au sujet de Taïwan. Ce qu'il dit, en fait, est tout à fait intéressant, et tout à fait discutable.

On peut rationnellement discuter, avoir des réflexions, débattre de ces positions géopolitiques qui visent à essayer de trouver une sorte de troisième voie en parlant à la Chine différemment que les États-Unis ou la Russie qui est son allié objectif. Cette pensée qui n'est pas idiote, j'entends, sur le plan diplomatique, est ruinée par cette absence d'assentiment dans la population à cause, donc toujours, de cette crise sur la réforme des retraites. Et c'est assez inquiétant. C'est inquiétant pour le président de la République en tant que personne, mais c'est surtout inquiétant pour la France de façon plus globale.

Et vous savez, même sans aller aussi loin que la Chine, au niveau européen, les partenaires européens maintenant voient qu'Emmanuel Macron n'a pas de majorité, qu'il ne se représentera pas. Ce n'est plus un partenaire comme avant.

30:18
Présentateur

Il n'a plus le même poids politique. On ne pèse pas

30:19
Invité

de la même façon déjà quand on a été élu au suffrage universel, ce qui était son cas quand même il n'y a pas très longtemps. C'est aussi fascinant avec Macron cette capacité à se démonétiser aussi vite. Il avait quand même une majorité de Français qui ont voté pour lui, quoi qu'on en pense, même si beaucoup ont voté contre Marine Le Pen, certes. Il avait quand même ce poids-là. Ce poids-là, à l'heure actuelle, il est ruiné. Car il est certain aujourd'hui qu'il n'y aurait pas de majorité derrière lui dans le cadre d'une nouvelle élection présidentielle, même si ses scénarios fictions n'ont pas beaucoup de sens.

30:48
Présentateur

On l'a senti dans cette interview, ce qu'il a voulu, c'est tourner la page de la séquence, comme on dit en mode politique, la séquence retraite, on passe à autre chose. Est-ce que vraiment, c'est terminé de parler de réforme de retraite comme lui le veut ?

31:00
Invité

Ça va être difficile de prédire. Et je ne peux pas prédire l'avenir. Néanmoins, le président de la République a un atout fondamental. Sous la Ve République, encore aujourd'hui, le fait que nous soyons là aussi à écouter et à discuter son allocution présidentielle, on est quand même encore la preuve, c'est le maître des horloges. C'est quand même lui qui décide du tempo démocratique et du tempo de la vie politique en France. Est-ce que l'opposition, qui est farouche contre le président de la République actuellement, va réussir à renverser cela ? Je ne le sais pas.

En tout cas, jusqu'à présent, et la Constitution donne les outils au président de la République pour qu'effectivement, il puisse mettre fin à cette séquence, mais là, je ne suis pas devin et je ne m'aventurerai pas plus loin que cela.

31:51
Présentateur

Je vais vous montrer la question du jour puisque tous les jours, le Figaro, on vous pose une question. Elle va s'afficher dans un instant. Alors, attendez, on va attendre qu'elle s'affiche puisque je viens de la perdre. justement, je vais vous laisser boire un petit peu d'eau comme ça en attendant. Alors, cette question du jour, tout simplement, c'est, avez-vous été convaincu par la question d'Emmanuel Macron ? Je vais vous la montrer. Voilà, elle est ici. Vous, Benoît Vaillot, est-ce que vous avez été convaincu ?

32:20
Invité

Ben, écoutez, je vais être honnête avec vous, je ne suis pas convaincu et je n'aurais pas été convaincu dans la situation actuelle, très honnêtement. Quand on n'a rien à attendre, on ne peut pas être déçu et on ne peut pas être surpris, si vous voulez. Voilà. Donc, non, je ne suis pas convaincu du tout par l'allocution d'Emmanuel Macron. Néanmoins, je note tout de même qu'il a essayé de prendre un petit peu d'envergure sur la deuxième partie de son allocution en essayant de dessiner à grands traits les grands axes de sa politique future. Mais néanmoins, je le redis, combien même ce serait bel et bon, quelle majorité politique ? Il n'a même pas de majorité parlementaire.

Alors, une majorité politique dans le pays, il ne l'a pas. Quelle majorité sociale dans le pays ? Vous savez, c'est quand même... Le président de la République était minoritaire et l'a toujours été, depuis, même pendant le premier mandat, je veux dire, Emmanuel Macron était minoritaire dans le pays. Je veux dire, en marche, renaissance, ça pèse quoi, 25% ? Et au premier tour, il n'a pas dépassé les 30%. Premier tour, Emmanuel Macron. Mais là, il est même, sur son électorat de base, il est même en retrait. Donc, je ne suis pas convaincu et je pense que les Français ne le sont pas non plus.

33:35
Présentateur

Qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Je vais vous montrer quand même ce qu'ont répondu les interdits du Figaro en cliquant en nom puisque vous avez répondu que vous, vous n'étiez pas convaincu. 65% des lecteurs du Figaro. Pour l'instant, vous voyez, publié à une minute, donc c'est très récent. On va voir comment tout cela évolue sur 7000 votants. Vous n'étiez pas, d'ailleurs, vous les lecteurs du Figaro à venir nous voir pour nous dire ce que vous pensez de cette question. Qu'est-ce qu'il faudrait qu'il fasse, Emmanuel Macron, aujourd'hui pour sortir de la crise, finalement ? Il fallait qu'il retire sa réforme, qu'il organise un référendum, qu'il change tout son gouvernement ? Écoutez,

34:09
Invité

je crois qu'il est trop tard. Je crois qu'il est trop tard pour être tout à fait honnête. Il y a une solution qui est toujours la bonne sous la SACF République, c'est évidemment changer non seulement de gouvernement, mais de Premier ministre. Ce qui permet un petit peu de faire diversion et d'insuffler un peu de sang nouveau. Mais là,

34:27
Présentateur

ça ne fera pas diversion.

34:27
Invité

Je pense que ça ne fera pas diversion. Par contre, il reste une prérogative du Président de la République à laquelle il pense depuis le début de son mandat en raison des résultats des dernières élections législatives, c'est la dissolution de l'Assemblée nationale. Il a toujours cet outil dans la main, celui de dissous de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas le moment. S'il le fait aujourd'hui, ça tournera en référendum anti-Macron. Ce sera une catastrophe.

Mais le jour où la NUPES est disloquée en raison des forces internes qui la composent ou des assauts répétés de l'extrême droite ou de la majorité présidentielle, alors là, il y aura une carte à jouer pour le Président de la République afin de retrouver une sorte d'assentiment chez les Français et surtout, essayer d'atteindre la majorité parlementaire qu'il n'a pas actuellement. Rappelons-le, il n'a qu'une majorité relative. C'est très important. Et c'est d'ailleurs pourquoi le 49.3 a été employé pour faire passer la fameuse réforme des retraites.

35:29
Présentateur

Oui, il y a l'autre option qui est le référendum, mais un référendum, ce serait un vote pour ou contre Macron, pas pour ou contre. Ce serait du suicide politique. Non, ce n'est pas une option.

35:39
Invité

Là, ce serait un suicide politique. Parce que là, bon, déjà, le référendum, on ne répond pas toujours à la bonne question. Mais alors là, même si on répond à la question ou qu'on répond contre le Président de la République, dans les deux cas, c'est une catastrophe pour lui. Et là, alors là, on ne s'en relève pas, surtout si c'est lui qui l'organise. Je veux dire, non, non, c'est inenvisageable. Enfin, je veux dire, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai même pas abordé. Dans les questions.

36:03
Présentateur

C'était exclu. Très bien. Merci beaucoup, Benoît Malieu, d'avoir été avec nous aujourd'hui. Merci à vous, les internautes, d'avoir été nombreux à vous suivre. Vous pouvez retrouver, bien sûr, le résumé de tout ce qu'a dit Emmanuel Macron. Vous pouvez le retrouver sur le site du Figaro. Merci une nouvelle fois d'avoir été avec nous. Et moi, je vous dis bonne soirée sur Figaro Live.